‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 309 sur 340 · III. — Influence sur le lar}-nx ei Urespiratioa · texte numérisé non relu

III. — Influence sur le lar}-nx ei Urespiratioa

Le nerf laryngé supérieur innerfe le muscle constricteur ; le laryngé inférieur. les dilatateurs du larynx; ces rameaux oni une action motrice comme ceux an spinai. (Cl. Berbabd.) La section des deux pneumogastriques entraine rapidement la mort:

elle ne dépend pas seulement de la pénêir^ tion dans les brandis de mucosiié> pii«^ryngiennes (Tbaobe), elle tient plus encor è raccnmulation des sécrétions bronrhijuqui ne sont ni senties ni expulsées. (Wimjt- Pau AM , Abbspebger , Schiff.) En appliquant sur le tronc du pneumo-gaslrique un courant d*induction, 1 ou obtient la susi^ei»sion momentanée des mouvements du ri^i' et des mouvements respiratoires, ^nM^ nerveux ne marche pas dans le œôaie seu>.

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La section d'un seul pneumo-gastrique a des conséquences bien moins graves.

M. Fano a rapporté Thistoire d'une résection de ce genre pratiquée accidentellement chez Thomme par M. Roux; on n'observa qu'une modiOcalion dans le timbre de la Toix ; la mort, survenue après une semaine, fut due k d'autres causes. J'ai vu la ligature ,d'un pneumo-gastrique faite par inadvertance chez uu enfant, nommé Théron, à ThApital Saint-£loi; 11 y eut des accidents tenant en partie à cette cause; le malade succomba après 36 heures. (Foy. Andribux, sur les fonctions du pneumo-gastrique, thèse de Strasbourg, 1837; ce travail n été fait en partie sous nos yeux et avec notre consaurs.)

1 X. — » Nerf grand hypoghiu,

I^ nerf grand hypoglosse parait être essentiellement moteur; on ne provoque pas de douleur quand on l'excite. Ce neif anime les muscles de la langue, l'hypoglosse, le stylo^losse et le génioglosso.

En vertu de sa branche descendante, h la formation de laquelle concourent les deux premières paires cei vicaies, il anime les muscles omoplato - hyoïdiens , tyro-hvoîdiens.

Le grand hypoglosse innerve le muscle qui donne le mouvement k la langue, c'est ce que prouvent les expériences faites sur les chiens auxquels on a coupé ce nerf : quand on leur présente un liquide, ils cherchent en vain à laper.

Par suite des mouvements qu'il fait exécuter k la langue, ce nerf laide beaucoup k la déglutition ; quand il est paralysé, cette fonction est profondément lésée ; quand on le galvanise, on détermine des contractions dans les muscles auxquels il se distribue.

{ XI. — Nerf gloiso-pharingien.

Ce nerf, mixte dès son origine, est k la fois sensitif et moteur. Quand on l'excite on obtient «Je faibles indices de sensibilité

Sénérale. Les recherches anatomiques de ^ebrou et les expériences physiologiques de Volkmann ont prouvé qu'il tient sous sa dépendance quelques muscles du pharynx, cl du voile du lalais. (Stylo-pharvngien , constricteur-moyen, |:éri&lai h}liu8 internes etpalato-staphylin.) Ce neri donne

des filets sensibles k la muqueuse des parties .où ils se distribue. Il est doué de sensibilité gustative et communique k la base de la langue cette sensibilité spéciale dont elle jouit.

S XII. — Nerf ipîfia/.

Excité dans son trajet întra-racbidien ce nerf est insensible; il présente des traces de sensibilité dans son trajet intra-crknien; sa branche externe, excita k sa sortie du trou déchiré postérieur est insensible. Le spinal est donc principalement moteur.

- La destruction de toutes ses origines par arrachement k sa sortie du trou déchiré postérieur, est un procédé ingénieux qui a permis k M. Cl. Bernard d'arriver k des résultats importants. L'appareil musculaire laryngien est«vocal sous l'influence du spinal et respiratoire sous celle du pneumogastrique.

11 |>réstde, comme le pneumo*gastrique et le glosso-pharyngien, aux mouvements du pharynx, aussi sa section gène la déglutition sans Tabolir.

La section de la branche externe du nerf spinal paralyse en partie les muscles trapèzes et sternomastoïdiens, et enlève aux efforts une partie notable de leur énergie.

( Xlil. — Nerfê rachidient.

