‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 53 sur 81 · FŒTUS D'AGNEAUX · texte numérisé non relu

FŒTUS D'AGNEAUX

Poids Poids Diamètre : Diamètre Diamètre du cerveau. de l'hypophyse. antéro-postérieur. ‘ transverse. vertical. we gr. miilim. millim. millim.

796 HYPOPHYSE.

li est facile de constater en jetant les yeux sur ce tableau que l’hypophyse est un organe dont le développement est Et et par conséquent r ne suit pas l’évolution de l’encéphale.

Chez les carnivores tels que le chat et le chien, l’hypophyse est relativement petite.

Chez le chat, elle est sphéroïde et à la grosseur d’un petit pois : la tige pituitaire est très courte.

Chez le chien, sa forme est celle d’un cône aplati à base dirigée en haut : comme chez le chat, la tige pituitaire est très courte, ce qui fait que l’organe paraît comme collé à l’infundibulum. Sa coloration est jaune rougeûtre.

Ses dimensions et son poids varient nécessairement avec la taille de l'animal. Cu. Livox a trouvé que pour des chiens de 6 à 10 kilog. le diamètre transverse était de 0,006 millimètres, le diamètre antéro-postérieur de 0,004 millimètres et le diamètre vertical de 0,002 millimètres; le poids de 0,040 milligrammes; pour des chiens de 20 kilog. le diamètre transverse de 0,008 millimètres, le diamètre antéro-postérieur de 0,006 millimètres et le diamètre vertical de 0,003 millimètres; le poids, de 0,094 milligrammes.

Chez les rongeurs, l'hypophyse est assez volumineuse. Chez le lapin, elle est à peu près sphérique, de couleur rougeâtre. Ses dimensions moyennes sont de 0,003 millimètres dans les deux diamètres, transverse et antéro-postérieur, et 0,0025 pour le diamètre vertical; son poids est de 0,018 milligrammes pour un encéphale d’un poids moyen de 85,419 milligrammes (On. Livon). Ficera, Srieba, LEONHARDT ont donné comme poids de T'hypophyse du lapin de 0,015 à 0,025 milligrammes: Horwersrer, de 0,016 à 0,022 mil- Higrammes; GLey, 0,020 milligrammies.

Chez le cobaye, l’hypophyse présente à peu près les mêmes caractères que chez le lapin; de couleur jaune-rouge, elle a la forme d’un cœur, et son volume est relativement plus grand puisque, sur ce petit animal, ses diamètres et son poids sont à peu près identiques, 0,003 à 0,004 millimètres pour les deux diamètres, transverse el antéropostérieur (Cu. Livon) et 0,015 milligrammes pour le poids moyen (FicHERaA). À

ALEZAIS, qui à étudié le développement de l’hypophyse chez le cobaye, a trouvé pour des animaux de plus en plus gros, comme poids moyen et comme poids comparé à 100 grammes d'animal les chiffres suivants :

Poids Hypophyse.

de l'animal. Poids moyen.

grammes. ; eur 100:

Étudiant l’évolution de l'organe, il constate que, comme le reste du système nerveux, l’hypophyse, chez le cobaye, est remarquable par la précocilé de son développement; mais qu’à partir du premier mois, au lieu de continuer à décroître comme le reste du système nerveux par rapport au poids et à la surface du corps, elle reste à peu près proportionnelle à la surface comme plusieurs autres organes (rate, reins). De nerveuse son évolution devient glandulaire.

Le tableau suivant indique pour des animaux, divisés en quatre groupes suivant leur développement : dans la première colonne, le poids absolu moyen de l’organe ; dans la seconde, sa proportion pour 100 grammes du poids du corps ; dans la troisième, sa proportion par décimètre carré; dans la quatrième, sa proportion pour 100 grammes de muscle. La surface .du corps étant calculée d’après la formule de Meex, est en décimètres carrés, dans ces quatre groupes, de 1,84, 4,40, 6,57, 8,38. Le poids des muscles est successivement de : 25, 75, 155, 239 grammes.

