DICT. DE PHYSIOLOGIE. — TOME VIU
674 é HYDRATATION.
L'hydrastinine est une substance fluorescente, même dans une: solution au millionième. Elle a des effets analogues à l’hydrastine; pourtant elle semble moins nocive sur le cœur, et la vaso-constriction persiste plus longtemps. L'hydrastine tue en paralysant les ganglions du cœur. L’hydrastinine tue en abolissant l’activité du centre nerveux respiratoire. Enfin on n’observe jamais avec l’hydrastinine les convulsions imparfaites, tétaniformes, qui surviennent dans l’empoisonnement par l’hydrastine (PELLACANI). Il paraît que, même à dose faible, l’hydrastine provoque un peu d’analgésie (Maïs). Les hétérothermes sont, relativement, moins sensibles que les homéothermes (Fazk). On a signalé des cas d’empoisonnement (Mronowski).
Il y a quelque incertitude pour la détermination de la dose toxique. D’après Marrori, l'hydrastine serait toxique à 0,005, pour les grenouilles, à 0,010 pour les souris, et à 0,15 (par kil.) chez les lapins. Toutefois les vaso-moteurs sont tellement sensibles à l’action de cet alcaloïde, que l'injection de 0,01 (par kil.) produit déjà une élévation de pression (SERDJEFF).
DE Vos, en plaçant des grenouilles dans des solutions d’hydrastine, a vu qu'elles meurent lorsque la solution a une concentration supérieure à 0,05 par litre, ce qui représente, évidemment, une très grande toxicité ; car, à cette dose, peu de substances sont toxiques pour les grenouilles. Il a aussi étudié les effets de l’intoxication chronique. D’après lui, il n’y aurait pas d’accumulation, mais plutôt une sorte d’accoutumance. Pourtant, un chien de 3080 grammes est mort au septième jour, aprés avoir recu quotidiennement 0,10 de chlorhydrate d’hydrastinine. Il a, d’ailleurs, constaté que le chien est moins résistant que le lapin à l’action de ces alcaloïdes. Sur des lapins en gestation, l’hydrastine donnée chaque jour pendant un mois n’a pas élé toxique, et n’a provoqué aucun accident.
Ronsse, dans un travail très méthodique, a constaté que l’hydrastinine (à la dose quotidienne de 0,10 d’abord, puis de 0,20) administrée, pendant onze jours, à un singe, n’exerçait aucune modification sur les échanges. Il en a été de même sur les lapins. Sur les pigeons, la dose mortelle a été de 0,03 pour des pigeons de 300 grammes, soit 0,1 par kilogramme. La mort survient dans des attaques tétaniques. Pour RONssE, contrairement à J. De Vos, il y a plutôt accumulation qu'accoutumance.
Notons, en terminant, que, pour G. Poucuer, « la facile altération de l’hydrastine, son mélange possible avec des produits de métamorphose : hydrastinine, hydrohydrastinine, méthylhydrastamide, hydrastinide, et les acides opianique, hémipinique, nicotinique, rendent nécessaire une étude plus minutieuse de l’hydrastine » (Lec. de Pharmacodynamie, 1904, 1v-v, 515).
D'après Marron, l'acide hydrastinique est tout à fait inactif.
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HYDRATATION (Fonction d’). — L'importance de l’eau n’avait pas échappé aux anciens, qui avaient fait de ce composé un des quatre éléments de la nature.
Dans les phénomènes de la vie, l’eau joue un rôle primordial et prépondérant : aucun d’eux ne peut se manifester sans le concours du fluide biologique par excellence. Là où l’eau n’est pas, la vie est absente, là où elle diminue, la vie se ralentit, pour disparaître provisoirement ou définitivement, quand elle vient à faire défaut. La mort
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elle-même, pour accomplir son œuvre de destruction, exige de l’eau : autrement c’est la momification.
Le mouvement incessant de l’eau à la surface de la terre donne à cet astre comme une sorte de vie : la mer occupe plus des trois quarts de sa surface et semble être l'immense réservoir d’où toute vie est sortie. La composition minérale de ses eaux se rapproche beaucoup de celle du bioprotéon (1) !.