Nous ne traiterons pas ici en détail des usages desditférents nerfs raehidiens. Nous appellerons seulement l'attention sur les résultats obtenus par MM. Wallifr et Rolin« au moyen de la méthode dynaguiique.

Elle consiste dans la section d'un nerf audessus ou au-dessous d'un ganglion, ou dans son arrachement de l'axe nerveux ou du ganglion dont il se détache ; on sacrifie ensuite Kanimal après un ou plusieurs jours, une ou plusieurs semaines. On trouve alors que la substance médullaire ou graisseuse des tut>es nerveux est devenue de plus en plus granuleuse. Les tubes modifiés se distinguent très-bien des tubes sains; les sonsitifs et les moteurs se comportent diCTéremmcnt ou non suivant IfS cas» cela répand un jour nouveau sur la distribution des nerfs, sur leur nutrition, etc. (Voy. BÉRÀUD, Physiol. tom. 1, page 532 et suiv.) Ce sujet réclame, du reste» de nouvelles études.

VASCULA1RE (Ststèue) et CIRCULATION, reprend médialement ce sang revivifié par

lliématose, et le*transmet k l'économie.

Article I". — G rculation dàxs les AxifeEES. i L — CoHêidératiom générales.

Les artères transportent le sang du centre k la périphérie, des ventricules jusqu'aux capillaires.

Une des divisions du système artériel conduit le sang noir aux uoumons, Tautre

rei lliématose,

La théorie mécanique du mouvement du sang étant identique dans les deux cas , nous croyons devoir les étudier simultanément.

Nous exposerons, en premier lieu, les phénomènes de la circulation artérielle; nous remonterons ensuite aux causes qui la produisent, et k l'examen des obstacus qu elle a k surmonter.

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non pourtant jusqu'à obliléralion complète; c*e5t ce qui explique pourquoi le pouls ne peut être saisi que sur les artères placées contre des plans résistants. Sans cette condition, le mouvement de dilatation du vaisseau se décompose et se perd alors dans les lissnt plus ou moins mous oui Tenvironneni. Quant è la véritable théorie du l>ouls, nous devons avouer qu'elle n'est pas encore sunisanimenl éclairée. On pourrait cependant admettre que le choc du sang tend è redresser brusquement la paroi artérielle dé^irimée, h lui faire reprendre sa forme cylindrique» et que la paroi, en se relevant, transmet au doigt Timputsion qu'elle a reçue de Toodée sanguine. On conçoit aussi que dans les cas d'oblitération du vaisseau par une pression exagérée» la pulpe du doigt ne puisse plus être soulevée par le choc du sang devenu comparativenient trop faible.

Kn résumé » l'on admet que la sensation du pouls est due è ce que l'intensité (io la pression du doigt esi intermédiaire jiiix deux tendions diGTerenies qu'exerce le >ang contre la i^aroi artérielle aux deux époques dA h sjstoie et de la diastole ventricttiiaires; de telle sorte nue cette paroi» d'alKird déi»rimée par le aoigt au moment «Je la plus raible tension du sanç» se relève t>rusquemcnt» lorsque la contraction du cœur vient communiquer h ce liquide un surrroti d'impulsion suffisant pour surmonter Tobstacle momentané qui e^t opposé k son cours.

On sait que dans le croisement des jaml>es, lorsqiio le creux poplité se trouve appliqué sur le genou opposé, Tartère poplitée fait éprouver a la |)olntedu pied un mouvetnent de soulèvement très-manifeste» i^rce qu'il a lieu è Textrémité d'un long bras de levier. Ce phénomène a suggéré à M. Vierordt un appareil ingénieux pour apprécier les qualités délicates du pouls. Il consisleen un petit levier dont l'un des bras exerce par une de ses extrémités une pression modérée sur l'artère» et dont le bras opposé» dix ou vingt fois plus long» amplifie proportionneltemeiit le déplacement opéré par la pulsation artérielle. Un crayon, iixé à l'extrémité du bras le plus long» traduit graphiquement ce déplacement sur une feuille de papier à laquelle on communique un mouvement uniforme, et l'on obtient ainsi une courbe successivement concave et eonvexe dont rétude permet d'apprécier avec rigueur certains caractères du pouls. Disons» cependant» que cette rigueur est plus apt>aronte que réelle, et que la difficulté do régler les conditions d emploi de cet instrument rend son utilité plus que contestable» et en fait un moyen d'observation bien inféri<«ur aux données du tact chez un praticien exercé.

