‹ Dictionnaire de physiologie (volume 2)Chapitre 189 sur 212 · FŒTUS D'AGNEAUX · texte numérisé non relu

FŒTUS D'AGNEAUX

Poids Poids Diamètre Diamètre Diamètre du cerveau. de l'hypophyse. antéro-postérieur. transverse. vertical. gr. gr. miilim. millim. millim.

796 HMPO PENSE:

Il est facile de constater en jetant les yeux sur ce tableau que l’hypophyse est un organe dont le développement est précoce et par conséquent ne suit pas l’évolution de l’encéphale.

Chez les carnivores tels que le chat et le chien, l'hypophyse est relativement petite.

Chez le chat, elle est sphéroïde et a la grosseur d’un petit pois : la tige pituitaire est très courte.

Chez le chien, sa forme est celle d’un cône aplati à base dirigée en haut : comme chez le chat, la tige pituitaire est très courte, ce qui fait que l’organe paraît comme collé à l’infundibulum. Sa coloration est jaune rougeûtre.

Ses dimensions et son poids varient nécessairement avec la taille de l'animal. Cu. Livox a trouvé que pour des chiens de 6 à 10 kilog. le diamètre transverse était de 0,006 millimètres, le diamètre antéro-postérieur de 0,004 millimètres et le diamètre vertical de 0,002 millimètres; le poids de 0,040 milligrammes; pour des chiens de 20 kilog. le diamètre transverse de 0,008 millimètres, le diamètre antéro-postérieur de 0,006 millimètres et le diamètre vertical de 0,003 PES le poids, de 0,094 milligrammes.

Chez les rongeurs, l'hypophyse est assez volumineuse. Chez le lapin, elle est à peu près sphérique, de couleur rougeâtre. Ses dimensions moyennes sont de 0,003 millimètres dans les deux diamètres, transverse et antéro-postérieur, et 0,0025 pour le diamètre vertical; son poids est de 0,018 milligrammes pour un encéphale d’un poids moyen de 85",419 milligrammes (Cu. Livon). Ficnera, Srieba, LEONHAROT ont donné comme poids de l’hypophyse du lapin de 0,015 à 0,025 milligrammes; Horweisrer, de 0,016 à 0,022 milligrammes; GLey, 0,020 milligrammes.

Chez le de Ê hypophyse présente à peu près les mêmes caractères que chez le lapin; de couleur jaune-rouge, elle a la forme d’un cœur, et son volume est relativement plus grand puisque, sur ce petit animal, ses diamètres et son poids sont à peu près identiques, 0,003 à 0,004 millimètres pour les deux diamètres, transverse el antéropostérieur (Cu. [iron et 0,015 milligrammes pour le poids moyen (FicHERA).

ALEZAIS, qui à étudié le développement de l’hypophyse chez le cobaye, a trouvé pour des animaux de plus en plus gros, comme poids moyen et comme poids comparé à 100 grammes d'animal les chiffres suivants :

Poids Hypophyse.

de l'animal. Poids moyen.

grammes. P:%100:

Étudiant l’évolution de l'organe, il constate que, comme le reste du système nerveux, l’hypophyse, chez le cobaye, est remarquable par la précocité de son développement; mais qu’à partir du premier mois, au lieu de continuer à décroître comme le reste du système nerveux par rapport au poids et à la surface du corps, elle reste à peu près proportionnelle à la surface comme plusieurs autres organes (rate, reins). De nerveuse son évolution devient glandulaire.

Le tableau suivant indique pour des animaux, divisés en quatre groupes suivant leur développement : dans la première colonne, le poids absolu moyen de l’organe ; dans la seconde, sa proportion pour 100 grammes du poids du corps ; dans la troisième, sa proportion par décimètre carré; dans la quatrième, sa proportion pour 100 grammes de muscle. La surface du corps étant calculée d’après la formule de Men, est en décimètres carrés, dans ces quatre groupes, de 1,84, 4,40, 6,57, 8,38. Le poids des muscles est successivement de : 25, 75, 155, 239 grammes.

AVMPROPAMSE: 7197 Hypophyse.

Ar Poids des Poids absolu. Par 100 gr. Par déc. carré. Par 100 gr. cobayes. de muscles.

grammes.

Chez le rat, l’hypophyse est volumineuse relativement, comme l’indiquent les chiffres suivants donnés par CH. Livon, d’après ses mensurations sur le rat noir (mus rattus) ou sur le rat gris (mus decumanus) surmulot.

Elle est presque sessile, de couleur rougeätre, lenticulaire, à grand diamètre transverse.

Poids * Poids . HSÉPO TS A TUE age des du Diamètre Diamètre Diamètre

rats. cerveau. Poids. transverse. antéro-postérieur. vertical.

grammes. grammes.

169 1,641 0,009 0,004 0,0025 0,001 137 1,580 0,005 0,00% 0,0025 0,001 178 1,670 0,005 0,00% 0,0025 0,0015 189 1,715 0,007 0,00% 0,003 0,002 153 1,600 0,005 0,0035 0,0025 0,0015 153 1,566 0,004 0,0025 0,0025 0,0015 119 1,680 0,004 0,0025 0,0025 0,0015 LOTS 1,554 0,003 0,002 0,002 0,0015 131 1,655 0,004 0,003 0,003 0,002

De ce tableau on peut déduire les moyennes suivantes : pour un rat de 148 grammes dont l’encéphale pèse 15,629 milligrammes, l’hypophyse a un poids moyen de 0,005 milligrammes et les dimensions de 0,0033 pour son diamètre transverse; 0,0025 pour son diamètre antéro-postérieur et 0,0015 pour son diamètre vertital.

Il est important d’ajouter que, dans l'étude d’un organe comme l’hypophyse, au point de vue de son poids absolu, comme de son volume, on doit tenir toujours compte du développement des animaux sur lesquels portent les observations, ce développement variant beaucoup suivant les espèces, surtout celles qui sont employées le plus communément dans les laboratoires, chiens, lapins, cobayes.

Constitution anatomique. — Quels que soient la forme, la position et les rapports de l'hypophyse chez les vertébrés que nous avons passés en revue, un fait anatomique général, c’est qu’elle est formée de deux portions bien distinctes ; l’une postérieure et l’autre antérieure. La postérieure, en continuité directe par le tuber cinereum avec la substance cérébrale et que l’on appelle pour cela lobe nerveux ou postérieur, de couleur plutôt grisâtre; l’antérieure de nature épithéliale, que l’on désigne sous le nom de lobe glandulaire ou lobe antérieur, dont la couleur jaune rougeâtre la distingue du lobe postérieur. Ces deux parties se voient très nettement sur une coupe sagittale de l’organe.

Chez tous les animaux, le lobe nerveux est plus petil que le lobe glandulaire qui quelquefois l'entoure complètement. Le lobe nerveux occupe alors la partie centrale de l’organe comme chez les poissons.

Chez la grenouille, le lobe nerveux est petit, il est tout à fait accolé au plancher du 3° ventricule.

Quant au lobe épithélial, il est formé lui-même de deux parties : l’une, mince, qui est en contact immédiat avec le lobe nerveux; et l’autre, présentant un développement plus grand, séparée de la première par une fente.

