‹ Dictionnaire de physiologie (volume 2)Chapitre 59 sur 212 · GRAND DIAMÈTRE PETIT DIAMÈTRE · texte numérisé non relu

GRAND DIAMÈTRE PETIT DIAMÈTRE

HSTUPYRON EN RES AU Er Te LR 13.4u 10.4u WELKER

DY DIT SICLAUS ETES TEE TPE 13.11 8u —

Lepidosiren annectens . . . ... . …. . Alu 294 4

Seuls font exception la lamproie et l’ammocète, dont les globules nucléés sont des disques ronds biconcaves. D’après DEekauyzen, leur forme n'est M discoïdale, mais cupuliforme.

| PetroMYZON. MAL EE NE NEUTRE 154 Ammocætes branchials M EE 11.7p

Le nombre par millimètre cube varie de 700 000 à 200 000.

Tant au point de vue du nombre des globules rouges qui sont contenus dans un millimètre cube de sang qu’au point de vue des dimensions de ces globules, il existe donc des variations très étendues dans la série des vertébrés. Cette constatation est d'autant plus intéressante qu’elle s'oppose en quelque sorte à la constance beaucoup plus grande de la teneur du sang des vertébrés en hémoglobine :

Si l’on représente par 1 la richesse en hémoglobine du sang de l’homme, il faudra représenter celle du pigeon par 1.1; des reptiles, par 0.8; de la grenouille, par 0.7; du triton, par 0.4; du protée, par 0.9.

Ce qui diffère d’un vertébré à l’autre, ce n’est donc pas tant la teneur, sensiblement constante, de son sang en hémoglobine, c’est plutôt l’étendue de la surface de contact de cette hémoglobine endo-globulaire avec le liquide ambiant. Cette étendue sera d’autant

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plus grande que les globules sont moins volumineux; et, à égalité de volume des globules, elle augmentera si les globules sphériques se font aplatis, biconvexes ; elle atteindra son maximum si, de biconvexe, leur forme devient biconcave.

A ce double point de vue (volume et forme) les conditions qui déterminent l'étendue de la surface de contact des globules rouges avec le plasma du sang, sont réalisées de la facon la plus favorable chez les mammifères. Tout est disposé dans les globules rouges de ces animaux de facon à rendre le plus rapides possible les échanges respiratoires entre le liquide sanguin et eux.

Quant à la perte du noyau, elle est une disposition favorable, puisqu'elle débarrasse la cellule d’un poids mort. Le noyau des globules rouges et des érythroblastes est privé d'hémoglobine. En tant qu'organe présidant au mouvement de nutrition ascendante, anabolique, il est nécessaire pendant la période de multiplication des érythroblastes, pendant l'élaboration de l’hémoglobine. La cellule rouge une fois chargée de son pigment, il devient inutile. Désormais la cellule ne fonctionnera plus dans la physiologie de l'organisme que grâce à l’hémoglobine qu’elle contient. Le protoplasma des cellules rouges adultes est un protoplasma arrivé au terme de son évolution, qui ne présente plus aucune des propriétés réellement distinctives de la matière vivante (irritabilité, nutrition). La présence dans la cellule du noyau inutile privé d’hémoglobine ne peut avoir d'autre conséquence qu’une augmentation du poids de celle-ci, circonstance défavorable quand il s’agit d'éléments destinés au mouvement continu. C’est donc encore un ps nent pour l’hématie des mammifères que la perte de son noyau.

Étude histologique de l’hématopoièse, — Nous nous bornerons à indiquer ici les généralités les mieux établies, renvoyant pour les détails aux traités et mémoires spéciaux.

Chez l'embryon des vertébrés, les vaisseaux et les globules rouges du sang ont une ébauche commune, les îlots vasculaires, qui apparaissent très tôt dans le cours du développement, et qui siègent entre la splanchnopleure et l’hypoblaste.

On discute encore au sujet de l’origine de ces îlots vasculaires. Tandis que les uns admettent qu’ils sont de nature mésodermique {Z1EGLER pour tous les vertébrés, Van DER STRICHT pour les sélaciens et mammifères, BracHET pour les amphibiens), les autres les font dériver de l’endoderme (Sw4AEN, on VS LUE les sélaciens, Duvaz pour les oiseaux et les mammifères).

