‹ Dictionnaire de physiologie (volume 2)Chapitre 200 sur 212 · AURA MN · texte numérisé non relu

AURA MN

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Historique et délimination du sujet. — Avant de nous engager dans la description des accidents hystériques et dans l’étude de leur pathogénie, il nous faut indiquer, sans prétendre à un historique complet de la question, quelle a été la signification de ce mot « hystérie » dans le cours des siècles, et comment il a fini par dénommer une série de troubles de plus en plus étendus. |

Dans les livres hippocratiques sont décrites d’une façon sommaire les crises convulsives qui surviennent chez lafemme. Leurs causes, c’est une ascension dela matrice vers le foie et aux hypochondres. Cette théorie a conduit au nom même de la maladie. Elle fut adoptée par CeLse, et, si GALIEN n’admet plus le déplacement de la matrice dans le ventre, il lui attribue toujours un rôle capital dans'le développement des crises convulsives.

Cette pathogénie règne sans conteste pendant de longues années. En 1618, un médecin de Pont-à-Mousson, Cu. Lepois, est le premier à réagir contre cette opinion des

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anciens. Il décrit l’hystérie de l’homme et des petites filles, ce qui démontre que cette affection ne dépend nullement de la matrice. Il rapproche l’hystérie de l’hypocondrie, et, suivant les théories du temps, attribue ces deux maladies à certaine perturbation des esprits animaux.

Mais jusqu’à ce moment l’hystérie ne comprend toujours que les crises convulsives, et, si la connaissance en est plus complète, si la pathogénie en est mieux connue, on reste pourtant toujours dans les limites de la description des anciens auteurs. Avec SYDENHAM, sous ce même mot vient se ranger toute une série de manifestations nerveuses; l’hystérie prend une extension inattendue, et l’on peut dire que le grand médecin anglais a ouvert la voie à toutes les recherches modernes.

« L’affection hystérique n’est pas seulement très fréquente, écrit Synenxa, elle se montre encore sous une infinité de formes diverses et elle imite presque toutes les maladies qui arrivent au genre humain. » En dehors de la crise hystérique convulsive, ou suffocation de matrice, il décrit en effet les apoplexies, les troubles cardiaques ou pulmonaires, les désordres digestifs, les douleurs hystériques, etc. « Je n’en finirais point, dit-il encore, si j’entreprenais de rapporter ici lous les symptômes de l'affection hystérique, tant ils sont différents et même contraires les uns aux autres, Cette maladie est un protée qui prend une infinité de formes différentes; c’est un caméléon qui varie sans cesse ses couleurs. » Comme Cn. Lepois, il n’attribue à l’utérus aucun rôle dans l'apparition de ces accidents. « Ils relèvent surtout des agitations de l’âme produites subitement par la colère, le chagrin, la crainte, ou par quelque autre passion semblable, » (SYDENHAM, Das sur l'affection ÉNRon )

L'étude de Sypennau ne fut pas développée par ses successeurs, et au xvrrre siècle on ne peut guère ciler que SAUVAGE et PoumE qui aient dans une certaine mesure contribué à étendre nos connaissances des manifestations hystériques.

La description de l’hystérie n’est abordée dans toute son ampleur que dans l’ouvrage de BriQuer paru en 1859.

Il a étudié avec soin un grand nombre d’hystériques dans son service à la Charité et a méthodiquement classé tous les accidents. Son ambition était « d’avoir vu tout ce qui peut se passer dans cette maladie ». Cette description fut encore complétée sur certains points par Lasèoue, par Boucuaur. CHarcor et ses élèves ont enfin, dans des travaux nombreux, que nous retrouverons au cours de cette étude, étendu nos connaissances. Les derniers travaux parus, de BERNHEIM, de DÉJERINE, de BaBinski, elc., sont surtout consacrés à la définition de l’hystérie, et à la détermination des meilleurs procédés thérapeutiques à mettre en œuvre.