On relrouve la même disposition chez les reptiles.

Chez les oiseaux, les deux portions sont bien distinctes. Sur la poule et l’oie, elles sont séparées par du tissu cellulaire lâche.

Chez les mammifères, ces deux parties existent toujours, mais avec des dispositions variées suivant les animaux. |

Chez le cheval, le lobe nerveux, qui se continue avec la substance cérébrale, est cen-

798 HYPOPHYSE.

tral. Le lobe épithélial l'entoure complètement, sauf au niveau du pédicule, il est plus épais en avant et en bas qu’en arrière et en haut (Pauresco). Cette portion épithéliale est, elle-même, formée de deux portions : l’une, médullaire, en contact direct avec le lobe nerveux; l’autre, corticale ou périphérique, qui entoure la précédente à la partie supérieure et antéro-inférieure. Ces deux parties distinctes par leur structure ne sont pas séparées par une fente.

Chez le veau, la disposition générale est la même, seulement les deux portions du lobe épithélial sont séparées par une fente.

Chez le mouton comme chez l’agneau, le lobe nerveux est à découvert à la partie supérieure. Le lobe épithélial est constitué par deux couches, l’une médullaire, l’autre corticale; la médullaire est très réduite, une fente la sépare de la corticale, beaucoup plus développée.

Chez le lapin, comme chez les bovidés, le lobe nerveux occupe la portion postérieure et supérieure de l’organe, il est à découvert en arrière et en haut. En avant et en bas, il est entouré par le lobe épithélial dont les deux portions, médullaire et corticale, ne sont pas séparées par une vraie fente. ;

La disposition est [la même chez le cobaye.

Parmi les carnivores, le chat présente la disposition suivante. Le lobe nerveux est renflé en massue dans l’hypophyse même. Ce renflement présente en son milieu une cavité, qui n’est autre qu’un prolongement du troisième ventricule par le pédicule. Ce lobe nerveux est entouré de tous côtés par le lobe épithélial, formé de deux portions bien distinctes; l’une, médullaire, appliquée contre le renflement nerveux; l’autre, corticale, séparées par une fente qui entoure le lobe nerveux dans toute son étendue et va presque jusqu’au pédicule où elle forme un cul-de-sac au point où la substance médullaire se réunit à la substance corticale. Comme chez les autres animaux, ces deux portions, ainsi que nous le verrons plus loin, se différencient par la nature des cellules qui les constituent.

Mais chez cet animal il existe une particularité. En arrière et en bas, la portion corticale du lobe épithélial fait défaut, et la portion médullaire en ce point est en contact direct avec le périoste de la selle turcique auquel elle adhère. Aussi, lorsque l’on soulève le cerveau, le pédicule nerveux peut-il se déchirer, et le lobe nerveux, revêtu de la portion médullaire épithéliale, restera dans la selle turcique, tandis que la portion corticale ou glandulaire reste attachée au cerveau qu’elle suit.

L'hypophyse du chien a de grandes analogies avec celle du chat. Elle adhère à la selle turcique par sa partie inférieure et postérieure ; mais le lobe nerveux ne présente pas le prolongement ventriculaire qui s’arrête au pédicule. Ensuite, la portion corticale entoure le Iobe nerveux de tous côtés, et ne laisse pas, comme chez le chat, une lacune par laquelle la substance médullaire est en contact direct avec la selle turcique.

Cependant, comme chez le chat, la portion, nerveuse entourée de la portion médullaire épithéliale, peut quelquefois adhérer au fond de la selle turcique et y rester lorsque l’on soulève le cerveau. |

Chez l’homme, les deux lobes sont bien distincts; l’un, qui se continue avec l’infundibulum, le lobe nerveux, petit, postérieur, à forme ovoïde, à couleur gris jaunâtre; l’autre, rougeûtre, plus volumineux, antérieur, lobe glandulaire, accolé au précédent et l’enveloppant même, grâce à sa forme de rein, dont le bord concave, dirigé en arrière, embrasse la moitié antérieure du lobe postérieur. Ce lobe envoie même en avant de Ia tige pituitaire une languette qui peut remonter jusque au chiasma des nerfs optiques.

Il n’y a pas de diverticule ventriculaire passant par la tige pituitaire pour gagner le lobe nerveux.

Comme chez la plupart des-animaux, le lobe épithélial n’est pas formé de deux portions : aussi la fente n’existe-t-elle pas. Les deux lobes sont accolés l’un à l’autre, réunis par du tissu conjonctif. La fente existerait pour Masay.

Chez tous les animaux, l’organe est enveloppé par une membrane fibreuse épaisse qui est fournie par la dure-mère.

On peut appeler hile de la glande, le point où les deux lobes entrent en contact.

La différence qui existe entre ces deux lobes tient à leur origine embryonnaire.

Vaisseaux et nerfs. — Vaisseaux sanguins. — La richesse vasculaire de l'hypophyse

HVEPROPHYNSE: 799

peut être considérée comme une preuve de son activité. Elle reçoit des artères propres, et donne naissance à des veines.

CRUVEILHIER, Sappey, BEAUNIS et Boucnarp, Pointer, TEsrur, se bornent à dire que dans le sinus caverneux la carotide interne donne naissance à des artérioles dont quelques-unes vont se perdre dans le corps pituitaire.

Gexrès et Launois ont repris cette étude de la vascularisation de l’hypophyse et en ont donné une description détaillée.

La carotide interne, au niveau de son premier coude dans le sinus caverneux, sur la partie externe de sa face supérieure, donne naissance à une artériole qui n’est autre que l’artère hypophysaire, qui cheminant sur la face supérieure de la carotide qui lui donne naissance et en plein sinus caverneux, se dirige transversalement en dedans et donne naissance à deux rameaux, l’un antérieur, qui va en avant et en dehors vers le moteur oculaire externe, et l’autre postérieur, qui va en arrière et en dehors, gagner la pointe du rocher. |

Diminuée par ces deux branches, l'artère hypophysaire se dirige toujours en dedans, en restant accolée à la carotide. Au moment où elle se sépare de ce vaisseau, elle donne naissance à un nouveau petit rameau, qui se porte en dedans et en bas, croise les bords latéraux de la lame quadrilatère, au-dessous des apophyses clinoïdes postérieures,.et va se terminer par de fines ramifications, dans les parois de la loge ostéofibreuse formée par la surface basilaire de l’occipital. C’est après avoir fourni cette branche que l’artère hypophysaire traverse La cloison interne du sinus caverneux, et pénètre dans la loge de la glande. Elle se glisse entre le plan osseux de la selle turcique et la face inférieure de l” organe qu elle couvre de ses ramifications terminales (Launors).

D'après GEexrès, au voisinage de sa terminaison, l’artère se diviserait en deux branches secondaires ; l’une antérieure pour le lobe épithélial, l’autre postérieure pour le labe nerveux.

Bien entendu il y a une artère hypophysaire droite et une gauche.

