‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 41 sur 81 · KES · texte numérisé non relu

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ou si elles s'expliquent par l'existence de zones réflexogènes; cette dernière interprétation, disent-ils, nous paraît toutefois plus vraisemblable » (malheureusement elles sont fausses toutes les deux). « On rencontre, en effet, chez les sujets hyslériques hypnotisés, beaucoup de zones dont l’excitation agit à distance par voie réflexe; d’abord les zones hystérogènes, dont la compression provoque l'attaque d'’hystérie et l’arrête, quand elle est lancée ». C'est encore une tautologie de CHarcor; un point hyperesthésié quelconque, lorsqu'il est fortement excité, provoque une doulenr; cette douleur peut déterminer une attaque, l'hypnose, ou seulement un cri, et quelques mouvements de défense, suivant les dispositions du sujet. Quelquefois une nouvelle pression’ pourra occasionner, ou un second cri seulement, avec mouvement réflexe de défense, ou le réveil, ou même l'arrêt de l'attaque. Mais ce dernier cas est excessivement rare, même quand on est très fortement convaincu de l'efficacité de ce moyen. Il échoue toujours, lorsque cette condition fait défaut, et la pression ovarienne reste également inefficace pour la production de l’attaque, si l'ovaire n’est pas hyperesthésié, ou bien si, tout en étant hyperesthésié, on le presse immédiatement après l'épuisement de l'attaque. Les zones hypnogènes du professeur PiTRes, n’ont pas d’autres significations. Elles peuvent être plus efficaces, seulement à condition d’une association déjà établie, entre la pression d’un point (quelconque) et la production de l'hypnose. « Puis les zones hypnogènes, distinctes des premières, comme siège et comme elfet, dont l’excitation produit et, suivant les cas, modifie, et même supprime, le sommeil hypnotique : viennent ensuite les zones dynamogènes, signalées pour la première fois par l'un de nous, dont l’excitation produit une exagération momentanée de la force musculaire, mesurable au dynamomètre; il existe aussi des zones érogènes, dont nous parlerons plus loin ; enfin Hetpex- AIN, Borx, et en France, Dumonrpazcier et MaGnin, ont décrit des zones réflexogènes, dont l’excilation produit chez les hypnotiques deseffets moteurs, plus ou moins distants du point de la peau qu’on a excité. Chez quelques sujets de HEIDENHAIN, en tirant la peau de la nuque, dans la région des vertèbres cervicales, on produit par action réflexe un gémissement, dû à une expiration sonore : c’est la répétition sur l’homme de la célèbre expérience de Gozrz sur les grenouilles... » Malheureusement cette expérience de Her- DENHAIN est impraticable. Jamais un hypnotiseur, n’ayant aucune connaissance de l'expérience de GoLTz, ne provoquera chez un hypnotisé, également ignorant de cette expérience, un-gémissement particulier, en tirant la peau de la nuque, dans la région des vertèbres cervicales.

Voilà, je crois, une collection suffisante, quoique incomplète, des différentes zones. illusiogènes. | |

9° En face de pareils faits, on peut réellement se demander si l’action des idées inconsciemment préconçues ne s'étend pas davantage, si elle ne dépasse pas le domaine propre de l’hypnotisme ?.. Pour ma part, je n’en doute pas. L'histoire moderne de nouveaux médicaments, de nouvelles méthodes et théories thérapeutiques est là, pour illustrer abondamment les surprises que nous procure cette puissance occulte. Et le domaine sévère de la physiologie expérimentale en est-il libre ? Je crois que, dü moment qu’on expérimente sur un être vivant, on n'est jamais à l’abri d’une influence psychique extériorisée. Aujourd’hui encore on ne croit pas au magnétisme, on considère comme des illusions les faits déjà très nombreux d’une transmission mentale, qui, seule parmi les phénomènes hypnotiques, n’a rien à craindre de l’immixtion d’une tautologie expériméntale, pourvu qu’elle soit libre d’une influence suggestive ordinaire. Lorsque ces faits seront enfin reconnus, il faudra bien faire une révision complète de notre savoir physiologique, à ce point de vue particulier, et alors on verra la différence qu'il y a entre une expérimentation vraiment impartiale et une tautologie expérimentale. « Au fond, dit Cnarces Ricer, rien n’est plus difficile qu'uae impartiale et attentive observation Pour bien regarder, les expérimentateurs doivent oublier tout ce qu'ils ont

appris, et laisser dans l'ombre toutes les théories ». Cela arrive-t-il en pratique?... Et

puis, en supposant cette condition réalisée, ne courrons-nous pas un autre risque opposé? L’abnégation des théories, conduit à un respect exagéré du fait. « Un fait — ditle même physiologiste — bien et complètement observé dans tous ses détails, vaut toutes les théories du monde ». Cette formule était juste avant la découverte de l’hypnotisme, quand on n’avait encore aucune raison pour soupçonner les faits. Aujour-

d'hui, il faut s’en méfier, autant que des théories. Nous venons de voir qu’un fait « bien et complètement observé dans ses détails », peut être faux, étant réellement et objectivement provoqué par une théorie fausse. Et d'autre part, nous avons vu une théorie relativement fausse, (celie de MEsmErR au point de vue de son exclusivité physique et objective) conduire à la découverte d'innombrables faits réels. CH. RicHET n’ignore pas cette possibilité. En parlant des idées de Mayer, il dit lui-même : « Ce n’est pas la première fois qu'entre les mains d’un homme de génie une erreur d'interprétation conduit à une grande découverte. » Soyons donc indulgents pour les théories; tâchons seulement d’en avoir toujours deux de contraires, pour pouvoir se réjouir également du triomphe de l’une et de la défaite de l’autre. Ce qui est vraiment préjudiciable pour le progrès, c'est cette uniformité des théories qui règne en ce moment, et ce respect exagéré des faits, cherchés toujours dans la même direction. Plus d'indépendance de la routine, plus de hardiesse dans la reconnaissance des faits, aussi bien que des théories, et surtout moins de « néophobie » : telle est, je crois, la formule, après la découverte de l’hypnotisme. Je me hâte d'ajouter, que c’est, au fond, celle de mon savant ami.

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