VI. •* De la direction suivant laquelle sont vus les
objets.
Cette question a été longtemps controversée et les opinions des auteurs sont dillérentes. L'un considérant la rétine comme une surface sphérique pense qu'un objot extérieur est vu selon ta direction d'une ligne qui va de son image k la rétine (Por-
TBaFlBLD).
Hob. smith pense que cette direction se confond avec I axe du cône formé par les rayons lumineux allant de l'objet k la rétine et dont le sommet serait sur cette membrane.
D'Alembert ayant cherché par le calcul k vérifier ces deux théories, fut porté, k cause de ses résultats, k les rejeter toutes les deux, et il en proposa une qui, n'étant fondée sur aucune donnée certaine, fut bientôt combattue. Pour lui, la direction suivant laquelle est vu un objet est déterminée par une foule de lignes allant de la rétine à chacun des points de l'objet.
Ces trois Uiéories ont été attaquées par Brewster.
Vil. — Oe la visioa au moyen des deux yeux.
Examinons maintenant les phénomènes de la vision en tenant compte de l'action simultanée des deux yeux.
i. De la vieion eimple ou double ou moyen dee deux yeux. — Un objet est vu simple avec les deux yeux lorsqu'il se trouve situé au sommet do. Tangle formé par leurs axes optiques.
(¥)%*) Yoy.f sur Tadaiiatioii, les recherches iniéressanter du docteur Rouget.
SEN
Si nous supposons qu'OA,(yA SQit la direc- Uon des yeux 0, C, l'objel A ne sera vu
simple qu'autant qu'il se trouvera sur le somnael des axes optiques AO,AO'. Celle condition csl indispensable, car si l'œil change de position en exécutant un faible mouveinenl, on voit immédiatement deux images qui s'écartent d'autant plus l'une de l'autre que le déplacement de Tœil est plus grand. Cette
Eosilion des axes optiques est iiidispensale pour voir uniques deux objets placés dans la direction des axes convergents vers le même point.
DICnONNAlHE SEN m
Si l'on veut obtenir la convergence des axes au delà des objets a a que l'on veut voir, on place deux cylindres creux ^ITdans une direction telle que leursaxes optiques s'entrecroisent en 5. Alors les yeux qui se trouventenOO' voient un objet uniqueaupoinLN.
Ce phénomène se comprend aisément tant que l'objet a une dimension petite; mais m on embrasse une grande étenduet évidemment il n'y a qu'une faible partie de cec • étendue située sur l'axe de convergence di5 deux regards, et on n'en perçoit pas moi; ^ les autres parties avec la sensation d un objet unique.
Pour expliquer ce fait» il faut dire ce qu^on entend par horoptre: Anguionius désigne sous ce nom une ligne qui, passant p^r Je sommet de l'angle formé par les axes Oj • tiques, esl parallèle h la droite qui unit h s centres des deux yeux. Le plan de celte h-
fneétant perpendiculaire à la bissectrice de angle de ces axes« il s'ensuii que tous U points situés sur le pian de l'iioropire seront vus simples, puisaue c'est sur ce plan qu'a lieu la rencontre des axes, et que toii> les points situés sen dehors seront toujours vus multiples.
Cette opinion est combattue par WhediS' tone qui prouve que les objets situés en arrière ou en avant de ee plan et placés dâih certaines conditions par rapport aux ans visuels peuvent être perçus simples.
Bien qu'yn certain nombre de physiologistes modernes n'ait donné, sur hs pliéiiomènes relatifs à la vision des deux yei>i, -aucune explication convenablei certains cependant oiUconâidéré la rétine comme cùuI' posée de plusieurs éléments affectaul uii^ uispositioo déterminée el^yant«aveeieien^<^sium un rapport tel que si plusieurs pancules correspondantes de chaque rétine kiM mises en mouvement, 41 ne se produit qu nie seule impression. « Mûller ,. assimilant la rétine è un ellipsoïde dont le pAle se trooverait sur le point traversé par l'a&e opique,. affirme que les points corresponàtt'.u se trouvent toujours situés sur le mêmeite* ridien et sur le même parallèle. <
2. Stéréoscope de Wheaislone. — Le stéréoscope de Wheatslo^ie a ^servi à déuiu • trer que, lorsque des imagos différentes ou de diverses couleurs viennent âmpres'^icMh ner en même temps la rétine, un seui œii transmet l'impression à l'encépfeale uin> les premiers moments de l'opération: if> couleurs sont alternativement distinguées 4)uis confondues pour être de nouveau vue<i distinctement; enfin les objets ne sont |3< toujours perçus avec la oième netteté ei dans la même superposition de couleurs.
