ÉTUDE CRITIQUE DES APPAREILS A TRANSMISSION
I. Les premières recherches de contrôle du tambour à levier sont dues à Donpers (1863). Dans une première série d'expériences, Donpers a enregistré simultanément, sur le même cylindre, la pression exercée sur la membrane d’un stéthoscope (qui servait d'appareil explorateur), et la courbe tracée par le levier du tambour qui est en relation avec le stéthoscope. Quand le choc appliqué au stéthoscope était assez brusque, le levier du tambour décrivait plusieurs oscillations, alors que le style qui enregistrait directement l’impulsion donnée n’en traçait qu’une seule.
Après ces expériences très simples sur l’enregistrement d’une onde simple, Donpers en a fait d’autres, sur l’enregistrement des mouvements ayant une forme compliquée, à l’aide de la méthode suivante : deux tambours à leviers sont reliés entre eux à l’aide d’un tube de caoutchouc. Un de ces tambours sert d'appareil explorateur (ou manipulateur); et l’autre, d’enregistreur. Un excentrique, dont le profil représente un mouvement connu {le cardiogramme), agit sur le levier du tambour enregistreur. Les leviers des tambours inscrivent sur le même cylindre. Donpers à vu ainsi que les deux graphiques sont identiques, quand la fréquence des mouvements n’est pas grande; cette ressemblance cesse d’avoir lieu si la fréquence atteint une certaine valeur.
RuraerrorD (1871) a observé qu’une seule impulsion imprimée au tambour explorateur provoque plusieurs mouvements du levier du tambour enregistreur. Il a attribué ces mouvements aux oscillations de la colonne d’air comprise dans les tambours et le tube
‘de transmission. De plus, il fait remarquer que les ondes aériennes sont soumises à des
changements de forme quand elles passent dans des tubes flexibles; c’est à ce changement qu'il attribue l’arrondissement des courbes. Il fait observer, en outre, qu'on ne peut pas, à l’aide d’un excentrique, imprimer à la membrane du tambour un véritable mouvement brusque; les bords recourbés de l’excentrique conduisent graduellement le
. levier qui est en contact avec lui.
Marey (1875) a fait agir sur la membrane d’un tambour à air les vibrations d'un diapason. Le tambour inscripteur a pu enregistrer jusqu’à 250 vibrations par seconde.
Cette façon de procéder ne prouve pas que le tambour enregistreur reproduit fidèlement la forme des mouvements imprimés au tambour explorateur ; elle prouve seulement que le tambour peut suivre de petites impulsions régulières et fréquentes.
Putnam (1879) à fait le contrôle de la transmission à air à l’aide des tambours de Marey, en employant le procédé suivant :
Le tambour explorateur était relié au tambour enregistreur au moyen d’un tube long de 180 centimètres. L’armature d’un électro-aimant donnait à la membrane du tambour explorateur des impulsions dont la forme variait avec la force du ressort qui tendait l’armature et avec la distance qui séparait le bec de l’armature etla plaque du tambour. Au moment où le bec de l’armature touchait la plaque d'aluminium du tambour, un contact électrique était établi. Ce moment était enregistré à l’aide d’un signal de Deprez. De cette facon on étudiait le retard du tambour. Purnam a trouvé que les meilleurs tambours sont les petits à grand disque et qu’un tambour ne change pas d’une façon notable en 4 à 5 mois.
LaANGEeNDORrFF (1891) a modifié un peu la méthode de Donpers. Son appareil est formé par deux tambours inscripteurs réunis. Le levier d’un de ces tambours est mis en mouvement par l'intermédiaire d’un fil qu’on tire avec la main; le levier de ce tambour donne l'inscription du mouvement type; l’autre, l'inscription du mouvement par l'intermédiaire du tube plein d'air. En comparant les deux courbes superposées, LANGENDORFF a trouvé qu’elles sont concordantes, même pour des mouvements rapides. Dans les expériences de LaxGenporrr, 10 millimètres de hauteur de courbe étaient accomplis en (0/,25).
