C6 H13 OH
Alcool AS ARS 116 0.140 RAS TE ASE | 130 0.053
On voit que les résultats de Füaner et NEUBAUER relatifs à l'alcool éthylique et à l'alcool propylique concordent parfaitement avec ceux de Van pe VELDE, mais qu'il n’en est plus ainsi pour les termes supérieurs. La toxicité moléculaire croît beaucoup plus rapidement dans la série de Füaxer et NeuBauEr. Tandis que, d’après VAN DE VELDE, alcool octylique est 322 fois plus toxique que l'alcool éthylique, d’après FÜüaner et NeugaAuer, son coefficient toxique vaut 833 fois celui de l'alcool éthylique.
Ces différences sont peut-être attribuables à un détail de technique. Tandis que VAN DE VELDE étudie, pour les alcools supérieurs, l’action toxique de solutions à 0.5 p. 100 à 1 p. 100 de ces substances dans l’alcool éthylique, Füaner et NeuBAUER déterminent la quantité de l'alcool supérieur qu'il faut ajouter à la dose 1/2 toxique de l'alcool éthylique. Il en résulte que les milieux de Füuxer et NEUBAUER contiennent une plus forte concentration d'alcool éthylique (7.45 p. 100) que ceux de Van DE VELDE (6.35 p. 100 pour l’alcool heptylique et 6.77 p. 100 pour l'alcool octylique). Et, puisque les coefficients de Füaner et NeuBAUER sont plus élevés que ceux de Van DE VELDE, il faudrait en conclure, dans l’explication proposée, que l'alcool inférieur augmente la toxicité de l'alcool supérieur. Il est d’ailleurs possible que les écarts soient attribuables à l’existence d'impuretés dans certains des produits.
Comme le montre la dernière colonne du tableau, la toxicité croît dans la série de Füaner et Neusauer d’une facon très régulière. Chaque terme est trois fois plus toxique que le précédent: 1, 3,:3?, 3°...
D’après les mêmes auteurs, les alcools à chaînon ramifié sont moins toxiques que les termes correspondants normaux.
Ils rapportent les différences de toxicité aux différences de la valeur du coefficient de partage entre eau et huile neutre. Les deux valeurs se meuvent parallèlement.
Venant s'ajouter aux données citées précédemment, les résultats de Van DE VeLne et ceux de Füaner et NeuBauER les complètent très utilement. L'ensemble de ces faits est en complet accord avec la théorie générale de FPhémolyse exposée dans cet article, qui altribue ce phénomène à une altération de la paroi globulaire, suivie d’une diffusion des éléments intra-cellulaires. Il est difficile de prétendre que l’hémolyse est un phénomène chimique d’hydrolyse, une scission moléculaire qui met l’hémoglobine en liberté quand on la voit successivement se produire avec d'autant plus de facilité que l'agent qui la produit paraît doué d'affinités chimiques de moins en moins vives. Toute difti-
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culté disparaît, si l’on fait de l’hémolyse le résultat de la simple imprégnation de la paroi globulaire par ces substances organiques.
Étudiant plus particulièrement la perméabilité des parois cellulaires végétales, Overron est arrivé à faire jouer un rôle prépondérant et même exclusif aux lipoïdes qui sont contenus dans le protoplasme cellulaire. Partant d’une loi physique formulée par Gi88s, suivant laquelle, quand un liquide contient en solution des substances qui diminuent sa tension superlicielle, ces substances ont une tendance à se concentrer dans les couches superficielles, OvEerroN suppose qu’il en est de même dans l’amas protoplasmique que constitue une cellule vivante.Dans ce système microscopique OvERToN admet aussi une localisation périphérique des lipoïdes, qui contribueraient à former une couche distincte à la surface de la cellule. Ce serait cette couche seule qui déciderait des propriétés osmotiques de la cellule. Il y a une certaine hardiesse à identifier cet ensemble structuré et hautement organisé qu'est la cellule vivante à une solution. Il est incontestable que le protoplasme cellulaire contient une forte proportion de lipoides, qui font défaut ou sont moins abondants dans le noyau. Si même ces lipoides élaient particulièrement abondants à la surface des cellules, ce qui n’est pas démontré, il est extrêmement peu probable qu'ils y forment une couche distincte, comme l’admettent WeIDENREICH, KoEpPE, ALBRECHT, etc. Le protoplasme vivant qui forme l'écorce d’une cellule nue est certainement autre chose qu’une couche de matières grasses. D'ailleurs une telle enveloppe de lipoïdes devrait être imperméable ou très peu perméable aux sels minéraux. S'il en est ainsi pour les cellules végétales en général, il n'en est pas de même pour les cellules des animaux supérieurs. Chez les mammifères, les cellules de l'épithélium intestinal, celles de l’endothélium vasculuire se laissent traverser rapidement par les solutions des sels, à anion monovalent, des mélaux alcalins. En ce qui concerne les globules rouges, nous savons que l’urée les pénètre instantanément, ce qui est en complet désacord avec l'existence d’une couche de lipoïde. Il est bien plus probable que le protoplasme, composé de colloïdes albumineux et de lipoides, a des affinités chimiques variées qui lui viennent de ces deux espèces de constituants. Il absorbe l’urée, parce qu’il est surtout constitué de protéides, il absorbe l’alcool, l’éther, les essences, parce qu’il est imbibé de lipoïdes.