Dans ce travail, nous passerons en revue tous les accidents que les auteurs modernes ont observés dans l’hystérie et rangés sous cette commune dénomination. Nous ne pou-

-vons admettre l'opinion de BERNHEIM qui voudrait réduire l’hystérie aux crises convulsives . Mais dans notre description, nous essayerons surtout de meltre en évidence le mécanisme psycho-physiologique des accidents de l’hystérie. Envisagée sous cet angle, l'étude de l’hystérie est des plus instructives et jette un jour nouveau sur les fonctions inférieures et les fonctions latentes de l’activité psychique.

Nous passerons donc en revue ces diverses manifestations hystériques en essayant de reconnaître leur mécanisme psycho-physiologique.

Après avoir änalysé toutes les données du problème, nous nous efforcerons, dans un chapitre de synthèse, de retrouver, cachée sous ces manifestations variées, la trame commune qui les relie et leur donne un caractère bien déterminé, permettant d'isoler l’hystérie au milieu des autres névroses et FRE autres formes de dégénérescence mentale.

LES ANESTHÉSIES HYSTÉRIQUES.

Parmi les stigmates de l’hystérie, un des plus importants et des mieux étudiés est certainement l’anesthésie de la peau, des muqueuses ou des organes des sens. Ce signe si caractéristique n'avait pourtant pas frappé les premiers écrivains dont nous avons parlé. Seuls les délégués du Parlement, qui jusqu’au xvu* siècle recherchaïent sur les sorcières la marque du diable, c’est-à-dire un point de la peau où la piqûre de l'aiguille ne fût pas sentie, observaient sans le savoir un genre d’anesthésie hystérique

Jusqu'à une époque très récente, et nous en dirons tout à l’heure la raison, les médecins n'avaient pas constaté l'existence de ce symptôme considérable chez les hystériques. SYDENHAM est muet sur ce point, et le premier travail qui fasse mention de ce signe est une lettre de Genprin à l’Académie de Médecine de Paris (1846). « Dans tous les cas d’hystérie, dit-il, sans exception, depuis le début de la maladie jusqu’à sa terminaison, il existe un état d’insensibilité générale ou partielle. Au plus léger degré, l'anes= thésie n’occupe que certaines régions de la peau; au plus hant degré, elle occupe toute: la surface tégumentaire et celle des membranes muqueuses accessibles à nos moyens: d'investigation telles que la conjonctive, la pituitaire, la muqueuse bucco pharyngienne, celles du rectum, du canal de l’urèthre, de la vessie, du vagin. Il n’est pas très. rare que l’anesthésie existe dans les organes des sens et qu'elle s’étende dans les parties profondes. Certains malades perdent jusqu’à la conscience de la position de leursmembres et des actes de la locomotion. »

En 1859, Briquer donne une description déjà précise de l’anesthésie hystérique. Il l'avait rencontrée dans 85 p. 100 de cas. Sur les 240 cas d’anesthésie hystérique, il relève 143 fois l’existence d’une anesthésie en îlot, 93 fois d’une hémianesthésie, 4 fois d'une anesthésie lotale. \

A partir de 1872, CHarcorT, dans ses Are sur l’hystérie et dans les travaux de ses élèves, étudie les caractères cliniques des anesthésies hystériques et en donne une description systématique qui n’a pas été dépassée. À partir de ce moment, les travaux publiés sur cette question ont surtout servi à expliquer la nature de ces anesthésies curieuses et paradoxales sur plus d’un point. BERNHEIM le premier, en 1886, dans une communication à l'Association pour l’avancement des sciences réunie à Nancy, exprime nettement l’idée que l’anesthésie hystérique « est un phénomène purement psychique ». Cette idée est soutenue également par Morgius en 1888 dans son travail sur la conception de l'hystérie: Ueber den Begriff der Hysterie. En 1889, Pierre JANET développe. celte idée et fait une étude très serrée des caractères psychologiques de ces anesthésies. DésEriNe, BaBinsei soutiennent cette façon de voir actuellement adoptée d’une façon générale. Dans les pages qui vont suivre, nous indiquerous très rapidement ces ‘caractères cliniques de l’anesthésie hystérique, tels qu’ils ont été établis par Cxarcor et ses élèves. Puis nous exposerons avec plus de détails les travaux de BerNnuerm, de JANET, de. Baginski et de tous les auteurs qui ont essayé de pénétrer le mécanisme de l’anesthésie hystérique; les recherches expérimentales à cet égard nous permettent d'arriver à une conception nette de ce stigmate qui relève, comme les autres accidents hystériques, d’un trouble psychique primitif.

