HÉMOLYSE PAR LES TOXINES D’'ORIGINE ANIMALE
LAnGER a établi que le venin des abeilles possède à l'égard du saug humain et du sang de chien une action hémolytique notable, qui est empêchée par certains sérums normaux, surtout celui de bœuf. On ne connaît pas d’antitoxine spécifique. Au point de vue chimique, les solutions de venin des abeilles donnent les réactions des alcaloïdes ; le principe actif n’est pas détruit à 100.
L'action hémolytique se constate déjà avec l’extrait en eau salée glycérinée des glandes qui sont à la base du dard. Mais elle est grandement renforcée par l’adjonction d’une solution de lécithine dans l'alcool méthylique (MorGENRoTH et Carpi). D’après ces auteurs, on peut préparer le toxoléthicide du venin d’abeilles, en combivant à la lécithine la substance inconnue (prolécithide) du venin. Ce toxolécithide, analogue à celui que KYes a préparé au moyen de venin de serpent (dont l'existence est niée par ARRHENIUS), est soluble dans l’eau salée, l'alcool, insoluble dans l’éther.
L'action hémolytique du venin extrait de la peau de crapaud fut établie par Pueuess. Prôscuer l’étudia plus en détail. Il put constater que le principe toxique qu’il appelle
phrynolysine, encore actif à la dilution de sur le sang de mouton, n’est pas
10 000 neutralisé par aucun sérum normal. PrüscHer put obtenir un sérum antitoxique très actif, en immunisant des lapins contre des doses progressivement croissantes de phrynolysine. Cette hémolysine n’exerce qu'une action faible sur le sang d'oiseau, nulle sur celui de la grenouille et du crapaud. La phrynolysine est détruite à 56°.
Kogerr signala l’action hémolytique du venin des araignées (Theridium lugubre Kocu seu LADA lugubris) et des faucheux. Sacus étudia plus particulièrement le venin de ce dernier animal (Epeira diadema), qu’il prépare en triturant l’animal entier dans du liquide physiologique additionné de toluol. La solution contenant le principe toxique, qu’il appelle arachnolysine, est inactivée par le chauffage à 70° à 72°. Elle est hémolytique pour le sang de l’homme, du lapin, du bœuf, de la souris, de l’oie, de la poule; elle n’agit pas sur le sang du cobaye, du cheval, du chien, du mouton. Sacs démontre que les giobules des espèces animales qui ne subissent pas l’action de l’arachnolysine, lui sont imperméables, tandis que ceux des espèces sensibles l’absorbent avidement. Cette absorption est opérée tout aussi activement par le stroma débar-
rassé d'hémoglobine. La combinaison de l’arachnolysine avec le stroma est Dr à l'instar de celle de l’ambocepteur avec le stroma (MoRGENROTH).
SACES a fait un observation très intéressante concernant l’arachnolysine. Il a vu que