HY POPHYSE, 797 Hypophyse.

— DT HT nes

Poids des Poids absolu. Par 100 gr. Par déc. carré. Par 100 gr.

cobayes. de muscles.

grammes.

Chez le rat, l’hypophyse est volumineuse relativement, comme l’indiquent les chiffres suivants donnés par Ca. Livox, d’après ses mensurations sur le rat noir (mus rattus) ou sur le rat gris (mus decumanus) surmulot.

Elle est presque sessile, de couleur rougeûtre, lenticulaire, à grand diamètre transverse.

Poids © Poids Hypophyse:

des du Diamètre * Diamètre Diamètre rats. . cerveau. Poids. transverse. antéro-postérieur. vertical.

grammes. grammes.

169 1,641 0,009 | 0,004 0,0025 0,001 137 1,580 0,005 0,004 0,60025 0,08HnE 178 1,670 0,005 0,004 0,0025 0,0015 189 1,715 0,007 0,004 0,003 0,002 253207 ‘ 1,609 0,005 0,0035 0,0025 0,0015 153 1,566 0,004 0,0025 0,0025 0,0015 119 1,680 0,004 0,0025 0,0025 0,0015 102 1,55% 0,003 0,002 0,002 0,0015 131 1,655 0,004 0,003 0,003 0,002

De ce tableau on peut déduire les moyennes suivantes : pour un rat de 148 grammes dont l’encéphale pèse 18,629 milligrammes, l’hypophyse a un poids moyen de 0,005 milligrammes et les dimensions de 0,0033 pour son diamètre transverse; 0,0025 pour son diamètre antéro-postérieur et 0,0015 pour son diamètre vertical. .

Il est important d’ajouter que, dans l’étude d’un organe comme l’hypophyse, au point de vuc de son poids absolu, comme de son volume, on doit tenir toujours compte du développement des animaux sur lesquels portent les observations, ce développement variant beaucoup suivant les espèces, surtout celles qui sont employées le plus communément dans les laboratoires, chiens, lapins, cobayes. | que soient la forme, la position et les rapports de l'hypophyse chez les vertébrés que naus avons passés en revue, un fait anatomique général, c’est qu’elle est formée de deux portions bien deteste l’une postérieure et l’autre antérieure. La postérieure, en continuité directe par le tuber cinereum avec la substance cérébrale et que l’on appelle pour cela lobe nerveux ou postérieur, de couleur plutôt grisâtre; l’antérieure de nature épithéliale, que l’on désigne sous le nom de lobe glandulaire ou lobe antérieur, dont la couleur jaune rougeâtre la distingue du lobe postérieur. Ces deux parties se voient très nettement sur une coupe sagittale de l’organe. |

Chez tous les animaux, le lobe nerveux est plus petit que le lobe glandulaire qui quelquefois l’entoure complètement. Le lobe nerveux occupe alors la partie centrale de l’organe comme chez les poissons.

Chez la grenouille, le lobe nerveux est petit, il est tout à fait accolé au plancher je 3° ventricule.

Quant au lobe épithélial, ni est formé lui-même de deux parties : l’une, mince, qui est en contact immédiat avec le lobe nerveux; et l’autre, présentant un développement plus grand, séparée de la première par une fohte

. On relrouve la même disposition chez les reptiles. Chez les oiseaux, les deux portions sont bien distinctes. ts la poule et l’oie, elles

‘ sont séparées par du tissu cellulaire lâche.

Chez les mammifères, ces deux parties existent toujours, mais avec des dispositions variées suivant les animaux.

