‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 113 sur 340 · VOR · texte numérisé non relu

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Tenons de signaler. Si le temps me le per«* mettait, je vous montrerais qu'elles vont presque toutes- aboutir , ou au matérialisme » comme l'organisme moderne, ou h Tidéalisme exclusif et au panthéisme, comme les doctrines allemandes; elles n'échappent è ce danger qu'en se réfugiant dans l'empirisme. Ceci vous explique leur versatilité ; ce» -éviilutions incessantes qui les bouleversent jus que dans leurs fondements; ce désaccord fréquent entre leurs diverses branches, entre la théorie et la pratique. Voyez la médecine envahie tour à tour par le mécanicisme de Boërhaave, le chimisme de Sylvius, le dynamisme de Haller, le vitalisme nominal de Bichat, le stimulisme de Brown, le contrestimulisme italien, le sthénisme de Broussais, Thumorisme moderne : chacun de ces systèmes affirme que seul il est vrai, impérissable, et cependant ils ne sont pas simplement différents, ils sont opposés : aussi se trouventils tour à t^ur détrônés : la physiologie est souvent en opposition avec la pathologie; celle^i avec la clinique qui doit être leur juge souverain.

La philosophie, la morale, la politique nous offrent le même spectacle; Locke et Condillac ne peuvent s'entendre avec Descartes, Kant et l'école écossaise.

La science se divise en deux grandes branches : celle du monde inorganique, celle du monde vivant et intellectuel qui embrasse la science de l'homme, l'anthropologie médicale et intellectuelle. La première est constituée, quoiqu'elle présente de grandes lacunes; la seconde, la plus importante de toutes, ne l'est pas encore, dans la forme du moins et par un consentement philosophique général.

Vous me demanderez peut-être si ce résultat tient à sa nature. Non, Messieurs; cette science est la plus didicile de toutes, mais elle est possible, et doit ouvrir une ère nouvelle à l'humanité ; elle sera constituée, dès que nous serons bien convaincus que l'anthropologie véritable a pour base la détermination expérimentale et rationnelle des forces vitales et intellectuelles et de leurs circonstances ; dès que nous Redouterons plus de l'existence de leurs lois, alors nous pourrons apprendre, par voie scientifique, tout ce que, humainement, nous pouvons savoir sur les principes actifs qui sont le point de départ de ces forces.

Or ces lois existent dans la science de l'homme, comme dans la science de l'univers; elles se résument surtout dans trois princi* pes fondamentaux; lois d'harmonie, lois de stabilité, lois de progrès, inscrites partout dans la nature.

V Lois d'harmonie et de stabilité, — Le monde et ses diverses parties sont composés d'éléments, de phénomènes intinis, divers, opposés dans les détails, et cependant harmoniques dans leur ensemble. L'attraction et la répulsion, le froid et le chaud, la sécheresse et l'humidité, les règnes organiques et inor-

Saniques, l'animal et le végétal , les animaux e différentes classes se montrent en lutte perpétuelle , puisque les uns se forment et se développent aux dépens des autres, et ce-

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pendant Tunivers demeure stable et mè se perfectionne.

Les astres s'attirent réciproquement et leu marche n'est pas troublée; les saisons <. succèdent dans un ordre admirable et ro!is tant; un hiver très-froid et très-humido .i. vrait être suivi d'un été moins sec et moi; chaud; et, néanmoins, c'est le contraire iji] .'on observe ; la température, les élats éù-. triques et hygrométriques se ramènent s? cesse à une moyenne invariable. Dans m constitution vigoureuse, la maladie per! • ses forces, et décroît quand elle a ck;'; toute son intensité ; les passions s'usent ; leur violence, etc. Partout, au moral cou au physique, dans l'histoire du globe coui dans celle de l'homme et des nations, orages et les tempêtes annoncent et pn . dent toujours le calme et te repos.

2* Loi de progris. — Les études cosnv : niques modernes prouvent que la terre a livrée dès les temps les plus reculés à un ; vail d'évolution et de perfectionnement rr sant. Les minéraux existèrent seuls d al ils occupaient les couches de premién mation; puis, successivement, dans ks i ches suivantes apparurent les végétaux ; y eux les animaux les plus simples, au\'] se joignirent ensuite aes animaux de pSnplus parfaits ; enfin l'homme, cechef-da de la création, se montra le dernier dogmes que la géologie démontre, se r« t vent dans la Genèse mosaïque.

La même loi d'évolution se manifeMt histologie; chaque espèce, en parcouru ; ph/ises qui séparent l'embryon de lai passe par des degrés d'organisation qui i péllent les classes inférieures : le p-M ' n'est d'abord qu'un ver qui rampe sur h l

fMus tard il acquiert des ailes et s'élan(<M es airs; l'homme à son origine est uneu informe qui se développe par des transi tions successives, et n^cquiert que pro: sivement les facultés éminentes qui le di; guent. Enfin, dégagé au moment de sa <: truction apparente, des liens de la ui3J>> il côuMnence une évolution nouvelle. ( l Formes.)

L'histoire des peuples, des sociétés, u institutions, permet aussi de reconnaîtr v

Erogrès constant et immense dans l'enstu;. ien qu'il ait été interrompu plusieurs i par des temps d'arrêt ou des niouven»^ rétrogrades. Chez les anciens on vovaii li ques maîtres et une foule d'est lave.^; peuple roi, et mille nations asservies ; q> ques hommes éclairés, elle reste de 11 " nilé plongé dans l'ignorance la plusproloi : peu a peu les lumières et la liberté se m; dirent; il y eut encore des serfs, puis i vassaux-: aujourd'hui Tégalité des dmib des devoirs se proclame de toutes p '• les nationalités se rétablissent, i'esdi^tombe de droit sous le poids de la rcpn i tion universeHe, et chacun apprend qu il n a qu'une supériorité réelle, celle que d nent les talents, le dévouement èi les ver G^est au chnstianisme que sont dus ce?

menses bienfaits.

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Ainsi ie mal ne perpétue pas le mal d'une sioiere indéfiDie. La harbane ne produit pas m barbarie sans limites ; les mstitutions DAUiaises n'étouffent point tout sentiment lifiénui chez les peuples qui leur sont souaibjes grandes nations et les grands princi;»> De dorment pas d'un sommeil éternel ; i\v; réveillent enfin, au moment où leur léihsrgie semble la plus profonde : ils gagnent t: |i«u de temps bien plus qu'ils n'avaient ;trau; la civilisation, la vertu, les sciences rï^reonent tout leur empire, et brillent d'un i.mel éclat. Il y a donc une puissance mysi-^'^use qui plane toujours sur nous et sur riMit5tinées : cette puissance, c'est Tintelli- .oe. c'est la morale, la conscience, la rai- ^1 humaioe qui veille sans cesse en nous/ et iiHlcssu» de nous, la justice et la bonté di- 'û: qui ne veut pas que Thomme manque rioiission sublime qu elle lui a donnée. La [K)ur$uivanl ces idées on parviendrait I plumer que les actes des hommes et ceux >.> DiiloQs sont soumis à des règles qui tenait vers un but comme les phénomènes :i)iv^. Chacun de nous est entraîné, sans 'i. apercevoir, par le mouvement diurne de i CY, et fait ainsi un trajet immense, sans "^MjAiToir; le savant et le vulgaire le parta- .bté^t^cnt. La seule différence qui existe ''<//!^cui, c'est que le second l'ignore, tandis •fwt l'ipreluier le connaît : eh bien I les hom- Q^.ies peuples, l'humanité sont entraînés ^'^ leurs actions par un mouvement ana- ' '^, et obéissent à des lois que la révéla- '' : &OUS a enseignées, que la science re- 'tbe, et que Ton découvrira un jour en •^Jcmontrant dans leurs principes supé- -'^^, par de hautes études d'histoire et de y ' a-ilogie.

I.i)i>luire u*a presque rien fait, quand elle '< bornée h raconter les événements qui ^ i'Qt succédé depuis les époques les plus '^^ etfs. Satisfaire la curiosité, intéresser, ^ UToir, D*est qu'un élément accessoire. Sa LvNMon n'est pas encore remplie, quand ses ré* i^ fnl mis en relief nos erreurs et nos fautes, "> découvertes ou ces actions héroïques qui ^nreDtle respecta la postérité; elle doit ^P^r à remonter plus naut. Il faut qu'en ^•itaot devant nos jeux l'évolution de t'hu- ^^i^té, elle en retrace la marche et les lois ; ^ les changements nuisibles et favorables, ^ ie bien ou le mal se trouvent saisis dans ^i* origine, dans leur source et leur enchat- ^'»^-ut, aûu que l'on puisse les prévoir, 'iiîtr les uns, développer les autres dans ^ germe, dans l'intérêt de ceux qui vien- ^'fl' après nous. C'est aujourd'hui surtout '" i iibtoire commence à marcher d'un pas ^^ dans cette nouvelle voie : la philoso- '^- de l'histoire doit nous apprendre à ^«ux connaître le véritable but de l'homme; y'u^eretàétablir les institutions qui peuvent a'^er son bonheur, sa grandeur et sa çloîre. "' ti^us apprend pourquoi bien des sciences i'^iaient chez les anciens qu'à l'état rudi- -ûtaire. Je ne pousserai pas plus loin ces njidéralions qui ouvrent a la science mo- ^^ un horizon si nouveau si fécond et si

ridie ; je passe è l'étude des Dorées qui gou'* vernent le monde. Celui qui contemple avec une attention réfféchie, le spectacle de Tunivers, finit par y reconnaître des phénomènes physiques, vitaux, intellectuels et moraux,

3ui se limitent les uns les autres, se commanent et s'enchaînent en conservant au milieu de leurs analogies nombreu.ses, de leurs contacts multipliés , des caractères tellement spécifique^ , des différences si nettement tranchées, que Ton ne saurait les confondre. A ces trois ordres de phénomènes correspondent trois genres de forces et de lois dont l'étude forme le vaste domaine que l'esprit humain peut embrasser et parcourir. Ces idées ont été généralement adoptées dans tous les temps ; elles se retrouvent dans les traditions et le langage des différents peuples. La plupart des savants et des philosophes les ont admises, du moins en principe: si quelques-uns s'en sont écartés dès leur début, si un très-grand nombre leur ont été infidèles dQns les détails de leurs doctrines, s'ils imt ainsi arrêté les progrès des sciences, c'est qu'ils ont méconnu trop souvent la nature, le but, la logique de chaque science, et qu'ils ont été conouits ainsi à des erreurs d'autant plus funestes, qu'elles se sont abritées derrière des noms plus respectables^» C'est par l'étude de ces forces et de leurs lois que 1 on constitue trois ordres de sciences, physiques, physiologiques, intellectuelles, morales et religieuses, qui se prêtent un secours mutuel, mais qui doivent demeurer distinctes. Le vice fondamental de nos duc-trines, c'est de les avoir confondues dès leur début ou dans leurs conséquences.

Remarquez bien que parcesmots,forcesphy»

siques, vitales, intellectuelles, je ne prétends rien établir relativement à leur nature absolue, j'affirme seulement qu'elles existent, qu'elles diffèrent ou se monti*ent même opposées. Ce sont des forces abstraites, inconnues, quoique réelles, qui prendront une valeur de plus en plus déterminée à mesure que l'observation aura établi leurs lois expérimentales et rationnelles. Si nous parvenions à les connaître toutes, comme nous connaissons l'attraction, le calorique, la lumière, l'électricité, etc., nous pourrions calculer de même leurs effets, les prévoir, les modifier; les sciences qui leur correspondent, auraient ainsi atteint le but de toute science, qui consiste è prévoir et à intervenir; elles serviraient de base à une pratique rationnelle. Il est évident que l'homme rencontrera partout des mystères d'autant plus grands qu il s'élèvera plus haut, et qu'il en est devant lesquels sa raison doit s'incliner, en vertu de ses forces même : car il est des lois dont il ne peut comprendre le mode intime, mais qu'il doit admettre h cause de leur grandeur, de leur sagesse, du but su*.

i)rême qui leur appartient et qui démontre eur vente aussi bien que leur céleste origine- On comprend difficilement f|ue l'on cnerche encore aujourd'hui à ramener identiquement ces forces simplement parallèles, les unes aux autres malgré tant d'efforts superflus. Hé quoi I voua séparez l'at-

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tradion terrestre de Tattraction électrique, de celle qui a lieu dans les affinités, et vous voudriez les réunir aux forces vitales, c*estk-dire à la sensibilité, à la motilité spontanée, è la plasticité, à la force des germes, à l'instinctf Quel rapport trouvez-vous entre elles? JLes premières s'observent partout, les deuxièmes ne se montrent que dans les corps vivants ; celles-ci sont contingentes, se fondent dans une unité harmonique, celles-là sont isolées, nécessaires. Nous ne pouvons pas faire un atome d'albumine, de fibrine vivantes, nous ne savons pas comment elles sont, et nous affirmerions qu'avec des réactifs chimiques on peut former un muscle , un cerveau, un homme? Non-seulement, les forces vitales diffèrent des forces physiques, mais elles diffèrent encore entre elles, chacune se spécifie même dans chaque être vivant. Un œuf de reptile ressemble tout à fait au point de vue matériel à un œuf d'oiseau, et cependant le premier donne naissance à un serpent, le second à un rossignol. Quand les espèces les plus rapprochées s'accouplent, la génération s'arrête au premier produit, chez lequel la force et les organes germinatifs n'existent plus. Ne le voyez-vous pas, entre les règnes inorganique et organi-

3ue, entre les êtres les plus voisins de ce ernier existe un abtme que la force vitale remplit avec ses immenses variétés, et l'on espère le faire disparaître avec de la physique, de la chimie et des hypothèses; avec la loi si fausse et pourtant si vantée du progrès continu ? Cet abîme doit être comblé avec la science expérimentale de la force vitale, qui est plus vaste que la physique et la chimie, et qui nous permettra d'étendre notre empire sur le règne vivant, comme vous l'exercez a^jourd'hui, comme vous l'exercerez surtout un jour sur le monde inorganique. Il v a là, n'en doutez pas, des lois constantes, des secrets importants à découvrir. Les arts vous ont ouvert cette voie pour vos besoins et vos

I)laisirs. L'horticulteur modifie et transforme es fleurs qui ornent nos jardins : quoique certains animaux domestiques appartiennent à une race unique, on en a cependant obtenu des variétés nombreuses dont chacune a une stature, des formes, des aptitudes qui les distinguent : les animaux les plus féroces (les tigres) ont été apprivoisés ; on a dressé ceux qui ofraientle moins d'intelligence. Ne croyez-vous pas qu'il y ait là des règles que la science pourrail saisir et perfectionner ; que l'on appliquerait avec succès à l'homme lui-même, pour lui faire acquérir des avantages qui n appartiennent qu'à des sujets ou à des races

I)riv]]égiées? Sa vie deviendrait alors plus ongue, plus heureuse, sa constitution plus robuste, ses facultés morales se ressentiraient de cette salutaire influence.

