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EN LE SOON HYPNOTISME

causé apparemment par la même Lendance attractive empêchée dans son action, comme une aiguille en fer, arrêtée dans les mêmes conditions, par un obstacle mécanique. Les deux pôles agissaient de même. Pour recommencer cette expérience, il fallait supprimer l'état télanique par un léger massage. Et alors, dans n'importe quelle direction, l'attraction se manifeslait de nouveau. Cette expérience pouvait-elle être considérée comme une preuve de l’action magnétique?

Non, et pour une raison bien simple.

Unbloc de métal, une pierre, un verre, un livre, tenus dans ma main, agissaient de même, ou presque.

Croit-on que c'était alors ma main, tenant ces objets, qui attirait ce sujet? Oui et non. Il est vrai que, sans aimant, elle agissait de même :

mais l’aimant tenu par une autre personne, ou posé tout simplement à côté, sur une chaise, agissait encore de même. Et alors ? A cette époque il m'a été impossible d’élucider la question, non seulement à cause de la grande complexité du phé-.

F1G. 112. — A B, Courbe respiratoire pendant l'hypnose TOMARUES are HUE 5 My Le avant l'éloignement de l'aimant.—B C,La même après Certaines préventions scientifiques,

l'application. — C D, La mème après l'éloignement. dont je ne savais pas me délivrer. Je ne croyais pas à la possibilité d'une suggestion mentale, surtout d’une suggestion mentale involontaire, en partie inconsciente, et copendatt systématisée, systématisée peu à peu (sans trop de conséquence, grâce à mon impartialité relative), par une combinaison des pensées de deux inconscients : le mien et celui du sujet. Enfin, je ne connaissais pas encore, dans ce temps, la force ét l’importance des associations idéo- -organiques. Bref, je Éousidée aujourd'hui ce phénomène “omme un composé de l’action de plusieurs facteurs associés :

1° Une sensibilité réelle du sujet à l’action de l’aimant à distance;

20 Une association consécutive de l'effet produit par cette action avec les apparences d’une autre action différente, mais semblable :

3° La possibilité d’une vue anormale à travers certains corps opaques, vue que je connais aujourd’ hui, et que J ignorais alors;

4.0 te action nt is involontaire de ma part, également étran-

gère à mes idées d'autrefois. F1G. 113. — AB, Courbe respiratoire pendant l'hypnose Aujourd’hui Je saurais peut-être avant l'éloignement de l'aimant. — B C, La même après

mieux disséquer ces influences di- l'application. — C D, La même après l'éloignement.

verses. Malheureusement, les sujets de cette catégorie étant fort rares, une occasion, tout à fait analogue, ne se présenta plus.

Complications de la sensibilité hypnotique. — Jusqu'à ce moment nous avons considéré, pour plus de clarté, la sensibilité hypnotique, comme une et indivisible. Il s’en faut, et de beaucoup, qu’il en soit ainsi. Dès maintenant, nous pouvons y RAR quatre aplitudes différentes :

1° La suggestibilité, c’est-à-dire une faculté passive, qui permet de réaliser les différentes suggestions ou auto-suggestions, positives et négatives. C’est l'imagination,

” opposée à la réalité, modifiant la réalité. A l’aide de cette faculté on ne découvre rien, mais on obtient à peu près tout ce qu’on veut. C’est l’arme la plus active, immédiatement active, entre les mains de l'hypnotiseur ; moyen créateur ou du moins modificateur par excellence; preuve d’une prépondérance fréquente de l'esprit sur le corps, du cerveau sur toutes les fonctions, une immixtion de la psychologie dans la physiologie. Mais, comme je viens de le dire, cette faculté ne découvre rien, et la science hypnotique serait déjà à son apogée, s’il n’y avait que la suggestion.

2° La sensibilité anormale vis-à-vis des influences minimes, généralement considérées comme nulles, mais qui, chez les sensitifs, suffisent pour produire différents effets palpables. Telle est leur sensibilité vis-à-vis de l’aimant, des métaux, des médicaments à distance, des ondes hertziennes, des changements cosmiques et atmosphériques imperceptibles pour la plupart des hommes; enfin vis-à-vis l’action mentale sans signes extérieurs. Cette impressionnabilité non ordinaire permet la découverte de nouvelles vérités ; elle peut servir comme instrument de recherches, instrument excessivement délicat, et malheureusement difficile à manier. Elle ne crée rien; mais prouve l'existence d’influences cachées, obscures, mais réelles.

3° Faculté de dédoublement entre l’action de divers centres nerveux, qui normalement agissent en commun, et principalement entre le cerveau et les centres automatiques. Faculté des mouvements inconscients, plus ou moins compliqués et plus ou moins intelligents; cumberlandisme, écriture automatique, etc. Cette faculté dissèque des actions psychologiques, normalement confondues, ou tout à fait inabordables. Elle peut donc conduire à des observations nouvelles et à une notion moins incomplète des mystères de l’organisalion nerveuse.

