AH = CC
Grâce à cette composition, la guanidine donne naissance à un très grand nombre de dérivés. Avec l’acétyl-acétone, avec certains éthers, avec les dicétones, la guanidine donne des produits de condensation.
D'autre part, par l’action de certains réactifs, elle donne des corps résultant de la substitution d’un radical à un ou plusieurs atomes d'hydrogène.
La nitroguanidine, AzH — CAzH?AzH AzO? provient de l’action de l'acide azotique fumant sur du sulfocyanate de guanidine déjà traité par l'acide sulfurique (THIELE, in Dict. Würtz).
La nitrosoguanidine provient de la réduction de la nitroguanidine par le zinc et l'acide sulfurique. C’est un corps explosif dont la production accompagne celle de l’aminoguanidine.
Ce dernier corps:
sh 42H — AzH?
AZH NX AzH?
est à son tour l’origine d’un grand nombre de combinaisons azoïques, hydrazoïques, sucrées, etc.
Plus importantes sont les quanidines substituées dont les propriétés, les réactions et le rôle en font des unités chimiques. Nous ne ferons qu'indiquer les principales.
La méthylquanidine, par exemple, dans laquelle H est remplacé par CH’, existe dans la nature où on la rencontre dans la chair et le bouillon fermenté, dans les cultures du bacille cholérique, etc. Elle est extrêmement toxique, et son étude rentre dans celle des ptomaïnes. (Voir Ptomaïnes).
Il existe encore des diméthylquanidines, des diéthylquanidines et triéthylquanidines, etc. Leur composition permet de pousser assez loin l’étude de la constitution de composés complexes.
La créatine (combinaison d’une molécule de méthylguanidine et d'acide acétique) doit être également considérée comme une guanidine substituée, et l’on peut se demander si la guanidine et la méthylguanidine dérivent de la créatine ou servent à la formation synthétique de cette dernière dans l’organisme (JArFÉ). |
Sels de guanidine. — L’azotate est un corps blanc, peu soluble dans l’eau froide, que l’on obtient lorsque l’on électrolyse une solution ammoniacale à 50 p. 100 d'ammoniaque liquide en se servant comme électrodes de charbon de cornue purifié au chlore (MizLor).
L'azotite se produit dans la réaction de l’acide azoteux sur les amidines ; 1] constitue de beaux cristaux très stables, insolubles dans l’éther.
170 GUANIDINE.:
Le chlorhydrate fournit des masses cristallines confuses, formées par de fines aiguilles, très solubles dans l’eau et dans l'alcool. Il donne des sels doubles avec le chlorure de platine, le chlorure d’or. Le chloroplatinate de guanidine est formé par des cristaux aciculaires jaunes assez solubles dans l’eau bouillante, peu solubles dans l’eau froide.
Le carbonate se produit [directement par fixation de l'acide carbonique de l’air sur la guanidine, soit cristallisée, soit en solution. On le prépare encore par double décom= position entre le sulfate de guanidine et le carbonate de baryte. Il est formé de cristaux octaédriques ou prismatiques, très solubles dans l’eau, insolubles dans l'alcool, à forte réaction alcaline. Il précipite naturellement les alcalino-terreux.
Le picrate est un précipité cristallin jaune, obtenu en ajoutant de l’acide picrique à une solution aqueuse de sel de guanidine.
L’oxalate s'obtient en saturant le carbonate par l'acide oxalique. On a un oxalale acide en ajoutant à la solution neutre autant d'acide qu'il en renferme déjà.
Le sulfate est la forme courante sous laquelle se présente la guanidine. Il est formé par des cristaux très solubles dans l’eau, insolubles dans l’alcool. pe
Enfin le sulfocyanate est un corps particulièrement intéressant en raison des propriétés de sa dissolution : 100 parties d’eau en dissolvent 73 parties à 0°, 135 à 15°; à l’ébullition sa solubilité est illimitée ; le point d’ébullition de la solution dépasse 120°, température de fusion du sel solide. |
La dissolution dans l’eau du sulfocyanate de guanidine détermine un abaissement, considérable de la température. De l’eau à 30°,5, saturée par le sulfocyanate de guanidine, est ramenée à 4°; de l’eau à 15°,5 dans les mêmes conditions est abaissée à 8e, Néanmoins ce sel n’est pas déliquescent : il est onctueux au toucher. La solubilité de ce composé permet de le substituer à la guanidine toutes les fois que l’on veut se servir de solutions extrêmement concentrées de cette base.
Recherche analytique de la guanidine., — La guanidine peut êlre reconnue, soit à l’état de picrate, soit à l’état de guanylurée, soit à l’état de cyanurate, soit enfin au moyen d'une ou deux réactions plus ou moins caractéristiques. Entre autres, Île réactif de Nesscer précipite tous les sels de guanidine (Scxuzze). Ce précipité est abondant, floconneux, blanc ou légèrement jaunâtre, très abondant encore avec une solution à 0,05 p. 100 d’azotate de la base. L’hypobromite de soude décompose la guanidine avec dégagement des 2/3 de l'azote de constitution. |
CAz3H5 + 30 — Az2 + 2H20 + COAZH.
Cette décomposition est donc accompagnée de la formation d'acide cyanique (Eurca).
La guanidine se transforme facilement en ammoniaque et urée en présence de solutions alcalines.
L'acide picrique serait, d’après PRELINGER, le réactif général de toutes les guanidines; il pourrait servir à un dosage approximatif de la guanidine (Ewicu). Le cyanurate de guanidine, qui est un de ses sels les plus caractéristiques, se produit en chauffant du carbonate de guanidine avec une solution d'acide cyanurique, tant qu’il se dégage de l'acide carbonique. Par refroidissement, on obtient de longues aiguilles soyeuses.
Enfin, en fondant la guanidine avec l’urée, ou par le proéédé de BAMBERGER, on obtient de la guanylurée qui, à l’état d’azotate, cristallise en aiguilles blanches peu solubles. Ce précipité caractéristique peut encore être obtenu en chauffant à 1600, dans un appareil distillatoire, un mélange intime de carbonate de guanidine et d’uréthane, dans la proportion d’une molécule du premier pour deux du second. |
Un mélange de cyanate de potassium et de chlorhydrate de guanidine porté à 180° donne encore naissance au même produit.
Action physiologique et toxique de la guanidine. — La guanidine, injectée sous la peau ou administrée par l'estomac, passe en nature dans les urines, d’après PommERENIG (1902). Cependant, lorsqu'il administre des doses toxiques, cet auteur n’en trouve qu’une faible partie dans l'urine. GerGENs et BAUMANN (1876) n'ont également trouvé dans l'urine qu'une minime quantité de la guanidine injectée : ils pensent que la plus grande partie se transforme dans l'organisme, en urée probablement. En tous cas, cette différence
GUANIDINE. N171
d'élimination entre les doses toxiques et non toxiques, observée par PoMMERENIG, demande à être expliquée.
Mise à digérer en présence d'organes animaux, la guanidine n’est pas transformée.
