Mie St. T. Expérience hypnoscopique à droite
Effet immédiat : « C’est très froid; je ne sens plus mon doigt. » Anesthésie complète : contracture.
Expérience hypnoscopique à gauche : « Froid plus intense encore; en remuant le doigt, il lui semble qu'on souffle dessus ; ca pique. » Le doigt reste paralysé, sans contracture nette. Ce côté étant momentanément beaucoup moins fort (au dynamomètre : 20) la contracture est moindre (main droite au dynamomètre, avant l’expérience : 75).
M! St. T. s'endort au bout d’une minute, par l'imposition de la main droite {ou gauche) sur le front : état aïdéique, puis polyidéique (somnambulisme gai, enfantin) avec rétrécissement notable du champ psychique : vision à travers les paupières; rapport; traces d'attraction par l'approche de la main. Mile St. T. est un médium à effets physiques.
2. (Observation de Grasser.) Üne hystérique facilement hypnotisable et qui présente alors un sommeil à caractère somatique (contractures et anesthésie généralisée avec lucidité intellectuelle parfaite).
Expérience hypnoscopique à droite :
« J'ai appliqué, devant les élèves de la clinique médicale, l'hypnoscope d'Ocorowrcz à l'index de cette malade. Au bout de très peu de temps (une minute environ) elle à éprouvé de l’engourdissement dans ce doigt : la sensibilité à la piqüre de l’épingle s’est émoussée,. puis a disparu absolument. L’anesthésie s’est ensuite étendue aux autres doigts, à toute la main, au poignet et à la partie tout à fait inférieure de l’avant-bras. Quand (après deux minutes d'application) j'ai enlevé l'appareil, l’anesthésie était complète dans la région indiquée, le poignet et la main engourdis, et la malade était dans l'impossibilité absolue de fléchir l'index, immobilisé en extension. Ces résultats, ajoute Grasser, ne peuvent être attribués à la suggestion. D'abord la malade ignorait absolument ce qui devait se produire : j'étais à peu près seul à connaître les observations d’Ocnorowicz, et, par suite, à prévoir les résultats obtenus. De plus, j’ai même lutté par la suggestion contre ces résultats, lui annonçant qu'elle devait éprouver tout cela à l’autre main, tâchant de lui persuader, avec autorité, qu’elle se trompait dans la narration de ses sensations, l’accusant même de nous tromper, etc. Les phénomènes observés sont donc très nets, et reproduisent le plus haut degré de ce qui a été observé par OCHOROWICZ. » à |
Expérience hypnoscopique à gauche :
« Pendant que les troubles développés à la main droile y persistaient encore, j'ai * placé l’hypnoscope à l’index de la main gauche. Les mêmes troubles se sont alors développés dans Le côté gauche, sans déterminer aucun transfert : les troubles du bras droit n'en ont été nullement modifiés. »
GRASSET à encore constaté un autre fait, qui lui paraît étrange. Quelques semaines après, ayant appliqué à la même malade un hypnoscope non aimanté, il obtint le même résultat. Il n’y a là rien d'étonnant; c’est plutôt la règle, qui comporte seulement des exceptions. Une seconde épreuve est déterminée principalement par une association idéo-organique (voir plus loin) entre un signe (un ensemble des signes) et un état organique, avec lequel il s’est associé la dernière fois. Cette association prévaut presque
toujours sur l'influence purement physique, relativement faible. De sorte que l’hypnoscope aurait pu être même en bois ou en verre, à condition de garder les inêmes apparences. Il est donc, en général, assez difficile de démontrer l’action purement magnétique à l’aide d’un hypnoscope. En tout cas, pour pouvoir obtenir quelques indices d’une action magnétique en dehors de toutes les autres, il est préférable, en expérimentant sur un sujet vierge, de commencer par un hypnoscope non aimanté, pour passer ensuite à l’hypnoscope normal. Et auparavant encore il faut bien étudier la sensibilité du sujet aux métaux.
Voici cependant une expérience, sur un sujet déjà essayé à l’hypnoscope, dont les conclusions, grâce au hasard, sont assez démonstratives :
J'avais l'habitude d’endormir une de mes malades à l’heure où arrivait la poste. L’hypnoscope produisait chez elle, comme effets caractéristiques, un froid intense avec picotements désagréables. Elle était en même temps sensible au fer, à l’acier et à l’étain, qui lui paraissaient toujours chauds et agréables. Un jour le facteur apporte un hypnoscope commandé chez DuorerTer à Paris. Il était emballé dans une petite boîte en bois blanc. Je passe cette boîte à la somnambule, qui est curieuse de savoir ce que c’est. Mais elle n’y arrive pas. Je lui permets d’ouvrir la boîte : « C’est du fer, dit-elle, c’est froid, ca pique, je ne veux pas tenir ça » (elle ne savait pas quele métal, auquel elle était sensible, qui lui paraissait toujours chaud, et qu’elle connaissait sous forme d’une plaque noire, et non nickelée ni luisante comme l’hypnoscope, était du fer). Le lendemain arrive un second hypnoscépe, non aimanté. Même curiosité de la part de la somnambule, qui prend en main la boîte, toute semblable. « C’est du fer, dit-elle sans l’ouvrir,
mais c’est différent. — Pourquoi différent? Ce doit être absolument la même chose, car j'en ai commandé deux pareils. — Non, il n’est pas pareil. — Ouvre la boîte et regarde bien. » Elle l’ouvre, puis ajoute : « Tu vois bien que ce n'est pas la même
chose : c’est bon, c’est chaud et ca ne pique pas. » Après avoir laissé les deux hypnoscopes sur mon bureau, pendant plusieurs minutes, pour les remettre à la température ambiante, je recommence l’expérience dans d’autres conditions. Je lui dis d’écarter les bras, j'éteins le gaz, et, en pleine obscurité, je lui place l’hypnoscope aimanté dans sa main droite, et l’hypnoscope non aimanté dans sa main gauche : Presque immédiatement, elle laisse tomber l’hypnoscope de droite, en disant : « C’est froid, ca pique », et elle garde celui de la main gauche qui lui paraît « chaud et agréable ».