4° Faculté de dissociation entre les organes et le principe dynamique qui les anime, qui peut aller jusqu’à des manifestations extra-orga :iques, c’est-à-dire en dehors du corps. Faculté des sujets hypnotisables d’un degré supérieur, appelés médiums proprement dits. Cette faculté, encore insuffisamment connue, nous prépare une révolution complète en physiologie, en psychologie et probablement aussi en physique. Je mentionne cette catégorie spéciale des facultés hypnotiques, étant absolument certain de son existence ; mais je m’abstiendrai d’en donner une analyse, encore prématurée dans un dictionnaire de physiologie. |

Telles sont les divisions principales de la sensibilité hypnotique. Ce n’est d’ailleurs qu’une, esquisse grossière. Dans l'avenir, toutes ces catégories € comporteront de nombreuses subdivisions.

La tautologie expérimentale. — On nomme en arte tautologie, un vice de raisonnement ou de locution, par lequel on redit toujours la même chose, tout en ayant l'air. de dire quelque chose de nouveau. Tautologie expérimentale, signifiera donc le même ee dans une recherche expérimentale. Une expérience, qui tout en ayant lappa-

ence d’une preuve, n’est en réalité qu'une redite d’une opinion préconçue. Avant la oo te de l’hypnotisme, une pareille conception n'avait pas le sens commun. L'expérience était toujours considérée comme une vérification suprême. Elle pouvait combattre une thèse, apparemment bien raisonnée; mais elle ne pouvait pas être fausse en elle-même. Parmi les autres vérités inattendues, l’hypnotisme uous a révélé encore l'existence d’une expérimentation qui ne prouve rien, d’une tautologie expérimentale. Les faits de cette nature abondent, et il nous est impossible d'avancer dans cette étude sans en avoir pris Connaissance.

4. Un jour, DumonTPALLIER me montre une de ses malades, M... Je l’essaie à l’hypnoscope : anesthésie, contracture. Par conséquent elle devait étre Fbiehient hypnotisable. J'essaye de l’hypnotiser, rien. Voyant mon étonnement, DumonrPazuiér dit : « Vous ne pourrez pas l’endormir : elle porte son métal ». À cette époque les plaques métalloscopiques de BurQ étaient considérées uniquement comme des moyens esthésiogènes, Un des sujets s’imaginà que, puisque son métal reconstitue la sensibilité, il doit s'opposer à une action, qui supprime la sensibilité ; et il se fit cette auto-suggestion, consciente ou inconsciente, qu’il ne pouvait pas être endormi avec son métal sur la peau. Dumoxt- PALLIER, après avoir observé ce fait, le « confirma » ensuite sur d’autres sujets, en les suggestionnant involontairement, et il fit sa communication, dans laquelle il « prouve » expérimentalement cette « découverte ». La vérité est que depuis une trentaine d'années

‘ j'hypnotise sans la moindre difficulté des personnes portant continueïlement leurs métaux. On a cru cependant à cet obstacle, car l’idée d’un pareil empêchement confirmait les opinions (en partie Justes) de du ue magnétiseurs quant aux métaux en général. Donc il fallait les enlever du sujet, et n’en’ pas porter soi-même, pour pouvoir magnétiser. Une robe en soie empêchait également la production de l'hypnose. Un magnétiseur, dont je ne me rappelle plus le nom, prétendait même qu'il est impossible d’endormir une personne, qui, étant assise, tient les jambes croisées.

2. Il en fut de même d’une autre loi découverte par DumonTPALLIER : « La cause qui fait, défait ». Il endormait, contracturait, réveillait et décontracturait parle même moyen. Or, comme ce sont toujours la volonté de l’hypnotiseur et l’idée de l’hypnotisé qui jouent le rôle principal, il a suffi qu’elles concordassent à un moment donné, pour produire l'effet attendu. Je me rappelle une jeune fille, que j’essayai en vain d’endormir : voyant à peine quelques traces d’engourdissement au bout d’un temps assez long, je décide de la déshypnotiser, et je souffle sur ses yeux. À ce moment l’action accumulée produisit son effet : elle tomba endormie. Il se forma, par simple coïncidence, une association idéo-organique entre l’image du souffle et l’état hypnotique. A partir de ce moment il suffisait de lui souffler sur les yeux pour l’endormir, el comme, pour la réveiller, je me suis servi du même moyen, j'aurais eu le droit de dire : « La cause qui fait, défait ».

En réalité, dans la grande majorité des cas, le souffle réveille, mais n Sdbre pas. Et il en est de même pour tous les autres moyens He : fixation d’un objet brillant, passes, sensations monotones, vive lumière, musique, etc. Si l’on agit par suggestion, on ne dit pas : « Vous continuerez à dormir », lorsqu'on veut réveiller, mais on dit : « Réveillez-vous »! |

Ce qui n’empêche pas que certains hypnotiseurs ont pris au sérieux cette « découverte » de DumonrPaLLiEer. Elle a même été considérée comme un progrès important. « En démontrant, dit BéRirLon, dès le début de ces expériences, que tous les agents qui ont déterminé une action, peuvent la défaire, et en insistant surtout sur ce fait, que l'agent mis en œuvre est toujours celui qui défait le plus rapidement son action, Dumont- PALLIER fournissait aux expérimentateurs un procédé dont la valeur a été immédiatement reconnue par nous. En effet, cette proposition « l’agent qui fait, défait », est une loi qui, en hypnotisme, ne supporte pas d’exception. » (1).

