TEMPERAMENT
SacTtoa l**. — Plan d'unb étude ses les tempé-
EAMERTS.
Cette étude forme une partie difficile de la physiologie générale; elle se recommande par les qiiestions intéressantes qui s'y rattachent et Tiroportancc de leurs applications. Les matériaux sont abondants » mais ils n*ont pas été convenablement coordonnés.
%. V. — Partie historique.
1* Doctrines anciennes, humoristes, solidlstes, évaaiBiques; doctrine éclectique et compréhensive dRippocrate et des écoles hippocratiques. — 2* Sîalli et ses disciples. — 5* Bordeu, Barlhez, école de Montpellier. — 4* Travaux contemporains.
it II. — Partie graphique,
%• DëlinUion, distinction du tempérament, de ridiosjrncmsie , de la couslituilon, etc. — 5*Classiflcaiion , tempéraments fondamentaux, secondaires, complexes, leur description, caractères phy« siqo^, vitaux, Intellectuels et moraux. — 4* Influences (|u'exercent sur les tempéraments le milieu pliystque et moral , le sexe, TaRC, les professions, le climat, Talimentation, les institutions, les mœurs, les babiluJes, les maladies, etc. Tempéraments gffnéraux des races ; tempéraments nationaux. 5* Influence des tempéraments sur tous ces objets. — 6* Influence de la constitution physique sur le tempérament; du tempérament sur les facultés morales, des facultés morales sur le tempérament. — 7* IHasnostic du tempérament. — 8* Hygiène, prophylaxie, thérapeutique.
I m. — Partie dogmatique,
1* Théories organiciennes; 2" théories dynamiques el tintologiques ; le tempérament est-il, pour la force vitale, ce qu'est le caractère pour les facultés roorale«? — 5* Théorie gcnérule.
} IV. — Partie pratique.
Avantages et inconvénients des divers tempetaroents ; moyens de les modifier et de les diriger; applications médicales; applications aux scienr^s sociales et à Thistoire.
Sccrioa II. — Esqcissb D'u!tE étide sur les tcm-
PÉRAMENTS.
( I*'. *— Aernur^iief préUminairee.
I. Qti*entend-on par tempérament? On lit dans Y Encyclopédie (art. Tempérament) :
« L'idée de tempérament, en philosophie» vient de celle de mélange, c*est-k«dire du
mélan(<e de différents éléments , comme la terre, Teau» Tair et le feu; ou pour parler plus jusie, k la manière des péripatéliciens» du mélange du chaud, du froid, du soc et de rhumide. Ces éléments ou qualités, par leur opposition, tendent k s*afiaiblir mu** tueliement et à dominer les uns sur les autres : de tout cet ensemble il résulte une sorte de température ou de mélange en telle ou telle proportion ; en conséquence de quoi» selon la Qualité qui prédomine, nous disons un tempérament chaud ou froid, sec oa hiiitiidc. » Et plus loin : « L*idée de tempérament (en médecine) vient de ce que le sang, qui coule dans les veines et les artères, ne se conçoit pas comme une li(]ueur simple, mais comme une sorte de mixte imf»arfait, ou un assembfai^c de plusieurs autres liquides; car il n*est pascom|K)8é seulement de quatre qualités simples on primitives, mais encore de quatre autres humeurs se* condaires, qui en sont aussi composées, et dans lesquelles on suppose qu'il peut se ré* soudre; savoir : la bile, le flegme, la mélancolie et le sang proprement dit. »
Le mot de tempéraments disent plusieurs de nos physiologistes, exprime aujourd'hui un fait et nullement une théorie, et encore moins une hypothèse. On ne donne ce nom qu'à la prédominance bien marquée de quelque vaste appareil, qui modiQe Féeonomie et lui imprime un caractère phystotogiqoe particulier. Pour ces auteurs^ l'idée de tempérament ne représente plus la prédominance de telle ou telle humeur, mais de tel ou tel appareil ; or ce n'est pas là, au fond, une doctrine nouTelle. On sait, dit Brachet, que le système vasculaire, l'appareil nerveux, le réseau lymphatique sont étendus et distribués par toute . l'économie. S*il y a une balance harmonique, une répartition uniforme, aucune prédominance n'a lieu , aucun tempérament ne se dessine ; mais il est rare que la distribution soit ainsi répartie également, ou que leur force d'activité soit maintenue au même ton d'éuer- Sie; presque toujours l'un d'eux prend un éveloppement et une prédominance remarquable soit isolément, soit en s'as^ociant avec quelque autre système ou appareil; de plus , la prépondérance d'un système ne s'exerce jamais qu'au détriment des autres. De là résultent ces prédominances d'actions
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DICTIONNAIRB
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et d'inQoences, cl*un côté» associées à un affdiblisseroenl antagonisiev et ces ruptures d*équilibr& qui colistiluent les tempéra inents.
