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À treatise on ventilators (London, Manby

Pour la biographie de Hazes, voir Gentlemens’s Mag., et Hist. Chron. (London, 1764, XxxIV, 273-278, par COLLINSON).

HALL (Marshall) (1790-1857), médecin et physiologiste anglais.

Ses travaux physiologiques les plus importants portent sur les phénomènes réflexes. Sa théorie sur l'existence d’un système réflexe différent du système conducteur des faisceaux médullaires n’a eu qu’une existence transitoire; mais il a institué quelques expériences ingénieuses, sur l’action de là strychnine notamment, et sur les phénomènes convulsifs. :

Nous ne donnerons ici, en fait de bibliographie, que celle des travaux qui se rapportent à la physiologie.

Researches principally relative to the morbid and curative effects of loss of blood (London, Seeley et Burnside, 1830. Trad. allem., 1837).

A critical and experimental essay on the circulation of the blood, especially as observed in the minute and capillary vessels of the batrachia and of fishes (London, Seeley et Burnside, 1831).

Lectures on the nerv. syst., and îts diseases (London, 1836) (Trad. allem., Berlin, 1836).

Memoirs on the nervous system. I. The reflex fonction of the medulla oblongata ant medulla spinalis. IT. The true spinal marrow, and the excito-motory system of nerves (London. Sherwood et Gilbert, 1837).

Extract from a lecture on the nervous system, being a brief Sketch of the true spinal or exæcito-motory System, for the use of his pupils (London, Mallett, 1839).

On the diseases and derangements of the nervous system (London, H. Baillière, 1841) (Trad. allem., Leipzig, Wigand, 1842).

On the mutual relations between anatomy, physiology, pathology, and therapeutics, and the practice of medicine (London, H. Baillière, 1842).

New memoir on the nervous system (London, H. Baillière, 4843).

Essays on the theory of convulsive diseases (London, Mallett, 1848).

Synopsis of the diastaltic nervous system (London, Mallett, 1850).

On the threatenings of apoplexy and paralysis; inorganic epilepsy ;'spinal syncope ; hidden seizures ; the resultant mania, etc. (London, Longman, 1851).

Synopsis of cerebral and spinal seizures of inorganic origin and of paroæysmal form as a class; and of their pathology as involved in the structures and actions of the neck (London, Mallett, 1851). |

Prone and postural respiration in drowning and others forms of apnæa or suspended respiration (London, Churchill, 1858).

Experiments and observations relative to vision (Quartert. Journ. of Sc., v, 1818, 249- 257). — Some observations on the physiology of speech (ibid., 1825, 8-16). — On the effects of loss of blood (Med. Chir. Transact., xir1, 4827, 121-451). — On the mechanism of the act of vomiting (Quarterl. Jour. of Sc., 1828, 388-392). — On the anatomy and physiology Of the minute and capillary vessels (Roy. Soc. Proceed., 111, 1831, 45-46). — On the effects of water raïised to temperatures moderately higher than that of the atmosphere, upon Batrachian reptiles (ibid., 1831, 47-48), — An experimental investigation on the effects of the loss of blood (Med. Chir. Trans., xvn, 1832, 250-293). — Theory of the inverse ratio

