S81 FOR DICTIONNAIRE
pour placer les diverses inconnues dans leur ordre hiérarchique, pour distribuer méthodiquement ce que Ton sait et ce qui reste à savoir, il faut placer en tête de la science Tinconnue suprême (dont l'existence est nécessaire), la force créatrice. Dieu, la création.
Dieu a déposé ainsi dans le monde une force initiale, comme l'ont reconnu Pythapore et Descartes; mais cette conception est insuffisante , ainsi que la théorie mécanique ({u'elle produit. Il faut admettre que Dieu est intervenu successivement et directement dans l'œuvre de sa création , en ajoutant d'autres forces à la force initiale.
M. Bûchez admet trois ordres de forces : des forces circulaires, des forces sérielles, des forces spirituelles. 1* Les forces circulaires sont celles qui se manifestent dans une succession de termes qui semblent s'engendrer les uns les autres. Exemple : forces physiques, forces dans la chimie inorganique, forces de nutrition, en physiologie. 2* La force sérielle est celle qui engendre une série phénoménale dont les termes se succèdent dans un ordre croissant, mais ne s'engendrent pa«î. On trouve des faits de cet onlre dans tous les phénomènes organiques; H. Bûchez pense même que là peut se trouver la différence radicale qui sépare les corps organisés des corps bruts. Dans la chimie organique, dans l'évolution d'un être vivant ei de ses diverses parties, etc., on voit intervenir les forces sérielles, qui modifient profondément les résultats des forces circiïlaires. Kn s'appuyant sur ces idées, M. Bûchez soumet à un examen critique quelques travaux de chimie organique et un plus grand nombre de propositions physiologiques. 3** Nous savons déjà ce que sont les forces spirituelles.
Nous n'admettons pas entièrement les idées de M. Bûchez sur ces trois ordres de forces « qui ont soulevé bien des objections, ni sur sa classiQcation encyclopédique; mais il y a, dans les études profondes et hardies qu il a faites à ce sujet, un grand nombre d'aperçus importants, de vérités utiles, qu'il faut recueillir et mettre en œuvre. Doit-on regarder les forces sérielles comme des forces surajoutées à une certaine époque ou comme des forces élémentaires du même genre, modifiées dans leur marche et leur évolution?. Il y a eu certainement un plan primitif irrévocablement arrêté. Doit-on placer les forces de la chimie organique dans une tout autre catégorie que celle de h chimie inorganique? Même remaraue pour la force évolutive, comparée à la force nutritive. {Voy, Bûchez, Traité de philogophie^ vol. III; Jnttoduction à l'étude des sciences médicales (1838); Philosophie de Vhistoire.) M. Bûchez, comme l'école hippocratico - socratique , comme saint Augustm, saint Thomas, Descartes, Bossuet, Leihnitz, etc., a eu le mérite iie prendre Dieu lui-même, la création, comme point de départ de la science et du monde; il a nettement distingué la méthode d'invention et celle de vérification; il a montré le parti que Ton pouvait tirer, pour le
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progrès des sciences, de Vhypothist, ou plu. tôt de l'anticipation, en prenant ce mol dKle sens platonique; il a soumis à un bon e\ men critique le matérialisme, le panlhéisnit l'éclectisme, le positivisme, les diverses (•(mtructions encyclopédiques; il a montré lim portance et la valeur de la révélation, du ci térium moral , du spiritualisme, etc. Noii> i. sommes point d'accord avec lui sur plusien détails historiques, sur les conclusions qu a tirées de plusieup faits importants; n i. trouvons qu'il a aonné à ses théories '; caractère trop absolu, mais nous rcmli!
hommage aux recherches intéressantes qi; a faites ou provoquées, à l'élévation de < vues; nous reconnaissons qu'il a ouvtit nouveaux horizons, qu'il a été pénétré >i. dignité de l'homme, ae la vérité et des b. tés du christianisme, qu'il a compris h qu / sources il fallait chercher la vérité. — \ les remarques de Morin sur la théorie (t clopédique de Bûchez, (^tcn'onnaiff de P't Sophie scolastique, III* Encyclopédie, l. \ et XXII, édition Migne (Préface).
Dans la leçon suivante, nous allons ov ner les forces sous un autre point de vue.
Leçon sur les forces. — Dn rapport de leur <:> avec la science en général, et, en pariku.i avec la science de I h«nnnie.
