Dictionnaire de physiologie
Les appareils enregistreurs de la contraction musculaire s'appellent myographes ;
les tracés de la contraction, myogrammes.
A. Myographes directs. Myographes isotoniques. Myographesisométriques, — Un myographe se compose essentiellement d’un levier muni d’une plume inscrivante; ce levier est attaché, d’une part au muscle, et d’autre part à un poids ou à un ressort qui ramène le levier à sa position primitive, quand la contraction musculaire cesse. Parmi les myographes, il y en a qui permettent au muscle de se raccourcir beaucoup pendant la contraction; d’autres, au contraire, présentant une résistance très grande, ne permettent au muscle de se raccourcir qu’extrêèmement peu. Les appareils de la première catégorie ont été appelés par Ficx myographes isotoniques, c’est-à-dire à égale tension du muscle pendant la contraction, tandis que ceux de la seconde catégorie ont été désignés, toujours par Fick, myographes isométriques, c'est-à-dire à égale longueur musculaire pendant la contraction, et à tension variable.
I. Le premier appareil myographique, le myographion d'HecuaozTz (1850), est un myographe isotonique à poids. Dans cet appareil, le muscle, placé verticalement dans une chambre humide, est attaché par son extrémité inférieure, à l’aide d’un fil et d’un crochet, à un levier en forme de cadre. La pointe inscrivante est suspendue verticalement à l’aide d’une tige à l’extrémité du levier. Un petit poids sert à régler la pression de la pointe inscrivante sur la surface du cylindre enregistreur, Ce dispositif a été adopté par Hezuozrz pour transformer le tracé en arc de cercle de l’extrémité du levier en un tracé rectiligne. Au-dessous du point d’attache du muscle se trouve suspendu au levier un petit plateau dans lequel on met des poids. Dans le myographe de HELMHoLT?, le cylindre enregistreur fait partie intégrante de l’appareil.
L'appareil d’Hecmxorrz présente un grand défaut : une trop grande inertie du levier; les myogrammes donnés par lui ne représentent nullement la vraie forme de la contraction musculaire.
Les myographes de Du Boïs-Reymonp, SANDERS-EZN, KRONECKER, TIEGEL, CYON, PFLÜGER et autres ne sont que des modifications de l’appareil d'Hezmaozrz. Dans le myographion de PrLÜGEr, la surface enregistrante est représentée par une plaque de verre rectangulaire, posée verticalement, qu'on déplace à la main très lentement. Les myo-
D. GRAPHIQUE (Méthode).
grammes obtenus avec cet appareil se présentent sous forme de droites perpendiculaires qui donnent la hauteur seulement de la contraction Fete HERMANN a ee la plaque de verre par une plaque de cuivre sur laquelle il fixait une bande Le PapIes enfumé. Fuvxe a agrandi la plaque enregistrante de telle sorte qu’il pouvait, en la déplaçant verticalement, avoir plusieurs tracés superposés. ;
Dans le myographion de Du Bors-REYMOND, l'enregistrement se fait sur une plaque mise en mouvement par la détente d’un ressort; le mouvement de translation de la plaque étant trèsrapide, on obtient comme tracé la forme de la contraction musculaire.
Le myographe de Mary diffère essentiellement de l’appareil de HELMHOLTz. Cet
appareil se compose d’un levier
> extrêmement léger pouvant se
à déplacer dans un plan horizontal è autour d’un axe fixé sur une pla- > que métallique. Sur cet axe se trouve fixée une poulie dans la gorge de laquelle passe un fil, od \ qui, après s’être réfléchi sur une À poulie, descend verticalement et
% supporte un petit plateau dans
S : 3 lequel on pose des poids. L’extré- D | mité du levier, formée par une ho ll 32 plume en corne, trace des arcs
de- cercle sur la surface noircie d’un cylindre enregistreur dis- Fi. 1. — Schéma d'un dispositif myographique (HERMANN). posé horizontalement. Le sup-
Le muscle (”m) est attaché au levier (4) mobile autour de l'axe (a); port de l’appareil présente une * Ja plume (s) inscrit les contractions musculaires sûr la surface vis à l’aide de laquelle on peut enregistrante (p); un poids (g) est attaché au levier : le muscle È ne est excité à l’aide d’une bobine d’induction (e, p, s); la plaque rapprocher ou éloigner la plume
enregistrante, en se déplaçant, agit sur le contact électrique (k,d). de la surface enregistrante. A
la plaque support on fixe une
planchette de liège sur laquelle on place soit un muscle isolé, soit une grenouille
tout entière, fixée à l’aide d’épingles. Le fil qui relie l'extrémité du muscle et le levier
est attaché à un bouton fixé à un manchon mobile sur;le levier. En éloignant ce manchon
plus ou moins de l’axe de mouvement du levier, on varie l’amplification des tracés de la contraction.
Le poids supporté par le muscle n’est pas en réalité celui qui est dans le plateau du
F1G. 2. — Myogramme (HELMHOLTZ).
Mmyographe, car les bras du levier auxquels sont attachés le muscle et le plateau ne sont pas égaux. Le rayon de la poulie fixée à l’axe du levier représente la longueur du bras du levier auquel est appliqué le poids; la distance qui sépare le point d'attache du muscle de l'axe du levier représente la longueur du bras de levier auquel est appliquée la force musculaire. Donc, pour connaître le véritable poids qui tend le muscle, il faut faire le rapport de ces deux longueurs. |
En fixant le myographe sur un chariot automoteur tracés, imbriqués verticalement ou obliquement.
RoLLETT a modifié de la façon suivante le myographe à poids de Marey : il a divisé la plaque support en deux parties, dont l’une porte Le levier, et l’autre la plaque de liège
, MAREY a obtenu de très beaux
GRAPHIQUE (Méthode). 3
sur laquelle on fixe l’animal en expérience. Cette dernière partie, à l’aide d’un dispositif micrométrique, peut être rapprochée de la première avec laquelle elle est reliée.
Le myographe isotonique de Ficx se compose d’un levier très léger qui peut se mouvoir dans un plan vertical en tournant autour d’un axe en acier. Autour de cet axe est enroulé un fil qui supporte le plateau dans lequel on met les poids. Comme dans le myographe de Marey, le poids, étant accroché très près de l’axe du levier, ne correspond pas au poids réel qui agit sur le muscle.
Les parties essentielles du myographe de Fiex se retrouvent dans un grand nombre d'appareils à inscription verticale, par exemple dans le myographe employé par Lunwic,
Le myographe de FREDERICQ réunit les avantages du myographe de Marey et ceux de l'appareil de Du Boïs-Revmon». Les dispositifs de la tablette qui porte le muscle, le style inscripteur et les accessoires sont empruntés au myographe de Marey. La partie de l’appareil sur laquelle le levier enregistre ses mouvements ressemble beaucoup à la partie correspondante du myographe de Du Bors-Reymonn. Cette partie se compose d’une plaque de verre, longue de 23 centimètres, large de 8 centimètres, disposée horizontalement. Cette plaque est mise en mouvement par la détente d’une bande de caoutchouc. L'inscription peut se faire directement sur la plaque de verre enfumée, ou sur une bande de papier posée sur la plaque.
FREDERICQ à construit aussi un myographe double qui est formé de la réunion de deux myographes simples superposés.
Luxsanow (1888), pour enregistrer les contractions one du chien, a adopté le dispositif suivant : Deux plumes enregistrantes, fixées à des leviers à deux bras superposés, sont placées sur un même support. A un des bras de ces leviers sont attachés les fils qui, après avoir passé chacun sur une poulie, supportent le poids. A l’autre bras des leviers s’attachent les fils qui relient’ les leviers aux muscles; ces fils sont guidés par des poulies, L'inscription des mouvements se fait sur un cylindre enregistreur vertical.
Il. On a construit des myographes dans lesquels on a remplacé le poids par un ressort. La résistance opposée par le ressort pendant la contraction n’est pas constante, comme celle opposée par un poids tenseur. Cependant GRÜTZNER, par un artifice particulier, a réussi à construire un myographe à ressort dans lequel la résistance reste constante pendant toute la durée de la contraction.
Parmi les myographes à ressorts citons les appareils de Marey, PLace, Brüoke, NoëL et Le Bon (1878), etc.
Dans le myographe à levier élastique de MAREY, le Fee est prolongé au delà de son axe de rotation par une lame-ressort qui s'appuie sur un excentrique. En tournant cet excentrique à l’aide d’une petite manette, on varie la tension du ressort, et, par conséquent, la résistance opposée par le ressort à la contraction. Ce ressort, n’étant pas très fort, cède facilement à la force de traction exercée par le muscle; le raccourcissement de ce dernier ne se trouve donc nullement empêché. Le support de l'appareil et la dispostion du levier sont les mêmes que dans le myographe à poids.
Pour avoir l'inscription simultanée de deux muscles, Marey a ajouté au myographe simple un second levier un peu au-dessus du premier, dans un plan parallèle, La pointe inscrivante de ce deuxième levier, un peu incurvée, dépasse légèrement celle du premier levier : de cette facon les deux tracés s'inscrivent à un demi-millimètre de distance.
Dans le myographe de GrüTzNER (1887), le ressort agit obliquement sur le levier, L'obliquité du plan de traction a été calculée de telle sorte que la traction reste constante, quelle que soit la position du levier, ce qui n’existe pas pour les autres myographes à ressort, comme celui de MAREY par exemple.
L'appareil de GrüTzNER a été légèrement modifié par WinkLer (1898).
III, Pour étudier les variations de l’élasticité musculaire pendant la contraction, Ficx a construit son myographe isométrique, dont voici la description :
L’extrémité supérieure d’un muscle (M) étant fixée à l’aide d’un pince (Z) sur un support vertical, l'extrémité inférieure (K) est attachée à l’aide d’un fil inextensible à une pointe (d) fixée sur un levier d’acier très fort( H, H) à 80 millimètres de l'axe (A). — Ce
4 GRAPHIQUE (Méthode).
levier (H, H), long de 320 millimètres environ, présente deux bras Re ie une petite poulie de 8 millimètres de diamètre; sur la gorge de la pou eu Rd fil qui supporte un petit plateau (L) dans lequel on met des poids. a se an grand levier (H, H) se trouve fixé, sur le même support, un petit levier (hh: Jonc,
Fi. 8. — Myographe de GRÜTZNER.
très léger et très rigide. Ce levier présente un seul bras dont l'extrémité libre (hi) est reliée à l’aide d'un fil rigide à l’extrémité libre (fi) d'un ressort très fort. Autour de l'axe (a) du petit levier (hh:) se trouve enroulé un fil flexible, mais inextensible, qui, par un crochet (c) fixé à son extrémité libre, est attaché au grand levier (H, H). Quand le grand levier, pendant la contraction musculaire, est attiré en haut, le petit
F1G. 4, — Myographe isométrique de Frck.
levier doit s’incliner en bas. Pour que l’abaissement du petit levier soit possible, il faut que le ressort (ff) se courbe. Comme le rayon de l’axe du petit levier est très petit, il résultera que, pour un pétit déplacement provoqué par la contraction musculaire, il M aura une grande déformation du ressort, et par conséquent une grande résistance Opposée au déplacement du levier. Toute force de traction appliquée au grand levier au point d'attache du muscle (d) se mettra en équilibre avec la tension du ressort (ff1) sans provoquer un déplacement important du point d'attache du muscle, donc une vâriation de la longueur du muscle. — La valeur de la force de traction exercée par le
GRAPHIQUE (Méthode). ÿ
muscle est donnée par le déplacement du petit levier (hh:} dont l'extrémité s’abaisse d'autant plus que la force musculaire de traction est plus grande, Le mouvement d’abaissement du petit levier est enregistré par une pointe inscrivante (s) sur un cylindre enregistreur vertical, sur lequel-se trouve tracée d'avance l’échelle de tension, obtenue en exerçant sur le grand levier (HH) des tractions connues à l’aide de poids.
Sur le myotonogramme de la figure 5 ôn voit à la partie supérieure le tracé du grand levier; à la partie inférieure, coupant les lignes de l'échelle, le tracé du petit levier, qui descend jusqu’à la ligue qui correspond à une tension de 1 600 grammes.
Le myographe isométrique de Weiss (1898) se compose d’une lame de ressort de 15 millimètres de longueur, pincée à ses deux extrémités dans des supports fixes, et dont le milieu est relié au muscle par un fil perpendiculaire au ressort. C’est un petit dynamomètre. Le ressort supporte tout l'effort; il n’y a aucun jeu dans ses points d'attache, par conséquent, pas de petites ondulations secondaires. Le mouvement de déformation du ressort est amplifié à l’aide d’une 5 __ Mvotonopetite transmission qui peut être extrêmement légère, puisqu'elle ne gramme (F1cK). subit aucun effort; il résuite que l’appareil n’a pas d'inertie. — Le myographe est monté sur une petite glissière avec vis d'arrêt permettant de régler facilement la traction sur le muscle. — Il suffit d’avoir une série de petites lames-ressort pour faire varierla sensibilité de l'appareil.
IV. Il existe des myographes qui sont à Ia fois isotoniques et isométriques. En voici quelques exemples :
L'appareil de Gan et Heymans (1890) se compose de deux leviers mobiles dans un plan vertical, dont l’un, le supérieur, porte un poids, et enregistre les contractions isotoniques, tandis que le levier inférieur, à deux bras et à ressort spirale, enregistre les contractions isométriques.
Le myographe de TiGERSTEDT (d’après SANTESsoN, 1899) se compose de deux supports verticaux qui portent le muscle, d’une poulie mobile dans une fente transversale et d'une plaque-support horizontale, sur laquelle se trouve fixé un levier. A ce levier se trouve fixé un ressort en spirale et une tige qui porte un poids. Un fil qui part du muscle se réfléchit sur‘la poulie et va s’attacher au levier. — Quand on fait agir le muscle sur le levier, le ressort de traction du levier n'étant pas immobilisé, on a des contractions isotoniques; quand, pendant la contraction, le musele doit tirer sur le ressort très tendu, on a des contractions isométriques.
L'appareil de ScHôNLEIN se compose d’une tige reposant sur deux couteaux comme le fléau d’une balance. Sur cette tige, représentant l’axe de mouvement, se trouve fixé un style enregistreur très léger, pouvant tracer ses mouvements sur une surface horizontale. Deux ressorts, dirigés horizontalement, appuient sur l’axe. Au milieu de l'axe se trouve une sorle d’étrier dirigé en bas. Sur la branche horizontale de l’étrier se trouve une pointe dirigée en haut, et un peu en dehors de l’axe de l’appareil. Sur cette
pointe repose un deuxième étrier auquel est attachée l’extrémité supérieure d’un muscle.
L’extrémité inférieure du muscle est attachée à un myographe isotonique. — Pour avoir la contraction isométrique seule, on immobilise l'extrémité du muscle qui est attachée au myographe isotonique. En laissant agir le muscle à la fois sur le levier supérieur et sur le levier inférieur, on peut étudier les variations de tension pendant la contraction. Le levier du myographe isotonique donne le myogramme, landis que le levier supérieur donne le tonogramme de la contraction.
L’appareil de Bzix (1892) permet aussi d’avoir, soit l'inscription simultanée des variations de la longueur et de la tension musculaires pendant la contraction, soit Le tracé de la contraction isométrique. La mesure de la tension est basée sur la mesure de la torsion d’un ressort par la force développée pendant la contraction. Voici la description de cet intéressant appareil:
Un fil d’acier élastique, long d’environ 5 centimètres, et épais de 9 millimètres, est placé horizontalement; l’un de ses bouts est libre. Près de cette extrémité se trouve fixée
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6 GRAPHIQUE (Méthode).
au ressort une tige métallique percée de plusieurs trous, dans un de ces trous on attache,
à l'aide d’un crochet, l'extrémité supérieure d’un muscle. Cette petite tige se termine
par une longue plume enregistrante. | É :
L'extrémité inférieure du muscle est attachée à un levier isotonique ordinaire à poids,
| / !\ Seh Fi. 6 — Myo- Fic. 7. — Dispositifs de l'appareil de ScHÔNLEIN (SCHENCK) graphe de ScHÔN-
LEIN (SCHENCK).
Quand le muscle excité se contracte, les deux plumes enregistrantes tracent sur Le même cylindre des tracés superposés. Quand le muscle est accroché à 3 millimètres de distance de l’axe idéal du levier supérieur, une ordonnée d'un millimètre de la courbe tracée par ce levier représente une tension de 20 grammes. | Quand on veut avoir seulement l'inscription de la contraction isométrique, on n’a
Fic. 8. — Courbes isotonique (J) et isométrique (S) obtenues avec le myographe . de SCHÔNLEIN (SCHENCK).
qu'à immobiliser le levier isotonique inférieur. nes
Parmi les myographes pouvant être soit isotoniques, soit isométriques, citons aussi l'appareil de MARIETTE POMPILIAN.
V. BERNSTEIN a construit un appareil qui n’est autre chose qu’une sorte de balance hydrostatique. La tension musculaire s'exerce sur une colonne de mercure; un flotteur inscrit les mouvements de cette colonne liquide. Da
GRAPHIQUE (Méthode). 7
VI. Bzix (1892) a construit un appareil qui permet d'obtenir une courbe dont les ordonnées représentent le raccourcissement du muscle, et les abscisses, la tension musculaire. Dans ces courbes, un millimètre pris sur l’abscisse représente une tension de 36 grammes.
Cet appareil, appelé Muskelindicator, se compose d’un levier rigide, formé de deux fils en acier, éloignés l’un de l’autre à leur point de fixation sur l’axe, et rapprochés à l'extrémité du levier. Ce levier, long de 11 centimètres, présente à son extrémité une lame-ressort en forme d’étrier disposée horizontalement. A l’extrémité de cette lame se trouvent attachés l’extrémité inférieure du muscle et un poids tenseur; toujours à cette extrémité est fixée aussi une longue pointe enregistrante. Cette pointe métallique est recourbée ; elle trace la courbe résultant de la déformation du ressort et du déplacement du levier sur une surface métallique recouverte de noir de fumée. Cette surface est sphérique ; son rayon est égal à 18 centimètres, et son centre se trouve sur l’axe du levier. Cette surface se présente à l’aiguille enregistrante par sa partie concave ; de cette facon, la plume enregistrante ne la quitte jamais. Pourtant, comme les déplacements de l’aiguille enregistrante ne sont pas considérables, cette surface peut être plane. l
Bux, pour avoir le moins d'inertie, a enregistré les mouvements de l’appareil que nous venons de décrire optiquement. Pour cela, il a supprimé l'aiguille enregistrante et a fixé près de l'axe du levier un petit miroir. A l’aide d’une lentille il concentrait des rayons lumineux $ur ce miroir ; les rayons réfléchis étaient reçus sur un écran. De cette façon, il obtenait une courbe analogue à celle de l’enregistrement direct,
VII. On peut avoir le diagramme du travail d'un muscle à l’aide des appareils de Ficx et de SCHENCK.
Le dynamomètre de Fier (1891) se compose d’une roue mise en mouvement par la traction du muscle. Sur l’axe de la roue se trouve fixée une bande de papier. Une pointe inscrivante est fixée à l’extrémité du ressort sur lequel s'exerce la traction musculaire ; cette pointe inscrivante trace ses mouvements sur la bande de papier. Ainsi on obtient une courbe dont les ordonnées correspondent à la tension musculaire, et les abscisses aux variations de longueur du muscle.
Dans l’appareil de Scene (1899), l'enregistrement se fait sur une surface immobile, La plume enregistrante, elle, subit deux ordres de déplacements : le raccourcissement musculaire lui fait subir un mouvement dans un sens, et le changement de tension lui imprime un mouvement dans une direction perpendiculaire à la première. La résultante de ces deux ordres de mouvement représente la courbe du travail effectué par le muscle pendant la contraction.
VIIE Voici le dispositif employé par Frex pour l'étude de l’accélération imprimée par la contraction musculaire à une masse connue.
Le muscle, représenté sur la figure 9 par un ressort, est attaché à une pointe (c) fixée au levier (HH') à deux bras mobiles autour de l’axe (A). A côté de ce levier se trouve un autre levier (LL') à deux bras. Sur ces deux bras se trouvent fixées deux masses de plomb (M,M') qui se font équilibre. Ce levier (LL') mobile autour de l’axe (R) est en état d'équilibre indifférent. Sur son axe est fixée une poulie (R) sur laquelle s’enroule un fil. Le bout inférieur de ce fil est attaché à une sorte d’étrier (Z) qui porte un pla: teau (S) dans lequel on met des poids. L’étrier qui porte le plateau s'appuie sur une pointe. Le levier (LL') présente une petite tige ({), sur laquelle s’accroche un crochet(n) attaché par un fil à une pointe (d) fixée à l’extrémité d’un des bras du levier (HH'). Les mouvements du levier (LL') sont inscrits par une pointe inscrivante (p) sur une plaque (TT’).
Voici comment cet appareil fonctionne : Avant la contraction musculaire, le fil enroulé sur la poulie (R), et qui supporte l’étrier, est relâché. Quand le muscle se contracte, il soulève le bras H du levier (HH/), ce qui produit un abaissement de la tige (l) du levier (LL'), et un mouvement de ce dernier dans la direction indiquée par les flèches. Quand la contraction musculaire a atteint son maximum, la pointe inscri- Yante du levier a tracé un arc de cercle jusqu’au point m, sans soulever encore le
8 GRAPHIQUE (Méthode).
plateau (S) avec le poids. Quand le levier (LL'). est arrivé près du point m, le fil (RZ étant complètement tendu, le plateau commence à se soulever, Mais à partir de ce point, comme la contraction musculaire est terminée, et que le crochet (n) a abandonné la tige (l), le levier (LL) se meut seulement en vertu de l’accélération que le muscle lui a imprimée pendant sa contraction. Plus celte accélération est grande, plus le poids soulevé peut être considérable, plus la hauteur à laquelle il est soulevé est graude, plus aussi l’arc décrit par la pointe (p) à partir du point (m) est grand. En mesurant donc l'arc tracé sur la plaque, on a la mesure de l’accélération du levier (LL/) et par consé- T' quent la mesure de l'intensité de la contraction musculaire.