Description de l’anesthésie hystérique. — L’anesthésie cutanéehystérique DU être totale ou partielle, c’est-à-dire porter sur tous les modes de sensibilité ou seule-. ment sur certaines sensations : c’est ainsi qu’il peut y avoir perte des sensations douloureuses avec conservation des sensations tactiles, perte de toutes les sensibilités avec conservation de la sensibilité à l'électricité (Cx. Ricner), etc. Il peut aussi s’agir soit d’une anesthésie totale, soit d’une anesthésie incomplète. |

Mais un des caractères plus nets de l’anesthésie hystérique, c’est sa répartition. L’anesthésie peut être étendue sur toute la surface cutanée, ce qui est rare; BRIQUET, nous l’avons déjà dit, ne l’a constatée que 4 fois sur 240 malades. Plus souvent elle est, hémilatérale, occupant toute une moitié de corps, et plutôt la moitié gauche du corps que la moitié droite. Cette hémianesthésie s'accompagne souvent, nous le verrons, d’une anesthésie des sens du même côté; elle est dite sensitivo-sensorielle. Entin elle est également accentuée dans toute la moitié du corps anesthésiée et s’arrêle nettement sur la ligne médiane. :

Parfois l’anesthésie occupe un membre ou un segment de membre, le bras jusqu’à l’épaule, la jambe jusqu’au genou, etc. Caarcor a fait remarquer que l’anesthésie n’obéit nullement alors à la distribution anatomique des nerfs sensitifs qui innervent la région considérée. L’anesthésie est disposée en segments géométriques que délimitent des lignes circulaires, suivant un plan perpendiculaire au grand axe du membre.

Enfin dans certains cas l’anesthésie est disséminée et très irrégulièrement répartie : sa distribution ne paraît obéir à aucune règle. Toutefois ces plaques d'auesthésie cutanée apparaissent parfois au niveau d’un organe malade, on les trouve sur la peau

de l’abdomen chez les hystériques dyspeptiques, ou encore tout autour de l'articulation dans les arthropathies hystériques.

Ces îlots anesthésiques n’ont qu’une existence transitoire et sont variables d’un jour à l’autre. Les hémianesthésies et les anesthésies en segment sont au contraire remarquables par leur persistance.

Les réflexes cutanés sont diminués parfois du côté anesthésié, mais ils ne sont pas supprimés, Même au niveau des zones insensibles, on peut provoquer les réflexes pupillaires sensitifs; quand on excite fortement une partie anesthésique de la peau, la pupille se dilate, comme elle le fait lorsqu'on excite douloureusement un organe sensitif quelconque, et pourtant la malade ne sent rien.

La tempéralure cutanée n’est nas modifiée dans l'étendue des régions insensibles,

mais dans l’hémianesthésie il existe pourtant une ischémie parfois assez nette de tout le côté insensible, On sait depuis longlemps que les piqûres de la peau dans toute cette étendue ne saignent pas. PiTRES a observé que les vaisseaux de la peau violemment excités se contractent ét arrêtent l’hémorragie; on voit en effet une aréole pâle se former au niveau de la piqûre qui persiste et s’accentue quand l’épingle a été enlevée. Mais l’anésthésie ne tient pas à cette vaso- constriction éuergique ; l'application d’un sinapisme sur la peau provoque une vaso-dilatation très vive, les piqûres saignent abondamment, et pourtant l’anesthésie persiste.

- ÆComine lPavait indiqué GENDRIN, l’anesthésie peut s’étendre aux muqueuses et aux organes des sens. La perte de la sensibilité est très souvent liée dans ce cas à l’anesthésie cutanée ; l’œil, les muqueuses buccale et nasale deviennent insensibles du côté où siège l’anesthésie de la peau : ainsi est constituée l’anesthésie sensilivo-sensorielle décrite par CHarcor. Mais ce n’est pas une règle absolue et l’anesthésie des muqueuses et des organes des sens peut exister seule. ;

On a noté aussi l’anesthésie de la muqueuse burcale avec disparition du goût, et celle de la muqueuse nasale avec disparition de l’odorat. BRIQUET avait noté aussi la disparition de la seusibilité des muqueuses anale ou vaginale. L’anesthésie génitale, d’après Briquer, est assez fréquente et peut expliquer la frigidité de bon nombre de ces malades.

