Etudes sur les forces
Paris. -^ Im^imerie de J.-P. MIGNE*
AVERTISSEMENT DE L'ÉOlTECft.
DepoB longtemps ptosieare de Aos Souscriptenrs nous exprîmsient Hb désir d*avoii* un ontragie de Phyfiologie qai représentai la science moderne dans ce qu'elle a fondamentalement de vrai, de positif, é'siilt, toac tn mettant en relief lea travaux hnporianu trop nëglifsés, et soavent mal tïMnpris de nos prôtérrnrnn. en insistant sur la psychologie humaine, en révélant ce caractère moral et religieux qui apfMticnt à la Tériié et donne k iioute science sn garanile suprême. Un pareil ouvrage, nous dtsaieni-ils, fiar sa nature même, intéresserait les ecclésiastiques, les philosophes, les hommes du monde, les médecins^ le» élèves; il montrerait et resserrerait les liens qui les unissent; il répondrait à une double tendance <ic notre époque, le besoin d*association, le retour vers les idées morales et religieuses, vers une conception plus large et plus vraie de la grandeur et de la dignité humaine, qui fonnenl la base de la société» sont seuls en harmonie avec notre civilisation, et doivent assurer les vastes progrès auxquels nous sommes appelés dans Vavenir.
50VS avons été ainsi conduit à la pensée de publier le DiCTiomiAnR d£ Tutsiolog^b qtiis nous livrons aujoQrd^hoi à nos Lecteurs. Nous nous sommes adressé à M. Dover, professeur de Patholugie externe à la Facttllé de médecine de Montpellier, médecin en chef de Thôpital civil et militaire de cette ville, qui a éé pendant plasieurs années professeur de Physiologie à la faculté de Strasbourg. Indépendamment de •es publications parement médicales et cliniques, ce médecin nous était recommandé par des écrits phyiioiogiqiiet et psychologiques spéciaux, par ses études sur Stahl annexées à la traduction de M. Blondin. etc.
M. Boyer ne 6*est pas dissimulé toutes les difficultés d*un livre de ce genre; mais il s*est engagé courageusement Uans cette voie , en s^efforçant de monirer ce que Ton a oliietiu et que .Von obtiendra parle développement d*u ne doctrine dont Timportance et la nécessité sont de yl.us en plus
A€a qoe 1 on connaisse bien l'esprit dans lequel ce Dictionnaire a été écrit, nous avons donné une certaine étendue à son titre. Tout en s^appuyant sur les données les plus positives de la science eipérimenule asodeme, ce )ivre représente la Physiologie spiritualiste vers laquelle tendent de plus en plus ks H*^"'— les plus éminents et les plus réellement positifs de notre époque«
INTRODUCTION
I. Qoaod on écrit uo lirret on doit avoir un but définitif qui puisse servir de point de mire, et que Ton poursuit sans cesse; une idée mère qui le domine et qui enchaîne tous les détails. En composant ce Dictionnaire nous avons désiré : 1* Ecrire une physiologie anthropologique qui puisse intéresser non-seulement les médecins auxquels il s'adresse partîeulièrementy et les ecclésiastiques qui tiennent à embrasser Thumanité sous ses ditffrents aspects, mais aussi tous ceux qui veulent connaître Thomme; — 2* Présenter Ten* semble de la science dans un résumé concis, mais suffisamment étendu pour ne riea omettre de fondamental, en donnant à chacune de ses parties un développement propor«» ^ooné à son importance; — 3* Tracer son cadre tout entier, ses limites, et montrer le rang, élevé qii*elle occupe au milieu des diverses branches des connaissances humaines, qui toutes ont avec elle des apports plus ou moins intimes ; — 4* Metlre en évidence les. nombreux trésors dont elle s^est enrichie, les vastes progrès qu'elle a accomplis dans tontes les directions depuis le commencement de ce siècle; — 5* Indiquer les progrès qui lai sont réservés dans l'avenir, et les moyens qui nous paraissent le plita en harmonie avec son génie même, pour les rendre plus rapides et plus certains, et pour assurer sa constitation définitive ; — 6* Faire voir que la science la plus positive et la plus rigoureuse se concilie naturellement et sans effort, avec les idées morales et religieuses les pi 05 élevées.
Ce qui contribue le mieux aux progrès d'une science, c'est la conviction profonde et géoérale de son importance et de sa grandeur, le nombre et le choix des matériaux dont elledispose, la rigueur, la puissance, la fécondité de la méthode dont elle fait usage pour les mettre en œuvre. Jetons un coup d'œil sur ces trois obtiets au poiot de vue de la physiologie, et constatons que ces éléments existent aujourd'hui avec un large dé veloppeœent i^ «|a*i1 est facile de les unir pour les faire concourir è un même but.
PiCTto?!. DE Pbtsiologic:, a
III INTRODUCTION
II. L. importance de la physiologie anthropologique a été reconnue, dès les temps les plus anciens, par tous les génies du premier ordre, qui ont accepté tout ce qu'ont dit à ce sujet Hippocrate, GaKen, et leurs successeurs les plus éminents. Plus les siècles ont été grands, plus les nations se sont montrées éclairées, plus la civilisation a étendu son empire, plus aussi cette vérité a été proclamée hautement, plus elle a pénétré dans tous les esprits.
A l'autorité des noms, à celle de l'histoire qui nous dévoile l'inOuence évidente ou secrète que l'anthropologie a exercée sur les sciences et les destinées humanitaires, nous pouvons joindre l'autorité plus imposante encore de l'expérience et de la raison.