II. Certains auteurs veulent dâter^ioec la nature du tempérament, par Texameri de toute rétendue du corps, et spécialement d*après celui du visage, miroir transparent où se tracent les diverses afiTectiops de l'Ame» et sur lequel paraît, h travers la peau 6oe dont il est recouvert, la teinte de couleur qui indique d'avance, à des yeux exercés, le tempérament du sujet qui se présente. La disposition que contractent les traits de cette partie, donne è chacun une empreinte qui annonce souvent^ dès Tenfance, quel sera le tempérament de Thomme fait. Cette empreinte est ce c|u*on appelle communément (a pAyjîoftomtc. Hippocrale est le premier observateur qui ait donné des idées fondamentales sur les tempéraments : on lui a reproché un peu trop de concision à cet égard, de même qu'on a signalé le défaut contraire dans Galien, son commentateur.
Ce dernier disait que la masse du san^ éta t t^mposée de quatre humeurs, savoir : la
' bile, la pituite, Tatrabile et le cruor, et il lirait, en partie, de la prédominance de l'une d'elles sur les autres, la différence des tempéraments quHI admet : mais, pour lui , le tempérament ne réside pas là tout entier : an a donné, sous son nom, une théorie étroite qui a régné longtemps parmi les médecins { elle servait même h expli-
Suer les causes des maladies et l'action es remèdes epoployés dans leur traitement (451).
Quand ces quatre hutoeurs étaient en proportion égale, et qu'il y avait une juste mixtion des principes, le tempérament était
{}arfait. Quand le sang, la bile, l'atrabilu ou e degme remportaient l'un sur l'autre, il en résultait autant de tempéraments différents, qu'ils nommaient bilieuxt atrabilieux, san-
fuins ou flegmatiques, selon que Tune ou autre de ces humeurs prédominait.
III, Telle a été, dit un auteur, la doctrine oommune sur les tempéraments, jusqu'au temps où, les principes de Paracelse s'étant répandus, les chimistes rapportèrent leurs
(457) Hippocrate (eqait compte de l'eut du sang, de celui des bameura, de leurs rapports harmoniques avec la texture plus ou moins serr^ des solides, de leur force tonique, des dynamismcs vitaux, Intelleotuels, etc. tes mêmes idées se retrouvent dans Galien, qui les a développées en les em« barrassantet les surchargeant de nombreuses h vpothèses. On a mal eiposë ce point historique si intéressant : StabI est un de ceux qui Ta le mieux eompris. — Voy. ses écrits divers sur les tempereneiits, sa Ph^iiolog. (traduct. B|«0NniN), avec nos •rsument« et nos cominenlaires, eic.
(458) Dans le Diclonaire de médenni du IV Hœfer, nous lisons les lignes suivantes : c Ce sont les appareils principaux de réconoinie animale, cevx de l'innervation, de la circulation, de h respiration, de la digestion, qu'il Aiut consulter, pour établir les diverses formes de tempéramenL Ce sont li'S rapports de ces quatre appareils entre eux, ce sont les combinaisons organiques qu'ils établissent
différences è la suràboyndanee de le^» principes salins, huileux et sulfureux, auir^nels ils faisaient jouer un si grand rôle ddos la formation des corps.
Pour Halle, les tempéraments sont des différences entre les nommes, consianies compatibles avec la conservation de la Tien le maintien de la santé, earmetériséts par une ditenité de proportiofu entre les panm conitiluantee de t'organUmef autx importoniee pvur avoir une influence eur let furets e( le$ facultés de réconomie entière.
Cyllen, dans son Traité de matière meéticale^ attribue la diversité des tempéraments h l'énergie des puissances nerveuses et à l'égale répartition de leur influence dans les différentes régions de notre système.