which subsists between respiration and irritability in the animal Kingdom (Phil. Transact., 1832, 321-334). — On hybernature (ibid., 1832, 335-360). — On the reflex function of the medulla spinalis (ibid., 1833, 635-666, et Arch. de Müller, 1834, 374-384). — Notes of experiments on the nerves in a decapitated Turtle (Zool. Soc. Proc., 11, 1834, 92-94). — Report on progress made in an experimental inquiry regarding the sensibilities of the cerebral nerves (Brit. Ass. Rep., 1834, 676-680). — Description of a thermometer or determining minute differences of temperature (Phil. Magaz., vin, 1836. 56-58). — Ueber den Zustand der Irritabilität in den Muskeln gelähmter Glieder (Arch. de Müller, 1839, 200- 219). — Ueber die Vis nervosa (ibid., 1840, 451-466). — On the circulation in the acardiac fœtus (Edimb. Monthly Journ. Med. Sc., 111, 1843, 541-547 ; 1v, 1844, 775-716). — On the irritability of the muscular fibre, in paralytic limbs (ibid., 18:4, 655-660). — Ueber retrograde Reflexthâtigkeit im Frosche (Arch. de Müller, 1847, 486-489). — Researches into the effects of certain physical and chemical agents on the nervous system (Roy. Soc. Proc., x, 1847, 667-668; 674-675). — Sur la division du système nerveux en cérébral, spinal, et ganglionnaire (C. R., xxIV, 1847, 819-622), — Comparaison entre les effets télanoïdes des états électrogéniques et ceux de la strychnine, de la narcotine, etc. (ibid, xxiv, 1847, 1054- 1059). — Rech. exp. sur le système nerveux (ibid., xxxir, 1851, 633-634; 832-834; 879). — De l’état de l’irritabilité musculaire dans les paralysies cérébrales et spinales (ibid., xxx, 1851, 80-84). — La physiologie de l’épilepsie et de l’apoplexie d’origine inorganique (ibid., xxxv, 1852, 781-786). — Sur la physiologie des paralysies (ibid., xxx1x, 1854, 1090-1093). — Experiments on the spinal system in the alligator (Charleston med. Journ., 1x, 1854, 280-282).

HALLER (Albrecht von). — Naquit à Berne le 16 octobre 4708 et mourut dans la même ville le 12 décembre 1777.

Peu d'hommes ont exercé sur la physiologie une influence comparable à la sienne. A ce point de vue HALLER ne domine pas seulement le xvin® siècle, mais aussi le temps actuel. Hazcer s’est élevé assez haut pour avoir mérité, comme GALieN, le titre de Père de la physiologie.

Avant HALcer la physiologie n’était pas une science distincte; la publication des Elementa physiologiæ corporis humani, œuvre capitale de Hazzer, marque la date à laquelle, sans rompre ses attaches avec l’anatomie, dont elle dérive, la physiologie humaine, basée sur l’observation et sur l’expérience, s’est constituée d’une manière . autonome.

Ce premier traité de physiologie est un monument impérissable ; malgré tant de progrès accomplis depuis le temps où il fut écrit, on y retrouve, en le lisant aujourd’hui, maintes notions utiles. Il en est du traité de HAzLER comme du livre de VÉSALE : De humani corporis fabricä, ou encore comme du traité De usu partium de GALIEN, et de l'Introduction de la médecine expérimentale de CLauDe Bernar». De tels livres ne vieillissent. pas; ils portent en eux des clartés qui rayonnent, et que le temps ne peut pas obscurcir; ils sont l’expression de la vérité. Lorsqu'on y rencontre une erreur, celle-ci s'explique par les circonstances mêmes dont il est rendu compte, et le détail de ces circonstances est donné si clairement que le lecteur arrive sans peine à corriger des inexactitudes dont la cause se trouve toujours dans l'interprétation donnée aux faits, jamais dans les observations elles-mêmes.

Le génie de Hazcer fut universel; son activité s’étendit à tous les domaines de la pensée : il fut poète, littérateur, botaniste, anatomiste, médecin pratiquant, brillant chirurgien, organisateur et constructeur, administrateur et magistrat; et par-dessus tout il fut aimable et bienfaisant. Le récit de sa vie apparaît merveilleux comme une légende, à ce point que l’on se refuserait souvent à accepter les dires de ses biographes, si les preuves matérielles de leur véracité n’existaient point; fort heureusement ces preuves ont été conservées, et la bibliothèque de la ville de Berne possède à cet égard de nombreux documents dont l’authenticité ne laisse aucune place au doute.