Résumé. — Quand on veut étudier ou i ' seigner avec fruit une science qui s'occi d'un être réel et bien déterminé, il i connaître d'abord les forces qui ranimeni les lois qui les régissent, pour remonii r suite jusqu'aux pnncipes même dans le^«] i ces forces trouvent leur origine et leur [• d'appui. Cette marche est surtout in i tante, dans les sciences anthropo1ogii]ut>
L'histoire des sciences diverses nous i tre, dans leur constitution, trois ordr > forces, nominales, hypothétiques, cxpvr^ taies, qui ont toutes une fonction à reini les /orces expérimentales, fécondées \m\y $on,sontlesseu1es qui puissent servir d ' ! et de point de départ solide à une science] tivcLes forces et les lois nominales el hupo tiques apparaissent d'abord avant Us 1'! expérimentales, et leurs lois, dont elles pr« i rent l'avènement ; souvent elles prennent : place et leurs titres, jusqu'à ce que ( «H^^ aient établi définitivement leur domain ' donné des preuves irrécusables de leur k : mité.
Démonstration historique de ces prn sillons par un coup d œil rapide jeté sur i volution des diverses sciences. Ia su[)t^ rite spéculative et pratique du monde v: derne tient à ce fait, que les forces et lois expérimentales sont et deviennent plus en plus le but général de nos tra>^' tandis que ce principe posé dans l'anti |u
f)ar im très-petit nombre seulement de u' h égislateurs, n'avait été le plus souvent bien compris ni bien appliqué
Un sensualisme plus ou moins matériali^^ un idéalisme plus ou moins mystique, panthéisme, voilà ce qui domine (.hn^ monde ancien; le spiritualisme pratique i
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'école Hippocratico-Socratique, issu du Mojisflie, iouit d'une grande estime pendant tfs grands siècles* mais il ne porte pas ses mits; la férité, comme le dit saint Paul, est fotie au fond de l'âme, mais elle est maintwe caotive dans Tinjustice.
Sofia le spiritualisme chrétien pratiaue pparalt dans tout son éclat ; il illumine tes ^oebres, il brise les chaînes de l'humanité, I marche à la conquête de l'univers. Un ouveau monde ra commencer; on connaîtra 15 forces et les lois réelles, les substances : les principes animateurs positifs, le Dieu [D^ue et la création; la science moderne KTi fondée sur l'expérience, la raison, des «oaissaoces vraiment historiques. Désorm les sciences théologiques, physiques, Qibropologiques, reposeront successivement uriturs fondements véritables; elles saisi* ^)Qtl(â liens intimes qui les unissent; leurs ;ro^ cesseront d'être oscillatoires et d'oliéirè des circonstances fugitives et fortuites; lit ««ronl continus et soumis à de véritables t'b que l'on pourra constater et établir. ic5t lie la théologie, de la philosophie, de u physiologie scolastique , qu'est parti le u»«iv.(Dent rénovateur; c'est elle qui a jeté li>l««denos sciences physiques qui ont ctjiBte oublié ces services. Examen du senmltymi et du matérialisme, du dynamisme fu/uH/.du panthéisme et de jeur réfutation F^ le spiritualisme chrétien. Moyen d'en e^!Ur à l'avenir les funestes effets dans la G^iecioe, comme dans les diverses sciences. I^Dstntion de quelques lois fondamen- ^; loi d'harmonie et de stabilité, loi de f"'^. Ces lois nous permettent de com- »<vodre comment le monde se maintient et urche avec des êtres divers, des forces et '^•Jois différentes; elles nous révèlent l'exisl<nce d un être créateur et coordonnateur cniuire. L'examen de l'univers nous prouve J^il y a trois ordres de phénomènes, de i.tces, de lois, d'êtres réels qui se subdivi- ^^i ensuite; êtres purement physiques, avivants, êtres pensants; de la trois or- ^ de sciences, phvsiques, biologicrues, imdlectuelles et morales, dont la théologie vme le couronnement.
^ physiologie s'occupe de l'homme tout |^!rtij'r;elle étudie les actes physiques, vitaux, ^•rllectuels et moraux gui se passent en lui, fe forces qui les produisent, les lois expéritJ'ntales qui les régissent; elle remonte jus- |-i au principe de leur unité harmonique: "•«te doctrine qui méconnaît ces trois éléti^nls et qui ne donne pas à chacun d'eux •'pâleur qui lui appartient, ne saurait consl'^rune physiologie et, parsuile, une doc- •nne médicale vraie et complète.
^ ««r les forces. — Des forces et des lois qui ^ Refissent, considérées dans les sciences en f*^"^* et dans la médecine en particulier, tel ^ tt sujet dont je désire vous entretenir.
^ous en sentirez toute l'importance, quand ^y serez pénétré de la vérité des propo- »«jns suivantes :
l' U science a pour mission de nous faire ^^Qdlre la nature entière, et de la somnettre
à notre empire, dans les limites de nos fa«* cultes.