La guanidine et ses sels sont des corps extrêmement toxiques. Un certain nombre de recherches ont été faites pour déterminer quelle était exactement cette toxicité, et aussi quelle était la nature des effets qu’ils produisent sur l’organisme.
Pour bien mettre en relief l’action particulière et intéressante de la guanidine, nous rappellerons qu’un grand nombre de substances (aconitine, nicotine, physostigmine, sels de baryum, de zinc, de cuivre, de nickel, de plomb, de bismuth, de sodium) déterminent une excitation périphérique et des secousses fibrillaires des muscles, mais jamais à un si haut degré que la guanidine (la créatine ne produit pas ces secousses, d’après FÜHNER).
GERGENS et Baumann ont injecté dans les sacs lymphatiques d’une grenouille un centigramme de sulfate de guanidine en solution aqueuse. Les secousses fibrillaires apparaissent tout d’abord au bout de quelques minutes, et se propagent à tout l’organisme : puis se montrent des contractions cloniques. Celles-ci deviennent de plus en plus rapides, et, après quelques heures, se transforment en tétanos. La respiration persiste, et le cœur reste normal. La guérison ne survient qu’au bout de plusieurs jours : les muscles sont alors en état d'inertie complète et présentent la réaction acide. La dose mortelle pour la grenouille est de 5 centigrammes. La contracture devient alors immédiatement de la rigidité, et l'animal meurt avec le cœur en diastole. Chez une grenouille curarisée, la quanidine n'a plus d'action, le curare apparaît donc comme l’antidote de la guanidine; on peut d'ailleurs, avec le curare, faire disparaître les contractions fibrillaires ou cloniques causées par celles-ci.
Si l’on enlève la moelle chez le même animal, la guanidine produit encore les contractions fibrillaires ; celles-ci apparaissent également aux extrémilés dont on a sectionné les sciatiques, et, même si l’on détache complètement ces extrémités, elles continuent à présenter des secousses fibrillaires avec la même intensité. Une paîte de grenouille non intoxiquée, ou simplement un muscle détaché et mis dans une solution de NaCI à 1 p. 100 additionnée de quelques gouttes d’une solution de guanidine, est prise rapidement de secousses qui persistent jusqu’à vingt heures. Par conséquent, l’action de la guanidine ne s'exerce ni sur le système nerveux central, ni sur la substance musculaire elle-même, comme le prouvent les injections de guanidine chez les grenouilles curarisées : elle a lieu sur les ramifications intra-musculaires des nerfs, et, vraisemblablement, sur les plaques motrices terminales. La dose toxique pour la grenouille est de 5 milligrammes. Chez les mammifères, le tableau de l’intoxication est un peu différent, et on observe presque exclusivement des manifestations cloniques : il n’est pour ainsi dire pas de secousses fibrillaires. Chez un petit chien, une heure après l’injection de 1 gramme de sulfate de guanidine sous la peau, GERGENS et BAUMAnNN ont observé des vomissements, de la paralysie de la partie postérieure du corps et l'impossibilité de se tenir sur ses pattes. Pendant 48 heures, secousses cloniques des membres, respiration laborieuse et accélérée, et mort au bout d’une semaine. Dans un autre cas, le chien éuérit avec une même dose; mais, dans un troisième cas, la mort survint, toujours avec les mêmes manifestations. Avec l’injection intraveineuse d’une même dose, mêmes symptômes, mais évoluant vers la mort en quelques minutes.
Au point de vue du mode d’action, RossBacx et CLOsTERMEYER ont montré que, chez les animaux à sang chaud comme chez les hétérothermes, la section de la moelle et du nerf sciatique n’empêchent pas les mouvements cloniques de se produire.
Purzeys et SwAEN, presque au même moment que GERGENS et BAUMANN, ont confirmé et étendu les résultats précédents. Expérimentant encore sur la grenouille (Rana temporaria), ils ont montré que le sulfate de guanidine exerce une action sédative sur la moelle épinière, action qui va en s’accentuant de plus en plus et aboutit à la paralysie complète. GERGENS et BAumaAnN admettent cependant une excitation préalable de la moelle.
Au début les sels de guanidine excitent Les extrémités terminales des fibres nerveuses motrices dans les muscles striés. Cette excitation provoque tout d'abord des contractions fibrillaires, fasciculaires, puis des contractions cloniques de ces muscles. À cette
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172 GUANIDINE.
excitation succède une période paralytique dans laquelle l'irritabilité des fibres nerveuses motrices est considérablement diminuée. Il s’agit donc en somme de deux actions consécutives : une action excitante, puis une action dépressive, on peut dire curarisante., Avec des doses faibles, on peut obtenir seulement la première action (Jonpan); des doses de plus en plus fortes produisent les deux actions consécutives, avec prédominance de l’une ou de l’autre.
Consécutivement aux contractions cloniques, le sulfate de guanidine diminue l'irritabilité des muscles, et cela de deux facons : directement d’abord, et ensuite indirectement, par la fatigue excessive qui succède inévitablement aux contractions cloniques de la période initiale. Il agit sur les fibres lisses de la pupille en produisant une mydriase très prononcée.
Le sulfate de guanidine détermine une accélération marquée des pulsations cardiaques qui est due à l'excitation des centres automoteurs ou accélérateurs intra-cardiaques ou à celle des fibres accélératrices du vague. A celte excitation initiale succède une période de ralentissement et de paralysie : celle-ci est due à l'action sédative exercée par le poison sur ces centres nerveux intra-cardiaques et sur le vague. L'action sur le cœur à été précisée par Harnacx et WirxowsxI. À ces deux périodes correspondent une augmentation, puis un abaissement de la pression sanguine (Jorpan). Le sang devient noir. Or cette altération, provoquée par les contractions musculaires énergiques qui se produisent, doit avoir également son importance dans les phénomènes de sédation que nous venons de Seal 6)
H. FÜHNER a récemment repris la question. Expérimentant sur les grenouilles, il a montré que les solutions de sels de guanidine déterminent d’abord une excitation périphérique, puis une paralysie centrale, à laquelle succède une paralysie périphérique. Leur action pharmacologique doit être considérée comme se rapportant à l'ion guamidium qui, au point de vue de son activité, est l’analogue de l'ion sodium. Comme es sels de sodium, ceux de guanidine augmentent l’activité musculaire qui tend vers la contracture. Les secousses musculaires provoquées par la guanidine, comme par NaCI, peuvent être arrêtées par le chlorure de calcium ou de magnésium ajouté à la solution de guanidine ou injecté à l’animal qui est préalablement ou postérieurement Inieose par la guanidine.
Au point de vue de son lieu d'action, la guanidine, pouvant déterminer une paralysie identique à celle du curare, peut aussi être étudiée de la même façon que ce dernier. L’expérimentation montre d’ailleurs que la localisation de son action est la même que pour le curare.
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René LAUFER.