i.e pouls est isochrone è la systole veDtrirulaire» étant déterminé par elle. Il correspond aussi par conséquent au premier bruit du cœur. Le san^» chassé de l'arbre artériel par la contraction du cœur, dilate

DlCTlOKN. DE PnvSIOLCGlE.

cet arbre dans toute son étendue et è peu près dans le même temps. Il faut savoir pourtant que cet isochronisme n'est pas absolu , et (jue, si dans le voisinage du cœur )a transmission du mouvement est instantanée, il ne peut en être tout k fait de même dans les régions éloignées. Ce fait, nié par Haller» a été démontré ymr WeitbrechI» Liscovius et E.-F. Weber. D'après ce dernier, ces différences sont comprises dans les limites de 1}12 è 1/7 de seconde» elles varient d'ailleurs suivant l'énergie des baltements du cœur, il est facile de se rendre compte de ce phénomène. Si lo sang était contenu dans des tubes h parois inextensibles» il est clair que le mouvement du sang se ferait en masse, et le choc serait isochrone è toutes les distances du cœur. Mais les artères étant susceptibles d'allongement et de dilatation, te refoulement du sang n'opère d'abord que l'ampliation des artères les plus voisines du centre circulatoire» parce que cette anipliation offre à l'ondée sanguine moins de résistance auc la mise en mouvement de la masse entière du sang; les parois artérielles réagissent ensuite et envoient le sang distendre la portion de vaisseau qui vient immédiatement après» et ainsi de suite» de telle sorte qu'il s'écoule un laps de temps. à la vérité très-court, entre la propagation de Tonde d'expansion» depuis l'aorte jusqu'aux vaisseaux les plus éloignés. Cette onde d'ex()ansion a» comme on le voit, beaucoup d'analogie avec l'onde formée h la surface d'un fleuve. 11 ne s'agit que de la transmission d'un choc à travers une colonne liquide» et ce serait commettre une grande erreur, que d'expliquer le retard dont nous partons |»ar celte circonstance, que l'ondée sanguine sortie des ventricules arrive pins tard è une artère qu'à l'autre, en raison de leurs distances respectives du cœur.

On admet généralement un accord complet entre le nombre des pulsations des artères et du cœur» les unes étant cause et les autres effet: cependant quelques auteurs ont cherché à déduire de l'expérience la possibilité du phénomène contraire. Ainsi on a observé quelquefois que le nombre des pulsations n'était pas le môme h chaque poignet, c'est ce qu'on a apfielé le (>ouls diffé^ rent; mais on objecte que ce fait ne se présente que dans le cas de tumeurs anévrysmales ou d'autres lésions organiques, comprimant l'artère et supprimant ainsi quelques pulsations. La position du membre peut avoir une influence analogue; on fait remarquer aussi que, même eu ces circonstances, les pulsations perçues des deux eûtes sont toujours isochrones, quelle que soit la différence en nombre. La solution de cette question se rattache à celle-ci. Doit-on considérer ces vaisseaux comme jouissant jiar eux-mêmes d'un mouvement rbjthmique?

L'exploration du pouls donne sur les contractions du cœur des notions que l'examen de cet organe ne pourrait fournir av«)c la même facilité. Ces notions, si précises quant

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lie Udles, Sauvages» MM. Poifteoîlle* Magen* die, Wolkmann» Lodwig, Spengler, Valeiitin, Bruiiner, Bealner.

Tous sont arrivés h des résultais i peu près les mêmes. Nous ne décrirons que le procédé de M. Poiseuilie et les modifications i|u*on lui a fait subir depuis.

L*appareil de M. Poiseuilie consiste en une sorte de tube en u dont Tune des branches [iorte un ajutage horizontal k son extrémité. On introduit cetajutage muni d*un robinet dans l'intérieur d*une artère que Ion (iie solidement sur Tappareil. Le lut)e en u est d'avance rempli de mercure jasou'è une certaine hauteur. Kn ouvrant le rooin-^t, le sang fiénètre dans l'appareiL et sa tension est représentée par la colonne de mercure qui s'élève et lui fait équilibre.

MM. Ludwig, Spengler et Valentin ont ap|»orté k rhémod^rnanomètre de M. Poiseuilie un perfectionnement qui consiste k laisser la circulation s'accomplir en toute liberté dans Tartère mise en expérience.