Force nous est donc d’admettre, avec SENEBIER qui écrivit l'éloge de HazLer en 1718, que les merveilleuses aptitudes du futur physiologiste bernois se révélèrent dès l’âge le plus tendre; enfant, il faisait aux domestiques de la maison de petites conférences sur des sujets tirés de la Bible; à dix ans il composait des vers qui n'étaient pas dépourvus de valeur littéraire; il cultivait les langues et s’était fait un dictionnaire pour le grec et

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pour l’hébreu, avec une grammaire chaldaïque ; annotant avec le plus grand soin tous les livres qu'il lisait, versifiant avec facilité, le jeune HaLLer s’orienta vers la littérature et vers la poésie; sans doute il aurait persévéré dans cette voie sans songer à la médecine, si des circonstances extérieures n’en avaient décidé autrement; à quatorze ans, HaALcer, qui depuis un an avait perdu son père, fut mis en pension à Bienne, chez le D' Neuxaus, savant médecin qui l’initia aux sciences naturelles et particulièrement à la botanique.

Parmi les détails notés par les biographes, il en est qui révèlent chez HazLer la précocité du caractère autant que celle de l'intelligence : à treize ans HALLER aurait refusé d'apprendre la physique cartésienne, et son premier précepteur, ABRAHAM BAILLOD?, homme de caractère sombre et mélancolique, aurait eu à subir les satires de son élève. Qui sait dans quelle mesure le fait d’avoir eu d’abord un maître antipathique n’a pas contribué à accentuer chez Hazcer les tendances autodidactes qui le portèrent à observer par lui-même et à ne pas s’en rapporter aux enseignements classiques ?

A quinze ans, décidé à étudier la médecine, Hazzer se rendit à Tubingue, il y apprit l'anatomie sous d’excellents maîtres tels qu'Ecre Cassurarius et GEORGES DuveRNois. Un anatomiste de Halle, nommé GEorGces DANIEL Coscawirz, avait cru découvrir un conduit salivaire à la partie postérieure de la langue. Hazrer ayant entrepris des recherches sur ce sujet, DUVERNOIS se joignit à son HE ue pour démontrer que ce prétendu conduit n'existait ni chez l’homme, ni chez les quadrupèdes.

En 1725 Hazcer s'inscrit à l’Université de Leyde; BoERHAAvE y professait la médecine et la botanique; AzBINuUS, tout jeune encore, y enseignait l’anatomie, et Ruyscx, âgé alors de quatre-vingt-sept ans, y donnait le merveilleux exemple d’une activité scientifique inlassable. Animé par de si beaux modèles, HAzLerR travailla avec tant d’ardeur que sa santé s’en ressentit, cependant, dès 1727, il avait conquis le titre de docteur; 1l avait choisi pour sa thèse le sujet déjà étudié à Tubingue avec Duvernois; il fit voir dans des préparations et des dessins très exacts que le soi-disant conduit excréteur décrit par Coscuwrrz était en réalité un vaisseau sanguin. Les observations de Hazzer furent confirmées par WALTHER et par HEISTER.

Aussitôt après avoir pris ses grades, Hazzer quitta la Hollande pour voyager en Angleterre ; il visita les hôpitaux de Londres, se familiarisa surtout avec la pratique de la chirurgie, fréquenta Hans SLoane, DoucLas et CHESELDEN. Puis il vint à Paris où les GEorrRoY, les pe Jussieu, Le Drou, et surtout WixsLow, le retinrent pendant plusieurs mois; HALLER admirait profondément Wixscow, et souvent, dans la suite, il le proposa comme modèle à ses élèves, parce que, disait-il, ce grand anatomiste avait horreur de l'esprit de système et se bornait à peindre fidèlement ce que lui révélaient ses habiles dissections.