Les systématiques ne se sont pas arrêtés là. Après avoir nié la force vitale, ils ont nié aussi la force morale et intellectuelle, le mot des métaphysiciens : ils en ont £ait une abstraction, un objet matériel. Comprenez-vous, Messieurs, une abstraction ou une matière qui pense, veut, agit, se repent de ce qu'elle

a fait et recommence sur un nouvenu pi qui a de l'amour ou de la haine, de la i.i lousie ou de la bienveillance, des désirs, il espérances, des regrets ? Mais si nous somn sûrs de quelque chose, c'est surtout de \\\ tence de cette puissance mystérieuse q' nous pouvons à la fois sentir et observer :i] nous touchons et qui nous touche par ii les points.

Ce mot humain, c'est la liberté, rindf^jt dance, que rien ne saurait lui ravir : il dir sa pensée sur tout ce qui l'entoure, se rv,) sur lui-même, étudie la nature, lui arra ses secrets, et s'élève jusqu'au créateur toutes ces merveilles.

Admettez pour un instant que le m* l'Ame, soit un être matériel, un fluide n^ veux, de l'électricité, une sécrétion du fv veau, comment expliauerez-vous son ui.

sa continuité depuis le commencement l'existence? Les fluides s'échappent, sir lent à chaque instant, comment pou s'y conserverie souvenir des faits accom Admettons que la mémoire, rima^'ir soient inhérentes, rivées à jamais, con : soutient Gall, à une partie du cerveau. deviendront-elles,Iorsâue cette partie tU: i changée parle travail de la nutrition? lii< tière mobile comme toute matière vivan:

saurait garder aucune trace constante. A i quante ans, chacune des molécules qui n composent a été remplacée plusieurs fuis des molécules nouvelles, le corps n'est i le même, et cependant le principe spinit la conscience de son identité? Il eïiid' quelque chose de fixe, d*immortel, de tmct de cette matière qui fuit et se renou sans cesse. Ces arguments sont physique* ne sauraient être contestés. Analysez re se passe en nous, pendant un travail i lectuel? Vous pourrez provoquer votr tention, la diriger, la manier, a^ir su. comme sur votre corps, et cela sans fl< antérieure autre que votre volonit^. li facile de sentir que l'on tend son (or\ qu'on le modifie ; ce n'est point la m ' qui a l'initiative ; c'est le mot qui mande, c'est elle oui obéit.

On a comparé I intelligence de l'hnnm Tinstinct des animaux : mais les idées i> tinctives (passez-moi le mot) et les actes c respondants sont innés; ils apparaissent h cuntinuentsans réflexion,mais i'snesep* r: tionnent point. Le rossignol fait entendrechants mélodieux, sans les avoir appris ne les change jamais. L'abeille, le ca^i >r,l raignée savent en naissant construire i ruche, leur habitation, leur toile, qui ^ partout uniformes. Nos idées, au contra' sont toutes acquises par le travail de I es; m Ihomme apprend, invente, crée siins c^ par lui-même, varie et perfectionne se> " vrages suivant ses désirs et ses bes» •' L'instinct n'a point de relation constante <^ les dispositions organiques, nerveuses, c^ braies des animaux ; ses actes les plus t^' nants s'observent souven l chez les êtres les [ i éloignés de nous ; chez les vers et les inseci ^'

Si l'intelligence n'était que de I m^tmc

la c".

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DE PHTSIOLOOIE.

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ferrions-nous ces luttes fréquentes, qui se brvot en nous, entre la raison et les pasfilins, entre ces désirs si puissants qui nous soJticJteDl et notre volonté qui en tnomphe T

L losUoct animal se rattacne exclusivement lia besoins du corps et de la vie ; il veille à la MQsemtion de Tindividu et de Tespëce, il «t la source des désirs et des passions que r'^o pourrait appeler animales : à rintelli- Aflce, au contraire, se rapportent les besoins ^ coeur et de Tesprit; elle veille à la conserfiuon et au développement de la société, de ibumanité. Chez les nations civilisées, on la THt parler si haut qu'elle peut étouffer tous les <ri de rinstinct animai qui semblent irré- Visibles; elle nous donne le sentiment du énoirt devient le principe des nobles pass^^, des actes généreux par lesquels nous aknfioDS DÛS jouissances, notre bonheur, »^ rie même. L'intelligence, c*est l'homme, (i'ii le reste n'en est que la fragile enveloppe

Us forces psychologiques de l'bomme et 4>iDiiDaux ne sauraient être confondues, si oéoie intimement rapprochées sansmé- ' BTéttre leur véritable nature intime ; on r^juiffiroer que leur différence est radicale, '^Tidies ne se distinguent pas seulement

Ittfità^é. S'il n*en était pas ainsi, il y au- •'lit imenalogie croissante dans les produits

C'^if^ donnent, à mesure que l'on s'élève /échelle des êtres vivants.

^esi notre force noologique qui crée ^^les, les nations, les in^tutions so- ^ii>s<. les langues, les arts, les sciences; si ^ simaux en avaient le rudiment le plus ^«^^ il y aurait chez eux quelque chose ^ ^assemblerait à tout cela ; mais on n'en ^*^<t pas la trace la plus légère.

'^ez eux, U y a des agglomérations et des *<^iaiiûDs, il n'y a pas^e sociétés, il n'y a «siDéme de famille. Si toutes les idées étaient ^produit des sens, de la sensation, de la sen- Hîilé, les animaux auraient les mêmes idées 1^^ oous, car ils ont des sens aussi parfaits, »i sensibilité aussi vive.

Joui ce qui existe en nous, se met en re- Qt s'eipnme hors de nous; les animaux Bi des passions comme les nôtres, aussi B^s un langage passionnel qu'ils compren- ^i.et que chacun comprend : s'ils avaient ^ idées, ils auraient une langue pour les ^; s'ils n'expriment que des sentiments atomes, c'est qu'en eux, il n'y a pas autchose.

1^ remarques jetées & la hAte et sans de« ^ppement, ruinent de fond en comble le ^e si fameux, si vanté du sensualisme f^ panthéisme.

^ chefs de ces écoles se sont demandé ^vement si le monde est un animal ou un !getal; si l'homme est un animal plus par- *^ ou plus dépravé que les autres ; quel est point du cerveau oit réside, oii s élabore otelliaence, etc •..ils n'ont pas vu qu'entre ''^^^ et l'homme il y avait une lacune im- ^ que la force noologique remplit ^î que le cerveau n'est pas le principe, ^^urce de cette force, mais seulement son apport et son instrument; que le cerveau

du cheval, du chien ou du singe, ne diOère du nôtre que par son volume, le développe» ment de quelques saillies, de quelques cir* convolutions, tandis que notre intelligence diffère de hi leur de la manière la plus complète. Des forces analogues produisent des effets du même genre; i)s ne varient que par l'intensité. Partout où il y a des muscles, il y a des mouvements ; par l'absence des se-> conds,on peutaffirmer l'absence des premiers. Or l'intelligence humaine crée : partout où il n'y a pas création, cette intelligence manque. L'animal ne crée rien : pour lui le temps n'est qu'une succession monotone de sensa* tiens et d'actes uniformes; le soleil n'est que de la chaleur et de la lumière; l'homme qu'un mattre doux et facile, ou un tyran im* pito^rable : avec une intelligence analogue k la sienne, nous serions amsi que lui san? connaissance du bien et du mal, du juste et de l'injuste, de l'égoïsme et du dévouement, du crime et de la vertu , sans ambition et sans remords, sans présent comme sans avenir, sans ancêtres comme sans enfants, sans vastes désirs comme sans espérances ; le siècle qui va s'ouvrir nous laisserait comme les siècles qui se sont écoulés, et la création ne trouverait pas un seul être qui pût comprendre et admirer ses merveilles.

Ce qui appartient à l'homme et à lui seul, ce qui le rend maître du monde et de lui-même, c'est la pensée, la raison libre, indépendante, souveraine, qui domine tout et n'est dominée par rien, oui ne connatt d'autres règles que cellesqu'elles'impose elle-même. Au lieu a'é* puiser tous nos efforts dans la recherche exclusive de son essence, de son origine, de son siège précis et matériel ; au lieu d'attacher tant d'importance à la simple carte géographique du cerveau, travaillons surtout à étudier les phénomènes qu'elle produit, les éléments

Îui la composent, les fois qui la régissent, 'est elle qui gouverne les nommes et les sociétés, c'est par elle que nous apprendrons à gouverner les sociétés et les nommes, à créer des institutions justes, sociales, durables, qui ne seront point fondées sur des théories imaginaires, sur des passions mobiles, mais sur les lois éternelles de la justice et de la raison humaines, éclairées et soutenues par la Providence divine. Savez-vous quelle est la grande source de ces révolutions sans nombre qui de tout temps ont ensanglanté le monde 7 c est que nous n avons pas d idées fixes, de principes arrêtés sur les grandes questions morales, religieuses et sociales; or ces principes, nous ne les aurons que lors-

3ue nous aurons trouvé les lois immuables e la raison et de la morale, dans la science pratique du cœur humain et de l'histoire. Ces sciences sont encore dans l'enfance, parce

3u'on ne les a étudiées que dans des vues et es conceptions abstraites; que l'on a saisi seulement leurs formesextérieures,saus préciser leur but et leurs moyens. Ces lois se trouveront en harmonie avec les enseignements du christianisme qui seront alors mieux compris dans leur admirable profondeur.

Ce que je remarque» disait Napoléon, c'est

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DICnONNAIRS

gue l'on ne constitue rien de durable par la force seule : c'est un fait que ce vaste génie avait saisi dans tous ses détails, et qu'il n'a sans doute pas eu de peine à expliquer. C'est qu'il n'y a qu une force réelle et durable, c'est celle de la raison et de la pensée ; on peut céder, se soumettre h toutes les autres, mais on ne les accepte point sans restriction: on s'incline devant elles, on les accepte avec empressement tant qu'elles sont nécessaires; il faut autre chose pour assurer leurs succès et conserver leurs premières conquêtes.

Les Grecs furent vaincus par les Romains, mais ils les dominèrent bientôt par les arts et

far les sciences; les Romains furent vaincus leur tour par des hordes barbares, qui ne tardèrent pas à subir l'influence de leur civilisation. Au moment où la pensée chrétienne apparut dans le monde, elle n'avait pour appui qu'elle-même : ses premiers fondateurs eurent tout à combattre, tout à renverser, tout à construire ; ils eurent à lutter contre les hommes et les choses ; contre les institutions et les croyances ; leur puissance, dans les limites humaines, du moins, fut tout entière dans la raison, la vérité, la justice, la sublimité de sa morale ; ses moyens furent la persuasion et le martyre; ils assurèrent son triomphe, qui fut la conclusion, le pluç grand, le plus beau de ses miracles : par la èuite, sa puissance s'affaiblit, quand elle voulut user et abuser de la force.

Victorieuse malgré sa faiblesse, tant qu'elle s'appuya sur la justice, elle parut sur le point d'être vaincue, quand ceux qui ne la comprirent pas, voulurent remplacer le droit par la violence. On la vit plusieurs fois succomber dans la Jutte quand elle s'écaria de la route qu'elle avait longtemps suivie. Depuis dix-huitsiècles, les principes du christianisme pratique souvent étouffés par la voix de passions diverses, ont pénétré dans toutes les nations de l'Europe, et de plusieurs autres parties du globe, portant avec eux la lumière, la justice, la civilisation. Ils étaient inscrits par Dieu dans le cœur de Thomme; ils furent enseignés de nouveau par le Dieu fait homme, par le Christ, et descendirent

Î)endant dix-huit siècles de la chaire cathoique, avec une incomparable splendeur. Le christianisme a consacré la liberté, l'égalité, la fraternité, mais ces mots ne représentent pas pour lui des idées absolues dont on a si souvent abusé. Pour lui l'égalité, complète devant la loi, est mesurée et Hmitée par les vertus, les talents, les services ; la fraternité n'est que le dévouement envers nos semblables, elle nous rend d'autant plus ^ands et plus heureux, que nous sommes meilleurs et plus utiles; la liberté ne devient véritable que par le sentiment de tous les devoirs et la soumission aux lois et aux institutions sérieuses qui seules peuvent assurer la stabi- .ité d'un Etat.