ScHENck (1892), de même que Ficx, a étudié l’accélération imprimée à une masse connue par la contraction musculaire. Dans les expériences de SCHENCK, un levier isotonique est placé à côté d’un levier d’acier prismatique dont l’axe de mouvement passe par le centre de gravité. Le muscle est attaché au levier isotonique; pendant la con- S traction, ce levier entraîne dans son Fc. 9. — Dispositif de Ficx pour l'étude de l'accélé- mouvement ascendant, à l'aide d'une
, RD : 5 20e ration imprimée par la contraction musculaire à une pointe d'acier, le levier d acier ; quand masse connue. la contraction est terminée, le levier
| isotonique descend; mais le levier d'acier, à cause de la vitesse acquise, continue sa course, Ce déplacement mesure la force vive imprimée au levier d’acier inerte. La force vive est calculée à l’aide du -moment d'inertie et de la vitesse angulaire.
Lo ————
La vitesse angulaire est calculée à l’aide de la formule y — =; dans laquelle r
FiG. 10. — Courbe isométrique (a), courbe isotonique (ë) et courbe de l'accélération (ce) imprimée à un levier par la contraction musculaire (ScHENCK).
représente la distance de la pointe inserivante à l’axe du levier inerte en “acier; et à, l’arc que cette pointe inscrivante décrit dans le temps Z.
GRAPHIQUE (Méthode). 9
Le
ScHENcx à composé le diagramme du travail correspondant à la force vive calculée. Les ordonnées du diagramme du travail représentent les tensions, les abscisses, les raccourcissements. e
B. Myographes à transmission. — Les myographes à transmission par l'air se composent essentiellement d’un levier, qui est mis en relation, d’une part, avec la membrane d’un tambour de Marey, et, d’autre part, avec un muscle tendu par un poids ou par un ressort. Quelquefois, le poids ou le ressort est supprimé, la tension de la membrane du tambour suffisant à ramener le > levier à sa position primitive, quand la DA contraction à cessé. /
Le tambour du myographe est mis en 7 | communication par l'intermédiaire d'un Xe tube en caoutchouc avec un tambour enrc-
4 7 ï T ï T C 0 ï 5 ï gistreur de MAREy. CRE RON PA SR Un oo
C. Enregistrement de gonflement FiG. 11, — Diagramme du travail musculaire musculairé. — L'enregistrement des varia- Rae) tions d'épaisseur d’un muscle pendant la contraction peut se faire soit à l’aide de l’enregistrement direct, soit à l’aide de la transmission par l’air.
4°) AgBy et Marey ont placé sur le muscle, qui repose sur une plaque rigide, un levier qui traçait directement sur un cylindre enregistreur vertical son soulèvement provoqué par le gonflement du muscle sous-jacent. Au lieu de placer sur le muscle un simple levier, on peut placer sur le muscle un léger cadre métallique qui porte à sa partie inférieure une plume inscrivante.
20) L’épaississement musculaire peut être enregistré à distance, en employant le
ne n DZ PT
ENT MD, x. 4
FiG, 12, — Enregistrement du gonflem2nt musculaire.
dispositif suivant : Le levier d’un tambour explorateur muni d’un bouton métallique presse sur le muscle et l’aplatit transversalement contre une plaque de métal qui lui sert d’appui. — Marey a fait construire une pince myographique entre les mors de laquelle on serre le muscle. Une des branches de la pince porte un tambour à air, qui est mis en communication avec un tambour enregistreur. Les branches de la pince servent en même temps d’électrodes.
D. Enregistrement photographique. — La photographie a été appliquée à l'étude de la contraction musculaire par Hürraze, Weiss, BernsTeIN, Cu. Bour, etc.
HürraLe a pris des photographies microscopiques instantanées des muscles d’hydrophile.
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10 | GRAPHIQUE (Méthode).
Weiss (1896) a photographié à l’aide de l'appareil chronophotographique de Marey les images grossies de l’hyoglosse de la grenouille; pendant la contraction, le muscle était placé dans de l’eau salée; l’image donnée par l'objectif à immersion de Zeiss était photographiée à des intervalles de 1/20 ou 1/40 de seconde; la durée du temps de pose était de 14/2000 ou 1/4000€ de seconde.
E. Myographes doubles et multiples. — On a construit des myographes qui sont plutôt des indicateurs à l’aide desquels on peut mesurer la force de contraction de deux muscles.
Le myographe comparateur de Nasse se compose d’un demi-anneau métallique qu’on peut charger de poids à volonté; il est supporté par une poulie, dont l’axe occupe son grand diamètre, et sur laquel s’enroule un fil dont les deux extrémités vont s'attacher aux deux muscles qu’on veut comparer et qui soulèvent par conséquence le même poids, L’une des deux extrémités de l’axe de la poulie porte une aiguille qui se meut sur un cercle gradué; quand les deux muscles se contractent également, la poulie reste immobile, et l’aiguille est au zéro. Quand l’un des muscles est plus fort que l'autre, la poulie tourne, et la déviation de l’aiguille, qu’on peut facilement enregistrer, indique la différence de force de deux muscles.
L’antagonistographe de RoLLETT est un appareil basé sur le même principe.
LomBarD (1885), dans ses recherches sur les mouvements réflexes, a adopté Le dispositif suivant :
Des fils supportant des poids sont attachés aux extrémités ibrériÈdees de tous les muscles d’une patte de grenouille. Ces fils passent à travers trois séries de trous; sur chaque fil se trouve fixée une plume inserivante.
F. Période latente. — Pour connaître la durée de la période latente de la contraction musculaire, il faut connaître d’une façon précise le moment où a lieu l'excitation et le moment où la contraction musculaire commence. |
Le premier moment, celui de l’excitation, est facile à être bien déterminé sur les graphiques à l’aide d’un signal électrique. Hermnozrz déterminait ce moment à l’aide du procédé suivant : Le contact électrique qui provoque l'excitation était établi par le cylindre enregistreur ; en déplacant le cylindre à la main, très lentement, le muscle, se contractant au moment où l'excitation avait lieu, par suite de la rupture du courant, laissait comme trace une ligne droite, qui correspondait juste au moment où la contraction avait lieu. La position du moment d’excitation, déterminée ainsi, restait la même pour toutes les expériences et pour toutes les vitesses du cylindre.
Le moment où commence exactement la contraction est difficile à déterminer avec les myographes ordinaires : c'est pour cela que les physiologistes se sont ingéniés à imaginer des dispositifs permettant de faciliter cette détermination. Citons parmi ceux qui se sont occupés particulièrement de cette question les physiologistes suivants : Trorrzky (1874), LAUTENBACE (1877), Lancenporrr (4879), Heipenxain (1883), TicersTeDT, etc.
TRotïTzky inscrivait, au moment où la contraction. commençait, le mouvement d’un levier qui tombait. Ce levier, avant le commencement de la contraction, était maintenu soulevé par un électro-aimant ; quand la contraction commençait, le courant qui animait l’électro-aimant était rompu, et Le levier tombait.
Ticersrepr à fait tracer par un signal électrique le commencement de la contraction, Un contact électrique, commandé par la contraction musculaire, rompaitle courant de l’électro-aimant du signal au moment où la contraction commençait.
S IL. — Élasticité musculaire.
L'élasticité musculaire a été étudiée à l’aide de la méthode graphique par v. WITTICE et Marey. Voici le procédé employé par ces auteurs :
. Un muscle, sans charge, est attaché à un levier enregistreur qui trace sur un cylindré. en mouvement une ligne droite. Après un tour du cylindre enregistreur, on charge le muscle d'un poids p, et l’on trace de nouveau une ligne droite sur la suriace du
GRAPHIQUE (Méthode). 11
cylindre; après un tour, on charge le muscle d’un poids 2 p, et ainsi de suite, en faisant toujours tracer par la plume une ligne après chaque augmentation de la charge. De cette facon, on obtient sur le cylindre une série de lignes parallèles : leur écartement mesure l'allongement que le muscle a subi sous l’influence de l’augmentation de la tension exercée par des poids croissants, Cet écartement donne la mesure de l’élasticité d’un muscle en repos.
Pour obtenir la courbe de l’élasticité musculaire, Marey a employé le procédé suivant :
Il a enregistré les variations de longueur d’un muscle auquel est suspendu un petit récipient dans lequel on fait pénétrer, avec une vitesse constante, du mercure ; il a obtenu ainsi la courbe de charge. En laissant s’écouler le mercure, il a obtenu la courbe de décharge. F
Nicozaïpes (1896) a remplacé le mercure par l’eau; celle-ci s'écoule d’un vase de Mariorre, avec une vitesse constante, dans un vase attaché au muscle. Le levier enregistreur, auquel est fixée l'extrémité inférieure du muscle, est pourvu d’un dispositif spécial qui corrige l'inscription en arc de cercle (dispositif analogue à celui du levier du myographe de Hezuoztz). Ce levier trace sur un cylindre enregistreur la courbe d’élasticité du muscle, qui est une hyperbole,
BLix (1882) a imaginé un appareil qui permet d'enregistrer la courbe de l'élasticité d’une facon très ingénieuse. Les ordonnées de la courbe enregistrée par le myographe de Buix correspondent aux variations de longueur du muscle, et les abscisses représentent les variations de la tension qui agit sur le muscle.
Le myographion de Buix se compose essentiellement d’une plaque-support pouvant glisser, à l’aide d’une manivelle, sur des rails. Sur cette plaque mobile se trouvent fixés le muscle et un levier enregistreur qui est attaché au muscle. Sur la plaque fixe qui porte les rails, se trouvent fixés le support d’un étrier qui emboîte le levier enregistreur et une poulie. Un fil, attaché à l’étrier traversé par le levier, se réfléchit sur la poulie ; à l'extrémité inférieure du fil est attaché un poids. Le muscle est attaché à 10 centimètres environ de l’axe au levier. La longueur de levier entre l'axe et le point d’attache du muscle, est parcourue par l’étrier qui porte le poids, quand, à l’aide, de la manivelle, on déplace la plaque-support sur les rails. Quand, par suite du déplacement du levier, le point de traction FiG. 13. — Myographion de BLix. du poids s'éloigne de l’axe du levier, la tension exercée sur le muscle augmente. La pointe inserivante du levier, formée d’un godet plein d’encre, trace sur une surface immobile une courbe dont la hauteur représente les variations de longueur du muscle pendant l’augmentation de la traction exercée par le poids.
Bron (4892) a fait construire un appareil qui donne, comme le myographe de Buix, une courbe de l’élasticité en fonction des variations de la tension. Dans l’appareit de BRoDIE la surface enregistrante n’est pas immobile ; le mécanisme d’horlogerie qui la met en mouvement commande en même temps la tension ou le relâchement du ressort qui agit sur le muscle. Ce dispositif fait que, même s’il y a une irrégularité quelconque dans le relâchement ou dans la tension du ressort, cette irrégularité provoquant une altération analogue dans le mouvement de la surface enregistrante, la courbe de l’élasticité musculaire ne change pas. La pointe inscrivante du levier enregistreur des variations de longueur du muscle est pourvue d’un dispositif correcteur de l'arc de cercle.
12 GRAPHIQUE (Méthode).
S III, — Rigidité musculaire.
Hermann (1896), pour faire l’étude de la rigidité, a pris, à l’aide d’un dispositif spécial, des images photographiques du muscle tous les 1/4, i/2 heures ou toutes les heures. Voici la description de ce procédé de chronophotographie lente :
L’aiguille des minutes d’une horloge touche pendant son déplacement deux systèmes de contacts électriques : l’un de ces contacts commande l’exposition de la surface sensible, l’autre le déplacement de cette même surface. Pendant la fermeture du contact d'exposition, un électro-aimant soulève une petite plaque d’aluminium qui se trouve derrière l'objectif de la chambre obscure. L'image photographique se fait sur une longue pellicule d'un mètre et demi qui recouvre la surface d’un cylindre en bois noirci, mobile autour d’un axe vertical. Sur l’axe du cylindre se trouve fixée une roue dentée pourvue de 8 360 dents. Deux tiges d’arrêt agissent sur cette roue ; l’une de ces tiges est fixée à l’armalure d’un puissant électro-aimant. C’est l’aiguille des minutes qui, en fermant un des contacts, commande cet électro-aimant, et par conséquent le. mouvement du cylindre. Comme source électrique, on à trois accumulateurs. L’appareil fonclionne jour et nuit dans une chambre obscure. Le muscle est éclairé par une: lanterne de Dusosco. x
Broote el Ricaarpson (1897), pour photographier les variations de longueur du muscle, ont employé le dispositif suivant :
Le muscle étant placé dans un récipient plein d’un liquide quelconque, son extrémité supérieure est attachée à l’aide d’un fil métallique à un ressort en spirale. Sur le fil d'attache se trouve fixé un petit brin de paille, ou un mince tube de verre, portant un petit miroir plan. Pendant le raccourcissement musculaire, ce miroir subit une déviation. On enregistre cette déviation de la façon suivante : Un condensateur, placé devant une source lumineuse, concentre Ja lumière sur une fente horizontale étroite. Les rayons qui sortent de celte fente sont concentrés et projetés sur le petit miroir. Les rayons réfléchis par le miroir vont tomber sur la longue fente verticale d’une boîte obscure contenant la plaque sensible; celle-ci est animée d’un mouvement de translation. L’amplification de l’image obtenue sur la plaque varie avec la distance qui sépare le miroir de la plaque sensible et la longueur du brin de paille qui porte le miroir.
Plus celle-ci est petite, plus l’amplification est grande et l’inerlie de la pièce mobile petite.
S IV. Myographie chez l’homme.
L'étude de la contraction musculaire chez l’homme peut être faite, soit à l’aide d’appareils à inscription directe, soit à l’aide d'appareils à transmission.
A. Myographes directs. — Le myographe de Cxox se compose d’une tige de fer (A) le long de laquelle se meut verticalement une tige horizontale (B). Celle tige peut être fixée à volonté à l’aide d’une vis de pression (C). Un ressort à boudin en laiton (D) est suspendu à la tige (B) ; ce ressort se termine à sa partie inférieure par une gouttière métallique (E) destinée à recevoir le pouce. Le ressort communique avec un système de leviers (F,F) auxquels se transmet chaque traction exercée sur lui. Les mouvements de traction sont ainsi enregistrés sur un cylindre. Le bras est placé dans un moule en plâtre qui le fixe et ne permet que les mouvements de l’adducteur du pouce. L’excitation de ce muscle se fait par l’excilation du nerf cubital.
L'appareil de Fier (1887) se compose d’une colonne de bois prismatique (H) qui présente une fente. La main est placée dans cette fente, avec le petit doigt à la partie inférieure et le pouce fixé à un côté de la fente. La main se trouve ainsi bien fixée. Une sorle d’étrier (D) formé par un fil de fer est posé sur l’index entre Ja deuxième et la troisième phalange. A l’extrémité inférieure de cet étrier se trouve fixée une lame (B) en fer-blanc avec une encoche dans laquelle est placée une pointe (N); cette pointe est fixée à l’axe d’un levier à ressort. Les mouvements de ce levier sont enregistrés sur
un cylindre. On obtient ainsi les courbes des contractions isométriques du muscle abducteur de l’index et du premier muscle interosseux. Pour un millimètre d’élévation de l'index, les muscles se raccourcissent tout au plus de 1/5 de millimètre.
Rozzer (1898) a construit un appareil à l’aide duquel il a inscrit les mouvements du petit doigt.
V. Kris a construit un appareil sur le modèle des sphygmographes directs pour l'inscription directe des contractions musculaires.
On peut enregistrer les mouvements d’un doigt dans les trois directions de l’espace à l’aide de l’appareil de Somuer (1899). Cet appareil se compose d’une sorte d’anse, formée par une courroie, dans laquelle se place le bras, et de plusieurs leviers auxquels sont attachés des fils qui partent du doigt dont on veut étudier les mouvements. Trois plumes enregistrantes reliées aux leviers tracent les mouvements du doigt, dans les trois directions de l’espace, sur un cylindre enregistreur.
Sommer a enregistré aussi les mouvements de la jambe à l’aide d’un long levier vertical attaché par un bracelet à la jambe. Les mouvements de ce grand levier sont transmis à un petit levier enregistreur qui inscrit ses mouvements sur un cylindre enregistreur vertical.
Mosso (1896) à obtenu la courbe de tonicité du muscle triceps crural, en remplaçant la tige qui porte l’arc de cercle gradué dans son myotonomètre par une tige de bois avec une plume à l'extrémité qui inscrit ses mouvements sur un cylindre enregistreur.
Dans le myotonomètre (ou appareil pour étudier [a tonicité des muscles chez
l’homme), un poids tire sur Le triceps crural, et tend à rapprocher le pied de la jambe. Plus l’angle que l'axe du pied fait antérieurement avec la ligne verticale de la jambe est aigu, plus la tension du triceps crural est grande. La mesure de cet angle se fait à l’aide d’un demi-cercle gradué appliqué contre la plante du pied. . Le poids qui tire sur le triceps crural est attaché à l’aide d’une corde passant sur une poulie à la partie antérieure d’une planchette faite comme une sandale et fixée fortement à l’aide de lacets contre la plante du pied. La jambe est fixée entre deux coussins dans une jambière qui présente à sa partie antérieure un support pour la poulie sur laquelle passe la cordelette qui supporte le poids. Au lieu d’un poids, on peut employer un vase dans lequel entre un courant de mercure.
Le myographe dynamométrique de GRÉHANT (1890) se compose d’une lame d’acier, longue de 400 millimètres, large de 18 millimètres, épaisse de 2 millimètres, disposée comme le myographe de Marey sur une table de fonte à rainures. Son extrémité inscrit ses mouvements sur un cylindre enregistreur. On tire sur la lame par l'intermédiaire d’un fil qui passe sur une poulie. On fait l’étalonnage de l’appareil en notant les déplacements de la plume pour des poids variant de 5 kilos en 5 kilos.
On mesure à l’aide de cet appareil la force de traction des muscles fléchisseurs (biceps et brachial antérieur) et des muscles extenseurs (triceps brachial). Un support spécial sert à maintenir le bras.
Peyrox et Tuacxint ont fait des recherches avec cet appareil.
B. Myographes à transmission. — Marey, pour enregistrer le gonflement des muscles de l’homme, a employé un tambour à air, à l’intérieur duquel il y avait un ressort qui faisait saillir un peu la membrane. Le fond du tambour était fixé à une sorte de gouttière métallique, traversée par le tube de transmission qui allait au tambour enregistreur. Un bandage maintenait le tambour explorateur appliqué sur le muscle dont on voulait étudier les contractions.
La pince myographique de Mare, formée de deux branches, dont l’une porte un tambour explorateur, peut être appliquée à l’élude des contractions de certains muscles, comme ceux de la paume de la main.
L'appareil de Marey, le plus employé à l'étude de la contraction musculaire de l’homme, se compose d’un brassard formé de baguettes de bois assemblées par des cordes. Ge brassard est fixé, par une forte courroie, sur un membre. Parmi les baguettes qui forment le brassard, il y a une planchette, de # centimètres de largeur, qu'on place en face du muscle qu’on veut explorer. Cette plaque présente à son centre un trou “par lequel s’exerce la pression d’un ressort métallique plus ou moins tendu-par une vis
14 GRAPHIQUE (Méthode).
de réglage. Un tambour à levier, fixé sur le brassard, reçoit les mouvements de soulèvement du ressort provoqués par les contractions du muscle exploré.
DEMény (1890) a pu enregistrer simultanément les contractions des muscles biceps et triceps brachiaux et les mouvements de l’avant-bras à l’aide du dispositif suivant : Un brassard de gutta-percha, divisé en deux parties, porte deux myographes de Marey explorateurs du durcissement des muscles. Un fil de caoutchouc, attaché à la main ou à l’avant-bras, transmet le mouvement réduit au levier d’un tambour manipulateur. Les trois tambours explorateurs transmettent leurs mouvements à trois tambours inscrip= teurs qui enregistrent les mouvements reçus sur la surface d’un cylindre. Les deux moitiés du brassard sont reliées par un lacet de caoutchouc, afin de rendre aussi indépendantes que possible les indications des deux myographes et de les soustraire à l'action du changement de forme du bras. Afin d'éviter complètement l'influence des variations de section du bras, qui est plus grande pendant la flexion, DEMÉNY s’est servi de deux tambours explorateurs tout à fait indépendants et méiste nt contre le bras par des liens de caoutchouc. Ces tambours contiennent des ressorts à boudin, et sont en contact avec la peau au moyen d’un bouton de petit diamètre.
Horszey et ScaÂrer ont fait l’étude des contractions des muscles de Ja main à l’aide de la méthode de Marey.
Warner (1883) a étudié les mouvements des différentes parties de la main à l'aide du procédé suivant : Des tubes de caoutchouc élaient placés entre les doigts; ces tubes transmettaient les impulsions reçues à des tambours enregistreurs.
HaycrarT (1898), pour faire ses recherches sur la rapidité des mouvements volontaires de la main, a employé un tambour à air, sur la membrane duquel un doigt était appliqué avant le commencement de la eentraction, et une ampoule de caoutehouc placée dans la paume de la main. Les mouvements imprimés au tambour et à l’ampoule étaient enregistrés sur une même surface par deux tambours inscripteurs super ‘posés.
S V. — Dynamographes et ergographes.
I. Le dynamomètre à transmission de Marey se compose d’une forte monture de fer munie de deux anneaux, à l’un de ces anneaux (A) s’applique la force motrice, à l’autre (B) la résistance. Ce dernier prolonge la tige d’un piston maintenu en équilibre entre deux ressorts à boudin, dont l’un, plus résistant, supporte tout l'effort de la traction. En prolongeant la tige du piston aussi de l’autre côté du piston et en la reliant à la membrane de caoutchouc d’un tambour à air, on peut inscrire à distance les indications du dynamomètre à l’aide d’un tambour enregistreur. La courbe du tracé obtenu s'élève d'autant plus haut que l'effort de traction développé est plus énergique. On gradue l'instrument en le soumettant à des tractions connues, et l’on construit l'échelle qui sert à évaluer les indications
Un dynamomètre ordinaire peut être transformé en dynamographe. I suffit pour cé de rattacher le ressort du dynamomètre, par exemple le ressort du dynamomètre de REGNIER, qui est le plus usité, à la membrane de caoutchouc d’un tambour de Marey.
