TOTAL GÉNÉRAL
Nota. — Sur ces 114 cas d'intoxication spéciale, une femme seulement par le hachich.
À. Marie (de Villejuif) en un récent article (Aucusre Marie, Note sur la folie haschichique. À propos de quelques Arabes aliénés par le haschich. Nouvelle Iconographie de la Salpétrière, n° 3, mai-juin 1907) a signalé les cas de folie hachichique qu'il a pu observer
à l’asile d’Abbassieh (Égypte) avec le concours de Warnock, médecin directeur qui s’est longuement intéressé lui-même à l’étude de la folie hachichique.
D’après les statistiques fournies par Warnock pendant six années 1896-1901, sur 2564 aliénés du sexe masculin admis à l’Hospice des aliénés égyptiens du Caire, 689 cas furent attribués à l’abus du hachich, soit environ 27 p. 100. La folie en Égypte est trois fois plus commune chez les hommes (qui font usage du hachich) que chez les femmes - (qui l’emploient assez rarement). Cette proportionnalité devient assez significative, lorsqu’on rappelle qu’en Europe l’aliénation est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes (35 à 31, en Grande-Bretagne par exemple). En 1904, à l’asile d’Abbassieh, la proportion des malades par le hachich, sur le nombre total des internements, était de 15 p. 100; en 1905 de 14 1/2 p. 100. En 1903, ce nombre s'élevait à 18 p. 100, en 1902 à 22 1/3 p. 100. La diminution des cas de folie hachichique est du reste probablement due au traitement hors l’asile des cas de délire transitoire.
Les cas d’aliénation imputables au hachich peuvent revêtir les types suivants :
Intoxication temporaire. C’est l’état d’assoupissement, avec marche chancelante - comme dans l’intoxication alcoolique, et état de rêve euphorique comme dans l’intoxication par l’opium.
Délire avec hallucinations souvent désagréables de la vue, de l’ouie, du goût et de l'odorat. Les idées de possession par un démon ou un esprit, et de persécution, sont assez fréquentes. Elles expliquent les interprétations délirantes de hachichés qui se croient sultans ou prophètes. L’agitation et l’insomnie se rencontrent couramment. Le malade a parfois une certaine incoordination neuro-musculaire; mais il est le plus habituellement actif et prompt dans ses mouvements.
Manies très variables, allant de la courte crise d’excitation à la folie furieuse prolongée, et se terminant par l’épuisement, et même par la mort,
Manies chroniques se présentant souvent sous la forme de manie de persécution.
Démence chronique, période terminale des cas d’aliénation précités.
Ces diverses formes d’aliénation causées par le hachich peuvent du reste se combiner entre elles et s'accompagner de tares psychopathiques multiples. L’illusion de puissance intellectuelle et l’exaltation prophétique sont assez fréquentes. La physionomie de certains délirants au début est caractéristique du visionnaire à délire onirique euphorique et exalté. À une période plus avancée, alors que paraissent la dépression et une orientation fâcheuse du courant des sensations, les idées hypochondriaques peuvent paraître. Mais, remarque A. Marie, les suicides sont assez rares, tandis jones les crimes sont plus trétuents,
Le caractère érotique de l’excitation spinale due au hachich peut en effet se rencontrer non seulement dans l'ivresse, mais aussi dans le délire ultérieur ; à l’excitation sexuelle se lient alors les divers attentats à la pudeur, exhibitionismes, viols, etc.
De même qu'il y a l’alcoolisme chronique, il y a le hachichisme à rechute. Dans les intervalles des accès, les malades, moralement dégradés, fournissent un important contingent au nombre des vagabonds, des malfaiteurs, récidivistes du vol, du mensonge et des outrages à la pudeur. Ce sont des « dégénérés acquis » passant dela prison à l'asile, et inversement.