Harris (1896) a étudié les oscillations propres de la membrane du tambour enregistreur. Un tambour de Marey de 4 à 5 centimètres de diamètre, avec un levier de 12 centimètres de long, était fixé sur une table-support à laquelle on imprimait dé fortes
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secousses. En procédant ainsi, Harris a trouvé que la membrane du tambour fait, en moyenne, 36 oscillations par seconde. L’amplitude de ces oscillations varie avec l’intensité de la secousse; leur durée est de 25 secondes environ.
Haycrarr (1891) a étudié avec soin les oscillations propres de la membrane du tambour enregistreur.
DeraBre (1902) à fait le contrôle des tambours à air de Marey à l’aide de la méthode de Doxpers. Il a trouvé que les tambours enregistrent fidèlement les mouvements qu'on leur imprime. Nous renvoyons au travail de cet auteur pour la description de la construction de la came.
V. Frey (1892) a enregistré directement les battements du cœur à l’aide d’un léger levier; en même temps, il enregistrait ces mêmes mouvements indirectement à l’aide de la transmission à air. Dans ces conditions, il a trouvé que les courbes enregistrées par le tambour à air ne ressemblaient pas à celles qu'on enregistre directement; les courbes inscrites par le levier du tambour étaient déformées par la présence des oscillations propres,'et ces oscillations étaient moins visibles dans les parties basses de la courbe. Quand les battements du cœur étaient lents, les courbes enregistrées par le tambour
air étaient fidèles.
HürTuLe (1893) a fait une étude détaillée et systématique de la transmission à air, en employant une méthode analogue à celle de Donpers et de LanGenDorrr. Le tambour enregistreur qu'il voulait étudier était mis en communication avec un tambour dont le levier enregistreur était prolongé des deux côtés de son axe de mouvement. Un des bras de ce:levier était mis en mouvement à l’aide de la main; l’autre bras du levier enregistrait les mouvements sur un cylindre enregistreur. Sur ce même cylindre, le tambour étudié traçait les impulsions imprimées au levier du premier tambour. On imprimait au levier du tambour transmetteur des impulsions brusques analogues aux mouvements du cœur. HürTHLE a étudié à l’aide de cette méthode les tambours de Marey, GRuNMACH et Kwozr. Il a vu que ces trois tambours reproduisent fidèlement l’impulsion donnée dans certaines limites de vitesse. Ces limites sont plus restreintes pour le tambour de GruNmaAcE que pour les deux autres. Quand l’impulsion est très rapide, le tambour de Marey même, qui est le plus parfait des trois, présente une petite modifica-
tion de la forme du mouvement transmis. Au début de la courbe, on observe un petit
crochet, et, après la fin, quelques oscillations secondaires qui n'existent pas sur le tracé direct du mouvement. Ces légères modifications prouvent que dans le cas des mouvements rapides l’inertie des différentes pièces qui constituent le tambour devient sensible.
HürTaLe n’a pas cherché à faire disparaître les oscillations propres du tambour, qui apparaissent dans le cas des mouvements rapides, en faisant, comme Donpers, frotter la plume sur la surface enregistrante. Au contraire, pour éviter le plus possible le frottement, il ne prenait que des tracés extrêmement fins, à peine visibles.
Dans ces conditions il a vu que les tracés des mouvements rapides, obtenus avec le tambour de GRunmAcx, diffèrent beaucoup des tracés directs des mouvements, à cause des nombreuses et grandes oscillations propres de l’appareil.
En pesant les leviers enregistreurs des trois tambours examinés, HÜRTHLE a trouvé les chiffres suivants : Le levier du tambour de GRuNMACH pesait # grammes, celui du tambour de Marey 1 gr. 60, et celui du tambour de Kwozr 1 gr. 15. Le levier du tambour de Knorr étant le plus léger, on aurait pu penser que ce tambour est supérieur au tambour de Marey. Mais nous savons que le poids brut d’un levier ne suffit pas pour décider de ses qualités ; il faut surtout tenir compte, au point de vue de l’inertie, du mode de répartition de la masse le long du levier. Or cette répartition est meilleure dans le levier du tambour de Marey. Dans ce tambour, les parties du levier qui présentent les mouvements les plus grands sont plus légères que dans le levier du tambour de K\ozz. |
En laissant tomber un poids connu (0 gr. 2 par exemple) d’une hauteur connue (5 millimètres) sur la membrane d’un tambour explorateur, HÜRTHLE à mesuré la sensibilité des tambours; la courbe enregistrée par le tambour inscripteur est d'autant plus
grande que le tambour est plus sensible.