Le dynamographe de VErDiN (1896) se compose d’un piston que la paume de la main fait appuyer sur un ressort (composé de 4 ressorts) dont les déformations sont transmises en même temps à un index qui se déplace sur un cadran et à un tambour à air.
I. Marey a inscrit le travail produit par le soulèvement d’un poids au moyen d’une poulie, en plaçant entre la main et l’extrémité de la corde sur laquelle on agit un dynamographe à transmission. Le cylindre enregistreur se déplaçait proportionnellement aux alternatives d’élévation et d’abaissement du poids; ce mouvement était commandé par la rotation alternative de la poulie sur laquelle passait la corde.
IT. Le dynanomètre enregistreur totaliseur de CH. HENRY consiste essentiellement en une poire de caoutchouc remplie de mercure, qui, sous la pression de la main, monte
GRAPHIQUE (Méthode). 15
plus ou moins haut dans un tube gradué. Une masse de fer, soulevée par le mercure, communique le mouvement à une plume qui trace les pressions sur un cylindre tournant recouvert de papier millimétrique. La personne en expérience s’attache à obtenir et à conserver la pression maximum jusqu’à l’épuisement.
La graduation fixée sur la planchette indique : 1° la pression ; 2° le travail. L’aire de chaque courbe enregistrée mesure le travail dit statique.
Ce dynamomètre ne présente pas les inconvénients des ressorts métalliques qui n’enregistrent que les pressions normales à la lame d’acier (pas du tout les pressions latérales), qui ne totalisent pas les efforts des muscles, et qui par conséquent indiquent un effort trop petit; de plus, la rigidité du métal est douloureuse à la pression.
IV. Les ergographes sont des appareils qui inscrivent le travail produit pendant un effort constant ou presque constant,
Le plus répandu des ergographes, l'appareil de Mosso, a été déjà décrit ailleurs, Cet appareil a été modifié par TREVES.
Citons encore l’ergographe de LomeArD qui permet d’avoir le tracé simultané du travail effectué par les deux bras séparément; l’ergographe de Porter qui inscrit le travail effectué par l’index dans les mouvements latéraux; et enfin l’ergographe de BINET et Vascine (1897). Ces derniers auteurs ont remplacé le poids par un ressort, ce qui permet à l'effort maximum de se graduer lui-même et de prolonger pendant un temps très long les contractions possibles du muscle. Dans cet appareil, l’effort variant à chaque instant, il est difficile d'évaluer le travail total, ce qui est un inconvénient.
IMBERT et GAGNIÈRE (1903) ont inscrit l’état variable de la tension du fil del ergographe,
en se Servant d’une sorte de petit dynamomètre enregistreur intercalé sur le trajet du fil.
Respiration.
$ I. — Mouvements de la cage thoracique. — Stéthographie. — Pneumographie,
Les appareils qui servent à l’enregistrement d’un seul point du thorax s'appellent stéthographes; ceux qui enregistrent les dilatations de la cage thoracique s’appellent pneumographes.
A. Enregistrement direct. — Pour étudier les mouvements HRSpIStOre Ps on à commencé par enregistrer les mouvements d’un seul point du thorax.
Ainsi Vrerorpr et LupwiG6, en 1855, ont étudié les mouvements respiratoires à l’aide du sphygmographe de Vierorpr. Ce auteurs procédaient de la façon suivante : Le sujet étant couché sur le dos, ils appuyaient sur son sternum le bouton qui dans l’exploration du pouls repose sur le vaisseau. La grande branche du sphygmographe traçait sur un cylindre enregistreur la courbe des mouvements respiratoires.
M’ Vaiz (1868) a construit un appareil appelé spirographe, qui peut s'appliquer à n'importe quelle partie du thorax. Cet appareil, qui esten réalité un appareil à fonctions multiples, un spiro-cardio-sphygmographe, se compose essentiellement d’un piston qui s’applique sur le thorax. Ce piston entraîne dans les mouvements une petite roue (un segment de roue) qui par l'intermédiaire de deux roues d’engrenage, une grande et l’autre petite, met en mouvement une roue qui porte La plume inscrivante. On obtient une amplification triple des mouvements respiratoires, de par le choix des roues d’engrenage. Le cylindre enregistreur est mis en mouvement par un mécanisme d’horlogerie. L'inscription se fait sur une bande de papier sans fin; à côté du cylindre principal, il y a un cylindre qui porte la provision de papier. La plume est formée par un simple tube de verre rempli d’encre rouge; la plume enregistrante présente un mouvement rectiligne. Pour les courbes respiratoires on enregistre les minutes.
16 GRAPHIQUE (Méthode).
Le stéthographe de Raxsome (1876) donne l’inscriplion sur trois feuilles différentes d’un point déterminé suivant trois directions : plan antéro-postérieur, plan transversal et plan horizontal, par un mécanisme analogue à celui du thoracomètre de SiBson.
RansomE, avant le stéthographe, avait construit (1873) un stéthomètre pour la mesure des diamètres thoraciques; dans cet appareil les mouvements dans les trois directions se lisaient sur trois quadrants.
Le stéthographe double de RieceLz donne l'inscription simultanée des mouvements de deux points du thorax. Cet appareil se compose de deux leviers qui écrivent sur les deux surfaces d’une plaque de verre noircie. En regardant cette plaque par transparence, on voit en même temps les deux courbes et on peut ainsi les comparer facilement.
May (190i) a construit aussi un stéthographe double, qui est une modification de l'appareil de RiEGEL. |
Ce genre d'appareils ne permet pas de faire l'inscription sur un cylindre enregistr eur ordinaire il demande que la surface enregistrante fasse parlie de l’appareil et qu’elle soit fixée au thorax de même que l'appareil inscripteur.
B. Enregistrement au moyen de la transmission à air. — I. Pour faire l’inscription des mouvements d’un point quelconque du thorax sur un cylindre enregistreur ordinaire, on emploie des s{éthographes à transmission.
Le stéthographe de Pau BerT nous offre l'exemple d'un tel appareil. Il se compose essentiellement d’un tambour à air articulé à un support; l’articula'ion permet de donner au tambour n'importe quelle position. Un disque d’aluminium, qui se trouve fixé à la membrane de caoutchouc du tambour, présente une petite tige qui se termine par une petite plaque. Cette tige est guidée par un trou percé dans une sorte d’étrier qui se trouve au-dessus de la membrane du tambour. A cet étrier est fixé un fil en caoutchouc qui sert à ramener la tige dans sa position primitive quand l'inspiration a cessé d’agir sur elle. Un tube de caoutchouc va au tambour enregistreur.
Quel que soit le dispositif employé basé sur ce principe, l'enregistrement par cette méthode est difficile, car il exige une immobilité absolue de l’homme ou de l'animal.
Au lieu de faire on des mouvements d’un seul point du thorax, on peut inscrire les variations d’un des diamètres de la cage thoracique.
Fiex et Pauz BErT, indépendamment l’un de ttes ont inventé des appareils qui permettent de faire une telle étude.
L'appareil de PaAuz BerT se compose essentiellement d’un compas d'épaisseur, d’où le nom de Zirkelstethograph qu’on lui donne en Allemagne. Un tambour à air est fixé sur un des bras du compas ; l’autre bras porte une petite plaque. Un anneau en caoutchouc enlace les deux branches du compas et les ramène à leur position de repos, quand la respiration a cessé d’agir sur eux. On peut placer ce compas sur n’importe quels points du thorax et sur n importe quels animaux.
Le pneumographe de Ficx est aussi un compas, mais ce compas présente des bras qui se prolongent : on distingue ainsi les longs bras et lés petits bras de l'appareil. Les grandes branches du compas sont placées aux extrémités d’un diamètre du thorax ; entre les petites branches se trouve une sorte de pompe dont le corps de pompe est porté par une branche du compas et le piston articulé par l’autre. Cette pompe, qui remplace le tambour à air, communique par un tube avec le tambour enregistreur.
BURDON-SANDERSON (1869) a construit un appareil qui ressemble aux précédents. Son stéthomètre, qui est en réalité un cardio-stéthographe, car il inscrit aussi les battements du cœur, se compose d’un léger cadre qui est suspendu, à l’aide d’un ruban, au cou. Un des bras de l’appareil est rigide, l’autre est flexible ; l’un porte un bouton mobile, l’autre un tambour à air, un bouton et un ressort d'acier. La distance qui sépare les deux boutons se mesure par une baguette graduée.
II. Le moyen le plus simple et le plus sûr pour faire l’étude des mouvements respiratoires est d'enregistrer les variations de la circonférence de la cage thoracique. Cet enregistrement peut se faire à l’aide d'appareils très simples. Il suffit, par exemple, d’avoir une ceinture qui fait le {our du thorax et de placer un sac à air sous cette ceinture. Ce sac en caoutchouc communique avec un tambour enregistreur ordinaire de Mare.
GRAPHIQUE (Méthode). 17
Sur ce principe est basé le pneumographe de BronpcEest, connu aussi sous le nom de pansphygmographe.
KwozL aussi s’est servi d’un sac élastique, à surfaces planes, qui se boucle à la partie supérieure du ventre.
Les courbes obtenues à l’aide de ce dispositif possèdent une branche ascendante qui représente l’inspiration et une branche descendante qui représente l'expiration.
Marey a construit plusieurs modèles de pneumographes.
Le premier modèle est formé par un cylindre élastique creux mis sur le trajet d'une ceinture. Le cylindre présente des surfaces latérales en caoutchouc, consolidées par un ressort en spirale contenu dans son intérieur, et des extrémités métalliques. Ce cylindre, qui est attaché par ses deux bouts à une ceinture qui fait le tour du thorax, communique par un tube avec un tambour à air. Pendant l'inspiration, les parois thoraciques appuient sur la ceinture et produisent une traction et par conséquent un allongement du tube. Les courbes représentent l’ inspiration par une ligne descendante, et l'expiration par une ligne ascendante.
PauL BerT, qui s’est servi de cet appareil (1870), l’a modifié de la facon suivante :
A CHLES VERDIN
F1G. 14, — Pneumographe de MAREY.
Il a remplacé la surface cylindrique en caoutchouc par une surface métallique, et les surfaces basales métalliques par des membranes en caoutchouc pourvues des crochets qui s’attachent à la ceinture.
Un autre pneumographe de Mary sé compose d'une lame élastique d'acier qui repose sur le thorax (sternum). Aux petits côtés de cette lame sont fixées des branches divergentes auxquelles s'attache une ceinture qui fait le tour du thorax. Sur la lame se trouve fixé le tambour. En face de la membrane en caoutchouc se trouve un levier dont l’axe repose sur la lame, et dont une extrémité est fixée à une tige horizontale solidaire
d’une colonne verticale fixée près d’une des branches divergentes de l’appareil. Au moment de la dilatation du thorax, la traction exercée par les cordons sur les branches les rend plus divergentes encore, grâce à la flexion de la lame-ressort. Cette divergence produit une traction sur la membrane du tambour qui est relié avec le tambour inscripteur. La courbe tracée s’abaisse donc quand le thorax se dilate; elle s'élève au contraire quand le thorax se resserre.
Le nouveau modèle de l'appareil de Marey diffère de l’ancien, non en principe, mais dans la manière dont le tambour et le levier qui agit sur lui soñt disposés. Ce tambour, au lieu d’être vertical, est placé horizontalement, sa membrane en caoutchouc étant en force de la lame élastique. Un des bras, en divergeant, agit directement sur la membrane. L'appareil présente en plus des anneaux auxquels s'attache un ruban qui fait le tour du cou. Dans cet appareil, comme dans le précédent, les branches descendantes des courbes enregistrées représentent en les branches ascendantes l'expiration.
Le pneumographe de SewaLz (1890) se compose d’une sorte de pince qui ressemble à la couverture d’un livre. Entre les bras de cette pince se trouve un sac en caoutchouc. Les parties latérales de la pince sont attachées à une corde qui fait le tour du thorax. L’articulation de la pince représente aussi son extrémité inférieure, Aux extrémités supérieures s'attache un ruban qui suspend l’appareil au cou. L’inspiration, en tirant sur les branches de la pince, la ferme et chasse l'air du sac. L’air chassé, passant par le tube de transmission, arrive au tambour enregistreur et provoque un soulève-
18 GRAPHIQUE (Méthode).
ment de la plume. L'inspiration se trouve ainsi représentée par une ligne ascendante.
Le pneumographe de Guixarn (1893) se compose aussi d’une sorte de pince qui repose sur la poitrine par un de ses bras. Le bras supérieur appuie pendant l'inspiration sur un tambour compris entre les bras de la pince. Le tambour contient un ressort dans son intérieur (comme le cardiographe de Marey). L’articulation de Ia pince occupe une position latérale. Un cordon part du bras supérieur, entoure le thorax et va se fixer du côté de l'articulation de la pince. L’inspiration provoquant une compression
du tambour, sera représentée par un soulèvement de la plume enregistrante’et par
conséquent par une ligne ascendante de la courbe. |
Le pneumographe de MARIETTE PompiLIAN se compose d’une plaque-support . À cette plaque est fixé un levier sur lequel agissent les tractions de la ceinture dont une des extrémités est attachée à la plaque. Le levier transmet ses mouvements à un deuxième levier placé en face d’un tambour à air. Un dispositif spécial permet de faire varier l’amplitude des mouvements transmis autambour.Un ressort, dont la tension est réglable,permet de modifier la résistance qui s’oppose aux
Sur les tracés, l’inspiration estreprésentée par une ligne ascendante, l'expiration par une ligne descendante.
Le pneumograpghe de LAULANIÉ se compose d’une sorte de pince à branches plates en bois reposant sur
Fi@. 15. — Pneumographe de MARIETTE POMPILIAN, la cage. thoracique. Sur la branche inférieure repose le tambour à air. Un ressort extérieur de caoutchouc tire sur l'extrémité de la branche supérieure de la pince. L’articulation de la pince est à dent. La branche supérieure de la pince se prolonge au delà de l'articulation par une sorte de peigne auquel s’attache la ceinture qui fait le tour du thorax et qui s’accroche par son extrémité à la branche fixe de la pince. Le tambour peut être déplacé entre les deux branches de la pince, de façon à modifier l'amplitude des mouvements communiqués à la membrane.
On peut, quoique difficilement, enregistrer séparément et simultanément les mou-
vements des deux côtés du thorax, comme l’ont fait Giserr et Rocer (1896)
S IT. — Contractions des muscles respiratoires. Myographie.
L. Les appareils enregistreurs des mouvements du diaphragme s'appellent phrénographes. On peut improviser un phrénographe très simple de la façon suivante : On
enfonce, à travers la paroi du ventre d’un animal quelconque, d’un chien par exemple, une longne aiguille dans le diaphragme. Cette aiguille reproduit les mouvements du
diaphragme ; pour les enregistrer, il suffit d’attacher, par un fil, l'aiguille à une plume
inscrivante.
Le phrénographe de RosENTHAL se compose essentiellement d’un levier d’une forme spéciale ; ce levier est introduit par un trou fait dans la paroi du ventre, entre le diaphragme et la face supérieure du foie. Les mouvements de ce levier sont transmis soit à un style enregistreur, soit au levier d’un tambour à air.
En introduisant, comme l'ont fait P. Mason et Du-Bois-Reymonr, une simple ampoule de caoutchouc entre le foie et le diaphragme, on peut enregistrer très facilement les mouvements du diaphragme: il suffit pour cela de relier l’ampoule, par un tube à transmission, avec un tambour inscripteur de Marey, fs
mouvements des leviers.
Le phrénographe de KronEcrer et Marcxwazn se compose d’un levier à deux bras: l’un des bras, en forme de spatule,est glissé, par une incision de la paroi abdominale, dans l’angle que font les côtes avec l’appendice xiphoïde; l’autre bras du levier est relié par un fil à un long levier enregistreur; un poids est attaché au levier par un fil qui passe sur une poulie. Les deux fils attachés au levier se trouvent sur une même droite. Le support du levier enregistreur est pourvu d’une vis de réglage qui commande le rapprochement ou l'éloignement du levier de la surface enregistrante.
Huzrkrantz (1890) à pu enregistrer les mouvements du diaphragme de l’homme à l’aide du procédé suivant : une sonde œsophagienne, contenant une ampoule de caoutchouc, est introduite dans l’œsophage, jusqu'au cardia; l’ampoule de caoutchouc est attachée par un fil à une plume enregistrante qui trace sur un cylindre ses mouvements. :
U. Pour éludier les mouvements des muscles intercostaux, KRONECKER s’est servi de l'appareil suivant :
Deux tiges verticales, terminées par des pointes, sont implantées dans les muscles. Ces tiges sont Donducs par deux fils, L’une des tiges est mobile par rapport à l’autre, elle forme une sorte de levier dont l’axe se trouve environ à la moitié de sa longueur, Cet axe est fixé à l’autre tige. Entre les extrémités supérieures des tiges se trouve un tambour à air. Ce tambour est supporté par la tige fixe; la tige mobile agit sur la membrane de caoutchouc. Le tambour enregistreur, qui est en communication avec ce tambour à air, inscrit sur un cylindre les contractions des muscles intercostaux.
IT. Les mouvements de la glotte ont été étudiés à l’aide de la méthode graphique
par Livon (1890) de la facon suivante :
Une petite ampoule en caoutchouc est introduite dans la fente glottique d’un chien;
cette ampoule communique avee un tambour enregistreur de Marey. Pour que la res-
piration ne soit pas empêchée, la trachée est coupée, et une canule est introduite dans
son bout inférieur. Les mouvements de la trachée ont élé enregistrés, à l’aide d’un procédé analogue,
par Nicaise (1889),
Pour l'étude des contractions des bronches, FRanNçors-FRANCK à construit un appareil appelé bronchio-myographe qui est formé d’ampoules conjuguées; cet appareil est identique à celui que nous avons décrit dans le chapitre ayant trait aux mouvements cardiaques. La sonde de cet appareil est introduite dans la trachée, au lieu d’être introduite dans le cœur. — EINTHOVEN a employé aussi un appareil analogue.
$ ILT, — Pléthysmographie de la cage thoracique,
L'entrée et la sortie de l’air des poumons provoquent des variations de volume de tout le corps. Ces variations sont connues depuis longtemps. SWAMMERDAM à vu que l’eau dans laquelle se trouve plongé un chien qui respire (par un tube sortant de l’eau), présente des variations de niveau synchrones avec les mouvements respiratoires. Ces variations de niveau de l’eau ontété, paraît-il, enregistrées par BoRELLI.
Marey, HERING, Knozr, BERNSTEIN, etc. ont enregistré les variations respiratoires du volume du corps d’un animal de la façon suivante : l'animal est enfermé dans une boîte hermétiquement close. Les voies respiratoires communiquent par un tube, qui traverse la paroi de la boîte, avec l’air extérieur. L’espace clos communique avec un manomètre. Les indications du manomètre peuvent être enregistrées soit à l’aide d’un flotteur, soit à l’aide d’un tambour enregistreur qui communique par un tube avec la branche libre du manomètre, Les variations de volume du corps font monter ou descendre la colonne liquide du manomètre.
20 GRAPHIQUE (Méthode).
S IV. — Variations de pression dans la cage thoracique.
On peut enregistrer les variations de la pression de l’air soit dans les voies respiratoires, soit dans les organes qui entourent le poumon.
I. La pression latérale de l’air qui entre dans le poumon peut être explorée à l’aide de la méthode d'Herinc et Breuer (1868). Une canule bifurquée est introduite dans la trachée. L’une des branches de la canule s'ouvre à l’air libre, l’autre communique avec un manomètre enregistreur ou avec un tambour à air de Marey. Les courbes enregistrées par le tambour sont d'autant plus grandes que l'ouverture de la branche libre est plus petite. Le diamètre de cette ouverture peut être modifié à l’aide d’une pince placée sur le tube; le serrage de la pince peut être varié.
On peut introduire dans la trachée la branche horizontale d’une canule en T. Dans ce cas, l’animal respire par la bouche. On peut introduire dans la trachée simplement une canule assez large, qu’on relie à un tambour enregistreur. On peut de même faire l'étude des variations de la pression latérale de l’air dans le poumon, sans ouvrir la trachée, à l’aide d’une muselière bien appliquée sur le nez et la bouche de l'animal.
On peut aussi enregistrer, comme Marey (1865), Bert et HERING, à l’aide du manomètre, les variations de la pression de l’air contenu dans un vase clos, de 5 à 10 litres de capacité, dans lequel respire l’animal. On renouvelle dans ce cas l’air du vase clos toutes les dix minutes en le remplissant d’eau et en le vidant ensuite. Si l’on a un vase trop grand, on peut, en le remplissant d’eau en partie, changer à volonté sa capacité.
La pression de l’air étant plus grande à l’expiration, on a des courbes dont la branche ascendante représente l'expiration, et la branche descendante l'aspiration.
On peut, à l’aide de cette méthode, faire l’étude de la respiration de petits animaux par exemple de la tortue (Fano), du lézard, de la grenouille. Pour la grenouille, par exemple, on introduit une canule de verre dans une narine, ou bien une canule conique dans la cavité du tympan qui est en relation avec le larynx. Dans tous ces cas, on emploie un tambour enregistreur qui est plus sensible qu’un manomètre à liquide.
EINTHOVEN (1892) a fait l’étude des contractions des muscles des HLORARE à l'aide d’un manomètre différentiel.
Citons encore, parmi les auteurs qui ont fait létude de la pression de l’air des la trachée, Donpers (1849) et HuTcHINSON.
Quand on fait l’étalonnage préalable du tambour à air qui enregistre les io de pression, on peut avoir l’indicaliou de la valeur absolue de la pression comme avec. un manomètre à mercure. Si l’on fait cette mesure simultanément en deux points différents de la trachée, on déduit facilement la vitesse du courant d'air, En effet, on sait que les vitesses sont proportionnelles aux carrés des pressions (CHAUvEAU).
