‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 14 sur 340 · IT. ACE5T8 ABS ABS0BPTI0.1S · texte numérisé non relu

IT. ACE5T8 ABS ABS0BPTI0.1S

ABS

l« — AbMorption du liquider,

PkssoDS maintenant k Tétude des agents àtt ihsorptîoiis. On sait que chez rhomme la ■QtriiMQ ne peut s'effectuer que par le coqcoofsde plusieurs fonctions, digestion, resfinim^ etc. ; que les matériaux nutritifs SMI ihsorbés dans des lieux spéciaux» et fiiTant d'être assimilés à la substance des orooes, ils sont réunis au sang. Nous pou- TOCS conclure de là qu'il est nécessaire d'avoir deraÛMoiu; pour recueillir et conduire les iiiiiieres absorbées. D'autre part, sachant qoe les matières absorbées viennent toutes aijiHitir au sang, ce ne sera pas dans le syskmi vaiculaire afférent du corps, c'est-à- <iire le système artériel, mais dans les systèmes vascolaires efférents, c'est-à-dire les Tcôes et les vaisseaux lymphatiques, qu'on f^ra le siège des absorptions.

Depuis Arisloteet Galien jusqu'à Aselli,les •euies furent considérées comme les seuls niiseaux capables de charrier les matériaux authtils puisés dans l'intestin. Aselli ne «ouiui pas la marche réelle des vaisseaux Ijmpathiques. Il était réservé à un étudiant de Montpellier, Pecquet, de découvrir lepoint ie )OQCtum entre les deux extrémités de ce ç^^fenie, aperça par Aselli et Eustachi.

Quelque temps après Hewson, Cruikshank, X HuDter, déclarèrent que les lymphatiques etiieni fes seuls agents de l'absorption ; ils invoquèrent leurs expériences à 1 appui de cctie doctrine ; tandis que Ruysch , Boer- ^,lfeckel,Haller et bien d'autres se déc«remt partisans de l'absorption veineuse. 'wtanIfHagendie, voulant fidre prédominer soo système de l'absorption exclusive par les veuws, fit des expériences remarquables o«a5 lesquelles il remplaça par un tube inerte une portion des yaisseaux qu'il laissait communiquer avec la partie sur laquelle il opérait (JD est forcé d'admettre la faculté absorbante des veines ; mais aussi nous ne la refu- *•*«» pas aux vaisseaux lymphatiques.

ûter ici toutes les expériences qui ont eu *i^ serait trop long : nous résoudrons la ^sstion au moyen de quelques faits et de «Jrs déductions positives.

^«dune part, nous regardons comme irréoiuble le raisonnement de Haller sur la né- ^lé de l'absorption par les veines de quanta considéraUes d eau ingérée , nous admettons de l'autre les expériences de Bur- ^ et du professeur Bouisson sur le passage ^Qoe certaine quantité d'eau dans les chyli- ^ et le canal thoracique.

Void quelques résultats acquis par fexpé- ^&ce et l'analyse chimique pour connaître ^ proportions dans lesquelles s'effectue ^'Absorption des liquides ou des substances <<AibIes dans les deux ordres de vaisseaux. M. Qaude Bernard a tiré de ses études sur

(^ MX. Tiedmann et Groelin, MM. Bouchardat aSudras sont arrivés à ce résultat, qui paraît '^oir me oonfirmation dans certaines maladies m foie produites par Tusage de boissons alcoo-

les fonctions givcogéniques du (bie des conséquences applicables a une foule de questions phy^ologiques. Ainsi le sucre ne se retrouve jamais dans le chyle et se rencontre dans la veine-porte. — Cet fcabile physiologiste a montré que le sucre devait nécessairement traverser le foie avant d'arriver aux poumons; quand cette substance est injectée par la veine-porte , elle est assimilée et disparaît ; si elle est injectée par une veine Quelconque, loin d'être assimilée, la dissolution sucrée est rejetée au bout de quelques instants par l'excrétion urinaire. On comprend que, si le sucre passait par les ch^lifères, il n'en serait pas ainsi.

L'albumine ne paraît pas devou* être aussi exclusivement absorbée par les veines. En effet sa transformation eu allniminose ne> semble pas être uniquement dévolue au foie, et M. Longet croit pouvoir démontrer que Taction des sucs intestinaux est pour quelque chose dans cette transformation; rien ne s'opposerait dès lors à ce gue l'albumine pût traverser le système chylifère. Des analyses comparatives entre le chyle et la Ivmphe donnent pour le premier liquide 3,516 d albumine et pour la lymphe 1,200. La différence 2,316 ne peut être que le résultat de l'absorption digestive. ( Longet , PhysioL. t. L ) La coloration du chyle à la suite de rinsestion de matières colorantes a été niée parles uns et affirmée par les autres. M. Bouisson, dans ses études sur le chyle,, nous a fait connaître la vérité sur celte coloration. Ce savHHt professeur, dont les expériences ont été faites avec la garance, conclut en ces termes : « La matière colorante de la garance est absorbée par le système nerveux et par conséquent ne colore pas directement le chyle; mais lorsque Tahmentation est assez prolongée pour qu'il y ait diffusion du principe colorant dans l'organisme, la Ivmphe s'en charge comme les autres liquiaès, et transmet au chvle cette coloration en se mélangeant avec lui, d'où il résulte que la coloration du chyle est subordonnée au temps depuis lequel dure l'administration des an^ ments colorés. »