Le hachich semble d’ailleurs, au point de vue social, faire encore moins de ravages que l'alcool, si bien que les administrateurs anglais et égyptiens se demandent avec raison si une campagne anti-hachichique ne tournerait pas au profit de l’alcool, plus nuisible encore. Aussi Wanrnoc estime-t-il que la politique la plus sage en Égypte est d'autoriser l'usage du hachich dans certaines limites, sans le defendre absolument. Remarquons en effet que le hachich, contrairement à l’ aleoo, ne semble pas provoquer de lésions anatomiques caractéristiques ni de désordres physiques notables. Des milliers de personnes en font un usage journalier, et celles-là seules qui en font abus, oulesindividus particulièrement susceptibles à son action toxique, viennent échouer à l’asile, Ce serait donc plutôt, selon la remarque de À. Mare, un réactif révélateur des. tares - latentes. Voici d’ailleurs les conclusions du rapport de la Commission d’enquête indienne sur l'usage des poisons du chanvre (1, 264) : « L'usage modéré de ces substances ne produit pas d'effets nuisibles à l’esprit; mais l’usage excessif accroît l'instabilité mentale; il tend à affaiblir l'esprit, il peut même conduire à la folie. Il à été démontré
-196 HACHICHI.
que l’action des drogues dérivées du chanvre a été souvent très exagérée, mais il est hors de doute qu'elles produisent quelquefois l’aliénation (15 p. 100 en Égypte). »
Action thérapeutique. — Le hachich nous fournissant, selon certains aliénistes, la possibilité de déterminer de véritables accès de « folie expérimentale », le hachich pouvant, comme cela est hors de doute, conduire à la folie, il était donc nécessaires de rechercher le rôle possible de ce toxique en thérapeutique: le principe même de l’homéopathie l’indiquait comme le remède par excelience des divers troubles psychopathiques. Jusqu'ici cependant il faut avouer qu’il est bien difficile de se prononcer sur les
résultats obtenus, de sorte que les médecins, à tort peut-être, semblent avoir aban-
donné à peu près entièrement toute recherche dans ce sens.
STANISLAS JULIEN nous apprend cependant que les Chinois employèrent le hachich pour
produire l’anesthésie chirurgicale.
FROMMULLER à essayé d’utiliser ses propriétés hypnotiques, mais ses résultats sont loin d’être probants. Il obtint un sommeil complet dans 13 p. 100, un sommeil partiel dans 25,5 p. 100 des cas.
Moreau DE Tours surtout a cherché dans le hachich la panacée de l’aliénation mentale. II l’employa d’abord contre la mélancolie. Mais les malades, un instant arrachés
à leurs préoccupations par l’ivresse euphorique, retombaient bientôt dans leur marasme, Ses essais portèrent alors sur l’excitation maniaque, et il chercha à atténuer la manie par substitution du délire toxique au délire névropathique. Sur les six malades auxquels il ordonna le dawamesk, quatre guérirent, et deux s’améliorèrent en un temps variant de quinze jours à six mois après l’absorption du hachich. Ce résultat lui parut décisif. Il convient cependant de faire des réserves et de se demander si ces résultats heureux sont dus au hachich ou à l’évolution de la maladie. Ces essais en tous cas devraient être renouvelés.
Pozrr et REiscx ont employé de nouveau le hachich contre la mélancolie; mais il l'ont associé au bromure, et les résultats sont incertains. PusiNELLI à essayé, avec succès, parait- -il, le tannate de cannabine contre l’insomnie neurasthénique.
BEpD& obtint de bons résultats contre le delirium tremens avec l’extrait et la teinture. Le hachich et ses dérivés ont aussi été employés en Angleterre comme antispasmodiques; on a tenté à maintes reprises d’utiliser leurs propriétés analgésiques et calmantes, mais les résultats ont toujours été, ou bien faibles, ou bien incertains. GERMAIN SÉE enfin à employé l'extrait gras contre les affections stomacales. Après un succès rapide, il semble que cette médication ait été abandonnée. Rappelons enfin, et en insistant sur ce point, que le hachich augmente consi- “dérablement la suggestibilité, et que cette propriété peut être employée en thérapeutique mentale, surtout Che certains hystériques qui résistent à tout essai de suggestion, soit verbale, soit hypnotique. Pendant toute la première partie de l’ivresse hachichique, le sujet présente une plasticité intellectuelle très comparable à celles des hystériques. Aussi le preneur de hachich a-t-il généralement soin de s’entourer d’amis qui doivent lui suggérer des hallucinations gaies. Ces hallucinations peuvent affecter tous les sens. BonNAsiEs, dans une communication faite à la Société de phsychologie physiologique, (La suggestion par le hachich. Revue philosophique, 1886, xx1, 673), rapporte que son ami, le D' C..., sollicitait, avant de prendre le hachich, l’aide amicale des personnes présentes et formulait à l’avance le programme des hallucinations qu’il désirait. Les suggestions les plus variées et les plus invraisemblables réussirent toujours.
