‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 13 sur 340 · Âbêorpii^nê éventuelUio · texte numérisé non relu

Âbêorpii^nê éventuelUio

Arrivons maintenant à la deuxième classe, aux absorptions qui ne se produisent qu'accidentellement chez l'homme. On en distingue de deux ordres, une externe et une interne, selon que la matière absorbée est prise au dehors, ou provient de l'économie ellemême.

A. — Absorption accidentelle externe.

L'absorption accidentelle externe ne s'exécute que par les surfaces extérieures du corps, la peau et les membranes muqueuses. De là deux espèces d'absorptions ; l'absorption cutanée, et l'absorption muqueuse.

1. Absorption cutanée, -— La surface cutanée fournit les preuves les plus nombreuses de son action absorbante. D après les expériences de Sanctorius, de Gorter, de Keil, de Symson, le corps de l'homme, placé dans un bain ou dans un air humide, absorbe une quantité considérable de liquide, et avec lui une partie des substances qui y sont dissoutes. La diminution du liquide, l'augmentation de volume du corps, et les qualités spéciales que prennent quelques-uns de nos tissus ou

ABS

ABS

de nos humears. ne laissent point de doute à cal é^. Les fomentations, les cataplasmes ^td^sespèees de LMiins locaux et partiels, à rude desquels les substances aqueuses et médicimenteuses sont introduites dans l*éco- Booue. Les frictions ongueotacées et spiri- \jdMS produisent les mèines effets. On ne oitn pas i'eiislence de i*absorption cuta-* îkx tû fovaot la térébenthine, administrée eo bain, frictions ou vapeurs, donner aux orioes l'odeur de la violette. Le mercure emploie sous toutes les formes ne procure-t il pa la salivation 7 des douleurs internes et profondes ne sont-elles pas calmées pas Tapplicatioa extérieure des opiacés?

Nous pouvons encore citer l'expérience deBiehat, dans laquelle il se plaça entre deux cadavres en putréfaction pendant au*il rfspirait à Taide d*un tube Tair pur de 1 ex- (tMordelas^lle, et vit se produire Tabsorpr tioo des miasmes putrides oui, par suite, doonereot aux liquides de Teconomie leur (luaUté particulière. Cbaussier empoisonnait des animaux en les plongeant dans des gaz délétères, en ayant soin de leur laisser la tête en dehofs. M. Lebkuchner tue par intoxication des lapins, en leur frictionnant la peau du n*nlr« avec de Tacétate de plomb. Cet eipèhmeiAaieiir plonge le tissu cellulaire sou>-catané de cet animal dans l'hydrogène sulfuré: ce tissa devient noir et accuse ainsi k préieace (/aplomb par la formation du sbmre de plomb. M. Colin en arrosant d'une loaniere cootiaue la région dorso-lombaire d'uflclkefiJ, avec une dissolution de cyanure de/fOUâsiom, a observé que ce sel absorbé ippémssèil daos Turine au bout de cinq ou sii heures; on pouvait en constater ja présence h i*aide d*un sel de fer.

Au moyeu de frictions, on foit pénétrer Ihuîle de croton tiglium par absorption au travers de la peau intacte, et le malade peut se purger de cette manière.

ù médecine a encore tiré parti de cette ictioa abi^rbante de la peau, en lui présenlasl sous toutes les formes des médicaments ^e nature diverse : des méthodes ont été crééesà ce sujet suivant le mode d'emploi, en {nctioiis, vapeurs, cataplasmes, etc., après «Irfatioa de Tépiderme : on a inaugure les ffiétûodes iatraleptique, endermique, hy poder* »^^(^, atmidiatrique, méthodes auxquelles '^m auteurs ont attaché leurs noms ; tels ^«A Cyrillo, Clarke, Chrétien de Montpellier, ^injrenti, Brera, Alibert. On a proQté de mêu<* de Tabsorption interstitielle dans la méthode des injections sous-cutanées (1). f'a/acebe avait su utiliser l'absorption iUnée en nourrissant des malades avec kà bains analeptiques de bouillon. Nous 'levons aussi mentionner le fait des anoçfts purgeant à l'aide de boules qu'on provenait dans les mains et qu'ils appelaient piiajntrgatoria,lA transpiration cutanée sert pêii^ è éliminer de l'économie des subssancës odorantes ou colorantes que la muloaise digestive y a introduites. Lorsqu'une

{>ersonn6 a fait usage de valériane ou d'assa œtida, par exemple, sa transpiration affecte une odeur particulière; dans quelques cas, on a observé des sueurs jaunes chez des malades qui avaient pris beaucoup de rhubarbe.