Chez tous les vertébrés, les îlots vasculaires se forment en différents points de l’œuf et sont primitivement isolés. Plus tard, grâce à leur développement et à l’émission de bourgeons latéraux, ils se mettent en rapport les uns avec les autres, ils se fusionnent et constituent bientôt un réseau de tubes primitivement pleins.

Ces tubes n'ont pas en tous les points une évolution identique. Chez les vertébrés à œufs méroblastiques (sélaciens, reptiles, oiseaux, mammifères) à l'exception des téléostéens, une partie du réseau sanguin extra-embryonnaire (aire vasculaire) évolue différemment de la portion intra-embryonnaire. Dans la première, les cellules périphériques des boyaux sanguins s’aplatissent de façon à constituer l’endothélium vasculaire, tandis que les cellules centrales se libèrent les unes des autres, deviennent mobiles dans le vaisseau élargi et constituent dorénavant les cellules du sang embryonnaire, aux dépens desquelles se formeront les futurs globules rouges. Dans le réseau intra-embryonnaire, toutes les cellules du boyau plein se portent à la périphérie du tube et servent à VPédification de l’endothélium, En cette partie de l’appareil circulatoire ne se forment donc pas de cellules libres du sang embryonnaire. Chez les téléostéens seuls, cette différenciation du réseau sanguin en deux parties n’existe pas, et le réseau vasculaire subit dans son ensemble l’évolution limitée à l’aire vasculaire chez les autres vertébrés à œufs méroblastiques.

. Chez les vertébrés à œufs holoblastiques (cyclostomes, amphibiens), il y a également formation de cellules embryonnaires du sang en une partie limitée du réseau vasculaire qui correspond à la région ventrale de l’hypoblaste vitellin, partie considérée comme l’homologue de l'aire vasculaire des œufs méroblastiques.

Une fois isolé, le système sanguin se suffit à lui-même : il se développera par la prolifération de ses éléments constitutifs. L'endothélium des vaisseaux nouveaux se for-

268 HÉMATIES,.

mera par bourgeonnement de celui des vaisseaux préexistants. Les globules rouges, qu'ils soient nucléés ou privés de noyau, dériveront exclusivement des cellules du sang embryonnaire, qui très rapidement se chargent d’hémoglobine et prennent dès lors le nom d'érythroblastes.

Ranvier à décrit anciennement une formation de globules rouges aux dépens du protoplasma central des pointes d’accroissement vasculaires. D’autres auteurs (KuBoRN) ont décrit un processus sangui-formatif analogue à l’intérieur de grosses cellules multi-nucléées, qui existent dans le foie embryonnaire et qui sont aussi, d’après eux, des bourgeons de l’endothélium vasculaire. La majorité des histologistes qui ont étudié ces faits dans les derniers temps (SPULER, VAN DER STRICHT, Fucxs, Parpi) en ont donné une tout autre interprétation. D’après eux, ces formations cellulaires, loin d’être des producteurs de globules, joueraient vis-à-vis d’eux un rôle destructeur, de phagocytose. Elles sont des parties de réseaux capillaires qui se sont isolées de la circulation générale, et dans lesquels on observe des phénomènes régressifs, plutôt que progressifs.

D'autre part, l’opinion de Hayem et Poucxer, d’après laquelle les plaquettes sanguines, en se chargeant d’hémoglobine, se transformeraient en hématies, n’a pas rencontré d’adhérents.

Il semble donc qu’en se plaçant au point de vue de l’ontogénie des vertébrés on puisse dire d’une façon définitive que, chez tous et pendant tout le cours de l’évolution de chacun d’eux, il n’existe qu’une seule espèce d’éléments producteurs de globules rouges, les cellules libres du sang embryonnaire. Mais, si l’accord semble, à de rares exceptions près, définitif sur cette proposition générale, il existe de nombreuses divergences dans le détail. Il est certain qu’on peut constater chez tous les vertébrés, très rapidement, après la libération des cellules du sang embryonnaire, que la plupart de celles-ci se sont chargées d’hémoglobine, tout en restant sphériques. D’après BizzoZERO et ses élèves, ce sont exclusivement ces cellules nucléées, sphériques, chargées d’hémoglobine, qui donneront ultérieurement naissance aux hématies nucléées des vertébrés inférieurs, aux hématies anucléées des mammifères. Chez les premiers les cellules, primitivement sphériques, prennent à un moment donné la forme discoïdale et cessent de se multiplier; leur noyau est devenu homogène. Chez les seconds, la transformation morphologique est plus complète. Il en sera parlé plus loin.