Après six mois de séjour Hazcer fut obligé de quitter Paris par suite d’une circonstance imprévue, et alors qu'il aurait voulu y rester plus longtemps : un de ses voisins, incommodé par ses dissections, dénonça HaLcer à la police; le jeune anatomiste, ne se croyant plus en sûreté, s’enfuit à Bâle. C’est là qu’en 1728 il rencontra JEAN BERNOUILLI qui lui apprit la géométrie; séduit par cet enseignement, HALLER, dans son enthousiasme pour ce qu’il considérait comme la suprême vérité, faillit renoncer à la médecine pour s'attacher aux mathématiques.

Revenu à Berne en 1729, HazLer se livra à l'exercice de la médecine tout en poursuivant ardemment ses études scientifiques; si nous devons en juger par les publications datées de cette époque, l’activité de HaLLer n’était pas concentrée encore sur la physiologie ; la poésie, la botanique, l’anatomie, la littérature et la philosophie l’occupaient tour à tour; la poésie surtout: le célèbre recueil Versuch schweizerischen Gedichte, qui eut trente-neuf éditions et traductions diverses, date de 1732.

Cependant, en 1734, on refusa à Hazcer la place de médecin de l'hôpital de Berne, qu'il avait sollicitée; il n’eut pas plus de succès dans sa candidature à une chaire de belles-lettres; mais on lui permit d'enseigner l’anatomie dans l’amphithéâtre de la ville. En 1735, ayant été nommé chef de la bibliothèque publique de Berne, il dressa un catalogue raisonné de tous les livres qu’elle contenait, et rangea, suivant leur ordre chro-

nologique, plus de cinq mille médailles anciennes.

Bien qu’il eût obtenu, en cette même année 1735, la place de médecin de l'hôpital

qui lui avait été auparavant refusée, HarLer accepta, en 1736, la chaire d'anatomie, de . botanique et de chirurgie que lui offrait, à Gôttingue, la régence de Hanovre. La pro-

messe qu'on lui fit de subvenir à toutes les dépenses nécessaires pour l'exécution des

grands projets qu'il avait formés en vue de l’organisation de l’enseignement l’engagea

sans doute à cette expatriation ; l'Université de Gôttingue venait d’être fondée par le roi d'Angleterre Grorces IT, électeur et duc de Hanovre; HALLER y instaura d'une manière très complète l’enseignement médical, tant anatomique que clinique, en même temps que l’enseignement botanique.

HALLER passa dix-sept années à Gôttingue; son labeur y fut immense : « on a peine à concevoir, dit Cuvier, la rapidité avec laquelle il put, au milieu de tous ses travaux et de son triple enseignement, faire paraître tant d'ouvrages, de commentaires et d’éditions d'auteurs avec préfaces, se livrer à tant de discussions et de polémiques et en même temps recueillir les matériaux d'ouvrages encore plus importants. » |

C'est à Gôttingue, en 1747, que fut publié par Hazcer le premier traité de physiologie qui ait vu le jour. On sait à quel point la physiologie avait été jusque-là l’humble servante de l'anatomie, et il n’est point sans intérêt à ce point de vue de relever et de comparer entre eux certains passages des préfaces successives écrites par HALLer dans les éditions de son premier petit traité intitulé: Primæ lineæ Physiologiæ in usum prælectionum academicarum.

Disons d’abord qu'HALLer était resté fidèle aux enseignements de BOERHAAYE ; utilisant les textes et les commentaires qu'il avait recueillis pendant son séjour à Leyde, HALLer expliquait chaque année à ses élèves les Institutiones de BoErHAAvE. Il publia même, en 1739, le résumé des leçons qu'il avait données pendant les trois années précédentes, sous le titre de Hermanni Boerhaave prælectiones academicæ. Les notions de clinique, d'anatomie et de physiologie se trouvant confondues dans cet ouvrage, HALLEr, dont l’esprit méthodique devait nécessairement souffrir d’une telle confusion, entreprit d'écrire une sorte de compendium d'anatomie et de physiologie. Déjà il avait contribué à l'anatomie par la publication d’un atlas, commencé en 1743 et contenant des gravures faites d’après les pièces d’anatomie les mieux préparées pour ses leçons; puis il avait publié des observations sur les monstruosités et sur divers sujets d'anatomie.