On a longtemps attribué à l’anesthésie de l’épiglotte et du pharynx, le contact ne provoquant Hat de nausées, la valeur d’un stigmate hystérique à la suite des travaux de CHAIRON (Études sur l’hystérie, 1860). Mais ce symptôme est souvent absent, puisque, d’après THaoN, on ne le trouve que chez un sixième des hystériques. On le rencontre aussi chez des individus normaux (THaon. Hystérie du larynx. Annales des maladies de loreille, vi, 1881, 30 à 41). ,

L'anesthésie oculaire est unilatérale en général, et elle existe du même côté que l’anesthésie cutanée. CHarcor en a fait une étude des plus complètes.

La conjonciive peut devenir anesthésique au contact, et, comme nous l'avons signalé à propos de la perte de la sensibilité de la peau, les réflexes sont malgré tout conservés, tel le réflexe lacrymal. On ne voit disparaître que les actes réflexes qui sont soumis dans une certaine mesure à l’action de la volonté, comme Île réflexe palpébral.

L’anesthésie rétinienne se manifeste à la fois par une modification dans le champ visuel et par des troubles dans la perception des couleurs. Le champ visuel est concentriquement rétréci, ce qui est un caratère spécial à ess et ce rétrécissement est le plus souvent bilatéral.

Le rétrécissement porte aussi sur les couleurs. La perception des: couleurs disparaît dans un ordre qui est toujours le même : violet, vert, bleu, rouge, le rouge étant la derniere couleur nettement perçue.

Enfin l’amaurose peut tevenir complète : le malade à perdu toute sensation visuelle du côté de l'œil atteint. L’amaurose bilatérale est plus rare; elle est temporaire et ne dure pas longtemps, quelqu+s heures à quelques’ jours tout au plus.

Nous en aurons fini avec l’exposé de ces troubles de la sensibilité, lorsque nous aurons signalé la perte du sens musculaire. Le malade n’a plus aucune notion de la position ie ses membres. Le sens stéréognostique, c'est-a-dire la possibilité de sentir les formes des objets touchés et saisis, peul également être aboli.

Il semble enfin que l’anesthésie puisse aie dans une certaine mesure les vis-

cères organiques. PITRES a noté que l’anesthésie épigastrique est fréquente; une pression, même forte, au niveau du plexus solaire, ne réveille plus aucune douleur. Nous rappellerons aussi que la syncope consécutive à un choc sur l’abdomen peut faire défaut chez de grands hystériques ; ainsi les convulsionnaires de Saint-Médard se faisaient administrer les grands secours, c’est-à-dire de violents coups sur le ventre, et l’innocuité de ces traumatismes ne paraît devoir s'expliquer que par une sorte d’anesthésie viscérale.

Différences entre l’anesthésie organique et l’anesthésie hystérlque — Ces anesthésies hystériques se ditférencient profondément des anesthésies observées au cours des affections organiques du système nerveux.

Pour ce qui est des anesthésies hystériques disséminées ou segmentaires, elles ont pour caractère leur distribulion même : elles ne correspondent en effet à aucun trajet nerveux périphérique, à aucune distribution radiculaire.

Seule l’hémianesthésie rappelle la distribution des anesthésies organiques, mais elle diffère profondément de l’anesthésie de cause cérébrale par une série de signes sur lesquels DÉIERINE a eu le mérite d’attirer l’attention. CS