Overrtox n'avait en vue que d’expliquer la pénétration ou la non-pénétration d’une substance dans les cellules végétales. Plus forte est son affinité de solution pour la paroi, plus facilement elle pénètre.
Nous avons, pour expliquer l'hémolyse, à examiner de plus près les rapports de la substance avec la paroi. Quand il s’agit de substances, comme l’urée, le chlorure ammonique, les alcools méthylique ou éthylique, qui se partagent à peu près uniformément entre le liquide extérieur et la cellule, nous pouvons admettre que la répartition entre le liquide extérieur, le liquide intérieur et la paroi est, à peu de chose près, uniforme. La concentration de la substance dissoute est sensiblement égale dans les trois phases. Déjà, dans ces conditions (voir imbibition de la gélatine), l'état d’imbibilion de la paroi peut être accru. Mais ces modifications sont relativement faibles. Aussi faut-il de très grosses doses de ces agents pour produire l’hémolyse. Ce sont des agents hémolytiques faibles. L’urée est presque inactive, le chlorure ammonique est très peu actif, l'alcool éthylique ne commence à agir qu’à la concentration de 15 p. 100. Mais, à mesure que le partage entre les différentes phases se fait plus à l'avantage de la paroi, le pouvoir hémolytique s’accuse. Les recherches de Van DE VELDE montrent clairement cette rapide progression. Dans la série des alcools, le pouvoir hémolytique passe de 1 à 300. Le terme inférieur est une hémolysine très faible, le terme supérieur (alcool octylique) est déjà très meurtrier. Ce qui les distingue, ce n’est pas l’existence, chez le dernier, d’affinités chimiques plus vives, au contraire; c’est tout simplement un partage entre les trois phases qui avantage énormément la paroi globulaire. Les alcools, éthers, etc. sont des hémolysines qui agissent par leurs seules propriétés physiques.
On ne possède pas de détermination directe de leurs coefficients de partage. Mais on peut affirmer, sans crainte de se tromper, que pour ces hémolysines (celles qui ne réagissent pas chimiquement avec les constituants du stroma), le pouvoir hémolytique est proportionnel à la grandeur de ce coefficient.
Il est certain que l'accumulation copieuse (d’après ARRHENIUS, les alcalis sont 800 à
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900 fois plus concentrés dans les globules qu’au dehors) d’une substance étrangère dans la paroï, doit avoir des conséquences désastreuses pour la cellule. Si le simple partage à concentration uniforme d’un sel alcalin entre un disque de gélatine imbibé et le milieu extérieur augmente déjà dans de fortes proportions l'affinité du disque pour Peau, à quel bouleversement des conditions d’imbibition et de perméabilité ne doit-on pas s'attendre après la condensation, dans le rapport de 1 à 800, par exemple, de l'agent hémolytique dans la paroi globulaire. Une paroi ainsi modifiée a nécessairement des rapports tout nouveaux avec l’eau, les sels, l’hémoglobine, etc.