Les sciences purement humaines peuvent être divisées en mathématiques, physiques, naturelles, anthropologiques. Celles-ci embrassent tout ce qui se rapporte directement à la connaissance et au perfectionnement de Thomme lui-roème et de Thumanité : instruments principaux de la civilisation, elles grandissent, s'étendent et se multiplient avec elle; c'est sur elles que l'attention se dirige maintenant avec une nouvelle ardeur : elles se placent à la tète de toutes les sciences, car ce sont elles qui font l'homme, c'est par elles que rhomme, è son tour, donne aux sciences Timpulsion qu'il eu a reçue.
Or, ce qui sert de base à toutes les sciences anthropologiques, c*est la physiologie humaine. Lorsqu'elle n'est pas mutilée, en se réduisant aux étroites proportions de la biologie physique, elle détermine tout ce qui est relatif à la nature de f homme considéré dans sa réalité et profondément di&iingué de ce qui n'est pas lui-même; elle lui indique sa véritable place, lui donne les moyens de l'obtenir et de la conserver; elle lui trace ses droits, ses devoirs, et lui démontre ses hautes destinées. Toutes les sciences anthropologiques ont leurs racines dans la physiologie humaine, qui offre l'intérêt le plus général. Toutes la consultent, toutes réclament son secours, toutes ont été cultivées, éclairées, et souvent fondées dans leur première origine, par des anthropologisles du premier ordre. Ces aperçus sur lesquels on réfléchit chaque jour davantage, font sentir de plus en plus l'importance de la physiologie embrassée dans son entier et sous son véritable jour. Cette science, souvent méconnue, parce qu'on a voulu en diminuer, en morceler le domaine, parce qu'on n'en a pas toujours mesuré toute l'étendue, prendra un rang d'autant plus élevé, qu'on en saisira mieux le caractère et la nature.
lU. Les matériaux accumulés pour constituer la physiologie sont immenses; ceux qui méritent d'être utilisés sont extrêmement nombreux : notre époque a, sous ce rapport, une supériorité exceptionnelle qui tient à son génie particulier : ces deux points mériteraient d'être approfondis.
1. Il est des sciences qui n'ont avec les autres que des rapports éloignés ;| elles ne s'accroissent guère que par les travaux de quelques hommes spéciaux qui les cultivent. La physiologie au contraire, bien que science distincte et autonome, a des rapports prochains, intimes, avec toutes les sciences, parce que l'homme est un être physique, un être vivant, un être pensant, voulant, social ; qu'il est plongé dans un milieu physique, intellectuel et moral ; qu'il est un petit monde, miniature du grand Monde et de son Créateur; qu'il se prend d'abord pour mesure de l'Univers; qu'il est un miroir où se réfléchit la nature dont l'image en lui constitue pour lui la science.
Aussi la physiologie ne marche pas seulement par les recherches des physiologistes et des médecins; elle profite de tous les travaux en tout genre; elle reçoit des tributs de toutes parts: tout ce qui se passe ailleurs retentit en elle; entraînée par toutes les sciences, elle les entraîne à son tour. Nulle ne peut faire un pas en avant ou en arrière, sans qu'elle subisse sur quelque point un mouvement analogue. Riche de ses trésors elle l'est encore par ceux qu'elle sait emprunter, car tout ce qui l'entoure peut concourir à son oeuvre. C'est elle qui reflète et représente le plus fidèlement l'esprit général d'une époque.
2. Hais cette richesse même a ses dangers qu'il est difficile de vaincre, sesécueils qu'on a de la peine à éviter. La physiologie doit redouter le joug des autres sciences, celui du milieu dans lequel elle est placée, Tencombrement résultant d'une accumulation de niatérianx hétérogènes, indigestes, disposés sans ordre, qui arrêtent son élan au lieu de le favoriser, ralen(isi>ent sa marche au lieu de Taccélérer, voilent la route au lieu d y ré«-
^ INTRODUCTION. vt
ptndre ta lumière. C'est ainsi qu*on l'a vue tour à tour envahie par les mathématiques ou là physique, par la chimie ou les sciences naturelles» par le matérialisme, le sensualisme» le natoralisme, le panthéisme» le mysticisme» Tidéalisme, etc.» qui cherchaient à fabsorber en entier» la traitaient en province conquise, et s'appuyaient ensuite sur elle pour étendre leor empire. Eclairée et formée par yingtsiècles d'expérience, d'illusions et de luttes» fbrtiSée par l'étendue et la valeur de ses propres œuvres» sûre de son domaine spécial qu'elle peal mesurer dans son entier et dont elle a pris poi^session définitive» certaine de son locoDtestable personnalité qui est celle de l'homme» la physiologie aujourd'hui peut enfin iriompher» sans crainte d'être vaincue» de tous les obstacles semés sur son passage» et tirer un profit aussi grand que légitime des secours de tous ses auxiliaires qui la serviront» <:è) qu'ils ne songeront plus à la subjuguer. Celte haute indépendance, qui est sa vie mèffle, est acquise enfin à la physiologie : elle doit maintenir une position conquise par Ufltde persévérance et d'efforts ; elle doit l'étendre et la consolider. Le moment suprême (le laffranchissement est venu pour elle : on la verra sortir maintenant pour jamais du rooiau humain plus ou moins historique» pour entrer dans l'histoire réelle de l'homme tel •|u'il a été fait par le Créateur.