Je me suis efforcé d'établir que chaque icience & pour but de donner à 1 homme les moyens de prévoir et d'intervenir dans un certain ordre de phénomènes; qu'elle v parvient quand elle s'attache seulement \ dé-

terminer les forces et les lois constantes q\\ dirigent ces derniers; que l'anthroiioloL:: n'est pas encore constituée, parce que i plupart des doctrines médicales et psyciiol giques se perdent dans le matérialisriu r. riaéalisme exclusif, au lieu de s'occuper s;: plement des forces vitales et psycholo^iqij* et de leurs lois expérimentales en hannon avec la raison. Je dois ajouter qu'il est ui doctrine qui a soutenu les idées foniianieiiiù que je viens d'expo*er, c'est rHippocraiiM. antique, étendu, en harmonie avec la rai» :

I)erfectionné, appliqué à Montpellier elii i es écoles hippocra tiques modernes par -• union avec fa philosophie chrétienne, ila. une seule substance spirituelle.

Dans tous les temps notre école a recnn'' dans l'homme trois éléments fondameuirn.* l'agrégat matériel, les dynamismes viianv intellectuels unis par dès liens mystcn.v^ Dans tous les temps elle en a étudié Iks t expérimentales pour les établir, les délnr les propager, les appliquer ; elle a ru l'unité harmonique de ces éléments tt ; ensemble vers un même but, et en a «1l'unité de la science et de ses diverses l ches. Ces principes ont été pour elle un ^ bole, un drapeau; ils expliquent la naiu; ses ouvrages, de son enseignement, ses in incessantes dans le domaine de rhistoin.. la médecine, de la philosophie ; le génie ^ cial des hommes qui sont sortis de scm -^ Parmi les élèves (ju'elle peut citer avt gueil, je nommerai seulement, dans di.s tei peu éloignés de nous, Locke, qui a i^ un large tribut à la philosophie Diud» . Magnot, Tournefort et Jussieu, invttnî de Ta méthode botanique naturelle ; Sau\ créateur de la nosographie , et Pinel q > continuée; Lapeyronnie, fondateur de i.' demie de chirurgie, et réorganisateur i. médecine militaire; Bordeu, auquel Panporte sa doctrine dont on n'a pas suivi 1 ï^ et la profondeur; Barthez, oui perfecti' la méthode Baconienne et rappli(iiia "; manièresupérieureàlamédecine pratique," rard etLordat, philosophesaussiremaniii 1 qu'habiles méciecins. On la vit coinbatit -t à tour dans leurs idées exclusives, Boorlii Haller, Brownn, Bichat, Broussais, cevdire les chefs habiles et hardis des gi i' systèmes qui ont bouleversé notre s(it:

Leurs doctrines qu'ils croyaient inmiori.il^ se sont toutes écroulées ; la nôtre est : meurée debout, comme la roche étiri; que les flots battent sans cesse , et qui i'' point ébranlée. Elle s'est enrichie des («nvations profondes que ces beaux gémtY' découvertes. S'il est vrai, comme seail» ^ prouver rhistoire,quetouslesgrandshouiii

tous les grands siècles, toutes les grandes i tions, toutes les institutions puissantesqui imprimé des traces profondes sur le rii'et sur la science, aient reçu du ciel » mission à accomplir; si la France, par exenii a eu pour fonction de faire pénétrer p.^r < la civilisation, les lumières et lesdouuit^

{précieux du christianisme; on peut (iirt- i •flippocratisme et notre école ont été m^^'

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1 répiodre partout les dogmes aussi importants que solides sur lesquels doit reposer la réniable anthropologie.

La destinée de notre doctrine a été déià prédite par Tua des professeurs de Técole de Pans, par Tuo des plus fermes appuis de la ductrioe matérialiste , par celui qui n*a pas cniDt de dire que le cerveau sécrète la pensée. Après avoir tracé le tableau des révolutioos qui ont jusqu'ici agité la médecine ; iprès avoir reconnu tout ce qu'avait fait Térjle de Montpellier pour les diriger, les rég'er, pour en déduire des principes fixes i^seit puissants pour les empêcher à l'avenir, il termine par ces parojles remarquables : « EoGn, des opinions de Stabi et de Van- H^liûûnt, et du solidisme , étendu, modifié , c>»rrigé, s'est formé une nouvelle doctrine à Iiquelie Bordeu, Vtnel, Lamare, on peut cilme dire Técole de Montpellier presque TiUere, ont donné beaucoup d'éclat et de f^nisaos

t .grandie depuis ces mattres célèbres, par

> Tantes travaux de Barthez, fortifiée par

y> bières et ses successeurs , de ce que les

••:«jQTertes modernes et les progrès des

^iDc6 collatérales pouvaient lui fournir de

''i^ts nouvelles, perfectionnée par rappli-*

ti\i„i ^ sciences philosophiques que de

^'j:> e^ts commencent à porter enfin dans

^''i5 ks objets de nos études , elle se rap-

l^^k de plus en plus de la vérité. Bientôt

''-oesera plus une doctrine particulière; en

[-^•fiaot des découvertes réelles éparses dans

'^ aerits de toutes les sectes, en se dépouil-

*'it cet esprit exclusif qui étouffe la vé-

Aj|)ie émulation, et qui n'a jamais enfanté

^ de ridicules débats , elle deviendra la

^i^^^ théorie incontestable en médecine, car

^>: sera le lien naturel et nécessaire de tou-

^ i*^ connaissances rassemblées sur noti-e

^îjusqu'àce jotir. »

La prédiction de Cabanis est sur le point ^ s'accomplir : notre science va bientôt suit une révolution semblable à celles (^ui ont ^««formé successivement la physique et t chifflie depuis Bacon , Newton , Pascal, «ler, Stahl, Lavoisier; elle va se constituer. dïi gui suit attentivement Télaboration rofoode que subit la médecine depuis un ciûi-siècle , n'a pu manquer de s'apercevoir Bt nous marchons vers une fusion des divers }'<tm% dans une doctrine assez large pour < embrasser tous, entièrement basée sur >^rvatiûn des éléments qui nous consti- ^^l des rapports qui les unissent entre eux Avec lunivers. Cette doctrine représentera wtume entier, et non quelques-uns de ses Bitxîaui; eDe sera une, comme l'homme luir ^'u .' ; elle n'établira plus de séparation artifi- '^i-i entre la théorie et la pratique , la chi- '^^ et la médecine, la pathologie et la ^jque , Torganicisme et le vitalisme , Paris *l«>ntpellier , la France et les contrées ^^Dgeres. Il n'y aura plus alors qu'une .mé* ^Jo^, comme il n'y a qu'une astronomie, "JQe physique, qu une chimie; comme il f «ura j)jus un jour cent nations séparées tf des mtérèu étroits et égoïstes qui se

Dktiokh. db Physiologie.

heurtent, s'embarrassent, se nuisent sans cesse , mais une grande famille humaine gouvernée par des institutions harmoniques dans leur diversité même, et tendant par toutes les voies vers un seul but , le perfectionnement et le bonheur de l'humanité^ L'homme doit renoncer aux conquêtes qu'il peut faire sur Thomme, pour ne s'occuper que de celles qu'il peut faire sur la nature ; celles-ci sont les seules dur(d)les, les seules dont nous puissions nous enorgueillir. Ce domaine est assez vaste , assez fécond pour employer notre activité tout entière.

La lutte que l'hippocratisme pur et notre école soutiennent depuis longtemps contre le matérialisme de toutes les époques, ne se réduit pas à déterminer si tout est dirigé en nous par les lois de la physique ou de la chimie, si toutes les maladies sont organiques, si elles doivent être traitées par une méthode ou par une autre ; elle remonte plus haut, se rattache à des intérêts plus élevés, se lie aux plus grandes questions psycholo-

?iques et sociales; elle se pose sur ce terrain : tablir par les données de la science, la véritable nature de Thomme. Sommes-nous une matière comme toutes les autres, un mécanisme de plus ajouté aux autres rouages de l'univers, ou bien une intelligence libre, indépendante, susceptible de se perfectionner sans cesse, et servie par des organes vivants,

Sue l'on peut perfectionner à leur tour, en irigeant cette force vitale qui les crée et les développe? Quelle est la véritable mission de la médecine et de ceux qui la cultivent? Quels sont nos devoirs et nos droits? quels sont ceux des autres sciences, des autres . membres actifs de la société?

Ces questions reçoivent une solution identique, de tous les hommes éminents de notre époque : espérons qu'elle sera définitive. L étude attentive et approfondie de l'homme, les efiorts toujours superflus des sciences physiques et chimiques, pour expliquer ce gu'il y a de plus simple dans les pnénomènes intimes de la vie et de la pensée, les conséquences funestes des doctrines matérialistes, ont enfin décidé tous les bons esprits, à proclamer l'indépendance des forces vitales et intellectuelles* et celle de l'anthropologie qu'elles représentent. Ce principe qui a sommeillé pendant longtemps se mûnssait dans le silence ; il se réveille plus actif, plus puissant, plus irrésistible, préside à tous les travaux qui se succèdent et les anime; il est dans les esprits comme dans les faits, dans la science comme dans la nature, dans les expériences et les observations des physiologistes et des médecins, comme dans les analyses des philosophes. A mesure que l'on creuse plus profondément le monde organique et morganique. on voit se dessiner avec plus de préci<iion, les différences qui les séparent. Partout le spiritualisme et le vitalisme s'avancent, appuyés sur l'expérience, sur la raison, sur la pratique; partout le matérialisme s'enfuit, abandonnant le domaine de l'intelligence et de la vie qu'il avait si fatàleinent usurpé.

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Le temps et les progrès des sciences, ont enfin donné è notre doctrine cette consécration auguste, ce brevet d'immortalité que seuls ils peuvent donner aux doctrines humaines, mais qu'ils n'accordent qu'à la vérité : c'est pour elle que nos ancêtres ont combattu, c'est par elle qu'ils ont triomphé. Montronsnous heureux et fiers de son passé, montrons-nous assurés et dignes de son avenir. Quelques hommes de génie parmi lesquels nous comptons nos plus illustres prédécesseurs, se sont engagés dans cette voie, par une sorte d'inspiration, ou après des méditations profondes qui ne les ont pas trompés; d'autres s'y sont jetés après eux par enthousiasme, notre siècle y restera par conviction.

Il est utile maintenant de présenter quelques considérations sur les forces vitales que l'on observe dans les végétaux. Nous avons fait une série de leçons sur ces forces et sur leurs rapports avec celles des animaux; mais nous sommes désireux de montrer que le vitalisme ne règne pas seulement dans notre école. Nous allons donc donner ici des extraits étendus ou des analyses d'une thèse de M. Lavalle médecin et botaniste distingué de Dijon. Elle a pour titre : Étude des forces qui président à l organisation et aia: fonctions des végétaux ; comparaison avec celles qui leur correspondent chez les animaux y par M. Lavalle professeur de botanique à l'Ecole de médecine de Dijon (concours pour une chaire de botanique, Montpellier 1851 ). Nous nous bornerons à la première partie.

Article II. — Des forces chez Les végétaux, I. — Organisation des vcgéiaux.

Envisagés dans leurs parties essentielles, les végétaux sont formés ae p irties désignées sous le nom d'organes. Dans les plantes les plus complètes, ces organes appartiennent à un axe central, la racine et ses divisions, la tige et ses ramifications, et au svstème ap-

Eendiculaire, les cotylédons, les feuilles, les raclées, les enveloppes florales, les étamines, les pistils.

Ces organes sont soumis à la loi de symétrie :

Un examen moins su|3er&ciel nous montre sur chacune de ces parties des organes nouveaux moins composés, et qui existent indifféremment sur tous les points de la plante : à sa surface, comme les stomates, par exemple; k son intérieur en môme temps qu'à sa surface, comme les poils, les glandes.

Enfin, l'analyse, aidée des plus puissants orossissements, arrive à nous faire connaître Porganisation intime de toutes ces parties. Tous ces organes si différents de forme, de consistance, de durée, de coloration, ne sont que le résultat de la réunion d'un petit nombre d'organes plus simples, au delà desquels nous ne pouvons pas pénétrer, et qu'on a désignés sous le nom d organes élémentaires, . Les formes de ces organes se réduisent à un petit nombre, connues sous les noms de eelluleSf tU>res^ trachées^ vaisseaux aériens et laticifires.