Dans le phénomène qui nous occupe, nous ferons observer, avec les auteurs, qu'il faut tenir compte de l'état dans lequel se trouve la peau. Quand celle-ci est recouverte de son épiderme, formé d'une couche épilhéliaie non vasculaire, l'absorption est tres*lente, et doit être précédée de l'imbibition et du ramollissement de l'épiderme. Quand la substance attaque l'épiderme ou que la peau est privée de cette partie, et que le derme se trouve à découvert, l'absorption est bien p(us active, car les parties superficielles du derme sont parcourues par un réseau vasculaire sanguin et lymphatique d'une srande richesse.

Des substances solides réduites en poudre et solubles, qui, placées à la surface de l'épiderme sec, ne seraient pas absorbées, le sont au contraire rapidement quand on les applique sur le derme dénudé, k la surface duquel le plasma exhalé hors du réseau vasculaire entretient une humidité qui dissout la substance solide.

2. Absortion muqueuse. — a) Absorption pulmonaire. — L'expérience de tous les jours nous montre que le poumon, dont la fonction essentielle est d'absorber l'air atmosphérique, absorbe aussi les gaz délétères. La respiration introduit également dans l'économie des vapeurs diverses. La possibilité d'introduire ainsi dans le sang, par la voie pulmonaire, certaines vapeurs, a donné , naissance à une méthode spéciale d'administration des médicaments, dite méthode dei fumigations, et pour cet objet des appareils particuliers ont été créés.

Mentionnons également la substance peu connue des miasmes marécageux et le principe également mystérieux de beaucoup de maladies épidémiques et contagieuses, substances ou principes qui s'introduisent probablement par absorption dans notre économie.

La membrane muqueuse pulmonaire absorbe aussi les liquides avec énergie. Quand un liquide s'engage par hasard dans les poumons par la trachée, il y a un moment de suffocation, mais l'absorption ne tarde pas à débarrasser les voies aériennes de ce que la toux n'a pas expulsé au dehors.

Quand on injecte 15 ou 20 grammes d'une dissolution de cyanure de potassium (contenant 4 grammes de sel pour 30 grammes d'eau) dans les poumons d'un lapin, on retrouve le sel dans le sang de la jugulaire au bout de quatre à cinq minutes.

Si l'on injecte dans la trachée d'un cheval 12 grammes d'extrait alcoolique de noix vomique, on voit se manifester promptement les symptômes d'empoisonnement, et l'animal pént quelques minutes après.

U faut attribuer aussi à l'absorption des

II) Les travaux de M. Béhier; ceux de mon collègue M. Coarty {Mon$peUisr^Midtca(),exc.

ABS

ABS

matières odorantes des fleurs par les voies pulmonaires des accidents plus ou moins graves, tels que nausées, cépbalal[{ie, syncope, que le voisinage de certaines plantes détermme chez quelques personnes. M, Milne Edwards a observé que parfois l'existence d'une très-i)etite quantité d'essence de citron dans l'air confiné suffît pour déterminer des symptômes nerveux bien caractérisés.

On doit, dans -ces faits, tenir compte de la part que peut prendre l'idiosyncrasie du sujet (2).

Cette grande puissance absorbante de la muqueuse pulmonaire rend nos poumons aptes à satisfaire aux besoins de la respiration. Indépendamment de ce service, c'est encore elle qui rend possible la production de l'état d'anesthésie, a l'aide duquel l'opérateur préserve de toute souffrance le malade, « En effet, dit M. Milne Edwards, si le chloroforjne ou l'éther introduit sous la forûie de vapeurs dans nos poumons nous plonge dans une sorte de sommeil durant lequel la faculté de sentir est suspendue , c est que la matière diffusible , ainsi répandue dans l'appareil respiratoire, passe rapidement dans le sang en circulation, et arnve ainsi en contact avec certaines parties du système nerveux, dont elle interrompt l'action. »

On pourrait dans la pratique obtenir de bons effets de cette absorption, en considérant la rapidité de la convalescence, quand on va respirer l'air pur de la campagne : n'oublions pas de citer l'exemple des bouchers et des bouchères, qui respirent un air abondammentchargé de particules nutritives.