Mais, ni chez les uns ni chez les autres, la transformation en globules rouges définitifs ne porte sur toutes les cellules du sang embryonnaire. Pendant toute l’évolution de chaque vertébré, il existe des cellules rouges nucléées qui restent à la phase de multiplication, se divisent par voie indirecte et assurent donc ainsi la production indéfinie des hématies adultes.

Tandis que BrzzozEr0 et ses élèves n’admettent pas d’autres générateurs d’hématies que ces cellules rouges nucléées, beaucoup d’autres auteurs supposent que chez l'animal adulte l’hématopoièse peut s’alimenter à d’autres sources. Cette opinion a été soutenue tout d’abord par NEUMANN, qui fait dériver les cellules rouges nucléées des éléments lymphatiques du sang ou de la moelle osseuse. FEuERsrTocx voit une série continue de termes de transition entre globules blancs et globules rouges chez les amphibiens et les oiseaux. PaprenHEIN fait dériver les hématies des leucocytes basophiles.

D’après Lôwir, il y aurait chez le vertébré adulte des cellules-souches d’hématies futures, qui seraient privées d’'hémoglobine; il les appelle érythroblastes. Elles seraient différentes des cellules-mères de leucocytes futurs, les leucoblastes, et par la structure du noyau et le mode de division. Denys, Van per Srricur professent une opinion analogue.

Neumann admet les érythroblastes de LüwiT, mais les fait dériver, concurremment avec les leucoblastes, d’une seule souche. H. F. Müzrer, Saxer et d’autres ont soutenu la même opinion. |

En résumé, la question en litige se pose donc comme suit :

D’après ete et ses a nte les cellules embryonnaires du sang se sont toutes chargées d’hémoglobine à une époque reculée du développement. Une partie d’entre elles se sont transformées en hématies définitives, d'autre restent capables de multiplication. Elles continuent à donner naissance pendant toute la vie qe vertébré à des hématies de nouvelle formation. >

Dans l’autre opinion, qui est la plus généralement acceptée, les cellules embryon-

naires du sang ne se sont pas toutes chargées d’hémoglobine. Certaines ne se sont pas différenciées et peuvent ultérieurement produire et des cellules-souches de globules rouges et des cellules-souches de globules blancs.

Comme on le voit, le problème se rattache intimement à celui, qui est encore très discuté, de l’origine des globules blancs. Tous deux recevront probablement leur solution le même jour.

Il reste à examiner deux autres questions : Comment et où se fait la transformation des cellules rouges nucléées en hématies définitives?

Nous avons vu comment elle s’opérait chez les vertébrés à hématies nucléées. Chez les mammifères, la transformation est plus profonde. Aussi existe-t-il des désaccords entre les auteurs.

Pour Marassez, les hématies non nucléées seraient des bourgeons détachés des cellules rouges nucléées. D’après d’autres auteurs (KôLLIKER, ELIASBERG, SANFELICE, SPuLER, Lôwir, ISRAEL, PAPPENHEIM, etc.), la transformation de la cellule en hématie serait la conséquence de la disparition par dissolution graduelle du noyau (karyolyse).