Si, non content d'observer le végétal arrivé ksOQ entier développement, nous Texami*

nous h des moments de plus en plus rdp[)i. chés de sa naissance, nous verrons, les o ganes élémentaires se présenter avec (i formes de moins en moins distinctes, el réduire enfin à une seule, la cellule; de IH sorte que nous pouvons acquérir la cnn^, tion que ces organes n'étaient didVr • qu'en apparence, et qu'ils ne sont au li que des modifications d'un seul et même gane, la cellule. Ajoutez qu'on trouve dm.s cellule ou ses modifications des liquidt ^ nature diverse, tels que des huiles ii\ des huiles volatiles; des corps solid:\ fécule, la chlorophylle ; des cristaui ; des ^ l'azote, l'acide carbonique, l'oxygène, ♦: et vous aurez une idée de l'ensemb.e l'organisation des plantes.

Ainsi le végétal le plus simple est f ■:: d'une cellule renfermant des parliiul>lides nageant dans un liquide; le plus i* posé n'est que le résultat de la réuni.n cellules dont les unes ont conservé leiu^ ractères originaires, dont d'autres se ^ plus ou moins profondément modifiées

Je ne veux point passer en revue .

lesformes des organes des végétaux, ei : dans des détails qui ne sont pas indi>]> blés. Mais il importe de s'arrêter un i:i sur les caractères essentiels de l'orgmel' mental de tout le règne végétal, de la( . Elle se compose d'une paroi partout t tinue h elle-même dans laquelle lesplu-' grossissements ne démontrent aiieuni ■ veriure, et d'une cavité centrale taniùl vc par un liquide, tantôt vide, à peine m> ou très-vaste, mais constante.

Les diverses formes de la cellule «; r^ importantes ; elle est toujours creusé* . cavité appréciable, et n'offre jamais d. faces planes, de parties anguleusts, ^ qu'elle se développe librement, quelle :

{)as arrêtée par un espace trop étrtdl 'v. brmée par des adhérences.

Dans ce dernier cas , ses différents i sont diversement inclinés, irréguliers, ne stituant jamais des angles fixes et su^v blés d'être soumis au calcul. Ainsi, nonlement les cellules ne présentent j^ de formes analogues à celles des cn^t.

mais elles ne prennent pas même ces f r lorsque les circonstances extérieures s*. blent presque les y contraindre.

Dans les premiers temps desondéw!

pement, le végétal ne renferme aucun organes qu'il possédera plus tard ; ce n que lentement et successivement qu'app • sent les fibres, les vaisseaux, puis les (Hr* plus composés , les glandes, l'axe et k' pendices. Entre l'état de simplicité extr où Je végétal n'est formé que d'une et' unique et celui où il se présente ave^ t ses organes , nous trouvons tous les dt intermédiaires. C'est avec raison que De < dolle, donnant à ces divers deçrés à'or^' sation l'importance qu'ils mentent, a ( sur eux sa classification en végétaux celin res (mousses, champignons, algues, etc. * ^ gétaux cryptogames (fougères, prties, tr endogènes phanérogames (liliacées, iridt::

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et ea eiogàoes (tous les ▼égétoux dicoiy-

WOD«S).

ToQs les organes des plantes sont composés {m pelit nombre de corps simples , parmi ymh roxTgèoe , Thydrogëne, le carbone t: l'azote jouent les principaux rôles. Leur (^pi)sition est presque identique dans tous

/e diriseiai, avec tous les physiologistes, Jeâ actions des végétaux en deux groupes, iclva qu'elles ont rapport à la conservation H à Taccroissement de l'individu , ou à la frofta^tion de l'espèce.

> Fmthtu, de nuiritian. — Dans les êtres m plus simples , cette fonction est bornée lirais temps : absorption de molécules étran- |gr^, iiouides ou gazeuses ; assimilation d'une jirtie des matériaux introduits ; expulsion pfjrpJus et des particules ^ui, par des eaub ^je je ne puis étudier ici , sont devenues ■propres à faire partie de l'être. Mais à meprt (pje nous observons des êtres plus cornfats, chacune de ces fonctions se divise H «e subdivise ; et si, dans les végétaux sunous voulons retracer un tableau de la nutrition , nous reconnaîtrons *eDce d'un beaucoup plus grand nombre râ faciles à distinguer.

Uspoogioles pompent Teau ambiante t«^iatières organiques, salines ou gazeuf^, p'elJe tient en suspension. Cette eau dans chatiue cellule, s'élève, pàt ^^^ li^eux surtout, jusqu'aux parties

1* elle perd par l'évaporation une partie :riolécules aqueuses, et, sous l'influence *la lofflière , elle subit des modifications '{uables. Quelques-uns de ses éléments rttïppeot, de3 combinaisons nouvelles ^Ql dans ses éléments, et il ne tarde pas )fc^ former des produits tels que la gomme, pc'iie, la lignine, le sucre, etc.

vte eau est dès lors devenue le suc nourelle se répand sur toutes les parties >h plante, et Ya baigner tous les organes

^taires.

[jM alors que des cellules de forme va- ' soit isolées, soit réunies, séparent de ftc uniforme des {produits variés, destinés, ^tt3> à être repris plus tard et à servir l*i^ de la plante, les f&ules, les huiles, etc.; ^, à être rejetés immédiatement au ^, tek qu'un grand nombre d'huiles es- ^lles; d'autres enfin, à servir àdesusages ailiers, certaines huiles essentielles, les •propres, etc.

^v/uMw dt reproduction. — Ces fonctions fl'^nt se réduire à ce fait unique :

i^'iraiion d'une portion organisée spéciale B oa de plusieurs êtres organisés préexis-

'f'^ ^paratton se bit :

^•V>t par une division pure et simple de

^Yi*iu primitif (bmitures, plantes traçan-

cwseotes);

<ot/jt par la formation d'un bourgeon qui

^re à un moment donné , et complète

^ les organes qui lui manquent ( tuber-

»f bolbilles. spores) ;

Tantôt par la production d'organes connus sous le nom d'ovules, qui, sous l'action d'un liquide sécrété par un autre organe, la fovilla, s' organisent en de petits êtres semblables à celui oui leur a donné naissance, et en mû rissant aeviennent une graine.

8. — Forces qni président à Vor|;aiiisation et aax fondions des végétaux.

Forcée physiques. — L'attraction agit sur les plantes en suivant les lois ordinaires.

Il est tout aussi certain que les plantes doivent à la disposition de leurs molécules, à leur organisation , des propriétés spéciales qui sont sous l'empire des forces physiques: c'est ainsi qu'elles sont élastiques, extensibles, hygroscopiques. L'endosmose, la capillarité , la dilatation des solides et des liquides sous l'influence des changements de température, etc., etc., produisent souvent dans les tissus des végétaux ce qu'ils produisent ailleurs; et très-souvent même ces actions, parement physiçues,servent à l'accomplissement de fonctions importantes.

Forces thimtaues. — En est -il de même des affinités moléculaires? Evidemment non. Daas le plus graçd nombre des cas, sinon dans tous , les composés les plus fixes sont détruits au sein de la plante. L'eau, par exemple, l'acide carbonique, sont décomposés pour former des produits infiniment moins stables; tandis que des combinaisons peu puissantes prennent naissance et se maintiennent presque dans les mêmes points du végétal (tous les produits organiques ).

L'action chimique de l'oxygène de l'air ne saurait être mée sur toutes les parties des plantes. Hais ce qui importe pour mon sujet, c'est de bien constater que ces affinités ne peuvent s'exercer que dans des cas exceptionnels ; que même, dans ces circonstances, elles semblent gên^s dans leur action , et que leur empire ne commence réellement qu'au moment de la mort.

Abordons la question de la formation des cristaux au sein des végétaux, dans i«?ur5 parties les plus intimes. Ces cristaux se forment-ils au sein de liquides séparés de la plante et soustraits à l'action de la vie, comme ils se produiraient, par exemple, dans un vase inerte? Ou bien, au contraire, le phénomène qui leur donne naissance est-il un acte vital? Sont-ils, en tant aue cristaux^ des produits sécrétés, et leur forme leur est -elle donnée par les organes même de la plante?

Oe crainte d'être accusé de donner à certains botanistes des opinions qui ne seraient 1)as les leurs, je transcris ici un passage d un ivre élémentaire. « Il doit arnver que diverses solutions doivent fréquemment venir à se rencontrer dans les cavités de la plante, et si les corps qu'elles contiennent ont le degré convenable d'affinité Tun pour l'autre, ils pourront cristalliser en sels de natures et de formes variées. 11 semble» au premier coup d'oeil, que ce soit là une opération purement chimique qui a lieu dans l'intérieur des cellules, comme elle aurait lieu dans toute solution où ces mêmes substances 9e

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trouveraient mélangées et en repos ; et quand on trouve les cristaux d'autant plus raultiplié§ que le parenchyme est plus âgé et que son activité vitale est plus affaiblie, on est confirmé dans celte idée que leur formation est du domaine des forces inorganiques et non de celles de la vie. Cependant plusieurs considérations viennent à l'appui de l'opinion contraire, et surtout Tobservalion récemment faite par M. Payen, que les cristaux ne se forment pas et ne flottent pas librement dans 1 utricule, mais qu'il existe un appareil par» ticulier bien organisé qui les produit et les contient. D'un point de la paroi de ces utricules part uu cordon composé lui-même de cellules plus petites, et qui porte suspendue une masse lu'on peut reconnaître pour un tissu cellulaire très-fin et comme à l'état naissant. C'est plus tard dans l'intérieur des cellules de cette masse ainsi suspendue que se dépose et cristallise la substance minérale comme dans une gangue, et ce sont elles qui semblent en déterminer les limites et la

forme On avait vu la masse cellulaire

avant la déposition du sel ; on peut la voir après, plus développée et plus arrêtée dans ses formes^ en dissolvant le sel par un réactif qui n'attaque pas le tissu. » ( Adrien de JissiEU, Botanique^ Cours d'hist. nat., p. 27.)

J'ai peine à comprendre le doute dans lequel semble se réfugier M. de Jussieu au sujet de la formation de cristaux dans les plantes, et je ne vois pas ce que la présence d'une enveloppe organique autour de quelques cristaux formés dans les cellules végétales, peut apporter de solides raisons à l'appui de l'étrange opinion qu'on voudrait faire R révaloir sur la formation de ces cristaux, 'est-ce pas une loi générale que dans tout organisme vivant on voit les tissus se mouler sur les corps étrangers, et môme sur les productions morbides qui se développent au milieu d'eux? N'en est-il pas toujours ainsi dans l 'homme en particulier? Demandez aux chirurgiens ce qui se passe dans le cas de calculs dans les canaux hépatiques, les uretères ou les voies salivaires. Voyez ce gu'on observe lorsque des hydatides apparaissent dans un point de l'organisme.

Mais il est une raison impérieuse qui oblige de rejeter complètement une pareille opinion : c*est que la force qui réunit les molécules matérielles en cristaux est telle qu'elle ne saurait être arrêtée par les puissances les plus considérables. Qui ne sait que l'eau qui se congèle fait éclater tous les vases dans lesquels on la renferme, si on ne lui laisse pas un certain espace pour la dilatation ? Et vous croyez que la mmce et imperceptible enveloppe que vous avez découverte sera un obstacle suffisant pour modifier la force de cristallisation et pour la forcer à produire des formes contre sa nature I La cause qui détermine les molécules à s'y disposer suivant des plans inclinés d'un nombre de degrés rigoureusement comptés, est de celles qu'on ne modifie pas. On peut détruire uu cristal, on peut l'empêcher de se former; on ne ftçra paâ qu'il soit autrement que ne le veu-

lent sa nature et les circonstances physiques au milieu desouelles il se trouve.

Dans le cas de cristaux formés au sein dos cellules végétales, il se passe exaclement co que nous observons lors qu'il se produit dts calculs dans les divers liquides secrètes eh. ^ les animaux. La vie est étrangère à ces (>hp. nomènes, et je ne sache rien qui soit un signe plus évident de mort que la cristoii'h sation, c'est-à-dire les forces physiques of/iy. sant sans obstacles, dominant tout entières.

Examinons maintenant ce problème fondamental : Les forces que je viens d'étudnr peuvent-elles, à elles seules, rendre raison étous les phénomènes que nous remarriu dans les végétaux, et expliquer leur onj sation et leurs fonctions.

Ces cellules, base de toute organisnli ces cellules à formes arrondies, à surface 1:creusées dans leur intérieur d'une eau constante, en quoi ressemblent-elles a.v agrégats que nous voyons se former cha ] . jour, à chaque instant, dans nos laboraloir- Que trouvez-vous dans une cellule qui, près ou de loin, vous rappelle une cri^i • sation, un dépôt, une agrégation quelcor. de molécules inertes? Evidemment rien

Nous avons pu, dans des milliers d\-\\ riences, combiner ensemble un nombre t calculable de corps liquides, solides, ou . zeux; nous avons vu les produits nou\t. se former sous toutes les influences et il: toutes les conditions d'humidité, de tcii , rature, de pression; se sont-ils jamais j:sentes sous cette forme pourtant si siai; de cellule?

Mais au moins avons-nous quelquefois dans ces expériences, des productions et: gères, inattendues, inexplicables? Loin do On connaît d'une manière exacte les loi^ président à ces agrégations, et aujouro il n'est plus même besoin d'attendre l'ci., ricnce pour connaître le résultat.

Ainsi, l'organe fondamental de l'or:

sation des plantes, en ne le considrf même que dans ses caractères matérids.

saurait être produit par les forces ph> si]' et, dès lors, la logique la plus rigouriuv force-t-elle pas à admettre que, là cù existe, il y a eu intervention de quii: cause nouvelle ?

