Sr. OrLowski, Suggestya à Hypnotyzm. Varsovie
présenter quelques-uns des autres effets mentionnés; mais ce sujet, lorsqu'il sera dans l’hypnose, restera toujours plus mobile, plus indépendant que celui qui ne peut pas plier son doigt retiré de l’hypnoscope. La paralysie seule, sans anesthésie, est rare, et constitue une indication contraire : l'hypnose d’un pareil sujet sera caractérisée par l’immobilité; et l’amnésie au réveil sera difficile à obtenir.
4. Contracture, rigidité du doigt, de la main, ou du bras entier. — C’est un effet moins fréquent, mais très caractéristique. À son degré moyen il va présenter la flexibilitas cerea, difficile à constater sur le doigt, mais visible facilement sur le bras. La contracture proprement dite, ou le doigt à ressort de NÉLATON, produit une rigidité absolue. Associée aux effets précités, elle dénote toujours une impressionnabilité maximale; toute seule, c’est-à-dire sans anesthésie ni sensations caractéristiques, elle signifie une grande impressionnabilité réflexe musculaire, avec difficulté du sommeil proprement dit : le sujet pourra être tétanisé, mais non endormi : cela d’ailleurs est assez rare. Si à la contracture s'ajoute l’hyperesthésie, on aura de la peine à manier un tel sujet, et il faudra d’abord l’influencer à distance.
Ces quatre groupes d'effets, relativement objectifs, peuvent évidemment se combiner de toutes les manières possibles; plus ils sont nets et nombreux, plus grande est l’aptitude à l’hypnose. Non seulement le parallélisme est complet, quant au degré de la susceptibilité, mais encore la nature des effets obtenus, pendant les deux minutes que dure l’expérience hypnoscopique, permet de faire des inductions de grande probabilité sur la nature et les caractères spécifiques, individuels, de l’hypnose qu’on obtiendra ensuite sur le même sujet par d’autres moyens.
L'armature de l’hypnoscope doit être retirée (en glissant) pour l'application de l'instrument ; la sensibilité cutanée doit être examinée, autant que possible, avec la même pointe (je me sers toujours d’une pointe de l’esthésiomètre de Weger), appliquée sur la partie interne du doigt, entre les deux pôles et au bout du doigt de l’hypnoscope. On examine les deux autres catégories d'effets objectifs (paralysie, contracture) après avoir retiré l’hypnoscope, et en disant au sujet : « Pliez votre doigt. » S'il n’y arrive pas facilement, on recherche soi-même, mécaniquement, si le doigt est seulement paralysé et flexible, ou bien paralysé par la raideur des muscles contracturés. En retirant l’hypnoscope, on replace l’armature, pour lui conserver sa force. Une force plus grande que celle que je donne à l’aimant, qui n’a pas été dépassée, ni même égalée par une autre forme quelconque du même poids, est inutile. Si HELLENBACH et ‘GESSMANN crurent pouvoir obtenir davantage avec des hypnoscopes plus forts, c'est qu'ils n’ont pas fait de distinction entre la sensibilité vraie et la sensibilité imaginaire. Contrairement à ce qu'indique une théorie purement physique, l’hypnoscope, tout en donnant plus avec une force moyenne qu'avec une force très faible, ne donne rien de plus, ou presque rien, avec une force beaucoup plus grande, ce qui suffit déjà pour mettre en doute le rôle exclusif du magnétisme minéral, dans l’action de l’hypnoscope. Cette action n’est pas seulement suggestive ; elle estaussi de nature physique ; mais elle n’est pas en proportion directe et régulière de l’aimantation.
Elle est très compliquée d’ailleurs et masque des influences encore inconnues. Nous ne nous y arrêtons pas, notre but n’étant pas d'étudier, ou même de prouver l’action physiologique du magnétisme minéral, mais seulement d'indiquer un moyen pratique, simple et commode pour la recherche des sensitifs.
Voici encore, au sujet des sensations perçues, quelques remarques que je considère comme de moindre importance, mais qui néanmoins doivent être prises en considération.
Questionnés sur le genre de leurs sensations, les sujets vous donneront des De tions plus ou moins one es, dont voici les plus ones : 20 fois sur 100 : « Fourmillements ou picotements » 17 fois sur 100 : « souffle froid, froid humide, chaleur et sécheresse ». Les deux sensations peuvent coexister, l’une à droite, l’autre à gauche. 8 fois sur 100 : diverses sensations douloureuses. 5 fois sur 100 : gonflement de la peau, 2 fois sur 100 : une lourdeur intense dans le doigt ou dans le bras entier, etc.
Quelquefois à l’engourdissement du doigt s'ajoute spontanément, ou par imagination, un courant électrique, des étincelles, des secousses électriques, etc. Il faut alors
vérifier la chose, car très souvent ce ne sont que des conjectures suggestives, basées
sur l’idée d’un appareil électrique, comme le tremblement du doigt, qu, peut provenir tout simplement de l'émotion. Quant aux sensations auto-suggérées, il est impossible de les éliminer complètement; mais, au point de vue du diagnostic, elles sont sans importance, puisque les sujets hypnotisables sont en même temps des sujets plus ou moins suggestionnables. D'ailleurs il est essentiel de séparer les sensations causées uniquement par l'émotion, car elles n’ont aucun rapport avec la sensibilité hypnotique. Le moyeu en est bien simple : on répète l'expérience, el les sensations diminuent ou disparaissent, tandis que certains effets, dus à la sensibilité hypnotique, persistent et même acquièrent une plus grande précision. Les auteurs qui n’ont pas tenu compte de cette particularité sont arrivés à des résultats illusoires, qui diminuent la valeur de leurs statistiques, mais qui n’infirment en rien la valeur pratique de l’hypnoscope.
Quelques exemples montreront la dépendance réciproque entre les résultats de l'expérience hypnoscopique et l'aptitude à l'hypnose.