3. Qu'est-ce que l'homme? voilà la question fondameutale de la physiologie. Si l'homme a'est qu'une matière délicatement arrangée» d'après les lois générales ou spéciales qui la régissent» nous appartenons en entier aux sciences physiques; si l'homme est un animal ua peu plus complet que les autres» un singe progressivement perfectionné par unconlears singulier do circonstances accidentelles» la physiologie n'est qu'une branche de la loooomie qui doit régler sa marche et la dominer : mais si l'homme constitue un règne s()éi:ial (le règne hominiaire), distinct de tous les autres ; s'il est seul appelé à vivre d'une vie hamaine» à penser, à vouloir, h aimer, d'une pensée, d'une volonté, d'un amour vraiment bumaios ; s'il est responsable et digne de récompenses ou de peines que cetHe vie terrestre ne saurait accomplir; s'il est fait à l'image et à la ressemblance de la Divinité, et forme le lien, la transition qui doit exister entre le ciel et la terre» entre le monde intelligible et le monde sensible; s'il peut compter sur une vie nouvelle qui commence au delà du tombeau; rhomme retrouve une place distincte qui est à lui» un domicile qui lui appartient» et la physiologie prend possesion de son domaine. Riche surtout de son propre fonds» elle comprend d*où elle vient et où elle va; elle a un point de départ, une route, un but; elle sait ce qu*elfe doit emprunter, ce qu'elle doit assimiler, ce qu'elle doit fournir elle-même; elle choisit avec ordre et méthode ce qu'elle doit choisir» use de tout sans abuser de rien, marque de son cachet ce qu'elle a recueilli avec discernement» se distingue de toutes les sriences sans jamais s'en séparer, et contracte des unions intimes sans se confondre avec elles. C'est ainsi que l'abondance des matériaux devient un précieux secours au lieu d'être une gène ou un danger. La science est alors semblable à un grand fleuve que ses affluents acfFoissent sans troubler son cours ni la limpidité de ses eaux, et qui est d'autant mieux MTi^ble qu'il est plus profond et plus chargé. Or les sciences physiques et naturelles bieo interprétées nous établissent de plus en plus sur ce terrain , et confirment les résultais obtenus par les sciences psychologiques» sociales» morales et reli-
penses (a).
4. Aucune époque ne s'est présentée sous des auspices aussi favorables que la nôtre» pour
fournit k la physiologie des matériaux importants. Son indépendance repose sur une masse vie faits qui lui appartiennent; sur sa position ofiicielle et distincte dans tous les corps savants» dans l'enseignement» dans la presse ; sur ses modes spéciaux d'exploration ; sur les observations directes que lui donne la pratique médicale : à cela se joint lecaractèrede notre siècle qui marche avec une liberté sans limites, dans toutes les directions» sans subir le joug d'uu bomme» d'une science, d'une doctrine, et qui }>orte dans tous les sens son critidsme explorateur» son zététi^me bieo distinct du scepticisme destructeur, et son infatiga- Me activité. On cherche pour combattre ou pour défendre toutes les idées, tous les système^» qaelqu'étranges ou quelque contradictoires qu'ilspuissent être; on cherche, seulement pour «bercber; on met tout en doute» même les choses les plus certaines; on aflirme et l'on croit ('»at, même ce qui semble le plus incroyable» et Ton parvient quelquefois à le démontrer.
{û) V«f. les Travaux philosophiques d' A MPfcac» son TabUau dessciencest elc.
vil INTRODUCTION, ^»
L'expérience et rexpériaeiitalion se mettent aa service du plus ftveogle empirisme et <Ju dogmatisme le plus aventureux ; chaque secte rencontre quelque découverte éclatante» et prépare ainsi le progrès. A côté de ceux qui explorent l'avenir, se piftcent ceux qui fouillent assidûment le passé et le relèvent d*un abandon aussi injuste que funeste, La lumière peut apparaître ainsi sur tous les points de rhorizon. L*bomme physique* Thomme biologique* l*homme intellectuel et moral* l'homme dans ses rapports avec l'homme et avec la Divinité* sont étudiés avec une profondeur nouvelle :tour à tour physicien, mathématicien* chimiste» naturaliste* anatomiste* médecin* psjchologiste* métaphysicien* théologien, érudit* le physiologiste parcourt tous les points de son vaste domaine» rivalise avec toutes tes hautes spécialités scientifiques, et fait marcher de front toutes les parties de l'anthropologie entière.
GrÂce au développement immense de la presse* et aux communications si promptes* si faciles* si multipliées* toutes les recherches* les ébauches même les plus légères sont mises au jour; la publicité s'empare de tout et permet une circulation rapide.
Il semble que cette masse d'efforts si variés, si opposés, si souvent personnels et peu coordonnés, où chacun se sert de chef à lui-même et n'obéit qu'à ses inspirations* doivent amener la surcharge, le chaos* l'anarchie et les résultais de l'indépendance absolue, aussi redoutables qu'une dépendance sans bornes. Heureusement cet écueil, que l'on signale de toutes parts, qui nous arrête souvent ou nous fait rétrograder, qui a produit et peut produire tant de naufrages, sera évité, si on le veut, grêce au perfectionnement des méthodes* h la nécessité des applications pratiques, au besoin Yivemeut senti d'une doctrine unitaire et de nos tendances croissantes, avouées ou secrètes, raisonnées ou instinctives* Ters sa réalisation.