GUANINE.— CiH4z50. — La guanine esl un corps qui appartient an groupe de la purine; elle jouit de propriétés faiblement basiques et se présente sous la forme d’une poudre blanche, amorphe, très peu soluble dans l’eau, insoluble dans l'alcool et l’éther, soluble dans les acides et dans l’ammoniaque, dans la potasse et la soude.
État naturel et préparation dela guanine. — La guanine a été découverte en 1844 par UnGer, qui la retira du guano, mais la confondit avec la xanthine. C’est Eixsronr qui montra la différence qui existe entre ce corps et le produit extrait du guano. La formule adoptée pour la xanthine devait être modifiée.
La guanine se rencontre en grande abondance dans le guano que l’on peut traiter, pour l'obtenir, de la facon suivante :
Le guano est mis à digérer à chaud avec un lait de chaux étendu. La liqueur par ébullition se colore légèrement en vert. On la filtre, et on la neutralise par l’acide chlorhydrique. Le liquide abandonné à lui-même dans un milieu froid laisse déposer, au bout de quelques heures, la guanine et l'acide urique. L’acide chlorhydrique bouillant ne dissout que la guanine. La solution décantée dépose par refroidissement des cristaux de chlorhydrate de guanine.
Une nouvelle cristallisation les purifie complètement, et la base est isolée par l’ammoniaque (UNGER). SrREGKER traite encore le guano à l’ébullition par un lait de chaux, en répétant le traitement tant que le liquide se colore en brun. Toute la matière colorante est dissoute, ainsi que les acides volatils et un certain nombre d’autres substances; l’acide urique et la guanine restent dans le résidu que l’on épuise par des solutions bouillantes de carbonate de soude.
Ces solutions filtrées sont réunies, additionnées d’acétate de soude, puis d’acide chlorhydrique nie LRCROE fortement Lane Les corps puriques précipitent. On lave
bouillant qui ne dont que la guanine; par évaporation et cristallisation, on obtient le chlorhydrate de guanine renfermant encore un peu d’acide urique. On le traite alors par l’ammoniaque, et on dissout la guanine et l'acide urique dans l'acide azotique concentré. L’azotate de guanine Late par refroidissement, et donne la guanine lorsqu'on le met en contact avec l’ammoniaque en excès.
Neugauer et KeRner obtiennent la guanine en dissolvant dans l’acide chlorhydrique très étendu le précipité qu’elle forme avec le chlorure mercurique. On précipite le mercure par l’hydrogène sulfuré, on filtre, et la liqueur, devenue incolore, est précipitée par l’ammoniaque.
La guanine se rencontre encore dans les excréments des araignées, dont elle forme la plus grande partie.
Comme tous les corps de la série purique, elle se trouve dans les excréments humains. C’est ainsi que KrüGer et SCHITTENHELM, ayant soumis un adulte à une alimentation mixte, avec exclusion néanmoins de café et de cacao, constatèrent dans ses fèces, en 42 jours, 28r,363 de guanine, accompagnés de 15",88 d’adénine, 08,112 de xanthine et 08,300 d’hypoxanthine, soit en tout 0,110 de bases par 24 heures, correspondant à 05",0532 d’Az. Ce chiffre, comparé à l'azote éliminé sous la même forme en 24 heures par les urines (08r,0166 d’Az.), montre que les excréments éliminent par conséquent 4 fois plus de bases, surtout formées par de la guanine.
Dans la saumure de harengs, Isaac a isolé une grande quantité de guanine associée à de l’hypoxanthine, peu d’adénine et très peu d’hypoxanthine.
Isaac traite la saumure de hurengs par une solution ammoniacale d'argent. Le précipité formé par les combinaisons argentiques est décomposé au bain-marie par l’acide chlorhydrique. Les bases entrent en solution à l’état de chlorhydrate, et l’ammoniaque précipite déjà une grande partie de la guanine. Ce qui reste en solution est encore traité par le procédé de KrüGer et WüuLrr.
On rencontre la guanine dans un certain nombre d'organes : dans le pancréas, dans les ligaments, dans les cartilages, dans la peau des amphibies et des reptiles, dans les écailles (Vorr) et le sperme de poissons, dans l’organe vert de l’écrevisse et dans l’organe de Bozanus de la coquille (Anodonta cycnea) et, en général, dans tous les organes riches en noyaux cellulaires.
La guanine dérive en effet des acides nucléiniques (ou nucléiques) par hydratation de ces derniers. Les acides nucléiques sont en eflet sont des produits de dédoublement des nucléines ou nucléoalbumines (ou nucléoprotéides) dont la dégradation donne en outre de l’albumine. Les acides nucléiniques à leur tour donnent de l’acide phosphorique, des hydrates de carbone (généralement des pentoses), des bases puriques (ou xanthiques : guanine, xanthine, hypoxanthine, adénine) qui produisent elles-mêmes de l'acide urique, et enfin l’acide thymique, ou thyminique, ou thymonucléique.
KosseL et Banc admettent l’existence de quatre acides nucléiniques ne contenant
chacun qu'une base purique, les acides thymo-nucléiques, les acides inosiques et gua-
nyliques et l’acide plasmique.
La guanine se forme par hydrolyse de l’acide thymo-nucléique, que l’on effectue à chaud au moyen de HI en présence d'acide phosphoreux (SreupeL). L'azote de la guanine formée représente environ 3,61 p. 100 de l’azote de l’acide thymo-nucléique.
L'hydrolyse des nucléo-protéides des capsules surrénales (Jones et Wuippe) de mouton, de bœuf et de porc donne de la guanine et de l’adénine : le rapport des quantités de guanine et d’adénine ainsi obtenues est sensiblement constant, quelle que soit l’origine. hr.
Ainsi 30 gr. de nucléo-protéides donnent :
Mouton. Bœuf. Porc.
milligr. milligr. milligr.
Chlorhydrate de guanine. . ... .. 510 501 510 Ficrate d'adénuic. ie Per er Pea tm eete 210 220
Il semble donc bien, ainsi que ScawiEene8er6 l'avait annoncé, que les nucléo-protéides renferment dans leurs molécules plusieurs bases puriques, par exemple : guanine et adénine. L'opinion de Kossez et Banc semble donc erronée. La constance des rapports des poids d’adénine et de guanine dans le cas des nucléoprotéides étudiées par Jones et WugEppLe montre bien que les acides nucléiniques de ces substances renferment à la fois et de la guanine et de l’adénine.
Les acides nucléiques de la rate et du pancréas fournissent par hydrolyse de la guanine, de l’adénine, de la thymine et de la cytosine (LEvENE).
NEUBERG a obtenu la guanine dans l’analyse immédiate du nucléoprotéide du pancréas; le pancréas, traité par HBr fumant (D—1,49) à 100° donne une liqueur à forte odeur de cacao que l’on concentre dans le vide : le sirop traité par l'alcool bouillant se trouve séparé des impuretés et la solution forme à froid un précipité de bromhydrate de guanine.
L'autolyse du pancréas de porc et de bœuf dans de l’eau chloroformée jusqu’à disparition complète de la réaction du biuret fournit de la guanine (Scnenx); celle-ci n’est accompagnée d’ailleurs dans ce cas que d’hypoxanthine, avec des traces de xanthine et d’adénine.
