‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 239 sur 340 · II · texte numérisé non relu

II

^^^^^^^ -irii >i>ii' 1/-JI0<>.

>»'[.'j<*iiW^H

RES

RES

im

rersé to poumon» entraîne cependant une ▼apeur aqueuse facile à démontrer. Certains cas de dstules de la trachée ont permis de constaier chei Tbonime ces origines multiples de ta tapeur dite pulmonaire.

Un homme qui fait (lar minute 16 inspirations d'un demi-litre, introduit ^80 litres d*air en une heure, h 10 degrés, et, è moitié nturé d*humidité, l^^s 480 titres contiennent S ^r. 368 c. de vapenr d'eau. Par Tinspirauon, cet «ir est chassé à la température de 38 iie^iré^ entiron, et à saturation complète. Il contient alors il gr. 985 d'eau» d*où ntranchanl les 2 gr. 762 introduits par l'air, on voit que ta respiration fait perdre 19 gr 623 d*eau en une heure, et 470 gr. 90 en Tingt-quatre heures. (Gatakrkt.)

Sa eom|>osition montre qu'elle est presmie exclusivement formée d'eau» à laqupfle Il se joint une petite quantité de matière animale, gui se putréfie dans les Tases où 1*011 a renfermé de Tair eipiré.

Brtitiner et Valentin démontrent par on autre procédé l'existence d*une matière organique dans la vapeur expirée. L'acide carbonique, au travers duquel nous avons expiré, disent-ils, devient rougeAtre; mais la quantité de matière organique est si petite, que nous n'avons pu lui donner un chiffre coflnin.

Accidentellement, la vapeur pulmonaire recharge des principes volatils qui ont été lO'jérës dans le tube digestif, tels que ceux <le I ail, de l'alcool, du camphre, du musc; le ptiosphore s'échappe du poumon par les narines sous la forme d'un nuage épais et hianchâtre, qui, dans Tobseurite, devient iuiiiineux, d'après de Horiigarny.

La force a<spiratrice par laquelle [la poitrine attire Pair dans les voies aériennes caratt, en même temps, exercer une in- Qience sur la perspiration p^ilmonaire.

Breschet et Milne Edwards ont supprimé <ette force aspiratrice en ouvrant la poitrine ••'animaux vivants auxauels ils établissaient la respiration artilicielle; ils ont vu alors que les sutistanves volatiles ne parvenaient plus dans la perspiration pulmonaire ou qu'elles n'y parvenaient pas d'une manière ^l prompte ni en aussi grande quantité. (Voy. BéRiUD, t. Il, p. 219 et suiv.)

I IV. — infUienct du mm^ kématoêé tmr U$ diwerê

tUtuê.

M. Brown-Sequard a communiqué k Tlnstftut (22 octobre 1855) des recherches expé* rimentates très-nombreuses sur la faculté que possèdent certains éléments du sang fK>ur régénérer les propriétés vitales des trs-805.

1* Des muscles de la vie animale ayant complètement perdu leurs propriétés vitales et étant atteints de rigidité cadavc^rique, ont po, sous rinOuence d'injections sanguines dans lenrs vaisseaux, cesser d*êtrc ngi(les et recouvrer leurs propriétés vitales, à savoir la contractilité et la faculté de produire re que M. Malleucci a appelé Vinduction mvfcuMre.

2* Les fibres musculaires lisses de l'intestin, de la vessie, de l'utérus, des vaisseaux sanguins, des bulbes des poils et de l'iris, ont recouvré, sous l'influence du sang, leurs propriétés vitales perdues depuis un quart d'heure ou beaucoup plus. Chez 1 homme, la contractilité des fibres-cellules des bulbes pileux est revenue plus de quinze heures après la mort.

3* De tous les tissus contractiles, celui du cœur, chez les mammifères, panitt être le moins capable de recouvrer sa contractilité penluc.

&* Les nerfs moteurs et sensitifs, ainsi que la moelle épinière, peuvent, sous finflnence du sang, recouvrer leurs propriétés vitales perdues.

5* Le sang déGbriné parait avoir autant d^nfluence sur la régénération des pt*opriétés vitales que le sang contenant de la fibrine. Cette substance n*est donc pas essentielle à la nutrition et h l'excitation des musclçs et du tissu nerveux : bien plus, des expériences dans le.^quelles i) s'est mis à l'abri,autant que possible, des causes d'erreur, paraissent montrer qu'elle se produitdans les vaisseaux des muscles pendant l'échange nutritif entre le sang et le tissu musculaire.