Enfin l'opinion la plus accréditée (RinprLeiscn, Bizz07Er0, HOwELL, VAN DER STRICHT, SAxER, KOSTANEGCRI, MELISSENOS, MaAxiMOW, ASCHHEIM, Dominici, ALBRECHT, PARDI, etc.) veut que la cellule rouge se débarrasse mécaniquement de son noyau qui est véritablement expulsé du corps de la cellule. Ce dernier se transforme ensuite rapidement en hématie active. Cette dernière opinion à pour elle que cette expulsion est un fait certain qui a été observé sur le vivant par plusieurs auteurs (RixprLeisca, VAN DER Strict, WEIDENREICH), et dont il existe des images très nettes dans les préparations fixées. Il est donc avéré que des érythroblastes perdent leur noyau. Mais on discute sur la signification de ce phénomène, qui est considéré par quelques-uns comme étant de nature pathologique. Actuellement, on n’admet plus l’opinion de RiNprLEIscH, partagée par Exrzicx, d’après laquelle le noyau expulsé s’entoure d’une nouvelle couche de protoplasme, redevient un érythroblaste. HoweLL a insisté sur la condensation chromatique qui précède régulièrement l'expulsion du noyau. Cette condensation ou pycnose est considérée actuellement comme une dégénérescence, une atrophie {WEIDENREICH, JoLLY). Or les noyaux expulsés sont toujours des noyaux pycnotiques (Van per STricat). Après leur expulsion, ils sont rapidement appréhendés par les leucocytes et les cellules endothéliales, et ils sont détruits par eux (VAN DER STRICHT, KosTanEcKi1). Il semble également établi par les recherches concordantes de plusieurs auteurs {(PAPPENHEIM, WERTHEIM, JÜNGER, ALBRECHT, JoLLY, WEIDENREICH) que ces noyaux pycnotiques bourgeonnent et se fragmentent. Il est possible que certains de ces fragments, les plus gros, soient expulsés, tandis que les plus petits persistent pendant un certain temps dans l’hématie (hématies ponctuées de Jozzy) et disparaissent par fusionnement avec le protoplasme (WernenrEicu, Joy). Cette opinion, qui fait de la dégénérescence nucléaire le phénomène capital, du mode de disparition, l'accessoire, établit une transition entre les deux théories précitées.

Il ne faut pas confondre avec ces débris nucléaires les nombreuses granulations très fines, colorées par les matières basiques, que peuvent contenir les hématies de l’homme dans certaines conditions pathologiques, et que l’on fait apparaître expérimentalement chez l’animal. Cette anomalie de la coloration des hématies par les couleurs d’aniline a été appelée polychromatophilie. Pour certains auteurs, les granulations basiques des hématies polychromatophiles seraient un élément normal, elles constitueraient les résidus de la karyolyse qui se produit lors de la transformation de l’érythroblaste en érythrocyte. Cette conception a rencontré peu d’adhérents parmi les cytologistes qui se sont occupés spécialement du globule rouge. Actuellement, les opinions sont très partagées sur la signification de cette polychromatophilie, qui est généralement considérée comme l’expression d’une dégénérescence de l’hématie (EnrLicH).

Après avoir étudié les apparences cytologiques de l’hématopoièse, il reste à établir où elle se produit.

D’après Van per Srricur, les cellules rouges nucléées se localisent de préférence dans les organes où les capillaires sont larges, nombreux, et le cours du sang ralenti.

Au cours du développement des vertébrés, on les trouve primitivement chez tous dans l'aire vasculaire; plus tard dans le foie, la rate; enfin dans la moelle osseuse. Chez l'adulte, la dernière constituerait l'organe hématopoiétique, sinon exclusif, du moins

270 HÉMATIES.

fortement prédominant, chez les vertébrés supérieurs à partir des amphibiens inclus.

En ce qui concerne spécialement les mammifères adultes, les travaux de B1zzoZERo et ceux de NEuMANN ont établi la grande signification de la moelle osseuse comme organe d’hématopoièse. Le seul organe auquel certains savants croient pouvoir accorder une activité de même nature est la rate.

D’après d'anciennes observations de Funke et de MALAssez, on peut trouver dans la rate, chez des animaux qui réparent des pertes de sang, des cellules rouges nucléées. Le fait en lui-même n’a pas grande importance, si l'on songe que, dans les mêmes conditions, on rencontre ces éléments dans le sang en circulation (NEUMANN).

Ce qu’il faudrait établir, c’est la formation de cellules rouges aux dépens d'éléments préexistants de la rate. C’est ce que croient avoir observé Lôüwir, Masscow, Dominicr.