IT. FREDERICQ, BERNSTEIN, WEir, etc., ont étudié les variations de pression dans la cavité thoracique, en mettant en communication la cavité pleurale avec un manomètre enregistreur. — Des recherches analogues ont pu être faites sur l’homme (dans le cas d’empyème) par ARoN et Eicorsr.
LupwiG à introduit dans la cavité pleurale un petit sac plein d’eau mis en communication avec un manoïnètre enregistreur. D’ARsSONvAL a remplacé l’eau du sac par de l'air.
Mezrzer à introduit dans le médiastin postérieur une canule reliée à un manomètre à eau. Les indications données par le manomètre étaient enregistrées par un tambour enregistreur, qui était mis en communication avec une branche du manomètre.
On peut procéder de même pour le médiastin antérieur, en employant une canule de KNnozL.
Lucrani, CERADINI, RosENTHAL, etc., ont introduit une sonde dans l’æsophage pour étudier les variations de pression dans la cavité thoracique. FRANGÇois-FRANCK a montré que cette méthode æœsophagienne n’est bonne que si l’on a paralysé au préalable l’œsophage, en coupant les pneumogastriques.
GRAPHIQUE (Méthode). 21
S V. — Spirographie et tachygraphie.
Le wolume de l'air qui entre et qui sort du poumon peut être enregistré à l’aide d’un spiromètre enregistreur. La vitesse avec laquelle l’air pénètre ou sort du poumon peut être enregistrée à l’aide d'appareils qui sont l’analogue de l'hémodromographe.
I. A l’aide d’une canule placée dans la trachée, d’une soupape de Müczer ou de Voir, on peut envoyer dans un spiromètre l'air qui sort du poumon, ou bien on peut faire inspirer par l’animal l’air contenu dans un spiromètre bien compensé. La cloche du spiromètre étant munie d’une plume enregistrante, il est facile d'enregistrer les montées ou les descentes de la cloche correspondant à l'expiration et à l'inspiration,
C’est ainsi qu'a procédé Pau.
Au lieu de placer une canule dans la trachée, on peut faire respirer l'animal dans une muselière, ou bien adapter un dispositif spécial sur la bouche et le nez de l’homme.
Marcer (1897) a enregistré les mouvements d’une cloche d’un spiromètre parfaitement équilibré dans laquelle il recueillait l’air expiré. — L'homme inspirait par le nez, et il expirait par la bouche. L'inscription des mouvements de la cloche du spiromètre se faisait à l’aide d’un tube de verre muni d’un orifice capillaire. Inscription à l’encre sur papier sur lequel il y avait des ordonnées lithographiées mesurant les litres.
KRoNECKER et MarckwaLD ont adapté des contacts électriques au spiromètre de Hurcainson, et ils ont enregistré, à l’aide d’un signal, les variations de hauteur de la cloche correspondant à 200 centimètres cubes.
LANGENDORFF a enregistré au moyen d’un tambour à air les indications d’un gazomètre d'ELSTER.
Le spiromètre enregistreur de Tissot, à compensation automatique, permet d’enregistrer simultanément les mouvements respiratoires, en fonction du volume d’air rl duit dans les poumons, et le débit respiratoire (Voir Journal de Physiologie et de Pathologie générales, n° 4, Juillet 1904).
On peut avoir aussi un bon enregistrement du volume d'air qui entre et qui sort du poumon en mettant en communication l’espace clos dans lequel respire l'animal avec un piston-recorder.
L’aéropléthysmographe de Gap est une sorte de petit spiromètre très léger. — Cet appareil se compose d’une sorte de boîte rectangulaire à doubles parois. Entre les parois il y a de l’eau. Un mince couvercle de mica, à bords recourbés et plongeant dans l’eau, ferme la boîte. Ce couvercle tourne autour d’un axe qui se trouve audessus de la paroi postérieure ; un de ses bords longitudinaux supérieurs est muni d’une plume. Un tube s’abouche au fond de la paroi postérieure. Si l’on souffle ou si l’on aspire par ce tube, le couvercle se soulève ou s’abaisse; ces mouvements sont inscrits par la plume du couvercle sur un cylindre enregistreur. Le tube de l'aéropléthysmographe communique avec un récipient dans lequel se trouve placé l’animal en expérience. Sur le trajet du tube de communication, on peut intercaler un manomètre à mercure avec flotteur. On peut ainsi enregistrer simultanément les indications données par l’aéropléthysmographe et celles que donne le manomètre.
II. L'étude de la vitesse de l’air qui entre et qui sort de la trachée peut être faite à l’aide d’un appareil qui est une sorle d’aérodromographe ou aérotachygraphe.
L'anapnographe de BErGeon et Kasrus se compose essentiellement d’une lame mobile en aluminium qui forme la partie postérieure d’une boîte rectangulaire mise en communication avec un tube respiratoire terminé par un embout. L’axe de rotation de la valve porte un levier très léger qui enregistre sur une bande de papier les mouvements de la valve. Des ressorts réglés par des boutons ramènent la valve dans la position d'équilibre, dont elle avait été éloignée par le courant d’air d'expiration. La personne en expérience applique l’embout sur le nez; les variations de pression de l'air des voies aériennes se transmettent à l’air de la boîte rectangulaire et provoquent des mouvements de va-et-vient de la valve.
Cet appareil, étalonné, donne non seulement la mesure de la vitesse et la pression de l'air, mais aussi les quantités d’air inspiré et d’air expiré.
Le pnéographe clinique de poche de MorTIMER-GRANVILLE (1888) consiste essentiellement en un demi-disque de tale, suspendu et bien équilibré ; ce demi-disque porte une plume qui trace ses mouvements sur une petite feuille de papier entrainée par un mécanisme d’horlogerie (dispositif du sphygmographe direct de Marey). Une poignée
permet de tenir l'appareil en face de la bouche ; le mouvement de l'air fait osciller le
demi-disque. du Le pnéographe de Kaursen (construit par Tara et VErDIN) se compose d'un pelit disque d'aluminium, muni d’une plume à encre, placé dans un cylindre. — Quand on
respire par une embouchure, l’air passe dans le cylindre et provoque le déplacement du
disque, en comprimant les ressorts qui le tiennent en place. — Des galets, mis en mouvement par un mécanisme d’horlogerie, font détiler une bande de papier en face de la plume inscrivante du disque.
ZwarDEmAKER a étudié les variations de vitesse de l’air, soit en photographiant les indications données par un aérodromomètre, analogue à l’hémodromomètre de CHau- VEAU, soit en enregistrant les mouvements d’un aérodromographe basé sur le principe des tubes de Piror.
AAITI
Locomotion animale.
$S I. — Locomotion terrestre.
A. Enregistrement direct. — Pour obtenir l’enregistrement direct des mouvements du pied pendant la marche, Marey a employé le procédé suivant : On attache au pied du marcheur un fil qui s’enroule sur la poulie placée sur le premier mobile d'un compteur. Sur la poulie du mobile du compteur qui enregistre les centaines de tours de la première poulie, se trouve attaché un fil qui tire sur une plume inscrivante. Au moyen du rouage réducteur au centième, on peut donc avoir des tracés limités à un espace restreint. Ces tracés montrent le temps pendant lequel le pied est à l'appui ou au levé, le chemin parcouru, et les phases du mouvement.
En attachant une corde à la ceinture et à un compteur, on peut enregistrer les mouvements de tout le corps du marcheur.
B. Enregistrement au moyen de la transmission à air. — I. Appuis et devés du pied. — a) Chez l’homme. — Les appuis et Les levés des pieds, dans la marche, ont été enregistrés par MarEey de la façon suivante : La semelle en caoutchouc d’une chaus-
sure spéciale, appelée chaussure exploratrice, contient un petit sac en caoutchouc plein
d'air; ce sac est relié par un tube avec un tambour enregistreur. À chaque appui, il se produit un écrasement du sac, et, par conséquent, une rentrée d’air dans le tambour enregistreur; au contraire, à chaque levée il y a une rentrée d’air dans le sac de la chaussure. Le tracé qu’on obtient à l’aide de ce procédé permet d'apprécier les durées des appuis : elles sont représentées sur le tracé par les parties élevées des courbes.
Au lieu d’une chaussure spéciale, Marey a employé aussi une chaussure quelconque, en logeant dans la cambrure de la semelle une petite capsule à air à forte membrane. Cette membrane était écrasée par une sorte de bouchon porté par une pièce saillante articulée à charnière le long de la face antérieure du talon. Un tube de petit calibre partait de la capsule à air, s'élevait en dedans du pied et se continuait avec un tube de caoutchouc à épaisses parois qui montait de la jambe à la ceinture et de là au tambour enregistreur. |
Au lieu de placer la petite chambre à air dans la cambrure de la semelle, MAREY l’a placée à l’intérieur du talon d’une chaussure quelconque. Cette caisse à air du talon contenait un ressort de laiton. Un bouton saillant à l’intérieur de la chaussure était placé sous une languette d’acier formant semelle. La pression du pied sur cette languette chassait l’air à chaque pas, à travers un tube qui montait derrière le talon.
GRAPHIQUE (Méthode). 23
TATIN a construit une semelle à soufflet qui pouvait se glisser dans n'importe quelle chaussure. FR
: Pour donner une forme plus saïsissante aux tracés des appuis et des levés du pied, Marey les à transformés en une sorte de notation musicale dont la portée est réduite à deux lignes. Les durées des appuis du pied droit sont représentées par des bandes blanches; celles du pied gauche par des bandes hachurées.
En reliant la capsule à air de la chaussure exploratrice avec le tambour à air de l’odographe, MaREY a pu obtenir la courbe de translation de l’homme. Cette courbe lui a permis d'étudier la longueur du pas dans diverses circonstances,
b) Chez le cheval. — Marey a étudié les allures du cheval à l’aide d’un procédé analogue à celui qu’il a employé pour faire l’étude des appuis et des levés du pied de l’homme. Pour cela, il a placé sous chaque sabot une ampoule à air qui communiquait avec un tambour enregistreur. Les tracés obtenus ont servi à la notation graphique des allures du cheval. Cette notation est formée de quatre lignes groupées deux à deux. Les lignes supérieures correspondent à la notation des appuis et des levés des pieds de devant ; les lignes inférieures à celle des pieds de derrière.
Pour recueillir les tracés, un cavalier monté sur le cheval en expérience tient l’appareil enregistreur sur lequel les tambours inscrivent les tracés des mouvements exécutés par les pieds.
IT. Oscillations verticales du corps.— CARLET (1872), en faisant des études sur le mécanisme de la marche, a inscrit les oscillations verticales que le pubis exécute à chaque phase d’un pas. |
Pour faire cette inscription, il fallait qu'un tambour explorateur restât toujours à la même hauteur au-dessus du sol, tout en se déplaçant horizontalement suivant la translation du corps. Ces conditions ont été réalisées au moyen d’un manège tournant dont le bras, toujours parfaitement horizontal, portait le tambour explorateur. Le levier de l’appareil relié au pubis, s’élevant et s’abaissant tour à tour pendant la marche, agissait sur le tambour.
Pour enregistrer les oscillations verticales du corps pendant la marche et la course, Marey à employé le dispositif suivant :
Une planchette portant un tambour à levier est placée sur la tête de l’homme dont on veut étudier les oscillations verticales pendant la marche: Le levier est chargé d’un poids qui rend le levier très inerte. Dans les mouvements divers continuellement imprimés à l'appareil, la masse qui charge le levier présente continuellement une résistance par son inertie. Quand le tambour s'élève, la masse abaisse la membrane, tandis que dans les mouvements d’abaissement elle la relève. Ces mouvements alternatifs sont transmis à l’aide d’un tube de transmission à un tambour enregistreur qui trace une courbe.
C. Chronophotographie. — La locomotion animale peut être étudiée à l’aide de la chronophotographie, grâce aux appareils et aux dispositifs imaginés par Marey.
I. Chronophotographie sur plaque fixe. — Pour obtenir sur une mêmé plaque plusieurs images d’un homme en mouvement, Marey a revêtu le sujet d’un costume mi-partie blanc et noir ; le côté blanc était dirigé du côté de l'appareil chronophotographique; le mouvement de déplacement s’effectuait sur un fond obscur.
Pour multiplier le nombre des images qu’on peut recueillir sur une plaque fixe, sans qu'il y ait confusion résultant de leur superposition, Marey a revêtu le marcheur d’un costume entièrement noir sur lequel étaient appliquées d’étroites bandes blanches le long des membres. ;
SorET, dans ses études sur la danse au théâtre, Quénu et DEmeny, dans leurs recherches sur la marche des boiteux, ConrTremouziNs et DELANGLADE, dans leurs recherches sur la claudication, ont remplacé les bandes blanches de Mare par des lampes à incandescence qui étaient fixées sur la tête et sur les articulations des membres. En reliant les trajectoires des points obtenus sur les clichés par des lignes, ils avaient la chronophotographie géométrique des mouvements étudiés. |
Braune et Fiscner (1895) ont employé des tubes de GessLer, qui présentent l'avantage
94 GRAPHIQUE (Méthode).
de s’allumer et de s’éteindre instantanément. Dix ou douze tubes de GEISSLER étaient fixés, à l’aide de courroies, sur les membres et sur la tête du sujet en expérience. Tous les tubes étaient reliés à la fois à une forte bobine Ruamxorrr, dont le fil s'enroulait à une barre de bois que l’homme portait en travers sur lès épaules. Sur chaque tube une ligne étroite, tracée au vernis noir, indiquait le point milieu entre les articulations.
L'intermittence dans les temps d’exposition de la plaque sensible n'était pas obtenue par l’obturation intermittente de la plaque, mais par. l’intermittence d'illumination et d’extinction des tubes de Gzisscer. Les objectifs de quatre appareils chronophotographiques étaient ouverts en permanence. Deux appareils chrono-
BA it a a ete rare
ALU “a
F1iG. 16. — Chronophotographie d'un coureur (MAREY).
photographiques étaient placés perpendiculairement à l'axe de déplacement du sujet, l’un à droite, l’autre à gauche. Deux autres appareils chronopholographiques étaient placés, l’un à droite, l’autre à gauche de l’axe de déplacement, mais suivant un axe faisant un angle de 60° avec l’axe des premiers appareils. Les axes optiques de tous les appareils convergeaient exactement en un point placé au milieu des axes de la marche et des appareils, et à 90 centimètres du sol.
Grâce à ce procédé, BrAuxE et Fiscuer ont pu recueillir des images simultanées d’un mouvement considéré. Ces images, représentant les projections An mouvement étudié sur deux plans différents, leur ont permis d’établir les coordonnées dans l’espace du corps étudié. En faisant des mesures très précises sur les clichés obtenus, ils ont déterminé les coordonnées des points milieux entre les articulations. A l’aide de ces points, ils ont pu matérialiser les résultats de leurs recherches dans des figures schématiques qui les représentent dans l’espace.
IL. Chronophotographie sur pellicule mobile. — Le procédé le plus parfait d'étude de la locomotion animale, c’est la chronophotographie sur pellicule mobile. C'est grâce à elle que Marey à fait une partie importante de ses belles recherches sur la mécanique de la locomotion.
Pour faciliter la comparaison des images chronophotographiques, Marey les a disposées dans une épure unique. Pour construire cette épure, il procédait de la facon suivante : les images séparées sur la pellicule étaient projetées successivement, et repérées exactement chacune d’elles sur des points fixes choisis d'avance. Les images projetées étaient décalquées sur une même feuille de papier. Pour éviter la confusion, on n’en dessinait qu’une image sur trois.
Une épure, obtenue de cette façon, donne des renseignements complets sur l'étendue et la vitesse du mouvement étudié.
En projetant sur une épure les images du squelette à l’intérieur des images de la forme extérieure des membres d’un cheval, MaREY a pu déterminer les phases d’allongement et de raccourcissement des muscles qui agissent pendant la marche.
GRAPHIQUE (Méthode). 95
$ II. — Locomotion aérienne.
A. Vol des oiseaux.— I. Les mouvements de l’aile ont été enregistrés par Marey à l’aide d’un ou deux tambours explorateurs fixés sur le corps de l’oiseau. Pour avoir l’inscription de la trajectoire de l’aile, Marey s’est servi d’un pantographe à transmission. La partie exploratrice de cet appareil, fixée sur le corps de l’oiseau, se compose de deux tambours actionnés par le double mouvement de haut en bas et d’avant en arrière que les ailes exécutent dans le vol. Ces mouvements sont transmis, à l’aide de deux tubes de caoutchouc, aux tambours du pantographe enregistreur qui trace la courbe représentant la trajectoire de l’aile.
Cette trajectoire peut être obtenue aussi d’une facon indirecte, à l’aide d’une construction géométrique, en combinant les courbes des mouvements de l’aile dans le sens vertical et dans le sens horizontal, ces courbes étant recueillies séparément.
II. Mare a étudié le vol des oiseaux à l’aide de la chronophotographie sur plaque fixe ou sur pellicule mobile.
La chronophôtographie sur plaque fixe ne s’applique qu’à l'enregistrement des battements des ailes peu rapides, tandis que la chronophotographie sur pellicule mobile permet d'enregistrer les mouvements des ailes même très rapides.
Comme l'oiseau se meut très rapidement dans un milieu, sans voie tracée, il serait indispensable, pour la bonne compréhension-du voi, dele photographier, à la fois, dans tous les sens, ou, pour le moins, dans trois sens : de face, de profil et d’en haut.
Pour obtenir de telles photographies, Marey a employé une installation composée de deux hangars, formant fonds obscurs, Ces hangars étaient disposés à angle droit. L'un de ces hangars présentait un échafaudage qui supportait l'appareil chronophotographique qui permettait d’avoir des images surplombantes. Un trou profond noirci formait le fond obscur de l’appareil chronophotographique surplombant. Deux autres appareils donnaient des vues du vol de face et de profil.
Ce dispositif, pour être profitable, doit donner des images synchrones, ce qui est très difficile à obtenir.
B. Vol des insectes. — I. En approchant, de la surface noircie d’un cylindre enregistreur l’aile d’un insecte tenu à la main, Marey (1868) a pu enregistrer, d’une facon directe, les battements de l’aile.
Ce moyen d'enregistrement permet de compter le nombre des battements de l'aile par seconde. De plus, il a permis à Marey de voir que la trajectoire de l'extrémité de l’aile pendant son battement affecte la forme d’un 8 de chiffre très allongé, fait déjà signalé par PETTIGREW.
II. L'enregistrement de la trajectoire de l’aile de l’insecte a été aussi obtenu par Marey à l’aide de la chronophotographie, grâce au dispositif suivant :
Une caisse de bois, d’un mètre de côté et de 25 centimètres de profondeur, tapissée de velours noir, forme le fond obscur. Le dessus de la caisse est découpé en forme de cercle. Dans l’intérieur du vide formé par la découpure, au niveau du dessus de la caisse, se trouve un disque plein, soutenu par un pied fixé à l’intérieur, dans le fond de la caisse. Entre le disque plein et la découpure circulaire, il existe un vide annulaire, parfaitement obscur, qui sert de fond à l’insecte qui vole. L’insecte est maintenu par une pince légère fixée à l’extrémité d’un petit manège formé d’une paille et deson contrepoids. Le pivot de ce manège est représenté par une pointe, dressée perpendiculairement au centre du disque. Le bord des ailes de l’insecte est doré, et sur leur extrémité se trouve fixée une paillette d’or. En chronophotographiant l’insecte sur une plaque fixe, on obtient la trajectoire de l’aile.
La chronophotographie des mouvements de l’aile des insectes exige un temps de pose extrêmement court. En employant un fond lumineux, produit par la concentration des rayons solaires par un condensateur, et en coupant le faisceau lumineux par un disque obturateur percé de fentes étroites et animé d’une grande vitesse de rotation, Marey (1891) a pu obtenir des photographies d'insectes au vol dans un 1/25 000 de seconde.
26 GRAPHIQUE (Méthode).
Les mouvements des ailes des insectes étant très rapides (de 100, 300 et plus par seconde), pour faire leur étude à l’aide de la chronophotographie, il ne suffit pas d’avoir des images avec un temps de pose très court, mais il faut aussi que l'intervalle de temps qui sépare les prises d'images. successives soit extrêmement réduit. S'il n’en
est pas ainsi, les images de séries chronophotographiques ne représentent pas les.
diverses phases d’un même coup d’aile. C’est ce qu’on observe sur les chronophotegraphies prises par Marey (1894) et par PacKkarp (1898).
Les appareils chronophotographiques à déplacement discontinu de la surface sensible ne se prêtent guère à l’étude des mouvements de l’aile de l’insecte, car les arrêts de la pellicule limitent la vitesse de la translation qu’on peut lui imprimer et, par conséquent, la réduction de l'intervalle de temps qui sépare les images.
Pour obtenir un très grand nombre d'images par seconde, LENDENrELD (1903) et Buzz (4904) ont imaginé des dispositifs spéciaux que nous avons décrits dans le chape consacré à la chronophotographie.
$ III. — Locomotion aquatique.
I. La chronophotographie a été appliquée à l’étude des mouvements dans l’eau par Marey de la facon suivante : un aquarium en verre encastré dans la paroi d’une pièce obscure est éclairé par le jour extérieur ; l’’objectif d’un appareil chronophotographique est braqué sur l’aquarium ; on opère comme en plein jour.
Quand on veut étudier les mouvements des animaux aquatiques sous plusieurs angles différents, et particulièrement en dessus pour les ondulations latérales (mouve-
ment de progression de l’anguille, par exemple), un aquarium ordinaire ne suffit plus.
Dans ce cas, Marey a lose l'installation suivante :
Une sorte de gouttière elliptique est posée sur une table entre les pieds de laquelle un miroir mobile peut être orienté de façon à recevoir la lumière du jour et la ren= voyer verticalement, par une large ouverture ménagée sous la gouttière dans l'intérieur de celle-ci. Sur une certaine longueur, les parois de la gouttière sont coupées, et son fond ainsi que ses bords sont remplacés par une bande de cristal. La vasque, éclairée verticalement par le miroir réflecteur inférieur, forme un fond lumineux sur lequel l'animal se détache nettement en silhouette. On le chronophotographie en plaçant le chronophotographe au-dessus de la vasque, ou en plaçant au-dessus de cette vasque un miroir argenté incliné à 45° qui reflète la silhouette et permet alors d'opérer dans la position normale, c’est-à-dire horizontalement.