WouLéeuurx, en étudiant le nucléoprotéide du foie au point de vue de sa richesse en Corps xanthiques, a montré que ce principe, qui existe dans la proportion de 3 p.1000
dans l'organe, fournit 0,864 p. 100 de guanine associée à des proportions analogues de xanthine, d’adénine et d’hypoxanthine.
La rate donne, par autolyse, de la guanine et de l’hypoxanthine, tandis que la décomposition par les acides fournit de la guanine, de la thymine et de la cytosine (W. Jones). Cette différence nous sera expliquée par l’action des diastases qui exercent leur action dans l’autolyse de cet organe.
LevenE à constaté que l'acide nucléique du testicule de bœuf donne, par hydrolyse acide, de la guanine, de l’adénine, de la thymine et de la cytosine. (Il en est de même de l’acide nucléique du cerveau de bœuf.)
Dans l’autolyse du testicule de taureau, Mocnrzucrt et Korake ont observé la formation probable de guanine. L’autolyse était effectuée au contact de l’eau et poursuivie pendant trois semaines environ en présence de toluène et de chloroforme. La séparation des produits de l’autolyse était effectuée par la méthode de KUTSCHER, qui a permis d'isoler en outre, dans ce cas, de l’ammoniaque, de la xanthine, de l’hypoxanthine, de la thymine, de la choline et de la lysine.
Chez le porc, la guanine se trouve en grande quantité dans une maladie spéciale analogue à la goutte de l’homme, en particulier dans les muscles, ligaments et articulations, à l’état de dépôts.
L’acide nucléique de la levure, hydrolysée par les acides, donne de la guanine et de l’adénine, en même temps que de la xanthine et de l’hypoxanthine. Au contraire, par dédoublement dû au Bacterium coli, l’adénine et la guanine disparaissent pendant le travail bactérien (SCHITTENHELM et SCHRŒTER).
On retrouve encore de la guanine dans l’hydrolyse, par les acides, de l'acide nucléique de farine de froment ou acide tritico-nucléique (OsBorne et Harris).
On rencontre la guanine dans le règne végétal : Sonuzze et Casroro ont montré la présence de la guanine dans un certain nombre de graines non germées : Lupinus luteus et albus, Helianthus annuus, Triticum vulgare, Arachis hyvogea. La guanine, dans ce cas, semble provenir du dédoublement de la vernine en guanine et en une pentose. Le suc de la betterave sucrière contient, par litre, 08,0801 de guanine (BResLER). On la trouve également dans le sucre de canne, dans la proportion de 05",0025 p. 100, et dans la mélasse, dans la proportion de 08',066 p. 100 (Sxorev).
Autres modes de préparalion: de la guanine. — L’acide urique est oxydé à froid par le persulfate d’ammoniaque, et, en présence d’un excès d’ammoniaque, on obtient de la guauine (1 à 3 p. 100 de l’acide urique), de l’allantoïnate d’ammoniaque (27 à 28 p. 100) et de l’urée (42 p. 100), ces deux derniers corps provenant du dédoublement de l’allantoïne d’abord formée (Huaounenco). Enfin, d’après Bawc, l'acide guanylique, produit de dédoublement de certaines nucléines (pancréas), donne par dédoublement 35 p. 100 de guanine (théoriquement 39,29) : il serait formé de quatre molécules de guanine, trois de pentose, trois de glycérine et quatre d’acide phosphorique.
Guanine cristallisée. — On peut obtenir la guanine cristallisée en dissolvant un gramme de guanine amorphe dans deux litres de soude très étendue, en ajoutant le tiers du volume d’alcool, puis sursaturant par l’acide acétique. Dans ces conditions, la guanine se dépose sous forme de cristaux agglomérés en choux-fleurs, identiques aux cristaux de créatinine et de chlorure de zinc.
Synthèse de la guanine. — E. FiscHer a fait la synthèse de la chloroguanine en chauffant à 150° un mélange d’oxy- (6) dichloropurine (2,8) et de solution ammoniacale saturée à 0°. La chloroguanine brute traitée par l'acide iodhydrique et l’iodure de phosphore fournit de la guanine.
TRrAUBE à indiqué un mode de synthèse de la guanine à partir de la guanidine par le processus suivant : la guanidine est condensée avec l’éther cyanacétique, et la cynacétylguanidine ainsi obtenue se transforme spontanément sous l'influence des alcalis en diamino-oxypyridine. Son dérivé isonitrosé, réduit et traité par l’acide formique, donne naissance à la guanine.
Propriétés physiques et chimiques. — La guanine est une poudre blanche, amorphe, peu soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool et dans l’éther, soluble surtout dans les alcalis, potasse, soude, ammoniaque. Sa solubilité dans les acides tient à la formation de combinaisons : chlorhydrate, sulfate, etc., correspondant à une très faible basicité de ce produit. En effet, l'hydrolyse de son chlorhydrate en solution décinormale
correspond à 17,9 p. 100, et sa constante de dissociation serait, d’après Woop, 0,81 x 10-11, Si on la compare avec les corps voisins, on trouve :
Hydrolyse du chlorhydrate Constante en solution décinormale. de dissociation. p. 100. p- 100.
Creation er de Ten 8,96 3,91 X 10-11 Créatinen te ner eu: 12,30 1,81 GUAnITon OL ee 17,90 0,81 ThÉéObDrOMInEE MN VEALINES 13,00 0,016 Xanthine. wir /LCOMERSSS 88,50 0,0046 Caféine. + STORE 89,70 0,0040 UrLée 1 TONER RER 90,40 0,0037
La guanine s’unit d’ailleurs également aux bases. Les solutions dans les alcalis, l’eau de baryte bouillante, etc., laissent déposer, lorsqu'on les traite par l’alcool, des précipités cristallins, combinaisons définies du corps azoté avec les bases réagissantes.
La guanine donne avec certains sels métalliques des précipités plus ou moins caractéristiques. Avec le nitrate d’argent et le sublimé on obtient des combinaisons Are pates et mercuriques, répondant aux formules
CiH5Az5OAzOAg et CSH5Az50HgCI2(H20).
En solution chlorhydrique, et par suite à l’état de chlorhydrate, elle donne avec le chlorure de platine un chloroplatinate peu soluble cristallisé jaune :
CiH$Az5O. HCI PtClé. 2H20
et, avec le sublimé, un chloromercurate insoluble :
(C5H5Az5O, HCI?HgC1 + H20.
Le ferrocyanure de potassium précipite également la guanine.
L’oxydation de la guanine conduit, suivant les cas, à des résultats fort différents :
L'oxydation ménagée par le permanganate de potasse détermine la formation d’oxyguanine [(KERNER); puis il y a dédoublement en quatre molécules d’urée, une de glycocolle et de l'acide carbonique (JorLes). On a pu d’ailleurs déduire de cette dernière réaction un moyen de dosage de la base.