Si, au lieu de nous borner à l'examen d ^ seule cellule, nous observons un (m-<^ composé, une feuille, par exemple, cou ^ la différence vient éclater plus marqut^t tre la forme, la composition, l'organisi de ce fragment de plante, et tout ce que n offre le règne inorganique I

Quelques analogies nous permettrontdé rapprocher cet ensemble aux contourrondis, à surface ondulée, creusé de nuî' d'alvéoles, parcouru en tout sens p^^r c canaux imprégnés de liquides de n<^' diverse, de rapprocher, dis-je, celte ftide ces masses compactes, homogènes, ^ cavités, sans canaux constants, h sarfaci a guleuse, ne renfermant des liquides ^'' dans des fissures accidentelles, dans des i.

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lerralies dus au hasard, telles que nous les oSrt k nature minérale*?

Cueillez cette magnifique fleur de nelumhium, OU celte spleudide corolle au parfum v)5uavedu cereus grandiflorus , séparez ces llturs de leur plante, et apportez-les dans ' '(f6 cabinet : quelques heures seront à peine ^••ijlées, que déjà ces couleurs si oures au« îM perdu leur éclat, que les pétales fanés *i fleuris, que les étamines et les pistils ral'oilis et couTerts d'une humeur visqueuse, ^'^roalaflfaissés; toute odeur aura disparu. vteridez encore quelques heures, quelques }m du plus, et toute cette admirable organisation aura cessé d'être : vous ne trou* 'rSKi à la place qu'un liquide infect, qu'un jMàiâge repoussant ; vous ne rencontrerez r^tfoiiasmes fétides et empoisonnés, là d'où y (ié^geait quelques instants Auparavant «'Codeur vivifiante; puis, tout cela dispa* ' ^f) i son tour, et bientôt il ne restera

(.^'arez-vous fait pour obtenir de tels ré- ' iiu? AbsoluDÎeiit rien que livrer la plante •u forces physiques et aux affinités mo- ' '•aires, et voilà ce quelles ont fait de '-^QKnreille d'organisation que vous leur ^'JcWèe. Leur œuvre de destruction a '^'mmti aussitôt que vous avez enlevé la 'hr i iaclion d'une puissance qui résidait '■'ft^/3 plante, et elle ne s'est arrêtée que ^^u le néant.

^^■on a pu dire que les forces oui régis- ■•îî il matière pouvaient expliquer l'organi- ^ fi, elles qui ne peuvent aonner naissance '^ûoinrlre cellule, elles qui ne savent que

•«•JUtirl

?^'"'Q, il n'en saurait être ainsi. Il ressort ^lemment de l'examen impartial de l'orga- Wwn elle-même, la nécessité de reconnaî- *lViisience d'un principe, d'une cause, '-n:- force spéciale, qui n'est ni l'affinité, il attraction, ni une modiQcation de ces ^'^^« Qui même leur est opposée dans ses 'opriéiés, qui lutte sans cesse contre elle, |at}ien évidemment une existence à part, '•bv'rration de Torganisalion seule suffit, «udelà, pour démontrer l'existence d'une y ^^ plusieurs forces spéciales présidant au ^^•^î.'Ppement des végétaux; et nous avons < ^an$ le cadavre, trouver des raisons plus ^ 5'iffisantes pour prouver l'existence de la '*>aûce vitale.

^ /les arguments aussi irréfutables avaient '^''iû d'être fortifiés de preuves nouvelles, W<»erais en revue toutes les fonctions de (lonte; ie vous montrerais chacune d'elles |j|piicable et impossible par les forces Suaires , et à chaque fois nous arriverions ^^^é nous, par la seule évidence des faits, '^-î-e conclusion toujours identique : Jly a '^ fkaque fonction une partie organique "Tiffle qui tombe sous nos sens, et un "^'*««n« mystérieux qui préside aux phé- ^''''ft qui en est l'agent.

f<^tde$ impondérables. — Mais cette force, ^nous avons constatée , ne serait-elle pas '^es agents impondérables {lumière ^ cato-

rique^ électricité )1 C'est ce qu'il importe d'examiner.

Lumière. — L'action de la himiëre se manifeste d'une manière évidente , l"* dans la nutrition; 2* dans le sommeil des feuilles et desfleursy les mouvements delatiae, etc. Dans le premier cas, la lumière agit de trois manières différentes : elle augmente la succion des racines, elle détermine complètement l'évaporation de l'eau surabondante, elle opère la décomposition de l'acide carbonique dans les parties vertes. Ces faits sont aujour-* d'hui démontrés. Dans le troisième ordre de phénomènes, l'action de la lumière est tellement puissante, qu'on peut poser en principe que la quantité de carbone déposée dans le végétal est en raison directe ne la quantité de lumière à laquelle il a été exposé.

Aussi ,' la lumière doit-elle être considérée comme un des agents essentiels de la vie des plantes. Toute végétation parait impossible à l'obscurité totale.

Calorique. — Une température trop élevée tue la plante, aussi bien qu'une température trop basse. Je ne donnerai pas ici de règles générales; il me semble, en effet, que si entre ces deux limites, — 5 ou 6 degrés et -f 70 à 80 degrés, la végétation est impossible, il y a

f)Our chaque espèce des degrés spéciaux entre esquels sa vie se manifeste.

« Chaque plante a, sous ce rapport, une susceptibilité qui lui est propre : de telle sorte que le même degré de chaleur qui suffît pour développer telle graine ou telle fleur ne suffit pas pour telle autre. C'est à cette cause, qui tient à la nature propre des espèces végétales, et qui nous est par conséquent inconnue, qu'il faut attribuer les inégalités des époques de I9 végétation et les différences de climat nécessaires à certains végétaux. » (De Candolle.)

Je constaterai, comme un fait qui ne me sera pas contesté, que souvent rien dans l'organisation ni dans la composition des plantes ne saurait rendre raison de ces différences; que, le plus ordinairement même, la structure du végétal est en contradiction flagrante avec ses propriétés sous ce rapport. C'est ainsi que des sempervivum, des sedum^ à feuilles charnues, gorgées de sucs, supportent les plus basses températures; que des lichens. Il fronde mince, bravent sur un rocher aride l'action directe des rayons brûlants du soleil des tropiques.

Electricité. — L'action de l'électricité sur les plantes est certaine. Bertboilon (Electr. des végétaux) rapporte qu'une trombe qui eut lieu en Artois fit pousser considérablement des oignons. Duhamel {Phys. des arbres) a remarqué que, dans un temps couvert et disposé à l'orage, un brin de froment s'est allongé en trois jours de plus de 3 pouces; un bnn de seigle, de 6 pouces; un sarment de vigne , de près de 2 pieds.

De Candolle {Physique végétale) a vu, h l'approche d'un orage , un jet de vigne s'allonger de 1 pouce et demi en deux heures.

Le tonnerre tue les champignons cultivés sur couche, etc. etc.

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On a dit, enfin» aue des graines électrisées se développaient plus rapidement sous l'influence de l'électncité positive que sous celle de réiectricité négative; mais le fait n*a pas été admis par tous les observateurs.

Néanmoins, si nous croyons pouvoir conclure des iaits observés que Télectricité a une action réelle sur la végétation, nous rie pouvons nous empêcher de signaler ici un point auquel attacheront une grande importance tous les esprits sérieux : c^t que cette action est douteuse dans un grand nombre de circonstances; qu'eHe est, dans tous les cas, bien moins évidente que celle de la lumière et du calorique; si peu intense, en un mot, qu'elle ne donne aucune application pratique, et que peut-être ce qu'il y aurait de plus prudent serait de dire avec de CandoUe, qui ne saurait être suspect en pareil cÂs :

« En résumé, il me paraît probable que l'électricité excite à certaines doses la vie végétale; mais ce suj^t aurait besoin d*ètre éclairé par des expériences précises, dirigées parunjphysicien accoutumé aux phénomènes de la vie végétale. » (De Ondolle, Phyê. vég.)

Ainsi, tandis que c'est à l'électricité qu'on a voulu rapporter tous les phénomènes vivants, nous arrivons, par Tétude impartiale des faits, à constater que cette cause est presque nulle dans tout ce qui tient à l'organisation et aux fonctions des végétaux.

Serions-nous conséquent de vouloir reconnaître aux forces électriques une puissance organisatrice suffisante pour nous rendre compte de tous les faits observés dans les végétaux , quand elles paraissent à peine agir sur eux, et quand, soit engendrées naturellement dans ratmosphère ou le sol , soit produites artificiellement par nos machines, elles ne donnent que des résultats douteux et incertains, même pour les hommes les plus disposés à les accepierT

Je conçois que certains phénomènes produits par les courants électriques, dans les animaux, aient pu en imposer à quelques observateurs; mais si, au lieu de se borner à étudier la vie dans une seule classe d'êtres, ils avaient demandé au règne végétal la solution des problèmes Qu'ils s'étaient posés, combien ils eussent été frappés de ces résultats positifs! C'est qu'en effet les forces électriques sont sans action bien marquée sur les principales fonctions de la plante, sur Tabsorption, la circulation, la respiration, etc.

Mais la vie ne serait-elle pas un résultat complexe, et ce que chaque force isolée n'a pu nous donner, ne pourrions-nous pas le trouver dans- l'action de toutes ces forces agissant ensemble et simultanément?

La solution de ce problème est tout entière dans l'examen d'un des points les plus importants de la génération spontanée.

Cette grande question , qui a tant agité les philosophes, a subi les plus singulières vicissitudes. Après avoir rallié tous les savants et avoir été admise presque sans contrôle pour les animaux et*les végétaux les plus complets,

on en vint bientôt à reconnaître que cetu» doctrine ne pouvait être vraie que dans un petit nombre de cas; puis, chaque jour, lobservation vint rétrécir le cercle où pouvaient se discuter les opinions contraires, jusqu à ce qu'enfin elle fût universellement rejeUe dans le règne végétal pour tous les végéiau\ phanérogames.

Aujourd'hui on ne saurait, en effet, po?:r la question que pour les végétaux tout ù i;t:t inférieurs, et pour ceux, en un mot, qui m. • ritent par leur petitesse le titre de microscopiques.

Réduite à ces termes, la question se siuplifie singulièrement encore par la divisi : en génération spontanée d'êtres vivants pi la reunion de molécules purement inorgii ques, et en génération spontanée de vitaux nés de parties organisées ayant a] p :• tenu à des êtres différents (255).

Les faits relatifs à la seconde section, t.

aue toutes ces productions de végétaux d es infusions de parties animales ou v.. taies, fussent-ils vrais (ce que je ne sa; admettre), ne prouveraient rien contre I \ tence d'une cause spéciale d'où dépen.

l'organisation et les fonctions des p. 1:1 puisque dans ce cas c'est la vie qui a»; engendré la vie, c'est la matière ov^ciw.t qui aurait produit l'organisation.

Je n'examinerai donc que les faits ni; à la première section. Or, il n'est au< ; expérience positive qui vienne à Tap; ui l'opinion qui admet une pareille créalion en est mille, au contraire, qui en démuni! l'impossibilité.

Détruisez par une température éievée i trace de matière organique dans des sul»ces minérales, liquides, solides ou gazon

3ue vous aurez préalablenaent renfen ans un vase hermétiquement clos, c alors vous voyez des corps organisés se ^ lopper au milieu de cette masse, je crni la génération spontanée par la seule fui c causes physiques.

Mais si l'expérience faite dans ces cm tances donne toujours des résultats n -: ne venez pas apporter comme preuves vces expériences faites en dehors des c tions que j'ai posées : elles ne sauraieni ^ sérieuses.

Quoi, dans un pareil sujet, vous c\ meniez à l'air libre, quand Ehrenl idémontré que l'atmosphère est rcinp^ • matières organiques; vous prenez do \ distillée', quand il est constant que, iaprès cinq ou six distillations sucoe^-^ cette eau est encore susceptible de eu:*. des particules animales 'OU végétales V ler) ; vous prenez des vases que vous r avoir suflisamment dépouillés par le !'« de tout spore, quand on sait que ces >; n'ont pas plus d'un quatre centième ik ! limètre, quelquefois beaucoup moins, et -; en faut aes milliers pour former une u visible l Les arguments tirés de pareilles ^ périences n'ont aucune valeur.

(255) J'examinerai plus loin cette partie du problème.

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Eo préseoce de tant de faits négatifs , il faudrait au moins, pour étayer la doctrine de b production spontanée d'être svivantspar les seules forces dont j*ai parlé, une expérience mniûye : or, il n*en est aucune. C'est qu'en effet, l'oi^anisation est un phénomène spé« cial en dehors de ceux que peuvent pro«duire les forces calculables ; c'est que la vie Of saurait oattre que de la vie , comme nous le rerroDS plusiard. Les considérations dans bquelles je suis entré me dispenseront de combattre longuement l'opinion soutenue »ec talent par Reil {Archiv. fuer die physioioçif, 1. 1) , qui attribue les phénomènes orpojques à la diversité originelle de compofltioD et k la forme des corps vivants. Mais «Imettre la composition et la forme, ce n'est pas résoudre le problème; car il reste à sa- T«nr comment ces deux faits se sont produits, <|uelle est la cause qui leur a donné nais* aace.