IT. Corgzin (1888) a fait des recherches sur le mode de locomotion des poissons et sur le rôle de la vessie natatoire. re
Voici le dispositif employé par lui :
Le poisson est maintenu par une ceinture et une petite tige de cuivre, sous un rectangle flottant. La tige de cuivre est fixée à l’un des petits côtés, perpendiculairement au plan de ce rectangle. Le poisson progresse ainsi naturellement dans le sens horizontal. Deux tambours de Mary sont placés au-dessus du rectangle, de façon que les leviers oscillent dans un plan perpendiculaire aux plus grands côtés. Le tout est très léger et se déplace sur l’eau avec une extrême facilité. L’extrémité d’un des leviers aboutit en un point déterminé de la tête du poisson, tandis que l’extrémité de l’autre
levier aboutit en un point déterminé de la queue. On fixe ces extrémités au moyen
d’un fil. Les tambours sont reliés à des tambours enregistreurs,
Même étude avec un poisson artificiel.
CORBLIN, pour inscrire les variations de volume, a placé un poisson dans une cloche pleine d’eau qui communiqnait avec un tambour de MaREy.
III. Pour mesarer la vitesse de translation d’un poisson dans l’eau, RecnaRrD (1893) a employé le procédé suivant :
Au-dessus d’un disque mis én mouvement par un moteur secte il y à un vase
d’eau avec un poisson qui nage dans une direction opposée au mouvement du disque.
On fait tourner le disque avec une telle vitesse que le poisson paraît immobile, L’im-
GRAPHIQUE (Méthode). 97
mobilité ct du poisson indique que la vitesse du disque est à ce moment égale à la vitesse de translation du poisson. En enregistrant la vitesse du disque, on enregistre la vitesse de déplacement du poisson. L'enregistrement des mouvements du disque est obtenu à l’aide d’un signal de Desprez, qui indique le nombre des tours faits . par seconde par le disque.
Fonctions diverses,
S I. — Phonation.
La représentation graphique des actes sonores constitue ce qu’on appelle la phané- bique des yeux.
I. Les mouvements des lèvres ont été enregistrés par Rosarezzy de la façon suivante :
Un support vertical porte un bras horizontal au-dessous duquel pend, par l’intermédiaire d'une tige doublement articulée, un appareil explorateur. Celui-ci se compose de deux petites branches terminées chacune par un petit crochet plat en argent qui doit embrasser l’une des lèvres dans sa courbure. Une des gouttières se Fate sous [a lèvre supérieure, l’autre sur la lèvre inférieure. Cette dernière est seule mobile. Quand la lèvre inférieure s'élève, elle fait basculer la branche qui repose sur elle autour de son articulation, forçant ainsi les deux extrémités opposées des deux branches à s'éloigner l’une de l’autre, en tendant un petit anneau de caoutchouc, qui sert de ressort antagoniste. Une traction est ainsi exercée sur un tambour à air. La raréfaction de l’air de ce tambour se transmet, au moyen d’un tube de caoutchouc, jusqu’au tambour enregistreur qui tracera, sur un cylindre, les mouvements de la lèvre inférieure.
L’explorateur des lèvres de l’abbé RousskLor permet d’enregistrer à volonté les mouvements de chacune des lèvres et la résultante de ces mouvements. Cet appareil se compose de deux tambours dont les cuvettes sont soudées l’une sur l’autre, et dontles membranes sont reliées, par des tiges rigides et articulées, à deux lèvres en forme de tenailles. Les branches des lèvres sont maintenues écartées par la tension des membranes; ces branches suivent tous les mouvements des lèvres,
Pré (1891) a mesuré, à l’aide d’un appareil spécial, l'énergie des mouvements des lèvres d’après la Rae exercée sur un ressort.
II. Les mouvements de la langue ont été étudiés au moyen du procédé des eme preintes. Voici comment a procédé GRÜTZNER : on applique sur la langue préalablement bien essuyée un enduit de carmin ou d’encre de Chine et on articule ensuite un son. La langue laisse sur les parties du palais avec lesquelles elle est en contact une empreinte caractéristique.
RosareLy, l’abbé RousseLor et autres, ont employé le procédé que voici : on fait un palais artificiel qu’on noircit au vernis du Japon et qu’on recouvre ensuite d’une couche de pastel blanc. Les mouvements de la langue laissent des traces sur ce palais, Après l'expérience, on retire le palais de la bouche, et on le photographie, ou bien on rapporte, comme l’abbé RousseLor, les points de contact, de la langue sur le palais, sur un dessin de palais préparé d'avance,
L'abbé RousseLor a transformé le palais artificiel en tambour récepteur au moyen d’une membrane de caoutchouc. La pression de la langue sur le palais, qui constitue un explorateur interne des mouvements de la langue, est enregistrée par un tambour à levier ordinaire.
L’explorateur externe de la langue de l’abbé RoussELor se compose d’un tambour placé sous le menton et maintenu en place à l’aide d’une charpente métallique fixée à la mâchoire inférieure. Des articulations permettent d'adapter l'appareil à toutes les
25 GRAPHIQUE (Méthode).
tailles et un dispositif spécial rend facile l'exploration de tous les points de la langue.
Augry a construit un tambour récepteur qui permet de mesurer, suivant les cas, Le temps de réaction de la langue ou des lèvres.
Le glossographe de a (4882) se compose de six leviers réunis qu’on place sur différentes parties de la langue et des lèvres et de petites ailettes que met en mouve-. ment l’air qui sort du nez. Autant de petits électro-aimants qu’il y a de leviers mettent en mouvement six petites plumes qui écrivent sur une bande de papier large de 30 millimètres. La bande de papier et le tout sont réunis dans un petit appareil portatif à manche qu’on place dans la bouche.
III. L’explorateur du larynx à transmission électrique de RosapeLLy se compose d'une petite masse inerte suspendue entre les deux bornes d’un circuit électrique. Le moindre choc, si la masse est tenue en équilibre, suffit pour la rejeter sur l’une des deux bornes, et, par conséquent, pour ouvrir ou fermer le courant. L'appareil est posé sur les cartilages du larynx. Cet appareil peut encore servir à enregistrer les vibrations qui se produisent, pendant la parole, sur les surfaces rigides, comme le nez, les dents, etc.
Le laryngographe de l'abbé RousseLor est un appareil à transmission aérienne qui ressemble à un sphygmographe avec un tambour de Marey.
Krzywicxi (1892) a enregistré aussi les vibrations du larynx pendant la parole et Le chant.
IV. Les appareils qui enregistrent les mouvements du voile du palais s’appellent palato-myographe.
L'appareil de Weeks se compose d’un anneau elliptique qu’on introduit dans la bouche ; une des extrémités de cet anneau est collée au palais, l’autre est attachée au levier d’un tambour à air qui est supporté par une tige verticale qui se trouve devant la bouche et qui est fixée par un de ses bouts à un cadre de fer placé autour de la tête.
HARRISSON ALLEN a employé une petite tige formant un levier du premier genre, tige dont une extrémité introduite dans une narine appuie sur le voile du palais, tandis que l’autre extrémité porte un style inscripteur qui trace ses mouvements sur un cylindre. L’axe de rotation de la tige se trouve en avant de la narine. Quand l’extrémité nasale se soulève par suite du soulèvement du voile du palais, l’extrémité libre s’abaisse. Cet appareil enregistre donc les mouvements d’abaissement et d’élévation du voile du palais.
ZWAARDEMAKER a modifié la méthode de Desrou-CzEermaK et a fait construire un appareil qui présente l'avantage d'inscrire les mouvements de tout le voile du palais, et non plus seulement d’une de ses faces. Cet appareil ressemble à une sonde d’Irarp pour les oreilles.
Récemment Exkmanx (1903) a construit un palato-myographe très perfectionné.
V. On peut enregistrer les mouvements du voile du palais d’une façon indirecte, en enregistrant les courants d’air qui se produisent dans les narines et qui sont la conséquence des mouvements du voile du palais.
En effet, on sait que les consonnes nasales m et n s’accompagnent d'une émission d'air par les narines, ce qui tient à ce que le voile du palais s’éloigne de la paroi postérieure du pharynx au moment de l’émission de ces sons.
Pour enregistrer l’échappement d’air, RosareLzy a introduit dans une des narinesun tube qui reste à demeure et qui est relié à un tambour enregistreur. L'abbé RoussELOoT a employé, au lieu d’un petit tube, une petite poire en verre, en bois ou en ivoire. A:
chacune des émissions de l’air par le nez, la plume du tambour enregistreur trace une courbe ascendante.
VI. Les mouvements des cordes vocales ont été étudiés à l’aide de La photographie : par Ssimanowsxy et BEeLLARMINOrr (1885) et par KoscuLakorr (1886).
VIT. La chronophotographie a été aussi appliquée à l’étude des mouvements de la bouche pendant la parole, d’abord par Marey, et ensuite par Gurzmann (1896).
GRAPHIQUE (Méthode). 29
$ II. — Vibrations thoraciques.
Les mouvements vibratoires des côtes ont été enregistrés par FELETTI (1885) au moyen d’un levier placé sur une côte et inscrivant ses mouvements sur un cylindre enduit de noir de fumée.
Castex (1895) a étudié, au moyen des flammes manométriques, les vibrations thoraciques provoquées par la parole et par la percussion du thorax.
Pour recueillir le son transmis, CasrTex s’est servi d’un tambour de Marey; le gaz d'éclairage allait directement dans le tambour; mais il se chargeait de vapeurs de benzine, en passant lentement sur de la pierre ponce imbibée de ce liquide. La flamme jouit ainsi d’un pouvoir photogénique assez intense pour donner de bonnes images sur une plaque sensible mue à la main dans la chambre obscure derrière l’objectif.
Sur le vivant, la capsule manométrique était tenue à la bouche ; sur l’animal ou sur le cadavre, la capsule était mise en communication tantôt avec la trachée, tantôt avec un trocart introduit dans le poumon. Dans le cas de pneumothorax, la capsule manométrique était supprimée : le gaz entrait dans le thorax par un trocart et sorlait par un autre.
Une seconde capsule manométrique servait à l’enregistrement du son donné par un résonateur (ut —128 vibrations doubles) mis en activité par un électrodiapason de même hauteur.
En enregistrant simultanément la voix émise et la voix transmise, Gastex à vu que les protils des deux flammes étaient complètement différents : dans la voix transmise,
on ne retrouve que les sons fondamentaux ; les harmoniques disparaissent presque toujours.
' 8 III. — Mouvements oculaires.
L'étude graphique des mouvements oculaires est désignée sous le nom d’ophtalmographie. |
BeLLARMINOFF (1885) a construit un appareil appelé photocoréographe, qui permet d’enregistrer au moyen de la photographie la courbe des mouvements de la pupille.
GarTEN (1897), avec un appareil semblable à celui de BELLARmINOrr, a obtenu le tracé des mouvements pupillaires sur la surface d’un cylindre enregistreur placé dans une chambre obscure.
OrcHansky (1898) a enregistré, toujours par la photographie, les mouvements du globe de l’œil pendant la lecture.
Dans les travaux de VinrscuGau (1881) et de Hesse (1892), on voit de très belles figures relatives aux mouvements de Piris.
Le clignement est facilement étudié à l’aide de la méthode graphique.
CHANTRE (1891) a enregistré les mouvements de rétraction du globe oculaire et les mouvements de la paupière supérieure du cheval, en fixant sur la salière (fosse sus-orbitaire) une poire en caoutchouc, mise en communication avec un tambour enregistreur.
Sur les tracés, les mouvements du clignement des paupières sont marqués par un signal électrique. |
Les mouvements du globe oculaire ont été étudiés à l’aide de la méthode graphique directe par TReves (1895). — Voici le procédé opératoire qu’il a employé :
Le chien étant endormi, on écartait les paupières avec un blépharostat. Ensuite, un petit pli de la conjonctive bulbaire, correspondant à l’extrémité supérieure du diamètre vertical de la cornée, était saisi à l’aide d’une pince. En tenant l'œil fixe dans sa position normale, on introduisait dans l’épaisseur de la cornée, sur le point central de celle-ci, un long fil double, au moyen d'une petite aiguille à suture. Les deux bouts du fil étaient noués. L'un de ces bouts de fil, se dirigeant vers le côté externe de l'œil, s’attachait à un levier qui inscrivait les mouvements transversaux de l’œil. Avant d’arriver au levier, ce fil s’infléchit à angle droit. L’autre bout du fil, après s’être infléchi
30 GRAPHIQUE (Méthode).
aussi, s'attache à un levier qui inscrit les mouvements verticaux de l'œil. Les deux leviers superposés tracent leurs mouvements sur un cylindre enregistreur de Bazrzar, BELLARMINOFF (1886) a étudié la pression intra-oculaire à l’aide de la méthode gra phique. La mesure de la pression oculaire se fait à l’aide du manomètre. HôzrzxEe (1885) avait fait aussi des recherches analogues. Leez et Kosrter (1895) ont construit des manomètres spéciaux pour l’œil.
Ficx (1887) a construit un appareil appelé ophtalmotonomètre, à l'aide duquel on peut :
prendre la mesure superficielle de la tension oculaire. Cet appareil se compose d'un ressort qui appuie sur une tige terminée par une plaque. Cette plaque est mise en contact avec le globe oculaire. On cherche alors à déprimer le globe de l’œil. Un arc gradué permet de mesurer la déformation qu’il faut imprimer au ressort pour que la petite plaque arrive à déprimer un peu le globe oculaire.
S IV. — Mouvements de l'appareil digestif.
I. Pour étudier les mouvements de l’œsophage pendant la déglutition, RANVIER a introduit dans l’œsophage une boule en liège; cette boule était attachée par un fil, qui passait sur une poulie très mobile, à un petit chariot qui se déplaçait verticalement sur deux fils de cuivre. Le chariot était muni d’une plume qui traçait ses mouvements, sur un cylindre enregistreur.
Mosso à introduit dans l’œsophage une petite vessie en caoutchouc mince reliée par un tube à un manomètre pourvu d’un flotteur.
Kronecker et Mecrzer ont étudié les mouvements de déglutition à l’aide de la
transmission à air. MELTZER introduisait dans son œsophage une sonde stomacale longue de 50 centimètres. Un petit ballon, à parois minces, enveloppait les fenêtres latérales de la sonde. Pour gonfler et dégonfler tour à tour le ballon, le tube qui reliait la sonde au tambour enregistreur présentait sur le trajet un tube en T dont on pouvait fermer ou ouvrir à volonté la branche perpendiculaire. MeLrzer a fait des expériences avec ce tube en enfonçant graduellement la sonde de 2 centimètres à chaque expé-
rience. Un autre ballon placé dans le pharynx était mis en communication avec un.
autre tambour enregistreur. L'inscription simultanée des deux tambours donnait la mesure de la durée de la propagation de la contraction,
ARLOING et CARLET, LANNEGRÂCE, ToussainT et autres ont employé aussi des procédés
analogues.
IT. Les mouvements de l’estomac et de l'intestin peuvent être étudiés à l’aide de la méthode des ampoules conjuguées, imaginée par Morar (1893).
Voici en quoi consiste cette méthode :
Une sonde légèrement courbée à son extrémité, et munie d'une ampoule élastique, est introduite dans l'estomac ou l'intestin. L’ampoule intérieure est mise en communication avec une ampoule extérieure, plus petite, destinée à faire contre-pression, Un branchement latéral permet de gonfler tout le système et d'y emprisonner de l’air au moyen d'un robinet. Au lieu de remplir le système d’air, on peut le remplir d’eau, et le mettre en communication avec un manomètre. Un tambour de Marey étant mis en
communication avec l'extrémité libre du manomètre, on obtient le tracé des contrac-
tions stomacales ou intestinales. Quand le système est plein d’air, il est mis directement
en communication avec un tambour enregistreur, sans l’intermédiaire d’un manomètre.
Cette méthode a été Rpprquse par WERTHEIMER, par Doyon (1895), etc.
“II. Les rayons X ont été appliqués à l’étude des mouvements de l'estomac. Voici le procédé de Roux et BazrHazarD (1897).
On rend l’estomac opaque’en faisant avaler à une grenouille ou à un chien (etmême.
à l’homme) un mélange d'aliments (solides ou liquides) et de sous-nitrate de Mn à ss insoluble et fort opaque aux rayons X sous de faibles épaisseurs. Suivant les cas, les auteurs ont imaginé divers LE Se pour enregistrer les résul-
GRAPHIQUE (Méthode). st
tats de l'expérience ; le mode le plus parfait a été employé chez la grenouille : grâce à la transparence de l’animal, on peut obtenir des radiographies d'estomac avec un temps de pose ne dépassant pas une seconde environ, durée suffisante pour avoir une image nette, assez courte pour que la forme de l’estomac ne change pas. Aussi a-t-on pu appliquer la méthode chronophotographique à l’étude des contractions de l'estomac et de leur propagation le long du tube digestif. Sur une pellicule de 3 centimètres de largeur et de 75 centimètres de longueur, on a pris 10 radiographies successives à ntoalles réguliers. Le châssis est protégé par une plaque de plomb de 3 millimètres d'épaisseur contre la pénétration des rayons X. Dans cette plaque est ménagée une ouverture de 2 centimètres sur 5, devant laquelle ou place l’animal à étudier. Une seconde plaque de plomb, placée à l’intérieur du châssis, protège la portion impressionnée de la pellicule. On opère en pleine lumière, le châssis étant fermé par un volet de bois que traverse facilement les rayons X. Le châssis étant fixé en face de l’ampoule, on ferme le circuit à intervalles réguliers pendant une seconde ; dans le temps qui s'écoule entre la prise de deux radiographies successives, à l’aide d’une manivelle, on enroule la pellicule sur un axe de façon à la faire avancer de la longueur voulue devant les fenêtres de la lame de plomb. Une image est radiographiée toutes les 10 secondes.
CANNoN a étudié à l’aide des rayons Rœntgen les mouvements de l'intestin. Pour cela, il donnait à manger à un chat des aliments contenant du sous-nitrate de bismuth. L'ombre des aliments contenus dans les voies digestives se dessine sur l'écran fluorescent.
CanNon a vu ainsi les mouvements péristaltiques de l'estomac et de l’intestin grêle, la segmentation rythmique des aliments dans l’intestin grêle et les mouvements antipéristaltiques au voisinage du gros intestin. Les figures, mises dans un zootrope, montrent très bien ces différents processus,
CARVALLO à construit un appareil chronophotographique pour l’étude des mouvements de l'appareil digestif à l’aide des rayons X.
IV. Les appareils qui servent à l'enregistr ement des mouvements de l'intestin s’appellent entérographes.
On peul étudier les contractions de l'intestin en introduisant dans une anse intestinale une ampoule en caoutchouc qui communique par un tube de transmission avec un tambour enregistreur de Marey.
L’ampoule est comprimée par les mouvements de l'intestin; ces déformations de l’ampoule sont enregistrées par le levier du tambour,
Les entérographes de Lecros et Onimus, d’'ENGELMANN (1871), sont semblables aux sondes cardiographiques de Marey.
Epmunpes (1898) a étudié les mouvements de l'intestin à l’aide d’un ‘appareil qui constitue une sorte de pléthysmographe intestinal. Cet appareil se compose d’un large entonnoir fermé par une membrane flexible, et rempli d'huile chaude. A l’aide d'une crémaillère, on pose avec soin la membrane de l'appareil sur l'intestin. L’entonnoir
communique à l’aide d’un tube avec un tambour enregistreur (ou un piston- -recorder), BayLiss et STARLING (1889) ont étudié les mouvements du gros intestin enyintr oduisant un ballon plein d’air, soit par les valvules iléo-cæcales, soit à travers une ouverture faite dans la paroi Roule Le ballon était mis en communication avec un pistonrecorder.
Bunca (1899) a enregistré à l’aide du piston-recorder les mouvements longs de l’inteslin. Ÿ
New (1899) a enregistré aussi les mouvements longitudinaux de Piñtestin,
Gowers (1877) a étudié les mouvemenls de l’anus à l’aide d’un appareil à transmission aérienne, ressemblant aux sondes cardiographiques de Marey.
V. Voici les procédés employés par Dovon (1893) pour étudier les contractions des voies biliaires : le canal cholédoque et la vésicule biliaire. Pour l’étude des contractions du canal cholédoque, Doxon faisait passer par ce
39 GRAPHIQUE (Méthode).
canal de l’huile sous pression constante. A l’aide de signaux électriques, il inscrivait la progression de la colonne liquide.
Pour l'étude des contractions de la vésicule biliaire, Dovon s’est servi d’une sorte de piston-recorder formé par une éprouvette pleine d’eau et ayant comme piston un flotteur en bougie qui, à l’aide d’une plume, formant levier, inscrivait les mouvements sur
un cylindre, C’est un appareil analogue au manomètre inscripteur universel de LAULANIÉ. -
VI. Pour étudier les phénomènes complexes qui constituent la rumaination, Tous-
SAINT à enregistré simultanément les mouvements de mastication, les variations de
la pression de l’air dans les cavités nasales, les mouvements de la trachée, du thorax, de l’abdomen, de l’oreillette droite et du ventricule droit. Ces enregistrements ont été obtenus à l’aide de la transmission à air.
$ V. — Enregistrement de diverses sortes de mouvements.