“. , , 4 RE ÿ Chez le cheval, le lobe nerveux, qui se continue avec la substance cérébrale, est cen-

798 HYFOPHAYSE.

tral. Le lobe épithélial l'entoure complètement, sauf au niveau du pédicule, il est plus épais en avant et en bas qu’en arrière et en haut (Pauzesco). Cette portion épithéliale est, elle-même, formée de deux portions : l’une, médullaire, en contact direet avec le lobe nerveux;-l’autre, corticale ou périphérique, qui entoure la précédente à la partie supérieure et antéro-inférieure. Ces deux parties distinctes par leur structure ne sont pas séparées par une fente.

Chez le veau, la disposition générale est la même, seulement les deux portions du lobe épithélial sont séparées par une fente.

Chez le mouton comme chez l'agneau, le lobe nerveux est à découvert à la partie supérieure. Le lobe épithélial est constitué par deux couches, l’une médullaire, l’autre corticale ; la médullaire est très réduite, une fente la sépare de la corticale, beaucoup plus développée.

Chez le lapin, comme chez les bovidés, le lobe nerveux occupe la portion postérieure et supérieure de l’organe, il est à découvert en arrière et en haut. En avant et en bas, il est entouré par le lobe épithélial dont les deux portions, médallaire et corticale, ne sont pas séparées par une vraie fente. |

La disposition est la même chez le cobaye.

Parmi les carnivores, le chat présente la disposition suivante. Le lobe nerveux est renflé en massue dans l’hypophyse même. Ce renflement présente en son milieu une cavité, qui n’est autre qu'un prolongement du troisième ventricule par le pédicule. Ce lobe nerveux est entouré de tous côtés par le lobe épithélial, formé de deux portions bien distinctes; l’une, médullaire, appliquée contre le renflement nerveux; l’autre, corticale, séparées par une fente qui entoure le lobe nerveux dans toute son étendue et va presque jusqu'au pédicule où elle forme un cul-de-sac au point où la substance médullaire se réunit à la substance corticale. Comme chez les autres animaux, ces deux portions, ainsi que nous le verrons plus loin, se différencient par la nature des cellules qui les constituent.

Mais chéz cet animal il existe une particularité, En arrière et en bas, la portion corticale du lobe épithélial fait défaut, et la portion rmédullaire en ce point est en contact direct avec le périoste de la selle turcique auquel elle adhère. Aussi; lorsque l’on soulève le cerveau, le pédicule nerveux peut-il se déchirer, et le lobe nerveux, revêtu de la portion médullaire épithéliale, restera dans la selle turcique, tandis que la portion corticale où glandulaire reste attachée au cerveau qu'elle suit.

L'hypophyse du chien a de grandes analogies avec celle du chat. Elle adhère à la selle turcique par sa partie inférieure et postérieure; mais le lobe nerveux ne présente pas le prolongement ventriculaire qui s’arrête au pédicule. Ensuite, la portion corticale entoure le 1obe nerveux de tous côtés, et ne laisse pas, comme chez le chat, une lacune par laquelle la substance médullaire est en contact direct avec la selle turcique.

Cependant, comme chez le chat, la portron, nerveuse entourée de la portion médullaire épithéliale, peut quelquefois adhérer au fond de la selle turcique et y rester lorsque l’on soulève le cerveau.

Chez l’homme, les deux lobes sont bien distincts; l’un, qui se continue avec l’infundibulum, le lobe nerveux, petit, postérieur, à forme ovoïde, à couleur gris jaunâtre l’autre, rougeâtre, plus volumineux, antérieur, lobe glandulaire, accolé au précédent et l’enveloppant même, grâce à sa forme de rein, dont le bord concave, dirigé en arrière, embrasse la moitié antérieure du lobe postérieur. Ce lobe envoie même en avant de la tige pituitaire une languette qui peut remonter jusque au chiasma des nerfs optiques.

Il n’y a pas de diverticule ventriculaire passant par la tige pituitaire pour gagner le lobe nerveux.

Comme chéz la plupart des animaux, le lobe épithélial n’est pas formé de deux portions : aussi la fente n’existe-t-elle pas. Les deux lobes sont accolés l’un à l’autre, réunis par du tissu conjonctif: La fente existerait pour Masay.