L'artère, au lieu d*étre coupée en travers, est perforée sur une de ses |»arois de telle fnçon que le sang {[suisse communiquer avec la colonne mercurieiie h travers une plaque fortemeatappliquée contre l'artère au moyen fi'uoe seconde plaque placée surla paroi opl>osée du vaisseau, et suflisamment rapprochée h l'aide d'une virole h vis. La circulation s'accomplit normalement et sans interruption dans l'artère , et l'élévation de la colonne mercurieiie traduit la |>ression telle qu'etle est exercée par le sang sur la paroi artérielle quVlle remplace par sa suriace inférieure.

On a trouvé ainsi qne la tension sanguine dans les artères fait équilibre chez le chien à une colonne de mercure de 151 millimètres, ou h une colonne d'ean de S mètres ]Ocentl:itètres; rhez le bœuf k une colonne de mcrcnre de loi millimètres, ou k une rolonne d'eau de 2 mètres 90 centimètres; chez le cheval k une colonne de mercure de 159 millimètres. Cette moyenne, comme on le voit, est sensiblement la mèuie, et se montre k peu près indépendante de la taille de ranimai. On peut conclure de Ik que chez l'homme ia tension du sang artériel est représentée en moyenne par une colonne mercurieiie de 15 centimètres. Cette moyenne est d'ailleurs sujette k de nombreuses variations qui dépendent de conditions multiples» telles qne l'état de répiétron ou de vacuité du système vasculaire, l'éner^e des contractions du cœur , les lésions diverses du svstème nerveux, etc.

Afnsi qne l'analyse rationnelle nous rayait déjà fait prévoir, la tension est k (>eu près la même dans tous les points de Tarbre artériel, mais surtout pour les artères volumineuses. Deux héroodynamomètres placés GD même temps, Tun dans la carotide du veau, l'autre dans l'artère métatarsienne, ont donné, le premier une élévation de 0" 165 de mercure, l'autre une élévation deO* IM. Cette expérience prouve qu'il ne faut entendre l'uniformité de pression k la face in-

terne du système artériel, qu'abstracttoa faite des pertf^s de mouvement dont nous aurons bientôt k nous occu(»er. Ce n'est pas tout : il faut encore tenir compte de l'impulsion additionnelle que la systole da cœur communique au liquide contenu dans Tin* strument. Sous ce rap()ort les impulsions additionnelles sont d'autant plus marquées qu'on les étudie sur un vaisseau plus raj)* proche du cœur. Les mouvements intermittents qu'elles déterminent sur la colonne mercurieiie, sont simultanés avec les pulsations du cœur et le pouls artériel. Acnaque svstole ventriculaire la colonne mercurieiie s^élève de 1/2 k 1 centimètre.

Nous mentionnerons encore une nouvelle canse d'oscillation de tension déterminée par une fonction im|K)rtante, la respiration, dont nous étudierons nlus tard les effets sur la circulation artérielle. Cette oscillation peut varier de 5 k 1 centimètre, suivant qu'en observant, on se rapproche on qu'on s'éloigne de la poitrine.

De ces diverses expériences, il est facile de déduire la pression statimie exercée k la surface Intérieure d'une artère. Cette pression, estimée en mercure, doit être égale k la surface de la paroi que l'on considère multipliée |)ar 15 centimètres. De même la force statique totale avec laquelle le sang se meut dans une artère d*un calibre donné, est égale au poids d'un cylindre de mercure dont la base serait te cercle du diamètre intérieur du vaisseau, et la hauteur 15 centimètres; d*o<!t il suit que dans chaque artère la force statique ç[ui y meut le sang est proportionnelle k Tnire de sa section transversale ou en raison directe du carré de son dia« mètre.

En songeant k la conicité du système artériel et a Puniformité de tension du sang qu'il contient, on a comparé le principe de sa circulation au principe de la presse hydraulique, d'après lequel, au moyen d'un piston k très-petite suriace, on parvient k transmettre, k l'aide d'un liquide comprimé, k un autre piston de surface plus grande une pression dont l'intensité est k celle qui agit sur le premier piston, comme lesS surfaces de ces pistons sont entre elles. Da même le ventricule gauche du cœur, dont la surface intérieure est bien intérieure aux calibres additionnés des ramuscules artériels, exerce par sa contraction, sur les parois da ces petits vaisseaux, une multitude innombrable de pressions dont le total serait énorme. Avant de terminer tout ce qui a rapport k la tension artérielle, nous devons dire que cette tension n'est point la même dans les deux cercles circulatolrns. l^s expériences de MM. Ludwis et Reutner démentrcnt que la tension au sang dans l'artère pulmonaire est k la tension du sang dans la carotide :: 1 :5l»9 ou :: 1 : 8, S. Ce résultat, en rap|»ort du reste avec la forae de contraction des deux ventricules, ne peut cependant être considéré comme très-rigonrenx, en raison des mutilations qfk*on est obligé de bire subir k l'animal.

