V. — Presbytie et myopie
Lorsi]u'on place devant les yeux on objet excessivement ténn, il est une distance k laquelle les individus doués d*une bonne vue 8r>erçoivent Tobjet avec une grande netteté. Cette distance est environ 0 "*, 85. Mais si Tobjet ne |)eut être perçu avec netteté qu'à une distance de 0,70, |«r exemple» on dit alors que rœil est atteint de presbytie.
Daos d'antres circonstances on voit des fiersonnes chez lesquelles la vision distincte d'un objet ne s'opère qu*k une distance beaucoup plus petite. Celles-ci sont ditea myopes.
I. Cauê€$ de la preibytie. — La presbytie est «llribiiée k l'aplatissement de la cornée ; il n'est jM» rare en effet de voir des hommes qui pendant leiir jeunesse étaient doués d*une bonne vue, devenir de plus en plus iiresbytes k mesure qu'ils avancent dans i*âge. Cela tient k un défaut de nutrition de l'œjUcar tant que cette fonction s*exécute bieo dans cet organe, il conserve ses formes ordinaires ; mais lorsque la dépense l'emporte sur la réparation , il subit une es|)èce d*atrophiek la suite de laquelle survient cet aplatissement de la cornée.
II. Caueti de la myopie. -^Ia myopie tient k une disproportion primitive des milieux réfringents de roiii : on voit dans la production de ce phénomène que les rayons lumineux émanés d'un objet situé k une certaine distance convergent avant d'arriver k la rétine et divergent ensuite pour aller fonner sur cette membrane une image con» fuse de l'objet.
La courbure exagérée de la cornée ou du cristallin produit des effets semblables. On a dit aussi que des enfants habitués fort jeanes k lire k une distance très-rapprocbée devenaient myopes; M. Longet pense que cette habitude est plutAt l'effet de la myopie que em t-aose. (Les distances auxquelles voit choque iodividuétant différentes, on a construit ponr les mesurer un instrument appelé optamiire,)
Les causes de le myopie et de la prèsliytie étant connues, on a cliercbé k placer rœil dans les conditions convenables pour que la viaion distincte puisse s'opérer k la distance convenue. Four cela on a donné aux presbytes des verres ayant la forme d'une
lentille biconvexe et dont les courbures sont telles qu^ le foyer des rayons émanés par l'objet se trouve sur la rétine; seulement comme l'intensité de la vue varie selon les Ages, on a dû construire des verres capables de s'accommoder au degré de presbytie de chaque individu.
Pour la myopie les choses se passent d'une manière inverse ; on s'est servi de lentilles biconcaves qui, par leur disposition, font diverger les rayons qui arrivent dans l'œil en leur permettant d'avoir leur foyer sur la rétine. Mais il y a ici un inconvénient qui n'existe pas dans la pre5bytie ; c'est qu'un objet placék unecertainedistance est toujours vu avec confusion ; cela tient k ce que les bords de la lentille font éprouver k la lumière une trop grande réfraction. Aussi est-ce pour remédierk cet inconvénientqueM. Wollaslon a imaginé d'autres lentilles appelées p^rûcopiquée, dont l'une des surfaces, celle dirigée vers l'œil, est conrave, et l'autre convexe.
III. De rachromatisme.^Oa a cru pendant longtemps que Tœil était achromatique (EuLEH.) Pour que cette propriété de l'œil existAt, il faudrait que tous les rayons émanés d'un seul objet eussent leur foyer en un même jioint : or cette condition n'a |>as toujours lieu ainsi que le prouvent les expériences de Arago, Fraûnnofen, Lehat,Vallée.
Toutefois en se plaçant dans les conditions ordinaires k la vue, l'achromatisme est k peu près complet (Scbeirbr).