6* Plus le sang contient d'oxygène , plus son influence régénératrice des propriétés vitales est considérable et rapide. Aussi, voyons-nous que le sérum du sang est incapable de régénérer les propriétés vitales^ tandis que, plus le sang est riche en glotniles , c'est-à-dire en éléments capables d'Absorber de l'oxygène, plus sa propriété régénératrice s'augmente si on le charge d*oxygène. Au contraire, le sang le plus riche en globules et en albumine est impuissant à régénérer les propriétés vitales, s'il ne contient qu'une très-faible quantité d'oxvgène. Nous n'entendons pas dire cependant que ni les globules, ni l'albumine, ni tout antre élément du sang ne jouent un rôle daiTs l'acte de nutrition par lequel s'opère la régénération des propriétés vitales : nous voulons dire seulement que l'oxygène est essentiel à cet acte.

7* Eu rapprochant ces faits de plusieurs résultats d'importantes expériences faites par M. Dumas {Comptes rendus, tome XXII, page 900, 18&6), un est autorisé k conclure que les globules du sang ont en partie pour rôle de porter foxygène aux tissus.

8* Ainsi que Gustave Liebig l'a si bien démontré, la contractilité disparaît plus lentement afirès la mort, dans des muscles placés dans de l'oxygène, que dans des muscles entourés de tout autre gaz; mais t'oxygène, à l'étal de gaz libre, en rapport avec fa surface extérieure des muscles et injecté dans leurs artères, ne parait pas capable de régénérer dans ces organes les propriétés vitales perdues.

9* Quand on injecte du sang très-rouge dans les artères d'un membre dont les muscles ont été rigides trop longtemps pour que les propriétés vitales puissent y être régénérées, on voit le sang revenir par les vei-

RES

DiCnONNillRE

fies presque inssi ronge qu*è son eolrée fiaos les artères. Au contraire» si les propr'éiés vitales peuvent encore être régénérées» le sang sort plus on moins noirâtre par les veines; et lorsque les muscles sont redevenus contractiles, si on les galvanise, le sang sort très-noir. L'absorption de Toiygène par les Ii5>us s'opère donc très-bien pencJaril et après la régénération des propriétés vitales, et elle s'opère beaucoup moins s'il n'y a plus possibilité de retour de ces propriétés,

10* 1-a quantité de sang nécessaire pour faire revenir la contractililédans les muscles devenus rigides varie extrêmement suivant un grand nombre de circonstances»

telles que la durée de la rigidité, la quanliié d'oxygène dans le #ang employé, la température du sang et celle des ojusclés» etc. M. Brown-Séquard a fait revenir la contractilité et Ta fait durer près de quatre heures et demie dans environ 500 grammes de muscles, à Taide de 30 grammes seulement de sangdiTibriné; mais, dans ce cas» il lui a fallu injecter au moins quarante fois tout ce sang, et le soumettre au baiia^ço, pour le charger d'oxygène, après ciiacune des injections.

il* Non-seulement il est possible de faire cesser la rigidité cadavérique après sa première apparition et de faire revenir alors la i:ontraclilité, mais encore on a pu faire» jusqu'il quatre fois, disparaître la rigidité et revenir la contractilité dans les mêmes muscles. Bien plus, on a pu maintenir lacoiirnctiiité dans un membre de lapin jusqu'au delà de la Quarante et unième heure après avoir séparé ce membre du tronc de l'auimnl.

12* La conlrarlililé musculaire peut être régénérée dans des muscles devenus rigides et chez 'esquols les nerfs moteurs, paralysés tfepuis longtemfjs, ne peuvent en rien "participer au retour de la propriété vjtale essentielle des muscles.

13* Les n< rfs moteurs séparés de la moelle ^pinière, et la moelle épinière séparée de IVncéphale peuvent aussi recouvrer sous rinOuence du sang leurs propriétés vitales perdues. Ceci parait démontrer : 1* que la jtropriété des nerfs moteurs (la motricité de M. Flourens) est indépendante de la moelle» et qu'elle peut être donnée h ces nerfs par le sang; 2* que la faculté réflexe ou propriété vitale essen'iellH de la inoelle épinière peut être donnée à cet organe par le ^ang.

H"* Les expériences confirment la parfaite exactitude d'un fait observé par M. Dumas : c'est qu« te battage du sang ne parait altérer aucunement les globules. En effet» d'une part le microscope ne montre aucune altération de ces éléments du sang, et d'une autre part, ils absort>ent l'oxygène aussi bien après qu'avant le Ijattap^e, et l'action du sang battu, soit sur un muscle, soit sur un animai entier paraît être la uiêmc (pio celle du sang non b^ltu.