Un fait à noter, c’est la flexuosité de cette artère qui, déroulée, est trois fois longue comme la distance qui sépare son origine de son point de terminaison à l’hypophyse. Comme le fait remarquer GENTÈSs, cette disposition paraît devoir empêcher l’arrivée brusque du sang dans l’organe.

Chez l'embryon, il y a deux systèmes d'irrigation, un extrinsèque, l’autre intrinsèque, tous deux d’origine carotidieune; un système veineux fait suite au système artériel extrinsèque et va se jeter dans le sinus pétreux inférieur ou dans le sinus pétreux supérieur; un autre fait suite au système artériel intrinsèque, remonte vers la base du cerveau et semble se rendre dans la veine sylvienne profonde. ;

Chez l’adulte, par suite de la disparition de la cavité hypophysaire, il n’en est plus de même. Les réseaux capillaires se collectent en deux régions à l’intérieur de la glande. Les uns aboutissent à une veine assez volumineuse, qui se trouve comprise dans l'épaisseur d’une travée conjonctive formant l’armature du squelette interne de l’organe. À sa sortie de la glande, le tronc veineux remonte le long de la tige pituitaire et, au point où elle s'applique sur cette tige, elle reçoit d’autres rameaux veineux, qui ont collecté le sang de la face supérieure ou des parties latérales de l'hypophyse. Parfois, ces rameaux collecteurs, au lieu de se déverser dans le. tronc précédent, chéminent parallèlement avec lui à la surface du pédicule nerveux, et la tige pituitaire, sur laquelle se prolonge souvent un diverticule glandulaire, est entourée de vaisseaux veineux plus ou moins développés.

Après avoir suivi pendant un certain temps la tige pituitaire, les rameaux veineux s’en séparent, gagnent les parties latérales du cerveau, et se rendent vraisemblablement dans la veine sylvienne profonde, ainsi que permettent de le supposer les dispositions chez l'embryon.

L’hypophyse est donc un organe dont le réseau vasculaire sanguin est très riche, les mailles qu’il forme sont plus ou moins larges, mais elles sont très nombreuses dans le parenchyme glandulaire, et lui communiquent cette couleur rougeätre qu’elle a chez tous les animaux.

ll est bon d'ajouter que, d’après TroLsRD, il existe au-dessous de l’hypophyse un sinus transversal irrégulier, allant d’un sinus caverneux à l'autre, et venant faire saillie

800 HYPOPRANSE:

tantôt en avant, tantôt en arrière de la glande. On rencontrerait aussi parfois un pelit sinus supplémentaire, complétant le cercle veineux.

Dans l’intérieur de l’organe, les capillaires circulent entre les cordons du parenchyme glandulaire, sans présenter une orientation particulière (Launois). ,

Un fait intéressant au point de vue biologique, c’est que les capillaires possèdent un épithélium syncytial, qui se rapproche beaucoup par son aspect de celui que VIALLETON et Renaur ont décrit dans les fins vaisseaux des capsules surrénales. ÿ

Lymphatiques. — Par analogie on pourrait supposer que, comme le corps thyroïde, l'hypophyse possède un riche réseau lymphatique servant à l’évacuation de la sécrétion. CAsELLI, sans indiquer son mode d'investigation, prétend que dans l’hypophyse les Iymphatiques sont nombreux et forment des lacunes. Pisenri et Vioca restent dans le doute en parlant de la sécrétion de l’hypophyse qui s’infiltre entre les traînées cellulaires. Tuaow, cherchant à résoudre la question, a employé des procédés divers, sans jamais arriver à démontrer la présence de lymphatiques : aussi arrive-t-il à cette conclusion, que l’hypophyse ne renferme pas de Iymphatiques. N'est-ce d’ailleurs pas conforme, dit-il, à la règle habituelle des organes intra-craniens et de la moelle?

Du reste, les auteurs qui ont étudié l’hypophyse, sont généralement muets sur la question des lymphatiques.

Nerfs. — La présence desnerfs ne paraît pas encore complètement élucidée. Soit par la méthode de Nissz, soit par celle de Casaz, THAoN n'a trouvé de cellules nerveuses vraies ni dans le lobe antérieur, ni dans le lobe postérieur, mais il a observé quelques fibres nerveuses se ramifiant dans le lobe antérieur,et d’autres qui vont jusque dans le lobe postérieur et s’y perdent. Il a constaté, très rarement d’ailleurs, que quelques fibrilles se terminaient par un renflement au voisinage dela cellule. Masay, de son côté, a observé des fibres nerveuses rares, se ramifiant entre les cellules glandulaires. GEMELLI a poussé l'étude des nerfs de l’hypophyse assez loin pour pouvoir décrire des filets nerveux nombreux arrivant directement de la paroi infundibulaire, suivant en faisceau le pédoncule hypophysaire, et arrivés au niveau du lobe nerveux, s’écartant les unes des autres, s’entre-croisant, s’anastomosant en se divisant, et parcourant le lobe nerveux dans tous les sens en formant un riche plexus. Puis, ces fibres gagnent la région glandulaire postérieure, et se terminent entre les cellules cylindriques de l’épithélium, par de petits renflements, des boutons ou de petites plaquettes. Il a constaté qu'il y avait une véritable ressemblance entre la distribution des éléments nerveux dans la paroi infundibulaire, chez les poissons, et celle que l’on observe dans certains organes sensoriels. Aussi se demande-t-il si l’infundibulum n’est pas, chez les poissons, un organe sensoriel.

GenTÈs, par la méthode de Gozci, a trouvé que les fibres nerveuses qui abordent le feuillet proximal présentaient une richesse inouïe, et qu'elles avaient la valeur de fibres sensitives ou sensorielles, c'est-à-dire de fibres centripètes.

Joris reconnaît que la neuro-hypophyse contient toujours beaucoup de fibres nerveuses, formant un plexus extrêmement riche. Beaucoup de ces fibres se termineraient dans l’épaisseur même de la neuro-hypophyse : elles entoureraient de leurs ramifications ténues les cellules qui parsèment le stroma.

THAoN se demande, sans avoir pu le vérifier d’une façon quelconque, si l’hypophyse ne recoit pas des fibres sympathiques du plexus carotidien, qui lui arriveraient par les artères.

Embryologie. — Le développement embryologique de l'hypophyse est double, et diffère suivant que l’on considère le lobe postérieur ou le lobe antérieur.

Sur le développement du lobe postérieur ou nerveux, il n’existe pas de divergence entre les auteurs. Ce lobe provient de la base de l'encéphale, il est formé par une évagination du plancher du cerveau intermédiaire, dont l'extrémité forme le lobe nerveux ou postérieur de l’hypophyse : la base représente l'mfundibulum ; et la partie moyenne, la tige pituitaire. Ce lobe peut donc être considéré comme étant franchement d'origine nerveuse. ;

Mais pour le développement du Iobe antérieur ou glandulaire, malgré un grand nombre de travaux à son sujet, il y a encore beaucoup de divergence entre les auteurs, et l’on se trouve en présence d’opinions parfois fort contradictoires.

HYPOPHYSE. 80!