Il en est ainsi de toutes les créations artificielles de la tautologie expérimentale.

L'observation vraiment objective donne des résultats moins uniformes.

IL y a cependant une trace de vérité dans l’idée de DumonTPALLIER. Comme c’est toujours principalement une association idéo-organique qui produit les différents phénomènes de l'hypnose répétée, c’est comme un instrument à deux tranchants : si À est associé à B, B est associé à A, et par conséquent tantôt À provoque B, tantôt B provoque À. Pour comprendre mieux la réversibilité dans l’action du même moyen, désignons par ñ l’état normal, avant ou après l'hypnose, h l’hypnose elle-même, et m le moyen par lequel on endort. Nous aurons une association par contiguité dans le temps:

m, est donc associé d’un côté avec n, et de l’autre avec h; si on l’associe de nouveau avec m.

n+m+h+m+ fn)

on fera revivre la tendance à reconstituer n avec lequel m fut déjà associé, et il se peut (si d’autres influences et surtout d’autres associations le permettent), que l’adjonction de m à h reproduira n, c’est-à-dire le réveil. Il y a, dans les phénomènes hypnotiques en général, une tendance de ce genre. Rien d’absolu dans la suite des états hypnotiques : mais, si un sujet donné entre d’abord dans un état profond, aïdéique (léthargie), pour passer ensuite dans un état relativement moins profond de polyidéisme actif (somnambulisme), il faudra, pour le réveiller, qu'il entre d’abord de nouveau dans

(4) Encarp BériLLon. Hypnotisme expérimental, précédé d'une lettre-préface de Dumonr- PALLIER, Paris, 1884, p. 145.

ee

HYPNOTISME. Es

l’état aïdéique, car c’est lui qui est associé avec l’état de veille précédent, et non le somnambulisme. Cette observation n’est pas théorique; elle m’a été suggérée par un sujet, d’une façon tout à fait inattendue. J'essaie de le réveiller, et je vois que le réveil tarde à se produire. « Pourquoi ne vous réveillez-vous pas? » — « Il faut que je m'endorme d’abord plus profondément, pour me réveiller », répond le sujet. Et il avait raison. Généralement, ce passage inverse s’accomplit si vite qu’on ne le reinarque pas; mais, si le sujet est un peu fatigué (c'était le cas) le passage se ralentit, et on peut l’observer. Ce détail constilue une des raisons pour lesquelles il est toujours préférable de réveiller lentement, prescription que l’on trouvera chez tous les bons observateurs.

Donc il y a du vrai dans la thèse de DumonrraLLier ; mais ce n’est pas une loi, et dans la plupart des cas il est préférable de se servir d’une association par contraste, et non par contiguité; d'autant plus qu’elle peut être appuyée par certaines influences rationnelles, objectives.

3. DURVILLE, partisan de la polarité, voit au contraire une efficacité spéciale dans des influences contraires. « Le sujet assis, si on lui présente la main droite au front, la tête se porte légèrement en arrière, les paupières s’abaissent et il s’endort. La main gauche, présentée au même point, le réveille. » (Traité exp. de magn., 1895, p. 104). Je n'ai jamais remarqué une semblable différence dans l’action de la main gauche ou droite ; et il est à remarquer qu'un des magnétiseurs les plus autorisés, Durorer, se servit toute sa vie indifféremment des deux.

Je n’ai pas l'intention d’aborder ici en détail la question de la polarité. Elle est très compliquée; mais il est certain que l’assertion de DuRvILLE, que je viens de citer, ne repose que sur une illusion, systématisée dans l'esprit de l’auteur, et répercutée par ses sujets. Un sujet hypnotisé pour la première fois sera, s’il est hypnotisable, hypnotisé indifféremment par l'application au front de la main droite ou de la main gauche. D'ailleurs, il n’y a pas de concordance entre les différents systèmes de polarité qu’on a présentés. Entre DÈècLe et CHAZARIN, qui eux aussi, ont « découvert » la polarité, et DurviLze, il y à même une radicale opposition. Les recherches: indépendantes de Baréry ne sont nullement comparables avec celles de A. ne Rocnas : les sujets de REICHENBACH voient rouge, où les sujets de DurviLze voient jaune.

