J. OCHOROWICZ
HYPNOTOXINES. — Nom donné par P. Porrier el CH. RICHET aux toxines produisant des effets de coma et d’hypnose avant de déterminer la mort. (Ejfets physiologiques du poison des filaments pécheurs et des tentacules des Célentérés. Hypnotoxine) (C. R., cxxx1v, 1902, 247-248).
HYPOGLOSSE (Nerf grand), — Gauex rangea déjà ce nerf au nombre de ceux qu’il appelle duri et motorii et en fit le nerf moteur de la langue, réservaänt au seul lingual la faculté de transmettre les impressions sapides. Par contre, BoERHAAVE, se fondant sur ce que l’hypoglosse est exclusivement destiné à la langue, tandis que la 5° paire se distribue à diverses autres parties, regarda le premier comme chargé des fonctions gustatives, tandis que le lingual ne servirait qu’à des mouvements musculaires. Wizzis adopta une opinion intermédiaire : l’hypoglosse, quoique présidant surtout aux mouvements de la langue, n’en aurait pas moins de l'influence sur le goût. VIEUSSENS, MorGAGxi, entre autres, professèrent la même opinion (Lon@er, T. P., 1869, 1, 584). L'anatomie, l’expérimentation, les observations pathologiques ont donné raison à GALIEN. L
Origine réelle et centre cortical de l’hypoglosse. — L'origine réelle du nerf de la 12° paire se trouve dans une longue colonne de substance grise, située en partie au devant et au dehors du canal central, dans la moitié inférieure du bulbe, en partie directement en dessous du plancher du 4° ventricule, de chaque côté de la ligne médiane. Gette partie supérieure de la colonne correspond à ce que l’on appelle l'aile blanche interne ou trigone de l’hypoglosse. Dans le sens vertical Les limites du-noyau sont assez exactement indiquées par deux plans horizontaux qui rasent les deux extrémités de l'olive bulbaire.
De grosses cellules multipolaires constituent le noyau représentant un -prolongement du groupe cellulaire antéro-interne des cornes antérieures de la moelle. Leurs axones vont former les racines du nerf. Quelques-unes de leurs dendrites ou prolongements protoplasmiques vont souvent jusqu'à atteindre le noyau de l'hypoglosse du côté opposé et donnent:-lieu ainsi, par leur entre-croisement, à la formation d'une commissure particulière, la commissure protoplasmatique, analogue à celle qui existe le long de la moelle épinière entre les cellules radiculaires des nerfs rachidiens (GayAL). :
Existe-t-il un entre-croisement entre les fibres radiculaires du nerf? Admis par OBERSTEINER, il a été nié par KæzLuirer et Mararas Duva. Les recherches de MinGazzinr
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(1890) ont en effet montré qu'après l’arrachement ou la section de l’hypoglosse l’atrophie est limitée au noyau du côté correspondant. Déjà avant cet auteur, Ganser, Mayser, GUDDEN (cités par BECHTEREW, Les voies de conduction du cerveau et de la moelle épinière, 1900, p. 235) étaient arrivés au même résultat, en employant la même méthode. Van GEHUCHTEN, qui avait admis chez le poulet une décussation partielle, conclut maintenant de ses expériences que toutes les fibres de l’hypoglosse sont des fibres directes. Après la section de ce nerf, chez un animal quelconque, on n’observe les modifications réactionnelles connues sous le nom de chromalyse que dans les cellules du noyau du côté correspondant, landis que toutes les cellules du noyau opposé restent normales. Si l’on arrache l’un des nerfs, ce qui amène non plus seulement la chromolyse, mais la disparition des cellules d’origine, on trouve que toutes les fibres envahies par la dégénérescence wallérienne indirecte (dégénérescence rétrograde de certains auteurs) proviennent de la masse grise du côté correspondant, et qu'aucune d’elles ne se laisse poursuivre Jusque dans le noyau du côté opposé (Anat. du syst. nerveux, 1900, 529).
M. Duvaz avait décrit à la 122 paire deux noyaux, l’un principal, l’autre accéssoire, situé un peu en avant du premier et s'était appuyé sur l'observation pathologique pour localiser dans le premier le centre des mouvements nécessaires à l’articulation des mots, dans le second celui de la déglutition (B. B., 1879, 239). Un autre noyau accessoire constitué par un îlot de cellules situées à la face externe du noyau principal a été attribué par Rozrer à l’hypoglosse. Mais la participation de ces noyaux accessoires à la formation du nerf n’est plus guère admise et le noyau de ROLLER serait un noyau yaso-moteur.
Les altérations réactionnelles des cellules de l’hypoglosse à la suite de cancers de la langue ont permis à C. Parnon et M. Gornsreix (Roumanie médicale, 1900, n°° 1-2) puis à PARHON et J.PApinraN (Semaine médic., déc.1904) de reconnaître dans le noyau de la 12° paire
une série de groupements secondaires, dont chacun représenterait un centre distinct
pour un ou plusieurs muscles de la langue. Les expériences de Kosaka et Jagira (Jahresb. f. Psych. und Neurol., 1903, xxiv, 150, cités par Parnon et Papinran) les ont conduits aux mêmes résultats. Nous ne pouvons que renvoyer aux mémoires de ces auteurs pour ces essais de localisation. 2
Nées de leur noyau, les racines de l’hypoglosse se portent en avant et en dehors en passant entre Le réseau central et le réseau latéral du bulbe, puis entre l’olive et le corps para-olivairé interne et émergent, comme les filets moteurs radiculaires des nerfs rachidiens, au niveau du sillon collatéral antérieur, entre la pyramide antérieure du bulbe et l’olive. | |
Les cellules radiculaires de l’hypoglosse sont en relation au moyen du faisceau pyramidal et particulièrement de son faisceau géniculé avec le centre cortical de ce nerf localisé au niveau de la partie inférieure de la circonvolution frontale ascendante. Hocne, Romanow (cités par BecaTEREw, loc. cit., 369) ont suivi le trajet des fibres pyramidales depuis l'écorce jusqu’au noyau bulbaire. L’expérimentation physiologique démontre d’ailleurs que chacun des centres corticaux de l’hypoglosse doit être en connexion aussi bien avec le noyau du côté correspondant qu'avec le noyau contro-latéral. Les expériences de Bsevor et Horszey, et les figures qui les illustrent font voir aussi que ce centre est relativement étendu et s’irradie à toute l’aire faciale de l'écorce aussi bien chez l’orang (Philosoph. Trans., 1890, azxxx1, 129) que chez le macaque (Ibid., 81).
Les deux physiologistes anglais ont fait une analyse minutieuse des mouvements de la langue produits par l'excitation des centres corticaux de l’hypoglosse chezle bonnet chinois, et les divisent en : 1° mouvements à représentation corticale bilatérale, 2° mouvements à représentation unilatérale.
Les premiers sont ceux qui restent les mêmes et se font dans le même sens : que l’on excite soit l’un, soit l’autre hémisphère. Ils comprennent les mouvements de protraction directe et de rétraction directe. Quel que soit en effet le centre que l'on excite, après avoir sectionné la langue sur la ligne médiane, chacune des deux moitiés de l'organe exécute exactement le même mouvement, soit en avant, soit en arrière, et avec la même vigueur.
Les mouvements à représentation unilatérale-sont 1° celui de protraction avec déviation de la pointe vers le côté opposé; 2 celui de protraction, la pointe restant du côté