<>« la forme des matières organiques ne détfminepas primordialement le mode de leurs i:uoos, car le germe affecte la même forme CiQs tous les végétaux. Chez l'humble lichen, cmmedans le majestueux baobab, c'est tou- T'îMuie cellule ; j'ajouterai que c'est tou- ; o.*s une cellule à composition presque

ï^cctïqae. Composition ou forme n'ont donc M-uûe influence sur ses développements

P^îKviears; rien ne saurait être plus évi-

dr/il.

fe regrette d*ètre amené ici à combattre fijtre botaniste, l'une des gloires de celte fc^i. Dans sa physiologie végétale, De Can- *ff s'exprime ainsi : « La vie résulte-t-elle fe formes des êtres, ou la forme des êtres «suille-l-elle de la vie? Problème insoluble, jcimc tous ceux qui tiennent à l'essence fcj choses. »

l^mment De CandoUe a-t-il pu considérer % problème comme insoluble? Dans la plante Dûrte par suite d'empoisonnement, n'avonsfc^K pas la forme dans toute son infinie pertelioo? Cette forme, que produit-elle? Rien I analogue aux réactions vilales- ^ Penser que la forme peut donner la vie, ^admettre la génération spontanée par 1 5eul fait des forces physiques ; car la forme st un phénomène purement matériel, et ^n ne s'oppose à ce que, par hasard, les pécules, se trouvant réunies sous la forme

«•essaire, ne constituent alors un être vi-

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le n'hésite pas à considérer la forme wme un des phénomènes de la vie et non fmme pouvant en être la cause.

fvrçfs vUates. — Après avoir prouvé qu'il tiiîaii en dehors de toutes les causes conn« d'autres puissances qui, présidaient à "nç^nisatioa et aux fonctions des végétaux, «ûiporte de leur donner un nom. Celui de ^es vitales , rappelant la principale proncté de ces forces, celle d'être propres aux ^ vivants, me paraît devoir être adopté : «t de ce nom dont je les désignerai désor- ^^ . en passant en revue les principaux ^'Jols de leur histoire, ^forces ne sont pas nées du néant; elles

procèdent toujours du corps vivant. Nous pouvons constater qu'elles ont été transmises d'un être à un autre sans interruption , ni dans la matière organisée , ni dans l'actiop de ces forces. C'est là une des lois les plus invariables de la science des végétaux.

Ces forces se transmettent avec toutes leurs propriétés, ou plutôt ce sont les mêmes forces qui se perpétuent, et alors on com-

I)rend comment il se fait qu'elles donnent ieu à des effets toujours semblables, et que la graine reproduit ainsi fidèlement tous les caractères de la plante qui l'a produite.

Pourtant, s'il y a ressemblance entre les générations successives, il n'y a pas identité ; et les circonstances au milieu desquelles naît et se développe chaque individu étant différentes , les forces , quoique toiyours essentiellement les mêmes, donnent lieu à quelques phénomènes d'importance secondaire , d'où résultent les variations, les variétés et les races.

Rien de plus facile à expliquer que ce re* tour si fréquent «des races ou des variétés au type primitif. 11 en est ainsi toutes les fois que les circonstances extérieures n'apportent plus aucun trouble à leur action. Le développement normal des forces vitales , si je puis employer oe mot, ramène forcément le type primitif,

J'ai admis que les forces vitales , dans les

}>lantes, donnaient toujours naissance à des brces semblables. En est-il réellement ainsi? La vie ne peut-elle pas descendre de quelques degrés, et, dans la désorganisation de I être vivant, produire des organismes inférieurs ? Ces végétaux ou animaux infusoires que nous observons dans les décoctions diverses de matières organiques, ne sont-ils pas créés de toutes pièces dans les liquides où nous les observons, et ne doit-onpas penser que les forces vitales épuisées, et ne pouvant plus se manifester dans toute leur puissance, ont pourtant encore une action spéciale sur la matière, et se traduisent au dehors par la formation de ces êtres inférieurs ?

Je ne le crois pas. Nous voyons toutes les plantes connues produire des spores, c'està-dire des germes. Nous savons que ces germes sont infiniment petits et se trouvent partout; nous voyons qu'ils possèdent une force vitale telle qu'ils résistent à des températures excessivement basses et à des températures plus élevées. On sait que ces spores ne sont

[)as toujours détruits par la température de 'eau bouillante, et j'aimoi-même pu rappeler à la vie des champignons que j'avais soumis pendant 24 heures a une température de — 35 degrés centigrades.

Enfin , lorsque nous détruisons tous les germes qui peuvent exister dans les liquides ou les corps organisés qui servent aux expériences , nous voyons qu'il ne se développe jamais d'infusoires.

Schuitz a prouvé que l'air atmosphérique qui a traversé l'acide sulfurique ne permet aucun développement d'infusoires dans des liquides bouillis. Schwan a reconnu que ces mômes liquides, préalablement soumis l la

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chaleur rouge, mais riches encore en oxygène et fréquemment renouvelés , ne produisent ni infusoires ni moisissures, et ne subissent aucune putréfaction ^Muller).

Toutes les fois qii on aura bien positivement détruit tous les germes qui peuvent exister dans les matières organiques, on ne verra dans leur décomposition se produire aucun être vivant. Ce fait, je le regarde comme démontré.

Je suis étonné qu'on ne se soit pas apergu a priori de Timpossibilé qu'il en fût autrement, par les conséquences contraires à toute saine logîaue auxquelles conduit Topinion opposée. S il m'est permis de devancer pour un instant la marche que je me suis imposée dans mes déductions , je rappellerai que les végétaux sont évidemment inférieurs aux animaux. Or, admettre la généralisation spontanée d'animalcules par la désorganisation des plantes , c'est admettre que la vie inférieure des végétaux, épuisée, affaiblie, presque éteinte, peut créer des êtres doues de propriétés auxquelles elle n'a jamais pu at« teindre elle-même dans son plus haut degré de puissance. Est-ce rationnel T

C'est un fait vulgaire en physiologie végétale, que cette propriété que possèdent les graines de se conserver un temps presque indéterminé lorsqu'elles se trouvent dans certaines circonstances, et de résister, par une cause inconnue, à l'action des agents aestructeurs qui les entourent.

Dans beaucoup de ces circonstances, comme lorsque la graine est nrise dans un glaçon ou est profondément «snioncée dans le sol, il est évident qu'il ne peut y avoir entre elle et les corps extérieurs aucun échange de molécules. On a constaté que des graines renfermées dans un ballon , à une température sèche de — 5 degrés centigrades, n'amenaient aucune modification dans l'air environnant. Dans ce cas, les graines restent comme insensibles à tout ce qui se passe autour d'elles, et vous croyez avoir sous les yeux les corps les plus inertes, jusqu'au moment où vous leur donnez des conditions convenables d'humidité et de température.

Cette absence complète de mouvement vital ne^s*observe pas seulement dans les graines; il est évident que tout mouvement est arrêté dans Ie3 lichens et les mousses soumis à une dessiccation complète. Saussure a pu dessécher, à une température de 70 degrés centigrades, des graines de froment, de seigle, d'orge et de choux qui avaient qermé^ et conserver pendant six mois ces grames ainsi desséchées, sans ({ue la puissance vitale disparût. Mises dans des conditions convenables, elles ont repris leurturgidité et ont continué à végéter.

La vie, dans ces différents cas, n'est pas suspendue, comme on l'a dit; le mouvement vital êeul a disparu. Mais n'est-il pas évident que la graine qui germera, que la plante oui continuera à végéter plus tard, ont en elles le principe de cette germination, deces développements futurs T

Je ne saurais donc accepteri en l'appliquant

es'

aux végétaux, l'opinion de Tiltustre auUn de YAnatomie comparée ^ quand il dit : n A'i| lieu d'une union constante dans les mulém les, nous devons voir dans la vie unecircu'o tion continuelle du dehors au dedans et lî dedans au dehors, constamment entretenu et cependant fixée entre certaines limit n Les corps vivants doivent donc être consi.l rés comme des espèces de foyers dans 1 quels les substances mortes so*nt portée? su cessivement pour s'y combiner entre ellt-S' diverses manières, pour y tenir une suri;», et y exercer une action déterminée par nature des coml^inaisons où elles sont cva trées, et pour s'en échapper im jour afin r; rentrer sous les lois de la nature morte.

« Ce mouvement général et con)niiin ; ^ tellement ce qui fait l'essence de la vie, qiu.. (CuTiER, Anat. comp.)

Qu'il en soit le plus souvent ainsi, j'en r : viens; mais que 1 essence de la vie coni dans un mouvement de molécules, c'e^t qu'il ne m'est pas possible d'admettre, >-. tout en présence des faits que je viens signaler. Les forces vitales ou, si Ton v la vie, se traduisent presque toujours pr

Khénomènes si bien exprimés par Cu fais ce n'est qu'un effet et non une c? i^ cet effet même n'est paS constant, et on r soutenir avec vérité que la vie ne se manif^ quelquefois dans les plantes que par une r sistance inexplicable de la matière orgam^ à l'action des causes physiques.

Au moment où la force latente de la çr entre en action, ses relations avec le nj .. extérieur commencent, et c'est alors quo manifeste ce merveilleux mouvement de i. lécules empruntées et rendues à la n.r inorganique. C'est là, en effet, une proj'i inhérente à toutes les plantes vivantes s'approprier les molécules hétérogènes les entourent, et de les transformer en i propre substance.

L observation nous a montré la vie se n nifestant dans les végétaux les plus sim; par trois actes : absorption, assimilation. ^ crétion. Déjà là nous aurions pu dislindeux forces éminemment différentes : i' nutritive, force reproductrice.

Dans les végétaux plus complets, ces for. se divisent, à leur tour, en d'autres piiiss^i secondaires, qui résident chacune daiï^ " organe spécial et ont leur mode pai ticu' d'action.

C'est ainsi que, dans la nutrition, la f*' d'absorption se spécialise en même tei:

qu'elle se localise, et nous trouvons Tabs* ; tion particulière des liquides placée dan< | organe spécial (la spongiole), 1 absorption i

fpz atmosphériques évidemment dévolue .

euilles, aux parties vertes.

Une fois introduits dans le végétal le^ ' quides absorbés sont soumis à des f«^ ^ également distinctes : l'une qui leur imi*!! dans chaque cellule ce mouvement si reuK r quable signalé d'abord dans les chara, i > retrouvé presque partout, et qu'on a désià juste litre sous le nom de mouremeni u giratian ; l'autre qui les transporte d'un po '*

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DE PHTSIOLOÛIE.

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du T^éfai à un autre point, mouvement de tTonmion, mouvemetU de cycloee, qui luiwèm se divise en deux modes spéciaux, Tun pir les tissus fibreux, l'autre par ces vais- 5^101 découverts par M. Schuitz et désignés S0U5 le Dom de laixcifirts. Dans ces trois cas, um coDStateroDS que chacune de ces forces q^cciales a un organe particulier à la fonction iotiui'i elle préside : à la giration, la cellule ; j ;a cf close, la fibre ; au mouvement du latex, r vaisseau véritable. Tout cet ensemble cons- Uue les fonctions de circulation.

Au sein de ce liquide baignant tous les orpes élémentaires, s'opère, dans les parties i plus semblables, les plus identiques, des <l*aratioDS de produits distincts. Sans que «•aberration la plus minutieuse, la plus attentée, la plus persévérante puisse nous indir-^rdans des cellules autre chose qu'une raoisalion tout à fait la même, nous voyons •une de ces cellules séparer du liquide nour- 'ottrtel produit, une autre tel autre, une >isième quelque chose encore différent.

<': De saurait se refuser à admettre une 'ise particulière résidant dans chacun de ^T^es, une force spéciale présidant à la ^/u(fade chacune de ces cellules. Il faut - ^'a.^ ces forces soient distinctes, puisque '^'Joe d'elles sépare d'un même liquide '-'i ft^M\s complètement différents. C'est >*^'\ ^ue vous trouverez dans certaines parthjf (ortie ordinaire des cellules où seront ^t) liquides acides ; dans d'autres, il y aura ■i- la chlorophylle; ailleurs, vous trouverez vi^^eui, des matières azotées, ou ce liquide ^-jfll que tout le monde connaît.

"^ sait que toutes les plantes absorbent «*'^1 des produits presque identiques, et que *'omposition de la sève ascendante est IJ^^que la même dans tous les végétaux. -« à ces ditférentes forces de sécrétion que <*! dues les propriétés spéciales de tant de ^n*es : ainsi, on n'ignore pas que ce n'est ^ ^ la nature des sucs absorbés que les iwj'iuinas, que les ipécacuanhas, (^ue les frjihnos doivent leurs propriétés, mais bien ' «i Q.Uare de l'élaboration que subissent ces J**. aux forces diverses qui président à leurs te^'iions de sécrétion.

^t ne sacbe pas qu'on ait cherché à clas- ^'îts sécrétions au point de vue des forces P -is produisent. Les auteurs, ou n'avant |*"»e (jue la nature des produits sécrétés, *=* »nl divisés en sécrétions salines, vireuses, ^«••u>es, acides, caustiques, etc.; ou le plus ^'J^enine cherchant que l'utilité, que l'u- % du produit dans des fonctions végé- ^"'^ ont admis les sécrétions et les excré- '^\ et ont divisé les premières en sécré- ^ fis récrémenlilielles et sécrétions locales, f*= De sont jamais ni rejetées au dehors, ni ^li^portées en nature d'un organe à l'autre, '^lue de Candolle.