Ces diverses séries d’études sont-elles tout à fait illusoires? Probablement pas tout à fait, mais le positif y est caché sous une couche si épaisse d'illusions et de contradictions, que le moment ne me paraît pas proche, où ces questions pourront être analysées avec profit. D’après mes observations personnelles, il y a dans l’organisme humain une tendance à la polarité. Elle découle d’abord de la dualité symétrique du système cérébro-spinal, qui fait qu'on peut souvent distinguer (même en dehors de l’hystérie) les personnes malades d’un côté, ayant une maladie de la moitié droite, ou une « maladie gauche ». Plusieurs organes, situés par exemple à gauche, peuvent paraître affectés de maladies spéciales et locales, tandis qu’en réalité ce ne sout pas le poumon gauche, le cœur, la rate, etc., qui sont malades, mais le côté gauche du système nerveux. Dans les cas d’un équilibre pathologique relatif des deux moitiés du corps, il se peut encore que les symptômes se montrent tantôt à droite et tantôt à gauche. La «somme de la maladie » (qu’on me permette cette expression) insuffisante pour occuper en même temps tout le corps, se déplace par moments, et manifeste ce qu’on appelle un « transfert » : il est donc inexact de considérer ce phénomène comme appartenant uniquement à la catégorie des manifestations. hystériques. Un état catarrhal, une douleur rhumatismale, une congestion, peuvent se transférer également (métastase des anciens auteurs). Rien de plus commun, quoique on n’y fasse guère attention, que les transferts spontanés dans le coryza; l’état de ka muqueuse du conduit nasal s’améliore à droite, empire à gauche, et réciproquement. Voilà ce qu'on peut appeler une tendance vers la polarité. Ensuite il y a certaines oppositions primordiales entre les deux côtés du corps, entre la tête et les extrémités, entre les bords interne et externe de la même extrémité, etc. C’est ainsi par exemple qu’en essayant linfluence des métaux je trouve souvent une opposition sensorielle constante entre les deux bords de la main. Pour essayer la sensibilité individuelle aux métaux, j’applique un procédé plus court et plus simple que celui dont se servit Buro. En prenant cette sensibilité dans le

sens favorable à l'organisme, j'ai trouvé que les métaux utiles pour la santé d’un individu lui paraissent plus chauds que les autres. J’examine donc d’abord la première impression que produisent les plaques, posées sur le dos de la main, séparément, l’une après l’autre, et je les partage en deux catégories ; celles qui paraissent plus froides et celles qui semblent moins froides ou chaudes. Ensuite je compare ces dernières, deux à deux, en les plaçant, tantôt l’une plus haut et l’autre plus bas, tantôt l’une au bord extérieur et l’autre au bord intérieur de la main. Or, dans ce dernier cas, il arrive que la différence des sensations caloriques s’efface sous l’influence de la position, et même se renverse d’une facon constante. Par exemple, Pt, Au, Ag, paraissent froids, et Fe, Zn, Sa, chauds, tant qu'on les essaie (évidemment à l’insu du srjet) au milieu du dos de la main; mais, si on les applique deux à deux, l’une au bord droit, l’autre au bord gauche du dos de la main, les impressions changent, la différence spécifique disparaît, et ce: n'est plus la nature chimique du métal, c'est l'endroit où il a été placé qui décide de l'impression; toutes les plaques placées à droite paraissent chaudes, toutes les plaques placées à gauche paraissent froides. II y a donc une sorte de polarité dans la sensibilité cutanée de certains endroits. Mais ce n’est pas une polarité vraie, dans le sens des pôles de l’'aimant. Et si Papus dit : « Le pôle N de l’aimant émane des lueurs blanches, très agréables et fortifiantes pour le sujet » (lequel?) « à l’état de somnambulisme (Luys, Rocnas). Le pôle S émane des lueurs rouges et désagréables pour le sujet. Le pôle N attire le sujet, le pôle S le repousse » (La magie et l’hypnose, p. 28), je considère cette assertion comme une simple tautologie expérimentale. Elle appartient à la même catégorie que les études concernant le « pentagramme » magique.

En somme, quant à la polarité, je crois que, malgré ses exagérations primitives, c'est encore le créateur du magnétisme animal moderne qui en a donné la formule la plus exacte : « Il se manifeste particulièrement dans le corps humain, des propriétés ‘analogues à celle de l’aimant ; on y distingue des pôles également divers et opposés, qui peuvent être communiqués, changés, détruits et renforcés ». (9° Aphorisme ou Proposition de F. À. Mesmer). Ce sont donc des propriétés analogues, mais non identiques, et les soi-disant pôles ne présentent pas une stabilité comparable à celle de l’aimant, car on peut les changer et modifier. Rien d'étonnant qu'on en ait créés tant, et de tout à fait différents. On peut les « fortifier » (par suggestion volontaire ou involontaire), mais on n’a pas la moindre preuve qui permette d'identifier leur action, comme le font certains auteurs modernes, avec celle de la polarité magnétique. Et si DuRvILLE, pour découvrir sa polarité, s’est servi d’une pile électrique (il ne dit pas de combien d’éléments) en approchant du corps du sujet un fil de cuivre, traversé par le courant de cette pile, il a oublié que les courants électriques qui existent dans le corps sont infiniment plus faibles que les courants d’une pile (même d’un seul élément) et que, par conséquent, s'il y a entre eux une action apparente, analogue aux réactions dynamiques de deux piles, ces réactions ne peuvent pas dépendre des courants du corps, mais bien d’influences tout à fait étrangères à une action électro-dynamique quelconque.

