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En un mot, les lois qui règlent les échanges nutritifs des animaux à température constante semblent s’appliquer aussi aux mammifères et aux reptiles en hibernation.
Pour mieux voir jusqu’à quel point le poids du corps peut donner des indications précises sur l'intensité des échanges nutritifs pendant l’engourdissement, il nous faudrait de nombreuses données sur les variations de ce poids chez toutes les espèces d’animaux hibernants et durant toute la période hibernale. Parmi les documents existants, il y en a peu qui comblent ce desideratum, car les variations de poids chez les mammifères engourdis deviennent extrêmement difficiles à suivre, et cela pour deux raisons :
1) Ces animaux peuvent passer facilement de l’engourdissement à l’état de veille, et, les échanges augmentant alors rapidement, la perte de poids dans l’unité de temps est évidemment plus grande. Il est donc nécessaire de connaître à chaque instant la température de l’animal, pour juger de son état d’engourdissement.
2) On a remarqué que le poids des marmottes qui s’engourdissent en captivité peut augmenter, sans que l’animal ait pris ni des aliments ni de l’eau.
Dans ces conditions, on voit combien il serait difficile d'isoler ces deux variables, de sens inverse, et de déterminer la perte maximum de poids que l’animal subit pendant son engourdissement.
L'augmentation de poids chez les marmottes engourdies a été signalée pour la première fois par Sacc et confirmée plus tard par Recnauzr et Reiser, VALENTIN, Votr, R. Dugois, Pozimanri, etc. Ce phénomène a été observé aussi par BoucaarD sur l’homme qui n’a reçu d’autres ingesta que les gaz atmosphériques, et n’a rendu d’autres excréta que la perspiration cutanée et l’exhalation pulmonaire.
Recnauzr et Reiser ont été les premiers à chercher une explication de ce phénomène. D’après eux, il y aurait fixation par l’organisme d’une quantité d'oxygène plus grande que celle qui se trouve dans CO: et H?0 éliminés. A cette opinion se sont rattachés plus tard VALENTIN, Boucnarp et PorimantTit. VALENTIN le premier faisait aussi intervenir absorption d’une certaine quantité d’eau par la peau. Quant au mécanisme suivant lequel cet oxygène serait fixé, Boucarp le voit dans une oxydation incomplète des matières grasses. Une grande partie de ces substances se transformerait en hydrates de carbone (glycogène), opération qui exige une fixation d'oxygène, et une petite quantité seulement serait consommée, jusqu'aux termes ultimes C O0? et H°0.
Nous verrons mieux cette relation après avoir étudié les échanges respiratoires. Disons seulement que R. Dupois attribue l’augmentation du poids du corps à une teneur plus grande en gaz dans le sang.
1. J.NoË a fait beaucoup d'expériences sur le hérisson : malheureusement, dans ses documents, on ne trouve aucune mention de la température des animaux, et on ne peut pas distinguer la perte de poids correspondant à l’engourdissement de celle qui accompagne le réveil ou l’état de veille.
b) Variations du poids des organes et leur composition chimique. — La contribution des différents organes et tissus à la perte totale du poids du corps pendant l’engourdissement hibernal n’est pas la même pour tous. Afin de mieux juger de la part qui revient à chaque organe dans cette perte, il faut déterminer tout d’abord dans quel rapport se trouvent les matières solides et l’eau qui rentrent dans leur constitution. Cela est d'autant plus nécessaire que les recherches de RuLor, faites sur la chauve-souris, montrent que la quantité d’eau augmente pendant l'hiver ; de 57,13 p. 100 au mois de novembre, elle monte à 63,54 p. 100 au mois d'avril. GRADINESCO (1908) a montré aussi que chez la grenouille la concentration moléculaire du plasma des muscles est plus basse en hiver (A— — 0,51 au mois de janvier) qu’en été (A— —0,59 au mois de juin). On voit donc combien il est nécessaire de connaître le poids des organes desséchés, si l’on vent évaluer leur perte absolue. Malheureusement la plupart des observations concernant cette question ont été faites sur des organes frais. Nous donnerons cependant quelques chiffres destinés à montrer, sinon la perte absolue des organes, du moins leurs pertes relatives.