Chez tous les animaux, l'organe est enveloppé par une membrane jus épaisse

qui est fournie par la dure-mère.

On peut appeler hile de la glande, le point où les deux lobes entrent en contact. La différence qui existe entre ces deux lobes tient à leur origine embryonnaire. Vaisseaux et nerfs. — Vaisseaux sanguins. — La richesse vasculaire de l’hypophyse

HY POPHYSE. 199

peut être considérée comme une preuve de son activité. Elle reçoit des artères propres, et donne naissance à des veines. |

CRUVEILHIER, SAPPEY, BEaunis et BoucHarD, Poirier, TESTUT, se bornent à dire que dans le sinus caverneux la carotide interne donne naissance à des artérioles dont quelques-unes vont se perdre dans le corps pituitaire.

Gexrès et Launois ont repris.cette étude de la vascularisation de l’hypophyse et en ont donné une description détaillée.

La carotide interne, au niveau de son premier coude dans le sinus caverneux, sur la partie externe de sa face supérieure, donne naissance à une artériole qui n’est autre que l'artère hypophysaire, qui cheminant sur la face supérieure de la carotide qui lui donne naissance et en plein sinus caverneux, se dirige transversalement en dedans et donne naissance à deux rameaux, l'un antérieur, qui va en avant et en dehors vers le moteur oculaire externe, et l’autre postérieur, qui va en arrière et en dehors, gagner la pointe du rocher.

Diminuée par ces deux branches, l'artère hypophysaire se dirige toujours en dedans, en restant accolée à la carotide. Au moment où elle se sépare de ce vaisseau, elle donne naissance à un nouveau petit rameau, qui se porte en dedans et en bas, croise les bords latéraux de la lame quadrilatère, au-dessous des apophyses clinoïdes postérieures, et va se terminer par de fines ramifications, dans les parois de la loge ostéofibreuse formée par la surface basilaire de l’occipital. C’est après avoir fourni cette branche que l'artère hypophysaire traverse la cloison interne du sinus caverneux, et pénètre dans la loge de la glande. Elle se glisse entre le plan osseux de la selle turcique et la face inférieure de l’organe qu’elle couvre de ses ramifications terminales (Launois).

D’après Gers, au voisinage de sa terminaison, l'artère se diviserait en deux branches secondaires ; l’une antérieure pour le lobe épithélial, l’autre postérieure pour le lobe nerveux.

Bien entendu il y a une artère hypophysaire droite et une gauche.

Un fait à noter, c’est la flexuosité de cette artère qui, déroulée, est trois fois longue comme la distance qui sépare son origine de son point de terminaison à l’hypophyse. Comme le fait remarquer GEentès, cette disposition paraît devoir empêcher l’arrivée brusque du sang dans l’organe.

Chez l'embryon, il y a deux systèmes d'irrigation, un extrinsèque, l’autre intrinsèque, tous deux d’origine carotidienne; un système veineux fait suite au système artériel extrinsèque et va se jeter dans le sinus pétreux inférieur ou dans le sinus pétreux supérieur; un autre fait suite au système artériel intrinsèque, remonte vers la base du cerveau et semble se rendre dans la veine sylvienne profonde. |

Chez l’adulte, par suite de la disparition de la cavité hypophysaire, il n’en est plus de mème. Les réseaux capillaires se collectent en deux régions à l’intérieur de la glande. Les uns aboutissent à une veine assez volumineuse, qui se trouve comprise dans l'épaisseur d’une travée conjonctive formant l’armature du squelette interne de l’organe. À sa sortie de la glande, le tronc veineux remonte le long de la tige pituitaire et, au point où elle s’applique sur cette tige, elle reçoit d’autres rameaux veineux, qui ont collecté le sang de la face supérieure ou des parties latérales de l’hypophyse. Parfois, ces rameaux collecteurs, au lieu de se déverser dans le tronc précédent, cheminent parallèlement avec lui à la surface du pédicule nerveux, et la tige pituitaire, sur laquelle se prolonge souvent un diverticule glandulaire, est entourée de vaisseaux veineux plus ou moins développés.