L’oxydation par l’acide azotique conduit à la formation d’un dérivé nitré, jaune citron, amorphe, se dissolvant en jaune dans la potasse (Neupauer et KErNER). Ce nitrate de nitroguanine, ne serait d’autre part, pour STREcKER, qu’un mélange de xanthine et de nitro-xanthine, fournissant uniquement de la xanthine par les agents réducteurs.
En effet, la guanine, traitée par l’acide azoteux, donne de la xanthine suivant la réaction :
CÿHÿAz5O + AzO?H — C5H5Az#O?2 + H20 + Az2.
Cette transformation peut s'effectuer de la façon suivante (Srrecker) : La solution de guanine dans l’acide azotique concentré, soumise à l’ébullition, est additionnée de nitrate de potasse jusqu'à dégagement de crandes quantités de vapeurs rutilantes. On. étend le tout d’une grande quantité d’eau, et la substance jaune précipite. Ce précipité lavé est redissous dans l’ammoniaque et additionné de sulfate ferreux en solution jusqu’à ce quele précipité ferrique marron qui se forme soit remplacé parun précipité noir d'hydrate ferroso-ferrique. On filtre et on évapore la liqueur au bain-marie, on reprend par l’eau froide pour dissoudre le sulfate d’ammoniaque : le résidu est dissous à nouveau dans l’ammoniaque bouillante, et Le liquide évaporé. Enfin l'oxydation de la guanine peut être effectuée en la délayant dans l’acide chlorhydrique, de densité 4,10, en présence de chlorate de potasse. On obtient, dans ce cas, de l’acide parabanique
et de la guanidine, en même temps qu’un peu de xanthine, d’après les réactions suivantes :
CSH5AziO + H?20 + 30 — CH2Az203 + CH5Az3 + CO?2
Guanine. Acide Guanidine.
parabanique.
9(CSHSAz5O) + 03 — I(CSH4Az#02) + H20 + Az?.
Xanthine.
En raison même des réactions que nous avons indiquées plus haut, la guanine, traitée à chaud par l’acide nitrique, puis par la potasse, enfin évaporée de nouveau à siccité, donne la coloration bleu indigo que produit la xanthine dans les mêmes conditions, Cette coloration passe ensuite au bleu et au jaune.
Constitution. — La constitution de la guanine se déduit de celles de la purine et de l'acide urique. Ce dernier correspond à la formule :
| N AC Am
Il renferme un radical, dénommé radical purique, dont les valences libres, saturées uniquement par l’hydrogène, donnent naissance au corps auquel Fiscner a donné le nom de purine, et dont il a réalisé la synthèse :
(1)Az — (6) 1 Az = CH | | (2)C (5)C — Le H—C C — AzH | | YC(s) El NU (3) Az — (4)C — Az(9) Az —C— Az / Radical purique. Purine.
Ce corps est le point de départ de tous les éléments de la série, et la guanine doit être considérée comme la 2-amino -6- oxypurine. Nous allons voir les considérations qui permettent de conclure à cette constitution, et les relations qui rattachent ainsi la guanine aux corps du même groupe.
La purine peut donner naïssance à des composés oxygénés, et plus ou moins hydrogénés, qui présentent par suite des groupements aminés et des groupements cétoniques. L’acide urique devient ainsi la trioxypurine ; la xanthine, la dioxypurine; et l’hypoxanthine, la monoxypurine. Les trois formules sont alors :
AzH — CO AzH = CO. pe CO A2 | ? | | | CO C=— AzH CO CSAYZH HC TE AzH Ï Ne | Ï Le I | NU HG A:H/ 00 AL COPA AU Az —C— A5 ZE
Acide urique. Xanthine. Hypoxanthine.
C’est de ce dernier corps que dérivent directement l’adénine et la guanine. Eure Fiscxer a, en effet, montré que l’adénine représentait la 6-aminopurine, et la guanine la 2-amimo-6-oxypurine,
Az = C — AzH? AzH — CO
CH C— AzH AzH = C C —-AzH
| I N | | as
Ar PATES RAC Nr PAS Adénine. Guanine.
Enfin nous pouvons encore considérer ces différents corps comme renfermant
d'autre part les groupements de l’uracile et de la cytosine. En effet la constitution de ces deux dernières peut être représentée par :
AzH — CO Az —C— AzH?
(010) CH CO a ] AH — CH AzH — CH Uracile. Cytosine.
Des réactions simples permettent d'effectuer le passage d'un corps à un autre par la simple substitution d’un radical à un autre. L'action de l'acide azoteux par exemple transforme la guanine en xanthine. Par simple oxydation, la xanthine peut passer à l’état d'acide urique; de même encore, par oxydation, l’hypoxanthine peut passer à l’état de xanthine. Ces différentes réactions expliquent tout naturellement les transformations que subissent les bases du groupe purique dans l'organisme et la forme finale d'acide urique, sous laquelle on les retrouve, pour la majeure partie, dans l'urine. On ne doit pas oublier à ce point de vue que la caféine, la théobromine, la théophylline appartiennent encore à cette famille : la caféine est la 1.3.7 triméthylxanthine; la théobromine, la 3.7 diméthylxanthine, et la théophylline, la 1,3 diméthylxanthine. Leur ingestion sera donc suivie d’une élimination correspondante d'acide urique et de bases puriques, en particulier de guanine.
Transformation de la guanine dans l'organisme. — L'ingestion de guanine, soit libre, soit sous la forme de nucléines, toujours riches en bases puriques, comme d’ailleurs l’ingestion de ses congénères, hypoxanthine, xanthine, adénine, est toujours suivie de la formation d’une certaine quantité d'acide urique (KRÈGER et SCHMIDT, Minxowsxi, NENOK1 et SIEBER, KRÜGER et SALOMON, KERNER, STADTHAGEN, BURIAN et SCHUR).
Celte formation est, il est vrai, très faible pour la guanine, inférieure même à, celle de la xanthine, pour laquelle 10 p. 100 de son azote est éliminé à l’état d'acide urique,
et moins de 1 p. 100 à l’état de bases puriques.
L’injection intra-veineuse conduit à un résultat analogue. SCHITTENHELM et BENDIx ont injecté à des lapins de la guanine en solution aqueuse, soit dans la veine, soit sous la peau. On constate alors que cette guanine est éliminée dans les urines sous la forme d'acide urique.
Cette transformation a lieu par suite de l’action d’une diastase, la guanase, que l’on peut retrouver dans un certain nombre d’organes. HorBaczEwskr a montré le premier que les bases puriques, et en particulier la guanine, se transforment au contact des extraits de certains organes en acide urique. SpiTzer crut voir une différence suivant que cette transformation se faisait aux dépens des aminopurines ou des oxypurines.
Mais ScHiTTENHELM montra avec l'extrait de rate que les aminopurines, adénine et guanine, sont transformées en acide urique aussi bien que les oxypurines. Les extraits de foie et de poumon exercent la même action sous l'influence d’oxydases précipitables ‘ par le sulfate d’ammoniaque.