^ ^u j»oint de vue des forces, on ne saurait MeHifflent adopter des classifications de '^^'^ nature : utiles à certains points de vue.

elles ne sauraient que nous donner des idées fausses pour les lois de la vie, et n'appartiennent pas à la philosophie de la science.

On pourrait peut-être emprunter quelque chose à la classification suivante

Force (générale) de sécrétion qui paraît appartenir & tous les organes dans tous les végétaux ;

Forces (spéciales) de sécrétion restreintes & des organes spéciaux ou à des végétaux particuliers.

Dans le premier groupe sont comprises les forces qui amènent la production de la gomme, du sucre, de la lignine, de la fécule (256), de certaines autres matières azotées encore peu connues , mais constantes dans toutes les cellules jeunes. Ces matières sont, en effet, si universellement répandues dans les végétaux et dans tous les organes, que nous pouvons considérer la force qui les produit comme propre atout organisme végétal.

Dans la seconde division on distingue les forces de sécrétion restreintes à certains organes, mais propres à presque tous les végétaux (sécrétion d'oxygène], et celles qui sont propres à certaines familles et à certains organes.

On sous-diviserait également ces dernières en deux groupes, d'après les considérations tirées de leur généralité.

Je ne pousserai pas plus loin cet essai de classification des forces sécrétantes. Ce que j'en ai dit suffira pour prouver qu'il y a là une mine féconde a exploiter, et fera regretter que les physiologistes émioents qui se sont occupés de l'étude de la vie des plantes, aient négligé la solution de problèmes aussi fondamentaux.

On peut, sans contredit, considérer les forces reproductrices comme appartenant au groupe cfes sécrétions. Pourtant, cette fonction a une si grande importance, elle domine toutes les autres d'une telle hauteur, qu'il est juste de l'étudier à part et d'en faire une fonction particulière. Elle se présente dans les végétaux avec cette propriété remarquable, que jamais l'organe qui a servi à la formation des graines ne conunue à vivre pour en produire une seconde ou une troisième fois. Très-souvent môme, la production de la graine épuise toutes les forces vitales de la plante, qui semblent alors passer de la plante-mère dans les nouveaux embryons.

C'est le terme de la végétation de l'individu.

Ici encore nous pourrons constater cette grande loi de division de la force primitive, a mesure que l'être est plus complet. Les organes se multiplient, chacun deux semble alors remplir le rôle exigé de chaque ouvrier dans une fabrication difficile, de ne s'occuper que d'un point. Nul moyen n'est, on le sait, plus propre à donner des produits qui approchent de la perfection ; c'est celui que la nature emploie ici comme partout.

Une des forces par lesquelles se manifeste la vie de la manière la plus éislafante, est

V^) Ces maUères soni tellement analogues et autres, qu^on peut resarder conii ic presque iden- BcUmorplioseiit si facilement les unes dans les Umies les forces mil les produise/ <•

qui les prodi

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celle qui lui permet de transformer en composés organiques nouveaux les matières qui l'environnent, et même à créer de toutes pièces ces composés en en empruntant les éléments aui corps bruts. On la désigne sous le nom de force d'assimilation.

Il est incontestable que les véritables aliments des plantes sont Teau, J'air, Tacide carbonique, Tammoniaque et des sels solubles, etc., en un mot des corps complètement inorganiques que la force d'assimilation transforme en partie vivante. On ne peut donc pas admettre qu'il n'y ait d'autre matière organique aue celle qui a existé tout d'abord, et que celle-là circule sans cesse dans le monde végétal et dans le monde animal, en passant d'un être à l'autre (Mullbr),

Quelle que soit l'énergie avec laquelle les puissances vitales réunissent et maintiennent jes éléments hétérogènes insociables (Lordât, de V Insénesceneé) , elles ont une existence limitée, et après avoir atteint leur summum de développement, nous les voyons dans les plantes décroître et cesser tout à fait. La vie de l'individu végétal est un phénomène essentiellement temporaire. L'existence de quelques arbres exceptionnels, âgés de plusieurs milliers d'années, ne saurait être une objection à celte loi. Ces faits ne prouvent qu'une chose : c'est que, dans certaines circonstances, la vie de la plante peut se prolonger bien au delà des limites ordinaires; mais personne ne soutiendra, je pense, que ces arbres doivent être éternels.

Je repousse donc, comme fausse, celte proposition émise par presque tous les botanistes : que les arbres meurent de maladies et d'accidents, et non de vieille^^se (Db Can- DOLLE, en particulier), et j'arrive à l'examen de certaines forces d'une nature toute spéciale : je veux parler de celles qui président aux divers mouvements présentés par les végétaux.

Les feuilles d'un nombre considérable de végétaux prennent pendant la nuit une position spéciale (presque toutes les légumineuses).

D'autres exécutent des mouvements considérables à l'approche de la pluie (porliera hygrometriea^ robinias).

Dans d'autres cas, les feuilles exécutent spontanément des mouvements {hedysarum gyrans), ou s'agitent rapidement lorsqu'un corps extérieur vient les toucher {mimosa sensitiva, dionea mttscipula).

Les tiges d'un grand nombre de plantes volubiles tournent toujours dans le môme sens. Montent de droite a gauche, les chiloria, cuscuta^ convolvulus^ passiflora^ ivomea, do lichos, calistegia, asclepias, etc., ae gauche à droite, smilax, lonicera, humulus, basella^ dioscorea, tamus, etc. La bryone, après avoir tourné dans un sens dans la moitié mférieure de sa tige, change subitement de direction et tourne ensuite dans l'autre sens.

Des fleurs suivent le mouvement du soleil dans sa course (helianthus annuus).

Des étamines sont agitées de mouvements évidents lors de la fécondation ( berberis.

kalmia sajrifraga, pama«#ia, géranium, trpœolum, nicottana^ etc.).

Les stigmates deviennent plus humlrh s, dilatent , s'étalent pendant la féconda!

(/i/mm, bignonia).

Ces faits et un grand nombre d'.uit'

3u'on ne saurait expliquer, ni par Wwm es agents, extérieurs, ni par les forces i; nous avons admises jusqu'à présent, pnS tenttous ce caractère commun de se proiin Indépendamment de toute influence éir gère, d'être spontanés. On en retrouve d'.u logues dans les végétaux les plus inferit* C'est ainsi qu'on sait maintenant que spores d'un grand nombre d'algues ^• doués de mouvements qu'il est inii)i>^ de distinguer du mouvement volontaire < animaux inférieurs; on les a appelés [ cette raison xoosporées. Dans d'autres, > sistant en longs filaments cloisonnés, on \ à un instant donné, ces filaments pré^ sur le côté une espèce de hernie qui s'all' < . s'accole à la cellule d'un filament voisin adhère. Alors une perforation s'éial!' lorsque les deux cellules sont ainsi m -^ communication, la matière contenu»

l'une passe en entier dans l'autre, se t"n' e»vec celle qui existait déjà, et forme m^ spore. Dans d'autres cas, ce phénoiuèn encore plus merveilleux. De deux tuli^^^;^ ou moins éloignés partent à la fois tloii\ i longements marchant à la rencontre Tik l'autre : ne craignez pas qu'ils se trou de roule; ils se verraient qu'ils ne marraient pas plus directement et n'arrivi r pas plus juste. Ils se rencontrent, s'unila cloison disparaît, et l'union d< < ' masses de matière s'accomplit.

On ne saurait convenir que de paroi!^ échappent complètement à toute expli' si on ne reconnaît pas un nouvel oniî forces caractérisées par la spontaniiU actes qui en émanent.

Enfin, dans certains cas, dans les nr le catlas par exemple, il se développe li certain moment de leur existence (p^n la fécondation) une chaleur très-apprtn i^ quelquefois de plus de 10 et 12 dej^'iés dessus de la température ambiante. Ce • riquc n'émane évidemment, ni des n^ar ' chmiiques qui se produisent dans co^ < constances, ni de l'organisation des piK elles ne sont le résultat d'aucune cau>e i sique. Elles nous indiquent donc tout* classe de forces aptes à produire dans I '; mant une certaine somme de lenif)éi V'^'

Je crois avoir démontré : 1* que l'orsation des végétaux est sous reiii[>ifcauses spéciales, de forces qui niérit* ni nom de forces vitales: ^'^ que, dansi 'nisme en action, on peut constater Vexi>t de forces d'autant plus nombreuses q'-' végétal est plus parfait ; 3* que ces fon;^ • manifestent par un certain nombre de i : priétés constantes, parmi lesquelles il en quelques-unes qui semblent émaner sp >•' néraent de Tétre vivant.

Un coup d'œil jeté sur l'ensemble n démontrera que ces forces o'agisseiit ]

M PHYSIOLOGIE

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dos rêlre mant comme autant de puissances blées; qu'elles sont solidaires les unes des lutres; qne Tabsorption est en rapport avec lévapontioD, la respiration, la circulation, |f< fsfcrétions de tous genres, et qu*il y a irosleTégétal queloue chose qui coordonne ft réunit toutes ces rorces, et en fait un seul b:«(eau dont chaque partie agit en vue de Tfosemble.

U vie D>st pas la réunion de toutes ces i6)Qs isolées, c'est la résultante de toutes 1 forces qui agissent dans le corps vivant. Vos devons donc rapporter les rorces vi- ^àuo principe unique qui les domine i ki enchaîne, et dont elles ne sont que les

Qu'on appelle cette cause supérieure prinrpe de Tie , principe vital , peu importe ; t {u'il importe de reconnaître, c'est Texistnicf de cette puissance supérieure dont les (fC(5 dont j'ai parlé ne sont pour ainsi dire, ^ la continuation.

N riis ravons vu dormir auelquefois pen- «iiVi ua temps presque indéterminé. Puis, )/i> a^ons constaté qu'une fois en mouveïOaviene durait qu'un temps limité, de 'Î.V vrte que je serais disposé à dire, non pas I^'iQort est la conséquence inévitable de <j HMuaisbien du mouvement vital.

h:Utée lunité et de l'infiniment petit, si ;•'*• iiiciprimer ainsi, la force active qui ''^-Jc Je corps organisé, s'accroît et semult'H:i mesure que des molécules nouvelles ></rent à des molécules anciennes, et que ^|ttiuble se constitue de parties de plus en f^«|jèiérogënes. Des organes nouveaux s'ai«^^it, prennent un caractère plus spécial, ^•>lorces deviennent plus distinctes.

KiOaccroissement de la plante, le rôle ^'atorce organisatrice ne se borne pas au fe'nippemenl de parties déjà existantes.

*e 'Tée de toutes pièces des parties nouvel* t>, die les crée successivement et par une à-, d'actes tous évidents, tous faciles è obtner. C'est dans le règne véçétal surtout B'ii est de toute impossibilité de se refuser omettre la théorie de l'innéilé des germes. L u'v a dans Tovule , dans le spore, dans i^'uVgeon même, qu'une partie des orga- ^']m y paraîtront plus tard, et que rien, ^'•ijoaent rien n*inaique dans le commen- ^Ri de leur développement. Bien plus, ^i.urs de ses parties disparaissent; queli^unes des fonctions mêmes de ces germer ^'j:udriàsent par l'accroissement et ne se* «[•'Uteot pas plus tard.

'-- genne n'est donc pas, comme on s'est 0 i le dire, un moule où vient se déposer Qulière minérale. L'être est toujours cornit II n'existe jamais d'intervalle vide pour Q)'jlécule qui doit être apportée, comme (uMf*rait l'indiquer l'expression que je ^^ de citer. La molécule nouvelle est sur- Mi\i aux autres ou mise à leur place; et si ^ voulons nous faire une idée juste de la laiere dont procède cette cause formatrice, ^ dirons qu'elle est pkistique^ c'est-à-dire Vile agit comme le sculpteur qui modèle. Mite ou retranche, mais ne ressemble en

rien au manœuvre qui jette dans un moule préparé le plâtre ifu*ii n a eu besoin que de délayer sans s'inquiéter, sans savoir le plus souvent ce qui sortira de ce moule.

Si îa force vitale latente de la graine n*a pas besoin de stimulant extérieur pour se conserver, il n'en est pas de même de la vie manifestée par les phénomènes dont j'ai donné ' un aperçu.

La lumière, le calorique, l'eau, l'air et la substance nutritive sont nécessaires à l'existence de l'être. A des degrés différents, ils sont indispensables à l'accroissement, au développement de toutes les plantes. C'est une loi que l'observation démontre, sans qu'il soit possible de lui trouver une exception.

Le principe de vie des végétaux ne résido pas dans un point particulier de l'organisme; il est partout et il n'est nulle part ; il n'est pas divisé, mais il est éminemment divisible. La vie du végétal n'est évidemment que dans l'ensemble, et pourtant chaque partie possède assez de cette puissance pour pouvoir se compléter, dans le cas d'une séparation de l'être en plusieurs fragments. C'est même là une des propriétés les plus générales de ce principe. Cette divisibilité peut être portée si loin, qu'on a soutenu, et souvent avec des arguments irréfutables, qu'elle n'avait de limites que la cellule elle-même.