On fait voir au peintre L..., travaillant à un tableau d'histoire, la scène qu'il doit peindre (Charles VI dans la forèt du Mans). La mémoire de l'hallucination étant conservée, il peut ensuite la reproduire sur la toile. |
On suggère à BoNNASIES qu’il mange un poulet et boit des vins de Bordeaux, alors qu'on lui sert des pommes de terre et un verre d’eau. La suggestion réussit parfaitement.
Toutes ces hallucinations LA MINE d’une aura. On a la sensation d’une vapeur montant des pieds à la tête. La montée de l'aura s ’accompagne d’une sensation
d'expansion agréable ; la descente, de tristesse et d'inquiétude vague. L’hallucination est en pleine intensité quand l'aura a gagné la tête.
Le mécanisme psychologique des suggestions réalisées grâce au hachich est assez particulier. Il est indispensable de le connaître si l’on essaie les applications thérapeutiques. Voici comment Bonnasies l'analyse : « Le premier sentiment qui se réveille dans l'esprit du hachiché, dit-il, est de protester contre les injonctions dont il est l’objet. — Ce verre d’eau, pense-t-il, est de l’eau, et non pas du vin. — Mais, avant même qu'il ait formulé cette phrase dans sa pensée, l’illusion s’est produite malgré lui ; et il la subit. Toutefois l'illusion est de très courte durée. Pour qu’elle se continue, il faut que l’assistant renouvelle ses intimations d’une façon constante. Par une série de suggestions on maintient le hachiché en état permanent d’hallucination. » (Loc. cit., 674). Remarquons que la première phase de ce processus psychologique se retrouye assez souvent chez les hystériques auxquels on fait des suggestions verbales, et que la suggestion, pour réussir sur leshachichés, doit être particulièrementimpérativeet réitérée.
L’action thérapeutique du hachich est donc, en résumé, très inconstante et très peu étudiée. Là où d’heureux résultats furent obtenus, ils semblent plus faibies que les résultats habituellement produits par d’autres médications. Seuls les essais de suggestion par le hachich etles expériences de Moreau ne Tours sur l’excitation maniaque nous semblent devoir être retenues et reprises.
Action sur les animaux. — Des recherches expérimentales, malheureusement très peu nombreuses, ont été faites sur les animaux afin de préciser la toxicité du hachich et son action physiologique. Lrouvizre et Voisin (Accidents aigus et chroniques produits par le hachich chez les animaux, 1873) ont fait ingérer à des cobayes de 1 gr. à 18°,50 de hachich. Ils ont ainsi obtenu l’incoordination musculaire, de la somnolence, et une exagération des réflexes dénonçant une hyperactivité médullaire. la sensibilité était cependant conservée. L'animal mourait au bout de trois ou quatre jours. On trouvait à l’autopsie de la congestion cérébrale et méningée, des ecchymoses dans les méninges et dans la plèvre, de la congestion pulmonaire.
Les mêmes expérimentateurs réalisèrent sur des cobayes l’intoxication chronique. L'animal diminuait alors de poids, présentait de l’incoordination motrice, de la diarrhée, et finalement la cachexie. R
Hay (A new Alcaloid of Cannabis'indica. American Journal of Pharm., juillet 1873, n°9, Lvi) fait à des grenouilles une ‘injection sous-cutanée de tétano-cannabine. Il note aussi l’hyperactivité médullaire produisant l’exagération des réflexes. Les grenouilles sur lesquelles il expérimenté présentent des convulsions tétaniques semblables à celles que détermine l’injection de strychnine.
CxarLes Ricxet observe, en expérimentant sur des chiens, que les effets du hachich se sont montrés très semblables aux effets produits par l’essence d’absinthe. Les phéromènes suivants -sont en effet relevés : hyperexcitabilité, secousses fibrillaires, tremblements convulsifs, surtout dans les muscles du tronc et du cou, incoordination musculaire. « Chaque contraction musculaire se fait avec des contractures, l’animal marche tout à fait comme un chien légèrement strychnisé : avec des soubresauts, des irrégularités qui témoignent de Dot exagérée de la moelle. » État demi-comateux avec hyperesthésie sensorielle. IL est probable qu'il y a, sinon hallucinations vraies, au moins illusions sur les excitations extérieures. Anesthésie musculaire. L'animal hachichisé ressemble donc étrangement à un animal auquel on aurait fait l’ablation des lobes cérébraux, ou à un animal empoisonné par l’absinthe; il y a seulement plus de stupeur dans le hachich, plus de convulsions dans l’absinthe (loc. cit., p. 494).