En résumant les travaux des embryologistes, on peut les diviser en trois groupes :

Les uns attribuent à l’hypophyse une origine endodermique ;

Les autres une origine ectodermique ;

Les derniers enfin, une origine à la fois ectodermique et endodermique.

Origine endodermique. — Les auteursquiattribuent au lobe antérieur de l’hypophyse cette origine, le font naître par un diverticulum de la paroi dorsale de l'intestin primiüf sous la base du crâne : Rarnke (1838), Luscaka (1860), Durs (1868), MikucHo- Maczay (1868), W. Muzzer (1871).

Origine ectodermique. — C’est ce mode de développement qui est admis par la grande majorité des auteurs qui ont étudié la question.

La première ébauche se manifeste, sur des embryons de poulet, au quatrième jour d'incubation, sur l’homme à la quatrième semaine.

A mesure quel’embryonse développe, le cerveau antérieur se fléchit de plus en plussur l'axe médullaire et forme au niveau de la jonction du tube digestif avec la cavité buccale primitive, un angle dièdre, angle stomodæo-intestinal, situé immédiatement en avant du point où la chorde dorsale, par sa partie antérieure, vient se terminer immédiatement en arrière de l’insertion de la membrane pharyngienne.

La membrane pharyngienne ne tarde pas à se résorber, ne laissant qu’un vestige qui formera à la base du crâne le voile pharyngien primitif. C'esl en avant de ce voile, au fond de l'angle stomodæo-intestinal, que prend naissance l’évagination qui va se développer vers le cerveau intermédiaire, formant la poche hypophysaire, ou poche de RATHKE.

Cette poche, constituée en partie par un processus actif de développement épithélial vers le cerveau intermédiaire, et en partie par la flexion de plus en plus grande de la voûte du stomodæum, va s’approfondir de plus en plus à mesure qu’elle s’éloigne de son point d’origine, et forme un véritable sac communiquant par un conduit avec la cavité buccale. Peu à peu cette poche s'éloigne du pharyux, et, à mesure que la distance de séparation augmente, le conduit devient un pédicule qui s’allonge. Creux d’abord, ce pédicule finit par former un tractus épithélial qui arrive à disparaître, lorsque le mésenchyme de la base du crâne devient cartilagineux et subit l’évolution osseuse.

Ainsi séparé de son point d’origine et par suite de l’évolution de la base du crâne, le sac hypophysaire devient intracranien, et se porte vers la face inférieure du cerveau intermédiaire, ne conservant aucun rapport avec la cavité pharyngienne. Cependant, chez tous les vertébrés cette communication ne disparaît pas. Chez les sélaciens et les ganoïdes, par exemple, elle persiste pendant toute l’existence et forme un conduit creux qui traverse la base du crâne et se continue avec l’épithélium de la muqueuse buccale. ,

Mixuco-Maccay, Dursy, Romiti, SUCHANNEK, PARKER, MuLccer, FRoRIEP, MAGGr, Soco- Low ont constaté la persistance d’un petit canal chez les mammifères; Luscaka, Dursy, LanpzerT, Romitt, Sucannek, KiLciaN, Giacominr, Rossi, Küss, EscaT, Gasezzi, Rizzo, Soxocow, eic., l’ont constaté aussi quelquefois chez l’homme, renfermant des vaisseaux pour l’hypophyse.

L'existence de ce canal semble confirmer l’origine ectodermique de l’hypophyse, ainsi que les coupes pratiquées sur des embryons humains ou animaux (LAnpois).

Cette origine est admise par : SÉESSEL (1877), KôLziRER (1879), RABL-RÜcKHARD (1880- 1883), Bazrour (1881), Toparo (1881), Scorr (1881-1887), Minor (1887-1892), Froriep (1882), Dourn (1882), Gorre (1883), Krausuaar (1885), His (1886), Waznsuirx (1887), EmEry (1893), WienerselM (1893), SainT-RéMy (1895), HazLer (1896), LuxpBorG (1894), Sazzer (1897), CorniNG (1897), CararuG1 (1898), Rossr (1900), Jonxson-Oor, HErTwIG (1900), HoFrmanN, Guerri, Lanpois (1904), GEnrÈs (1907), etc. FicHera (1905), a constaté, chez le poulet, qu’à la place du conduit primitif faisant communiquer le sac hypophysaire avec le pharynx, il existe un tractus fibreux renfermant des vaisseaux pour la dure-mère de la selle turcique et pour le tissu rétro-pharyngien.

Origine endo-ectodermique. — Enfin quelques auteurs ont cru pouvoir attribuer à l'hypophyse une origine à la fois endo et ectodermique. C’est ainsi que KUPFER considère cet organe comme ayant une triple origine, une buccale et une endodermique en arrière de la membrane pharyngienne et une troisième, provenant du processus infundibuli ou glande infundibulaire.

802 HYPOPHYSE,

Cette origine mixte est encore admise par VALENTI, NussBAUM, COLLINA et ORRU.

En résumé, il ressort de cette étude embryologique que d’une part une ébauche se forme par l'évagination du plancher du cerveau intermédiaire pour donner naissance au lobe nerveux, et que d’une autre part une poche épithéliale se forme au niveau de l’angle stomodæo-intestinal, fait saillie dans le crâne, et va à la rencontre de l’ébauche nerveuse, en constituant le lobe glandulaire. C’est l’accolement de ces deux ébauches qui constitue l’organe que l’on appelle l’hypophyse, formée de ses deux lobes, le lobe postérieur ou nerveux, le lobe antérieur ou glandulaire, que l’on retrouve toujours dans toute la série des vertébrés et à tous les âges.

Histologie. — Une simple coupe sagittale ou horizontale montre à l’œil nu que l'hypophyse est composée de deux substances bien distinctes, correspondant aux deux lobes étudiés à propos du développement. Ces deux substances sont intimement unies l’une à l’autre et enveloppées par une membrane fibreuse commune, qui n’est qu’une dépendance de cette portion de la dure-mère qui forme la tente de l’hypophyse.

C’est au niveau du pédicule etde la cloison qui sépare les deux lobes, que se trouvent les vaisseaux sanguins les plus nombreux: on en trouve aussi un assez grand nombre dans la substance corticale.

PEREMESK0, Le premier, en 1866, donna une description de la structure de l’hypophyse. Ses recherches furent confirmées par LoTHRINGER et RocowitscH. Pour ces auteurs, l’hypophyse se compose de deux lobes, l’un interne, de nature nerveuse ; l’autre externe. de nature épithéliale ; mais, pour eux, chaque lobe possède une cavité propre; celle du lobe nerveux n’est autre qu'un diverticule du ventricule moyen du cerveau (cavité infundibulaire) ; celle du lobe épithélial (cavité hypophysaire) le divise en deux portions : l’une médullaire ou interne (Markschicht), l’autre corticale ou externe (Korkschicht).

Nous avons déjà vu que, si ces cavités existent chez certaines espèces animales, elles n'existent point chez l’homme.

Mais au point de vue histologique la différence est grande entre le lobe nerveux et le lobe glandulaire.