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ment celte élasticité. L'aorte d'un cochon soumise A untf pression intérieure de 160 luillimAires de roercure. s*allonge de 3/11, et se distend de S/^, puis revient sur elleunème» si la pression diminue. On sait que chez les animaui morts d*hémorrbagie« le diaaièire intérieur des artères volumineuses s'amoindrit notablement, et la cavité des artfSres plus petites s'oblitère. Le cœur cessant de battre, l'élasticité chasse le sang artériel dans les capillaires, do là dans les veines, et les parois des artères viennent l>resque au contact. Il esld'ailleurs inutile de répéter que c'est surtout à Tétasticitéquesont fias les différpots mouvements des artères, tels que le pouls, la locomotion, etc., et la tension égale du sang dans tout le système.

Nous avons signalé tout h Theure l'existence de Gbres musculaires dans la tunique moyenne des artères d'un volume peu con* sidérable. Ces libres donnent aux vaisseaux une (acuité vitale qu'on a appelée contractililé {kS3). La contractilité des artères est une force active par elle-même; cette force ne ressemble pas h celle du cœur, elle ne se manifeste pas par des conirartions brusques, mais d'une manière insensible, lente, ▼crmiculaire, chose facile du reste i comprendre, si l'on remarque que ces fibres sont lisses et appartiennent au système de la vie organique.

Ce pouvoir contractile plus prononcé dans les petites artères que dans les grandes, est diflit-ile i constater par l'expérience, à ce point qu il a été nié par d'illustres physio* logibtes, tels que Haller, Bichat, Mascagni^ Blagendie, etc.; mais Hunier, Zimmermann, Wedemeyer, Parry et liien d'autres depuis, ont mis le fait hors do doute.

IMrmi les expériences les plus concluant les nons citerons celles de Hunier et de Parry sur lesanlmani morts d'Iiémorrhagie. Iji rétraction des artères va bien au delà de celte que l'élasticité seule aurait produite; 5i bien que 2^ heures après la mort de Tant* mat, alors que toute contractilité a disparu, Tartère reprend un diamètre plus considératjlc et en rapport avec l'élasticiié de ses pftrois. La rétraction primitive doit donc être considérée comme vitale, puisqu'elle es*, opérée par un tissu autre que la fibre «élastique. Elle contribue en même temps que Télasticité proprement dite, à vider après la mort le sang de l'arbre artériel dans le système veineux beaucoup plus facilement dilatable.

Cette faculté vitale peut encore se constater sur te vivant; seulement il ne faut ()as oublier combien elle est lente à se manifester etè s'éteindre. L'excitant habituellement employé est Télectricité. Les appareils d'induction, surtout les bobines, font obtenir des contractions très-évidentes. Les artères mésentériques do la grenouille,

(iH5) Nons niinenons mieux Tappdcr inyntilitc; cWv ïM* conitN)se de tontraclioii et de di.ataltoii acli ves; celle-ci agit moins vi veinent et moins urdinaireiuenl

tibiales et péronières du chien et du lapin, sont les vaisseaux sur lesquels l'expérimenlation donne les meilleurs résultais.

Wedemeyer, sous l'influence d'une pile de ik éléments, a vu les petites artères du mésentère de la grenouille éprouver une réduction variant du quart aux trois quarts de leur diamètre. Sur l'homme, Kôlliker a vu l'artère tibiale postérieure d'un membre amputé, se resserrer sensiblement.

Dans une artère simplemeut dénudée, il est souvent facile de constater par la mensuration une diminution de calibre. Or, lu circulation continuant i s accomplir, l'élssticité doit toujours se trouver en équilibre avec la tension du sang, qui resto constante, et le resserrement observé^ ne peut ètt»e attribué qu*à la contractilité.

La contractilité artérielle concourt ii la circulation, de concert avec l'élasticité, et suivant le même mécanisme, en agissant sur la colonne sanguine introduite par les contractions du cœur; mais est-il certain qu'elle s'exerce h chaque pulsation artérielle,quand l'élasticité peutla suppléer pour cet objet? L'étude du système artériel chez les animaux inférieurs, les contractions des artères branchiales des poissons, ont fait admettre avec raison è quelques auteurs des mouvementsdesystoleet de diastole propres aux artères, et dépendants de la contraotilité; néanmoins, dans l'état normal, il ne faut pas exagérer la valeur d'un argument tiré de la comparaison des mammifères avec des animaux moins élevés; si ces mouvements rhythmiques se faisaient sentir habituellement, il serait diflicile qu'ils s'accordassent, dans toutes les artères è la fois, avec )e rhythme du cœur, ainsi qpe cela a généralement lieu.