En plaçant sur la membrane d’un tambour des leviers de poids variables, HÜRTALE a vu que les leviers légers reproduisent plus fidèlement le mouvement type; il a vu aussi que la plus grande partie du poids du levier doit être concentrée autour de l’axe du
GRAPHIQUE (Méthode). 59
mouvement. Les iracés sont d’autant plus fidèles que l’amplification est moindre: ce fait a été aussi constaté par Bron.
Pour étudier l'influence du diamètre du tambour, HÜRTHLE à enregistré successivement un mouvement type à l’aide de tambours ayant des diamètres de 25, 35, 40, 45 et 60 centimètres. La membrane de ces tambours avait la même épaisseur (0,2 millimètres), était peu tendue, et le disque placé sur elle occupait les 2/3 de son étendue. Le levier enregistreur était le même pour tous ces tambours. En général, on peut dire que tous ces tambours, les grands comme les petits, sont bons, quoique les petits semblent être supérieurs aux grands.
Au commencement de ses recherches, HÜRTHLE, ayant pris le tracé d’un même mouvement simultanément avec un grand et un petit tambour, avait trouvé qu'un grand tambour est meilleur qu’un petit. C'était là une erreur, car les deux tambours s’influençaient mutuellement par leur capacité.
En étudiant la tension de la membrane, HÜRTHLE à vu que la membrane des petits tambours doit être faiblement tendue pour avoir de bons résultats.
Les membranes épaisses, de 0,7 millimètres par exemple, présentent des oscillations propres : c’est pour cela que les membranes minces, de 0,2 millimètres d'épaisseur, sont supérieures.
D’après HürraLe, le mouvement qu'on veut enregistrer doit provoquer une onde aérienne aussi grande que possible; de cette façon elle ne nécessitera pas une grande amplification de Ja part du levier du tambour enregistreur. Il faut donc que la membrane du tambour explorateur présente une grande surface. Pourtant, il y a une limite à la grandeur de cette surface: si elle est trop grande, elle présente des oscillations propres. Quand les mouvements qu'on veut enregistrer sont forts, le tambour explorateur peut être petit. Pour l'exploration des battements du cœur, HüRTHLE croit qu’un diamètre de tambour de 60 millimètres est largement suffisant.
IT. La transmission par l’air a été l’objet d’une critique très approfondie faite par ATHANASIU à l’Institut Marey. Voici le résumé des recherches de cet auteur :
1. — Le tambour à levier. — Étude statique. Les membranes en caoutchouc, vu les variations de leur élasticité, ne peuvent faire partie d'appareils de mesure proprement dits: au contraire, elles rendent de très grands services quand il s’agit d'appareils appelés à donner seulement des valeurs relatives.
La hauteur de la flèche (c’est-à-dire, la grandeur de la déformation de la membrane), dans les limites de fonctionnement du tambour à levier, est en raison directe du produit de la surface par la pression et en raison inverse de l’épaisseur et de la tension de la membrane et du volume total du système sur le trajet duquel est placé le tambour à levier. |
Malgré la multiplicité des causes qui peut faire varier la hauteur absolue de la flèche, de tambour à levier peut néanmoins devenir un manomètre des plus sensibles, s’il est étalonné avec exactitude avant chaque expérience.
2. — Étude dynamique du tambour à levier. — La méthode de Donpers, employée aussi par LANGENDORFr, HÜRTHLE, etc., avec certaines modifications, ne ‘permet pas de dissocier dans le système à transmission par l’air la part de chacun de ses éléments constitutifs, à savoir, l'appareil explorateur, le tube de transmission et l’appareil inscripteur. En effet, dans cette méthode l’appareil explorateur étant un tambour, sa membrane se déforme sous l’influence du mouvement qu’elle recoit, et cette déformation peut modifier la courbe que le tambour à levier doit inscrire.