2* Elle parvient à ce but, en déterminant les forces et les lois constantes qui gouvernent l'homme, l'univers et la science qui n'en est qu'une représentation fidèle.
3* Ce but a été atteint, toutes les fois au'on a suivi cette marche; il a été manqué, lorsqu*on s'en est dévié; les mêmes moyens conduiront toujours à des résultats sem« blables.
Commençons par établir ces principes, en étudiant ce qui a été déjà fait : nous comprendrons mieux ce qui nous reste h faire, ce que nous pouvons espérer, la roule que nous devons suivre. Avec le secours de l'histoire, le passé devient le miroir de l'avenir : l'hu* manité y découvre ses destinées futures, et les moyens de les accomplir.
Si l'on compare le monde ancien et le monde moderne , on ne peut s'empêcher d'éprouver un vif sentiment d'admiration, en présence des transformations heureuses et
f profondes qu'il a subies sous la main de 'homme et l'influence rénovatrice du christianisme. La pensée se transmet avec la rapidité de l'éclair aux plus grandes distances, se répand au loin fixe et immuable, et arrive à la postérité la plus reculée ; des pays immenses, des astres inconnus ont été décou» verts; des instruments, des machines ingénieuses suppléent à notre faiblesse, multiplient les vitesses et les forces; grftce à de savants procédés, la lumière çrave elle-même sur nos tableaux, en traits ineffaçables, les images qu'elle ne traçait autrefois que d'une manière fugitive; plusieurs maladies épidémiques, qui décimaient les populations, ont disparu, ou l'on a du moins appris à les prévenir et à les combattre ; la douleur est souvent domptée ou suspendue, et des opérations graves sont pratiquées, sans que le malheureux qui les subit» éprouve le sentiment de ses souffrances ; tout s'est modifié ' en nous et autour de nous, et c'est la science qui a opéré ces prodiges.
Mais ces conquêtes si brillantes ne sont que le prélude de cel les qui nous attendent encore : la philosophie chrétienne nous a donné les unes, elle nous assurera les autres ; sachons l'interroger, et nous obtiendrons bientôt et sa méthode et ses secrejs.
Chaque science, dira-l-elle, a pour but de prévoir, dans le cercle qu'elle embrasse, un
Ï>hénomène à venir, à l'aide de ceu% qui 'ont précédé, pour que nous puissions la modifier ou nous modifier nous-mêmes selon nos besoins. Elle y parvient en déterminant les rapports de ces phénomènes, l'ordre ot les lois de leur succession, les forces qui les produisent, en remontant aux causes secondes et jusqu'à l)ieu même qui en est la source cl le principe.
Ainsi, l'astronomie fait connaître la courtie que décrivent les planètes autour da soleil, les forces et les lois qui règlent leur marche dans l'espace : dte lors nous prévoyons à chatiue instant, et même dans l'avenir le plus* éloigné, la position respective des astres;
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nous calculons les éclipses, l'apparition des comètes, les perturbations qu'amèneront un jour les rapports de certains corps célestes ; nous ailirmons, comme vient de le faire M. Le Verrier, que dans tel point du ciel sur lequel on n'a pas porté ses regards, existe un astre nouveau que personne n'a vu, et dont la présence n'est pas moins certaine, et bientôt le télescope confirme cette admirable désignation. Embrassant, par sa pensée Je temps etl'esnace, l'avenir et le passé, l'astronome peut aire : «Ces globes immenses qui roulent sur nos têtes ont été lancés par les ordres d'un Etre suprême ; ils parcourent leur courbe éternelle en vertu des deux forces les plus simples, une impulsion primitive et l'attraction newtonienne; un lien invisible, insaisissable par mes sens, les enchaîne dans une harmonie universelle, dont mon intelligence ^'empare dans ses moindres détails; je surprends le secret de la Divinité, je remonte jusqu'à elle, car son nom et ses attributs sont inscrits sur tous ses ouvrages, et je m'écrie avec le chantre de Tagriculture (Rosset) :
< Le cîpI devient un livre, et la terre étonnée, Lit en lellres de feu Thisloire de Tannée, i
Li^s sciences physiques et chimiques rendent des services analogues en suivant le môme chemin. Elles nous ont donné le télescope qui parcourt l'immensité des cieux ; le microscope, qui découvre des mondes nouveaux dans une goutte de liquide : des corps nombreux sont décomposés et reconstruits; leurs principes actifs sont séparés et mis en évidence : des poisons introduits dans l'organisme sont neutralisés ou bien employés pour conserver et guérir, tandis qu'ils ne semblaient appelés qu'à détruire. Le mécanisme de ces opérations est toujours le même : on a reconnu les lois de la lumière, de l'électricité , du calorique , des affinités , c'est-àdire des forces physic[ues et chimiques, et dès lors on a pu prévoir, imiter, transformer les phénomènes qui s'y rattachent. La chimie et la physique nous ont donc permis de prévoir et d'intervenir dans certains actes de la nature, de la soumettre à nos efforts, et cela, oàv le procédé que nous avons annoncé.