M. Chatin, dans son travail sur les fonctions des vaisseaux chylifères et des veines, et à propos de la voie que prennent les poisons» a constaté que l'arsenic et Témétique ne se trouvent jamais dans les chylifères et le canal thoracique, mais que leur présence est rapidement signalée dans les veines. De ce qui précède, nous pouvons, en somme, tirer les conclusions suivantes : « D'une part, l'eau pure, tenant en suspension des matières azotées animales et de l'albumine, les boissons > alcooliques (3) sont absorbées dans leurs plus

Srandes masses par les veines; de l'autre les issclutions de sucre , et par conséquent les produits de la digestion des aliments féculents (4), plusieurs sels, des matières colôran-

(i) D'après M. Longet, le réactif cupropotassique ferait quelquefois découvrir des' traces de sucrer dans le chyle ; mais le résultat est insignifiant comparé à celui qu*on obtient avec le sang corroag^nr dant de la veine-porte.

ABS

ABS

les ou toxiques, ne sont pas absorbés par les chylifères.

Nous sommesamenés h dire que l*absorption des liquides ou des substances solublcs est surtout dévolue aui veines, et seulement dans une faible proportion aux lymphatiques.

— Nous savons du reste que ce résultat se trouve confirmé par l'étude de l'absorption des substances non solubles, qui est exercée dans une proportion inverse par les lymphatiques elles veines^ (DeSeynes, Thèse sur Vabsorn^ îiondans le tube digestif, Montpellier 1859.) Nous allons emprunter à ce travail quelques documents intéressants.

« L'examen anatomique de la muqueuse intestinale nous fournit de nouvelles preuves en nous moniiant la prédominance du réseau vasculaire, sa large surface, sa superposition aux lymphatiques , évidente surtout dans les villosités. La première couche à considérer dans la muqueuse est Tépiderme ou épithé- Hum : sachons aussi que les cellules épilhéliales sont analogues à la plupart des éléments cellulaires, et composées d'une paroi propre , d'un contenu amorphe , et d'un noyau plus ou moins central et granuleux (l'absorption des graisses nous le prouve). La juxtaposition de< ces cellules forme la couche superficielle de l'épithéliûm qui correspond à l'épiderme cutané, et se confond avec lui en s'épaississant aux lèvres et à l'anus.

« La continuité de cette couche le long du tube intestinal a été surtout connue depuis les travaux de M. Flourens.

« Certains auteurs, tels queFodéra,Bichat , Magendie, supposent que l'épithéliûm s^arrète au cardia : on pourrait les accuser de ne

f>as s'être aperçus de ce qu'en ce point, 'épithélium, de pavimenteux qu'il est dans l'œsophage, devient cylindrinue pour se continuer sous cette dernièreformejusqu'à Tanus. L'épithéliûm se termine par un bord net et dentelé.

« Cette première couche, dont M. Flourens a établi la sé|3araiion possible et la continuité, se laisse facilement traverser par les liquides, contrairement à l'épiderme cutané. Cette couche épidermique remplit comme celle de la peau une fonction protectrice (5). C'est ce que prouve la grande rapidité avec laquelle certames substances absorbées tnanifestent leur action, lorsque quelques portions de l'épithéliûm ont été enlevées.

a Au-dessous de l'épithéliûm est la couche muqueuse duderme dans laquelle se ramifient les vaisseaux sanguins et lymphatiques.

M. Natalis Guillot, dans son Mémoire sur les muqueuses, admet que, depuis l'orifice des lèvres jusqu'à l'estomac, il y a prédominance du système artériel, tandis que dans le reste du canal intestinal jusqu'à l'extrémité inférieure du rectum, ce sont surtout les veines qui forment le réseau vasculaire.

« Dans la Gazette médicale deParis(1851, tom. VI) . à propos d'un travail de M. Henri

Freysurla distribution des vaisseaux sanguins dans la muqueuse gastrique, nous voyons que des injections à la colle montrent que dans l'estomac les veines se répandent surtout à la surface de la muqueiiso^ tandis que les artères, situées plus profondément, entourent de leurs réseaux capillair^^s les utricules sécréteurs. Les veines ont une lumière plus large; les artères, bien plus déliées, forment des réseaux très-propres à ralentir la marche du sang.

« Ces deux circonstances anatomiques expliquent , d'une part, la rapidité de rabsrïi ption qui se fait par les veines de la muquen^^o stomacale, et le passage facile et prompt fks produits absorbes dans le torrent circulatoire par les troncs veineux qui se détachent p^r-

Sendiculairement du réseau de la muqucusf; e l'autre, la facilité de la sécrétion par )<^s réseaux serrés des artères, qui ralentissant la marche du sang, et produisent des effets analogues à ceux des glomérules du rein.

« Telles sont les conditions matérielles de l'absorption des liquides et des solides dissous, sa surface d'application, les voies par lesquelles ceux-ci sont transportés dans la masse du sang. »

Page 1