D'après Richerand, le nom de tempérament serait donné k certaines diSéreDce^ physiques et morales que présentent k^ nommes, et qui dépendent de la diversité des proportions et des rapports entre les parties qui entrent dans leur organisation, ainsi que des degrés différents dans l'énergie relative de certains organes (458).
Barthez prend son point de départ dans la considération de l'ensemble des aSeciions constantes qui siiécifient dans chaque hoojiBe le système des forces du principe vital.
M. Marchai de Caivi n'admet que deux tempéraments, le tempérament mascolio ei le tempérament féminin.
NOUS terminons là ces citations en disml çiue, dans tous les temps, les auteurs nom jamais été bien d'accord sur le nombre et sur la déQnition des tempéraments (439).
Pour la partie descriptivç, nous adultérons, avec ueaucoup de physiologistes, cin<| types principaux, le tempérament sanguiny le nerveusPf le biiieuXf le iymp^fltiqne ei le mélai^coligue ; nous y joindrons quelques types secondaires.
{ II. — DescriplioH des teMpérameHis, (. — Tempéraments rondameotaux.
I. Tempérameni sanguin. — Dans le tempérament sanguin, il y a surabondance de) 8 lobules rouges du sang, et ce sont eux qui ominent dans la composition de ce liquide,
dans chaque Indlvido, qnand oa examine leur volume relnlîf qui donne k» tempéramenU». — Qu^ Ton ne croie pas que cette étude nous conduiNt' à un nombre trop considérable de complexioiiscu d'organisations différentes : Il est dair qoM ne faudra pas s'arrêter aux nuances; on panriendra facilement a signaler des types autour desouels viendront se ranger les variétés. On pourrait former des cb>^'^ avec des sous-divisions et opposer une hygwic'jii k la nosotloaie. i
(459) M. Dépierrîs fonde une division des le^1p^ raroents sur la prédominance de trois grands s>s* lémes organiques, le cérébri^l, le digestif, et iâ géniial. , ,
D'après Royer-CollM. <^ doit cherriier U source des tempéraments da^is les trois conditioni essentielles suivantes de Torfanisine, l' dans m constitution du sang, i« dans Vèc^m nemusc 3» dans le rapport qui existe entre le sang et le système nerveux.
13» rEM DE PHYSIOLOGIE.
Il est \ noter que» malgré cela, ce tempérament n'entraîne pas k sa suite un état plétbortaue, qui suppose une réplétion passagère des vaisseaux, nuisrble aux actes de la Tie* si elle se prolonge. Le tempérament Mnguin est celui des favorU de ta nature : les anciens le faisaient dériver d*une égale mixtion de la chaleur et de iliumidité ; aussi le désignaient-ils sous le nom de ca/tdum Aumidum. Il offre des caractères qui le font aisément reconnaître. Celui qui en est doué a, dans toute Thabitude du corps, une chnr leur douce, el des désirs ardents qui annoncent un goût prononcé pour les plaisirs, où le |)ortent encore une gaieté naturelle et beaucoup de penchant pour la société. Toutes les fonctions s*exécutent avec facilité.
Il a le visage d'une couleur rubiconde ou rouge et brillante, caractéristique : les yeux sont animés, souvent bleus. Le cœur batavec force, et il envoie k tous les organes un li*
!|uide richement hématose. La nutrition se ait bien, quoique Tembonpoint soit médiocre. Les fonctions intellectuelles s'exécutent arec aisance, et elles donnent de l'aptitude à tout : l'homme sanguin saisit facilement tout ce qu'on lui enseigne : cependant un peu de légèreté l'empAche quelquefois d'approfondir ses idées. Modérément ambitieux, il ne poursuit pas avec persévérance les honneurs, les richesses; on peut regarder comme lui étant applicables les vers suivants :
Nil JKtmlrari, prope res est una, Nnmtei, Solaqae qoa poasil (aeere elserrare beaiuin.
ffi %*Hmmer de tUn c*eil, Nwmkiiu^ te êeiU el mlque mfcH £itre et de rendre imj<mrs keureux.
(HoftAi. £ptil. 1, 6, yen. I, S.)