Tel est le fait capital; il a été discuté; mais l'existence de la guanase paraîl actuellement parfaitement établie.
Indiquons cependant que l’extrait aqueux de rate additionné de guanine ne modifierait pas cette base, d’après Jones et Winrernirz. Mais les mêmes auteurs ont montré simultanément que cet extrait de rate transformait totalement l’adénine en hypoxanthine, sous l'influence d’une adénase : nous allons voir par la suite la simultanéité et l’analogie des deux réactions. ;
D'autre part, la guanase a pu être précipitée de ce même extrait aqueux de rate. En effet, traité par le sulfate d'ammoniaque à 66 p. 100 de la saturation, il donne naissance à un précipité qui, redissous, peut être purifié par dialyse (SCHITTENHELM).
Traitée par la solution ainsi obtenue, la guanine se transforme presque quantitativement(de 61 à 99,5 p. 100) en acide urique à une température de 43°. Il faut en outre, pendant tout le temps que se produit la réaction diastasique, faire passer un courant d'air continu au sein du liquide.
En cas contraire, la réaction s'arrête à la xanthine, qui apparaît ainsi nettement comme le terme de passage entre la guanine et l’acide urique.
La formation de l'acide uriqüe en partant de la guanine semble donc être dévolue à deux diastases qui se trouvent associées, non seulement dans la rate, mais encore dans le foie, le poumon et les muscles.
L'une, désamidante, transforme la guanine en xanthine: l’autre, oxydante, fait passer celle-ci à l’état d'acide urique.
La diastase désamidante, ou guanase, paraît extrêmement répandue dans l’organisme (Lan) : la xanthase tue paraît au contraire limitée à certains organes, et son
action est d'autant plus difficile à démêler que le rein, le foie, le muscle détruisent l'acide urique sous l’action d’un ferment différent; le ferment manque dans la rate, et permet ainsi facilement l’étude de la transformation de la guanine.
Dans le thymus on peut néanmoins étudier cette transformation. W. Jones avait déjà montré qu’il contient un ferment soluble, qui, à 35° et au degré de concentration de la diastase dans le thymus, dédouble les nucléoprotéides avec production de bases xanthiques, mais sans guanine ni adénine. 11 attribue déjà cette absence à la propriété que posséderait cette diastase de transformer l’une et l’autre en xanthine.
Or, par l’hydrolyse de l’acide thymonucléique au moyen des acides, on obtient de la guanine et de l’adénine, tandis que, dans l’autodigestion de cette glande, il ne se forme que de la xanthine, de l’uracile et très peu d’hypoxanthine (Jones).
L'étude de l’autolyse des capsules surrénales conduit au même résultat; on obtient encore de Ja xanthine et de l’hypoxanthine, tandis que l'hydroly se par les acides donne de la guanine et de l’adénine.
De plus, dans les extraits de ces deux organes, la guanase accompagne les nucléoprotéides dans leur précipitation par l’acide acétique.
Dans l’autolyse du pancréas, nous voyons les mêmes phénomènes.
Kurscxer, dans l’étude des produits de l’autolyse de cet organe, avait obtenu principalement de l’adénine et peu de xanthine et d'hypoxanthine. Mais Jones et PARTRIPGE, reprenant la question avec des glandes tout à fait fraiches, après trente-six heures de digestion seulement, n’obtinrent que de la xanthine et un peu d’hypoxanthine sans traces de guanine ni d’adénine. Bien mieux, de la guanine ajoutée à la masse en autolyse est également transformée en xanthine. Il existe donc dans le pancréas au moins une diastase, une guanase, transformant, par hydratation et départ d’ammoniaque, la guanine en xanthine. Cette réaction est accompagnée de la transformation de l’adénine en hypoxanthine sous l'influence du même ferment ou d’un ferment analogue : cette hypoxanthine par oxydation donne ainsi naissance à de la xanthine.
Origine et formation de la guanine dans l’organisme. — [a guanine, que nous avons vue exister en abondance dans l’organisme, peut être considérée comme un produit de régression azotée. C’est ainsi que SCHÜTZENBERGER avait déjà montré que la levure de bière, abandonnée à elle-même, continue à produire de l'alcool, en même temps qu’elle donne naissance à de la guanine et à d’autres produits de la même famille, xanthine, hypoxanthine, etc.
KurscHer à confirmé ces résultats, et il a montré que ces corps ne se produisent que dans la levure à l’état d’inanition. On ne les trouve ni dans les levures bien alimentées, ni dans la bière.
Dans le cas d’une alimentation suffisante, les diastases protéolytiques de la levure agissent sur les éléments azotés fournis à la cellule, et les simplifient de telle manière que les produits formés peuvent servir à l’édification du protoplasma. La diastase est dans ce cas un agent de construction. Au contraire, dans la levure en inanition, les ferments s’attaquent aux tissus mêmes de la cellule, et les dédoublent : ils sont alors un agent de destruction, et il en résulte la formation de bases puriques, de guanine en particulier.
Cette guanine peut ultérieurement, comme nous l’avons vu plus haut, être trans-
formée en xanthine et même en acide urique. Ainsi elle diminue dans le suc de levure que l’on abandonne à son autolyse (K. Suica), tandis que parallèlement la quantité de . xanthine augmente.
Dans les organismes supérieurs, la xanthine a une origine analogue.
La formation des bases nucléiques par dédoublement des acides nucléiques est encore sous la dépendance d’un ferment soluble qui existe en grande quantité dans
certains organes, la rate en particulier (ScurrrenueLu) ; c’est ainsi que l'extrait aqueux de rate dédouble très activement l'acide nucléique. |
Enfin la guanine peut être le résultat de réactions inverses.
L'acide urique et les urates introduits en nature dans le tube digestif du lapin sont absorbés par Iles phagocytes (FreuxpweiLer) et se transforment dans l’organisme en bases puriques, en particulier en guanine.
En ce qui concerne l’origine de la guanine dans l’organisme (de même celle des autres purines ou bases xanthiques) envisagée à un point de vue général, on peut dire qu’elle est double : {° origine exogène, alimentaire (nucléo-albumines, purines libres et combinées des aliments, surtout viande, poisson, légumineuses, foie, riz de veau, aliments riches en noyaux cellulaires, café, thé); 2° origine endogène moins importante, par destruction des leucocytes et des noyaux cellulaires des tissus de l'organisme luimême. Il est très probable qu'il se forme aussi une certaine quantité de guanine dans Vorganisme par synthèse ou par transformation des bases puriques voisines.
Il y aura lieu de tenir compte de ces indications pour l'application des régimes à ordonner dans les états pathologiques qui relèvent de l’uricémie; les bases xanthiques étant elles-mêmes génératrices d'acide urique.
Toxicité. — La guanine est très peu toxique. À haute dose, elle agit, au point de vue toxique, d'une façon analogue aux bases xanthiques; mais on ne trouve pas d'expériences absolument démonstratives à cet égard.
