Livon
Ha analysant ici les travaux publiés par les auteurs, sans tenir compte du procédé employé, on arrive à diviser les résultats en deux catégories :
4° Ceux qui suivent l'hypophysectomie complète;
20 Ceux qui suivent l’hypophysectomie incomplète ou partielle.
Hypophysectomie complète. — La majorité des auteurs qui ont pratiqué l’hypophysectomie complète, arrive à cette conclusion que les animaux ne survivent pas (VASSALE et Sacci, DALLA VEDOVA, PiRONE, CaseLzi, MaRiINEscO, GaTrTA, KREinz et B1Epz, THAON, DE CYon, GkMELLI, PAULESCO, CH, Livon, etc.). Il est vrai qu'un certain nombre d’autres
(GAGLIO, FICHERA, FRIEDMANN et Mauss, Lo Monaco et Van RyNBerKk, etc.) n’ont pas constaté, :
après l’hypophysectomie, de troubles notables de la santé.
Donc il est permis de dire que ceux qui ont conservé les animaux après hypophysectomie, n'avaient pas enlevé complètement l’organe, ou n’avaient fait que le dilacérer, laissant ainsi des débris en place
On peut alors admettre que l’absence d’hypophyse entraîne la mort.
De quelle façon survient-eile ? Ici, il faut bien distinguer entre les troubles que l’on peut considérer comme des complications opératoires, et ceux réellement dus à l’absence de l’hypophyse. \
On peut avancer que les principaux symptômes généraux dûs seulement à L sbétion de l’hypophyse, sont représentés par une asthénie générale, de l’apathie, de l’abattement, du ralentissement de toutes les fonctions, une sorte de somnolence qui précède le coma dans lequel les animaux meurent, présentant les symptômes d’une vraie
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cachexie rapide. Ces phénomènes ne suivent pas immédiatement l'opération, car généralement, quand les animaux sortent du sommeil anesthésique, ils se lèvent, marchent, lentement ilest vrai, et boivent : ce n’est que quelques heures après que ces phénomènes commencent.
Quelle est en moyenne la survie ? Ici, il y a encore un très grand désaccord entre les expérimentateurs.
Pour les uns elle n’est que de quelques jours, pour les autres elle est plus longue. C’est ainsi qu’elle serait de 2 à 3 jours pour Ta4on, Pauresco, Cu. Livon: de 8 à 18 jours pour GarrA; de 12 à 16 jours pour Pirons ; de 14 à 37 jours pour VassaLe et Saccur; de 43 à 21 jours pour Casezu1; de 26 jours pour pe Cyon; de 20 à 53 jours pour DaLrA VEDOVA.
On peut de se demander si, dans les cas d’une survie un peu longue, quelques parcelles de l’hypophyse ne seraient pas restées, qui auraient permis à l’animal de survivre quelque temps.
Pour les autres symptômes signalés par plusieurs auteurs comme inconstants et transitoires : tels que difficulté dans la marche, mouvements convulsifs, incurvation du dos, rigidités partielles du tronc ou des membres, on doit les mettre sur le compte de lésions plus ou moins profondes de l’encéphale, car ils sont caractéristiques, et leur inconstance prouve leur origine.
Mais à côté de ces troubles généraux qu'observe-t-on du côté des diverses fonctions?
Circulation. — Elle ne paraît pas immédiatement modifiée, mais cependant, quelques heures après, on constate une diminution uotable du nombre des pulsations et un abaissement de température.
Respiration. — Du côté de cette fonction, le seul symptôme qui soit à peu près constant après l’hypophysectomie, c'est le ralentissement du rythme coïncidant avec l’affaiblissement général de l’animal.
Sécrétion urinaire. — Cette fonction présente des troubles divers, tels que : polyurie, avec urines de Génsué faible, généralement sans albumine ni glycose et présentant une réaction alcaline (Vassae et SacGxi); d'autres auteurs ont signalé la glycosurie (Ca- SELLI) où l’albuminurie (Garra); d’autres enfin ne trouvent aucune modification dans la sécrétion ; PauLEsco a constaté quelquefois que les urines des animaux opérés réduisaient:la liqueur cupro-potassique, mais non d’une facon constante.
Développement. — Les expériences de G. FicxEra sur les poulets semblent démontrer que l’hypophysectomie arrête le développement sur les animaux en voie d’accroissement, Les expériences de GEmELuI, tendent au même résultat, puisqu'il a observé que l’'hypophysectomie produisait un arrêt dans le développement squeleltique des jeunes animaux.
Ce qui ne confirme pas tout à fait les résultats de CERLETTI qui à obtenu un retard dans l’augmentation en poids et dans le développement squelettique, en pratiquant des injections sous-cutanées d'extrait hypophysaire.
En résumé, nous croyons pouvoir dire que, pour les phénomènes inconstants et transitoires signalés par les auteurs, après cette vivisection importante, il faut tenir compte des lésions possibles des parties cérébrales voisines.