Pour éviter ces complications, Marey, et après lui ATHANAsIU, a employé une pompe comme appareil explorateur, ce qui ne change en rien la forme du mouvement que l’on veut communiquer au tambour à levier. Si cette formé est modifiée, c’est dans le tambour à levier et dans le tube de transmission qu’il faut chercher la cause.
Une came, mise en mouvement par un moteur électrique, communique ses mouvements, par l’intermédiaire d’un levier, à une pompe. L'intérieur de la pompe communique avec l’intérieur du tambour à levier étudié. Sur le trajet du tube qui relie la pompe et le tambour à étudier se trouve un manomètre à eau, à l’aide duquel on peut savoir la valeur de la pression correspondant à chaque point du tracé.
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Influence des divers états de la membrane (tension, épaisseur et surface). — a) La tension. La forme des mouvements complexes n’est pas fidèlement reproduite par des tambours recouverts de membranes non tendues. Un tambour à levier, recouvert d’une membrane suffisamment tendue, peut inscrire les mouvements les plus complexes avec leur forme exacte, aussi bien à grande qu’à faible fréquence. 11 se passe, dans ce cas, un phénomène analogue à celui qui se passe pour les vibrations acoustiques : on sait, en effet, que la période propre d’un corps doit être au moins cinquante fois plus courte que célle du son qui agit sur lui pour qu’il puisse se mettre à l'unisson. Or les membranes des tambours tendus ont une période propre d’oscillation plus courte que celles des membranes non tendues: c’est pour cela qu’elles sont plus aptes à suivre les vibra-
tions qui leur sont communiquées. La tension de la membrane est d'autant plus néces-
saire que la surface du tambour est plus grande.
b) La surface. À égalité de tous les autres éléments du tambour à levier, l’amplitude des tracés est proportionnelle, jusqu’à un certain point, à la surface du tambour. Cela a lieu toutes les fois que le volume du tambour lui-même est une fraction négligeable du volume total du système. Si au contraire cette fraction est grande, la proportionnalité cesse d'avoir lieu, et la plus grande amplitude est donnée par un tambour de diamètre moyen (45 millimètres de diamètre), parce que, dans ce cas, le produit de la surface par la pression atteint la plus grande valeur. Quant à la forme du mouvement, elle est reproduite aussi bien par les grands tambours (de 65 millimètres de diamètre) que par les petits (de 25 millimètres de diamètre).
c) L’épaisseur de la membrane n’a d'influence que sur la hauteur des tracés qui diminue au fur et à mesure que cette épaisseur augmente.
L'influence du disque qui repose sur la membrane se fait sentir de la façon suivante : en immobilisant une surface de la membrane d'autant plus grande que son diamètre est plus grand, on diminue l’amplitude des tracés. Donc l’amplitude des tracés décroit quand le disque augmente.
Influence du levier inscripteur. — a) La longueur du levier, pour une amplification donnée, n’a aucune influence dans l’inscription des mouvements, quelles que soient leur forme et leur rapidité.
b) Le poids du levier intervient, s’il dépasse certaines limites. Il faut des poids assez grands (5 ou 10 grammes) pour que les mouvements rapides soient altérés dans leur forme.
c) L'amplification à une très grande importance sur l’inscriplion des mouvements. Une amplification de 20 altère considérablement la forme des mouvements inscrits.
La vitesse du levier, qui croît nécessairement avec l’amplification, n’est pas la cause unique de la déformation des mouvements rapides; car, en ramenant les tracés à la même hauteur, pour des amplifications petites ou grandes, la forme du mouvement est toujours très altérée pour de grandes amplifications.
L’amplification de 10 peut être considérée comme maximum, quand le tambour à levier deit enregistrer des mouvements de forme complexe et dont la fréquence ne dépasse pas le chiffre de 180 par minute. Quand le mouvement est plus rapide, cette amplification ne convient plus et il faut la réduire si l’on veut obtenir des tracés fidèles. Un tambour à levier peut enregistrer un mouvement très complexe et très rapide (360: par minute) si l’amplification de son levier est égale à 5.
d) Les articulations du levier doivent être des plus justes, afin qu’il n’y ait ni jeu ni frottements nuisibles. L’axe de rotation doit être sur pointes, afin que la surface de frottement soit réduite au minimum. Pour attacher le levier à la membrane, on peut employer une pièce en acier très légère, en forme de 8, dont les deux boucles sont ouvertes. L’élasticité des branches de cette pièce assure un appui constant aussi bien sur le levier que sur le disque, sans détruire la mobilité nécessaire entre ces deux organes. Ce dispositif remplace avantageusement les articulations à goupille, dont le réglage est très difficile.