Chez l’homme, il faut tenir compte d’une disposition particulière de la couche qui constitue le feuillet para-nerveux, et qui est formée par un épithélium cubique à une ou plusieurs couches, reposant solidement et se confondant avec le tissu conjonctif qui délimite le lobe nerveux lui-même.

Lobe nerveux ou lobe postérieur. — Chez les vertébrés inférieurs, l'extrémité de l’infandibulum se transforme même en un petit lobe cérébral renfermant des cellules ganglionnaires et des fibres nerveuses (HERTWI1G).

Chez les vertébrés supérieurs, au contraire, on ne trouve point de cellules ganglionnaires ni de fibres nerveuses dans le lobe interne de l’hypophyse. Il est formé de cellules fusiformes serrées les unes contre les autres, ce qui lui donne une grande ressemblance avec un sarcome à cellules fusiformes (HerTw1G).

Chez l’homme plus particulièrement, le lobe nerveux est moins volumineux que le lobe glandulaire, il n'a que 2 à 3 millimètres d'épaisseur sur 3 à 4 millimètres de hauteur. Il est situé à la partie postérieure, logé dans une dépression que présente la portion glandulaire. Il présente un stroma conjonctif servant de soutien aux éléments cellulaires que l’on y rencontre et sur la nature desquels, l’accord n’est point encore fait. C’est lui qui se continue avec l'infundibulum par la tige pituitaire qui lui sert d’organe de suspension et qui le relie au cerveau. Les capillaires sanguins y sont nombreux, les fibres nerveuses que l’on y voit sont fines, se divisent et se subdivisent, formant un réseau épais. Où la divergence est grande entre les auteurs, c’est sur la nature des éléments cellulaires que l’on y rencontre. Pour les uns ce sont des cellules nerveuses (KrausE, BerkLEY) ; pour les autres, ce ne sont pas des cellules nerveuses (HENLE, ScawaLge, Toznr, Ramon y Casaz, KoLLiRER, CasELLt, GENTÈS, THaon). Ce qui semble résulter de l’ensemble des études sur cette question, c’est que, dans le lobe postérieur de l’hypophyse, on trouve des cellules indéterminées, arrondies, fusiformes ou ramifiées, bipolaires ou maltipolaires, très probablement de nature névroglique et épendymaire, avec un réseau assez riche de fines fibres nerveuses.

Cette partie de l’organe semble assez souvent infiltrée d'une substance amorphe ressemblant à la substance gélatineuse de Rozanpo, de la moelle épinière.

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ERSPROPRENSE 803

Joris, dans un premier mémoire, dit que le lobe nerveux est plutôt glandulaire ; que c’est une masse conjonctivo-neuroglique, qu'il n’y a ni fibres, ni cellules nerveuses, et que la portion para-nerveuse,seule, renferme des cellules épendymaires émigrées. Mais, dans un autre mémoire, il reconnait que le {obe postérieur de l’hypophyse représente une annexe des centres nerveux, une neuro-hypophyse, accolée à l’hypophyse glanduläire; que l’on y trouve de la névroglie, des fibres nerveuseset des cellules dont la nature reste indéterminée ; que ce n’est point une masse conjonctive, mais un organe glandulaire, dont tous les caractères montrent l'activité et non l’atrophie. Il ne partage pas l’avis de KôzuiKer et des autres auteurs qui considèrent cette partie de l’hypophyse comme un organe nerveux.

Pour lui la tige pituitaire est enveloppée par les trois méninges. Entre la pie-mère et la dure-mère, il y à une couche cellulaire qui s’accumule en arrière du chiasma et se prolonge entre les trabécules des espaces sous-arachnoïdaux. Elle représente sans doute les vestiges d’une partie de l’hypophyse existant chez certains vertébrés inférieurs et participant à la sécrétion du liquide céphalo-rachidien.

Soyer, dans une étude cytologique de lhypophyse humaine, faite sur des coupes pratiquées par PRENANT sur l’hypophyse d’un supplicié, dit que le tissu intérieur de soutien, qui constitue la masse la plus importante du lobe nerveux, est réfractaire aux colorants habituels du conjonctif et présente un feutrage tourbillonnaire, Dans ce feutrage, il a observé : 1° du pigment en abondance, qui se présente sous forme d’amas, soit isolés, soit plus ou moins confluents, avec des expansions ramifiées, véritables pigmentophores, qu’il considère comme des dégénérants nerveux ou névrogliques, formés in situ ou émigrés du cerveau; 2° des éléments très grands, peu colorables, généralement anucléés, qu’il appelle corps énigmatiques ; 3° des cellules dégénérantes, qui ne sont que des éléments détachés du revêtement épithélial de la région para-nerveuse, et qui s’infiltrent dans la neuro-hypophyse, où ils forment de petites nappes colloïdes libres ou imparfaitement collectées ; 4° de très nombreuses fibrilles nerveuses ou névrogliques.

De plus, la tige et la neuro-hypophyse présenteraient un envahissement constant d'innombrables noyaux conjonctifs et une multitude de lymphocytes.

Lobe glandulaire ou lobe antérieur. — Comme le lobe nerveux, le lobe glandulaire présente un squelette formé par un stroma conjonctif, mais dans ce lobe il est beaucoup plus développé et se continue avec l’enveloppe fibreuse externe.

D'une facon générale, les travées conjonctives forment des irradiations partant de la région postérieure et supérieure, pour se porter vers la périphérie où le tissu conjonctif est très dense et forme là une trame épaisse autour des vaisseaux qui viennent se distribuer dans la glande en suivant le pédicule. On distingue, parmi ces travées, deux gros trousseaux fibreux qui se dirigent en divergeant en dehors et en bas (Launois). Ce tissu conjonctif forme de minces cloisons, qui s’insèrent les unes sur les autres, limitant des alvéoles allongés, qui logeront les cordons que forment les cellules glandulaires. C’est encore ce système de cloison, qui sert de charpente aux capillaires sanguins.

Portion corticale. — Le parenchyme glandulaire est formé par des cellules glandulaires qui remplissent les alvéoles allongés, formés par les cloisons de tissu conjonctif dans lesquelles cheminent les capillaires sanguins (Launois). Les cordons que forment ces cellules s’enchevêtrent en tous sens, ce qui fait que sur une coupe ils présentent des dispositions différentes, suivant qu'ils sont coupés perpendiculairement, obliquement ou longitudinalement. Quelquefois, au milieu de la travée, les cellules, au lieu d’être tassées les unes contre les autres, sont séparées par une goutte de matière amorphe colloïde, substance qui constitue la sécrétion de la glande, qui doit pénétrer dans le sang.

Parfois, la substance sécrétée est très abondante et alors le cordon cellulaire se dilate et peut ressembler à une vésicule tout à fait analogue à une petite vésicule du corps thyroïde.

C’est à cause de cette substance que quelques auteurs ont parlé d’acinus ou de folli-cules de l’hypophyse (Sriepa, PisenTi et VioLa, CASELLI).