Il a été établi de facon certaine par ces auteurs que la rate des mammifères peut présenter une réaction myéloïde, c’est-à-dire qu’on peut rencontrer dans sa pulpe et même dans son tissu propre des amas cellulaires qui comprennent tous les éléments caractéristiques de la moelle osseuse. Mais il est bien difficile de savoir si ces éléments se sont produits aux dépens du tissu propre de la rate ou s’ils ne sont pas plutôt dérivés de cellules venues de la moelle osseuse, apportées par le sang, qui ont essaimé dans la rate (EHRLICA).

Ce qui est avéré, c'est que la rate normale ne contient pas ces éléments. On peut donc certifier qu’à l'état normal tout au moins, la rate n’est pie un green hématopoiétique.

La méthode expérimentale n’a pas fourni sur ce point de résultats plus nets que l’observation simple.

Après splénectomie chez le chien, Nicoras et Dumouzin constatent une hypoglobulie notable avec diminution parallèle de la teneur du sang en hémoglobine. HARTMANN et Vaquez avaient fait des observations analogues chez l’homme dans les mêmes conditions (1897). à

D’après Poucet, GAULE, les animaux dératés réparent aussi facilement que les normaux leurs pertes sanguines. LAUDENBACH à eu des résultats opposés. DAnILEWSKy et SELENSKY ont produit une augmentation du nombre des globules et de la teneur en hémoglobine par injection d’un infusé ou d’un décocté de rate. Le produit actif serait la lécithine.

Encore ici, on n’est pas arrivé à des conclusions bien nettes, et il importe d'attendre de nouveaux résultats. :

Numération des globules rouges. — Ce fut Vierorpr (1852) qui le premier ci l’idée d'apprécier la richesse d’un sang au nombre de ses globules. La méthode de numération employée par Virorpr était très primitive. Elle consistait à aspirer le sang dans un tube capillaire, à déterminer au microscope le diamètre et la hauteur de la colonne sanguine de facon à pouvoir calculer le volume et à diluer le sang dans une goutte d’une solution conservant les globules (sérum, solutions sucrées ou salées) et étendue en couche mince sur une porte-objet. On desséchaitrapidement, et l’on comptait les globules en s’aidant d’un micromètre quadrillé.

En 1855, Crauer eut l’idéé de mesurer les globules, non plus en surface, mais par volume dans des espaces microscopiques de dimensions connues. C’est la méthode qui est encore actuellement employée, avec divers perfectionnements par PoTaIN, MALAssez, Haven et Nacner, THoma et Zeiss.

L'appareil et la méthode de Mazassez sont décrits comme suit dans le traité de RANVIER :

Il faut d’abord faire usage d’un sérum artificiel destiné à diluerle sang, tout en évitant de produire des modifications des globules qui les rendraient méconnaissables.

Ce sérum est ainsi composé : Solution de gomme arabique donnant au pèse-urine une densité de 1.020, 1 volume. Solution de sulfate de soude et de chlorure de sodium en parties égales donnant également une densité de 1.020, 3 volumes.

Ce sérum, mélangé au sang, n’altère pas beaucoup les globules: en tout cas, il les maintient dans une forme nette pendant un temps suffisamment long pour qu’on puisse aisément les compter. L’appareil complet de Marassez se compose d’un mélangeur et d’un capillaire artificiel. Le mélangeur est un tube capillaire de verre pré-

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sentant sur son trajet, au voisinage de l’une de ses extrémités, une dilatation ampullaire, dans l’intérieur de laquelle a été placée une petite boule de verre. La longue portion de ce tube capillaire a une longueur telle que son volume intérieur se trouve être une fraction déterminée, la ceutième partie, par exemple, de la portion dilatée. Un trait placé de chaque côté de la dilatation indique le point où ces proportions se trouvent être exactes.

La longue portion est effilée en pointe à son extrémité libre ; la courte, dont la Jumière est un peu plus large, est également effilée de manière qu'on puisse facilement y adapter un tube en caoutchouc assez épais pour ne pas s’aplatir sous l’influence de Jaspiration et assez long pour aller commodément de la bouche à la main.