Amplitudes minima et maxzima des mouvements qui peuvent étre fidèlement inscrits par le tambour à levier. — En évaluant en millimètres d’eau la valeur absolue des pressions provoquées par les mouvements qu’on veut enregistrer, on trouve le minimum 1 jet le maximum 220. Ce qui prouve que le tambour à levier peut répondre aussi bien aux
pressions faibles que fortes; cela se traduit seulement par une différence d'amplitude.
Précision du tambour à levier. — On doit comprendre par précision des appareils enregistreurs, la propriété qu'ils ont de traduire avec la plus grande approximation possible la forme d’un mouvement à toute amplitude et à toute fréquence. Cette PEûE priété, le tambour enregistreur la possède à un haut point.
IT. Pour contrôler leur piston-recorder Jonanson et TiGERSTEDT se sont contentés de prendre le tracé du pouls. HÜRTHLE à soumis le piston-recorder à des expériences de contrôle analogues à celles auxquelles il avait soumis le tambour. Il a mis en communication avec le tambour qui recoit le mouvement directement un piston-recorder ayant 11 millimètres de diamètre et 20 millimètres de hauteur. Le piston, en paraffine, comme dans le premier modèle d’Erris, présentait un fil en aluminium qui s’articulait avec un levier long de 120 millimètres. Les mouvements du piston n'étaient amplifiés que deux fois. Le poids des parties mobiles était de 3,2 grammes.
Un tel piston-recorder se montre inerte, c’est-à-dire que les mouvements brusques sont traduits par lui sous forme d’une courbe lente. Cette déformation est due au frottement du piston et à l'huile qui se trouve sur sa surface. En diminuant la hauteur du piston, et en la faisant de 8 millimètres au lieu de 20 millimètres, les résultats sont meilleurs.
HürTaLe a étudié aussi un autre piston-recorder, construit d'après le modèle de Ticersrept. Le piston de cet appareil présentait un diamètre de 25 millimêtres et une hauteur de 3 millimètres. Le levier enregistreur, en acier très léger, était équilibré par un contrepoids. L’ensemble des pièces mobiles pesait 4 gr. 47. Malgré cette grande masse, le piston-recorder s’est montré aussi bon que les meilleurs tambours; en tout cas, il est supérieur aux tambours de GRuNMAcH dont la partie mobile ne pèse que 4 grammes. |
Les grands pistons-recorders peuvent basculer et se placer obliquement. Les petits ne présentent pas cet inconvénient. HüRrHLE a obtenu des résultats remarquables, meilleurs que ceux donnés par les tambours, avec un petit piston-recorder, dont l’ensemble des pièces mobiles ne pesait que 0 gr. 68. Le diamètre du cylindre était de 13 millimètres; la hauteur du piston de 3 millimètres, et le poids du piston était de 0 gr. 68. Le piston était équilibré par un rsssort.
Au point de vue de la sensibilité mesurée par la hauteur de chute d'un poids connu sur la membrane du tambour explorateur, un tambour ayant 25 millimètres de diamètre s’est montré supérieur à un piston-recorder, dont le piston présentait 25 millimètres de diametre.
En soumettant le piston-recorder (d'Ezuis, HürraLe et BLix-Saxpsrrüm) au même contrôle expérimental que le tambour à air de MAREY, ATHANASIU a vu que les mouvements faibles, le même qne les mouvements trop lents au trop rapides, ne peuvent pas être inscrits fidèlement par cet appareil, à cause de l’inertie du levier et des frottements du piston,
Le soufflet enregistreur de Brobis s’est montré aussi de beaucoup inférieur au tambour à levier.
IV. Les tubes qui relient l'appareil explorateur à l’appareil inscripteur peuvent moditier la forme de l’ébranlement qu’ils transmettent par leur diamètre intérieur et par leur Ivngueur.
