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DEUXIÈME PARTIE

Physiologie.

L'étude histologique qui précède est de nature à montrer que l’hypophyse est loin d’être un organe rudimentaire, en voie de régression et ne devant jouer qu’un rôle très insignifiant. Par cette revue histologique, au contraire, on peut constater qu'on se

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trouve en présence d'une glande à fonction active, rentrant dans Ia catégorie des glandes à sécrétion interne, et jouant un rôle très important dans l'organisme.

Mais quel est ce rôle? Il paraît très complexe, et, malgré toutes les recherches entreprises, surtout depuis quelques années, on u’est pas encore fixé exactement sur lui. |

La fonction de l’hypophyse a passé par des phases variées; mais c’est depuis peu de temps seulement qu’on a étudié cet organe le microscope à la main, soit à l’état physiologique, soit à l’état pathologique, que l’on à commencé à comprendre sa nature et le rôle qu’il pouvait jouer; l’expérimentation est venue alors apporter un large contingent de renseignements.

Donc, dans l’histoire du rôle de l’hypophyse, on peut considérer deux périodes : 1° celle des hypothèses basées sur des considérations anatomo-philosophiques ; 2° celle des déductions histologiques et expérimentales.

La première période remonte à GALIEN, qui voyait dans l’hypophyse un émonctoire du cerveau, sécrétant la pituite, qui filtrait par la lame criblée vers les fosses nasales et, par de légers pertuis de la selle turcique, vers le pharynx, d’où lui est venu le nom qu'elle a conservé de glande pituitaire. C'était au n° siècle. Vésaze (xvie siècle), RioLAN, BaARTHOLIN (Xvu° siècle), partageaient la même opinion, avec quelques variantes sur le rôle des vaisseaux de la base du crâne. SeiecEL (xvn° siècle) était du même avis.

Descartes (xvie siècle), ayant attribué à la glande pinéale le siège de l’âme, on donna à l’hypophyse le rôle mécanique de mettre obstacle à l’issue des esprits vitaux par linfundibulum (Piccozomii).

Un fait intéressant, c’est de voir Vieussens (xvu® siècle) attribuer à l’hypophyse une sécrétion jouant un rôle dans la régularisation de la circulation; il est vrai qu'il lui fait sécréter aussi le liquide céphalo-rachidien, avec la glande pinéale et la toile choroïdienne.

Toujours au xvu° siècle, DIEMERBROECKk attribue à l’hypophyse une sécrétion qui pénètre dans le troisième ventricule, et Waizzrs lui fait prendre dans le troisième ventricule, pour les transporter dans le courant sanguin, certaines substances excrémentitielles qui s’y forment pendant la vie. BOERHAAVE et Syzvius la considèrent comme un ganglion lymphatique. |

Au xvui° siècle, ce ne sont encore que des hypothèses basées sur rien de précis. LITTRÉ pense qu’elle recoit la Iymphe des ventricules, qu’elle la mélange avec un produit de sécrétion qui lui est propre et la déverse dans le sang; Laeuraup et d’autres lui attribuent une nature nerveuse ; Moro en fait une glande du système lymphatique du cerveau et des méninges. |

Au commencement du xix° siècle, l’idée qui domine, c’est que c’est un organe de nature nerveuse. Telle était l’opinion de Burpacu, Bock, GALL, HirzeL, TIEDEMANN, CARUS, BRESCHET, Bazin, BourGery, Luscaka, etc. MEckeL en fait une glande, et MAGENDIE un organe de nature lymphatique, qui absorbe le liquide céphalo-rachidien pour le porter dans le sang.

Enfin, on pensa que c'était un organe ayant joué dans la période embryonnaire un rôle relativement au développement, et qui n’était plus qu’un vestige inutile.

C'était, du reste, l’opinion qui prédominait à l’égard de beaucoup d’organes dont on ne connaissait pas la fonction, . organes qui ont pris une importance physiologique considérable depuis que, sous l'influence des idées de Brown-Séquarp et CL. BerNarp, la notion des {glandes à sécrétion interne a pris véritablement corps. Aussi LiÉGEois n’hésite-t-il pas à faire de l’hypophyse une glande ivasculaire sanguine à sécrétion interne.

Un fait qui devait donner une impulsion extraordinaire à la notion des sécrétions internes, vint à se produire. Le corps thyroïde, que l’on considérait comme presque inutile, fut soumis à l’expérimentation, et l’on vit, grâce aux recherches de Scuirr, ReverDiN, KocHer, HorsLey, DAsTREe, GLEY, etc., qu’il jouait, au contraire, un rôle des plus importants dans la nutrition de l’organisme.

C’est à partir de ce moment que débute la seconde période de lhistoire de la fonction de l’hypophyse. Car on commence à étudier sa structure avec soin ; on constate, à l’autopsie de chiens thyroïdectomisés, qu’elle est hypertrophiée, qu’elle a subi des modifications, qu’elle a toutes les apparences d’un organe glandulaire très actif, don-

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nant naissance à une sécrétion, et que, par conséquent, ce n'était point un organe en période. de régression.

Sur ces entrefaites, les recherches et les constatations de Pierre Marie), sur les altérations presque constantes de cet organe dans l’acromégalie, donnèrent une impulsion nouvelle et une indication précieuse.

Depuis, de nombreux travaux ont été entrepris, et nous verrons combien sont nombreuses les fonctions auxquelles ce petit organe si profondément caché et qui, pendant si longtemps, avait passé inaperçu, est censé présider. -

Cette seconde période histologique et expérimentale, si féconde en travaux, sur quoi se base-t-elle pour établir Les fonctions de l’hypophyse? Sur les faits expérimentaux et sur les recherches anatomo-pathologiques.

Il se trouve que, pour l’hypophyse, c’est l'anatomie pathologique qui a commencé, et qui a fourni les premières indications qui ont guidé les expérimentateurs.

Il faut reconnaître, du reste, qu’il en a été ainsi pour presque tous les organes; les connaissances que l’on à sur leurs fonctions ont, toujours débuté par l’observation pathologique, l’expérimentation n’étant venue ensuite, que pour chercher à reproduire les lésions pathologiques observées.

Pour l’hypophyse, les premières observations qui ont attiré l'attention sur elles sont dues aux expériences pratiquées sur la thyroïde, notamment par RocowiTscx el STIEDA, qui ont constaté que, sur les chiens et les lapins thyroïdectomisés, l’hypophyse était hyperhémiée, augmentée de volume, que les cellules qui la constituent étaient modifiées, et que l’on trouvait de la substance colloïde en plus grande quantité.

Mais, avant d'aborder l'étude des lésions anatomo-pathologiques, ou celles qui peuvent provenir d’une corrélation fonctionnelle, il est beaucoup plus logique de savoir ce que donne d’abord l’expérimentation directe ou indirecte, ou, pour mieux dire, avec ou sur l’hypophyse. Ces notions physiologiques connues, il sera beaucoup plus facile de comparer, et l’on pourra discuter en connaissance de cause.

Les recherches peuvent se diviser en deux séries, suivant qu’elles sont basées sur des méthodes directes ou indirectes.

La première série peut, elle-même, se diviser en deux groupes : le premier comprenant les expériences exécutées avec l’hypophyse fraîche ou desséchée, ayant servi

à fabriquer des extraits; le second, les expériences ayant porté sur la glande elle-même : excitations, extirpation.

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