« Dans l’hystérie et dans l’hystéro-traumatisme, dit-il, les troubles de la sensibilité acquièrent souvent une intensité que, pour ma part, je n’ai jamais constatée à un pareil degré dans l’hémianesthésie de cause cérébrale. L’hémianesthésie hystérique peut être en effet totale, absolue, le sujet ayant perdu toute espèce de sensibilité du côté anesthésié. Dans l’hémianesthésie organique, on ne constate pas une perte complète, totale, absolue dela sensibilité. Cette dernière peutêtre, surtout au début, extrêmement diminuée dans la moitié correspondante du corps, peau et muqueuse, mais elle n’est jamais abolie d’une manière complète. Dans l’hémianesthésie de cause cérébrale, on observe d'ordinaire une sorte de parallélisme entre l’état de la motilité et celui de la sensibilité : c’est ainsi que le membre le plus paralysé est en même temps le plus anesthésié. En d’autres termes, dans l’hémiplégie par lésion cérébrale compliquée d’hémianesthésie, les troubles de la sensibilité sont plus marqués au membre supérieur qu’au membre inférieur, au tronc et à la face et au niveau de cette extrémité supérieure, ils sont d’autant plus accusés, que l’on examine des régions plus éloignées de la racine du membre; la main, par exemple, est plus anesthésiée que l’avant-bras, ce dernier plus insensible que le bras, etc. Cette distribution de l’anesthésie et la décroissance de son intensité à mesure que l’on remonte vers la racine des membres (particularité sur laquelle on n'avait pas attiré l'attention jusqu'ici) me paraissent appartenir en propre à l'hémianesthésie de cause cérébrale. Je ne les ai jamais observées dans l’hystérie. » (Traité de pathologie générale de BoucraR», v, 980.) à

Nous avons signalé plus haut que l'hémianestheste hystérique coïncidait souvent avec une en ton de la sensibilité des organes des sens (ouïe, goût, odorat), et un rétrécissement du champ visuel du même côté. Mais, d’après DÉJERINE, dans l'hémianesthésie organique, que celle-ci relève d’une lésion corticale, sous-cutanée ou capsulaire, Le rétrécissement du champ visuel n’existe pas, et lorsque:les centres sont atteints, leur sensibilité est diminuée également du côté anesthésié et de l’autre.

La lésion qui provoque l’hémianesthésie peut siéger dans l'écorce corticale ou dans la profondeur.

Pour cequiest de l’'hémianesthésie corticale, elle n’intéresse jamais les sens spéciaux. Les zones centrales des sens spéciaux sont en effet trop éloignées l’une de l’autre et trop éloignées de la zone rolandique.

Une lésion corticale s'étendant jusqu’au pli courbe et sectionnant la couche sagittale à ce niveau provoque seule, en même temps qu'une hémianesthésie, des troubles de la vision, mais il s’agit alors d’une hémianopie homonyme latérale.

Pour ce qui est des lésions siégeant dans le voisinage du segment postérieur de la capsule interne, elles ne provoquent pas davantage une hémianesthésie sensitivo-sensorielle, Comme DÉJERINE l’a établi, il faut qu'une lésion siégeant en ce point atteigne la couche oplique en détruisant les fibres terminales du ruban de Reiz ou les fibres du neurone thalamo-cortical pour qu’il apparaisse une anesthésie plus ou moins accentuée. Mais jamais dans ces conditions il n’existe de troubles sensoriels. Pour que ces sens spéciaux soient atteints, il faut que leslésions s'étendentbeaucoup plus loin :ilfaut, par

ARIANE à a rC

exemple, que la lésion détruisant le segment rétro-lenticulaire et la capsule interne, sectionne en même temps le faisceau visuel à ce niveau; ce qui détermine d’ailleurs une hémianopie homonyme latérale et non un rétrécissement du champ visuel.

Pour que l'audition soit atteinte, il faudrait que le neurone auditif venu de la première circonvolution temporale fût détruit dans une lésion du segment sous-lenticulaire de la capsule interne. Enfin l’olfaction ne serait atteinte que si la lésion touchait le milieu postérieur du trigone. Mais tous ces troubles de l'audition et de l’olfaction sont unilatéraux, et ils sont également passagers; les centres sensoriels étant bilatéraux et réunis entre eux par de nombreux faisceaux, la suppléance ne saurait tarder à s'établir.

Somme toute, dans aucun cas, une lésion organique ne peut réaliser le type de l’anesthésie sensitivo-sensorielle qui reste bien un groupement de symptômes de nature exclusivement hystérique.

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