Cnaque jour on les voit travailler avec succès à étendre leur domaine, à accroître notre empire sur cetle portion de l'univers qui les concerne, en trouvant de nouvelles lois et de nouveaux rapports.
Mais alors, direz- vous, pourquoi If /s anciens n'ont-ils pas constitué comme no'4S les sciences physiques? Pourquoi ces dernières laissent-elles encore un champ si vaste à parcourir? Pourquoi sommes- nous si peu avancés dans' la science de l'homme luimême? Si tout consiste dans l'étude des lois et des forces, l'esprit humain a une marche bien lente» ou il est bien près d'atteindre les limites assignées par ses facultés, car depuis les temps les plus reculés, il suit exactement la marche que nous lui assignons. On ne rend pas justice aux anciens; nous les contemplons du haut de vingt siècles qui se sont écoulés depuis leur époque, et grandis
parce vaste piédestal, nous les trouvons hif n petits ; nous attribuons à notre méthode 1» s œuvres-que le temps seul a accomplies : i ». pendant ranticjuité a produit Aristote, Pîm.,! Archimède, Hippocrate, Galien et cent anir. génies qui font la gloire dé l'humanité; tîi; diez les travaux de ces législateurs do ] science, et vous serez surpris des elTorts .»ij\ i|uels ils se sont livrés dans le sens que \(\ indiquez, et des résultats auxquels ik ^o
{)arvenus. L'argument paraît sans réplipi 1 y a cependant une réponse bien siuij.i c'est que rantiqnité, presque entière, ( que la plupart des modernes se sont l.ii: souvent tromper par des mots. Il y a < forces, des lois, des sciences vraies; i! \ i leurs fantOmes, pour me servir de Yn\v.^sion de Bacon. Eh bien! nous embrassouvent ces fantômes quand nous crov saisir la réalité; ce sont eux que l'on s'eiln de chasser depuis vingt siècles. Vaincus t : dans la physique, ils planent encore siir autres sciences, dont ils encombrent, «1. ils obcurcissent le domaine : notre (y aura, je l'espère, la gloire de les en baîii jamais, et de permettre à la vérité de |( dans tous les points, ses clartés brillcinicï . salutaires.
Quand on étudie avec soin les forces : ont cours dans la science, on reconnaît 7 en est de trois espèces différentes : les /'"^' nominales^ les forces hypothétiques ^ les f"n expérimentales scrutées par la raison. Les j r mières cachent notre ignorance; les secon' habilemenlmaniées,peuventpréparerd(,^v
tés, mais souvent elles cachent des erreurs, troisièmes représentent des principes i)n>> elles seules appartiennent à la science cor> tuée, dont elles forment la basefondamcn! Quand on disait simplement que les t tombent par l'attraction qu'exerce sur la terre, on n'avait qu'une force nonii qui ne déterminait rien, car ses lois nït.i
Eas connues : on pouvait éjçaleii^ent «v uer à l'attraction le rapprocliement (k d halles de sureau électrisée^ en sens inv [> et les affinités chimiques . mais dès que i eut prouvé, par l'expérience, que l'atirni t' terrestre s'exerce en raison directe des mi>\ et inverse du carré de la dislance, ce>i-' dire quand on eut trouvé ses lois, on oui u . force expérimentale; on la connut d'une 1 ' nière complète ; on put ia distinguer de icu' les autres, calculer ses effets, les prévoir, ! modifier. Ce fut alors que Newton put as^ gner le rôle qu'elle joue dans les niou\' ments des corps célestes, et que l'astronfii se trouva créée. Bientôt après on se r^^n : compte de l'ascension de l'eau dan^ ^ pompes; on dressa des tableaux de la poN ^ teur spécifique des corps; on posa les Luv de la physique. ,
Les anciens voyaient comme nous réel i la foudre et d'autres phénomènes électri |U'> ils les attribuaient à des forces hypothetiqu < telles que les mouvements des atomes, la ^'' lonté ou la colère des dieux ; mais quan«i it forces électriques furent découvertes, quan | on connut les lois expérimentales qu'elles *ui^
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DE PHT3I0L06IB.