b ) Absorption à la iurface mt^queuse gé^ nito-^rinaire. — Quoique peu active dans les cavités génilo-urinaires, 1 absorption n'y est pas moins démontrée. Dans une rétention d'urine, ce liquide résorbé imprime des qualités particulières à toas les autres liquides, et la sueur elle-même prend une odeur unneuse. Des substances injectées dans la vessie ont encore transmis leurs propriétés aux

f)arties éloignées du corps. N'y aurait-il sur es organes génitaux que l'absorption du virus syphilitique, qu'elle suffirait pour établir son existence. La médecine n'a-t-elle f)as trouvé le moyen de faire pénétrer dans 'économie des substances médicamenteuses en les y employant en injections 7

c) Absorption dans le tissu cellulaire. — Toutes les diverses absorptions s'exécutent activement dans le tissu cellulaire. Un œdème partiel ou général disparaît par l'absorption du liquide infiltré. Du sang épanché dans les mailles de ce tissu est résorbé. Qui n'a vu disparaître par l'absorption, l'air qui remplit le tissu cellulaire dans Ce c[u'on appelle remphysème? Nisten , Chaussier, etc., ont omplojré cette voie pour introduire dans l'économie des substances médicamenteuses ou vénéneuses, dont les effets ont bien prouvé l'absorption.

Cette fonction s'opère aussi dans les cellules adipeuses, puisque l'embonpoint qui résulte de leur plénitude ne peut diminuer que par l'absorption de la graisse qui y est renfermée. On pourrait assimiler à cette absorption celle qui s'opère dans les aréoles ou lesmail -les dequelques tissus. Tellessont l'absorption de l'humeur vitrée et aqueuse dans le globe de l'œil, celle du fluide propre de la thyroïde, etc.

B. — Absorption acciderHelle interne.

Absorption des surfaces séreuses et sy noviales, des cavités closes, etc. — Les liquidi^s injectés dans les membranes séreuses sont assez rapidement absorbés. Une dissolution de cyanure de potassium injectée dans le p6 ritoine ou dans les plèvres d'un chien apparaît au bout de dix minutes dans les urines. On a remarqué que les sels de strychnint», introduits dans les membranes séreuses (qui ne sont recouvertes que d'un épithélium pavimenteux simple), déterminent la mort avec plus de promptitude que lorsqu'on les introduit dans l'intestin.

Une sérosité abondante est épanchée dans la cavité du péritoine ou dans les plèvres : on la voit diminuer à mesure mie la quantité plus grande des urines ou de la sueur en annonce l'absorption. Dans l'hydrocéphalite, la sérosité épanchée est quelquefois résorbées peu à peu pour laisser le cerveau reprendre ses fonctions. Tous les jours on voit disparaître un épanchement sanguin ou purulent dans l'abdomen ou dansles plèvres. Les synoviales Articulaires, les bourses synoviales des tendons, les bourser sous-cutanees sont ég.ilement le siège d'une exhalation et d'une résorption normales.— Les liquides contenus dans les réservoirs des glandes, en contact par conséquent avec les surfaces muqueuses, se trouvent dans les conditions de l'ai)sorption. La bile qui séjourne dans la vésiculaire biliaire est plus foncée et plus vis-

aueuse que celle qui s'écoule directement ans l'intestin; l'urine du matin est plus chareée en couleur et en principes solides que l'urine de la journée, etc.

L'absorption dansles voies glandulaires devient bien manifeste, et peut même être redoutable, lorsque l'issue au dehors du produit d« la sécrétion se trouve obstrué.

L'absorption s'opère encore sur les surfaces accidentelles: la peau, dépouillée de son épiderme, ccomme nous l'avons dit, absorbe avec une grande rapidité le smatières déposées à sa surface. Ainsi c'est par le moyen de cette voie d'absorption qu'on fait pénétrer dans l'économie das sunstances énergiques qui agissent à unetrès-faible dose, les sels de morphine et de strychnine par exemple. On peut également empoisonner par cette même voie et avec promptitude plusieurs animaux.

Telles sont les absorptions de la seconde classe.

(2) On peut ajouter à ces remarques toutes celles qui se tireraient d'une étude approfondie des

vkfitfl aii«*«th^.siaueB. IVou. Sbk&iulité.)

agents anesthésiques. (Voy, Sbi^simuté.)

ABS

Page 1