Le hachich semble Se être essentiellement, comme le remarque Cx. RICHET, le poison des circonvolutions cérébrales.
Action sur la cellule nerveuse. — Ayantexaminé les effets toxiques du hachich et leurs manifestations physiologiques et pyscho-physiologiques, tant sur les animaux que sur l’homme, nous devons chercher quelle peut être l’action du hachich sur la cellule nerveuse, et nous nous référons pour cela à l’intéressant article publié par Bivgr-SaNGLé dâns la Revue scientifique (CHARLES BINET-SANGLÉ, Action du hachich sur les neurones. Revue scientifique, 22 mars 1904).
Biner-SANGLÉ reprend la théorie de l’amiboïsme, qui lui semble démontré parles travaux de Mararas DuvaL (1895), JEAN DEmooR, PERGENS, STEFANOWSKA, QUERTON, ROBERT ODiEr, J. Haver, et par ses propres recherches.
Grâce aux anastomoses des,conducteurs nerveux, des ondulations centrifuges, parties d’un neurone de mouvement volontaire qui tient sous sa dépendance plusieurs autres neurones de même ordre, peuvent déterminer un mouvement très complexe. De plus, grâce à la rétractibilité des neurones, il peut se former ce que BINET-SANGLÉ appelle des neuro-diélectriques, c’est-à-dire de véritables barrages s’opposant au passage du courant nerveux. (CHARLES BINET-SanGLé. Théorie des neuro-diélectriques. Archives de Neurologie, sept. 1900.)
La sensation d’engourdissement provoqué par le hachich serait due, d’après BInet- SANGLÉ, à la rétraction des neurones de conduction des ondulations centripètes, et
surtout à la rétraction des neurones servant de substratum à la sensibilité générale,
le hachich semblant agir de préférence sur l’écorce cérébrale. En amont de ces neurones se formeraient alors des neuro-diélectriques empêchant les ondulations centripètes de-leur parvenir. Cet engourdissement serait à rapprocher de celui que provoque la cocaïne.
L'hypoesthésie musculaire serait due semblablement à la rétraction des neurones des sensations musculaires, et à la formation, en amont, de neuro-diélectriques. Le circuit à sommet cortical formé par la voie sensitive principale et la voie motrice principale, serait donc interrompu en partie ; d’où incertitude des mouvements volontaires. Mais la voie spino-cérébello-spinale n'étant pas atteinte: « je pouvais encore, écrit BIneT- SANGLÉ, porter ma tasse de café à ma bouche sans en renverser le contenu, alors que les contractions de mes muscles ne donnaient plus lieu qu'à des sensations entièrement confuses. J'étais absolument dans la situation de l’hystérique qui fait les mouvements nécessaires pour ne pas laisser tomber un objet qu'il ne sent pas. » Er
Le rire spasmodique, accusé par presque tous les expérimentateurs, serait une conséquence de la rétraction des neurones de l'écorce cérébrale. On sait que les neurones du
rire setrouvent, d’après NoTHNAGEL et BECHTEREW, dans lethalamus (?) Ces neurones seraient
en rapport avec des conducteurs centripètes venus des divers points de l’organisme au thalamus et des conducteurs centrifuges venant de l’écorce cérébrale. Ces conducteurs centrifuges seraient aussi inhibiteurs, et leur interruption laisserait éclater le rire à la moindre sollicitation. C'est ce qui se passe dans les lésions du segment antérieur de la capsule interne (Bissau). En résumé le hachich est pour Biner-SANGLÉ « une substance qui a la propriété de faire se rétracter, se gonfler (macropsie) et se déformer!les neurones de l’écorce cérébrale. Il en résulte la formation de neuro-diélectriques dans les conducteurs nerveux, et une modification notable dans Ia répartition de la pression nerveuse. »
Mais, à vrai dire, toute cette théorie est extrêmement fragile.
Conclusions. — Nous avons cherché, dans ce court exposé, à présenter les données indispensables à l’étude du hachich. Qu'il nous soit permis, en terminant, d'attirer l’attention sur l’analogie remarquable qui rapproche des tares hystériques
certains phénomènes sensoriels observés au cours de l’ivresse hachichique. L'étude comparée de ces troubles, au point de vue physiologique, ne pourrait être que favorable tant à la connaissance de l’intoxication hachichique qu’à celle de l'entité clinique Hystérie, que de récents débats (Congrès de Genève, 1907) ont si peu fait progresser.