Ce fait semblerait prouver que Ja rétine ne jouit pas sur tous les points de sa surtV-^ ii*une sensibilité égale. Du reste l'eifOrience de Mariotte vient à l'af^puî de ce fie j'avance; elle consiste à démoDlrer rin>eiisibilité de la partie delà rétine correspui;dant au nerf optique. Pour cela on prend un
(«09) Voy. le» travnut de Whcftisionc, ceux de Glraiid Teulon, le Traité des pboiipliôn s etc. F. sun^ Loxi;f.t, l^njiwl , I. Il, p. 08 fi suiv.
Ainsi soient O, O'Ies yeux.A lopointdVntrecroisemenldesaxesOB elOB';deux objets semblables aa situés sur la d^reclion de ces axes donneront la sensation d'un objet unique qui sera vu au point A, et selon que les objets a a seront vus en deçà ou au delà du point A, on verra dans le premier cas l'objet de droite avec l'œil droit et l'objet de gauche avec Tœil gauche, et dans le second, l'objet de droite avec Tœil gauche et l'objet de gaucho avec l'œil droit. C'est Wheatstone qui a fait le premier ces expériences au moyen du procédé suivant :
SBN
SEN
Mbkaii noir sarletitiel on Irace deux cercles hiancs unis Tun à Tautre par une ligne de ileui centimètres environ, et située à la hauteur de fœH de l'observateur. Si, fermant Vodil droit, on regarde avec TobU gaut'Iie le cercle qui se trouve à dniite, on a la «ensation de neux cercles situés sur un fond noir; si on s'éloigne davantage en mainte* nant Tœil droit toujours fernjé» on n'aperçoit plus que le cercle do droite ; enfin on les voit de nouveau tous les deux si la distance est plus considérable.
Dans celtie expérience* tant que les images de ces deux cercles se font Tune sur la partie centrale de la rétine^ Tautre sur une surface différente de celle qui est en rapport avec le nerf optique* on les voit nssez distinctement; alors rimage de gauche se fai- 5ant sur la partie de la rétine en rapport avec le Dcrf optique, on n'éprouve plus de sensation et Ton ne toit plus que le cercle de droite; si Ton fait Texpénence d'une manière inverse, en traçant deux cercles noirs sur un tableau blanc, les mêmes phénomènes se reproduisent.
Cette partie de la rétine, en rapport avec le nerf optique,a été appelée puncfum cœcum. Certains auteurs ontcru qu'elle était insensible; Tobservation de Brewstcr et les expériences aree ropbthalmoscope ont prouvé qu'elle était douée d'une certaine sensibilité obtuse.
3: Quel t$t h rôU de la rétine dans la rt- $ion? — Les* physiologistes ont attribué les phénomènes de la vision» la perception des tl'fférentes couleurs et la distinction de chaeane d'elles, aux impressions produites sur la rétine par les vitesses variées d'un fluide (éther) répandu sur toute la surface du globe.
VIII. — Images subjectives coasëcntîves aux im» Bres^îona de la réime, par le» objets extérieurs àeift.
Lors(iu*un objet lumineux arrive à la rétine, la uiodifiiuition produite par son impression sur cette membrane dure encore quelques instants après que la lumière »• cessé d'agir; c'est pour cela que Ton voit sous la forme d'un cercle de feu,, une lumière que Ton fait tourner en* rond devant les jreuz,que l'un est dansTimpossibilité de distinguer les unes des autres les raiiis d'une roue qui a une certaine vitesse, etc.
Les images consécutives peuvent se ranger en trois classes :.!*" Dans la première, on trouve dea images, incolores conséeutices à des images dépourvues de couleurs. Toutefois la couleur de L'objet peut se renverser dans liaiage consécutive, de manière qu'à la place d'un point lumineux, par exemple, ont ait un point noir, et réciproquement. 2* Dans la seconde classe, on aperçoit des images con^ séeuiimes colorées après des images, incolores^, AioM, lorsque la rétine a été vivement impressionnée |iar le soleil et qu'on regarde immédiatement un objet blanc ou noir, on a()erçoti une foule de couleurs variables aucdcux divers degrés de spnsation.de l«
rétine. Lesroulcurs persistent jusqu'à ce que la rétine soit revenue dans son état normal. 3* Enfin les images consécutives colorées après des images colorées forment la troisième classe.
Ces images consécutives sont toujours elles-mêmes colorées; seulement au lieu de reproduire la couleur objective, elles offrent la teinte complémentaire de la couleur primitive: ainsi, en aura la sensation de couleur verte si l'objet que l'on regarde est rouse. Ce phénomène a été pariaitement ex^tliqué par M. Cbe vreul : celui-ci a foit voir gu il y avait contraste -entre les images subjectives de la rétine nerçues après la disparition de l'objet qui l'a impressionnée et les images dues à la première impression de cet objet; il a appelé ce phénomène : contraste successif des couleurs.