De la surface des eaux s'élèvent des vapeurs qui, après s'être condensées en nuages,
en pluie, en neige, principalement sur les hautes montagnes, retournent à la mer après avoir fécondé la terre sur leur passage : des semences l’eau fait sortir les végétaux, ceux-ci, avec de l’eau, du soleil et de l’énergie ancestrale, arrachent le protéon minéral à son apparente inertie, le chargent de potentiel, d’où sortira presque toute l’activité extériorée par les êtres vivants. , L’hydratation doit donc être considérée, en physiologie, comme une fonction primordiale, fondamentale : elle occupe le premier plan, la respiration ne se présente qu'au second. En effet, avant de respirer et pour sortir de la vie latente, la graine ou la spore, d’abord hydratée, puis desséchée, a besoin de se réhydrater pour germer et, même dans l’acte de la fécondation, comme dans celui de la parthénogénèse naturelle ou artificielle, le phénomène initial est une déshydratation suivie d’une réhydratation. (R. Dugois (2)). L'hydratation commande à tous les actes relatifs à la conservation de l'individu et à celle de sa descendance, à la nutrition comme à la reproduction.
I. — Rôle physico-chimique de l’eau. — Pendant longtemps les organismes ont été classés en aquatiques et aériens. Par une ingénieuse généralisation CLAUDE BERNARD (3) tenta de fairé rentrer ces derniers dans la catégorie des premiers : il enseignait que les éléments anatomiques, dont l’agglomération constitue les organismes aériens polyplastidaires ou pluricellulaires aériens, vivent, en réalité, dans un milieu aquatique représenté par le sang et les humeurs, comme poissons dans l’eau. Dans cette conception, les organismes aériens se trouvaient réduits à l’état d’aquariums ambulants renfermant ce que CLaune BERNARD appelait le milieu intérieur.
Il existe, il est vrai, de nombreux organismes aériens qui n’ont ni sang, ni lymphe, ni sève : beaucoup d'êtres monoplastidaires ou unicellulaires sont dans ce cas, mais aussi beaucoup de cellules sont pourvues de suc cellulaire aqueux, dans lequel baigne le bioprotéon proprement dit.
Depuis longtemps, les physiologistes ont reconnu que l’eau n’est pas seulement un véhicule chargé de faire circuler dans les organismes ou autour d’eux les substances servant à la nutrition et à la respiration, de dissoudre les aliments pour les rendre assimilables et les résidus devenus inutiles ou nuisibles pour les rejeter à l'extérieur. En dehors de fa circulation proprement dite, ils ont montré le rôle important que l’eau joue dans les fonctions de locomotion, de préhension, de mastication, de digestion, d’absorption, de sécrétion, dans la transpiration et ia respiration comme modérateurs de la calorification, enfin son rôle mécanique dans les séreuses, les synoviales, le liquide céphalo-rachidien, les canaux de l'oreille interne, etc. Mais ce qui a été trop négligé jusqu'ici, c’est l'étude des propriétés physico-chimiques de l’eau, au point de vue du mécanisme intime des phénomènes qui se passent dans la profondeur du bioprotéon, et qui constituent la fonction d’hydratation proprement dite, la seule dont nous ayons à nous occuper dans cet article.
Dès 1874, et même antérieurement, ainsi que dans de nombreuses publications ultérieures (4), Rapmiëz Dugois a insisté particulièrement sur l'importance qu'il con-
1. En dernière analyse, l'Univers nous apparaît comme formé d’un élément unique incapable de se détruire ni de se créer, mais qui, par ses innombrables et incessantes métamorphoses donne à la Nature son infinie variété, d'où le nom de Protéon : l'énergie et la matière ne sont que deux aspects psychiques d’une seule et même chose. Le 4ioprotéon est ce que l’on nomme communément matière vivante ou encore protoplasme. Cette dernière expression doit être supprimée parce qu’elle désigne des choses fort différentes et pas nécessairement vivantes. Quant au mot « matière », ik n’a plus aujourd'hui de signification précise. Toutes les découvertes récentes relatives à la radio-activité et à la désagrégation de l'atome n'ont fait que confirmer l’existence de l'élément unique, à la fois force et matière, auquel RapnaëL Dugois a depuis bien
des années donné le nom de protéon: V. Leçons de physiologie générale et comparée, 1898. 1e lec., noue
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vient d'accorder au rôle de la chaleur spécifique de l’eau et de divers liquides organiques neutres. Déjà, en 1864, dans l’ordre chimique, SAINTE-CLAIRE DEVILLE avait montré que l’eau, par sa chaleur spécifique, intervient dans les réactions avec une
puissance singulière qu'il mit, le premier, bien en évidence (5). ARMAND GAUTIER à.