Les cellules qui forment ces cordons n’ont pas toutes le même aspect : elles ont des affinités tinctoriales particulières, ce qui les a fait diviser en cellules chromophiles et

804 HYPOPHYSE.

cellules chromophobes (Fcescx, DosrosEwskr, LOTHRINGER, ROGOWITSCH, STIEDA, SAINT- Rémy). PisENTI et VIOLA, SGHÔNEMANN, Louis CouTE, BENDA, THou, ERDHEIM, CasELrt, Gemezur, Launois et MuLon, Guerrini, etc., distinguent les chromophiles en cellules éosinophiles, qui se colorent fortement par l’éosine et.en cellules cyanophiles, qui se colorent par l’hématoxyline.

Pour Launois, il y a encore les cellules sidérophiles qui se colorent par l’hématoxyline ferrique.

Chacune de ces catégories de cellules comprend des variétés particulières qui sont : d'autant plus importantes à connaître qu’elles semblent correspondre à une étape différente du processus sécrétoire (LaUNois).

LAuNois résume ainsi les éléments cellulaires divers que l’on trouve dans le parenchyme glandulaire de l’hypophyse :

I. Groupe acidophile ou sidérophile. — Pelits éléments, cytoplasme exigu, non granuleux, noyau compact.

Éléments moyens, granulations à la fois éosinophiles, fuchsinophiles etsidérophiles; contours nets et réguliers; noyaux riches en chromatine et d’aspect varié.

Éléments à granulation à la fois aurantiophiles et sidérophiles ; contours irréguliers, gros noyaux vésiculeux.

IT. Groupe basophile. — Éléments moyens ou gros; cytoplasme acidophile plus ou moins riche en granulations basophiles.

III. Groupe chromophobe. — Éléments à cytoplasme délicat, mousseux, peu colorable, contenant encore quelques granulations acidophiles ou sidérophiles.

Éléments identiques, mais contenant quelques granulations basophiles.

Éléments à noyau condensé, dont le cytoplasme mousseux ne contient aucune enclave.

Ce qu'il y a de particulier et de caractéristique en même temps, c'est la variété de distribution de ces cellules à aspects différents : tantôt, dans le même cordon glandulaire, elles sont toutes, ou presque, du même groupe; tantôt au contraire, un groupe redonne) ou bien on voit tous les groupes représentés à peu près également:

On rencontre aussi, dans les cellules de l’hypophyse, des granulations se colorant en noir par l’acide osmique, qui seraient des granulations graisseuses pour Lauxois, des granulations de mucine pour PIRONE. |

Pour les granules des cellules chromatophiles ou cyanophiles ou sidérophiles, elles seraient dues à un trouble pathologique (VassaLe, CASELLI, R. PIRONE, SCHÜNEMANN). Sur des pièces tout à fait normales ScHüNEMANN ne les à jamais rencontrées.

Ces différentes cellules sont-elles chargées de fonctions différentes, comme le prétendent FLesc, DostroiEwski, LOTHRINGER, ROGOWITSCH, STIEDA, SCHÔNEMANN, THow, CoLLiNA, Scarripi, COMTE, CASELLI, — où bien n’y a-t-il dans l’hypophyse qu’un seul type de cellules, dont les aspects divers représentent les phases variées de leur fonctionnement. Telle est l'opinion de SainT-Réuy, BENDA, R. PIRONE, MoranNDI, GEMELLI, GUERRINI, Lauvois, CH. Livon, THaon, Joris, etc. :

Entre les cellules, on trouve çà et là des masses amorphes, formées par une substance liquide coagulée à aspect colloïde : le pourtour n’est autre que celui des cellules qui environnent ces masses. Cette substance, qui n’est en somme que le produit de sécrétion, est quelquefois en quantité assez grande pour dilater un des cordons glandulaires, et lui donner l’aspect d’une grosse vésicule. Quant aux cellules environnantes, elles sont variées, tantôt chromophobes pures ou basophiles, tantôt chromophobes acidophiles, et la substance sécrétée semble être quelque peu acidophile. Ce qui fait qu'on peut dire que d’après les réactions tinctoriales il y a deux sécrétions dans l’hypophyse, June basophile, l’autre acidophile, qui doivent se mélanger avant d’être déversées dans la circulation.

Pour Joris, ces vésicules ne seraient pas une étape normale de la sécrétion; elles procèdent d’une dégénérescence, ou peut-être de l’involution de certaines cellules, ou bien c’est une accumulation par défaut d’excrétion.

SOYER, sur l’hypophyse humaine, a décrit la formation de ces vésicules ou pseudoacini, qui proviendraient de la dégénérescence hyaline de certaines cellules. Les éléments, groupés autour de ces cellules dégénérées, s'organisent en une couronne radiée,

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jusqu’à ce que l’un d’eux, cellule de couloir, forme une sorte de petit chemin entre le contenu de la vésicule centrale, pleine de sécrétion holocrine et les capillaires environnants. Cette vésicule deviendrait ainsi partie intégrante du réseau sanguin intra-hypophysaire ; et, ce qui le montrerait, c’est que ces vésicules sont remplies, les unes de colloïdes, les autres de globules sanguins, d’autres d’un mélange en proportions diverses, de colloïde et de globules.

A côté des cordons à cellules chromophiles, Soyer a remarqué que les cellules chromophobes deviennent d’autant plus abondantes que l’on se rapproche plus de la périphérie, et qu’elles aussi sont destinées à dégénérer, à subir une véritable fonte, ne laissant que des grains sidérophiles. En somme, pour lui, la cellule hypophysaire, qu'elles qu’en soient les transformations successives, semble, en fin de ‘compte, destinée à aller se perdre dans le sang, soit par une sorte de fonte holocrine plus ou moins précoce, soit par une dégénérescence plus tardive, qui en laisserait subsister quelques parties figurées.

Portion médullaire. — Au point de jonction des deux lobes antérieur et postérieur, il y a chez certains animaux une cavité. Chez l’homme, elle n’existe pas, quoique l’on ait signalé la présence quelquefois d’une fente, fente paranerveuse, toujours enclose dans la glande, ne communiquant pas avec l’extérieur.

A ce niveau la structure est un peu différente. Les auteurs qui l’ont étudiée ont trouvé un épithélium cylindrique, entourant des tubes glandulaires et un riche réseau vasculaire (LorariNGer) avec kystes colloïdes; des cellules à noyau volumineux (PISENTr) ; des amas de cellules semblables à celles de l’épithélium pavimenteux de la muqueuse pharyngienne (CAseLzr) ; avec des cavités plus ou moins larges, tapissées d’épithélium et remplies de substance colloïde.

Pour Genrès, sur le chien etle chat, l’épithélium de cette partie médullaire de l’hypophyse est beaucoup plus compliqué. La couche qui regarde la cavité hypophysaire est formée de cellules ressemblant aux cellules de soutien de la muqueuse olfactive. Audessous on trouve des cellules bipolaires dont un prolongement se dirige vers la périphérie, et l’autre vers les parties profondes. Ces cellules sont entourées de nombreuses terminaisons nerveuses. Cette portion médullaire ne serait donc pas glandulaire, mais constituerait un organe sensoriel.

Pour GEemezui, c'est un épithélium épendymaire riche en terminaisons nerveuses.