On a dit des agents hémolytiques, bons dissolvants des lipoïdes, tels que les alcools, éthers, etc., qu'ils dissolvent la paroi globulaire. Ceci est évidemment inexact : l'alcool éthylique à 20 p. 100 n’est pas un dissolvant des lipoïdes. Ce qui est vrai, c’est qu'ils se dissolvent eux-mêmes dans la paroi. Une membrane qui est ainsi chargée d'alcool ou d’éther, est suffisamment altérée pour laisser passer le contenu cellulaire, y compris l’hémoglobine, bien avant qu’elle soit dissoute. Les doses hémolytiques de ceux des agents qui sont capables de dissoudre complètement les stromas (alcalis, bile,saponine) sont toujours nettement inférieures aux doses dissolvantes; tout comme les solutions salines qui augmentent l'imbibition de la gélatine sont de concentration inférieure aux solutions salines dans lesquelles la gélatine se dissout (HorMRIsTER).
Si un stroma qui s’imbibe de chloroforme, par exemple, ne différait d’un stroma normal que par sa teneur en chloroforme, on ne comprendrait absolument pas pourquoi il est devenu perméable à l’hémoglobine, puisque l’hémoglobine est insoluble dans le chloroforme et même dans l’eau chloroformée saturée. Après imbibition par le chloroforme, le stroma devrait donc être moins perméable à l’hémoglobine qu'auparavant. Il en est de même pour l’alcool éthylique qu’on ajoute à raison de 20 p. 100 (en volume) juste la dose hémolytique, aux solutions aqueuses d'hémoglobine pour faciliter la cristallisation. C’est ici qu'intervient l’eau. Imbibée de chloroforme, d’éther, d'alcool, la paroi globulaire est plus avide d’eau. Elle dissout plus d’eau, avant de se dissoudre elle-même dans l’eau, comme la gélatine additionnée de quantités croissantes d’un sel gonfle progressivement jusqu’à se dissoudre complètement dans la solution saline. Gorgée d’eau dans ce milieuisotonique, la paroi devient perméable à l’hémoglobine, comme elle lui devient perméable dans un milieu hypotonique par la simple addition d’eau distillée (P. Nozr).
Pour rendre la paroi perméable à l’hémoglobine, l’alcool doit donc augmenter l’imbibition de la paroi globulaire à l’eau. Il est probable qu’il y a peu d’agents hémolytiques qui puissent perméabiliser la paroi par une action directe. Ceux mêmes, comme les alcalis, qui pourraient agir de cette façon, augmentent aussi l’imbibition. Au contraire, les substances qui coagulent les albamines, c’est-à-dire qui diminuent la solubilité et l’imbibition des albumines dans l’eau, empêchent l’hémolyse. C’est ce que l’on observe avec les concentrations appropriées des acides, des sels des métaux lourds, l'alcool fort, le formol. Il semble que ces agents coagulent déjà le stroma à des concentrations qui n’atteignent pas encore l’hémoglobine. Cela résulte, au moins pour le formol, des expériences de STEwART qui décolore avec l’eau distillée des hématies fixées dans leur forme par le formol.
On pourrait objecter à cette interprétation que, si les hématies doivent, pour s’hémolyser, avoir une paroi fortemert imbibée d’eau, on devrait constater régulièrement, avant l’hémolyse, un gontlement des hématies. Or, si ce gonflement a été observé dans un certain nombre de cas, il manque dans d’autres; et on a même pu constater que du sang additionné d’une dose non hémolytique d’éther ou de saponine et soumis à une centrifugation énergique dans un hématocrite, présentait un volume globulaire moins considérable que du sang normal (HAMBURGER).
Cette constatation peut être interprétée de différentes façons. Dans l'introduction de cet article, il x été mis en garde contre l'emploi de la force centrifuge dans tous les cas où l’on peut craindre une altération des hématies. Si leur enveloppe est devenue perméable aux sels, la centrifugation doit réellement les exprimer comme des éponges. Les trouver diminuées de volume ne prouve pas, dans ces conditions, que leur paroi n’est pas tuméfiée. Or il est plus que probable que tous les agents hémolytiques perméabilisent la paroi globulaire aux sels, à des doses qui sont insuffisantes pour produire la diffusion de l’hémoglobine.
HÉMOLYSE,
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HÉMOLYSE PAR LES COLLOIDES INORGANIQUES.