I. Pour enregistrer les mouvements de la vessie, Mosso et PELLAGANI (1882) ont employé le procédé suivant :
Un cathéter ordinaire de femme se trouve en communication avec un tube en verre, qui, plié à angle droit, descend à un centimètre ou deux au-dessous du niveau du liquide contenu dans un grand verre. La branche verticale de ce tube se trouve placée
dans l’axe d’une petite éprouvette, à parois très minces. Cette éprouvette est suspendue
par des fils de soie à une poulie et se trouve maintenue en équilibre par un contrepoids qui porte une plume enregistrante, comme dans le pléthysmographe de Mosso. On comprend facilement le fonctionnement de ce dispositif : le tube et la vessie étant pleins d’eau, chaque contraction de la vessie se manifeste par une aspiration ou une expulsion de liquide dans l’éprouvette. Le vase dans lequel plonge l’éprouvette contient de l’eau alcoolisée. La surface du liquide du vase doit être sur le même niveau que la vessie de l’ânimal ou de l’homme.
GENOUVILLE (1894), dans ses recherches sur la contractilité vésicale, a fait usage d’un manomètre enregistreur à mercure avec flotteur muni d'un levier inscripteur qui trace ses mouvements sur un cylindre qui fait un tour en vingt-quatre minutes. Ce manomètre était mis en communication, par l'intermédiaire d'un tube pee d’eau boriquée, avec une sonde à double courant, introduite dans la vessie.
Courraps et Guyon (1896) ont étudié et enregistré les mouvements de la paroi vésicale de la façon suivante. Ils ouvraient la vessie, dont le sommet, pincé par une grosse serre-fine, était relié par un fil à un tambour à air de Marey, lequel était mis en communication avec un tambour enregistreur.
ENGELMANN (1869) a étudié les mouvements de l’urètre à l’aide d’un appareil analogue à la sonde cardiographique de Marey. |
II. Pour étudier les resserrements et les dilatations de la citerne lyniphatique, GLey et Camus (1894) ont eu l’idée de joindre au rhéographe un dispositif qui, comme dans l’appareil de MoraT, si heureusement appliqué par Doxon à l’étude des mouvements des voies biliaires, permet d’obtenir un écoulement constant.
De l’huile est introduite dans la citerne ; le niveau constant est obtenu à l’aide d’une cuvette, dont la surface suffisamment large permet de négliger les variations de hauteur du liquide. Deux canules sont introduites dans la citerne. La canule inférieure est reliée par un tube de verre au réservoir d’huile ; la canule supérieure est également reliée à un tube par lequel s'écoule l'huile qui, après avoir frappé la palette du rhéographe, peut être recueillie et mesurée à des intervalles de temps déterminés. Entre
le réservoir à niveau constant et la citerne, est disposé un manomètre qui permet de
contrôler les modifications dues aux changements de volume de la citerne.
Gzey et Camus ont remplacé plus tard le rhéographe par un manomètre enregistreur, à l’aide duquel ils enregistraient les variations de pression à l’intérieur de la citerne, après avoir supprimé la communication avec le réservoir d’huile.
Pour avoir cet enregistrement, on procède ainsi: une pince est placée sur la
GRAPHIQUE (Méthode). 33
canule inférieure, la canule supérieure est reliée à une ampoule de baudruche contenue dans une ampoule de verre. L’ampoule est gonflée d'huile. Un manomètre à eau est relié à l’ampoule qui est remplie d’eau. La baudruche offre l'avantage, tout en étant extrêmement sensible, de n'être pas élastique comme le caoutchouc (cette élasticité . introduit dans les expériences une cause d’erreur, puisqu'elle varie suivant le degré de distension et d’après les altérations produites par un contact plus ou moins prolongé avec l'huile qui attaque le caoutchouc).
La baudruche n'a d'autre rôle que celui de séparer l'huile de l’eau. Le manomètre est muni d’un flotteur en bougie, analogue à celui de LAULANIE.
Enfin, GLEY et Camus ont adopté un dispositif encore plus simple : un manomètre enregistreur rempli d’eau salée était mis en communication directement avec la citerne. Tout le système clos, citerne, canule, tube et manomètre, était rempli d’une solution physiologique. |
Pour étudier les mouvements du canal thoracique, GLey et Camus ont employé le procédé que MoraT a imaginé et dont s’est servi Dovon (1893) dans ses recherches sur la contractilité des voies biliaires. |
IT. Roy a enregistré graphiquement les variations de volume d’un fragment de vaisseau dans le but d'étudier l’élasticité des parois vasculaires.
Voici le procédé qu'il a employé :
Un petit morceau cylindrique, coupé dans un vaisseau sanguin, est fermé à l’une de ses extrémités, l’autre étant en communication avec un appareil de compression.
Ce petit fragment vasculaire est enfermé dans un récipient clos de toutes parts et rempli d'huile d'olive. La partie inférieure de ce récipient est percée d’un orifice cylindrique formant corps de pompe dans lequel peut se mouvoir un petit piston. Un système de fermeture spéciale assure l’étanchéilé absolue du corps de pompe. La tige d'acier du piston est graduée; elle est reliée à un levier enregistreur. Toutes les variations de l'artère, provoquées par les variations de la pression interne, sont enregistrées fidèlement par le levier. Cet appareil est en somme le même que celui que Roy a employé dans ses recherches pléthysmographiques sur le cœur.
Les variations de pression dans l’intérieur du fragment vasculaire sont provoquées à l’aide de deux vases pleins de mercure qui communiquent entre eux par un tube plein aussi de mercure. Les vases contiennent du mercure jusqu’à la moitié de leur hauteur. La moitié du vase qui communique avec l’artère est remplie d'huile, comme l’intérieur de l’artère soumise à l'expérience.
Quand on déplace un vase, il résulte. une variation de pression à l’intérieur de l'artère. La pression est mesurée à chaque instant par la différence de hauteur entre les deux vases. Si c’est le cylindre enregistreur lui-même qui règle le déplacement du vase, les abscisses de la courbe représentent par cela même les pressions.
Pour étudier l’élasticité d’un fragment longitudinal de paroi artérielle, Rox a employé le dispositif suivant :
L'extrémité inférieure du fragment artériel était accrochée à une sorte de levier enregistreur sur lequel pouvait se déplacer un poids, comme sur une balance romaine. Le déplacement du poids était commandé par le même mécanisme qui déplaçait la plaque sur laquelle le levier traçait une courbe. Les abscisses de la courbe ainsi obtenue sont donc proportionnelles aux tensions ; et les ordonnées représentent les allongements de la paroi vasculaire.
IV. On peut étudier la pression qui existe dans les différentes cavités splanchniques comme on étudie la pression qui existe dans le cœur.
Des sondes manométriques, analogues aux sondes cardiaques, sont introduites dans l’æsophage, dans la rectum, etc. Ces sondes communiquent avec des tambours enregistreurs de MAREY.
Lucranr, dans ses recherches sur la pression dans différentes cavités splanchniques, s’est servi d’une série de manomètres de Fick.
V. Pour déterminer la quantité absolue de salive fournie par chaque glande parotide, KAuFMANN (1888) a enregistré la pression latérale simultanément dans les deux
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canaux de Srénon à l’aide d’un tube en T dont la branche perpendiculaire communiquait par un tube rempli d’eau avec un manomètre enregistr eur. De cette façon, il n’y a pas de perte de salive; de plus les tracés indiquent aussi le sens dans lequel se fait la mastication.
VI. On peut étudier à l’aide de la chronophotographie les mouvements d’une partie quelconque du corps, en la recouvrant d’un morceau de velours, et en fixant sur ce ond un point ou une tige qui suit les mouvements de la partie qu’on veut étudier. On obtient sur la plaque la trajectoire du mouvement étudié.
VII. Les mouvements d'ouverture de la coquille de la moule (Mytilus edulis) ont été étudiés par plusieurs physiologistes.
Fix, en 1863, dans son travail sur la physiologie des substances irritables, donne la description de l'appareil dont il s’est servi pour faire de telles recherches. RCA
PawLow (1885) a étudié aussi la même question en se servant d’un appareil semblable à celui de Frcx. En voici la description :
Sur une planchette qui sert de support se trouve fixée une virole dans laquelle une tigé d'acier peut être fixée à différentes hauteurs. Cette tige porte un levier à deux bras; ce levier est très léger. Le petit bras est mis en contact avec la moule, le long bras inscrit ses mouvements sur un cylindre enregistreur.
Dugois (R.) (1888) a pu mesurer, par la méthode graphique, les impressions lumineuses produites sur certains mollusques lamellibranches par des sources d'intensité et de longueurs d’ondes différentes. IL a fait ces recherches en étudiant et en enregistrant les mouvements du siphon des Pholas dactylus.
Pour enregistrer les mouvements des cils vibratiles, ENGELMANN, en 1877, a construit deux appareils spéciaux qu'il a appelés Flimmeruhr et Flimmermühle, dans lesquels les cils vibratiles, par l'intermédiaire d’un index, font tourner un axe qui porte des contacts électriques. La fermeture et l’ouverture de ces contacts font jaillir des étincelles entre un cylindre enregistreur et une plume métallique qui se trouve sur sa surface. On évalue la vitesse angulaire de rotation de l’axe que font tourner les cils d’après la distance qui se trouve entre les traces laissées par les étincelles sur la surface enregistrante. L’aiguille métallique qui est sur le cylindre inscrit les oscillations d'un pendule. On à ainsi, sur la même ligne, le temps et les signaux des contacts électriques.
Puysazix (1892) a appliqué la méthode graphique dans ses recherches sur les mouvements des chromatophores des céphalopodes. Pour cela, il s’est servi d’un procédé semblable à celui qu'avait employé Fraxçois-Francrk pour inscrire les mouvements de l'iris (1887), au moyen de deux tambours conjugués dont l’un inscrit sur le cylindre enregistreur les pressions exercées sur l’autre par le doigt.
Pendant que l'œil suit à la loupe le mouvement d’un chromatophore, avec le doigt appliqué sur le bouton du tambour transmetteur, on cherche à imiter, aussi exactement que possible, par les pressions exercées, le phénomène que l’on observe. On arrive ainsi à obtenir des tracés qui ont une grande ressemblance avec ceux de la contraction musculaire.
Chaleur et Électricité.
S I. — Enregistreurs de calories.
Les appareils de mesure de la chaleur dégagée par les animaux peuvent être transformés en appareils enregistreurs. Voici la description de quelques dispositifs employés par p’ÆRsONvAL à cet effet : AE
1) L'eau sortant du régulateur d'écoulement, après son passage dans le calorimètre, est recue dans un grand vase cylindrique. Ce récipient est muni d’un flotteur qui agit
GRAPHIQUE (Méthode). 39
sur un levier muni d’une plume qui trace ses mouvements sur un cylindre enregistreur vertical. La quantité d’eau écoulée donne la mesure de la chaleur produite dans le calorimètre. Il est facile de régler la longueur du levier de façon que chaque millimètre du papier représente une ou plusieurs calories.
2) L'eau sortant du calorimètre tombe dans un entonnoir et se rend au réservoir à flotteur qui se remplit peu à peu pendant que la plume marque les phases de la variation de niveau. Quand le récipient a recu 500 grammes d’eau, la plume à parcouru toute la hauteur du cylindre enregistreur. À ce moment le récipient se vide automatiquement par un mécanisme composé de deux tubes fonctionnant à la manière du siphon qu’on trouve dans le vase de Tantale. La plume retombe ainsi au zéro du cylindre à tous les 500 grammes écoulés. Pour assurer l’amorçage du siphon, l’appareil est muni d’un électro-aimant, qui agit de la façon suivante : Le levier enregistreur porte un contact en platine; la palette de l’électro-aimant, réglée par une vis, en porte un second. Quand le vase a recu juste 500 grammes de liquide, le contact vient toucher la palette et fermer ainsi le circuit. L’électro-aimant étant alors animé attire la palette et donne un coup brusque au flotteur, qui amorce ainsi automatiquement le siphon. Le récipient se vide alors rapidement et le contact se trouve rompu par suite de l’abaissement du levier, pour recommencer lorsque 500 autres grammes de liquide se seront emma-
gasinés. Ce dispositif permet d’enregistrer un grand volume d’eau sur une même feuille P P $
de papier.
3) Le calorimètre différentiel enregistréur de p'ARsoNvAL (1886) se compose essentiellement de deux cloches métalliques légères suspendues à chaque extrémité d’un fléau de balance équilibré. Chaque cloche plonge dans un réservoir plein d’eau, portant un tube central qui dépasse le niveau de l’eau et qui, s’engageant sous la cloche correspondante, la transforme en un petit gazomètre d’une mobilité extrême.
L'intérieur de chaque cloche est mis en rapport avec les calorimètres correspondants. Ou bien une des cloches est mise en communication avec un calorimètre, et l’autre avec un flacon plein d'air qui subit les changements de température extérieure de même que le calorimètre.
Les réservoirs d’eau communiquent entre eux par un tube latéral qui identifie leurs niveaux. Le fléau de la balance porte un levier terminé par une plume à encre donnant un tracé sur un cylindre vertical qui fait un tour en 24 heures. En faisant varier la capacité des cloches, on peut obtenir telle sensibilité qu’on désire. On règle la longueur du levier inscripteur, d’après l’amplification qu’on désire avoir. Les ordonnées des courbes expriment des calories; les abscisses, des heures.
%) Pour inscrire sous forme de courbe continue les indications du manomètre difrérentiel à eau de son calorimètre, D'ARsONvAL a employé un dispositif analogue à celui qu'a imaginé Marey pour son loch enregistreur.
Les deux branches du manomètre, dont l’une est en relation avec l’enceinte annulaire du calorimètre, et l’autre avec un grand flacon à air (témoin), sont terminées chacune par une capsule métallique que clôt une membrane de caoutchouc. Ces deux membranes sont reliées entre elles par une traverse rigide qui fait mouvoir un levier, dont la pointe trace une courbe sur le cylindre.
5) Le calorimètre et le réservoir compensateur sont reliés à deux tubes manométriques de même calibre, plongeant dans des vases placés sur les plateaux d’une balance de Rorervaz. Les tubes sont indépendants de la balance, grâce à des supports spéciaux. Le fléau porte un levier muni d’une plume qui inscrit son déplacement sur un cylindre enregistreur. Si, avant l'expérience, on a inspiré le liquide jusque vers Le milieu des tubes, la balance inscrira la différence de hauteur dans les deux colonnes manométriques.
6) L’anémo-calorimètre a été transformé en calorigraphe (189%) par D'Arsoxvaz de la facon suivante : le mouvement du moulinet, dont la vitesse varie avec le tirage, donc avec la chaleur dégagée dans le calorimètre, est transmis à un compteur de tours, qu’on embraye à volonté. Sur ce compteur se trouve un contact électrique. À chaque tour du compteur, le courant est fermé quand l’aiguille passe au zéro. Le courant actionne un électro-aimant qui fait monter d’un cran une plume imprégnée d’encre, et qui laisse sa trace sur un cylindre enregistreur. On obtient ainsi une courbe qui totalise les
36 GRAPHIQUE (Méthode).
révolutions de l’anémomètre, et dont l’inclinaison, variable sur la ligne du temps, donne à chaque moment la vitesse du moulinet, donc la chaleur produite par le sujet dans le calorimètre. Quand il y a eu 100 fermetures de courant, c’est-à-dire 100 tours de l’anémomètre, la plume retombe brusquement au bas du cylindre, et l'ascension recommence. (Disposilif de l’anémomètre enregistreur de la maison RicHaRD.)
S Il. — Enregistreurs des phénomènes électriques.
I. Pour mesurer et pour enregistrer les variations électriques des tissus vivants, les physiologistes ont employé deux sortes d'appareils : 1° l’électromètre capillaire de Lippmann, et 2° le galvanomètre. |
Pour les usages ordinaires, et surtout quand il s’agit d’observer des phénomènes lents, peu importe le type de l'instrument, pourvu que sa sensibilité puisse être facilement déterminée et réglée. Pour les phénomènes rapides, le galvanomètre d'Ernro= ven est préférable à tout autre instrument, y compris l’électromètre capillaire de Lipr- MANN.
A part ces deux méthodes directes d'enregistrement, que nous décrirons avec quelques détails, on a employé aussi la méthode indirecte de GuiLLEMIN qui permet de tracer point par point la forme de l’onde électrique. Cette méthode a été introduite em physiologie par BERNSTEIN, qui a étudié à l’aide de son rhéotome différentiel les variations négatives des nerfs et des muscles. MArey l’a employée aussi pour inscrire la durée de la décharge électrique de la torpille, en se servant d’un muscle de grenouille comme moyen de signaler l'existence de cette décharge, qu’il explorait à des instants successifs, après l'excitation d’un nerf électrique de la torpille. HERMANN a donné une grande extension à cette méthode qu'il appelle rhéotachygraphie.
IT. Pour avoir d’une facon grossière l'inscription directe de l’intensité de la décharge électrique de la torpille, Mare a modifié le signal de Deprez de Ja façon suivante : il & mis entre l’armature et le fer doux de l’électro-aimant une pièce compressible, à élasticité variable (un fil de caoutchouc), qui, s’écrasant en raison de l'intensité de l’attraction magnétique, permet au style inscripteur de faire des excursions d’une étendue plus ou moins grande; de sorte que l'intensité du courant qui traverse l’appareil se trouve traduite par l'étendue des mouvements tracés par le style. Plus le fil de caoutchouc est pressé et tendu, moins il est extensible, plus il offre donc de résistance au
rapprochement de l’armature de fer doux. Le signal électrique ainsi modifié a été appelé par MaREy rhéographe.
IT. L'enregistrement des indications données par l’électromètre capillaire de Lipp- MANN a été fait pour la première fois par MArey (1876).
Avant de décrire le dispositif employé dans ce but par Marey, nous donnerons quelques brèves indications sur ce précieux et ingénieux appareil. L’électromètre capillaire de Lippmann est basé sur la propriété qu’a l’électricité de modifier les phénomènes de capillarité et de changer la hauteur à laquelle s’élève un liquide à l’intérieur d’un tube capillaire. Le liquide, dans l’appareil de LippmANN, consiste en une petite colonne de mercure qui se déplace dans un sens ou dans l’autre suivant l’augmentalion ou la diminution de la tension électrique à laquelle l’appareiïl est soumis. Le mercure est placé dans un long tube de verre vertical terminé par une pointe effilée. Cette pointe trempe dans un vase de verre contenant de l’eau acidulée et au fond duquel il y a une goutte de mercure. Quand on met en communication le mercure du tube et la goutte de mercure du vase avec une source d'électricité, le niveau auquel s'arrête le mercure dans la pointe effilée change. Cette variation de niveau est observée à l’aide d’un microscope à réticule.
La mesure de la variation de potentiel électrique indiquée par le changement de niveau du mercure est donnée par un manomètre indiquant la pression qu’il faut exercer sur le mercure du tube effilé pour faire équilibre à la pression électrique, et 1 conséquent pour ramener le niveau du mercure de la pointe au zéro. "
GRAPHIQUE (Méthode). 31
L’électromètre employé pa MaRey se compose d’une capsule de fer, fermée par en haut par une membrane d’acer, et se continuant par un manchon de fer avec un tube capillaire. Le tout est rempli de mercure. Le tube capillaire est creusé dans un tronçon de tube de verre épais, présentant sur un de ses côtés une facette plane et parfaitement polie, à travers laquelle la colonne de mercure apparaît comme une ligne extrêmement lumineuse. C’est au moyen d’une vis de pression agissant sur la membrane d'acier qu’on amène le niveau de la colonne capillaire en face de l’objectif d’un microscope. Cette vis de pression remplace le poids de la haute colonne de mercure de l’appareil de Lippmanx. En mettant une plaque dépolie à l’oculaire du microscope, on y voit une image réelle de la colonne de l’électromètre. En remplaçant cette plaque de verre par une plaque sensible animée d’un mouvement de translation perpendiculaire au mouvement de l’électromètre, on a la courbe de la variation électrique observée.
La colonne mercurielle est vivement éclairée par la lumière solaire concentrée par
Fi&. 17. — Photographie des courants induits de rupture (r) et de clôture (c) obtenue avec l'électromètre capillaire (MAREY).
une lentille. L'image de la colonne mercurielle est amplifiée très faiblement, afin de ne pas diminuer son intensité lumineuse ; elle apparaît sur la plaque de verre dépoli comme une strie transversale, qu'on met bien au point avant de la photographier. La chambre noire, qui contient la plaque sensible, glisse sous l’action bien uniforme d’une vis que fait tourner un rouage muni d’un régulateur FoucauLr.
v. FLeiscuL (1879) a étudié divers points de la construction et de l’emploi de l’électromètre capillaire ; ainsi il à étudié l'influence des résistances, l'influence des courants induits, etc.
SANDERSON et PAGE (1879-1881) ont enregistré les oscillations de la colonne mercurielle sur une plaque se déplacant verticalement sous l'influence d’un mouvement d’horlogerie, tandis que le tube capillaire était placé dans une fente horizontale et était éclairé par derrière. De cette façon la colonne mercurielle, s’opposant au passage de la lumière, apparait sur les épreuves positives en noir. Plus tard, SANDERSON a remplacé le mouvement vertical par un mouvement horizontal de la plaque en face d’une fente verticale; de cette façon le mouvement de la plaque était plus uniforme. Enfin la plaque sensible a été fixée à un pendule bien équilibré, pour avoir une vitesse de déplacement de la plaque dix fois plus grand qu'avec les dispositifs précédents. Un signal et un diapason faisant 500 vibrations par seconde, placés derrière la fente verticale qui se trouve en face de la surface sensible, DOC leur ombre sur cette surface.
Pour obtenir les Bhofogrammes des mouvements de la colonne mercurielle de lélectromètre, ÉINTHOVEN à employé le dispositif suivant : une fente de 2/10 de millimètre et une lentille cylindrique placée devant cette fente; cette lentille donnait sur la surface sensible une ligne lumineuse de 0,1 de nrrétres environ; un microscope composé, muni d’une vis micrométrique. — La pointe capillaire de l’électromètre était portée par un même appareil micrométrique, sur le même bâti que le microscope; cet appareil micrométrique permettait d’avoir un mouvement lent dans les trois directions de l’espace. Le microscope possédait un condensateur Zeiss. En arrière de ce condensateur (à 0.25) se trouvait placé un diaphragme iris. Sur ce diaphragme était projetée l'image du charbon positif d’une lampe à arc, à l’aide d’une lentille concentrant ellemême la lumière du grand condensateur de la lanterne. — Tout le système flottait sur un bain de mercure, pour éviter l’effet des ébranlements sur la colonne mercurielle. — Le mouvement de la plaque sensible, contenue dans un châssis très compliqué, était obtenu au moyen d’un moteur électrique entraînant par friction le chariot porte-plaque
38 GRAPHIQUE (Méthode).
EINTHOVEN a pu photographier 3 840 déplacements de la colonne mercurielle par seconde, provoqués par des courants alternatifs dont l'intensité variait continuellement. — Les interruptions du courant inducteur étaient PORLHEE par un diapason effectuant 1920 vibrations doubles par seconde.