Pour faire un mélange au moyen de cet instrument, on en met la pointe dans une goutte de sang ou dans le vaisseau dont on veut examiner le sang, et l’on aspire lentement à l'extrémité du tube de caoutchouc, jusqu’à ce que le liquide arrive au trait qui sépare la longue portion de la partie ampullaire. Retirant alors la pointe de l'instrument, on la plonge dans le sérum artificiel, et l’on continue à aspirer jusqu’à ce que le mélange soit arrivé au niveau du trait c qui termine la dilatation ampullaire.

On a ainsi dans le mélangeur un liquide qui contient une partie de sang pour 100 parties de sérum. On imprime alors à l’instrument un mouvement de rotation sur son axe, tout en l’inclinant de côté et d’autre, et la petite boule intérieure, agitée dans tous les sens, mélange parfaitement le sang avec le sérum artificiel.

Le mélange ainsi fait, la seconde partie du problème à résoudre consiste à compter les globules qu'il contient dans un volume donné; c’est à cela que sert le second instrument, le capillaire artificiel.

Il consiste en un tube capillaire de verre à lumière centrale aplatie (on en fabrique de la sorte pour certains thermomètres à mercure); ses deux faces opposées sont usées <t polies sur une meule d’opticien.

Ce capillaire est fixé sur une lame semblable à celles qui servent pour l’observation microscopique; l’une de ses extrémités est relevée sous forme d’un tube cylindrique très court sur lequel on peut adapter un tube de caoutchouc.

La capacité de l'instrument, c’est-à-dire le volume de liquide quil contient pour une longueur donnée, est indiquée sur chacun des capillaires, en chiffres qui donnent la action de millimètre cube, à laquelle cette longueur correspond. IL faudra donc multiplier par ce chiffre le nombre de globules que EG aura trouvé dans la longueur choisie, pour avoir celui que contiendra un millimètre cube du mélange.

Avant de passer à la manière dont on remplit le capillaire avec le mélange, il nous reste à dire comment, d'après MALassez, on arrive à prendre une longueur déterminée de capillaire.

Le microscope est muni d’un micromètre oculaire quadrillé; on cherche l'objectif et la longueur du tube convenables pour que toute la largeur du quadrillage recouvre sur un micromètre objectif un nombre de millièmes de millimètre égal à l’un de ceux inscrits au diamant sur le capillaire artificiel. Il faut, non seulement choisir un objectif approprié, mais encore tirer plus ou moins le tube à coulisse du microscope pour avoir une Superposition exacte du micromètre quadrillé et du micromètre objectif dans les conditions déterminées. Pour retrouver exactement cette situation relative des deux parties du tube du microscope, on pratique sur le tube rentrant un trait en inscrivant à côté un numéro d'ordre.

Il est clair que, si l’on remplace sur la platine le micromètre objectif par le capillaire artificiel, le carré quadrillé de l’oculaire recouvrira une longueur égale du canal. Il suffira donc, pour être certain dans des observations ultérieures, que le micromètre quadrillé couvrira exactement une certaine longueur, 400 y, 500 z du capillaire artificiel, de rentrer le tube du microscope jusqu’au tait qui indique cette valeur, en ayant soin de se servir du même objectif.

Cela posé, il est facile, au moyen du microscope ainsi gradué, de compter le nombre de globules dans une longueur déterminée du capillaire. il nous reste à indiquer quelle précaution il faut prendre pour introduire dans le capillaire artificiel le mélange de sérum et de sang qui se trouve dans le mélangeur.

On commence par chasser du mélangeur, en soufflant par le tube de caoutchouc, les