IV. La méthode finit la science; la science, à 9on tour, perfectionne, agrandit, consolide la méthode. On s'est beaucoup occupé, on s'occupe beaucoup ai^ourd'bui de la méthodologie, qui ne se borne pas à des préceptes vagues et généraux, mais qui traite de tous lej détaiis pratiques, de tous les moyens* de tous les procédés d'exécution. On rend justice k Bacon et à Deseartes, k leurs écoles; mais on remonte à leurs prédécesseurs, l'on tient aussi compte des travaux qui les ont suivis; on ne les entoure plus d'une admiration fétichique ni d'un culte qui nous rendrait immobiles : on sait qu1ls n'ont point créé la méthode, qu'ils n'ont pas dit son dernier mot. Les ancii^ns et la scotastique, si longtemps dédaignés parce qu'ils sont restés longtemps méconnus* nous étaient supérieurs dans l'en* semble de la méthode et des doctrines générales, surtout dans les sciences métaphysiques et psychologiques, de même que nous les dépassons de beaucoup par les moyens d'ex» ploralion, les procédés, la masse des faits, les lumières apportées par les sciences physiques et naturelles, et par la civilisation chrétienne. La méthode générale se montre sous trois formes principales t méthode inductive* méthode déductive, méthode histoiique. La première a été rattachée fliussement, d'une manière exclusive* à Baeon* qui en a méconnu les divers modes, le mécanisme, le génie même; la seconde est rapportée à Des-* cartes, qui en a compris la puissance et la fécondité, mais qui en a parfois abusé et n'a pas été compris lui-même; la troisièmif a été peu appréciée par tous les deux, et réhabilitée particulièrement par Leibniiz : elle les relie ensemble et les domine; c'est le levier métliodologique le plus puissant. La méthode historique est et sera la plus belle conquête de notre époque. Bacon, Descartes, Leilmitz, sont moins antagonistes qu'on ne le croit; on peut les concilier, les compléter les uns parles autres, en remontant aux sources antiques et à la scolastique, où ils ont largement puisé. Grftce surtout à la métliode historique et au génie même de notre siècle, les trois formes méthodologiques, qui peuvent se ramener à un tout unitaire, considérées dans leur partie S(»éculative et surtout dans leur partie pratique, ont pris et prennent chaque jour un grand développement dont on ne comprend pas bien encore toute la Taleur, dont on ue prévoit point tous les heureux résultats.
Les deux principaux instruments de la méthode sont l'analyse et la synthèse. Analyser, ce n'est pas diviser au hasard: c'est distinguer les objets* les séparer doucement en écartant et disjoignant* sans violence* leurs articulations naturelles, et ménageant leurs liens, de manière à pouvoir les articuler de nouveau et tes refaire tels ^ue la nature les avait faits. Synthétiser, c'est produire sans effort leur rapprochement et les reconstruire sans moyen
Il INTRODUCTION. x
artificiel. Une boone analyse prépare» assure» rend fiicile une bonne synthèse; par Tune et Tastre. oa ne sort pas de la naiore réelle. L'analyse et la syntlièse sont physiques ou ■lentftiea. La partie physique possède maintenant et découvre chaque jour des agents flMrreillettX par la perfection croissante de nos instruments et de nos réactifs, par )a rigueur et la multiplicité de nos recherchas, soumises saas cesse au contrôle critique de Doniireax explorateurs. L'analyse mentale, mal dirigée pendant longtemps, renoue avec le passé» et se signale par des progrès positifs aussi réels, quoique moins apparents, et par le soin que nous mettons à nous observer nous-mêmes. Nous rentrons avec une ardeur nouvelle, avec des procédés plus sûrs et plus éprouvés, dans cette voie psychologique brillammenl parcourue par Tantiquité, le moyen fige, le xvii* siècle, qui nous ont légué de beaux modèles.
La méthode apprend k chercher les faits, tes idées, k les trouver, à les épurer, à les choisir, k les coordonner; k s'élever des fkits aux lofs, des lois aux forces, des forces aux sobstanees; k dnnner nn but et un ensemble aux hommes, aux choses, aux sciences; k lier la théorie et la pratique; k faire les découvertes, k les enseigner, k les répandre, k les iécoodar en les appliquant; k les fixer dans l'esprit en les ramenant k des formules simples el générales. Elle associe les travaux qui semblaient isolés et solitaires; elle rend bomogèDf*s» en les réunissant par leurs analogies, ceux qui paraissent disparates; elle forme, avec les hommes et les siècles, un seul homme et un seul siècle agissant de concert pour un bat bien déterminé. Cette part si large faite k la méthode n'étonnera pas ceux qui l'ont embrassée sous toutes ses formes, dans tous ses moyens, telle qu'on peut la constituer aojonnilini. Bien des auteurs soet préoccupés de l'observation suivante : « Nous avons, disent^ils, nue masse imposante défaits importants, d'idées justes et vraies; tout cela s'accralt avec one prodigieuse rapidité; c'est une mine précieuse, car des faits naissent les doctrines ; et cependant nos progrès ne sont pas en rapport avec nos richesses ; nous avons des pierres^ nous n'avons guère d'édifices. D'où nous viendra un progrès vaste, sûr, régulier, continu? Gomment bâtira-t-on un monument solide et durable? » La réponse est bien simple : il faut élaborer et discipliner l^s faits et les idées par la méthode, dont les fragments épars ne demandent qu'k être réunis. Telle est la tendance, tel est le génie même de notre siècle, quiiisottfi une diversité apparente, aspire el marche k Tunité; cette tendance a besoin d'être constatée, fortifiée, réalisée.
Lejour où cet esprit de notre époque, dans tonte sa force, appliquera dans toute sa vigueur la méthode tout entière k cette masse énorme de faits et d'idées qui cherchent k se rapprocher, k se fondre et k se cimenter par les faces qui se correspondent, les sciences en géaécal et la physiologie en particulier auront fait un pas immense; elles apparaîtront avec one splendeur qu'on est loin de leur soupçonner.