Ainsi, d'après VALENTIN, les pertes subies par les principaux organes et tissus de la marmotte, après 163 jours d’hibernation, ont été les suivantes :
Perte de poids des organes et tissus de la marmotte pendant l’hibernation (163 jours) d’après VALENTIN.
Commencement Fin de de Organes et Tissus. l'hibernation. l'hibernation. Différence. p. 100 du poids p. 100 du poids initial du corps. initial du corps. :
MusCless LEE PCR 2 2607100 18,87: — 8,32 SAULT LITE NES ER LOME 17,34 13,73 — 3,61 CHERS AE LS EN D ANE NN PPTTE 17,05 0,11 — 16,94 Peau Nr DEEP RAELL ENT 16,39 10,18 — 6,21 Hotel BAR OL TS ENTIER ES 3,99 1,31 — 2,02 SIDA EN IE AURA, COS CAM OT 0,97 — 0,94 Intestinerelor Re RME NET 1,49 1,33 — 0,16 GOSANNCS NAS AE METRE 1,69 1,83 » + "0,14 Glande hivernales een x 1,39 0,39 — 0,94 Gétvéatr AN Te COLE ETES 1104308 1,07 — 0,01 Mpelle fépiniere Varie" 0,26 02 + 0,01 Laiynret pOuMOns Et 00108 0,72 — 0,31 RIM TEEN ENS PEN TERRE 0,51 0,54 + 0,03 DÉC CN AN PARA CPV ARS T 0,34 0,37 + 0,03 Glandes'salivaires, * . NN 0,17 0,13 — 0,04 Œsophage ...... NE MER SOETEUTES 0,15 + 0,02 RAS: A de Di LI CRI ETUI 0,09 0,05 — 0,04 ANT PEN ES CE hu date te 0,09 .0,04 © — 0,05
Si l’on cherche la perte pour cent du poids initial de chaque organe et de chaque issu, on trouve, suivant VALENTIN :
Graisse. + AUTEUR M0 31 Glande hibernale. . . . . 68,18 KO? CRE LD dE Pénss PCT Re. 55,617 RSOMACS EL ET Me 47,05 Capsules surrénales. . . . 45,65 Diaphbragme Re PME, 45,06 Larynx et poumons. . . . 44,56 PéaURRACR APUEN ES 9,01 1 # Muscles du squelette... . . 30,3 CHE TU IEEE RE L'ET SAS 1,2 Glandes salivaires. . . , . 15,00 Squelette ne. EE 11209 RAOEMNOQNNE DE 16,7 LAN TC 10,87 Intestintéréle: :13 4 7,65
nation) à 2 gr, 196 par kilogramme en moyenne, a cherché la part qui revient à chaque organe dans cette perte. x
(TMS ee PT ME IL: 0,99 Muscles du corps. . . 0,47 Diplrasgnre. sr. 2.#0070,02
CUP ARE 7 vue de ; 0,01 6,49 ARE R eel e eoh de 0,006
PORTER Led US 0,34 SUOLAELR ES. EL N. 0,12 Glandes salivaires.. . 0,025 Glande hibernale. . . 0,05 HSÉOMACIER Mira. 0,05
LT AN Re ot EI 0,12 Larynx et poumons... 0,02
Autres organes. . . . Pertes insignifiantes.
RuLor (1902) a dosé la graisse dans le corps de la chauve-souris au commencement, vers le milieu, et à la fin de l’hibernation. Ses résultats se trouvent consignés dans le tableau suivant :
GRAISSE p. 100 SECS. TOTALE. DU POIDS TOTAL.