‹ Dictionnaire de physiologie (volume 2)Chapitre 122 sur 212 · S V EFFETS DES HÉMORRAGIES RÉPÉTÉES ET NON MORTELLES · texte numérisé non relu

S V EFFETS DES HÉMORRAGIES RÉPÉTÉES ET NON MORTELLES

Dans les chapitres précédents nous avons étudié les désordres produits dans l’organisme par une hémorragie unique et non mortelle.

Si une seconde hémorragie a lieu, les modifications qu’elle occasionne dépendent principalement de l'intervalle de temps qui la sépare de la première.

Trois cas peuvent se présenter :

1° L’intervalle peut être très court, et alors la nouvelle hémorragie trouve l’organisme dans la phase d’affaissement produite par la perte sanguine antérieure, et ses effets s'ajoutent aux précédents;

20 Quand la nouvelle hémorragie trouve l’organisme dans sa phase de réparation, ses effets dépendent de l’intensité des troubles consécutifs à la première saignée, et de l’état des travaux de réparation ;

3° Enfin quand l'organisme a eu tout le temps nécessaire pour se remettre des troubles occasionnés par une hémorragie, les effets de la seconde, quoique étant assimilables à ceux de la première, ne seraient pas identiques, car l’organisme peut garder longtemps l'impression de la première hémorragie.

Les cliniciens avaient remarqué depuis longtemps la résistance de l'organisme aux pertes sanguines répétées. ‘Ainsi, Murray cite le cas d’une femme qui durant 29 ans avait subi de nombreuses hémorragies du nez, de la bouche, des oreilles, etc., à des intervalles de temps variables; et, s’il faut croire à l’exactitude de l’observation, cette femme aurait perdu, pendant les deux premières années, environ uue demi-livre de sang journellement. Plus récemment, Lazarus rapporte le cas d’un médecin russe dont la santé était peu affectée malgré des hémoptysies qui, en quelques mois, lui auraient enlevé une quantité de sang équivalente à 4 fois la masse sanguine totale.

De son côté, l’expérimentation apporte des documents bien plus précis sur la résistance. de l’organisme aux hémorragies répétées. Citons l’expérience d’ArLoixc, dans

5929 HÉMORRACGIE.

laquelle un cheval de 450 kilogrammes perd 6 kilogrammes de sang chaque mois pendant 2 ans. Cela ferait 144 kilogrammes de sang, soit # fois la masse sanguine totale,

4BOKE celle-ci étant estimée à 1/13 du poids du corps ( E — 34 s,1)

L’intervalle de temps entre les diverses saignées était de 1 mois : donc l'organisme avait le temps de réparer ses pertes, et pouvait trouver dans son alimentation les matériaux nécessaires.

Quand, au contraire, les hémorragies se répètent à des intervalles de temps trop courts, les effets débilitants s’additionnent, et la mort s'ensuit à brève échéance. Les modifications du sang et des diverses fonctions de l'organisme ne diffèrent que par leur intensité de celles étudiées plus haut.

Le tableau de la page 523 montre, d’après Waire, comment les héMOrS souvent répétées modifient la composition du sang.

Logper a suivi aussi les modifications dans le nombre des globules rouges et dans la quantité des albuminoïdes du sang chez le lapin, à la suite de # ou 5 saignées répétées toutes les 24 heures. Les résultats se trouvent consignés dans les courbes suivantes:

Æ OBERLIN. érab F1G. 90. — Variations tes hématies et des albuminoïdes après saignées répétées (LŒPER).

D’après ce que nous avons dit plus haut, on voit quelle action spoliatrice exercent sur le sang des hémorragies répétées à des intervalles de temps trop courts. Le sucre seul augmente, mais cette augmentation a des limites. Aussi l’expérience suivante de CL. BERNARD est très démonstrative :

Sucre du sang.

1 HSHONÉC CRE Pet ne en, Op EG:

2° — après # jours RSR MP AUX 3° VS ADTÉS 24 /HEULES 0, 00m A7 — LP PR TR et le AR A Ti 5e EE D AU 0 LE CU OEM NON PAS QE RE Eee

Quant aux autres modifications du sang, et aux troubles des diverses fonctions, et surtout des échanges nutritifs, nous avons montré comment ils se produisent sous Yinfluence des hémorragies non mortelles.

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