La science, dans son ensemble, et chaque science en particulier, ont un nombre limité de bito législateurs (pritiltgiœ tnalanrtaruin de Bacon), d'idées législatrices, autour desquelles loatse rassemble, tout se groupe, tout vit et s'anime. Quand un génie législateur, un Hippoerate, nn Aristote, un Platon, un Descartes, un Leibnitz, un Newton, unJLavoisier, un Cnvier, etc., sans nommer ceux de nos contemporains qui peuvent rivaliser avec eux, vîenaeot k s'en emparer, la science se transforme et s'illumine ; chacun y voit ce que per- «- nne n'y apercevait jnsque*ik. La méthode, surtout la méthode historique, peut dégager u Imoi ces ftits et ces idées qu*on découvre plus encore qu'on ne les invente, qu'elle peut produire, en économisant des siècles, des génies législateurs qui, sans elle, n'auraient été qoe des hommes de Calent. Ces faits et ces idées existent maintenant en physiologie; a méthode et le travail doivent les mettre en évidence et en préparer l'évolution. Quand e fruit aura mftri, il y aura bientôt des hommes dignes de le cueillir.
Bidus serions bien savants, disait Leibnitz, si nous savions tout ce que nous savons. On peut aflkmer que nous serions bien avancés en physiologie, si nous prenions bien posisasîoii de tout ce que nous possédons ; il y a lieaucoup de découvertes du premier ordre éé^ failMt mais ignorées, qui valent mieux que beaucoup de découvertes autour desr '{Belles OD fint grand bruit.
Las physiologistes se divisent en plusieurs catégories : les uns ont exploré et exploreat éans ses détails les plus radiés l'homme physique et le milieu physique dans lequfl il e»t placé; les autres poursuivent partout l'homme vivant et les modificateurs consiiiérés au Diction, de Physioi.o«ii. A
TKi INTRODUCTION. in
fioint lie vue de la vilalité, lliomme physique et intellectuel les touche peu; d*autres sondent dans SOS intimes replis Thomme intellectuel et| moral, et s'attachent médiocrement h rhomme physique ou vivant, etc. Une foule do monographies d*un mérite supérieur, matérialiste^y vitalistes, idéalistes, embrassent ainsi Thomme sous des faces diverses, dans un réseau vaste et complet, mais Thomme réel leur échappe; il sort mutilé de leurs mains, et devient un élre incomplet et fantastique. Réunissez è un point de vue supérieur, et non par ju'xtà-positioit, ces fragments précieux par eux-mêmes, mais souvent dangereux quand ils ne sont pas habilement fondus ; reconnaissez cette harmonie admirable qui enchaîne Thomme physique, Thomme vivant, l'homme intellectuel et moraf, parce qu'ils sont faits l'un pour l'autre et se coordonnent dans une merveilleuse unité, et •vous aurez une physiologie largo, compréhensive, vraie, parce qu'elle sera moulée sur le nature. Telle est l'œuvre que notre époque prépare progressivement et qu'elle doit d'abord accomplir. Elle réclame seulement du travail, de la persévérance, delà méthode, le concours de quelques hommes qui comprennent le but et son importance et marchent droU à lui pour le remplir.
V. Le travail est grand sans doute, mais il est rendu attrayant et moins difficile par les ressources et l'esprit de notre époque. — 1* Ui e érudition solide est bien plus aisée maratenant pour ceux qui savent profiter de nos recueils préparatoires et de la facilité avec laquelle oir peut se mettre en rapport avec une foule d'hommes instruits et érudits répandus f)artout, qui écrivent peu, mais qui communiquent avec bonheur les trésors
•qu'ils ont amassés; la science parlée est toujours en avance sur la science écrite; elle est plus acluelle-et plus vivante : — 2* La méthode fait gagper du temps; par elle on séparo vite ce qui» est secondaire ou peu important, on s'arrête è ce qui est fondamental et fécond, •aux faits, aux idées, aux lôis-principes, qui dominent et renferment les faits, les idées, les lois d'un ordre inférieur, dont la déduction peut bientôt les faire sortir: — 3* L'esprit de notfe siècle-seconde l'œuvre par ses tendances organisatrices et unitaires qui résditent de son passé, de sa constitution, de ses modes les plus intimes,
il. Il y a des périodes de transition qui bouleversent, détruisent et préparent des ^constructions nouvelles; elles sont suivies d'époques plus grandes qu'elles, qui rebâtissent et consolident. Xe xvii* siècle fut un grand siècle, presque tout français; il fut uno période d'institutions<et remplaça une période transitoire. Le xviii* siècle se montre période de transition et de démolition radicale ; la première moitié du zix* siècle prépare une grande époque d'institution, d'organisation, que nous abordons aujourd'hui.
B. La nécessité de s'unir, de s'associer, est sentie de toutes parts maintenant, dans les sciences e.t les arts, comme dans l'industrie; dans les relations des peuples, comme dans la vie privée : elle est la conséquence de notre civilisation, des besoins matériels, intellectuels et moraux, qu'elle a créés et qui forment le fond de notre vie entière. Les communications générales qui sont si promptes, si aisées et qui le deviennent chaque jour davantage, poussent vers cette unification humanitaire, et nous entraînent sur une pente d'autant plus irrésistible, qu'elle repose sur notre constitution naturelle.
C. Cette tendance unitaire s'exprime, au point de vue religieux, par un retour général et marqué vers le spiritualisme chrétien ; en philosophie, par une prédominance croissante du spiritualisme traditionnel ; «n anthropologie, par une reconstitution plus large et plus expérimentale du monopsychisme didynamiijue traditionnel, nettement formulé par Hippocrate et poursuivi par ses légitimes successeurs. Le matérialisme, le sensualisme, le vitalisme indéterminé» l'idéalisme, effacent peu à peu leurs ix)ntours absolus et exclusifs» pour se fondre dans une doctrine plus compréhensive, qui tient compte en les unissant, de la matière, de la vie, de l'intelligence, en remettant chaque chose à sa place et dans l'ordre hiérarchique qui lui appartient.