L^B liassions sont, comme les impressions, Tives et rapides, mais (leu durables, kmblalile évk papillon, il voltige sur la i>reiiiière Qeur qui s'offre k sa vue, mais il »*y arrête peu ; enfin, il n'aime point la résisiaoce, et comme César, il veut voir et vaincre en un instant (<^60),
Les cens k tempérament sanguin ont le sommeil doux et paisible; ils ont des songes 9grèable5, etc. Remarquons qu'ils sont'peu propres k produire de grandes choses, et encore moins k exécuter ces vastes projets qui bouleversent les empires.
Le temjiérament sanguin se signale en outre par des caractères tirés de la nature H de la marche des maladies qui se manifestent chez les individus qui en sont doués.
Par suite de la vive sensibilité et de la vitalité des organes qu'on a observés dans ce tempérament, les maladies y présentent, en général, une violence el une acuité remarquables. Ce sont presque toujours des affections inflammatoires aiguës, qui débutent d une manière franche, subite et quelque*
(460) Chex eux, comme Ta Tait observer le docteur Benrand de Saini-Gerroain, le corps riche de ^Hf est une cuve où boaiHonneoi la luiare et les aauioQs sensuelles.
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fois très-violente, qui parviennent rapidement an plus haut point d'intensité pour arriver bientôt k leur déclin et se terniinei en peu de temps par laguérison ou par la mort.
Les sympathies organiques qui s'exercent surtout ici, donnent lieu k une foule de phénomènes. Le tempérament sanguin ne se développe nettement qu'k l'époque où toutes les parties du corps ont leurs dimensions voulues : c'est dans l'âge viril qu'il se montre dans sa plénitude, il se présente plus rarerement dans sa pureté chez la femme que chex l'homme: toute son énergie se manifeste chez les individus qui exercent leur corps el leur esprit avec modération (461).
11. Tempérament nerveux. — Dans ce, tempérament, le système nerveux est sans* cesse en action, et la sensibilité livrée k une sorte d'exaltation continue : par Ik on peut tout embrasser, tout approfondir, être un homme de talent ou même de génie , lorsque la mobilité physique, souvent aussi naturelle k ce tempéramentque la sensibilité, est dominée par une énergie noologique qui permet un travail tenace et durable.
Les sujets nerveux cherchent avec avidité des impressions toujours nouveilesqui lesfatiguentetlesépuisent; ils tombent alorsdans un état d'excitation, de susceptibilité nerveuse, dans lequel la moindre sensation, la plus petite contrariété deviennent insup-
rortables, et causent de graves larcidents. Poir l'ouvrage de Lobby Sur la mélaneotie nerveuee.) Chez eux. la circulation est rapide, la digestion prompte, la respiration précipitée. La nutrition a un caractère parti culier; jamais, en effet, le tempérament nerveux nest chargé d'embonpoint , excepté lorsqu'il est associé k un autre, ce qui ar rive assez souvent chez les femmes.
L*homme nerveux a le teint pftie, les che** veux noirs et plats, le squelette haut ei maigre. Sa susceptibilité le fait penser par le cœur plutôt que par la tète ; il sen* mieun qu'il ne juge.
C'est surtoutchezie sexe féminin qoepré-t domine ce temuéramcnt, ainsi que chez les
f;ens riches, ou l'ambition, l'amour, la jaousie, le.jeu, les spectacles, font commettre tant d'infractions aux préceptes de l'hy* giène. Ce tempérament s'observe auss; lans les ateliers, les manufactures, ce qui
Srouvequ'en tout les extrêmes se touchent [entionnons encore que les filles nerveuses sont plus mobiles que les hommes, peut« être par suite des accès de mélancolie, des défaillances auxquelles elles sont en proie. Les passions gu entraîne ce tempérament sont vives, mais elles n'ont rien de brutal. . Il donne naissance aux plus grands vision* i naires, aux plus grands fanatiques.
Les malauies qui se présentent le plus fréquemment, offrent une i naction remarquable, par suite, soit k raison des digestions qui ne
(461) Parmi les hommes célèbres qni présentascul ce teiiipéiament on a cité Alcibiadc, Marc- Antoine, Platon, Henri IV, le duc de Richelieu, le maréctfjl de S^xe. Mirabeau. Il v a là bien de la confusion.
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