Hypophysectomie partielle. — On peut dire d’une façon générale que l’ablation partielle de l’hypophyse est compatible avec une survie plus ou moins longue. Les fragments de la glande qui restent sont suffisants pour assurer cette survie qni farmitiustéz
ment être en rapport avec la dimension des fragments laissés.
PauLesco, qui a étudié les résultats des LEONE partielles, n’a observé aucun symptôme particulier et caractéristique.
Quelques animaux ont présenté des convulsions avant de mourir, mais leur inconstance semble prouver que ce ne sont que des troubles secondaires.
PAuLEsco, dans son étude détaillée des ablations partielles, fait une différence entre l’hypophysectomie presque totale et l’hypophysectomie partielle comprenant :
1° L’ablation partielle de la substance corticale du lobeépithélial;
20 L’ablation de toute la substance corticale du lobe épithélial ;
3° L’ablation totale du lobe nerveux;
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4° L'ablation de la substance médullaire du lobe épithélial.
De toutes ces ablations partielles, c’est l’ablation totale de la substance corticale du lobe épithélial, ainsi que la cautérisation bilatérale de l’hypophyse, qui lui ont paru le plus se rapprocher de l’hypophysectomie totale ou presque totale.
À propos des ablations partielles, on doit signaler encore les conséquences de la séparation de l’hypophyse de la selle turcique, et la séparation de l’hypophyse de la base du cerveau par la section de la tige pituitaire. Ces deux opérations donnentdes résultats bien différents; la première est inoffensive: la seconde, au contraire, équivaut à une hypophysectomie totale ou presque totale. | £
Tous les auteurs, D. Pirone, PAuLEsco, Cu. Livon, qui ont pratiqué des hypophysectomies partielles, sont d'accord pour conclure que les animaux opérés présentent une survie quelquefois très longue.
Cette insuffisance hypophysaire se manifeste-t-elle par des troubles particuliers ?
PauLesco, dans les cas de survie longue {5 mois, un au) n’a pas constaté de lésion trophique appréciable au niveau des extrémités (museau, membres).
Cependant, CH. Livon, dans un cas de survie de hui: mois après une ablation partielle, a constaté des troubles trophiques, caractérisés par une atrophie de tous les organes et un développement graisseux extraordinaire, l’animal était tout à fait obèse.
Ce cas est à rapprocher du fait, cité par ManEeLunG, d’une jeune fille qui, après lésion de l’hypophyse par un coup de feu, vit se développer une obésité colossale; on a du reste cité les rapports existant entre l’obésité et Les tumeurs de l’hypophyse; Mour, dès 1841; puis FRonzicx et BERGER. D'un autre côté Dercum et Burx ont observé plusiéürs fois, différentes lésions de l’hypophyse dans les adiposes douloureuses locales (maladie de DERCEN).
Un fait signalé aussi par ie auteurs, c'est que les tentatives d'extraction de l'hypophyse sur de jeunes animaux ayant survécu et qui, par conséquent, ont conservé des morceaux de glande, ont produit des arrêts de développement. Ce qui vient à l'appui de l’opinion de ceux qui prétendent que l’hypophyse joue un très grand rôle au point de vue des échanges nutritifs. Du reste Nargurn, de Saint-Pétersbourg, a montré que la dégénérescence de l’hypophyse diminue les oxydations, tandis que lingestion d’extraits a ot les augmente.
Sérum hypophysotoxique. — Malheureusement, pour arriver sur l’hypophy se, il faut pratiquer des vivisections toujours sérieuses, et on est en droit de se demander si les troubles observés ne sont pas le résultat de l'opération elle-même. C'est justement pour éviter ces traumatismes que F. Masay, se basant sur les observations de DEmook et Van Lixr sur le sérum antithyroïdien et les cytotoxines, a essayé de préparer du sérum hypophysotoxique.
Les résultats qu’il a obtenus sont très intéressants, et montrent le parti que l'on pourrait tirer d'expériences semblables. Il prépare ce sérum en injectant des hypophyses de chien, broyées avec de la solution physiologique, à des lapins ou à des cobayes de préférence, puis prenant le sérum des lapins ou des cobayes ainsi préparés, il l’injecte à de jeunes chiens avec précaution, à cause de l’anaphylaxie, qui a montré le danger des injections de sérum répétées trop souvent.
Dans ses expériences il a constaté que le sérum hypophysotoxique produisait tou-
Jours :
1° Amaigrissement dû à la régression musculaire et à la disparition graduelle du pannicule adipeux, même avec une bonne alimentation ;
20 Affaiblissement musculaire;
3° Affaissement du train postérieur ; démarche plantigrade, écartement des membres, courbure du dos:
4° Modifications du squelette, gonflement épiphysaire et déformations diverses.
En somme, une véritable cachexie dans laquelle les animaux finissent tous par tomber avant de succomber. |
Cette cachexie semble bien être le résultat d’une altération de l’hypophyse, car l'examen histologique de l’organe montre une altération profonde des cellules, dont les limites ont généralement disparu. Les noyaux nagent dans un milieu homogène. Plu-