VI. Nous pouvons donc nous résumer dans les propositions suivantes :
1. L'importance des sciences anthropologiques se fait sentir de plus en plus chaque jour; bientôt elles occuperont le rang supérieur qui est un droit pour elles et un bonheur pour tous ; elles serviront de centre et de point de mire k toutes les autres, qui travailleront surtout k leur profit. ....
2. L'anthropologie jouena e même ri5le pour les sciences anthropologiques) elle proGtera de toutes leurs acquisitions, pour distinguer l'homme de ce qui n'est pas lui, pour
w INTRODUCTION. *'^
faire connattre dans son entier rhomme physique» Thomme vivant, Tbomme intellectuel, noral, social, religieux, en rapprochant ces divers aspects pour le montrer dans sa véritable vDilé. — 3* Nous possédons tous les matériaux de ce grand édifice, la méthode qui doit les Deltre eo GBiiYre, Tesprit même qui doit présider > ces travaux; mais tout cela est trop isolé, trop confus; il fant réunir ces trois forces, formuler la méthode et l'appliquer aux matériaux» pour choisir, assurer, assembler, construire, en vivifiant tout par Tesprit émioemmenC coordinateur de notre époque. — &** Cette œuvre faite, nous aurons un budget delà physiologie, un tableau fidèle de ce qu'elle a fait jusqu'à ce jour; une physiologie qui ne sera ni un mécanisme, ni un biologisme, ni un psychisme exclusifs; qui ne rcprodoirani la pensée d'un physiologiste, ni celle d'une secte; qui ne donnera pas une prédomioance vicieuse au mécanisme, au chimisn:e, au zoonomisme, etc., mais qui emprunterai toutes les sciences, les faits, les idées, et les lois-principes, bien moins nombreux qo'oa ne le pense, resserrés ou étendus d'après leur degré d'affinité avec l'anthropologie, et assimilés |>ar l'esprit de la physiologie humaine. Un pareil ouvrage, réellement éclectique, réunira [successivement les suiTrages des partisans des divers systèmes, parce que cfaacaD y reconnaîtra l'ensemble des vérités vraies qu'il possède, sé))arées de ses erreurs, noies avec les vérités qui lui manquent, échiirées et vivifiées par elles. Alors on verra combien est grande, puissante, féconde, la physiologie que nous avons aujourd'hui, mais qoe nous méconnaissons souvent, parce que ses diverses parties sont isolées, surchargées dVIéments ioutiles, et que ses membres restent disjoints et épars.
TIL Quand Tanthropologie ^aura exactement ce qu'elle est en elle-même, ce qu'elle est aujourd'hui ; quand elle aura son code intérieur qui réglera les rapports de ses diverses parties, et son code international qui lui montrera ses rapports légitimes avec les autres scienees, el lui permettra d'utiliser tous leurs secours sans se laisser absorber ou subjuguer par aucune d'elles ; il lui sera facile de voir les lacunes qu'elle présente, et de trouver les moyens de les remplir. Alors ses progrès seront réguliers, continus, calculés; ils ne se feront plus par secousses et sous l'empire du hasard, des circonstances extérieures, de la mode, qui l'ont faite tour à tour toute physique, toute chimique, toute zoonomique ou tout opposée à ces doctrines, selon la prédominance accordée à la science qui obtenait le plusde bveor: alors ses progresse feront dans tous les sens, progrès de découverte, pro« grès de consolidation, progrès de vulgarisation, progrès pratique. Cet avenir n'est pas éloigné. Pendant longtemps les diverses sciences sont venues vers la physiologie, sans 7 être appelées, et elle s*est laissée traiter en pays (;pnquis; maintenant et de plus en plus, c*est la physiologie qui va et qui ira vers les autres sciences, pour les parcourir, les ioterroger, et choisir par échange, après se les être assimilés, les objets dont elle aura besoin. Eo rapprochant les faits, les idées, les doctrines connues, en les écrivant dans une même langue, la langue moderne, pour les rendre homogènes et faciles à comparer, on en verra sortir une foule de doctrines, d'idées, de faits nouveaux qui seront tout k In Cuis découverts, établis et démontrés, et Ton créera promptement un vaste avenir au moyen d*ua magnifique passé.
TIII. Nous voudrions, dans ce Dictionnaire, qui n'est qu'un résumé de travaux plus élcndaa que nous préparons depuis longtemps, essayer de montrer les bases de cette physiologie où il n'y a point à créer, puisque ses éléments existent partout, mais qui n besoin d*Atre constituée aveo un soin particulier et un caractère nouveau, parce qu'on n'a point a5sez travaillé h en réunir les diverses parties à l'aide d'une méthode sufiisammeui larige et rigoureuse. Ce qui rend les œuvres de ce genre rares, c'est la peine matérielle eu qeetqne sorte qu'elles exigent; à cela il faut joindre les motifs suivants :
i* Oo aime mieux chercher du nouveau que recueillir laborieusement ce qui a été fait; on croit y trouver plus de gloire, moins de fatigue et plus de profit; beaucoup veulent être des génies créateurs, et oublient que les génies de cette trempe ne sont pas communs, que Von développe en soi ou dans les autres les aptitudes de ce genre, en vivant dans un comnerre intime avec les grands hommes qui ont su créer.