donné un exposé très clair de la question dans ses Leçons de Chimie biologique (6). Lorsqu'un corps solide se dissout dans l’eau sans s’y combiner à proprement parler, il absorbe d’abord, aux dépens du dissolvant, la quantité de chaleur qui répond au travail dépensé pour détruire la cohésion de ses molécules ; ainsi séparées, celles-ci se diluent dans la liqueur comme un corps qui s’y volatiliserait. La substance qui se dissout s’approprie donc et rend latente la quantité de chaleur qui correspond à l’abaissement de température causé par la dilution. Ce phénomène important a pour effet d’augmenter le potentiel de ses molécules. L'énergie intérieure, l’aptitude aux combinaisons et au dédoublement du corps, ainsi dissous, s'accroît aux dépens du calorique du milieu, de toute la chaleur disparue transformée en énergie intérieure ou affinité, Les sels, les sucres, les albuminoïdes, en solution, se comportent, en un mot, comme s'ils s'étaient échauffés de toute la chaleur disparue, et, dans certains cas, comme s'ils s'étaient partiellement volatilisés ou dissociés (dissociation en ions d’ARRHENIUS).
Si l’on calcule les températures auxquelles les chaleurs latentes de dissociation pourraient porter les molécules de ces substances, si elles ne se dissolvaient pas, on obtient des nombres qui permettent de juger, comme l’a montré BerrueLor (7), de l’importance de ce phénomène. En divisant la chaleur latente de dissolution rapportée à l’unité de poids de chaque substance par sa chaleur spécifique, on a la température à laquelle la substance, si on lui appliquait directement la quantité de chaleur disparue du fait de la dilution, se liquéfierait. A. GAUTIER (loc. cit.) a donné des exemples de ce calcul, d’où il ressort :1 ° que l’eau agit très diversement sur chaque substance pour les charger, par dilution, d'énergie latente; 2° que, même exception faite des cas de production d’hydrates définis ou d'actions chimiques décomposantes, les sels dissous ne sont pas seulement fondus, mais que les calories absorbées par la simple dissolution sont généralement supérieures à la chaleur latente de fusion; 3° que la quantité de chaleur ainsi disparue augmente, jusqu’à une certaine limite, avec le degré de dilution. Cette chaleur devenue latente, ce potentiel ainsi emmagasiné, tend donc à dédoubler la molécule en produisant des agrégations, des dérivés, des hydrates plus aptes aux combinaisons nouvelles que n’était la molécule première. Elle tend, par exemple, à disso-
cier les sels en acides et bases libres, comme le ferait une chaleur intense. Cette conclusion est confirmée par l’observation des dédoublements nombreux que les sels
éprouvent au sein de l’eau : ils peuvent même être accompagnés d’oxydation, d'hydrogénation. Beaucoup de chlorures se dissocient en oxychlorares et acide chlorhydrique. Les sulfates et les nitrates de mercure, de zinc, de bismuth, se décomposent en sels basiques et sels acides; le borate d’argent se dédouble en acide et en base sous l'effet
de la dilution aidée d’une douce chaleur, etc. Les chlorures de fer, d'aluminium et d’autres sels sont dissociés lentement au sein de leurs solutions. Ce phénomène dure
quelquefois dés semaines avant d’arriver à une limite stable. La lumière parfois hâte
ces dissociations. Les phosphates alcalins, celui de soude, en particulier, sont SES
entièrement dissociés dans les solutions éiéra nes.
La question de masse est très importante : suivant les quantités d’eau ajoutées, les effets ne sont plus comparables : ainsi pour 0,37 d’eau, le chlorure stanneux se dissout avec abaissement de température, mais, en étendant la dissolution, on obtient un oxychlorure.
Dans la préparation des carbonates par précipitation, l’eau déplace une quantité de CO? qui décroit en raison directe de la quantité de carbonate de soude employé. Le chlorure d'aluminium absorbe, en se dissolvant, une quantité de chaleur qui croît avec la dilution de sa solution, si bien qu’à un moment donné ses molécules Cl et Al sont dissociées et séparables par dialyse. Selon la proportion d’eau, l’état de dilution, on peut même obtenir des actions inverses : l’eau peut donner à cerlains ferments zymasiques le pouvoir réversif. D'après Crorr Hizz, la maltase, qui change le maltose en
glucose, peut inversement, en agissant sur une solution un peu concentrée de glycose.
reproduire, non le maltose, mais un corps très analogue, l’isomaltose. Les ferments