RES

THÉOaiC J>C L*BÉII\TOSB RB!lMaAT01&E.

L'étude de la respiration est tellement liée k celle de l'hématose, que» sans entrer iJAns tous les détails relatifs à une pareille qijes> tion» nous devons néanmoins en dire quelques mots :

Lavoisier, le grand chimiste dn dernier siècle, a proposé, à ce sujet» une ihéorie poursuivie de concert avec Seguin, et qui a laissé des traces profon<lesdans la sri^nre. Pour lui, la respiration est une véritable ccrn biisiion si(^geant dans les poumons. De ncs jours» les nombreux physiologistes qui a. mettent Texistence d'une combustion, onllaii subir k la théorie de Lavoisier de gran(ie< modifications : ainsi» Ton pense que ldr< mbustion s'opère lentement dans Tor^aniuii? entier» et non fias exclusivement dans Ta, • pareil pulmonaire. C'est ce que les pli\bi> iogistes se sont efiforcés de démouireri^a; des expériences multipliées.

l. On peut établir que l'acitie carkm.que ne provient pas en totalité d'une combustion opérée dans les poumons.

S/allanzani avait constaté» définis Ion:tcm[>$» (|ue les animaux à sang froid p'acs dans des milieux gazeux autres que l'oiy gène» donnaient naissance è de l'acide «arbonique, en aussi grande quantité que si» avaient r^îspiré de l'air atmosphérique. Pljs tard Nyslen eipérimenta sur (les maiiim:fères» mais l'expérience e>t bien plusdeicate, par suite de ta difliculté qu'ont re> animaux de vivre dans un milieu «uiroqie l'oxygène. Mùller» MM. Collard de Mr.igny, Edwards, Bergmann, Bisclvjff, M'^rchand, etc., sont arrivés au même lesuiiait en opérant sur des grenouiUes. La cun> usion naturelle que nous devons tirer, iV^i que l'acide carl)onique expiré ne provi^ni pas exclusivement des poumons.

IL Quelle peut être la source de l'aciie carbonique? C* tte question a longum;^^ exercé la sagacité des fdiysiologi^tes.

1* Est-ce le sang artériel 7 Mais si l'acide carbonique se formait aux dépens de Ifiygène et dtt carbone du sang, ce fluide |erdrait sa couleur rutilante» ce qui n'a [<as lieu.

2* Est-ce dans les capillaires généraux d:i corps? On sait que dans les capillairt? a lieu le conflit entre les deux sangs et le^ parties voisines; que le sang veineui lerJ ses propriétés négatives pour devenir sa;>' artériel. On ne peut douter qu'il n'y s\\ li une source considérable d'acide c^rboiiiijuf- Seulement il s'agirait de savoir si ceiaude est formé aux dépens du carbone du s^''»ou du carbone du corps, quelles tr3i)>ît'rmations subissent les éléments carbonés pour laisser échapper l'acide carbonique.

M. Perdril a relaté dans un n* de là Ocxette médicale de Paris (1851, p. 7^7) ^'^ expériences intéressantes desquelles il résulterait que l'acide carbonique serait form' en grande partie par la réaction d'un anit engendré incessamment dans le lyouum, sur les carl)onalcs alcalins du bàn^- ^^^

RSS

ISS

aride, formé des principes qoalernaires, se ilégsgerail sur les parois des cellules pulmoraires, et se cristalliserait en aiguilles brillARies qui réfléchissent la lumière. Quand il pn>vient d'un poumon frais» il ne rougit (>a^ sensiblement le tournesol» mais si ce l»o iiuon est haché et mis k macérer dans de 1 eau tiède, il lui communique une réaction antJe. Cet acide du poumon uni k la soude f>A>&eriiU h Tétai de combinaison dans le sîiiig où M. Perdril a constaté son existence* D'après des travaux récents» on est porté à rv^arder Vacide pneumique^ comme un siml'it' mélange de laciates alcalis^és et de tau-

II Ml».

3* Que devient Toxjgène, et quelle est la (du<«e du changement'de couleur du sang?

4* Ici se présente une autre question com* fleie. L^artérialisation du sang est-elle due Mut<4ucment à l'absorption d'une certaine i)uantité d*oxygène» ou bien au dégagement (!f l'acide carlK)nique7 Les physiologistes du siècle dernier, Needham, Lower, Tnrusten, étaient persuadés que la ruii lance du sang éiaîldueà l'addition d'une certaine quantité Uoxygène.