2* Uo second motif qui enlève aux travaux de coordination une partie de leurs avantagesy c'est que la plupart de ceux qui s'en occupent, abordent la science avec un parti pris, une doctrine arrêtée ; ils choisissent les faits et les idées en |iarmonie avec les théories qu'ils ont adoptées, négligent, repoussent et dénaturent ceux qui s'en éloii^nant et
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siirtoiil eeiix qui lui ^onl opposés. Le grand Haller et Burdach n'ont pas sa ériier ce danger : ils manquent d'ailleurs d*une qualité importante pour écrire nne physiologie anthropologique ; ils sont peu médecins. An lieu de cela* il faut être pénétré de Fesprit do chaque doctrine et s'attacher pas à pas à rencliatnement des faits et des idées, froidemenu sans passion, sans enthousiasme» afin que les doctrines suivent les faits et ne fes précèdent pas. La doctrine qui est la conclusion de cette méthode» est large» compréhensÎTe» libre d'exclusirisme; elle ramène aux grands dogmes traditionnels de l'hippocraeismo perfectionné: mais il ne faut point commencer par une foi aTevgle pour ces dogmes ; il faut que cette foi arrive à la On du travail et qu elle ne le devance point; c'est ainsi quo l'on change ou que l'on modifie ceux de ces dogmes qui ne supportent pas l'épreuve rigoureuse à laquelle on les a soumis. Ce qui fait la force de i*hippocratisnie et ses perfectionnements croissants, c'est qu'il a été construit ainsi. Sans cesse remis dxns le creuset, ses matériaux s'épurent; sans cesse sondé dans tons les points, il répnre et refait ses parties faibles ou 'chancelantes. Si Tidée mère« si l'ensemble change peu, les détails se retouchent et s'agrandi«sent pour èire toujours de niveau avec le véritable progrès.
3* Une troisième cause des difficultés qui se trouvent dans l'accomplissement d'un travail de celte nature, c'est Tefi'roi que Von ressent en présence des ouvrages innombrables et très-variés qu'il faut absolument étudier ou compulser. Cet obstacle est le plus grand de tous. Pour le vaincre, il faut appeler k son aide toutes les ressources de la méthodologio et surtout de la méthode historique. 11 importe d'apprendre h lire vite sans rien omettre de saillant ; cet art exigerait une foule de détails dans lesquels nous ne pouvons entrer ici. Nous nous bornerons è quelques remarques. A, On dort connaître les bons livres qui facilitent ce travail et s'habituer k s'en servir; II. On doit s*entourer d'aides intelligents et »ûrs, dont on contrôle cependant toutes les recherches; C. On doit saisir Tidée-mèro d'un livre, et grouper autour d'elle tout ce qui s'j rapporte; on ramène souvent ainsi h quelques pages substantielles tout un < uvra^e très-volumineux; D. Il faut, pour chaque objet, s'attacher aux grands chefs d'éc<»Ies, aux génies législateurs ; le temps qu'on leur consacre, quelque long qu'il soit, n'est jamais trop long; c'est ainsi surtout qu'on l'économise : Quand on les connaît h fond, on sait bientôt tout ce qui se trouve dans la masso énorme de leurs corapilnteurs et de leurs copistes avoués ou déguisés; E. Il faut aussi se pénétrer des idées et des faits l(^islateurs; c*est de l'or pur qui, changé en espèces de cuivre, forme une grande partie de celte immense monnaie courante ou Je ces nombreuses contrefaçons qui nous surchargent et nous inondent.
IX. Un dictionnaire n*éiant point un traité méthodique, nous désirerions que le nôtre pût être transformé par le lecteur, en un ouvrage qui offrit ce caractère ; c'est pour cela quo nous donnons ici le plan d'un traité de Physiologie que nous publierons plus tard, et d'après lequel on peut distribuer et enchaîner les divers articles.
Pour nous, la physiologie embrasse cinq parties principales : pro].'gomènes,chréologie, physiologie générale, histoire de la science, applications pratiques.
1. Les prolégomènes ont une importance majeure; ils ouvrent les abords de la science, pénètrent dans ses parties fondamentales, initient à ses principaux secrets. Ils sont généralement trop négligés. Nous ne leur avons guère consacré d'article spécial, mais nous en avons esquissé partout les points fondamentaux. Nous nous sommes occupé, dans un article particulier, de la méthode, qui appartient aux prolégomènes.
2. a chréologie (physiologie des fonctions, des usages) forme è elle seule la presque totalité de nos pbysiologies modernes. Nous lui avons donné un grand développement. A la division classique depuis Bichat, mais si vicieuse et si fortement attaquée des fonc lions en celles de la vie organique et de la vie animale, nous avons substitué celle-ci ; fonctions de la vie végétative, de la vie sensitive^animaleydela vie vraiment humaine. Ce changement est important; il renoue la chaîne du passé violemment rompue depuis un siècle; il (*st en harmonie avec les idées de notre époque, avec la dignité de l'homme. On en sentira aisément les avantages au point de vue spéculatif et prati/iue, au point de vue scientifique , moral, social et religieux.
Nous nous sommes efforcé de montrer ce que Ton peut faire aujourd'hui pour Tétude de ia vie végétative ou plastique, de la vie sensilivo-animale. Là-dessus, les matériaux
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les p«u5 ricMS sont accitm^és; ii ue reste plus qu*à les mettre en ordre, el è énoncer ao cttfenible de lois qui sont solidement établies, mais qu'on a plus ou moins incom-» oiélMient formulées.