EinTHoven a fait l'analyse détaillée des électrodiagrammes obtenus à l’aide de l’élec-
tromètre capillaire: il a défini la « courbe normale », obtenue au moyen d’une charge
constante de mercure et d'un potentiel invariable. Il a vu que la vitesse du mouvement de la colonne mercurielle est proportionnelle à la force poussante; s’il y a des variations brusques et importantes du potentiel, cette proportionnalité n’existe plus; car la vitesse est proportionnelle non au potentiel -absolu, mais à la différence de deux potentiels successifs. La loi de proportionnalité varie avec celte différence. La vitesse du mouvement de la colonne mercurielle dépend dans une faible mesure de la résistance du circuit. La forme de la courbe d'ascension varie avec la résistance interposée dans le circuit. — Comparant les courbes obtenues quand il y a des résistances variables intercalées dans le circuit avec les « courbes normales », EINTHOVEN a pu constater, au moyen de mesures <péciales très précises, un retard dans les indications de l’électromètre d’autant plus grand que la résistance du circuit est plus grande. Le rapport entre ce retard et l'accroissement de résistance peut dans certains instruments avoir une valeur proportionnelle à l’accroissement de résistance. Il n’en est pas toujours ainsi. — On peut, néanmoins, au moyen de certaines corrections, mesurer la différence ‘de potentiel vraie correspondant à chaque point de la courbe.
EINTHOVEN a spécialement étudié les variations du potentiel électrique du cœur à l’état normal et pathologique, il a donné une méthode au moyen de laquelle on peut déduire de l’électrocardiagramme enregistré la valeur des véritables variations de potentiel du cœur.
Pour étudier les phénomènes électriques du cœur de chien, FrepERIcQ (1887) à em-
ployé un électromètre capillaire, construit par lui sur le modèle décrit par Loven
(Nord. Med. Arch., 1879, XI, n° 14).
Deux tubes en T entrent à frottement l’un dans l’autre par leurs branches horizontales. Un petit bout de caoutchouc les maintient réunis. Les tubes emboîtés l’un dans l’autre sont fixés sur une plaque d’ébonite qu’on met sur la platine d’un microscope. Une fenêtre dans la plaque laisse passer la lumière du miroir. Le plus étroit des deux tubes est rempli de mercure purifié avec soin. La branche horizontale étirée en capillaire constitue la partie principale de l'instrument. L'autre tube en 7, plus large, est rempli d’eau légèrement acidulée. La branche verticale est recourbée inférieureméënt en U. Une petite colonne de mercure occupe les environs de la courbure. Un fil de platine plonge dans ce mercure; l’autre électrode plonge dans la branche verticale de l’autre tube plein de mercure.
Quand un courant électrique traverse le capillaire, il y a un déplacement de la colonne mercurielle, dont le ménisque s'arrête dans une nouvelle position d'équilibre. Le sens du courant est indiqué .par le sens du déplacement. L’inertie de la masse de mercure en mouvement est très faible : aussi l'instrument fonctionne-t-1l sans temps appréciable et d’une façon absolument apériodique.
Pour déterminer la valeur absolue d’une force électromotrice, on relie le tube qui porte le capillaire avec l’électrode négative, et l’eau acidulée avec l’électrode positive. Le courant cireule alors de l’eau acidulée vers le capillaire et tend à faire rentrer la colonne mercurielle dans le capillaire. Pour le ramener au point O d’où l’on était parti, et d’où le courant électrique l’a déplacé, on exerce sur le mercure une contre pression supplémentaire. Il y a proportionnalité rigoureuse entre la force électromotrice qui a déplacé le ménisque mercuriel, et la contre-pression qui amène ce
ménisque mercuriel au zéro et dont l’action mécanique fait équilibre à ‘celle de la
force électro-motrice. La contre-pression doit s’exercer au moyen d’un appareil à pres-
sion muni d’un manomètre que agit sur l’extrémité supérieure ouverte du tube rempli
perdu de mercure.
Ce dispositif n’est pas nécessaire quand il s’agit, non de mesurer la force électro-
motrice du cœur, mais de déterminer les phases de sa variation électrique et leur correspondance exacte avec les phases de la pulsation cardiaque.
GRAPHIQUE (Méthode). 39
L’électromètre qui a servi à l’inscription photographique (Freperico) diffère un peu de celui qui a servi aux observations microscopiques :
Soit une plaque d’ébonite présentant une fenêtre transformée en cuve à face parallèle par l’adjonction de glaces minces fixées aux deux faces de la plaque d’ébonite. La cuve est remplie aux trois quarts d’eau légèrement acidulée par l’acide sulfurique. Dans cette.eau plonge d’une part le capillaire de l’électromètre, et d’autre part, un tube faisant office de seconde électrode. La courbure inférieure de ce tube contient du mercure.
L’électromètre est introduit dans la lanterne à projection de DuBosco, munie d’un objectif, comme s’il s'agissait d'obtenir l'image d’une préparation microscopique. Le capillaire est illuminé par la lumière électrique d’une lampe à arc. Pour empêcher l'échauffement des lentilles de l’appareil, la lumière traverse au préalable une solution d’alun. La lanterne est placée devant une cloison percée à la hauteur du foyer électrique et du capillaire de l’électromètre d’une fente rectangulaire horizontale qu’un écran peut obstruer à volonté.
L'image du tube capillaire est reçue sur un cylindre enregistreur de LunwiG recouvert de papier sensible, placé dans une caisse de bois noircie, placée elle aussi dans une chambre noire photographique. La caisse placée devant la fente de la muraille porte elle-même une seconde fente horizontale étroite que l’on peut rétrécir à volonté, et qui permet à un fin liséré lumineux, découpé dans la partie axiale de l’image du capillaire, de venir agir sur le papier sensible. La fente a 55 millimètres de long; sa largeur est inférieure à 1/4 de millimètre. Sur l’une des extrémités de la fente on projette l’image du tube capillaire. L'autre extrémité de la fente est réservée pour l’inscription du temps. Une petite horloge à secondes est placée de telle facon que la lentille du balancier à chaque excursion projette le bord de son ombre sur l’extrémité de la fente. On à ainsi l'inscription des demi-secondes, L’espace libre de la partie moyenne de la fente sert à prendre le tracé simultané, soit de la pulsation carotidienne, soit de la pulsation ventriculaire. Le cylindre enregistreur s'arrête de lui-même, dès qu'il a accompli une révolution complète.
On obtient sur le papier un négatif, c’est-à-dire que le fond éclairé apparaît sombre; les ombres laissent au contraire un trait éclairé,
Marrius (1884) | a observé les mouvements de la colonne mercurielle de l’électromètre capillaire à l’aide de la méthode stroboscopique, et a constaté la parfaite, apériodicité de cet appareil pour 100 oscillations par seconde.
Pour faire des observations stroboscopiques, on place devant la pointe capillaire un petit carré de papier blanc (d’un cm. qu.).collé à l'extrémité du levier d’un signal électromagnétique (le signal de Prerz, par exemple). Quand un interrupteur agit sur ce signal, le petit carré de papier blanc, commencant à osciller, apparaîtra comme une surface blanche fixe entourée d’une bordure grise. A travers cette bordure grise supérieure ou inférieure on peut apercevoir le ménisque de la colonne mercarielle de l’électromètre capillaire. Quand un même interrupteur agit sur l’électromètre capillaire et sur le signal, le ménisque paraît immobile. Il n’en est plus de même quand le nombre des oscillations de la colonne mercurielle et du petit carré blanc est différent, étant provoquées par des interrupteurs différents. Le nombre des oscillations apparentes du ménisque de la colonne mercurielle est égal à la différence des nombres d’oscillations provoquées par les deux interrupteurs,
Du Bois-Reymonp (1897) a fait aussi d'importantes recherches au moyen de Pélectromètre capillaire ; pour obtenir des photogrammes, il projetait l’image du tube capillaire sur une plaque sensible, au moyen d’an miroir tournant. Cette méthode de projection a été employée aussi par BERNSTEIN et Tscuermak (1902).
ScHENCK (1896) a vu, contrairement à Marey et Fcerscr, que les courants induits de rupture et de fermeture ont un effet identique sur l’électromètre capillaire.
SAMOILOFF (1900) à vu que le courant induit de fermeture provoque une plus grande oscillation de la colonne mercurielle que le courant d’ouverture. Si l'indication à la rupture est moins forte, c’est que la durée du courant est trop petite pour que l’instrument ait le temps d’atteindre son niveau, bien que le potentiel produit soit plus élevé.
A propos de l’étude des courants induits à l’aide de l’électromètre capillaire, HERMANN a fait remarquer que les courbes données par Marey ont une durée d’un quart
40 © GRAPHIQUE (Méthode).
ou d’un tiers de seconde, tandis que la durée du courant d’induction se compte la plupart du temps par millièmes de seconde, ce qui montre que l’électromètre capillaire n’est pas fidèle.
IV. La première description de l’enregistrement des déviations de l'aiguille aimantée du galvanomètre est due à TarcHanorr (1889). Mais, longtemps avant lui, HERMANN avait photographié les variations électriques du cœur de la grenouille à l'aide d'un galvanomètre à miroir, et au moyen de la méthode d'enregistrement que plus tard (1889) il a appliquée à ses recherches phonophotographiques. Cette méthode est la suivante : L'image d’une fente verticale éclairée est renvoyée par le miroir du galvano-
mètre sur une plaque noircie présentant une fente horizontale à l’aide d’une lentille .
légèrement convexe placée en face du miroir du galvanomètre. Derrière la fente horizontale, un cylindre recouvert d’une feuille de papier sensible tourne autour de son axe horizontal.
Comme le galvanomètre, à cause de l’inertie de l’aiguille aimantée, ne peut pas suivre fidèlement les variations du courant étudié, HERMANN, dans ses expériences de
b F1G. 18. — a. Électrocardiogramme normal de l'homme. Dérivation de la main droite au mercuré et de la main gauche à l'acide sulfurique de l’électromètre capillaire de LippMANN. — b. Construction d'une
courbe corrigée pour une seule systole cardiaque. Les majuscules et les minuscules se correspondent dans les deux figures (WALLER).
rhéotachygraphie, a employé un rhéotome spécial, qui n’est qu’une modification du rhéotome différentiel de BERNSTEIN. À l’aide de cet appareil on détermine point par point la forme de la variation électrique qu’on veut étudier en photographiant les déviations de l’aiguille aimantée correspondant aux phases analogues de la variation électrique.
Nous renvoyons aux mémoires d'HERMANN pour la description des dispositifs qu'il a employés dans ses recherches galvanométriques, et pour la discussion concernant les avantages et les inconvénients des galvanomètres, Nous donnerons ici la description du dispositif pratique employé par A. Wazer dans ses recherches galvanométriques e galvanographiques.
D’après WaLLer, le type du galvanomètre qu’on emploie importe peu, pourvu que sa sensibilité soit facilement reconnue et réglée. Dans ses recherches la sensibilité du galvanomètre était telle que 0,001 volt sur un circuit de 1000 000 ohms de résistance donnait un déviation de 10 centimètres sur une échelle de 2 mètres.
WazLer estime qu'il faut employer deux galvanomètres quand on veut avoir l’enre-
gistrement photographique ; l’un des galvanomètres placé dans le laboratoire avec son échelle transparente sur la table d'expérience sert d’indicateur; l’autre, placé à dis-
GRAPHIQUE (Méthode). 41
tance dans une chambre obscure et tranquille, sert d’enregistreur. L’é stalonnage de l’enregistreur doit se faire sur une plus petite échelle que celui de TEA à Un SAUCE avantageux entre les deux échelles est de 1 à 10, c’est-à-dire qu’un millimètre d’ordonnée sur l’enregistreur équivaudra au centimètre sur l'indicateur. Ce rapport peut être obtenu approximativement en prenant une distance d'environ 50 centimètres entre l'échelle et le galvanomètre inscripteur, et en « shuntant » celui-ci.
La plaque sensible, placée dans un châssis photographique suspendu par un fil à un mouvement d'horlogerie, descend verticalement dans une boîte haute de 50 centimètres. La paroi antérieure de cette boîte porte l’échelle et une fente horizontale d’une largeur environ de 0,5 millimètre. Les déviations de l’image du miroir du galvanomètre s'inscrivent latéralement sur la ligne de la fente horizontale. Une sonnerie électrique sert d’avertisseur quand la plaque a complété sa descente. Un chronographe et un signal avertisseur du début et de la fin d’une excitation peuvent s’adapter à l’appareil.
Le maximum de la vitesse de la plaque est de 5 millimètres par seconde; d’ordinaire, une vitesse de 2,5 millimètres par minute est suffisante, vu la lenteur des oscillations du galvanomètre qui ne permet pas d'enregistrer des A Pate très rapides, comme par exemple le temps perdu de la variation d’un courant musculaire. Le galvanomètre ne se prête qu'à l'enregistrement des phénomènes relativement REPIPAEES ou répétés à intervalles réguliers.
Les dimensions de a plaque sensible étant d’ordinaire de 9x 12 Ur EL on peut inscrire facilement une série de déviations dont l’amplitude varie entre 1 et 5 centimètres, sur 10 centimètres de longueur au moins ; ce qui donne pour les vitesses précitées de déplacements de la 5127 une durée d'expérience de 40 minutes et de 40 secondes.
On peut avoir, OL On l'enregistrement des réactions électriques du muscle et la série cr cponlinte des RARE musculaires. A cet effet, WazLer adapte-à Pappareil précédent un chariot portant une plaque enfumée et rattachée au châssis suspendu qui contient la plaque sensible. Le fil suspenseur de celui-ci passe autour de l’axe du moteur et de deux petites poulies, pour être rattaché au chariot de la plaque enfumée, lequel est alors animé d’un mouvement horizontal correspondant au mouvement vertical de la plaque sensible. Sur la plaque enfumée s'inscrivent, à l’aide d’un myographe ordinaire, les contractions musculaires, tandis qu’on enregistre sur la plaque sensible les indications du galvanomètre qui peuvent représenter, soit des variations électriques du muscle et du nerf, soit des variations d’échauffement du muscle.
Les déviations d’un galvanomètre n’ont de valeur que si l’on tient compte de la sensibilité de l'instrument et de la résistance ou de la conductibilité du circuit dans lequel est placé l’objet en expérience. Le moyen le plus expéditif pour obtenir cette donnée essentielle est d'observer ou d'enregistrer une déviation étalon provoquée par un voltage connu lancé dans le circuit.
Au cours d'expériences préliminaires, on prend connaissance des déviations qui se présentent, et on règle en conséquence le galvanomètre, afin de maintenir ces déviations dans les limites de l'échelle. Ce réglage se fait au moyen d’un « shunt » variable permettant de soustraire au circuit du galvanomètre une fraction appropriée d’un courant total. L'ensemble des appareils qui servent à fournir les déviations étalons et à contre-balancer et à mesurer les courants propres ou accidentels de l’objet en expérience s'appelle compensaleur.
Le compensateur, sous sa forme la plus simple, et bien suffisamment exacte pour tout usage ordinaire, se compose d’un élément LecLancaé relié à deux résistances variables r et R qui fonctionnent comme numérateur r et dénominateur r + R d’une fraction déterminée de volt.
Mettons, par exemple, que l'élément a 1,4 volt, et que la résistance du dénominateur R soit égale à 14000 ohms, la résistance r du numérateur, comptée en ohms, donnera aux deux points, positif et négatif, un voltage compté en dix-millièmes. Ainsi r —10 donnera un voltage égal à 0,001 volt; r —100 donnera 0,01 volt.
Il est évident que cette méthode n’est qu’approximative. Un élément LecLANCHÉ n'a
de dé à
49 GRAPHIQUE (Méthode).
à ik r A pas exactement 1,4 volt; la fraction de voltage n’est pas 7 Mais Huet la résistance
intérieure de l'élément n’est pas comptée. L’approximation peut pourtant être considérée comme suffisante. En pratique courante, il est fort avantageux d’avoir un compensateur-étalon fournissant 0,01, 0,001 et 0,0001, indépendant du compensateur proprement dit.
Dans l’ensemble du dispositif employé par Wazrer, nous devons encore citer la bobine d’induction de Du Bors-Reymonp, qui sert à exciter l’objet en expérience, muscle, nerf, ou autre. Cette bobine est désignée sous le nom d’excitateur. |
Pour l'usage habituel du galvanomètre, il est essentiel que le circuit soit établi
VOLT C'Oî5
© Lune d o mm & F3 O‘:0085 F1G. 19. — Variations négatives du muscle excité cinq fois par des excitations tétanisantes d'une minute
de durée (WALLER).
d'avance d’après un plan déterminé permettant une vérification rapide des directions d’excitation et de réaction. Cette condition essentielle, Wazcer l’effectue le plus simplement au moyen d'un clavier à plusieurs paires de bornes auxquelles sont rattachées Les parties constitutives du circuit normal. Chaque partie de ce circuit est contrôlée par une fiche, bouchant ou débouchant l'intervalle entre la paire de bornes appropriées. Deux commutateurs, l’un dans le circuit excitateur, l’autre dans le circuit compensateur, sont disposés de façon à diriger le courant compensateur dans le sens voulu. Une simple” clef interruptrice est disposée dans le circuit principal du compensateur.
Parmi les galvanomètres, celui qui correspond le mieux aux besoins de l’électrophyz
BRENT RSR RRBEENEETET EE OIL EEE PP,
. a à ste. à chosdaad étend 4 iles .l 54: sd: dl SSH AMEL LL à [TN SES RAS RE R (8) 2
001! volt
3 sec- Fig. 20. — Électrocardiogramme inscrit au moyen du galvanomètre d'EINTHOVEN.
siologie, c’est Le galvanomètre d'EINTHOVEN (1903) : le galvanomètre à corde. Get appareil se compose d’un fil defquartz, argenté, tendu entre deux bornes, dans un Champ électro-magnétique trèsfpuissant (25 000 unités C.-G.-S., et même davantage). Un courant très faible fait dévier?ce fil; il tend à s’échapper du champ magnétique en se mouvant normalement aux ligneside forces parcourant ce champ. La déviation est plus ou moins considérable suivant la tension du fil ; celle-ci est variable au moyen d’une vis micros métrique avec indicateur et cadran. Les mouvements du fil sont amplifiés (multiplication de 6 à 700 diamètres) parjun microscope à projection. On obtient sur l'écran un disque lumineux traversé par une ligne noire qui est l’image du fil se mouvant, soit sur
GRAPHIQUE (Méthode). x3
une échelle horizontale, soit sur une fente horizontale {dans nue chambre noire) derrière laquelle se meut une Diane photographique.
Un deuxième microscope sert à condenser la lumière sur le fil; les objectifs des deux microscopes traversent les deux électro-aimants.
La partie essentielle de ce galvanomètre, c’est sa partie mouvante, l'équipage, qui est réduit à un seul fil, dont la longueur est de 15 centimètres, et le poids d’une petite fraction de milligramme. La rapidité de ses oscillations est supérieure à celles de l’électromètre de Lirpmanx. Sa sensibilité est très grande. Elle est de 1 X 101? ampères.
Sur la même plaque sur laquelle on photographie l’image grossie du fil du galvanomètre, on photographie aussi, simultanément, d’après la méthode de GARTEN, la pro-
jJection d’un système de coordonnées. L’axe des abscisses est donné par une plaque
portant des divisions millimétriques ; les ordonnées par un disque tournant portant des raies; le disque, tournant uniformément, intercepte la lumière venant de la fente.
X1 Balances enregistrantes.
Tous les appareils inscripteurs des changements de poids se mettent spontanément en équilibre avec le poids du corps en expérience. Tantôt cet équilibre est obtenu par l'immersion plus ou moins prononcée d’un flotteur qui sert de contrepoids; tantôt par le simple changement d’inclinaison de la balance; tantôt enfin par la tension variable
. d’un ressort analogue à celui d’un peson.
1) On peut avoir une balance enregistrante en prenant une balance de RoBERvAL et en inscrivant à l’aide d’un dispositif très simple les mouvements d’un de ses plateaux. C’est ainsi qu’est formée la balance enregistrante construite par RicHarp.
2) L'appareil enregistreur des variations du poids de SaALLERON est une balance dont la dénivellation des plateaux est proportionnelle à l’inégalité des poids. Cette dénivellation amplifiée s’inscrit sur un cylindre enregistreur.
3) I] y a des balances dont le fléau porte une longue tige avec une plume inscrivante. Celle-ci inscrit, à l’aide d’une plume à encre, les inclinaisons du fléau, très amplifiées, sur un cylindre enregistreur placé horizontalement à la base de la colonne support.
Cu. Ricner (1886) à fait construire, pour les besoins de la physiologie, une telle balance qui donne 1 millimètre d'amplitude du tracé pour une variation de 8 centigrammes environ. La force de cette balance est de 10 kilogrammes.
4) La balance enregistrante des sinus de Run& (1885) est formée de la façon suivante :
Sur un axe se trouvent fixés un levier et deux roues. Le corps dont on veut étudier les variations de poids est attaché aux roues par deux fils. Le levier, qui se trouve placé sur l'axe à. égale distance entre les deux roues, présente deux bras. A l’extrémité d’un des deux bras est accroché un poids et le système enregistreur; à l’extrémité dé l’autre bras se trouve.fixé uu contrepoids qui n’équilibre pas complètement le poids suspendu à l’autre bras.