ÆEn 1882, ignorant l’histoire du magnétisme, ‘ignorant également les travaux de Brain, CHARCOT imita quelques expériences publiques de Donaro sur une ou deux hystériques, leur donna l’apparence d’une grande, d’une trop grande exactitude, et ramena oute la symptomatologie de l’hypnotisme aux trois états : catalepsie, léthargie et somnambulisme. « Le sujet en catalepsie a les yeux grands ouverts », en réalité il peut les avoir demi-ouverts ou tout à fait clos. On obtient l'état léthargique « par un simple passage dans un lieu parfaitement obscur.» ou «par la simple occlusion des paupières » (car, l’état léthargique étant le contraire de la catalepsie, si cette dernière se provoque: par une vive lumière : accident arrivé à Lucire pe Donaro, il faut bien qu’une obscurité parfaite provoque la léthargie). » Au moment où le sujet tombe en léthargie, on entend «un bruit laryngé tout particulier » (particulier à Wrrrmann), en même temps un peu d’écume se montre sur les lèvres » (je n’ai jamais vu rien de semblable) « l'hyperexcitabilité neuro-musculaire est toujours présente » (chez WiTruann, spécialement éduquée dans cette direction. Chez d’autres elle fait défaut ou se montre également dans d’autres états, et même à l’état normal, à divers degrés. Telle qu’elle a été décrite par: CHarcoT, elle ne se manifeste jamais spontanément. « La contracture ainsi provoquée se résout rapidement sous l’influence de l'excitation des muscles antagonistes » (ou par

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un autre moyen quelconque : un magnétiseur qui ne connaît pas les muscles antagonistes n’obtiendra rien, en les pressant par hasard, mais il pourra obtenir la résolution en pressant les mêmes muscles, si telle est son opinion personnelle). « On produit l’état somnambulique par une pression ou friction exercée sur le vertex « (C'était une pure coïncidence, que l’on s’empressa d'utiliser pour une association idéo-organique, ne sachant pas ce qu’on faisait). Dans le somnambulisme « les yeux sont clos où demiclos » (ou tout à fait ouverts) : « l’hyperexcitabilité neuro-musculaire, telle qu’elle a êlé délinie, absolument caractéristique pour la léthargie, n’existe pas dans Le somnambulisme ».) Rien d'étonnant, puisqu'elle n’existe jamais spontanément). Il suffit d’abaisser les Paupières du somnambule pour le faire passer en léthargie. C'était un écho des anciennes expériences de LaskGue (1866), une banalité hypnotique sans importance, élevée par ce dernier à la dignité d’une nouvelle méthode pour produire l’anesthésie. Dernièrement encore on a discuté là-dessus. Bengorxr, de Vienne, vient de publier une lettre (Revue de l'Hypnotisme, novembre 1908), dans laquelle, tout en accordant la priorité de la découverte à LASÈGUE, il s’attribue un perfectionnement : « Je veux ajouter, dit-il, que j'ai complété la méthode de Lasèeue par une petite pression sur les yeux, exercée avec les doigtst. De son côté Caarcor disait : « Lorsque, chez un sujet amené à l’état somnambulique, on exerce à l’aide des doigts appliqués sur les paupières une légère compression des globes oculaires, l’état léthargique peut remplacer l’état somnambulique ». (Ou inversement, suivant les habitudes prises par le sujet). En réalité, ces trois découvertes se valent ; la pression sur les globes oculaires ne produit rien chez les sujets insensibles à l’hypnoscope, et, chez des sujets nettement sensibles, une pression sur les globes oculaires, sur le vertex, sur le front, les tempes, le menton, etc., produira ce qu’on voudra, pourvu qu’on sache créer, entre ce signe et l’état voulu, une association par l'habitude. |

5°) La preuve hypnotique de la localisation de Broca, donnée par CHarcor, appartient à la même catégorie. Crarcor ignorait sans doute qu’il avait eu un prédécesseur, qui, à l’aide de semblables expériences, avait « prouvé » toute la phrénologie de GaLr. Il s’agit de Brain. Le créateur de lhypnotisme, qui imita Cu. LAFONTAINE, pour démontrer que LAFONTAINE s'était trompé, imita également un autre magnétiseur ambulant et lui donna raison. Cet autre magnétiseur, aujourd’hui totalement oublié, s’appelait SPexcer-HaLz. De sa profession, compositeur d'imprimerie, il parcourait l’Angleterre vers 1842, en donnant des conférences publiques avec démonstrations. Il s’intitulait

phréno-mesmériste. Egalement versé dans la doctrine de Gazz et celle des magnétiseurs,

il les combina spirituellement, et par la netteté de ces expériences réussit à faire de nombreux prosélytes, entre autres Ezciorson, EbuiN Lee et James Brain. Ce dernier les confirma pleinement. En pressant le cuir chevelu, à l’endroit des divers organes phrénologiques, par d’intermédiaire d’un bouchon de liège pour exclure l’action du fluide magnétique, il obtint, chez des sujets convenablement sensibles, toutes sortes d'effets correspondant aux organes touchés.