L'analyse rationnelle doit porter k croire que la contractilité est appelée à jouer le plus souvent un rôle un peu différent :

au'ello proportionne, par exemple, le calibre u vaisseau k la colonne de sang qui doit ie parcourir, selon réiatderéplétion ou de vacuitédusystème vasculaire; qu'en diminuant ce calibre, elle peut entraîner des modifica* tions importantes dans les circulations locales. Elle peut nous rendre compte de plusieurs phénomènes restés inexpliqués, tels que' les cpntractions soudaines, les battements insolites, certaines fluxions san- (;uines, surtout si l'on se rappelle que son influence se fait principalement sentir è mesure qu'on approche du réseau capiU laire.

IIL — Influence de la respinuioo sur la clreiilatioii

ariériaUt.

Nous avons mentionné, dans l'étude de la tension du sang, les variations apportées h cette tension par les mouvements d'inspiration et d*expiration. L'augmentation de tension dans 1 arbre artériel, au moment do

chez les m.imniircrr$; plusieurs faits la dëinonlreiit surtout dans des êuis insolites (|ial|4(utious aitôrieltes).

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r^spiraiion, «si déteraiinée par le resserri"meol de le puilrine cl la compression des gros troncs vAsculairesqiii chasse une partie ou sang qu*ilsoootienneni dans tout >esyslèine. Par contre, au moment de Tinspiration, le Yiiie virtuel qui a lieu dans Tintérieur de la poitrine tend à iNiralyser les contractions des Yeniricules par effort eicenlrique en mAoïe temps qu*il tend à augmenter la capacité de Taorte. Aussi voit-on, dans rbémodynamomètre fixé aux carotideSt le niveau du mercure s'abaisser pendant respiration* Cette ascension el cet abaissement sont les mêmes pour le^ artères placées h des distances égales du cœur, et diminuent à mesure qu'on s*éloigne de cet organe. L'oscillation resfûratoire fait mouvoir la colonne mercurielle dans une étendue deS à 6 centimètres dans Tartère carotide* et seulement de 1 centimètre dans Tartère métatarsienne. C«tte oscillation de tension déterminée f>ar les mouvements respiratoires! se distingue par sa plus grande amplitude» de celle qui est produite par les mouvements Srentricu la ires; seulement la première se répète 15 ou 18 fois Gr minute, et la seconde environ 60 lois, diilicullé de faire la fiartJeces influences dans Texpérimentation a donné i M. Ludirig ridée de compléter rhémodynamo^ mètre ordinaire par une addition 'dont le principe est base sur celui du sphygmomètre de M. Vierordt. Cet appareil complé* raentaire» qu*il a appelé kymograpkionf est constitué par un tambour tournant d*une vitesse uniforme et entouré d'une feuille de papier blanc. Une tige mobile, terminée inférieurement par un disque* est appliquée sur la cx>loniie mercurielle de Tnémodynamomètre et suit tous ses niou« vements. Un crayon fixé à cotte tip;e vient décrire sur le papier mobile une ligne onduleuse dont les saillants représentent les maxima des excursions de la colonne niereurielle. On mesure ainsi facilement les excursions respiratoires et ventriculaires : les premières, moins fréquenteset plus éten- (iuesy se traduisent sur la courbe par des pndulations plus grandes.

L'influence de la respiration sur la circulation est quelquefois très-considérable. Certaines personnes peuvent rend^re leur pouls insensible par de grandes inspirations. Nous yerrons plus loin» en traitaut de la circulation capillaire et de la circulation veineuse, combien cette fonction respiratoire, déjà si Intimement iée à la circulation par Théiiiatose. a d*inÇuence sur Taccélération ou le n^lentissement du cours du sang dans ces (Jeux ordres de yatsseaux.