Les premiers qui ont examiné systématiquement l’action des colloides inorganiques et organiques sur les globules, furent Lanpsreiner et JaGrè. Ils observèrent que l'acide silicique colloïdal agglutine les globules rougeslavés du lapin, Sices globules sorrt traités ultérieurement par le sérum du lapin normal, ils s’hémolysent, Cette action hémolytique du sérum sur les globules ainsi sensibilisés disparaît par le chauffage à 550 et par la digestion avec la papaïne. On peut également provoquer par la lécithine l’hémolyse des globules agglutinés.
Hépon avait signalé antérieurement (1901) que le silicate de sodium est un hémolytique puissant. Son action est empêchée par les colloïdes du sérum.
D’autres colloïdes inorganiques et organiques (les acides tungstique, molybdique, l’'hydrate ferrique, l’hydrate d’alumine, l’acide stannique, certaines substances colorantes) produisent aussi l’agglutination à des concentrations faibles, tandis que les métaux colloïdaux n’agissent qu’à forte concentration. Le pouvoir agglutinant paraît être parallèle au pouvoir précipitant sur les albumines solubles. Le signe électrique du colloïde importe peu.
V. Henri et Girarp-MAxGIN ont fait des observations tout à fait concordantes. Dans leurs constatations aussi, la chose essentielle est l’agglutination, qui n’est suivie d’hémolyse que lorsque les doses du colloïde sont très fortes. L’agglutination est due, d’après Henri et GiraRD-MANGIN, à la précipitation des colloïdes à la surface des hématies, résultat d’une floculation banale, à laquelle les hématies ne prendraient part que par leurs sels qui diffusent autour d'elles.
Le phénomène serait donc tout à fait extérieur aux hématies qui seraient englobées dans le précipité colloïdal.
On peut admettre que l’hémolyse qui s'ensuit est, elle aussi, purement mécanique, analogue à celle que causent les précipités chimiques (Gencou), qu’elle est due à des déchirures de la paroi des hématies englobées. S’il en est ainsi, les substances colloïdales qui n’agissent qu’à forte dose et après agglutination massive ne peuvent pas être rangées parmi les hémolysines vraies. |
Il faut réserver ce qualificatif aux seules substances qui sont douées d’affinité physique ou chimique pour la paroi, qui l’imbibent ou qui l’altèrent. Cette règle appli- cable aux cristalloïdes, comme il a été montré dans les pages précédentes, s’étend aux colloïdes, parmi lesquels il faut ranger un grand nombre d’hémolysines.
HÉMOLYSE PAR LES GLYCOSIDES.
Un certain nombre de glycosides possèdent une action hémolytique extrêmement intense. Telles sont la saponine, dont la propriété globulicide a été signalée par KoBerr, la cyclamine (Turanow), la solanine (PERLES), la digitaline (Mayer), etc. Un certain nombre d’entre elles sont à l’état colloïdal dans l’eau : saponine. L'action hémolytique des glycosides a été étudiée dans de nombreux travaux. Pour, HÉbon, BAsxroRn, Ransom s’en sont spécialement occupés. Poxz observa le premier que ces glycosides sont beaucoup moins nocifs quand ils agissent sur des hématies plongées dans leur sérum que lorsque le liquide baignant les globules est l’eau salée isotonique.
Dans le sérum, il faut environ quatre fois plus de solanine -que dans l’eau salée (Pour; Hépon). D’après Hépon, le sérum de bœuf protège contre la dose de saponine quinze à seize fois toxique en eau salée, contre plus de vingt fois la dose toxique de cyclamine dans le même liquide. Le sérum du chien présente à l’égard de ce dernier glycoside un pouvoir antitoxique encore plus considérable. Baignés par leur propre sérum, les globules du chien supportent une dose de cyclamine soixante fois plus considérable que lorsqu'ils sont en suspension dans l’eau salée, une dose de saponine vingt-cinq à trente fois plus considérable.
La digitaline n’agit dans le sérum de bœuf qu’à une dose environ quinze fois plus forte que dans l’eau salée.
Au lieu d’essayer l’action des sérums sur les globules du même animal, on peut, comme le fit HÉpon, étudier cette action antitoxique d’une manière plus générale, en
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essayant des mélanges de glycoside, de globules et de sérums provenant d'espèces différentes. Il faut évidemment dans ce cas chauffer préalablement le sérum à 60° de façon à le priver de son action hémolytique propre. Les sérums de grenouille et d’anguille chauffés se sont montrés nettement supérieurs à celui du chien dans leur aptitude antitoxique.