Il a fallu être assez naïf pour croire, d’abord que par ce moyen on élimine l’action du « fluide », et ensuite que la pression du cuir chevelu communiquée à la peau, celle de la peau communiquée &u crâne, celle du crâne communiquée aux circonvolutions de la substance grise, peuvent mettre en jeu les diverses facultés psychiques des organes hypothétiques dé Gazz et Srurznetm. Mais qu'importe! l'effet était là, et indubitable. L'expérience confirma la doctrine. Seulement, en désaccord avec la « pression » de Brain, SPencer-HaLL perfectionna son système et produisit les mêmes phénomènes sans contast. Une de ses somnambules, exercée à ces expériences, arriva à Paris en

4. Dans uu livre de magnétisme, publié par G: P. Bizcor en 1839, on trouvera entre autres les lignes suivantes : « Vendredi 4 février 1832, à 4 heurés du soir, M1: Laure est endormie de suite par la seule pression de mes doigts sur ses yeux: Incontinent, elle dit : etc. » (Recherches psychologiques, I, 207). Et si un médecin hypnotiseur quelconque désire perfectionner encore et d’une facon vraiment originale la méthode de LasëGue, n'aura qu’à continuer la lecture du passage cité... « Le soir, à 10 heures précises, M. le médecin m'endormira. Il n’est pas nécessaire qu'il vienne ici, ni qu'il me touche; en quelque endroit qu’il se trouve, à l'heure indiquée, il pressera ses yeux, comme il fait sur les miens et je m’endormirai. Une demi-heure après, il m'éveillera en pressant tout de même ses yeux. J'ai dit que l'intention: fait tout en ceci...»

1845. Elle a été examinée par les magnétiseurs parisiens, qui, plus perspicaces que Braïb et CnarcorT, et surtout ayant une meilleure connaissance du magnétisme, ne se sont pas laissés prendre aux apparences. Voici comment le Journal du Magnétisme de lFépoque décrit ces essais : « La magnétisée est assise, le magnétiseur lui dirige sur la tête, sans contact et à quelques centimètres de distance, un doigt à l'endroit qui correspond à l’organe phrénologique qu'on veut surexciter. Dans le cas qui nous occupe, c’est l'organe de la vénération qui a été désigné, quoique la patiente ne connaisse pas le français : les indications sont données par écrit au magnétiseur (précaution qui n’a jamais élé prise à la Salpêtrière) : la patiente presque instantanémentse jette à genoux. Sur une autre indication, le doigt fut dirigé sur l’organe de la mélodie, et un chant religieux anglais fut aussitôt entonné, puis interrompu par un rire immodéré, causé par la stimulation de l’organe de la gaieté. Sur la demande de M. Marniu, on fit recommencer le chant pour l’interrompre à volonté. L'expérience réussit. La combativité stimulée fait entrer la patiente dans une colère extrême contre le magnétiseur : elle se lève avec fureur, lui met une main à la gorge, tandis que de l’autre elle tient une chaise pour l'en frapper. Mais le doigt dirigé sur la bienveillance fait cesser cette exaltation par degrés, jusqu’au calme parfait. L’estime de soi vient ensuite; la magnétisée se lève, marche, prend des attitudes dédaigneuses, et critique avec amertume l'exécution d'un morceau de musique, qu’on entend à l'étage supérieur. M. CRUXEN demande à procéder lui-même ; sur l'affirmation qui lui est donnée, il agit sur la destructivité, la magnétisée le saisit aussitôt par l’habit, qu’elle tire avec force en sens divers, de manière à le déchirer. Puis, tout à coup, elle quitte l’habit, porte la main à la montre, qu’elle enlève avec une dextérité étonnante. Le docteur dirige alors son action sur la vénération:; l’habile voleuse remet la montre où elle l’a prise, se repent et commence à pleurer, mais, en stimulant la gaieté, le calme revint sur ses traits... » Séance. du # septembre. — Relativement aux expériences phréno-mesmériques, qui ont rempli la séance précédente, l’opinion générale de la Société est que la volonté seule est tout dans le développement de ces curieux phénomènes : qu’ils se produisent indépendamment de toute connaissance phrénologique ou idée. de location cérébrale. La direction du doigt sur l'organe phrénologique est insignifiante : bien plus, on peut développer un sentiment, en dirigeant le doigt sur un organe diamétralement opposé. »

Il se peut que le sujet en question fût réellement sensible à l’action de la volonté, non exprimée verbalement. Ce qui est certain (car ce détail est mentionné dans le journal), c’est qu’il fut sensible à l'approche de la main. Or les sujets de cette catégorie ne sont pas bien rares, et une pareille sensibilité suffit, — en supposant la connaissance de la phrénologie — à faire naître une association entre l'excitation d’un point déterminé et un groupe de sentiments. Elle expliquerait alors les phénomènes indiqués, sans une action mentale. À *

6° À peu près à la même époque, il y eut dans les journaux magnétiques une vive discussion au sujet de l’analgésie provoquée, en somnambulisme. Les uns prétendirent qu’elle persiste après le réveil, d’autres qu’elle disparaît avec le réveil, et que, par conséquent, les expériences d’insensibilité hypnotique constituent une pure barbarie. Il semble qu’une pareille question soit facile à résoudre expérimentalement. Certes : mais le malheur est que les expérimentateurs des deux camps obtenaient constamment des résultats contraires. Les sujets des uns ne sentirent rien, malgré le réveil; les autres se plaignirent de vives douleurs. Pour ma part, je n’ai jamais okservé ce dernier cas. Une de mes somnambules, opérée par CHrwar dans un état aïdéique, ne savait même pas, dans l’état consécutif au somnambulisme, que l'opération fût déjà faite, et encore moins à l’état de veille. Je crois donc que lanalgésie persistante est, sinon la règle, du moins le cas le plus fréquent, et que, si certains hypnotiseurs l’ont vu toujours disparaître après le réveil, c’est uniquement parce que leurs croyances, leurs craintes surtout, réagissaient sur leurs sujets. « Veuillez et croyez » disait PuyséGur, et il avait raison. Quoi qu’on en dise, c’est la formule scientifique de l'hypnotisme. Elle m'a paru ridicule dans le temps : je la trouve exacte aujourd’hui.