premières portions du liquide qui éaient restées arrêtées dans la longue partie et qui sont du sérum presque pur; puis, ‘a continuant à souffler, on dépose une goutte du mélange à l'extrémité libre du capillaire artificiel. Le liquide y pénètre par capillarité; il faut avoir soin, pendant ce temps, de remuer avec l'extrémité du mélangeurla goutte déposée, pour que le mélange reste bien homogène. Si le liquide tarde à entrer dans. le canal, on aspire légèrement par le tube de caoutchouc placé à l’autre extrémité. Une fois le mélange introduit dans toute la longueur du capillaire, on enlève, soit avec un linge fin, soit avec du papier buvard, le reste de la goutte de liquide. Alors le mouvement s'arrête dans le capillaire, et les globules, en raison de leur densité, se disposent à plat sur la face inférieure de son calibre. Une fois le mélange introduit, le tube du microscope réglé pour une longueur donnée, l’oculaire quadrillé tourné de manière que ses divisions soient parallèles et perpendiculaires à l’axe du canal, on compte les globules qui se trouvent dans le quadrillage, en s’aidant pour cela des carrés tracés; leur nombre trouvé, on le multiplie par le chiffre qui est écrit sur la lame du capillaire en regard de la longueur que l’on a.choisie: ce chiffre exprime la fraction de millimètre cube que présente en volume la longueur du canal de laquelle on a comptéles globules. On multiplie ce dernier chiffre par 100, si l’on a fait un mélange de sérum et de sang au centième, et l’on obtient ainsi le nombre de globules contenus dans un millimètre cube du sang que l’on a examiné.

On voit que l'opération n’est pas difficile; entre les mains d’un observateur tant soit peu exercé, elle n'exige guère plus de dix minutes. L’exactitude de ses résultats tient essentiellement à la perfection des instruments, et par conséquent la plus grande difficulté est pour le constructeur.

Dans le procédé de Haye et Nacner le principe de la méthode est le même. Seuls les instruments employés sont différents. Voici la description qu'en donne Marias Duvaz dans son précis d’histologie :

La première opération, dilution du sang, se fait en employant comme liquide additionnel soit de l’eau salée additionnée de sulfate de soude (5 gramme de chlorure de sodium et 4 gramme de sulfate de soude pour 200 d’eau), soit mieux encore le liquide amniotique de mouton (on le recueille dans les abattoirs et on le conserve par addition de 6 p. 100 d’eau oxygénée). Le sang est recueilli avec la pipette C, grâce à la graduation de laquelle on peut recueillir exactement 2 millimètres cubes; d’autre part, on a d'avance, avec la pipette B déposé 500 millimètres cubes de sérum ou liquide diluant dans une éprouvette A.

Il suffit de souffler dans le tube en caoutchouc de la pipette CG pour faire tomber le sang dans le sérum, et, en aspirant deux ou trois fois de suile un peu de ce sérum, qu’on repousse aussitôt, on vide exactement la pipette de tout le sang qu’elle a contenu. On introduit alors, dans la petite éprouvelte, un agitateur en palette, qu’on agite pour avoir un mélange exact. D'après les chiffres sus-indiqués, le titre de ce mélange est

—. c'est-à-dire que, quand on aura déterminé le nombre de globules que FoupRsE

l'unité de volume de ce mélange, il faudra multiplier ce nombre par 250 pour avoir celui des globules de l’unité de volume de sang.

Pour la seconde opération, c’est-à-dire la numération proprement dite, on place une goutte de ce mélange dans une cellule de verre très exactement calibrée, c'est-à-dire dans un petit appareil fourni par une lamelle de verre mince, perforée en son centre d'un orifice circulaire (peu importe son diamètre exact) et collée sur une lame porteobjet parfaitement plane ; l’essentiel est que cette lamelle de verre perforée B a exactement un cinquième de millimètre d'épaisseur, de sorte que, la goutte de sang étant déposée dans cette cupule, puis recouverte d’une lamelle très plane, on obtient ainsi une lame de liquide à surfaces bien parallèles et ayant une épaisseur d’un cinquième de millimètre A.

On examine cette préparation avec un microscope, dans l’oculaire duquel est une glace (micromèêtre oculaire) sur laquelle est gravé un carré, et on dispose le tube du microscope, en l’enfoncant plus ou moins, de facon que le côté de ce carré ait, avec l'objectif employé, une valeur de un cinquième de millimètre, c’est-à-dire coïncide, par projection sur la préparation, à une longueur exactement d’un cinquième de millimètre

HÉMATIES. … 273

(le dispositif ayant été réalisé, on marque une fois our toutes, par un trait sur le tube, le niveau qui donne cette taleuri,

On a donc ainsi dans le champ du microscope, dans la cellule pleine de sang dilué, un cube d’un cinquième de millimètre de côté. Au bout de quelques minutes, tous les globules étant tombés par leur propre poids au fond de la cellule, il est facile de compter ceux qui se voient dans l'étendue du carré) celui-ci est même subdivisé en carrés plus petits pour faciliter la numération, c’est-à-dire en définitive ceux qui sont dans un cube d’un cinquième de millimètre de côté.