Dans le traité de 1747, c’est la physiologie qu'il aborde, comme son titre l'indique. Dans la première préface se trouve la définition souvent citée : Physiologia est animata anatome !. Elle est évidemment d’une timidité voulue et d’une adroïte diplomatie : HALLER veut faire accepter par les anatomistes la physiologie telle qu’il la comprend; il sait qu'ils sont nombreux encore, les savants qui pensent que la fonction des parties ne peut se déduire que de leur structure, et, pour ouvrir la voie expérimentale, pour s’y engager comme l'avaient fait avant lui GALiEN, Harvey et quelques autres, il ne veut rien brusquer; grâce à son petit livre, l'évolution va se faire, les partisans de la physiologie expérimentale vont devenir de plus en plus nombreux, si bien que, sans tarder, une deuxième édition deviendra nécessaire.

La préface de cette deuxième édition est un peu plus hardie; cependant HALLER n'ose pas déployer encore, comme il le fera plus tard, le drapeau de la physiologie autonome; mais il réduit la partie anatomique de son livre, et accorde une plus grande place à la physiologie : Detraxi, ex amicorum consilio, nonnihil de ubertate anatomicarum descriptionum.…. addidi physiologica aliqua nuper comperta ?.

En réalité les primæ lineæ sont un traité de physiologie très méthodiquement ordonné, dont onze éditions et traductions successives démontrèrent la valeur.

Le caractère dominant de ces écrits, comme du reste de tous les écrits de HALLER, est l’'étonnante richesse de la documentation : lorsque HALzer traite un sujet, il l’épuise en ce sens qu'il en donne la bibliographie complète avec des aperçus critiques d’une pro- À fonde justesse. Ainsi les Prælectiones ne sont pas seulement un intelligent commentaire des leçons de BoERHAAvE, mais une œuvre nouvelle où se trouvent indiquées toutes les

1. « Erunt, qui objiciant meram me scripsisse anatomen. Sed Physiologia est animata anatome. » Préface datée du 21 septembre 1741.

2. Préface datée du 24 avril 4751. ALBERTI V. HALLEr primæ lineæ Physiologiæ in usum

præleclionum academicarum, auctæ et.emendatæ, Gottingæ, ap. viduam Ab. Van den Hœck,

“sources auxquelles BoERHAAVE avait puisé; de même l'important ouvrage publié par

HazLer en 4742 — Enumeratio methodica slirpium Helvetiæ indigenarum — ne contient pas

seulement la description de deux mille cinq cents espèces de plantes appartenant à la

Suisse, mais aussi un exposé botanique très complet comprenant l’analyse de tout ce qui a été antérieurement écrit sur la flore des Alpes.

Comme le dit un des biographes de Hazcer !, l'apparition des Primæ lineæ Physiologiæ annonça au monde médical que désormais la physiologie serait une science positive.

Cependant la merveilleuse activité de HALLER se manifestait encore à Gôüttingue de mille autres facons : par ses conseils, la régence de Hanovre construisit un bel amphithéâtre d'anatomie; on établit un jardin botanique et on bâtit dans son voisinage une maison à HALLER pour lui en faciliter la direction. L'Université lui dut la création d’une - école où les élèves s’exerçaient à faire des dessins anatomiques et botaniques, l’établissement d'un cabinet de préparations d'anatomie normale et pathologique, l’organisation d’un collège de chirurgie dont il fut directeur, enfin une école pour les sages-femmes. C’est encore à l'initiative de HALLER que remonte la création de la Société royale des - sciences de Gôttingue, dont il fut président et qui est restée depuis une des académies - les plus célèbres de l'Europe; il fut également le fondateur du journal littéraire de Gôt- tingue, que son active collaboration maintint longtemps au premier rang des recueils de ce genre.