7° Ayant mentionné Puyséeur, je ne puis laisser passer sous silence une importante tautologie expérimentale, répandue par cet auteur, qui était pourtant un excellent observateur. Elle persiste encore, et les auteurs, directement ou indirectement sugges-

tionnés par lui, obtiennent des preuves expérimentales en faveur d’une idée fausse, On se rappelle, que, dans ma polémique avec l’éminent professeur PIERRE JANET, concernant la nature pathologique de l’hypnose, je lui avais accordé un argument sérieux en faveur de sa thèse. Cet argument, le voici : C’est un « fait », au sujet duquel P.JANET n'a pas le moindre doute : il le croit seulement aanont connu, quoique de très grande importance : « quand l’hystérie guérit sérieusement, et non pas seulement en apparence, le somnambulisme et la suggestibilité disparaissent ». (Automatisme, p. 446).

Voilà réellement une proposition de grande importance. Si elle est vraie, tous mes arguments en faveur de l'indépendance de la sensibilité hypnotique, comme d’une aptitude sui generis, anormale, mais non pathologique, tombent : l'hypnose reparait de nouveau comme une simple modification de l’hystérie et doit être considérée, sinon comme une névrose toute faite, au moins comme une diathèse hystérique. Je ne vois même pas de raisons suffisantes pour conserver les restrictions de P. Janer lui-même, qui dit : « Faut-il s’arrêter là, et soutenir que le somnambulisme n’est rien d’autre qu'une manifestation de l’hystérie? c’est une opinion qui serait bien exagérée.. » Exagérée ou non, elle serait juste en principe, si seulement le fait était vrai.

Mais il n’est qu’une tautologie expérimentale. La disparition de la sensibilité hypnotique après guérison complète de l’hystérie (ou d’une autre maladie quelconque), n’a jamais été observée que par des hypnotiseurs qui se sont imaginé cela. Et c’est un fait extrêmement curieux que cette idéoplastie négative, suggérée involontairement; car elle prouve jusqu'où peut aller la puissance occulte de la tautologie expérimentale.

L'erreur remonte encore à Mesmer. C’est lui qui, le premier, en sa qualité de médecin, jugeait maladif ce qui n’était qu’anormal. Lorsqu'un malade ne réagissait pas à ses manœuvres, il le déclarait exempt d’une maladie nerveuse, et, en conséquence, pensait qu’un homme atteint d’une maladie nerveuse et guéri, ne devrait plus être influencable. Il paraît qu’il modifia ensuite son opinion; mais, considérant toujours le somnambulisme provaqué comme une crise, il croyait que cette crise n’avait plus de raison d’être lorsqu'il n’y avait plus de Halde.

Quoi qu’il en soit, il suggestionna dans ce sens ses élèves, et parmi eux Puyséeur, le principal propagateur de cette idée. IL n'avait pas besoin de les. suggestionner à son tour dans le sens propre du mot, car, comme nousle savons déjà, le oi voulut que son premier sujet fut sensible à l’action mentale, et puis il faut savoir que, si une action mentale directe et immédiate est fort rare, une action lente, indirecte, retardée, est très

commune dans l’hypnotisme. Une fois que sa conviction fut cristallisée, elle réagissait sur ses malades sans qu’il s’en doutât, lui apportant de nouvelles « preuves expérimentales ».. de son idée préconçue. On la retrouve chez plusieurs auteurs qui ont subi l’influence du sorcier de Busancy. C’est ainsi par exemple que Despine dit « les effets du somnambulisme sont nuls chez les personnes bien portantes » (Somn., p. 131). P. JANET a-t-il lu Puyséqur? Je ne sais; mais en tout cas il a lu Desrie, et, s’il croit tout de même avoir agi en observateur absolument impartial, cela peut tenir à une de ces désagrégations entre le moi conscient et inconscient, qu'il a si bien mis en relief dans son livre sur l’automatisme. Et il ne faut pas oublier qu’un de ses sujets principaux (comme j’ai eu l’occasion de m’en assurer personnellement) était directement et immédiatement influençahle par l’action mentale. D'ailleurs, comme preuve que P. Janer ne fut pas toujours à l'abri d’une influence suggestive inconsciente, qu’il me permette de citer le détail suivant : après la publication des trois états classiques de CHarcor, P. JANer a cru faire mieux, en découvrant l'existence de neuf états différents dont il a publié la description détaillée dans la Revue scientifique. N'y voyant qu'une création artificielle, dans le genre de celle de CHarcor, je priai P. Janer, à l’occasion de mon séjour au Havre, de provoquer cher LÉONIE un 4 ces états, dans lequel, suivant lui, la catalepsie est impossible à à obtenir. Ce qu'il fit avec complaisance. Prenant alors la main de LÉéoNIE, je soulève son bras, et, sans rien dire, je m’imagine fortement que ce bras va rester en l’air. Quelques secondes ont suffi, pour que la catalepsie se déclarût : le bras resta en l'air, et conserva les positions que je lui imposai. Je n’avais qu’à imaginer le contraire, pour que le bras, légèrement soutenu par ma main, retombât de nouveau inerte. Et il n’est même pas nécessaire d’invoquer, dans tous ces cas, la

suggestion mentale, car le sujet peut être suggestionné mécaniquement par l’attitude de la main, que le magnétiseur croie ou non FRS à la DOFAINON, comme dans les expériences de cumberlandisme:

En résumé, je considère la disparition de la sensibilité hy ANA QE (en dehors des oscillations naturelles de cette aptitude) comme un phénomène suggéré, ne l'ayant jamais observé dans d’autres condilions. « Les malades nerveux, dit GEssmanw, qui, à l’aide de la méthode hypnotique, ont été délivrés de leur mal, conservent, sans aucun changement, leur aptitude à l'hypnose ». (Magn. und Hyp., p. 68).

Et il a raison. Tant qu'il n y a pas de suggestion contraire, la sensibilité persiste. Je dois ajouter que, d’autre part, j'ai vu la sensibilité hypnotique s'’affaiblir notablement à la suite d’une maladie, ou d’une aggravation dans la maladie existante.

8° La facilité avec laquelle on obtient des contractures, chez des sujets prédisposés, a été un des principaux moyens d'études pour les hypnoliseurs modernes et la principale source de toutes sortes d'erreurs. On pourrait composer un volume, rien qu'en citant les diverses découvertes illusoires auxquelles elle a donné lieu. On a imité les expériences de Doxaro et de Hansen, en s’efforcant de leur donner plus d’exactitude. Mais, faute d’une connaissance spéciale du terrain — connaissance que possédaient Hansen et Donaro — et par ignorance de l’histoire du magnétisme, les chercheurs ont été amenés à une tautologie expérimentale sans valeur. « L’aptitude à la contracture par excitation cutanée, Heat Bixer et Féré, est en général répandue sur toute la surface du corps. Mais il est possible de la Hot à une région déterminée, en excitant de diverses facons les téguments du crâne » (p. 94). Illusion! IL n’y à aucun rapport entre les téguments du crâne et la contracture de divers membres.

Mais ‘on peut former une association idéo-organique entre la pression des divers points de la tête (ou de la plante des pieds) avec la contraclure d’un muscle déterminé, ou encore avec l'impossibilité de la contracture d’un musele déterminé. C’est ainsi peut-être que ViGouroux, ayant échoué dans un premier essai à produire [a contracture du deltoïde (tandis qu'il produisit facilement la contracture d’autres muscles), s’imagina que ce muscle possède une résistance spécifique, et, en conséquence, il n'a plus pu obtenir la contracture du deltoïde, qui en général s'obtient plutôt plus facilement que les autres.-Nous avons vu que les sujets de DumonrraALuiER devenaient réfractaires avec leur métal sur la peau. Certains magunétiseurs ne peuvent pas endormir une personne en robe de soie, et DurviLLe ne peut pas contracturer un membre s’il lui présente la main en « position hétéronome ». « Si, pendant qu'une grande hypnotique

— continuent Bixer et FÉRÉ — est en léthargie ou en catalepsie, on fait la friction

du vertex, le sujet entre en somnambulisme total, et toutes les parties de son corps acquièrent l'aptitude aux contractures cutanées » (Il ne l’acquiert pas, il l'avait déjà). « Si on fait la contracture latéralement, sur un seul côté de la tête, on provoque un

hémi-somnambulisme, localisé au côté du corps correspondant : l’autre moitié ne change . P

pas d'état; on à un hémi-somnambulisme, associé à l’hémi-léthargie ou à l’hémi-catalepsie ». (Cest vrai : seulement les mêmes phénomènes peuvent être obtenus par une friction du côté opposé, si l’on a la conviction qu'en agissant sur le cerveau on doit obtenir une action croisée et si l’association idéo-organique s'est formée en sens contraire. Tel est le cas de DumonrpaLLierR qui exerçait la pression sur les centres moteurs). « Si enfin, au lieu de faire une friction élendue du vertex, on pratique une forte pression avec le doigt, ou un corps mousse (!), sur certains points du cuir chevelu, qui semblent en rapport avec les centres moteurs — c’estle phréno-mesmérisme de SPENCER- Hazz modernisé) — on détermine le somnambulisme partiel du membre; donc le centre moleur paraît avoir été impressionné. On peut ainsi somnambuliser isolément une moitié de la face, un bras, une jambe, ou les deux bras, les deux jambes, la totalité de la face. Il est même Han de déterminer le somnambulisme isolé de la partie supérieure de la face (!) en excitant un point du crâne situé au-dessus d’une ligne horizontale, passant par l’arcade sourcilière, et en arrière d’une ligne ATEN passant en arrière de l’apophyse mastoïde, etc. » Est-ce assez scientifique, comme précision? Les auteurs en sont enchantés. « Par leur précision, disent-ils, ces expériences sont à l'abri de la fraude ». (De la fraude, oui, de l'illusion, non). Les auteurs n’ont qu'un doute : ils ne savent pas « si ces expériences sont une confirmation des localisations cérébrales,

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