De nos jours, tout en reconnaissant que rs'tjonction de ce ^az dans les élément du ^ang a une grande influence sur sa transfor* niation. Ton ne peut nier celle du dégageuient de l'acide carbonique. On voit en effet, qu en faisant passer un courant d'acide cart jniquesur du sang rutilant,on le transforme ^n sang plus foncé, et offrant la coloration (tu sang veineux.

D'après les expériences les plus exactes, on a constaté que l'oxygène se trouve fortement uni, par afliniié de dissolution en quelque sorte, aux globules sanguins qui le transportent ainsi jusque dans les voies capillaires. Quant k l'acide carbonique, il est uni de mèine au sérum, qui le dissout et le retient fortement |iar les propriétés que lui communiquent les sels qu'il contient; le problème de la formation de l'acide carbonique est donc très-complexe. Liebig pense que l'oxygène et l'acide carbonique se déplacent alternativement dans les globules» l>endant le phénomène de la respiration et <ie la nutrition.

Denosjuurs, des auteurs rerommandables, (MM. Steven» Turner , Hoffman) , mettani de ^M l'action de l'oxygène sur I arlérialisa* t'oodusang, ont voulu attribuer cette action *ti >érum agissant par les sels neutres qu'il l'enferme. Us trempent» dans de l'eau distillée bouillie, des tranches minces prounant du caillot du sang artériel ; celui-ci, privé de son sérum, devient noir. Quand on !<" remet dans son sérum» il redevient rutilant. D'après ces auteurs l'air atmosphérique est sans action sur le sang privé de son ^^rum, c'est*k-dire du sel marin, par suite ^u lavage qu'on lui a fait subir. Pour eux» le sing de{K)urvu de matières salines est •^Jjours noir; d'après leur théorie, Toxj-

gène n'aurait d'autre utilité que de retenir ou de dégager l'acide carbonique. Lorsque ce dégagement a lieu, les sels renfermés dans le sérum reprennent toute leur action, et la sang devient rutilant. Ce raisonnement comme le fait très-bien remarauer M. Bérard» est loin d'être inaltaquaDie, car tdut autre corps que l'otygène, qui pourrait déplacer l'acide carbonique aevrait produire les mêmes phénomènes, ce qui est contraire k l'observation.

En résumé Thématore pulmonaire on artérralisation du sang est un acte très-complexe qui réclame de nouvelles recherches.

On sait que le sang veineux, i^ii arrivant dans les poumons, absort>e de l'oijrgène; que, sous l'influence de ce gaz, il y à, d'un côté, excrétion d'une matière excrémentî* tielle, (acide carbonique et vapeur d'eau») et de I autre, sécrétion d'un liquide récrémentiliel, le sang artériel : mais les déta.ila intimes de ces excrétions et de cette sécrétion sont imparfaitement connus. Dans quel état sont le carbone et l'acide carbonique dans le sang et dans nos tissus? Quelles sont les quantités dissoutes, les quantités combinées, les modes de combinaisons? comment l'acide carbonique est-il déplacé et mis en liberté? quelle est l'action des gaz, des acétates» des lactates, etc., des actes phvsiqic9« chimiques, vitaux, etc.? dans quels lieux, dans quelles proportions» parquais modes, s'opèrent tous ces phéoomènes» etc.? comment peut-on concilier les recherches des Tiedeman, Gmelin, Mitscherlicb.Hose.Hagnus, Liebig, Dumas, etc.?

Les problèmes relatifs aux excrétions hématosiques une fois résolus, de nouvelles difficultés surgissent relativement k la sécrétion hématosique artérielle. Le sang artériel n'est pas du sang veineux devenu rutilant, car on peut donner au premier une couleur rutilante, sans que, pour cela, il soit artériel ; le sanc peut rester rouge dans les veines, ainsi quon l'avait remarqué depuis longtemps» et que l'a prouvé M. Bernard, en étudiant avec soin ce phénomène dans ses détails; ce sang est-il tout k fait artériel? Nous avons constaté dans une série de faits pathologiques la couleur rutilante du sang dans toutes les veines des membres aueints de tumeur érectila compliquée de dilatation des gros vaisseaux.

Quant k la théorie qui identifie la respira* tion k une combustion, elle est trop exclusive» et repose sur une extension fert contestable donnée au mot com6iM<ton. Elle a été vivement attaquée, depuis son apparition jusqu'k nos jours. Malgré les importantes transformations qu'elle a subies {voy. L. Dumas, PhyiiùL 1806, tes travaux de Robio et Vardeil, la PhysioL de Béraud , etc.), la théorie de la respiration a, comme on le voit» besoin d'être remaniée dans toutes ses parties.

tm

Page 1