R. PIRONE arrive à peu près aux mêmes‘conclusions : pour lui ce n’est pas un organe glandulaire.

Rossi en fait une dépendance du lobe postérieur ou nerveux.

Guerrini la considère comme une portion médullaire formée d’acini glandulaires revêtus de cellules cubiques et contenant de la substance colloïde. Cette structure serait pour lui comparable à celle de la thyroïde.

Pour Launois, la couche conjonctive est formée defibres conjonctives avec quelques fibres élastiques. L’épithélium est polymorphe, ou cubique simple, ou cylindrique simple, ou encore cylindrique cilié, rappelant le revêtement épithélial du pharynx de la grenouille et du naso-pharynx de l’homme.

Dans le voisinage de cette fente paranerveuse, on trouve des vésicules à aspect thyroïdien, et, dans les hypophyses dépourvues de fente paranerveuse, des vésicules ciliées et des globes épidermiques, rappelant les corpuscules de Hassazz du thymus (LauNois).

Toutes ces particularités histologiques ne seraient que des vestiges embryonnaires (Launois, THAON).

Pour THAoN, l’épithélium est constitué par une couche de cellules cubiques à gros noyau à protoplasma mal coloré, ou par des cellules rappelant eelles du lobe antérieur, dont elles ont la même origine.

Cette fente paranerveuse, souvent vide, contient fréquemment une matière amorphe, teintée en bleu pâle par l’hématéine (Tao). Vraisemblablement c’est un produit d’élaboration de certains des éléments épithéliaux de la paroi, c’est un mélange de sécrétion acidophile, amphophile et mucoïde, se colorant diversement sous l’influence des

produits tinctoriaux (Launois).

Dans cette région, d’après THaow, on trouve des vésicules de deux sortes : les unes

806 HVYPOBRHËSE;:

formées par un simple épithélium cylindrique, souvent cilié (Launois), pleines d’une substance analogue à celle de la fente; les autres, plus volumineuses, qui rappellent les vésicules de la thyroïde, dont la paroi est formée par un épithélium cubique, mal coloré, à gros noyau, ou bien par des cellules rappelant celles des travées avoisinantes.

Le contenu de ces vésicules varie: parfois c’est une substance homogène, amorphe, pâle, d’autres fois il est composé de deux parties, l’une basophile, finement granuleuse, l’autre acidophile et sidérophile, plus cohérente, ressemblant à la colloïde de la thyroïde.

Ces vésicules paraissent jouer: un rôle important dans le fonctionnement sécrétoire de l’organe.

Tel n’est pas l’avis de Launois, qui ne leur attribue qu’une importance minime.

Ces vésicules peuvent aussi se développer pathologiquement et former des kystes volumineux (WEICHSELBAUM, PERCY-FUNIwALL, etc.).

Cette différence entre les cellules qui constituent cette ‘partie médullaire, tient au mode de développement de l'hypophyse, car cette région correspond, comme nous l’avons vu, à la rencontre et l’accolement des deux évaginations qui constituent l’organe. IL suffit que l’évolution des cellules qui tapissent la partie antérieure de la poche hypophysaire ait subi un ralentissement, pour que ces cellules conservent des caractères qui les différencient de celles de la portion glandulaire de l’hypophyse, et qu’elles présentent toutes les transitions entre les acini glandulaires et les cavités colloïdes (Prsenri et ViocAa). On ne peut admettre une origine blastodermique différente pour chaque variété de cellules, comme le pensent VALENTI et KUPFER.

Colloïde. — En étudiant la structure de l’hypophyse glandulaire, on trouve entre les cellules, formant des amas plus ou moins grands, une substance homogène, ayant parfois l’aspect de véritables vésicules, mais sans paroi propre. C’est le produit de sécrétion des cellules glandulaires, la substance colloïde, que l’on a comparée à celle que l’on rencontre dans la thyroïde. Elle est quelquefois encore adhérente aux cellules bordantes, d'autres fois elle en est séparée. Cette substance conserve une certaine affinité acidophile ou basophile, elle est insoluble dans l’alcool, l’eau, l’éther et donne la réaction xanthoprotéique avec l'acide nitrique (Launois, Durox).

Les cellules bordantes, avec lesquelles elle est en rapport, présentent tous les types dus aux différentes phases de leur évolution fonctionnelle.

En se basant sur les réactions tinctoriales, les auteurs ont vu que les produits de sécrétion cellulaire étaient au nombre de deux: l’un basophile, et l’autre LORS ou éosinophile, du reste comme dans la thyroïde.

L. Courte avait déjà remarqué que l’examen de 108 hypophyses lui donnait l’impression de l'existence d’au moins deux variétés de substance colloïde.

Quelques auteurs avaient pensé que cette substance était un processus Abe ou pathologique, mais elle existe toujours, même dès les premiers âges de la vie. A trois mois et demi, elle apparaît chez l’embryon humain (Tao), C’est donc bien un produit de sécrétion normale, comme le pensent presque tous les auteurs.

On la trouve dans les tubes glandulaires, dans les capillaires, dans les grosses vésicules du hile, entre les cellules, entourant quelquefois les capillaires comme d'un manchon.

THaoN a observé qu'entre les cellules, dans les capillaires ou dans les grosses vésicules, la colloïde hypophysaire est souvent fuchsinophile, ou colorée en noir par l’hématoxyline au fer.

Par la thionine anilinée, à côté de la colloïde bleue, on voit des parties nettement violettes par métachromasie (THaow), de même que les cellules basophiles (violettes) se distinguent très facilement des autres.

Quelle est la nature de cette colloïde ? On peut par analogie la comparer à celle de la thyroïde, de la prostate, des vésicules séminales, etc. Elle ne donne pas de gélatine à la coction. L’acide acétique la gonfle et la dissout ensuite, contrairement à la mucine : l'alcool la gonfle, l'acide chlorhydrique la dissout : elle se colore d’une facon variée.

Pour THaow, parmi les diverses substances colloïdes de l’hypophyse, il y a de Ia mu cine oudes tree qui s’en rapprochent, car le violet de méthyle, la thionine anilinée surtout, donnent, à côté de la colloïde bleue, une substance à couleur métachro

matique violet. -rouge intense, qui est la teinte ordinaire de la mucine.

HN PORENSE. 307

En employant le mucicarmin de P. Meyer, L. Courte se demande aussi s’il n’y a pas de la mucine avec la substance colloïde.

Pour R. PIRoNE, il y aurait deux produits semblables à ceux que GaLeorrt décrivait dans les vésiculesthyroïdiennes, l’un provenant des granulations basophiles du protoplasme et qui serait de la mucine basophile, l’autre provenant des granulations fuchsinophiles ou éosinophiles, pour laquelle l’activité nucléaire entrerait en jeu, qui serait la colloïde vraie.

Cette substance colloïde est formée d’une partie cyanophile et d’une autre éosinophile, suivant son affinité pour l’hématoxyline ou l’éosine. Pour Casezcr, ces deux substances proviennent : la première, des cellules cyanophiles; la seconde, des cellules éosinophiles. Pour GUERRINI, au contraire, toutes les cellules hypophysaires donnent lieu à une double sécrétion : la première est formée des granulations se colorant en rouge, la seconde est due aux plasmosones. La substance colloïde proviendrait de l’accumulation de ce dernier produit qui se fond en une masse homogène, un peu granuleuse, se colorant en vert par la méthode de GALEOTTI.