En faisant des essais d'enregistrement avec des tubes d’égale longueur, mais de diamètres différents, ATHANAsIU à vu que dans les tubes étroits (de 2 et 3 millimètres) les oscillations du mouvement sont effacées par ie frottement trop grand de la colonne a’air contre les parois du tube, tandis que dans les tubes larges (de 4 et 5 millimètres) les oscillations sont accentuées par l’inertie des organes de transmission. L’inertie de la colonne d'air en mouvement joue uu grand rôle dans cette déformation du mouvement transmis. Cette déformation disparait si le tube de transmission présente un rétrécissement. Un diaphragme percé en mince paroi donne de très bons résultats. ATHANASIU à trouvé qu'il existe une relation assez étroite entre le diaphragme et le diamètre du tam-
62 à GRAPHIQUE (Méthode).
bour. Il faut que le diamètre de cet orifice soit 4/50 environ de celui du tambour. Les tambours à levier .d’ATHanasio sont munis du diaphragme qui leur convient.
CHAUVEAU, pour avoir un rétrécissement réglable du tube, emploie un robinet. Biner et CourtiER (4895) ont fait construire par Orro Lun un appareil spécial composé de trois rondelles, dont deux sont solidairement unies par un axe. Entre elles se trouve emboîtée une troisième rondelle mobile autour de l’axe; celle-ci présente 10 ouvertures ayant les diamètres suivants : 4 millimètres, 2, 1, 1/2, 3/10, 8/10, 7/40, 6/10, 5/10 et 4/10 de millimètre. Les deux rondelles fixes ont deux grandes ouvertures qui se font face, avec embouchures pour les tubes. Entre ces ouvertures on intercale à volonté une des ouvertures précédentes de la troisième rondelle qui joue le rôle de diaphragme.
V. En étudiant la vitesse de transmission de l’onde aérienne dans un tube de caoutchouc ayant 4 millimètres de diamètre, Marey a trouvé le chiffre de 280 mètres par seconde. HürTELE a trouvé des chiffres supérieurs. Pour les tubes iarges, ayant un diamètre de 9 millimètres environ, il donne comme moyenne le chiffre de 321 mètres par seconde. Pour les tubes étroits, de 3 millimètres environ de diamètre, il à trouvé comme moyenne le chiffre de 314 mètres par seconde.
ResnauLr (1862) avait aussi constaté que la vitesse de propagation de l’onde aérienne dans les tubes est moins grande que la vitesse de propagation du son, qui est de 340 mètres par seconde.
En ce qui concerne l'influence du diamètre du tube sur l’amplification de l’onde, HürTHLE à vu que, pour un tube large de 9 millimètres, et long de 750 centimètres, la différence de hauteur de la courbe de l’onde, entre le commencement et la fin da tube,
était de 1/3 environ. Pour un tube étroit, de 3 millimètres de diamètre, et long de
315 centimètres environ, cette différence était de 1/16 environ. Avec le piston-recorder et un tube ayant de 6 à 7 millimètres de diamètre et un mètre de longueur, on peut avoir le tracé de l'impulsion provoquée par la chute d’un grain
de plomb pesant 0 gr. 2, et tombant de 5 millimètres de haut. Avec un tube ayant un diamètre de 2 millimètres, il faut une hauteur de chute de 120 millimètres.
I faut donc, quand on ne veut pas perdre de la force, prendre des tubes larges. Un:
diamètre de 6 à 10 millimètres représente une bonne largeur; un tube de 3 millimètres de diamètre est trop étroit.
Quant à la longueur du tube, HüRTHLE à vu qu’un tube long, non seulement affaiblit l'onde aérienne, mais aussi en altère la forme, à cause des frottements. Une longueur de 50 centimètres est la plus convenable. Dans des tubes longs de 165 centimètres par exemple, des ondes secondaires prennent naissance par réflexion. |
Kries (1892) a vu que le frottement dans le tube se manifeste par une altération de la forme de l’onde quand le tube a 4 millimètres de diamètre; il n’est pas sensible dans des tubes de 10 millimètres de diamètre.