Noos avons insisté beaucoup sur les fonctions de la vie humaine considérées sous leur double face psychologique et physiologique. Cette partie de la chréologie manque ou se trouve très-mutilée dans nos livres généraui de physiologie. Leurs auteurs ont craint d'entrer sor le terrain des philosophes. Cette portion de la science reste tronquée entre les mains des médecins peu philosophes, et des philosophes peu médecins. Le moment osl venu où la fusion doit s*opérer : la société médico-psychologique et un nombre considérable de médecins et de philosophes contemporains nous ont donné le bon exemple; il iii*porte de le suivre, et de continuer leurs travaux. Nous devons venger les médecins du reproche qu*on leur adresse d*ètre généralement matérialistes, sensualistes, panthéistes, etc. Cette accusation a pu être vraie, jusqu'à un certain point, pendant une certaine éfioqne et dans certains pays; mais elle n'avait rien de spécial pour les médecins : ces derniers suivaient l'impulsion du xviir siècle, et ne la donnaient pas ; ils lui opposaient même souvent une réaction puissante. Avant celte époque, la médecine était éminemment spiritoaliste et religieuse; elle le redevient aujourd'hui. Le vrai spiritualiste ren 1 k la matière l'hommage qui lui revient; il Tétudie, la cultive, pour en obtenir toui ce qu'elle peut donner; mais il ne l'adore pas, et faite l'esprit qui la domine, la part su- |iérieure que le Créateur lui a accordée. Les plus grands progrès des sciences physiques et naturelles sont dus aux écoles spiritualistes de Platon, d'Aristote , des Arabes, du moyen Ige, de la renaissance, des grands génies spiritualistes du xvii' siècle, Kepler, Newton, taillée» Pascal , i. Rey, etc.
2. Is pkjf9iologie générale traite les questions les plus élevées; elle forme tout k la fois le couronnement el la base de la science physiologique, l'anime, la dispose en ou tout barmonique, et se mêle à la pratique tout en résumant les grandes idées doctrinales. C'est Ik que l'homme peut reconnaître toute sa dignité, et comprendre qu'il doit et qu'il peut faire tout ce qui lui servira à remplir sa haute mission. On comprend entin aujourd'hui ce que c'est que la physiologie générale, et nous possédons une série de monographies remarquables qui embrassent toutes les questions dont elle se compose (6). Malheureusement, on l'aborde à peine daiis nos traités de physiologie. Nous aurions voulu la présenter avec tous les développements qu'elle mérite, mais nous aurions été entraînés trop loin; nous avons cependant indiqué tous les problèmes qui s'y rattachent, eu insistant sur les principaux, et offrant, relativement aux autres, un résumé rapide qui peyt néanmoins mettre en lumière les points fondamentaux.
i. VkiMtoire de ta physiologie que l'on peut écrire maintenant dans son entier, grâce aux documents nombreux que nous possédons, n'a pas encore été présentée dans son ensemble. Eiencoaçae, elle répandra le plus grand jour sur la science entière ; elle lui donnera plqs d^ukiéréU plos de mouvement, plus de vie; elle servira de fondement è la méthode historique. On en trouvera des traces dans nos divers articles ; nous lui avons consacré seule- ■ent oo petit nombre d'articles particuliers (Hippocrale, Haller, etc.); qui sont en quelque sorte deux spectmens. {Voy. aussi p. 658, ari. Ame, etc.)
5. Les appUeaiianê de la physiologie à la médecine auraient mérité un volume a part serrant de transition entre la physiologie et le corps de la médecine, et les éclairant l'une par rentre. Nous avons partout indiqué ces applications d'une manière succincte, toutes les fois qae nous en avons eu l'occasion.
X. Le plan que nous avons adopté est trop étendu pour pouvoir être rempli avec tous sesdétails dans ce Dictionnaire. Afln de le compléter, nous nous proposons de publier successivement : — l"" Une physiologie médicale ; 3* un traité des rapports du physique et dn moral; 3* une étude sur le système physique et moral de la femme ; i* une histoire de la physiologie. — En donnant à la physiologie d'aussi grandes proportions, il semble d*ebord qa*on la complique; c'est au Contraire le moyen le plus sûr de la rendre plus aUrayenle et plus facile. Après en avoir parcouru le cercle entier, l'on peut arriver •njoord'hui k quelques lois générales peu compliquées, tout k la fois expérimentales cl
{è) Vify. Mtf la physiologie générale, un article intéressant de M. Frédaixt (Art wédic. \%hK).
>« INTRODUCTION
riiiionQelles, laissant après elles des idées claires, justes, distinctes, qui ramènent tonte la science à un petit nombre de formules simples , harmoniques et d*ane grande fécondité.
Plusieurs de nos élèves distingués ont bien voulu nous aider dans nos recherches et nous fournir leur utile concours. Ce sont : MM. Romain et Girard, internes à Thôpital Saint-Eloi; Liron, interne à Thôpital de Ntmes; Rourguet, Ghavastelon, Teissier, Ménard. — M. Rourguet s*est occupé surtout des questions de physiologie générale, M. Romain de l'ovologie, M. Teissier de la mécanique animale, M. Chavastelon de la circulation, MM. Liron et Ménard de la vie nutritive et de la vision, M. Girard de Tolfaction et de la gustation. — M. le docteur Edmond Ratigne s*est joint è nous pour l'article Stst&iib nerveux. — L'article Tbhpêratdre appartient en entier è M. Moilessier agrégé et chef des travaux chimiques de notre Faculté. Nous avons largement proGté des thèses de concours de M. Laval, de M. Saint-Pierre agrégé de notre école, de M. Jacquemet agrégé aussi et chef des travaux anatomiques, pour les articles Forges chez Usvigilaux^ Ferments, Structure intime, dik système ntrveux. — Les emprunts que nous avons faits aux Physiologies de MM. Longet, Réraud, Réclard, etc., ont été signalés en leur lieu. Nous avions préparé un très-long article bibliographique, avec une analyse des travaux les plus importants, mais il a fa)i par prendre des proportions si considérables, que nous l'avons réservé pour VHistoirede la physiologie, dont il formera le complément.