Hazcer connut à Gôttingue les joies que doit éprouver un homme supérieurement intelligent auquel les circonstances permettent de réaliser la grande œuvre qu'il a -rêvée; son.influence dès cette époque s’étendit sur le monde scientifique tout entier; les sociétés savantes se disputaient l’honneur de le compter parmi leurs membres : en 1734 il avait été nommé membre de l’Académie d'Upsal: en 1739 il devenait membre - de la Société allemande de Leipzig : la même année il recevait le titre de médecin du roi -d’Angleterre : en 1743 11 entrait à la Société royale de Londres, et bientôt après on lui offrait une chaire de botanique à Oxford (1748) en même temps qu’à Utrecht.

En 1749 il fut nommé conseiller d'État du roi d'Angleterre, et des titres de noblesse héréditaires lui furent conférés.

HALLER avait épousé, en 1731, Marianne Wyff, fille du seigneur de Malhod; il eut la douleur de la perdre à Gôttingue, dans un accident de voiture où lui-même faillit périr; c’est à elle qu'il dédia ses poèmes sous les noms de Dorès et Marianne ; il se remaria une première fois en 1738, une seconde fois en 1741; de sa troisième femme HALLER eut onze enfants.

Il s'était attaché profondément à l’Université de Gôttingue, et comptait finir ses jours dans sa nouvelle patrie. Cependant, au mois de mars 1753, contrairement à toute prévision, 1l quitte cette Université dont il avait assuré la naissance et dont il faisait la gloire; ‘il rentre dans $on pays. On a discuté les causes qui le décidèrent à revenir à Berne : il supportait mal, dit-on, l'humidité du climat de Gôttingue : il désirait disposer de plus de temps pour l'achèvement des grands ouvrages qu’il avait entrepris. Pourquoi d’ailleurs ‘chercher à cette décision d'autre motif réel que l'amour du sol natal, si RACINE ancré au cœur du poëte des Alpes?

Certes ce n’est pas le désir de se reposer qui ramène HALLER vers son pays; car son activité semble grandir encore : à peine est-il redevenu citoyen de Berne qu'on le voit occuper les places les plus importantes dans le gouvernement, et assumer les charges les plus lourdes dans l'administration de la cité : direction du conseil de la ville, direction des salines de Roche, direction du bailliage d’Aigle, etc., etc. HALLER fut choisi comme arbitre entre le Valais et la République, entre Genève et Berne; il fonda un hospice pour les orphelins, une école pour la jeunessé patricienne, il publia différents traités d'économie politique, mais surtout il acheva l’œuvre capitale de sa vie, la rédaction des Elementa physiologiæ corporis humani.

« Jamais en aucun temps et dans aucune science on ne vit paraître un traité qui représentât d’une manière aussi complète tous les faits observés, toutes les notions

acquises ; qui füt aussi dégagé de tout esprit d’hypothèse, et dont l’auteur, aussi érudit

1. Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne, par Dezæimeris. Art. HALLER.

que savant, se fit un devoir et fut en état, comme HALLER, de rapporter chaque découverte, chaque remarque utile, à son auteur. »

HaLcer avait dans l’esprit trop de précision et de clarté pour se laisser leurrer par les systèmes; il décrit Les faits avec une exactitude presque naïve, il les discute avec sin-

cérité et sans idée préconçue, il établit sur la base solide de l’observation et de l’expé-

rience les vérités acquises. Son livre est une stèle grandiose dressée en plein xvin® siècle, actant le présent, résumant le passé.

