‹ Dictionnaire de physiologie (volume 2)Chapitre 119 sur 212 · POIDS DU CORPS · texte numérisé non relu

POIDS DU CORPS

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Quand au contraire les saignées sont modérées, les réactions qu’elles provoquent dans les tissus, et spécialement dansles organes hématopoïétiques, peuvent devenir très salutaires pour l'organisme. C’est à ce titre que CHanTEMESsE a employé la saignée avec succès comme moyen thérapeutique dans la chlorose.

10. Action de l’hémorragie sur les sécrétions. — Le courant vivifiant de matériaux nutritifs, que, à l’état normal, le sang porte aux tissus, diminue et même s’arrêle sous l’infiluence d’une saignée. Il s'ensuit que les sécrétions vont subir un ralentissement ou un arrêt, faute de matériaux. CL. BERNARD avait constaté un arrêt de la sécrétion salivaire, après les fortes saignées. LanGLey, Posner, Gies, etc., l’ont remarqué à leur tour; Hswx et GiEs ont toujours observé un arrêt immédiat de l’excrétion urinaire. Après 1, 2,3 ou même 4 jours, cette excrétion est plus abondante qu’à l’état normal. — L’anesthésie seule ou l’anesthésie associée au traumatisme produisent invariablement une augmentation de l'urine. — La chute de la pression sanguine est cause de cet arrêt : de l'écoulement urinaire après une hémorragie. Au fur et à mesure que le sang revient à son volume normal, par l’arrivée de la lymphe et des boissons, la pression remonte, et les reins se reprennent à fonctionner. L’écoulement de l’urine peut même dépasser la normale durant les 2, 3 ou 4 jours qui suivent, et sa réaction est amphotérique.

11. Influence de l’hémorragie sur le système nerveux. — Les effets d’une hémorragie unique et non mortelle sur le système nerveux ont été très peu étudiés.

Nous avons donné plus haut, p. #89, le tableau symptomatologique des pertes sanguines abondantes et rapides. Ce tableau, trâcé par les cliniciens, montre les troubles immédials occasionnés par l’hémorragie, troubles dont la plupart, sinon tous, sont dus à l’anémie des centres nerveux.

Nous renvoyons à l’article « Anémie » pour ce qui concerne les effets consécutifs de l'hémorragie sur les centres nerveux.

DocrEL à remarqué que les mouvements réflexes 4 la grenouille s’exagèrent après une forte saignée. L’excitabilité des centres nerveux moteurs serait donc MANQUE Il n’en est pas de même pour les centres vaso-moteurs, dont l’excitabilité diminue au fur et à mesure que la pression du sang baisse à la suite de l’hémorragie (Porter et Marks).

Les cliniciens ont décrit depuis longtemps des troubles visuels chez l’homme à la suite d'hémorragies abondantes. FRies rapporte 106 cas d’amaurose post-hémorragique observés par Barrtiscu, Fonranus, WELscH, RUMLER, ScHiRMeR, BoNET, ROMMEL, pu Foix, Hüxerwozr, depuis l’année 1641 jusqu’en 1875. Suivant la quantité de sang. perdue, et les différentes conditions spéciales à l'individu, on a pu observer tous les degrés de la cécité, l’hémianopsie (très rare), l’amblyopie et l’amaurose. La plupart de ces troubles seraient dus à une anémie de la rétine (TERSON).

L'examen ophtalmoscopique montre en effet une décoloration de la pupille, et un rétrécissement extrême des artères rétiniennes. Les veines semblent au contraire normales; elles sont remplies de sang, et sans thrombose apparente. Cet état peut persister

longtemps (de 6 à 28 ans). Quelquefois un œdème rétino-optique peut succéder à l’extrême anémie.

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