Ce nombre obtenu, il suffit de le multiplier par 125 pour obtenir ce que renferme, en globules, un millimètre cube du mélange, puis de multiplier par le titre du mélange (par 250 ci-dessus) pour connaître le nombre de globules dans un millimètre cube du sang sur lequel on a opéré.

Gower à remplacé le micromètre oculaire par une graduation gravée sur le fond même de la chambre humide, analogue à celle de HAvYex.

Taomas et Zeiss ont adopté une chambre humide de même espèce. Sur la lame porte-objet est collée une plaque de verre carrée creusée d’un orifice circulaire central assez large. Au centre de l’espace ainsi délimité se trouve fixé un disque de verre un peu moins large que l’espace, de sorte qu'entre son bord externe et le bord interne de la lame carrée existe une rigole circulaire. De plus le disque a une épaisseur inférieure de 0,1 millimètre à celle de la lame carrée qui l'entoure. Au centre du disque existe un quadrillage correspondant à l’étendue d’un millimètre carré, subdivisé en 400 carrés égaux. Zeiss et THowa se servent pour. opérer la dilution du sang du mélangeur de Po- TAIN et MALASSEZz.

Nacxer a également imaginé un dispositif spécial ayant pour but l suppression de l’oculaire quadrillé : dans la chambre humide, contenant la goutte de sang dilué, existe un jeu de lentilles qui projette sur le fond l'image d’un CGUE photographié sur verre.

Facteurs influant sur le nombre des hématies. — Sexe. — En appliquant les: méthodes précédemment décrites, les nombreux acteurs qui firent des mensurations du nombre des globules de l’homme obtinrent des chiffres assez différents. En voici quelques-uns.

VIERORDT. . 5.174.000

RL 0 à 5.055.000 WELCKER, . 4.513.846 —— Ars 5.269,505 CRAMER . . 4,126.400 MaALassez. , moyenne ,; {21,0 k.310,000 Hernuauons faites | sur 8 adultes sains.

— se maximum. . . . . 4.600.000 — LE 4 MINUMUI, 20.0 4.000.000 HAVEM-Ne. moyenne. - . . . .:. 5.500.000 —— ee RÉDTOUNEMLENE, C0: 4.600.000 CANnER ee moyenne . . . . . 5.000.000 AUS HA NID ARTE 6.000.000 el SAR MANIMIUM ETES 4.600.000 PATRIGEON 5.000.000 —— J 6.000.000 Ponea nel DuBrisaAY 4.192.687

On admet généralement comme chiffre moyen 5 000 000 globules rouges par millimètre cube chez l’homme adulte.

Chez la femme le nombre est un peu plus faible. SôreNsEN trouve chez l’homme et la femme les moyennes suivantes (voir le tableau de la page suivante) :

HAYEM trouve en moyenne #4 900 000 globules chez la femme adulte.

La moyenne généralement admise est chez la femme adulte de 4500 000 globules par millimètre cube.

. Cette richesse moindre en globules rouges du sang de femme est cause d’une teneur également plus faible en hémoglobine 133 p. 1000, au lieu de 146 p. 1000 (HamARSTEN).

Chez différents mammifères, cette différence se retrouve. Elle a été mise en .évidence par les dosages par pesée (après dessiccation) d’AnbRAL, GAVARRET et DeLAroND.

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274 HÉMATIES.

D’après ces auteurs, les globules rouges du taureau représentent 107 millièmes du poids total du sang sec, ceux de la vache 102, du bélier 100, de la brebis 90. Des numérations faites chez le lapin par Marassez aboutissent au même résultat (4 540 000 hématies chez le mâle pour 4 160 000 chez la femelle).

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