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. HYDRATATION. 677

réversifs agissent jusqu'à ce qu’un certain état d'équilibre entre les matériaux fermentatifs et les produits qui se forment ait été alteint, cet équilibre se rélablissant si la limite a été dépassée. é

Les chimistes ont éludié également d’autres liquides ayant une Chalon spécifique différente de celle de l’eau, et capables par leur mélange avec elle de modifier son action physico-chimique dans les phénomènes de dissociation. La dissociation dans l’ean de l’oxychlorure de calcium cesse dès que celle-ci contient 85 grammes de chlorure de calcium formé par litre et à 10° de température ; dans l'alcool éthylique, ce sel cesse de se dissocier lorsqu'il a fourni à son dissolvant, à 15°, 150 grammes de chlorure de calcium ; dans l’alcool butylique, c’est à 16° et à 54 grammes que le phénomène s'arrête; dans l'alcool amylique, à 10° et à 48 grammes par litre; dans l’alcool propylique, de même, etc.

D’autres sels se comportent semblablement. Ces exemples font comprendre comment des corps, en apparence chimiquement neutres et indifférents, peuvent imprimer aux phénomènes intimes des réactions biochimiques, des modifications profondes, ainsi qu'on pourra le voir plus loin, à propos de l’action physiologique des alcools et des anesthésiques généraux.

D’autres considérations, et celles-ci pour leur part, ont abouti à la création de l” « état dilué » de Van T'Horr, qui se complique de la théorie des « Ions » de SwanTE Et appelée à modifier bien des idées en biochimie.

Si l’eau change profondément l'état d'équilibre moléculaire des corps cristalloïdes, ces derniers réciproquement interviennent dans tous les phénomènes physiques, où l’eau joue ce premier rôle : osmose, tonicité, dialyse, diffusion, etc. Ainsi on sait que non seulement l'eau peut devenir un poison pour les cellules vivantes, mais encore que son action est d'autant plus nocive que sa tension osmotique est plus faible, qu'elle tient moins de substance en dissolution, qu’elle est plus pure. Si nous pouvons boire beaucoup d’eau sans grand inconvénient, c’est que notre eau de boisson contient toujours en dissolution des sels, des gaz : acide carbonique, oxygène, etc., qui élèvent sa tension osmotique. On a reconnu depuis longtemps, empiriquement, l’action nuisible de l’eau pure (eau distillée) employée en boisson. Il existe, à Gastein, une source malfaisante appelée « Gift-Brunnen » (source empoisonnée), Or l’analyse révèle que l’eau de cette source est extrêmement pure, plus que l’eau distillée, car elle ne contient aucun gaz en solution. Par suite de sa tension osmolique nulle, elle gonfle et altère les cellules de la muqueuse digestive et agit comme un véritable caustique. L'action nuisible de l’eau très pure des glaciers et des montagnes est due à la même cause (BÉLiarb). La tension osmotique de l’eau est modifiée profondément par l’adjonction à l’eau de liquides organiques neutres, tels que l’alcool, l’éther, le chloroforme, dont la chaleur spécifique est moins élevée que celle de l’eau. Il importe de retenir, pour l'interprétation des faits qui seront exposés plus loin, que l’eau est de tous les liquides celui qui possède la chaleur spécifique la plus élevée : or, d’après la loi de Bécrarn, on sait que le pouvoir osmotique d’an liquide est en raison directe de sa chaleur spécifique. Il est intéressant, comme on le verra ultérieurement, de rapprocher la loi de BécLarp de celle de Ducoxc et Perrr, d’après laquelle les chaleurs spécifiques sont en raison inverse de leurs poids moléculaires. C’est en se basant sur ces considérations et sur des expériences personnelles que RapxaëL Dupois établit en 1870-1876 La loi de toxicité des alcools, confirmée par les recherches de Aunicé et DusarniN-Beaumerz et par divers autres expérimentateurs.

La molécule d’eau, considérée au point de vue chimique plus spécialement, présente d’intéressantes particularités : elle entre et elle sort avec une grande facilité des combinaisons moléculaires : elle forme avec une foule de corps des hydrates chimiquement définis, dissociables sous de légères influences. Un même composé chimique peut former plusieurs hydrates, qui ne se dissocient que successivement à des températures différentes. Tous les hydrates sont, ou basiques, ou acides, ou neutres. Dans les premiers l’eau joue le rôle d’acide; dans les seconds, celui de base. Sous l'influence de zymases hydratantes, déshydratantes, disloquantes, la molécule d’eau se soude ou se sépare, et c’est elle qui bien souvent semble être la clef de voûte de l'édifice moléculaire. On ne peut l'enlever aux sels ammoniacaux, par exemple, sans que ceux-ci se dissocient aussitôt.

Les hydratations chimiques concourent activement avec les oxydations à la produc-

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