Po démontra que l'action du sérum n’est pas due à la seule densité du liquide. Des solutions d’autres albuminoïdes {ovalbumine), de gomme, restèrent inactives. Le chlorure sodique, même en solution concentrée (à p. 100), le chlorure calcique ne montrèrent pas le moindre pouvoir antitoxique. La plupart de ces faits furent confirmés. par Hépox. Mais l’urine d’un lapin soumis à plusieurs injections de solanine se montra fortement antitoxique. Elle était très acide. La neutralisation la rendit inactive. Partant. de cette observation, PouL étudia l’action du phosphate acide de sodium et lui reconnut une action antitoxique très nette, partagée par le sulfate acide.
Hépox put confirmer ces faits de Ponz et même les étendre à toutes les substances à fonction acide (acides minéraux dilués, acides aminés). BaAsHFoRD avait insisté sur le fait que l'acide ajouté s'oppose à la dissociation des sels de solanine en solution étendue. D’après Basarorn, les sels neutres sont inactifs, la base seule possédant la propriété hémolytique. Dans ces conditions, l’action protectrice des acides et des sels acides consisterait à diminuer l’hydrolyse du sel et à augmenter le nombre des molécules de: celui-ci aux dépens de celles de l’alcaloïde libre. Hépox démontra l'insuffisance de cette hypothèse et la nécessité d’une action protectrice directe des acides sur la paroi globulaire, qu’ils rendent moins perméable à la solanine.
Mais Hépon prouva de plus que cette protection très intéressante des hématies. contre la solanine, action protectrice opérée par les phosphates alcalins, n’explique pas les qualités antitoxiques du sérum. Ponz avait d’ailleurs reconnu que le phosphate acide n’influence en rien l’action de la saponine (confirmé par Hépon), contre laquelle le sérum est plus actif que contre la solanine.
L'action protectrice du sérum n'appartient pas à ses sels. Le sérum dialysé est au moins aussi actif que le sérum neuf, même après chauffage à 135°, Si l’on coagule les. albuminoïdes du sérum et si l’on redissout le coagulum dans une solution alcaline,. dont l’excès d’alcalinité est ensuite neutralisé, la solution que l’on obtient est encore nettement antitoxique. 3
Pendant que Héoox démontrait par ces expériences que le pouvoir protecteur du. sérum ne lui vient pas de ses sels, mais des substances organiques non diffusibles qu’il contient, paraissait un travail très intéressant de Raxsoy.
Cet auteur établit d’abord que, si après avoir déterminé la quantité minima de saponine qui peut produire l’'hémolyse totale des globules contenus dans 10 cc. d’une émulsion diluée de globules de chien, on fait agir cette dose de saponine sur le même volume d’émulsions globulaires de richesses progressivement croissantes, le degré. d'hémolyse dans la série des tubes est d'autant moindre que la richesse globulaire est plus grande.
Si, au lieu d'ajouter, en une seule fois à une solution de saponine, le volume glo-bulaire qu’elle peut dissoudre, on ajoute les hématies par petites portions, l’hémolyse n’est plus totale.
Raxsou conclut de ces essais que la saponine est fixée pendant l’hémolyse, qu’elle entreen combinaison avec un constituant du globule rouge. Ce constituant fait partie du Stroma privé d'hémoglobine, puisque les stromas enlèvent la saponine à ses solutions. Ransom se demanda si le constituant du stroma qui fixe la saponine n’est pas le même que celui qui confère au sérum sa propriété antitoxique. Or, si l’on agite, avec un excès. d'éther, les globules ou le sérum, si l’on évapore la solution éthérée, si l’on reprend le résidu par la solution physiologique de chlorure sodique, on constate que ce liquide: possède à l'égard de la saponine le pouvoir antitoxique reconnu au sérum et aux stromas. Le résidu de la solution éthérée consiste principalement en cholestérine.