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Tnt en M défdoppant et se combinant , fmihn put appliquer ces prinripes aux pb'éu^toïénes gui se passent au sein, des nuages, i: iiw>uvrit la théorie de la foudre, et parvint a la maîtriser.
Vous Tojez maintenant, Messieurs, pour- •rjoi les anciens, d'une manière générale, rcaijoré les efforts de quelques génies législikurs, pré<njrseurs et dignes des temps mo- >mes guils ont pressentis et préparés, ne s^ot poiflt parvenus à constituer la science : f'H que la plupart d'entre eux prenaient p^ur base de leurs travaux, des forces et des ■115 nominales ou hypothétiaues, qui ne reprisaient point sur Tétude de la nature, et ne [••uraient nous donner, sur elle, aucune puis- )àDca. Les modernes commettent souvent la T^me faute, et sont conduits aux mômes er- Mrs ; le vice fondamental de toutes nos ^ *< triocs, c*est que Ton ne s*est point suffi- M2.a)ent occupé des forces, de leurs espèces -' k leurs différences. Disons quelques mots
0;an(l on voit survenir un changement
«>rr un corps , on le rattache à quelque
■' -^que l'on croit en être la cause, et qui
l'allé nom de force; ainsi, lorsqu'un
• ""^ keurlé par un autre se déplace ,
'0 w ^e celui-ci est mû par la force
fîm'ffiàm que lui a imprimée le premier.
<^^i((iOést d*accord sur ce point : mais quelle
«i^ devons-nous avoir du mot force ? voilà
':"' question fondamentale qui a été, qui
'^ ?ocore l'objet de nombreuses contro-
^7v;.Bien des savants se sont vus de tout
'/f^ partagés presque exclusivement entre
M opinions également fausses dont les
:'^quences se sont montrées bien funestes ;
r^it les uns, les forces sont des abstractions,
■"k créations de notre esprit, qui n'ont pas
' 'ii<îence, pas de valeur en dehors de lui :
ts Autfvs pensent que ce sont des êtres réels,
^««mnels, indépendants, dont on peut dé-
-nnmer parfaitement l'essence intime et ab-
"''le; du moins ils agissent comme s'ils le
^nment.
Le^ premiers reprochent chaque jour à i^^trç école d'admettre une force vitale, de '^'^'iser une abstraction, sans songer que f't re qui a lieu dans toutes les sciences '^^siques, et que nous devons partir de ce " 'Ht pour aller k la recherche de la vérité, '-^f'ircessont inhérentes à la nature qui en ^^^a fécondité; ce sont elles qui l'animent ^ U transforment sans cesse ; leur anéantis- -roent amènerait l'immobilité, la mort. Si ••«^ les rapportez à une opération de notre 3!"iiigence, vous admettez que nous les ^'•ns par notre pensée ; mais ne voyez-vous ** que rhomme pourrait disparaître de Tu- >i*ers sans que rien fût changé dans sa mar- '«ordinaire; les forces qui le régissent ne '^^ient ni détruites ni modifiées; elles ont '■an une valeur qui leur est propre. Quel- L^efois nous parvenons à les mettre en jeu, ^ nous en servir pour nos besoins, mais nous 1^ saurions les produire de toutes pièces, ^f il ne nous est pas accordé de rien créer. »us IMuence de deux forces qui se combi-
nent, les planètes poursuivent sans oeaae leur course régulière autour du soleil immobilOi et CBS masses immenses obéiraient à uneab* straction? Ce seraient de simples opérations intellectuelles qui produiraient l'éclair, la foudre, et tous les grands phénomènesSilectriques?
Un pareil système conduit évidemment à la négation de toutes ces existences, c'est-à-dire au delà même du scepticisme le plus absolu. Ceux qui l'ont admis n*ont pas toujours compris combien il est ridicule dans ses conséquences. Ils ont confondu les forces mêmes avec la manière dont nous les concevons : elles existent parfaitement dans le monde, et l'abstraction indique seulement l'opération par laquelle nous parvenons 11 les connaître et à les découvrir. Quand j'aperçois une boule
3ui court, je suis aussi certain de sa force 'impulsion que de son existence. Puisque je la vois et que je la touche, je conclus qu'il
Îr a une cause matérielle à ces sensations, c'est a boule : puisque je la vois se mouvoir, il y a une cause à cette sensation de mouvement, c'est ce que je nomme l'impulsion. .
Autour de nous, comme en nous, il n'y a que des phénomènes, des apparences, un monde fictif, car. il peut se présenter en rêve avec les mêmes caractères : un corps quelconque n*e$t qu'un phénomène, aussi bien qu'un mouvement; mais derrière cpt univers mobile représenté par nos sensations, il en existe un autre où se trouvent les objets réels et les forces; nous remontons jusqu*à lui par la pensée, à travers nos sensations, et nous pouvons affirmer les forces, au même titre et avec la même certitude que la matière.