Après avoir suivi pendant un certain temps la tige pituitaire, les rameaux veineux s’en séparent, gagnent les parties latérales du cerveau, et se rendent vraisemblablemeut dans la veine sylvienne profonde, ainsi que permettent de le supposer les dispositions chez l'embryon.

L’hypophyse est donc un organe dont le réseau vasculaire sanguin est très riche, les mailles qu’il forme sont plus ou moins larges, mais elles sont très nombreuses dans le parenchyme glandulaire, et tas communiquent cette couleur rougeâtre qu’elle à chez tous les animaux.

Il est bon d’ajouter que, pe TROLARD, 1l et au- dessous de l’hypophyse un sinus transversal irrégulier, allant d’an sinus caverneux à l’autre, et venant faire saillie

800 HYPOPEHNSE:

tantôt en avant, tantôt en arrière de la glande. On rencontrerait aussi parfois un pelit sinus supplémentaire, complétant le cercle veineux.

Dans l’intérieur de l’organe, les capillaires circulent entre les cordons du parenchyme glandulaire, sans présenter une orientation particulière (Launors). |

Un fait intéressant au point de vue biologique, c’est que les capillaires possèdent un épithélium syucytial, qui se rapproche beaucoup par son aspect de celui que VIALLETON et RenaurT ont décrit dans les fins vaisseaux des capsules surrénales.

Lymphatiques. — Par analogie on pourrait supposer que, comme le corps thyroïde, l'hypophyse possède un riche réseau lymphatique servant à l'évacuation de la sécrétion. CAsELLI, sans indiquer son mode d'investigation, prétend que dans l’hypophyse les lymphatiques sont nombreux et forment des lacunes. PisenrTi et VioLa restent dans le doute en parlant de la sécrétion de l’hypophyse qui s'infiltre entre les traînées cellulaires. Tao, cherchant à résoudre la question, a employé des procédés divers, sans jamais arriver à démontrer la présence de lymphatiques : aussi arrive-t-il à celte conclusion, que l’hypophyse ne renferme pas de lymphatiques. N'est-ce d’ailleurs pas conforme, dit-il, à la règle habituelle des organes intra-craniens et de la moelle ?

Du reste, les auteurs qui ont étudié l’hypophyse, sont généralement muets sur la

question des lymphatiques.

Nerfs. — La présence desnerfs ne paraît pas encore COM PIUIEMENE élucidée. Soit par la méthode de Nissi, soit par celle de Casaz, THAoN n’a trouvé de cellules nerveuses vraies ni dans le lobe antérieur, ni dans le lobe postérieur, mais il a observé quelques fibres nerveuses se ramifiant dans le lobe antérieur,et d’autres qui vont jusque dans le lobe postérieur et s’y perdent. Il a constaté, très rarement d’ailleurs, que quelques fibrilles se terminaient par un renflement au voisinage dela cellule. Masay, de son côté, a observé des fibres nerveuses rares, se ramifiant entre les cellules glandulaires. GEMELLI a poussé l'étude des nerfs de l’hypophyse assez loin pour pouvoir décrire des filets nerveux nombreux arrivant directement de Ja paroi infundibulaire, suivant en faisceau le pédoncule hypophysaire, et arrivés au niveau du lobe nerveux, s’écartant les unes

des autres, s’entre-croisant, s’anastomosant en se divisant, et parcourant le lobe ner-

veux dans tous les sens en formant un riche plexus. Puis, ces fibres gagnent la région glandulaire postérieure, et se terminent entre les cellules cylindriques de l’épithélium, par de petits renflements, des boutons ou de petites plaquettes. Il a constaté qu'il y avait une véritable ressemblance entre la distribution des éléments nerveux dans la paroi infundibulaire, chez les poissons, et celle que l’on observe dans certains organes sensoriels. Aussi se demande-t-l si l’infundibulum n’est pas, chez les poissons, un organe sensoriel.

