CH.OH CH:0H
Az-C3H7 Morphine.
Dans cette substance, deux radicaux à fonction phénolique s’uniront à l'acide acétique pour donner l’éther diacétique de la morphine, ou héroïne.
CH C6H3O.CH3CO CH.OH CHO.CH3CO Az-C3H.
Propriétés physico-chimiques. — L’héroïne est une poudre blanche, cristalline,
légèrement amère, inodore, fondant à 1730. Insoluble dans l’eau pure, elle se dissout facilement dans l’eau additionnée de quelques gouttes d’acide acétique cu mieux d’acide chlorhydrique. Elle est peu soluble dans l’alcool froid, très soluble dans le chloroforme, la benzine et les acides. Avec l’acide chlorhydrique, on obtient du chlorhydrate d’héroïne, poudre cristalline blanche. L’héroïne est précipitée par les réactifs alcaloïdiques et, en particulier, par l’iodure de potassium ioduré.
Propriétés pharmacodynamiques. — I. Toxicité générale. — GuINARD a dressé le tableau suivant, déterminant la dose mortelle chez les divers animaux :
Grammes.
Chien . . . 0,04 par kilo.
Chèvre. . . 0,039 — Cobaye 240,15 — Lapin CLEO 10 — An 4 040, 00085 II. Action hypnotique. — L’héroïne possède une action hypnotique chez le chien, le
lapin et le cobaye. Par injection intra-veineuse, il faut, pour provoquer le sommeil, 05r001 à 08"01 par kilogramme. Des quantités plus fortes produisent, au contraire, de l'agitation. L’animal se plaint, se lève et marche en attitude hyénoïde. Chez certains sujets, d’ailleurs (cheval, âne, chèvre, chat), l’héroïue provoque d'emblée des effets excitants.
III. Action respiratoire. — Ce corps ralentit considérablement la fréquence des mouvements respiratoires (Srocxmanx et Dorr), et augmente leur amplitude (Dreser). Guixarp à constaté chez le lapin de la respiration périodique; l’apparition de ce rythme, sous l'influence de ce médicament qui supprime l’activité du cerveau, s’interprète parfaitement avec la théorie générale rattachant à la déficience cérébrale la respiration périodique (Pacnon 1%). DRESER a étudié avec l’appareil de Recnauzr et REIser la consommation d'oxygène chez l’animal soumis à l’héroïne, et il a constaté une diminution dans l’absorption de ce gaz. Mais ce résultat pourrait être attribué à l’immobilité du sujet endormi et non à une action spécifique du médicament sur les combustions intraorganiques. <
IV. Action circulatoire. — Chez la grenouille, on observe une diminution d'amplitude des contractions cardiaques sans modification du rythme (Dreser). Chez le chien, l'inscription du choc du cœur avec le cardiographe de Marey permet de constater une
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augmentation de l’amplitude des battements et une diminution de leur fréquence. La double vagotomie supprime ce ralentissement : l'héroïne excite donc le centre cardiomodérateur bulbaire (Guixarp). (V. Morphine.)
Usages thérapeutiques. — Cette substance est utilisée chez l’homme comme hypnotique, et ses indications sont les mêmes que celles de la morphine. Elle est un puissant sédalif de la toux : il est bon de s’en abstenir en cas de sécrétions bronchiques abondantes, car la disparition du besoin de tousser provoquerait l'encombrement des voies respiratoires par les sécrétions (H. Leo). Les dyspnées des bronchites chroniques, de l’'emphysème, de l'asthme essentiel, sont heureusement influencées par l'héroïne.
Ce médicament se prescrit sous tonne de chlorhydrate en potion ou en injections hypodermiques, à la dose de 5 à 15 milligrammes par jour.
L'usage même modéré de l'héroïne peut provoquer des troubles signalés par Morec- LAVALLÉE : crampes d'estomac, constipation, bouffées de chaleur, rétention d’urine avec Spasmes uréthraux pénibles. L'emploi longtemps prolongé aboutit à des accidents tout à fait comparables à ceux de la morphinomanie (Leynia DE LAJARRIGE !*). Le malade perd l'appétit et maigrit. Le poison devient un élément indispensable à son activité physique et intellectuelle. Les doses nécessaires pour arriver à l’euphorie augmentent tous les jours, et peuvent atteindre 08'07. La suppression du toxique provoque des angoisses terribles. C’est donc à tort qu’on a proposé l'héroïne comme contre la morphinomanie.
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Voy. aussi Récents travaux sur l'héroïne {Nouveaux remèdes, 1899, xv, 337-349.)