En désignant par r le rayon des roues; par e la distance qui sépare l’axe du mouvement du levier du point auquel se trouve attaché le poids et le dispositif inscripteur; par G le poids dont on étudie les variations, et par K le poids suspendu au bras inscripteur du levier, on aura la relation suivante :
Ke—=Gr-ou Sr cette relation est nécessaire à l'équilibre du système. Or, comme r et K sont constantes, il résulte que e est proportionnel à G.
Donc, pour connaître G, il faut connaître e. En enregistrant {les da tidns de la
distance qui sépare l’attache du poids placé à l'extrémité du bras de levier de l'axe du mouvement du levier, c’est-à-dire le sinus de l'angle d’inclinaison du levier, on
44 GRAPHIQUE (Méthode).
connaîtra les variations du poids qu’on étudie. (C’est pour cela que l'appareil esl appelé balance des sinus.)
Voici quelques détails sur la réalisation de ce principe :
La balance est placée sur une tablette; celle-ci présente une grande fente au-dessous de laquelle se déplace horizontalement le papier. Celui-ci est entraîné par un cylinase mis en mouvement par un mécanisme d’horlogerie.
La tabletie, avec la balance et le cylindre enregistreur, est placée sur une table audessous de laquelle se trouve le rouleau avec la bande de papier.
L'inscription se fait à l'encre. Celle-ci est-contenue dans un petit siphon. formé par un petit tube en argent. Une des branches du tube recourbé glisse dans un réservoir qui se trouve sous la fente de la tablette. L'autre extrémité du siphon repose sur le papier. Cette dernière extrémité est soulenue par un petit traineau qui glisse le long de deux fils tendus dans la fente.
5) La balance enregistrante de Faxo est basée sur le principe d’ARCHIMÈDE : C’est donc une balance hydrostatique. Elle consiste en un système de suspension semblable à celui de la machine d’Arwoon, de façon à avoir un frottement de rotation le plus faible possible. Sur la plus grande poulie du système, qui a un diamètre de 227 millimètres, passe un fil dont l’une des extrémités est attachée au corps dont on veut étudier les variations de poids; l’autre extrémité du fil porte la plume enregistrante et un léger cylindre qui plonge dans un liquide. Pour que les plus petites variations de poids puissent être enregistrées, on à donné au système un mouvement pendulaire, de sorte que les variations de poids ont lieu sur un corps en mouvement.
Dans ce but, le liquide dans lequel plonge le cylindre présente constamment des variations de niveau provoquées par le soulèvement d’un récipient qui communique avec le récipient de l’appareil. Un électro-aimant, dont le courant est fermé toutes les 2 minutes par un mécanisme d'horlogerie, opère le soulèvement du récipient.
Le rapport entre les variations de poids et l'amplitude de la courbe enregistrée est déterminé par le cylindre plongeur : plus celui-ci est léger, plus les amplitudes de la courbe, pour une même modification de poids, sera grande.
6) Répier, sur l'indication de Hervé MANGoN, a construit un appareil très ingénieux, constitué de la façon suivante :
La balance possède deux cylindres qui pénètrent l’un dans l’autre. Un de ces cylindres est relié à la balance; l’autre, à l’appareil enregistreur. Un double mouvement d’horlogerie fait monter ou descendre le cylindre intérieur de manière à compenser les variations de poids, en plus ou moins, et à maintenir constamment la balance en équilibre. En même temps les variations de poids se trouvent inscrites sur un papier quadrillé sous forme d’une courbe continue.
La force de la balance construite par RépieR pour GRaAnDpEAU (en 1877) était de
300 kilogrammes. Avec une charge de 100 à 120 kilogrammes sur le grand plateau, elle était EE à des variations d'un gramme.
7) SÜckRATH (1883) a construit une balance très sensible pour inscrire les ACTOR du poids d’une bougie pendant la combustion. Le fléau de la balance ferme et rompt des contacts électriques; le courant électrique, en agissant sur un électro-aimant, provoque le déplacement du cavalier le long du fléau; en même temps le courant agit sur un mécanisme d’horlogerie qui commande le mouvement d’une plume enregistrante.
8) La balance enregistrante de Weiss (1897) est une balance système RÉDIER, basée sur une application du principe d’Arcaimène, sensible à 08",01 environ. Voici comment elle fonctionne :
On place le corps dont on veut étudier les variations de poids dans le plateau d’une’
balance de sensibilité appropriée, et on fait la tare approximative à l’aide de grenaille de plomb et d'un vase contenant de l’eau. Un plongeur cylindrique, partiellement immergé dans l’eau du vase, achève d'établir l’équilibre. Si, par suite des variations du poids du corps, cet équilibre est rompu, le fléau s’incline légèrement, établit un contact électrique, et un moteur électrique immerge ou soulève le plongeur jusqu'à ramener un nouvel équilibre. Il suffit d'inscrire les déplacements du plongeur pour avoir la courbe des varialions du corps. Dans chaque cas, il faut choisir convenablement le diamètre
GRAPHIQUE (Méthode). 45 du plongeur et établir l'échelle des ordonnées à l’aide d’une expérience préalable. Il faut éviter les grands déplacements du fléau; ceux-ci doivent être à peine perceptibles.
9) La. balance enregistrante de SpruNG est constituée par une balance romaine avec poids mobile. Ce poids mobile est représenté par une roue qui glisse sur le fléau. En enregistrant les mouvements de cette roue on obtient la courbe des variations du poids.
Le mouvement du poids est commandé par une vis sans fin qui tourne tantôt dans un sens lantôt dans un autre, suivant que le fléau de la balance s’est incliné vers le baæ ou vers le haut. Dans ses mouvements le fléau agit sur des contacts électriques; les courants électriques agissent sur des électro-aimants qui commandent le mouvement de la vis sans fin.
Dans les premiers appareils de SPruNG les contacts étaient à mercure ; à présent ces appareils sont à contacts métalliques.
Le poids mobile est continuellement en mouvement, même quand le poids accroché à la balance reste invariable ; mais ses déplacements sont petits. La plume inscrivante étant continuellement en mouvement, il y a peu d’adhérence entre la plume et le papier. La surface enregistrante est formée par une large bande de papier qui se déroule verticalemeut derrière le fléau de la balance.
Le capitaine RuxG (de Kopenhague) à remplacé le courant électrique par deux petits mécanismes d’horlogerie.
La balance enregistrante de SPRUNG ne peut pas inscrire des variations très rapides.
Elle peut pourtant être employée à l’enregistrement de phénomènes physiques et chimiques assez délicats.
Quelques applications de la méthode graphique à l’étude du systéme nerveux.
I. Voici quelques exemples de l’application de la méthode graphique à l’étude des réactions nerveuses.
4) Méthode d'AuEerBaAcH ef v. Kries. — Un signal de BazTzar et un électro-aimant inscripteur tracent leurs mouvements sur un cylindre enregistreur. Le premier signal marque le moment où une excitation électrique a lieu. La personne qui recoit l’excitation, dès qu’elle a perçu la sensation, rompt un courant électrique qui est en relation avec l’électro-aimant inscripteur. On obtient ainsi deux signaux sur le cylindre. La distance qui les sépare donne la mesure du temps de réaction.
2) Voici le procédé employé par LANGENDORFF :
Trois électro-aimants sont placés à côté d’un cylindre enregistreur. Le premier est intercalé dans un circuit électrique qui passe par un diapason : il inscrit le temps; le second est placé sur le circuit du courant électrique qui donne l'excitation, enfin le troisième est placé sur le circuit du signal de réaction qui est un contact qu’on ouvre. Une clef semblable est interposée dans le circuit d’excitation qui va à la bobine inductrice d’un appareil d'induction. A la bobine induite de cet appareil on a relié soit un téléphone pour donner une excitation acoustique, soit des électrodes qui vont exciter la surface cutanée.
On obtient trois tracés : le nombre d’oscillations du diapason comprises entre les lignes d’excitation et de réaction donne la mesure de la durée du temps de réaction.
3) Dans le noëmatachographe de Donners le moment de l'excitation se trouve marqué sur le tracé des vibrations du diapason par une petite étincelle qui jaillit entre le cylindre et la plume au moment où l'excitation électrique qui provoque une sensation optique, auditive ou autre, a lieu. Le moment où l'excitation est perçue par la personne en expérience s'inscrit sur, le même tracé du diapason, à l’aide d’une plume inscrivante mise très simplement en mouvement avec la main. On peut lire ainsi direc-
A6 GRAPHIQUE (Méthode).
tement sur le tracé la durée du temps des réactions en comptant les sinuosités du tracé du diapason.
4) Le neuroamübimètre de Siam. Exner est un appareil tout aussi simple que celui de Doxpers et qui donne la mesure du temps de réaction sans employer des signaux électro-magnétiques. Dans cet appareil le temps de réaction se mesure par le nombre des oscillations qu’une lame élastique inscrit sur une plaque de verre, entre les moments où l’excitation et la réponse se produisent.
5) Dans l’appareil de Smirx (1894), comme dans les appareils précédents, les moments d’excitation et de réaction s'inscrivent sur le tracé chronographique. |
Un diapason à 1400 vibrations par seconde est placé dans un courant électrique toujours fermé, mais, étant donnée une disposition spéciale des résistances et des clefs, ‘le diapason ne peut vibrer que pendant qu’on ouvre une clef au moment où l'excitation a lieu. Au moment de la réaction, en fermant une seconde clef, on arrête les vibrations du diapason.
6) Cozrs (1895) a modifié l'appareil de Suirx en simplifiant la disposition des clefs:
Le courant électrique qui fait fonctionner le diapason, avant d’arriver au chronographe, passe par les clefs d’excitation et de réaction. Si l’une de ces clefs est fermée, il s'établit un court circuit, et le chronographe ne peut pas inscrire les oscillations du diapason ; pour qu’on ait leur inscription, il faut que les deux clefs soient ouvertes. On disposera l’expérience de la sorte : au début de l’expérience, la clef d’excitation, qui est avant la clef de réaction, est fermée, tandis que celle-ci est ouverte. Au moment de l’excitation, on ouvre la première clef, il n’y a plus alors de court circuit, le chronographe inscrit les vibrations du diapason. Au moment de la réaction, on ferme la seconde clef, on établit par cela un second court circuit : le courant électrique n’arrive plus au chronographe, et le tracé redevient une ligne droite. On peut, se servant de la même source électrique et du même diapason, disposer de cette façon plusieurs clefs en série, pour avoir plusieurs expériences à la fois.
1) La méthode de Junin (1898) permet d’avoir à l’aide d’un seul signal le début et la fin de n'importe quel phénomène, ainsi que sa durée. Un signal de Drprez est intercalé dans deux circuits. Dans un des circuits se trouve intercalé aussi un indicateur du temps quelconque, soit un diapason, soit un métronome interrupteur du courant.
Le second circuit sert à l'inscription des excitations volontaires. Par la fermeture du
second circuit, le noyau du signal électromagnétique est magnétisé faiblement, et àlors il agit en attirant et en arrêtant un peu l’armature du signal qui inscrit le temps. La diminution de l’amplitude des oscillations du tracé te l'indication de moment de l'excitation.
IT. Le champ visuel peut être étudié à l’aide des périmétrographes. Ces appareils traceurs du champ visuel peuvent être divisés en deux catégories. Dans
la première catégorie se placent les appareils dont la plume enregistrante ne jouit que
d’un mouvement longitudinal commandé par le porte-objet, tandis que la surface sur laquelle se fait l'enregistrement effectue un mouvement circulaire. Dans la deuxième catégorie se rangent les appareils dont le crayon enregistreur effectue tous les mouvements, la surface enregistrante restant immobile. La So des périmètres enregistreurs font partie de cette dernière catégorie.
Le périmétrographe de Srevens (1881) comprend les parties suivantes : 1° une co- Jonne verticale qui sert de support; 2° l’arc périmétrique dont le point fixe contient le point de mire; 3° le porte-objet mobile le long de l'arc ; 4° l’appui pour la tête ou mentonnière. Il présente deux mouvements principaux : celui de l’arc qui passe par les
divers méridiens du champ visuel, et celui du porte-objet qui passe par les divers degrés”
du même méridien.
Le porte-objet est immobile en lui-même, étant fixé à l’extrémité périphérique de Varc; mais ce dernier est susceptible de deb mouvements : il tourne autour de l’axe de rotation qui passe par le milieu de l’arc et par son centre de courbure, et autour d’un axe perpendiculaire au plan de l'arc et passant par le centre de courbure. L’arc
est denté à l’un de ses bords, et, en se mouvant dans le sens de la longueur, il met en.
mouvement la première roue de l’appareil enregistreur situé derrière le point de mire
GRAPHIQUE (Méthode). 47
direct. D’autres roues dentées transmettent ce mouvement longitudinal de l’arc du périmètre à une tige métallique qui porte le crayon enregistreur. Cette tige se trouve dans le même plan que l'arc et suit ce dernier dans tous les méridiens du champ visuel. Le schéma périmétrique, sur lequel le crayon trace ses mouvements, est suspendu en face de l'appareil.
L’appareil de Macponazn Harpy (1882) ressemble à l'appareil de Stevens. Dans cet appareil, le porte-objet se meut le long de l’are moyennant une corde sans fin qui va s’enrouler Sur une poulie située près de l’axe de rotation du périmètre. Quand on fait tourner la poulie, celle-ci transmet le mouvement au porte-objet, à l’aide de la corde sans fin ; et au crayon, à l’aide de roues dentées dans lesquelles elle s’engrène. Le crayon suit ainsi le périmètre dans les divers méridiens.
Le périmétrographe de Bux (1882) est fixé au dos d’une chaise bien solide, sur laquelle est assis le patient, de sorte que toutes les parties de l'instrument, excepté le point de mire direct et le porte-objet suspendu devant l’œil à examiner, se trouvent derrière le patient. Le malade appuie la nuque sur un coussinet maintenu en suspension par un axe horizontal qui doit se trouver sur le prolongement postérieur de la ligne visuelle de l’œil, et constitue, par conséquent, l’axe de l'instrument entier. Il n’y a point d'arc périmétrique. Il est remplacé par deux tiges métalliques placées chacune à angle droit, et articulées entre elles à l’un de leurs bouts. Le premier de ces deux bras, qui est le plus robuste, s’élève vertical derrière la tête du malade, puis, en se pliant à angle droit, il passe au-dessus de lui, pour se diriger horizontalement en avant, où il s'articule avec le second bras. Ce dernier continue d’abord la direction horizontale du précédent, puis se plie à angle droit en bas, et porte à son bout l’objet de mire situé à la hauteur de la ligne visuelle et de l’axe de l'instrument. Le premier bras peut tourner dans un plan vertical autour de l’axe qui soutient le coussinegf il représente l’arc périmétrique et en effectue le mouvemeut. Le second bras tourne dans un plan horizontal autour d’un axe vertical fixé à l’extrémité antérieure de l’autre bras, et représente, avec ses mouvements, le porte-objet des périmètres habituels.
L'appareil enregistreur consiste en un crayon qui peut se déplacer longitudinalement le long de la partie verticale du premier bras. Ce mouvement lui est communiqué, à l’aide d’une corde sans fin, par la rotation du premier bras autour du premier. Le crayon suit en même temps, nécessairement, le premier bras dans tous les méridiens du champ visuel que ce bras traverse. De cette façon, le crayon reçoit les mouvements des périmètres, et sa position, résultant de la combinaison de ces deux mouvements, s'inscrit sur des schémas imprimés.
Dans l'appareil d’Azserrorri (1882), on fait mouvoir l’objet présenté à l’observation indirecte, non dans la direction des méridiens du champ visuel, mais circulairement autour 1 point de mire.
L'appareil d’Argertorri est très ule : il se compose d’un disque de bois fixé à l’extrémité postérieure de l’axe du périmètre de Fæœrsrer ; il tourne avec le périmètre et l’on y fixe le schéma, qu’on a soin de bien centrer. Tandis que le disque tourne, on tient devant lui, avec la main, une pointe de crayon appuyée contre une petite patte horizontale. Le schéma imprimé doit être fixé à l’envers sur le disque de,boiïs, pour obtenir un tracé à l’endroit (on ne peut pas voir le tracé pendant l’examen).
Le périmètre enregistreur de MAvyERHAUSEN (1884) ressembie en partie à l'appareil de Bzix, attendu que les deux mouvements principaux du périmètre sont effectués par deux bras métalliques articulés entre eux à un bout; seulement les deux bras ne sont plus à angle droit, mais courbés en arc de cercle de 90° d'ouverture. Le premier arc, qui est le plus fort à l'extérieur, n’est guère autre chose que l’arc périmétrique ordinaire ; à son extrémité mobile, il porte l’articulation qui l’unit avec le second bras. MAYERHAUSEN a reproduit en cela exactement la disposition du périmètre de STILLING ; mais ce dernier avait placé au point d’articulation des deux arcs un cadran gradué pour lire la position du porte-objet le long d’un méridien déterminé. Dans l'instrument de MEYERHAUSEN, se trouve placé dans ce même point tout le mécanisme enregistreur, qui, dans tous les autres périmètres, est situé à l’extrémité postérieure de l’axe horizontal de l'instrument.
L’observateur, à l’aide d’une manivelle, fait tourner les deux arcs comme dans les
périmètres ordinaires, et fait mouvoir ainsi l’arc et le porte-objet. Toutes les fois que l'arc change de méridien, il doit déplacer le schéma, et appuyer sur le bouton qui porte le crayon.
A côté des périmétrographes compliqués que nous venons de décrire, citons l’appareil de Ferrt (1884), qui est un périmétrographe très simple, sans roues dentées, d’un prix minime, et facile à adapter à tous les périmètres existants.
PriesTLey-Smirx (4882) a construit deux périmètres enregistreurs, dont l’un animé d’un mouvement de rotation, est disposé sur le type habituel des périmètres à arc méridien tandis que l’autre ressemble à l'appareil d’ALBERTOTTI.
ALBERTOTTI (1884) a construit un autopérimètre enregistreur à l’aide duquel le malade peut faire la détermination de son propre champ visuel, sans l'assistance d’une autre personne.
Voici la description de cet appareil :
Une petite table sur laquelle est fixée la colonne qui supporte l'arc périmétrique; cette colonne est vide dans toute sa longueur. Un mécanisme qui met en mouvement à la fois l’arc périmétrique et l’appareil enregistreur est caché sous le plan de Ia table et dans le vide de la colonne. Ce mécanisme présente une manivelle située à la gauche de l’auto-explorateur.
L'appareil enregistreur placé sur la table, à droite, consiste en deux disques supportant le schéma, l’un pour l'œil droit, l’autre pour l’œil gauche. Chaque disque peut exécuter des mouvements identiques à ceux de l’arc. Le crayon est fixé sur un levier placé entre les deux disques, de facon à pouvoir être porté à volonté sur chacun d’eux. Un bras du levier (qui est mobile dans un plan horizontal) glisse sur une tige dentée. Quand on fait avancer d’une dent le levier de cette tige, le crayon s'approche ou s'éloigne du centre du schéma, dans la mesure correspondant au déplacement du porte-objet le long de l’arc. De même, un bord de l’arc périmétrique est muni de dentelures dont la distance réciproque est de trois degrés. Toutes les fois que le porteobjet se déplace de trois degrés, il y a une détente qui avertit l'observateur. Cette disposition assure le déplacement équivalent du porte-objet et du crayon, sans qu'on ait besoin de les distinguer avec l’œil, et rend ainsi possible l’auto-périmétrie.
Le patient tourne la manivelle de la main gauche, tandis qu'il pose la main droite sur le levier, en faisant écrire au crayon tant que l’objet est visible. Quand l'arc a décrit un tour entier, il fait avancer le porte-objet de trois degrés, déplace le levier d’une dent, et recommence à écrire le schéma. ;
IT. On a fait l'étude graphique de l'écriture. Ainsi Bixer et Courrier (1893) ont vu que, par l’usage convenablement réglé de la plume électrique, dite plume Enisow, on peut apprécier la vitesse des mouvements graphiques en reliant la plume au signal de Deprez qui écrit sur un cylindre enregistreur. On compte ainsi le nombre exact de pulsations de la plume pendant qu’on s’en sert pour écrire. On inscrit en même temps sur le cylindre les vibrations d’un diapason pour avoir la mesure exacte de la durée.
Ces auteurs ont vu à l’aide de ce procédé que dans le mot psychologie (écrit) il y a une quarantaine de changements de vitesses visibles à la loupe.
On peut faire ainsi l'analyse psychologique des mouvements.
Parrizi (1898) a cherché les rapports qui existent entre la parole écrite ou articulée et les mouvements de la respiration. Pour faire cetle étude il a employé une méthode d'écriture électro-chimique telle qu’on peut distinguer les paroles écrites durant les divers actes de la respiration.
Un signal, en fonction de la respiration, s'inscrit sur le phonogramme de celui qui parle ou lit à haute voix.
IV. Marey a pu enregistrer le doigté d’un pianiste en plaçant au-dessous de chaque touche de clavier d’un harmonium de petits soufflets à air, dont chacun, relié par un tube spécial avec un petit soufflet semblable, commandait un style inscripteur. La série des styles était disposée suivant une ligne et ils étaient échelonnés dans l’ordre où se succèdent les différentes notes de la musique, c’est-à-dire en série ascendante suivant l'élévation du son. Un peigne à cinq dents traçait sur une bande de papier
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enfumé une portée sur laquelle la position de chaque trait indiquait la tonalité du son inscrit, tandis que la durée du son était exprimée par la longueur du trait. Les demi-tons se distinguaient par deux traits minces parallèles au lieu d’un trait plein.
Gros et CarPeNTIER ont Construit un appareil, appelé mélographe, qui enregistre sur une bande de papier perforée l’air que l'artiste exécute. Cet air est réproduit avec une fidélité parfaite, quand on repasse la bande de papier dans l'instrument.
Biner et Courtier (1895) ont enregistré le toucher du piano, en mettant au-dessous des touches et en arrière du plateau un tube de caoutchouc unique, relié par ses deux extrémités à un tambour enregistreur. Le diamètre extérieur du tube était de 6 millimètres, et le diamètre intérieur de 4 millimètres. Le tambour à air inscripteur présentait une plume à encre.