VI. DePrez a imaginé un petit appareil qu'il a nommé palpeur, et qui permet de donner à un manomètre élastique quelconque des excursions proportionnelles aux pressions qui agissent sur lui. Voici, d’après Marey, la description de cet appareil.
Le palpeur est une petite pièce métallique reliée à un organe inscripteur, et qui frotte sur une arête sinueuse d’un galbe déterminé à l’avance afin de rendre les excursions de la pointe écrivante toujours proportionnelles à l'intensité du phénomène inscrit.
Supposons, par exemple, qu'on veuille rendre les indications d’un tambour à levier proportionnelles à la pression qui agit sur lui. On sait que l’élasticité de la membrane de caoutchouc change en raison de la distension qu'elle a subie, et que des pressions régulièrement croissantes produisent des élévations du levier de moins en moins prononcées ; la friction du palpeur sur une surface courbe convenablement construite régularisera ces indications, et leur donnera la valeur désirée.
À ceteffet, le levier est brisé en deux pièces : une base et une partie terminale : cette dernière est. reliée à la première par une lame horizontale de ressort qui lui permet d'exécuter isolément des mouvements verticaux, sans que la base y participe. :
GRAPHIQUE (Méthode). 63.
C'est à l’origine de la partie terminale, et très près de la brisure, que le palpeur se détache sensiblement à angle droit et descend en décrivant une courbe dont la concavité est tournée du côté de l’origine du levier. De sorte que, par sa pointe dirigée en arrière, le palpeur frottera contre une surface courbe fixée à la caisse du tambour à levier. C’est la courbure de cette surface qui, en agissant sur le palpeur, modifiera les mouvements de l'extrémité du levier et les rendra dissemblables à ceux de la base.
Si cette surface courbe présente une convexité prononcée, le palpeur, en s’élevant par sûüite du mouvement que la base lui commande, sera dévié par cette convexité qui lui fera exécuter un mouvement de bascule autour de la brisure; la partie terminale du lévier fera donc un angle avec la base, et la pointe inscrivante s’élèvera plus haut que si les deux parties du levier étaient restées sur le prolongement l’une de l’autre. Inversement, si une concavité se trouvait dans la courbure que le palpeur doit suivre, celui-ci tombant au fond de cette concavité, il s’ensuivrait que la brisure deviendrait convexe par en haut, et que la pointe écrivante s'élèverait moins que si elle eût été solidaire de la base du levier.
On peut donc, en calculant d'avance la courbure rectificatrice, modifier à son gré les mouvements de l’extrémité par rapport à ceux de la base, et principalement corriger les défauts de sensibilité de la membrane. Mais il est beaucoup plus facile de construire expérimentalement la courbe correctrice des indications du levier. Voici, d’après Marey, comment on procède :
Le défaut de la membrane étant de prendre une force élastique de plus en plus grande à mesure qu’elle est plus distendue, les indications seront trop faibles pour les pressions fortes ; il faut les amplifier. Admettons que l’appareil doive inscrire des pressions correspondant à 4 centimètres de mercure; il faut que le levier ait parcouru un espace quatre fois plus grand pour # centimètres de pression que pour 1 centimètre de pression. Or, avec les leviers ordinaires, on a des élévations de 1 à 2 à 3 à 4 centimètres par degrés inégaux. :
Pour donner à l’échelle de l’instrument des croissances régulières (a, b, c, d) portons l’extrémité inscrivante du levier au point (d) et maintenons cette pointe dans cette position; en même temps que nous élevons la pression à # centimètres dans le tambour. Tous les organes de l’appareil, y compris la pointe du palpeur, sont dans la position où ils doivent se trouver quand les indications seront corrigées. Si nous notons, à ce moment, la position de la pointe du palpeur, nous obtiendrons un point de la courbe rectificatrice, le 4° point. Abaïissons la pression à 3 centimètres, et placons la pointe à la position qui correspond au 3° degré de son ordonnée (en c), le palpeur prendra nécessairement la position qu’il devra avoir pour corriger les indications de l'appareil, et cette position fournira le 3° point de la courbe. On procède de même pour les autres
points afin d’avoir la courbe correctrice qui permet d’avoir des parcours du levier égaux pour des pressions égales.