Quant au point de vue psycho-pathologique, l'ivresse psychique produite par l’intoxication aiguë due au hachich nous semble conserver un caractère absolument original. Moreau DE Tours a eu le mérite de rapprocher, en tant que contenu mental, le rêve, la folie et l’ivresse hachichique. Mais il est peut-être allé trop loin. Ce n’est pas par son seul contenu qu’on peut définir un état psychologique; et une intoxication sera toujours, à notre sens, bien différente, par son mécanisme mental, par ses éléments constitutifs et par ses principes d'évolution, d’un délire systématique quelconque ou d’un rêve normal.
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Raymond MEUNIER.
HALES (Stéphen), physiologiste et botaniste anglais (1676-1761).
Les travaux de Hazes sur la statique physiologique dans les animaux et les végétaux sont célèbres. Il a fait quantité d'expériences ingénieuses sur la circulation de la sève dans les plantes, et sur la greffe. C’est probablement lui qui, le premier, a eu l’idée d'adapter un manomètre à une artère, et de voir alors, sous la poussée artérielle, monter le sang dans ce tube à une hauteur de plus de 2 mètres. Aussi, quand on fait l’expérience sans mercure, en employant simplement un manomètre très long, se sert-on parfois de l’expression : tube de HALes.
Il a aussi tenté d'évaluer la force avec laquelle le cœur se contracte, comme BoReLLr, mais avec plus de précision que Borezui. « Trouvant, dit-il (La statique des végétaux et celle
des animaux, IT, Haemostatique ou statique des animaux, trad. franç., par DE SAUVAGES.
Paris, M DCC LXXX, p. 3), peu de satisfaction dans ce qui avait été tenté par Borezzi et autres sur ce sujet, je tâchai de trouver, par des expériences convenables, quelle est la force du sang dans les artères crurales d’un chien ».. ; et plus loin (p. 10), rapportant des expériences faites sur une jument : « Ayant mis à découvert l'artère crurale, au pli de l’aine, je la perçai, et y introduisis un tube de cuivre recourbé, et à ce tuyau j'en adaptai un autre de verre, de 9 pieds de longueur. Avant de faire l’incision longitudinale à l'artère, pour y insérer le tuyau, je l’avais liée auprès de l’aine; quand tout fut ajusté, je la déliai, et le sang commença à s’élever dans le tuyau posé verticalement, jusqu’à la hauteur de 8 pieds 3 pouces; il s'élevait par degrés inégaux; quand il eut atteint la plus grande hauteur, il y balança, montant et descendant de 2, 3, 4 pouces. Quelquefois on le voyait s’abaisser de 12 ou de 14 pouces, y balançant de même à chaque pulsation du cœur. »
C'était là une expérience fondamentale, et il est bon de la rappeler; car elle a la valeur d’un fait primordial dans l’histoire de la circulation du sang (1731).
Les autres expériences de Hazes sont toutes extrêmement ingénieuses et profondes. Il essaya de mesurer la vitesse du sang, la quantité totale de sang contenue dans le corps, et celle qu’on peut enlever sans déterminer la mort, les effets d'injection d’eau, etc.
Dans d’autres recherches, il dit que les animaux, en respirant, absorbent une certaine partie de l’air, qui se combine dans les poumons avec certains éléments du sang. C'était là l'indication du phénomène chimique essentiel de la respiration. Mais on sait que cela n’a pas été compris jusqu’à Lavoisier.
Voici les noms de quelques-uns des travaux de ce grand physicien physiologiste :
1. Statical essays. 1. Containing vegetable staticks; or an account of some statical experiments on the sap in vegetables… Also a specimen of an attempt to analyse the air by a great variety of chymostatical experiments. — II. Containing haemostaticks; or an account of some on the blood and blood vessels of animals. Also an account of some experiments on stones in the kidneys and bladder (376 et 371 pp., in-8, London, Innys, 1731-4733).
2. Trad. françaises, par Burron, en 1731 ; par Sauvaces, en 4779; allemande, par Wozrr, en 1784 (Halle); ‘éalienne, par ArnNGnezui (1756), Naples; hollandaise, en 1734, Amsterdam.
3. An account of some experiments and observations on M'S Srepnens’s medicine for dissolving the stone. To which is added a supplement to a pamphlet entitled : A view of the present evidence for and against Mrs Srepnens’s medicines, etc. (London, Woodward, 1740).
&. An account of some experiments and observations on tar water. To which is added a