Le pnncipe vital est le même dans tous les végétaux. L étude des fonctions et de leurs modifications successives et presque insensibles dans la série des plantes, l'observation attentive de l'embryogénie végétale, de cette organisation s*élevant graduellement et passant pour chaque être par ces grandes phases, correspondant à certains végétaux plus inférieurs, ne sauraient laisser de doute à cet égard ; seulement, ce principe ne se manifeste pas partout par des propriétés aussi nombreuses, d'une manière aussi parfaite. Il y a, sous ce. rapport, entre les diverses plantes, des degrés d'intensité, de complication, de perfection, sans qu'il cesse d'y avoir identité ae nature.

Article 3. — Forces épigastriques.

L'observation a prouvé que certaines parties, certains organes forment des centres spéciaux où la vie se concentre d'une manière particulière fonctionnel lement et dynamiquement : de là, par exemple, les noms de trépied vital, de tnumvirat, donné au cerveau, aux poumons, au cœur, ou plus largement, à la tête, à la poitrine, à l'épigastre; de là le nœud vital placé par M. Flourens dans un petit point de la moelle allongée, etc. Les anciens et l'école de Bordeu ont attaché, avec raison, une grande importance au centre épigastrique.

L'expérience de chaque jour démontre la justesse de cette doctrine qu'on parait avoir un peu négligée ; l'anatomie vient encore la confirmer.

Autour de l'épigastre, et dans son rayon un peu étendu , se grouppent les poumons, le cœur, l'estomac, le duodénum, le pancréas, le colon transvcrsci le foie, la rate, etc*

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e'est-à-dire les organes majeurs de la vie nutritive; là se trouYeat le cerveau abdomifuU^ formé par les ganglions nerveux sémi-lunaires, le plexus soléaire , Tépanouissement des neifs diaphragmatiques, pneumogastriques, trisplancnniques , etc. A cette innervation puissante se joint la riche vascularisation du ^trépied cœliaque appuyé sur l'aorte pectoroabdominale, celle de la veine cave iniérieure, de la veine porte, etc. Toutes ces parties se serrent, se pressent, se touchent, agissent les unes sur les autres par contact, par impulsion, par des influences mécaniques, vitales, etc., par les modes synergiques les plus intenses et les plus variées : aussi est-ce là que viennent retentir toutes les émotions passionnelles.

Analysons les idées de Bordeu à ce sujet, en conservant, le plus que nous le pourrons, ses textes mômes : le lecteur rajeunira son langage, rectiHera ses théories incomplètes et trop mécaniques, suppléera aisément aux données anatomiques qui lui manquent, etc.

Tout mouvement est réciproque dans l'économie vivante. La vie tient si intimement à ce conflit ou balancement des forces qu'elle tendrait bientôt à sa fin, si celles-ci, destinées à l'entretenir, ne se soutenaient mutuellement, selon l'ordre d'antagonisme ou de liaison qui leur est établi.

Le système des nerfs et celui des membranes jouent le rôle principal dans cette communication d'action. Ces organes, considérés ensemble, forment le système général des forces, qui se divise en autant de parties qu'il y a de fonctions à remplir dans l'économie animale ; mais ces forces ont un point , un centre de détermination vers lequel elles se portent plus spécialement, et dont elles reçoivent souvent un degré de tension et d'action beaucoup plus considérable : ce centre est dans la région épigastrique.

Les forces d action et de réaction dontjouit cette région dépendent de celles du diaphragme, du ventricule et des intestins. Ces viscères agissent non -seulement sur toutes les parties de Tanimal et communiquent avec elles, mais ils s'opposent encore un effort mutuel de l'équilibre duquel dépend la santé de l'individu.

Nous pouvons prouver cette double action ou cette double propriété de l'épigastre, par l'observation anatomique, et par les phénomènes observés sur le vivant.

Commençons d'abord par les preuves anatomiques : le grand nerf intercostal, ou grand nerf sympathique, tire son origine de la région épigastrique. S'il faut en croire les expériences de M. Petit, ce dernier rapporte, qu'ayant lié une portion de ce nerfj les parties auxquelles elle se distribuait, se paralysèrent entre la ligature et le cerveau : ce fait prouverait beaucoup , mais il aurait besoin d'être confirmé pour qu'on pût raisonner d'après les considérations qu'il présente.

^ Quoi qu'il en soit, on sait que ce nerf se distribue dans la cavité du bas-ventre et qu'il communique avec presque tous les autres nerfs.

Si l'on examine le système membrannux le tissu cellulaire, on voit qu'ils form'-nti organe continu, gui vient de toutes U-s n ties du corps se joindre et se réunir à 1^ gastre, et qui sans doute dans le \\\r-: communique l'action auxquelles il est uni. ^ immédiatement, soit par l'mtermèdc des i. ! i

Voilà quelques preuves anatomiqut s i> près à indiquer la communication de W gastre avec toutes les parties du cor[)s ; n l'observation faite sur le vivant, que n<nis vons placer au-dessus de tout raisonn< ii et.de tout fait observé sur le cadavre, émet féconde bien davantage notre opinion.

Si l'on observe la révolution qu'on n ■:, que dans le corps de certains enfanta, moment de leur naissance, elle persua .1» : tement la validité et la solidité de nntr ■ * tème. Quelquefois ces enfants sont plu.

minutes sans respirer, surtout s*ils sont i constitution faible et délicate ; on leur*; alors des secours; et quand l'air vient nvrir un passage, il se fait dans tout le • une secousse qui va jusqu'à le s"' comme en sursaut; or, cet effet doit è tribué principalement à la contraction du diaphragme, ce qui est une preu\<^ sensible qu'il est la principale cause li i minante de l'action de toutes les parti'corps. Ce muscle n'avait, pendant (]\\r fant était dans le ventre de sa mère, <i'i mouvement tonique propre, ou tout au i il n'était susceptible que de quelques ' moussements irréguliers, causés parr pouvait gênera un certain point le nni^ l'enfant; mais en conséquence de l'irri que l'air produit d'abord sur tout le r et principalement dans l'intérieur des i nés, cet organe se contracte vivement et ; tout le corps dans une espèce de niouvo: convulsif

Si le corps est déterminé à quelque • ' extraordinaire , on sent vers la réiîion phragmatique une contraction vivo , et »i dâns,toute la longueur des muscles df c'est une condition sans laquelle, ain^i >{' le peut éprouver à tout instant, le cnrp> incapable d'aucun effort, par quelque n spontanée ou nécessaire qu'il puisse C'Wr terminé. Un autre phénomène qui n «-' moins remarquable, c'est le sentiment 'isitude qu'on éprouve principalement > cette région diaphragraatique , Inr-i'i corps n'est pins en état de soutenir la <I d'un effort extraordinaire , ce qui e<i lî preuve évidente que les organes de o< i' ' gion sont alors principalement aiïettt^.

par conséquent qu'ils ont été dans une < lion plus considérable que les autres \m>> la durée de cet effort.

L'état d'inquiétude et de tension qu'on sent dans l'épigastre, après quelques pa>>! ' de l'âme ou des réflexions trop connues. <; montre encore la communication de c.

région avec les organes de la tête. !

il arrive presque toujours qu'à m*^ > qu'on avale des aliments, on sent dispan !1 rabattement qui en précède l'usage; les Mr. se rétabliesent , et l'on éprouve, vers Kr i^^

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DK PHYSIOLOGIE.

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poo de l'eslomae « une sorte de sensation

i^éable» qui se répand dans tout le corps;

or f die sensation ne peut être que l'effet du

RBOureUefflent d*appui et d'action que toutes

le» parties reçoivent, à proportion que le res-

yirt de l'estomac se rétablit.

Oq roit des personnes, peu accoutumées à

fexercice du cheval ou du carrosse , éprou-

Ter QO vomissement considérable, ce qui dé-

[tffld du trouble que reçoit, par ce roouve-

D^ l'ordre de communication établi entre

îfpigastre et Torgane extérieur de Tbomme.

Uoe fille, âgée d'environ vingt-quatre ans,

uuoe constitution assez délicate , n'ayant

.isais éprouvé aucun dérangement du côté

irf règles» était sujette , depuis cinq ou six

ri^, à des nausées et des vomissements qui

"Jient devenus presque habituels, et pour

^luets on avait employé inutilement les

fttoèdes qu'on avait jugé' les plus convena-

îfc<5. Cet étal, quoique permanent, n'était

;« loqjours au même point ; pour peu que

L salade eût mangé plus qu'à son ordinaire,

'Jt: notait une pesanteur considérable dans

î'^iû^iac et beaucoup de resserrement à la

j<<riDe, avec une difficulté de respirer, ac-

^4^llplée d'une espèce de palpitation. £n

tp^r le Tomissement se joignait à tous ces

*c:'itite, et il n'arrivait que très-rarement

'/j ffé: «qu'il y a encore de plus particu-

'^'i npfflarquer, c'est que, dès l'instant que

'« Kiibde se mettait au lit, tous les accidents

^^bt, et ils reparaissaient plus ou moins

<^?ielie était levée : au reste, son appétit

^'ordinairement bon, et elle mangeait

»^ bien deux fois par jour.

^tlte observation présente deux faits qui

fcriient de Tattention, et qui se rapportent

p*ciement à deux lois d'action et de réac-

w entre les parties internes et les parties

«tTnes. L'un de ces faits est le vomissement

f n'arrivait presque jamais en été , qui est leraps où Torgane extérieur doit avoir p de souplesse ; le second est la cessation «accidents, lorsque la malade était cou- *^f , ce qui prouve un état de contraction 41 organe extérieur par la position horizon- We du corps.

, On trouve dans les commentaires de Van ^Hen, sur les aphorismes de Boërhaave^ «'Ji observations qui prouvent encore le ïïî'pftrt organique de l'estomac et de la masse JHinale avec Torgane extérieur. Il s'agit «a? la première d'une gangrène à la jambe, Vfiniâlre, qu'elle résistait aux remèdes les t'ïB appropnés ; il arriva que le malade ren- ^ par bas une grande quantité de vents ; il ^ pansé peu de temps après , et l'on aper- -.^ un amendement considérable dans la jîrtie gangrenée , qui de là ne fut pas long- *™»P8 à être parfaitement rétablie. La seconde traite de la rougeur et de la démangeai- ^'^^ presque insupportable, qui arrive à quel- ?>^*uns de ceux qui ont mangé de mauvaises

^ous venons de rapporter quelques obser- ^-HioQs dont nous nous sommes servi pour ^nionlrer la commiuiicaiion des forces épi- 5*>iriques avec l'organe extérieur ; il s'agit

actuellement d'en rapporter quelques-unes

3ui prouvent la nécessité oil ces forces sont e s opposer une action ou un effort mutuel dans 1 état de la vie ; pour cela, examinons encore ce qui se passe dans un enfant nouveau-né.

Toute la masse des entrailles, qui, presque dénuée de fondement 4)endant le séjour de Tenfantdans la matrice, avait été extrêmement portée vers la cavité de la poitrine, tant par le défaut de réaction de la part du diaphragme, que par le pli du corps de l'enfant, acquiert tout d'un coup, par le premier effort de l'inspiration, un ressort qu elle n'avait pas, et par là une nouvelle vie. Cette masse est en même temps portée brusquement vers les parties inférieures , et rassemblée dans le ventre, en un beaucoup moindre espace que celui qu'elle occupait auparavant ; elle est secouée et agitée par l'irritation qui vient de se faire, et cette irritation est soutenue ensuite par le mouvement successif du diaphragme et des muscles du basyentre, et par le poids du méconium oui, en conséquence de cette nouvelle sensibilité, est devenue pour elle une cause d'irritation; il suit de là que chaque viscère en particulier fait, ainsi que toute la masse intestuiale , des efforts plus ou moins violents pour s'opposer à l'action du diaphragme.

Une partie de la masse intestinale étant sortie par une ouverture oue j'avais faite dans toute la longueur du bas-ventre d'un chien , je voulus savoir quels seraient les mouvements du diaphragme, moins soutenu par la réaction de la masse intestinale, et irrité par de grandes incisions. Ce viscère coupe de droite et de gauche, depuis le cartilage xiphoïde, où il demeura;attacbé jusqu'à ses deux parties latérales , entra dans des contractions beaucoup plus fortes et plus permanentes qu'elles ne le sont dans son jeu ordinaire ; et ce que je trouvai de très-remarquable, et en même temps de très-concluant pour le concert de son action avec celle de la masse intestinale, c'est qu'au même instant que se faisait la contraction du diaphragme, il s'en faisait une aussi forte et aussi permanente dans le mésentère, gui, par là, élevait considérablement, en manière de gerbe, vers la région ombilicale, ce qui restait de masse intestinale dans le ventre, et cette contraction du mésentère cessait en même temps que celle du diaphragme. L'intervalle d'une contraction à l'autre était un peu plus long que la durée de l'état de contraction , qui était à peu près de six à sept minutes.

L'estomac et les intestins , dans le besoin de nourriture , s'affaissent à proportion que leur ressort diminue par le défaut des causes et des instruments propres à les exciter. Le foie et la rate manquant par là d'un appui suffisant , tiraillent le diaphragme et l'empêr chent de se relAcber librement , et l'actjon des muscles du bas-ventre ne peut en même temps que devenir supérieure % la réaction de la masse intestinale ; il y a même apparence que cette supériorité d'action de la

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