I VK ^ Dé$ obuacleê «m cûun du $aHg artériel,

pn sait qu'en mécanique appliquée, les piachinef les mij^ux cqnstruites n*utilisent jaÏBails compl^têmQnt la puissance motrice, qu'il y a, eu un mot, |>erte de travail ; de même, d<(ns la circulation artérielle, les forces diverses qui animent le sang ont h lutter contf^ divers obstacles (itii obsorb^Mit

une partie de ces forces. Cette vérité, révoquée en doute par Btcliat, a acguis depuis droit de cité dans la science, et il n'est personne maintenant qui n'admette les causes nombreuses qui tendent i ralentir le cours du .«ang.

I a masse motrice est donnée par Tondée que chasse le ventricule gauche dans l'aorte. E'Ie rencontre d'abord sur son trajet la masse du sang k mouvoir, qui loi op|i05e une résistance considérable , soit pas .«^a force d'inertie dans toutes les artères è la fois, soit dans quelques-unes par la pesanteur. En d'autres termes, la colonne sanguine, se trouvant animée d'un mouventent plus rapide que celui de la masse entière du sang, perd une partie de sa quantité de mouvement en la communiquant à cette masse. De même la pesanteur résiste dans toutes les artères plus ou moins ascendantes, et favorise au contraire la vitesse dans les artères opposées.

ije frottement du sang contre les parois des artères constitue une résistance passive étendue è tout le système, moindre pourtant en raison de la surface polie des artères, que dans les veines dont les parois sont garnies de valvules. Nons devons nnter aussi fadhérence du liquide, dont Tin- Quence est telle, qu'en examinant une artériole au microscope, on Toit le sang couler avec plus de vitesse au centre des artères que le long de leurs f*aroi$. Celle adhérence varie d'ailleurs suivant le degré de viscosité et de coagulabilité du sang.

Les courbures des artères constituent une nouvelle cause de ralentissement du cours du sangt comme le fait sup(>oser ta théorie hydraulique. Cependant les expériences de M. Weissbach luiayant appris que» pour un même rayon de courbure, la perte de mouvement est d'autant moindre que le diamètre des canaux est plus petit, ii s'ensuit que, dans un grand nombre de rameaux vasculaires, cette perte de mouvement peut être regardée comme sensibteinent nulle.

L'éperon placé aux points de division des artères contribue encore h enlever au sang une certainequantitéde mouvement. Il etie>t de ipème des anastomoses, qui, en ameoaot les colonnes sanguines è la rencontre les unes des autres, anéantissent une i^rtie <le leur impulsion.

La dilatation transversale des artères n*occasionne point de pertes de raouvemeoi par elle-même, en raison de rélasticilé; mais les organes refoulés par cette dilatation ne restituent point l'impulsion qu'ils out reçue. Eu outre, les artères se dilatant aasst en longueur, la force consommée pour |»roduire cette élongation n'est point nHHtue intégralement au moment du retrait Ue»

vaisseaux.

Enfin nous avons déjà établi rinflueoce ii« la forme conique du système artériel sur ta vitesse du sang dans son cours; nous tloo» nerons seulement une idée de cette tendance h réiargissement des calibres Tasculifires. Ainsi raorte abdominale, aumosiaut

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DK PHYSIOLOGIE.

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où elle se divise en itÎAqucs primitives, n*a perdu que 0,316 centimètres carrés de sa section, par rapport à Taorte Ihoracique; or, dans son trajet abdominal, elle a fourni un cert lin nombre d*ar(ères, et la somme des sections du tronc cœliaque, de la mésenlérique supérieure, et des rénales, e6t ^ elle seule de 0,865 centimètres carrés I

Ces divers obstacles h la circulation étant inégalement ré|)artis dans tout le système, il en résulte que les dilférents organes ne doivent pas recevoir le sang animé de Is même vitesse. Les anatomistes font remarquer la dis^KisitJon des artères concourant k la circulation cérébrale. Leur mode de division moins régulièrement dichotomique que celui des autres artères, rémission par leurs oarties latérales d*un très-grand nombre dartérioles plus ou moins capillairos, leurs nombreuses Oexuosités, leurs anastomoses multipliées, einliquent, par un raienti.sscment progressif ilu liquide snnguin, ce fait très- important et difficile à concevoir au prera-'Cr abord, h savoir, que le cerveau, dont ia texture est si délicate, ne soit point h «diatpie instant déchiré par TimpiiLsion du san^, si énergique dans les autres organes.

Ajoutons encore que ces obstacles ont aussi Tavanlage de régulariser le cours du san\i^ et concourent avec l'élasticité artérielle h en transformer Tintcrmittence en lin mouvement de plus en plus continu, i mesure qu*on s'approche du point où les vaÎNseaux plongent eu se ramihanl dans Tépaisseup des tissus.