D’après STERzI, on ne trouverait pas de la substance colloïde dans toute la série des vertébrés, ce ne serait qu'à partir des reptiles jusqu’au haut de l'échelle.

Les jeunes enfants, les jeunes animaux, ont des hypophyses dans lesquelles on trouve peu de colloïde éosinophile homogène, tandis qu’on en voit beaucoup plus dans les hypophyses des sujets plus âgés, et c’est surtout dans les vésicules. Y a-t-il là un rapport avec la fonction ou la composition chimique de la sécrétion ?

C’est ce que se demande Tao.

Sécrétion graisseuse. — A côté d’une sécrétion colloïde, l’hypophyse produit encore de la graisse (Launois). |

BENDA, qui l'avait constatée, croyait qu’elle était spéciale à certaines cellules de l’hypophyse. Pour Launois, la présence de la graisse explique les vacuoles observées par . LorarinGer, RocowiTsoH, STiEpA, Courte, les réactifs employés favorisant la disparition

de la graisse. Ce n’est point l’avis de PIRONE, qui voit dans ces vacuoles une altération cadavérique.

En examinant des fragments de glande fraîche dissociée, Launois a constaté, en dehors des éléments épithéliaux, des granulations, des gouttelettes ou des amas plus volumineux, formés d’une substance incolore, mais isotrope.

Cette substance présente tous les caractères de la graisse.

En examinant des coupes par congélation d’hypophyse fraiche et en les colorant par l'acide osmique, on voit les granulations et les gouttelettes prendre assez rapidement une teinte bistre, qui vire au noir après lavage et séjour de vingt-quatre heures dans l'alcool à 70°.

Le Sudan II, méthode de Dappr, ou le scarlach, méthode de HerxneImMErR, mettent en évidence des cellules bourrées de granulations rouges.

Cette graisse est très pauvre en oléine (coloration noire, seulement secondaire, STARKE, P. MULON).

Sur des coupes de glandes fixées par le réactif de FLEMmING, on voit des corpuscules arrondis, de volume inégal, plus ou moins colorés en noir par l’osmium, on rencontre aussi des masses présentant un aspect mûriforme.

On trouve dés granulations graisseuses dans tous les éléments constitutifs de l’hypophyse, même dans la colloïde. Aussi beaucoup d'auteurs se sont-ils demandé si ce n’était pas le résultat d’une altération post mortem.

Launois reconnaît qu’il y en a chez les sujets âgés plus que chez les sujets Jeunes, et que c’est surtout dans les cas d'hémorragie cérébrale ou de méningite tuberculeuse, parce que alors la circulation cérébrale s’est trouvée exagérée, momentanément tout au moins.

La présence de la graisse est constante chez les animaux sains, tels que cobaye, chat, chien; mais les granulations sont plus petites et plus rares. Il faut, pour bien les déceler, employer la coloration parle scarlach (Launois). Du reste, la plupart des auteurs, Benpa, Logper, LAuNois, Esmoner, MuLon, THAoN, etc., considèrent la graisse de l’hypophyse comme une sécrétion normale.

Cette graisse se formerait, comme dans la mamelle, par transformation d’une partie

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du corps protoplasmique et désagrégation partielle de celui-ci. Elle ne reste pas dans la cellule, elle devient extra-cellulaire, puis peut passer par dialyse dans les capillaires sanguins ou l{ymphatiques? ou par effraction (RENAUT, Rivière). On trouve dans les vaisseaux sanguins de l’hypophyse, des granulations graisseuses et des leucocytes farcis de granulations graisseuses. Peut-être, en l’absence de lymphatiques, ces leucocytes sontils chargés de s'emparer des produits de la sécrétion et de les porter au dehors (LAuNoïs.)

Toutes les graisses qui constituent ces granulations ne sont pas dissoutes par le xylol. Elles paraissent de composition diverse; assez pauvres en oléine, elles sont très. vraisemblablement plus ou moins combinées à une molécule albuminoïde (lécithine) (THAON).

Hypophyse pendant la gestation. pophyse à l’état normal, doit se placer l’étude du même organe dans un état qui est physiologique aussi, la grossesse, et qui peut servir de trait d'union eutre l'étude histologique et l'étude physiologique de cet organe.

Les différents auteurs qui ont étudié l’hypophyse chez la femme enceinte ont constaté de notables modifications de structure (Coure, Launois et MuLON, Tuaow, Joris).

Vers la fin de la grossesse, L. Courte a observé que l'hypophyse non seulement augmentait de poids, comme nous l’avons dit précédemment, mais présentait une augmentation dans le nombre des cellules, une vascularisation plus intense, et que de plus, la substance colloïde y était plus abbndanie:

Launors a fait des constalations analogues : il a trouvé une augmentation du poids et un nombre de cellules sidérophiles plus grand qu’à l’état normal.

Il a observé que les tubes glandulaires affectaient une disposition rayonnante, due à la turgescence des cellules, et que la substance colloïde était en plus grande quantité.

Taaon de mêmeé, dans deux cas, a trouvé de l'hyperactivité et de l’hyperplasie glandulaire avec augmentation de la colloïde qui remplissait les vésicules en les distendant et qui s’accumulait entre les vésicules et dans les vaisseaux capillaires.

Mais, dans toutes ces observations, il s’agit de femmes ayant succombé à des maladies infectieuses (éclampsie, septicémie).

Récemment, H. Joris a repris cette étude, non plus sur dés femmes ayant succombé à la suite d’une maladie, mais sur des animaux, surtout des chattes. IL à pu suivre ainsi les modifications aux diverses époques de la gestation, et il a constaté, dans les deux lobes, des modifications commencant dès le début de la gestation, se développant assez rapidement, pour diminuer vers la fin. Jusque-là, on ne connaissait que l’hypertrophie et l’hyperplasie du lobe antérieur seul, vers la fiu de la grossesse, le lobe nerveux ne présentant pas de modifications notables (Launoïs). Les recherches de Joris tendent à établir que chez la chatte au moins : 4° dans le lobe antérieur, partie véritablement glandulaire, l’état des cellules et leur manière de se comporter vis-à-vis des réactifs, dénotent une suractivité se manifestant dès le début de la gestation etseralentissant aux approches du terme; 2° dans le lobe postérieur ou nerveux, certaines cellules disséminées dans le stroma réticulé de ce lobe et les cellules du revêtement épendymaire de la cavité infundibulaire, se transforment pendant la gestation el acquièrent la structure caractéristique des éléments à fonction glandulaire.

On peut donc conclure que pendant la gestation, l'hypophyse est en état d’hyperfonctionnement, et que les produits de sécrétion doivent passer dans les vaisseeux sanguins, et que, de plus, le lobe postérieur et le lobe antérieur participent tous deux à ce processus.

Pendant l'allaitement, le fonctionnement serait normal, d’après GUERRINI.

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