Endosmose et exosmose
M. Dutrochet a cru avoir découvert dans les actions électro-organiques, qu'il a appelées endosmose et exosmose, le mystère des grandes actions vitales; c'est par ces forces qu'il explique l'absorption. Il désigna sous le nom de courant tndosmotique le flux d'eau qui pénètre du dehors daûs l'intérieur d'un réservoir à parois membraneuses où se trouve du sucre ou toute substance analogue, et àe courant exosmotiquCf celui qui se dirige en sens contraire, c'est-à-dire de dedans en
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dehors. Dans les derniers temps de sa vie, Dutrochet généralisa davantage le sens des mots endosmose et earosmose^ et, sans avoir égard à la forme de la cloison à travers laquelle le phénomène se produit, il appliqua le premier de ces mots au courant fort, quelle qu en soit la direction, et le second au courant faible ; de sorte que endosmose devint synonyme d'augmentation du volume dans Tun des liquides réagissants, et exosmose si-
fpifia le transport d'une portion de ce même iquide en sens inverse. Ainsi, quand il dit qu'une dissolution sucrée, en présence de 1 eau, détermine Teiosmose, cela signifie que le courant d'eau qui se dirige vers cette substance et y pénètre, est plus rapide que le courant formé par la matière sucrée qui se rend dans Teau, et cela, soit que le sucre se trouve à l'intérieur ou à l'extérieur du réservoir membraneux à travers lequel l'échange s'établit.
Grabam, h qui l'on doit une série de belles expériences sur les phénomènes qui nous occupent, a proposé d'appeler osmose (^o[kQç, impulsion) le mouvement qui détermine une accumulation d*eau de l'un des cAtés d'une cloison membraneuse. La force osmotiaue est donc la force qui produit cette accumulation ; quant au mouvement en sens inverse d'une portion des particules du sel ou de la substance quelconque dont faction produit l'osmose, il le considère comme un phénomène de diffusion. Dans ce langage, les effets de l'osmose deviennent donc positifs ou négatifs, suivant que le volume de l'eau altér«^e est supérieur ou inférieur au volume de l'autre liquide qui passe en sens opposé.
Liebig et Claude Bernard, en adoptant la théorie de l'endosmose, font intervenir les aflinités chimiques entre les molécules des deux liquides qui sont en rapport, pour en faire dépendre l'absorption. J. Béclard rapporte la cause de l'enaosmose au calorique spécifique ou constitutionnel.
Nos objections à ce qui précède se borneront à quelques remarques. D'abord, malgré le çrand rôle que l'on veut faire jouer à Pélectncité, nous ne pouvons pas considérer comme absolues et rigoureuses les applications qu'on en a faitesaux phénomènes les plus compliqués de la nature. Ensuite, les expériences faites sont loin d'avoir l'autorité de choses démontrées.
Après avoir indiqué les conditions matérielles de l'absorption, les lieux où eNe s'exerce, son mécanisme, nous devons, passer en revue les diverses influences auxquelles cette fonction est soumise. Nous les ai viserons en trois ordres : !• influences chimiques; 2* influences physiques; 3* influences physiologiques.
VI. — Circonstances qui MODineNT l'absorption* i. — Influences chimiques.
Nous établirons d'abord la proposition suivante de H. Claude Bernard : « On cherche toiqours à rapporter des expériences physiques à des faits {)hysiologiques ; mais en étuaiant d'une manière inverse , on voit qu'il y
a des phénomènes qui dominent beaucoup ceux d'ordre physique, et l'on reconnaît combien les propriétés vitales modifient réellement les faits physiques qui se passent au sein de l'organisme. » Quoi qu'il en soit, nous devons dire quelques mots des résultats.
Les expériences de U. Graham tendent à faire supposer que la présence d'un acide dans le liquide, qui doit être absorbé, aide à la force endosmotique du sang. M. Mil ne Edwards attribue à cette cause une grande influence sur l'activité de l'absorption dans certaines parties du corps comparées à d'autres, ainsi que sur le rôle de 1 estomac dans cette fonction. La quantité d'albumine que contient le sang peut faire varier son pouvoir absorbant. Cette substance exerce une action endosmotique puissante, d'après certains auteurs; tandis que, selon M. Hialhe, elle ne pourrait s'échapper à travers les parois vasculaires : elle agirait donc à la fois en favorisant l'endosmose et en résistante l'exosmose. H. Mialhe divise encore en deux catégories les médicaments absorbables : 1** il y a ceux qui ne peuvent pas former une combinaison insoluble avec 1 albumine du sang (oxydes, carbonates alcalins, acide carbonique, acide cyanhydrique, ammoniaque, acides végétaux, bases organiques, etc.) ; z* ceux qui forment un composé insoluble avec les éléments albumineux (acides inorganiques, un grand nombre de sels métalliques, etc.)*
Les premiers arrivent rapidement dans les voies urinaires; on ne trouve les seconds
3u*après que la combinaison albumineusc ont ils faisaient partie a été plus ou moins décomposée.
Nous constatons le résultat de la différence dans la rapidité d'absorption de ces corps; mais nous n'admettons pas que des actions chimiques de cet ordre aient lieu au milieu des tissus vivants, car nous ne perdons pas de vue que les diverses modifications qui
Eeuvent influencer l'absorption sont soumises la vitalité de la muqueuse et du sang.