Dosage dans les organes et dans les urines de la guanine et des bases puriques. — La détermination des corps puriques et de la guanine dans les organes animaux a été tout d’abord indiquée par Burrax et Scaur, qui ont utilisé la précipitation de ces corps par les solutions ammoniacales d’argent. Cependant His et HAGEN ont montré qu’en présence des albumines la précipitation de la guanine par les solutions ammoniacales d’argent est incomplète, et peut même faire complètement défaut. Il
peut y avoir en outre, lorsque la précipitation se produit, un entrainement d’albumoses.
Il faut alors reprendre une ou plusieurs fois le précipité, le décomposer par IS et reprécipiter par l'argent pour éliminer les albumoses. His et HAGEN ont aussi cherché à éliminer les albumoses par le sulfate d’ammoniaque et l’alun de fer, par l’acide trichloracétique, par le sulfate de zinc, par le sulfate d’ammoniaque. Ce dernier réactif détermine l'élimination complète des albumoses, et le précipité argentique n’en contient plus. Mais, dans ce cas, la précipitation par l’argent n’est complète que lorsque le liquide est dilué de manière à ne contenir que 25 p. 100 de sulfale. Cette méthode, appliquée à l'étude d'organes additionnés de quantités connues de guanine, a été encore reconnue défectueuse par suite des pertes considérables qu’elle comporte. Les extraits d'organes renfermeraient en outre des corps tels que les acides nucléiques (KossEL, SCHMIEDEBERG) qui empêchent la précipitation complète des bases puriques par l’argent.
Enfin, d’après Burtax et Hair, le dosage dans les extraits d'organes des bases puriques et de la guanine peut se faire d’une facon absolument rigoureuse, de la manière suivante : les organes, réduits à l’état de purée, sont bouillis pendant douze heures environ avec 10 parties d'acide sulfurique à 0,54 p. 100 : on filtre et on épuise encore trois fois le résidu. L’extrait ainsi obtenu est sursaturé par de l’hydrate de baryté : Le filtrat et les eaux de lavage sont concentrés en milieu acétique, puis traités par une solution de soude et de carbonate de soude. Le filtrat est ensuite acidifié par l’acide chlorhydrique et sursaturé par l’ammoniaque. La liqueur ainsi obtenue représente pour 100 centimètres cubes environ 50 grammes de purée d'organes; on l’additionne alors de 30 à 50 centimètres cubes d'une solution ammoniacale de chlorure d'argent Lupwi6). Le précipité est lavé une fois par l’ammoniaque, et plusieurs fois par l’eau. Les traces d’ammoniaque qui peuvent encore exister sont éliminées par ébullition avec un peu d’eau et de magnésie. On dose l'azote du précipité par la méthode de KJeLDauL. Ce précipité argentique renferme la presque totalité des bases puriques. Pour recueillir la petite fraction qui à pu échapper à la précipitation, on acidifie le filtrat par l’acide acétique, on traite par l'hydrogène sulfuré, on filtre, on concentre, et on ajoute du sous-acétate de plomb jusqu'à réaction faiblement alcaline, ou plus exactement tant qu’il se produit un précipité d’albumoses. Le filtrat et les eaux de lavage, débarrassés du plomb. par H?S concentré, sont soumis à une nouvelle précipitation argen-
à, =+ + SE j } | ed ce
tique. L’azote est dosé dans ce nouveau précipité par la méthode de KieLpaur, et le résultat obtenu est ajouté au précédent.
Nous ne pouvons nous étendre davantage sur cette question d'analyse chimique dont on trouvera le résumé le plus récent, avec la bibliographie afférente, dans le traité de Hoppe-SeyLer (1903) (voir notre bibliographie) en ce qui concerne spécialement la recherche de la guanine dans les organes et sa séparation des autres bases puriques.
La présence de la guanine {et de la carnine) dans les urines à été constatée par G. Poucuer : elle ne serait cependant pas certaine, d’après KRÜGER et SALomow. En tous cas, la quantité de ces corps est extrêmement minime, d’après FLarow et REITZENSTEIN. Pour les méthodes de dosage dans l'urine, on consultera le traité de NeuBaueRr et Vocel. (revu par HuprerT) (1898), et celui de Ep. Spagrx (1903).
Combinaisons de la guanine. — La guanine jouit de fonctions basiques, et donne avec les acides forts des combinaisons peu stables, décomposables par l’eau. Les sels des acides volatils se décomposent à basse température. Aucune combinaison ne se produit directement avec les acides acétique, citrique, formique,hippurique, lactique, succinique (NEUBAUER et KERNER).
Azotate de quanine. — Sel neutre, fines aiguilles SET en groupe. Sel acide, prismes courts et solides.
Chlorhydrate. — Fines aiguilles jaune clair formant des sels doubles avec un certain nombre de chlorures métalliques, cadmium, mercure, platine, zinc, etc.
Bromhydrates et iodhydrates. — Mèmes propriétés.
Sulfate. — Aiguilles jaunâtres formant un sel double avec l’azotate d'argent.
Oxyguanine. — L’oxyguauine est le produit de l'oxydation par le permanganate de potasse en solution sodique, neutralisé par HCI : substance amorphe, gélatineuse, blanc rougeâtre, insoluble dans l’eau, l'alcool et l’éther, soluble en liqueur alcaline, insoluble à froid dans les acides, partiellement soluble à chaud sans altération.
Épiguanine. — CSH'Az:0. Méthylguanine naturelle répondant à la composition de la méthyl 7 amino 2 oxy 6 purine, trouvée dans l’urine selon la proportion de trois à quatre dixièmes de milligramme par litre. Elle possède les mêmes propriétés que les bases puriques. |
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GUANO. — Le guano est un engrais essentiellement formé de déjections d'oiseaux, vivant en particulier sur la côte du Pérou. Des multitudes innombrables d’oiseaux divers, pélicans, alcatras et autres, désignés ensemble sous le nom de guanaes, ont de tout temps hanté les îles-désertes et les ravins incultes que présentent ces parages; ils y sont attirés par l’abondance extraordinaire des poissons qui pullulent dans les eaux relativement froides du courant issu du cap Horn. Ces oiseaux viennent la nuit se reposer dans les îles et sur la côte. Ils y accumulent leurs déjections avec des résidus de toutes sortes; on y trouve même des squelettes, des nids, des œufs de leurs congénères et des débris de poissons qui leur ont servi de nourriture. Le principal et le plus riche gisement, aujourd’hui épuisé, était celui des îles Chinchas, qui fournissait aussi la meilleure qualité de guano. On en a cherché dans d’autres pays : en Bolivie, au Mexique, aux Antilles, même en Afrique et en Australie. Dans certains pays, comme nous le verrons, on a pu exploiter un guano spécial accumulé dans certaines grottes par des chauves-souris.