Dans son introduction, datée du 27 avril 1757, Hazzer nous fait la confidence de plus d’un secret de sa vie; et d’abord, particularité digne d’être notée, dès les premières lignes, il se réclame de Bacon, aux idées duquel il rattache le plan de son ouvrage; puis il confesse la prédilection qu’il a toujours eue pour la physiologie. « Quando vero ad hunc librum scribendum accessi, dudum in physiologicis laboribus majorem partem vitæ meæ posueram. » Il veut que celle-ci soit établie sur les connaissances anatomiques les plus approfondies : ceux qui veulent séparer la physiologie de l’anatomie, dit-il, sont aussi absurdes qu'un mathématicien qui voudrait calculer la force d’une machine dont il ne connaît ni les rouages ni la matière. Mais il ne suffit pas d’être anatomiste pour faire de la physiologie : ni PEcQuET, ni HormaAnN, ni aucun des anatomistes les plus célèbres n’ont découvert le cours du sang, ni décrit le mode de réfraction des rayons lumineux dans l’œil, ni même connu le fait de l'absorption par les chylifères.. L'anatomie ne suffit pas : pour constituer la physiologie il faut avoir expérimenté sur les animaux! « Verum minime sufficeret cadavera dissecuisse : viva incidisse necesse est. » Donc il faut des vivisections. HazLer insiste dans les termes suivants : « À cadavere motus abest, omnem ergo motum in vivo animale speculari oportet.

Sed in motu animali corporis interno etexterno tota physiologia versatur. Ergo ad sanguinis

circuitum, ad ejus subtilitates motus perpiciendos, ad respirationem, ad incrementa corporis et ossium, ad intestinorum reptatum et chyli iter intelligendum, absque vivorum animalium strage nihil omnino profici potest : unicum sæpe experimentum integrorum annorum laboriosa figmenta refutavit. »

Réduire la physiologie aux travaux externes et internes, déclarer qu'une seule expé-

rience suffit souvent pour faire écrouler tout un système de raisonnements acquis,

n'accepter d’autres bases que l’observation et l’expérience, exiger enfin que l’on étudie la vie dans les organismes vivants, n'est-ce pas tout le programme de la physiologie moderne? HALLer ne se borne pas à développer ce programme : il le réalise.

La parenté intellectuelle qui rattache HaLzLer à Bacon apparaît dans plus d'un passage,'et surtout lorsqu'il s’agit de la méthode expérimentale, dont HAzLER énonce les principes : « Oportet alisque præjudicio ad opus venire, non eo animo ut videas quæ classicus auctor descripsit, sed ed cum voluntate ut ea videas quæ natura fecit.… Nullum unquam experimentum, administratio nulla, semel debet institui; neque verum innotescit, nisi ex constante repetitorum periculorum eventu. Plurima sunt aliena quæ se in experimenta immiscent; discedunt ea ‘in repetendo, ideo quia aliena sunt, et dura supersunt quæ ideo perpetus similiter eveniunt quod ex ipsa rei natura fluant. »

Une seule expérience peut donc suffire parfois à faire écrouler tout un système; mais, pour établir une vérité, une seuleexpérience ne suffit pas : il faut répéter les expériences pour éviter les causes d’erretr.

HazLer est un observateur transcendant et un expérimentateur; il se défie de l'imagination. On trouve dans sa correspondance avec CnaRLEs BonNEer le passage suivant : « [y a deux classes de savants : il y en a qui observent souvent sans écrire, il y en a aussi qui écrivent sans observer. On ne saurait trop augmenter la première de ces classes, ni peut-être trop diminuer la seconde... Une troisième est plus.mauvaise encore, c’est celle qui observe mal! »

À propos des rapports qu'il convient d'établir entre la physiologie et les sciences physico-chimiques, HazLer trace aussi un programme excellent : la chimie, pour lui, est une sorte d'anatomie : « Chemia species quædam est anatomes. » Mais il ne faut jamais perdre de vue que les procédés mêmes de la chimie modifient les produits obtenus, neque imprudenter decet recipi eos in nostris humoribus fuisse quos ignis

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