ArTICLB il — - CiaClILATlO?! CAPILLAIRE.

} L — Hffpéihètfê det iatanU tur le mouvement du Miuy, aranl /a découverte de la circuiatton.

Le sang qui «ortdes artères e>t transmis aux veines par Tlutermédiaire d*une multitude de petits vaisseaux à qui leur ténuité extrême a valu le nom de vaisseaux capillain^s. Mais avant d'entrer dans la description des phénomènes qui se passent dans leur système, nous croyons devoir revenir Uf I |)cu sur leur structure anatomique, et sur le» |>rinci()ales idées qui ont eu cours à leur f^ijjet aux différentes époques de la science ; idées que pour la plupart les travaux modernes ont reléguées au nombre des erreurs.

Avant la découverte de la circulation, on enseignait que le liquide sanguin s'épanchait dans la trame organique apptiée parenchyme, et que les phénomènes de nutrition ne s'accomplissaient qu'au contact iuiiuédiat du sang. L'existence de voies intcrioédiaires aux veines et aux artères, soupçonnée par Scrvet dans les poumons, admise rationnellement par Harvey dans tonte l'économie, ne fut réellement démontrée de visu que par le microscope entre les mains de Malpii^hi, Leeuwenhoeck, Cowpcr. Er.t ava*t delà fourni un commencement de preuves à l'idée spéculative de Harvey, par d'habiles injections, qui, poussées dans les artères, étaitMil revenues par les veines.

Le témoignage de tant d hommes éminents ne put cependant pas convaincre tout le

monde. Le passage du sang des artères dans les veines, ne pouvant être nié, fut expliqué par les hypothèses les plus aventurcur ses. Peu de temps après la découverte de Harvey, Pecquel et Mayou s'étaient prononcés po^lr l'épanchement du sang dans hq parenchyme : d'autres nièrent l'existence de parois distinctes dans les capillaires, et jdmirent une sorte de porosité des tissus, permettant au sang de s infiltrer au travers, et d'arriver ainsi aux veines. Cette théorie des canaux sans parois membraneuseSt et creusées en quelque sorte dans la masse des organes, compte parmi ses principaux défenseurs Doellinger et son école. Leur opinion, appuyée à Ta fois sur une argumentation spéculative et sur quelques apparentes preuves matérielles, se fonde spécialement sur l'impossibilité de comprenure la nutrition si le sang ne baigne immédiatement les organes, sur l'hémorrbagie produite constamment par la plus petite piqûre, sur uita structure mal envisagée des tissus érectiles, et enfin sur de prétendues observations d'ouvertures aux artères et aux veines, pour la sortie et la rentrée du sang. La réfutation est facile : on sait aue le sang sorti de ses vaisseaux non-seulement n'est guère susceptible de s'assimiler, mais encore agit comme corps étranger,. et détermine VnvU pathologique connu sous le noind'ecchy* mo.se; les expériences de tous les auteurs démontrent surabondamment que Wedpmeyer s'est trompé en crevant voir les globules du sang d'une salamandre rouler comme des pois, au sortir des artérioles du poumon, pour rentrer dans des ouvertures veineuses; rien n'est plus faux que la conclusion que Ton 9 voulu tirer do la distension par le sang des celluK^s du tissu érectile, puisque chaque cellule est enduite à son intérieur de la pellicule qui accompagno constamment les parois des capillaires dans leur amincissement progressif. De n ème, la pointe la plus fine introduite dans le* tissus est, relativement aux dimensions tnicroscopiques des mailles du réseau sans;uin, un corps volumineux qui déchire sur se route un grand nombre de capillaires

On a encore admis, dans répais.«:eur des parenchypoes, des cellules intermédiaires, au sein desquelles viendraient aboutir les artérioles et les veinules les plus fines. Pour d'autres, ces cellules ne communiqueraient point directement avec les veines, mais serviraient à la décharge du sang artériel, qui de là se transporterait dans ces vaisseaux par voie d'endosmose- La facilité du passage des injections suflirait pour repousser de pareilles assertions, si depuis longtemps le microscope n'en avait fait justice.

L'hypothèse de Wilbrand est devenue ce lèbre par son étrangeté. Cet auteur n'admettait point de circulation capillaire, et la remplaçait par un mouvement de nutrition et de décomposition intermédiaire. Il croyait que le sang artériel, arrivée l'oxlrémité des a!tères, se solidifiait et se traitsformait eu

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