Les propriétés des guanos péruviens sont connues de longue date. Les Indiens connaissaient l'existence de ces dépôts et s’en servaient en agriculture. On trouve dans les huaneras, et spécialement dans celles du Sud du Pérou, les traces de ces. anciennes exploitations. Ce sont de véritables galeries de mines, de trois mètres de large, et de près de deux mètres de haut, au moyen desquelles les Indiens allaient chercher les meilleures couches. Plus tard, lorsque les Espagnols arrivèrent au Pérou, ils trouvèrent établi dans le pays un merveilleux système d’exploitation. Le gouvernement des Incas protégeait, par des lois extrêmement sévères, les oiseaux producteurs de guano. Les différents gisements étaient répartis entre les provinces, et toute violation de limite était énergiquement réprimée. Cette exploitation indigène prit fin lors de l’invasion espagnole, qui détourna toute l’activité manuelle disponible vers les mines d’or et d'argent. {(HumBozpr.) Dès lors, les îles à guano ne furent plus inabordables : chacun put enlever l’engrais à sa guise, ce qui eut pour effet d’épuiser en quelques endroits les anciens gisements, et d’en empêcher le renouvellement. Les oiseaux, troublés dans leur retraite, les abandonnèrent. C’est ainsi que l’île de Jésus et d’Iquique n’offrent plus de trace de guano. ALEXANDRE CACHET fut le premier qui, en 1841, au moment où le guano était complètement tombé dans l’oubli, attira par un mémoire l’attention du gouvernement péruvien sur la valeur de cet engrais. Il en fit connaître l’origine et les propriétés en démontrant que ce n’était ni un produit minéral, comme le croyaient certains auteurs, ni un fossile; mais bien le dépôt des excréments d’oiseaux. Le commerce du guano s’accrut alors dans des proportions considérables, et l’exportation (qui se fait surtout en Angleterre) s’éleva de 7000 à 150000 tonneaux de 1842 à 1850. C’est HumBozpr qui rapporta le premier en Europe des échantillons de cette matière : VAUQUELIN et Fourcroy en déterminèrent la composition approximative.
En 1844, Uncer y décela la présence d’un principe nouveau, la guanine. C'est à partir de cette époque que l'emploi des engrais se substitua au système primitif de la jachère. En 1844, le gouvernement du Pérou chargea Francisco DE Rivero de l'étude des divers gisements de guano.
Les gisements du Pérou étaient divisés en trois zones : celle du nord s’étendait du 6° au 9° degré de latitude Sud, avec les îles Lobos, Macabi et Guanape; la zone du Centre, entre les 13° et 14° parallèles, était formée par le groupe des Chinchas; la zone du Sud s’étendait du 19° au 22° degré avec les gisements de Pabello de Pica et de Punta de Lobos.
La puissance de ces gisements tenait non seulement à la quantité considérable d’oi-
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seaux qui leur ont donné naissance, mais encore à la sécheresse du climat. Les guanos provenant des pays où il pleut, même rarement, sont incomparablement moins actifs; car ils ont perdu la plus grande partie de leurs éléments solubles (ammoniacaux etphosphates solubles). |
Francisco pe Rivero attribua à la zone du Sud une valeur d'à peu près 10 millions de tonnes ; à celle du Centre (îles Chinchas) 25 millions detonnes. Les gisements étaient si considérables que Humsozor admit que les dépôts remontaient à des époques antérieures à l’époque actuelle; il considérait le guano comme des amas de coprolithes ayant conservé leur matière organique. Les dépôts atteignant parfois une épaisseur de 30 mètres, il supposait qu’il faudrait trois siècles aux déjections d’oiseaux pour former une couche de 1 centimètre d'épaisseur. Rivero, au contraire, supposant que les gisements des îles Chinchas représentaient 500 millions de quintaux espagnols, et supposant, d'autre part, l’existence de 264000 oiseaux vivant dans ces îles, nombre qui n’a rien d’exagéré, il suffit que, chaque nuit, chaque oiseau dépose une once d’exerément pour produire en sept à huit mille ans la totalité du dépôt.
Les gisements des îles Chinchas furent seuls exploités pendant 25 ans, etla consommation européenne atteignit, en 1860, le chiffre de 550 000 tonnes. En 1870, les gisements étaient à peu près épuisés; aujourd’hui, ils le sont totalement.
Les gisements du Nord, puis ceux du Sud, furent alors mis en œuvre. Ceux du Sud, en par Het sont assez puissants : ils sont aujourd’hui les seuls en exploitation. Ces gisements sont situés dans les ravins de la côte, ou quebradas, ou même sur les hautes falaises du littoral avec des épaisseurs de 20 à 30 mètres, disposés en couches de couleurs variables, brune, blanche ou jaunâtre, mêlées à des sables, à des croûtes salines, à des blocs erratiques. Outre les guanos du Pérou méridional, on exploite actuellement ceux de la Bolivie, de l’Équateur, de la Colombie, du Vénézuela et de l'Afrique australe. Tous ces guanos, extraits de pays où les pluies ne sont pas rares, sont infiniment moins riches que ceux des îles Chinchas, exception faite pour certains guanos d'Afrique et les guanos anganos de formation contemporaine.
Composition du guano. — La composition du guano est donc variable suivant son origine. Les premières données que l’on ait eues à cet égard sont les analyses de Fourcroy et VAUQUELIN, qui décelèrent dans le guano des Chinchas de l’acide urique et des urates d’ammoniaque et de chaux, du sulfate de potasse, du chlorure de potassium et du chlorhydrate d’ammoniaque, un peu de matières grasses, du sable, etc.
La moyenne de la composition des guanos des îles Chinchas serait, d’après Nesir :
Azote 11, « A4 NME EE Hat es LR ENCRES AS Se Matières organiques. PRE LE Re CNE Na Phosphate basique déchaur eee nr; 52 Acide phosphorique soluble. . : . . 8,12 Sels alcalins.. . . . RER MONET ON Silice-et\$a bé 4 0r 20e ee AR ERIECE
D'après Cnevreuz, la composition moyenne d’un certain nombre de guanos va Mexique serait la suivante :
Angamos. Chincha. Lobos. Los Patos. Bolivie Matières organiques... , . . 70,21 52,52 36,10 32,45 23 1&ù Phosphate ARYCRAUS ne ue 5,15 19,52 29,30 27,56 41,18 Acide phosphorique . . . 3,48 3,12 3,11 3,97 3,17 Sels al ins 2 MEME 9,37 1,56 11,5% 1,380 41 74 SiiCE.* 2 RATS RE 3,00 1,66 2,05 2,55 7,34 Eau... HER RMEARRAERRE 1,64 15,62 16,80 26,80 13 100,00 100,00 100,00 108,00 100,00 Phosphate ( soluble . . .. 1,55 6,16 8,03 7,30 1,20 de chaux. / insoluble . . . 5,75 19,52 29,30 27,45 41,18 Phosphate 40tal 0 PM 0 26,28 31,33 34,75 48,98 Azote dosé. , : , . 20,09 10,29 10,89 5,92 :-n 3,38 Ammoniaque correspondant. 24,29 18,56 13,11 7,19 4,10
< Rs J DEL x :
Plus spécialement les guanos des gisements du Sud répondent aux compositions suivantes :