J'espère donc. Messieurs, que vous n'irez pas répéter, avec une foule de médecins, de professeurs même très-distingués, qu'il n'y a
Kas de forces réelles, et que ce mot doit être annl de la science comme très-dangereux : une semblable assertion prouve qu'on n'y a pas suffisamment réfléchi; elle est réprouvée par une saine philosophie et par les esprits rigoureux qui se sont occupés de sciences physiques.
Ces réflexions ont conduit à une doctrine opposée que nous avons signalée, et que nous devons examiner à son tour. On a cru pouvoir déterminer la nature intimeet absolue des forces, et l'on a agi ostensiblement ou tacitement comme si on Vavait fait. Là-dessus reposent l'idéalisme et le matérialisme exclusifs plus ou moins avoués.
Le premier, qui depuis plus d'un siècle domine les écoles, mais dont le règne est près de finir, a une peur prodigieuse des esprits, n'admet que ce qui se voit et ce qui se touche, et ne croit qu'à la matière et aux forces physiques, mais il ne pense point aux objections qui le renversent.
1' La matière ne se manifeste pas immédiatement à nos sens, pas plus que les esprrti et les forces. L'existence des unes et des autres est une vérité de déduction! Quand je vois le monde, les lois admirables qui le dirigent, la pensée humaine qui Tétudie, j'en conclus rigoureusement qu'il y a là trois exia*
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tences réelles qui ne sont point identiques : l'univers qui obéit, l'intelligence suprême qui lui commande, l'intelligence humaine qui les apprécie. Je vous l'ai déià dit, et l'on ne sent peut-être pas assez la valeur de cet argument, une résistance, comme un mouvement, ne sont que des sensations : c'est par un travail de l'esprit que nous concluons « de Tune, i'existçnce d un corps; de l'autre, Texistence d'une force.
2* S'il n'y avait que des objets matériels, les forces physiques, c*est-à*-dire toutes les forces, seraient aussi des corps, de la matière, c'est-à-dire, d'après votre déOnition, quelque chose de résistant, de tangible, mais alors que ferez- vous même de l'électricité, du magnétisme, du calorique, des affinités, que l'on ne saurait ni toucher, ni peser, ni souvent même apercevoir? Que ferez- vous surtout du moi, de ce principe intellectuel en qui réside notre pensée, notre volonté, qui règle et ordonne en nous un si grand nombre de mouvements?
3* On ne saurait comprendre, dites-vous, comment un esprit peut agir sur la matière, puisque leur nature est si opposée. Vous croyez donc connaître l'essence ae la matière et sa manière d'agir? C'est une prétention chimérique qui a toujours jeté ceux qui n'ont pas su lui échapper, dans un dédale d'hypothèses sans but, comme sans résultat, parce que la question des essences, envisagée sous certains rapports, est au-dessus de nos facultés. C'est vraiment là le fruit défendu : soyons assez sages pour ne pas chercher à y atteindre. Je signale ici la plus erande source de nos erreurs : tâchons qu'elle soit tarie pour jamais I Le matérialisme exclusif est aussi antiiogique dans ses principes que funeste dans ses conséquences... Avec lui, les sciences physiologiques , intellectuelles et morales , c'està-dire la science humaine, sont incomplètes, <*rronées, ou deviennent môme impossibles.
On peut adresser des reproches analogues à l'idéalisme exclusif, quand il veut aussi, en partant des donnée^ fournies par la science, I>énétrer la nature intime et le mode d'action des forces purement humaines que Ton a nommées spirituelles, et qu'il déclare connaître les espnts dans leur substance. Les esprits les plus sages admettent l'existence d une matière passive, gouvernée par des forces (Spirituelles où réside ce principe d'activité; ils affirment d'une manière absolue l'essence de chacune d'elles, et l'existence des esprits et du monde supérieur constitué parleur enserable,entre le monde matériel et lesuprême Créateur : au contraire, la logique des doctrines exclusives est si vicieuse que tous ceux qui l'ont adoptée dans les écoles anciennes et modernes , sont arrivés , sans le savoir, à un système mixte, spirituo- matérialiste, dont les principes, en lutte continuelle, se détruisent réciproquement, aboutissent nécessairement à un scepticisme absolu, qui détruit à son tour toute science rationnelle, et nous jette de vive force dans un empirisme protecteur où Fart vient puiser ses ressources pour la pratique journalière. H n*a lai lu rien
moins qu'une conviction profonde, rt^^^ul d'une longue étude de tous nos systènu pour me décider A émettre devant voik » assertion aussi positive, qui ne vous b^h rait pas plus de doute qu'à moi-ni(^iiic, j'avais le temps de vous en fournir touti v preuves. Ainsi, les anciens admellaicni i fe monde était formé par l'action de cl* ij\ plusieurs éléments, par la réunion des <.! mes; mais pour leur donner des forints .] terminées, pour y produire des mouvr^iiH : il leur fallait un principe actif, et ce prim fut tantôt les dieux, tantôt une Àme du mor ou bien le feu, l'éther, le pneuma, ùin-s m tériels, que Ton doua d intelligence «i passions, ou enfin le hasard, l'amour, la ! corde, facultés abstraites auxquelles on •!• une existence réelle. On trouve donr h mélange confus de polythéisme, de nin< lisme et de spiritualisme au milieu diij > science ne peut point arriver à s'éial>iir ' conclure, ou bien on parvient à des n'>i dont les applications sont nulles, dmiui. peu étendues, ou même erronées el tun
Les systèmes modernes qui reposn les mêmes bases sont également ennui.