S'étant préparé une émulsion de cholestérine chimiquement pure, Ransom put établir que cette émulsion protégeait efficacement les globules rouges contre la saponine. C'est donc, d’après cet auteur, la cholestérine fixée dans le stroma globulaire, qui fait. que le globule est doué d'affinité pour la saponine, qu’il en dépouille ses solutions, qu’il
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la fixe sur son stroma. Cette fixation est, d’ailleurs, nocive pour l’hématie : dès qu’elle dépasse une certaine limite, le globule est tellement altéré qu'il laisse échapper en tout ou en partie son hémoglobine. C'est la même cholestérine qui, existant normalement dans le sérum, fournit à ce dernier son pouvoir antihémolytique à l'égard de la saponine, en lui conférant, à lui aussi, un certain pouvoir de fixation à l'égard du poison. De sorte que Ransow démontre qu’une même substance, chimiquement bien définie, pourra être la cause de la fixation d’un poison sur une cellule et de la destruction de celle-ci ou déterminer la rétention du même poison dans le liquide ambiant, c’est-àdire qu’elle attirera ou détournera le danger, suivant qu'elle fera partie intégrante de la cellule ou du milieu ambiant.
Ces données expérimentales de Ransowm furent confirmées dans un mémoire ultérieur de Hépon. Raxsow établit de plus que la cholestérine n’exerce son aclion antitoxique qu'à l'égard de la saponine et des agents hémolytiques du même groupe. Elle ne peut rien contre l’hémolyse par les sérums étrangers ou les toxines végétales.
D’après Mansex et Nocuaui, la saponine et la cholestérine mises en présence, à l’état dissous, s'unissent instantanément. Si l’on évapore un mélange neutre de ces deux substances, on peut obtenir leur séparation par une simple extraction par l’éther, qui dissout la cholestérine et laisse la saponine.
D’après ArrHEnIus, le partage entre globules et liquide ambiant, dans une émulsion en eau salée à laquelle on a ajouté une dose hémolysante de saponine, se fait de telle facon que les globules en contiennent {par unité de volume) environ cent vingt fois plus que le liquide ambiant.
L'hémolyse par la saponine, la solanine, est extrêmement rapide. Le degré d'hémolyse croît plus rapidement que le carré de la concentration (ARRHENIUS).
ZaNGGer constate que l’absorption de la solanine est effectuée après deux minutes et l’hémolyse qui s'ensuit est ultra-rapide. Elle peut être considérée comme terminée après dix minutes. Ce résultat est très intéressant, car il tend à montrer que la rapidité d hémolyse est en rapport étroit avec la perméabilisation de la paroi. En se plaçant à ce point de vue, on peut prévoir que les agents à action rapide, ceux qui augmentent fortement la perméabilité, sont ceux qui, à dose un peu forte, dissoudront totalement les corps globulaires, sans laisser trace de stroma. C’est effectivement ce qui se passe avec la saponine.
La lécithine exerce sur l’hémolyse par la saponine une action inverse de celle qu’on observe avec les acides ou le chlorure mercurique (ArRHENIUS). Voici quelques chiffres d'ArRHENIUS, relatifs à une série expérimentale, dans laquelle il fit agir des quantités croissantes de saponine sur une émulsion de globules normaux et de globules préalablement traités par la lécithine :
Quantité ajoutée d'une solution à 0.05 p. 100
DOI D A LUN Ut eme ne va) ua eue Uro CO Dance. 0:15 cc. 0.4 cc: ( Degré d’hémolyse du sang normal . . . . . 100 43 9 3 (] Degré d’hémolyse du sang additionné de léci-
a O be Me diet bed 33 14 9 6 5.
Les alcools méthylique et éthylique et l’éther éthylique empêchent, dans une certaine. mesure, l’hémolyse par la saponine :
Quantité ajoutée d’une solution de saponine. . . . 0.25 cc. D226ce 0:15 "ec. 0:1"cc- Émulsions sans alcool ni éther. Degrè d'hémolyse. 100 47 14 6 Chaque tube a recu, outre la saponine, 0.4 cc. d’al-
cool méthylique à 10 p. 100. Degré d’hémolyse. 10 20 1 Chaque tube a recu, outre la saponine, 0.4 cc. d’al-
cool éthylique à 10 p. 100. Degré d’hémolyse., . 70 15 )
Chaque tube a recu, outre la saponine, 0.4 cc. d’éther éthylique à 6.5 p.100. Degré d'hémolyse. 100 40 12
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PS Le