tout progrès. Voyez-en un exemple «i 1 sensualisme du xvnr siècle, qui s'est ir.> partout, et qui a fait tant de mal aut m physiologiques et morales, malgré Ih.' de ses fondateurs. Poussé dans ses d» n conséquences, ce système ne recoimiit 1 de la matière et des forces physiques ii'ii sultent de son arrangement. Les éi<i:
chimiques, disposés d une certaine ninr forment de l'albumine et de la fibrine : r ci se contracte dans le muscle, digèn^ l'estomac, sent dans le nerf, pense d : • cerveau. Ainsi, les forces vitales, inull les et morales, ne sont que des moditii des forces physiaues (attraction, él;K affinité), comme Vhomme tout entier qu'un composé d'hydrogène, d'oxvtîîf carbone, modifiés par leur action : proque.
Ce sont les conclusions auxquelles duit inévitablement l'organicisnie; et, «' étrange, des hommes d'un talent sui <" n'ont pas hésité à les tirer. Ainsi lin dire, selon leur doctrine, comme ù!
que la pierre a une sorte de sen>il>ii;' plante et l'estomac une sorte de juiz : que le cerveau pense en tant que mati»i
Dans cette école, ces conclusions siii cessaires; car pour affirmer que le c <^ pense comme matière, quand il est cou \ d'éléments matériels ioentiques à C' ii\ minéral ou du végétal, il faut adineltre i ces derniers ont une faculté analogue, ii moins prononcée. On revient alors à la i tière intelligente des anciens, c'cst-iqu'on spiritualise la matière pour mat» r.i ^ ! esprit; on donne le sentiment à la l'i' ' l'intelligence et le sens moral au c^r^ pour avoir le droit de les refuser à 1 li"" ;
Tant que l'on voudra pénétrer dm '«J ; ture intime des choses, on sera comluit. • résultats de ce genre, et la science ira >c l dre dans un matérialisme semé d'erreur>,
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DE PHTSIOLOCaE.
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(!»s une métaphysique ténébreuse, qui seroot Clément stériles. Si l'on établit que la matière est, par ia naiure^ active et passive « les forces, les actes, les sciences seront tous pbjsiques. Si Ton affirme que, par leur es* f'oce, la matière est passive et l'esprit seul jtftir, toutes les forces deviendront spirituelle, les sciences iront se perdre dans le do- Quioe de la métaphysique. Quand l'esprit [ïumain se met à l'œuvre sur de pareilles don« oee», il s'en écarte malgré lui, les combine <u leur échappe, et arrive à des créations biarres sans ensemble et sans unité. La science cunque ainsi aux principes que nous avons fosés, et devient infidèle à sa mission. Il nous est facile de prévoir quels doivent éu« les résultats de semblables doctrines. Dès lue l'on croit connaître la nature d'une force, ca imagine les. lois qui doivent la régir, on ï^?ri>e ou Ton torture l'expérience, et l'on JÀi souTent d'après ces hypothèses ; les théon«fs denennent fausses, la pratique devient cd<5ible, et n'échappe à l'erreur que par la ' Qtndiction. U plupart des anciens pensaient que tous ^fibéDomènes physiques dépendaient d'une ^s^m élher intelligent, analogue à l'âme bumt Dès lors , ils en concluaient que M denit être conduit par raisonnement ou f^pimn, et de là se déduisaient tontes les »i5.0Q disait : ta nature a horreur du vide; l'tmhliible attire le temblabte, etc. Ces idées 0 1< paraissent très-ridicules; elles étaient partant très- logiques.
îbémison voyait dans le corps humain tin ^ percé d'ouvertures que des corpuscules cîers traversaient sans cesse ; les maladies ^[•eodaient du resserrement ou du relâche- ^nt des pores: pour les guérir, il fallait 'ionc condenser ou relâcher.
Ptjur les Stahliens exagérés, altérant la dMrioe du Maître, l'âme était intellectuelle ^m toutes ses facultés, même dans sa force 'itale; elle devait donc gouverner le corps par u puissance pensante, c'est-à-dire avec' une îoteltigence raisonnante. Toutes les maladies foientdès lors des actes salutaires qu'il fallait t'Hijours respecter, ce qui les conduisait le plus ^renl à une thérapeutique trop expectante. Dans leur science politique, Platon et les iociens n'admettaient l'égalité d'origine, et, ^ suite, de droits et de devoirs, que chez fe cilovens de la cité ; les esclaves, les bartiares D étaient point des hommes de la même
.Dans la morale, si l'on affirme que Thomme n'est que de la matière , soumis exclusive- ^M, comme celle-ci, aux lois de la néces- ^^^. on enlève à la pensée même son indépendance, aux actes leur responsabilité ; on ^^availle h détruire en nous tous les senti- ^<:ot$ généreux ; on nous enlève à la fois le ^"^pect que nous devons à nous-mêmes et joi autres. On dit avec Epicure q[ue le bonheur, c'est la volupté; on déifie les jouissances joatérielles; l'homme étant un animal comme « autres doit être conduit comme eux par * force, ou en flattant ses passions. Au con- ^^e, si Ton reconnait eu nous une force,
une puissance libre , qui désire, veut, agit, sans être immédiatement soumise aux lois de la matière, qui peut même dominer ses passions, perfectionner les germes du bien, on peut lui dire gue le bonheur est dans la vertu; on le dinge, on le gouverne en excitant ses nobles penchants, en cultivant, en éclairant sa raison, qui le maintient et le ramène sans cesse dans le cercle de ses devoirs.
Nous agissons rarement sans motif, sans raisonnement; la science nous donne à la fois des raisons et des moyens d'action, il faut donc surveiller de près les résultats qu'elle nous fournit.
Ce qui précède nous conduit aux conclusions suivantes :
1* Il y a des forces riellee, mais nous ne pouvons pas en connaître l'essence absolue; nous pouvons seulement saisir les rapports qu'elles ont entre elles avec les phénomènes, avec le but : ces rapports que Texpérience fournit, et que l'esprit, la raison, rédige en lois , constituent les lois expérimentales de ces forces, qui deviennent alors des forcée expérimentaleeei rationnelles. C'est la généralité de ces lois qui sert de mesuré aux notions que nous avons de ces forces.
2* Tout ce qu'il y a de réel dans une science, repose sur ces lois et ces forces ; c'est là ce qm les rend vraiment pratiques.
3* Lorsque vous voudrez juger une science, vous examinerez le nombre, rétendue de ces forces et de ces lois.
4* Toute doctrine qui a son but avoué ou caché, de conduireà la recherche des essences intimes absolues, comme le matérialisme ou l'idéalisme exclusif, est une doctrine vicieuse.
5* Chez les anciens, il n'y a çuère de science véritablement constituée et généralement admise ; il y avait surtout des sectes matérialistes, idéalistes, polythéistes,(panthéistes, etc., ou plutôt un mélange de tout cela, en diver* ses proportions.
6* Les modernes sont parvenus, par le fait, à sortir de ce chaos par les sciences physijques ; aussi les hommes qui s'en occupent ont renoncé à ce3 discussions oiseuses. Appuyés sur l'observation, la raison,une bonne logique, les chimistes ne perdent pas leur temps à demander sans cesse si l'affinité dépend exclusivemenl'de l'organisation des corps, d'un fluide subtil,oud'unespritinlelligent,d'uneabstraction ou d'une matière concrète ; ils s'attachent surtout à étudier les affinités des corps divers, en recherchant leurs lois, et ajoutent chaque jour de véritables richesses à celles que leur ont transmises leurs prédécesseurs. Aussi la chimie,comme toute science vraie, nous donne le pouvoir de prévoir et d'intervenir dans un grand nombre de phénomènes. Il est seulement à regretter que les sciences physiques, n'aient pas bien saisi l'esprit de la méthode qui les dirige, et qu'elles imposent sans le savoir aux autres branches de nos connaissances, la direction fâcheuse dont elles ont enfin secoué le joug.
Quant aux sciences physiologiques et métaphysiques, elles sont encore, en grande partie soumises à la logique vicieuse que nous