GEnTEs, par la méthode de GoLci, a trouvé que les fibres nerveuses qui abordent le feuillet proximal présentaient une richesse inouïe, et qu'elles avaient la valeur de fibres sensitives ou sensorielles, c’est-à-dire de fibres centripètes.

Joris reconnaît que la neuro-hypophyse contient toujours beaucoup de fibres nerveuses, formant un plexus extrêmement riche. Beaucoup de ces fibres se termineraient dans l’épaisseur même de la neuro-hypophyse : elles entoureraient de leurs ramifications ténues les cellules qui parsèment le stroma.

Taaox se demande, sans avoir pu le vérifier d’une façon quelconque, si l’hypephyse ne recoit pas des fibres sympathiques du plexus carotidien, qui lui arriveraient par les artères.

Embryologie. — Le développement embryologique de l’hypophyse est double, et diffère suivant que l’on considère le lobe postérieur ou le lobe antérieur.

Sur le développement du lobe postérieur ou nerveux, il n’existe pas de divergence entre les auteurs. Ce lobe provient de la base de l’encéphale, il est formé par une évagination du plancher du cerveau intermédiaire, dont l’extrémité forme le lobe nerveux ou postérieur de l’hypophyse : la base représente l’infundibulum ; et la partie moyenne, la tige pituitaire. Ce lobe peut donc être considéré comme étant franchement d’origine nerveuse.

Mais pour le développement du lobe antérieur ou glandulaire, malgré un grand nombre de travaux à son sujet, il y a encore beaucoup de divergence entre les auteurs, et l’on se trouve en présence d'opinions parfois fort contradictoires.

HYPOPHYSE. 801

En résumant les travaux des embryologistes, on peut les diviser en trois groupes :

Les uns attribuent à l’hypophyse une origine endodermique;

Les autres une origine ectodermique ;

Les derniers enfin, une origine à la fois ectodermique et endodermique.

Origine endodermique. — Les auteursquiattribuent au lobe antérieur de l’hypophyse cette origine, le font naître par un diverticulum de la paroi dorsale de l’intestin primitif sous la base du crâne : Raruke (1838), Luscaka (1860), Dursy (1868), Mixucxo- Maczay (1868), W. Muzcer (1871).

Origine ectodermique. — C’est ce mode de développement qui est admis par la grande majorité des auteurs qui ont étudié la question.

La première ébauche se manifeste, sur des embryons de poulet, au quatrième jour d'incubation, sur l’homme à la quatrième semaine.

A mesure quel’embryonse développe, le cerveau antérieur se fléchit de plus en plussur l'axe médullaire et forme au niveau de la jonction du tube digestif avec la cavité buccale primitive, un angle dièdre, angle stomodæo-intestinal, situé immédiatement en

avant du point où la chorde dorsale, par sa partie antérieure, vient se terminer immédiatement en arrière de l’insertion de la membrane pharyugienne.

La membrane pharyngienne ne tarde pas à se résorber, ne laissant qu’un vestige qui formera à la base du crâne le voile pharyngien primitif. C'est en avant de ce voile, au fond de l’angle stomodæo-intestinal, que prend naissance l’évagination qui va se développer vers le cerveau intermédiaire, formant la poche hypophysaire, ou poche de RATHKE.

Cette poche, constituée en partie par un processus actif de développement épithélial vers le cerveau intermédiaire, et en partie par la flexion de plus en plus grande de la voûte du stomodæum, va s’approfondir de plus en plus à mesure qu’elle s'éloigne de son point d’origine, et forme un véritable sac communiquant par un conduit avec la cavité buccale. Peu à peu cette poche s'éloigne du pharynux, et, à mesure que la distance de séparation augmente, le conduit devient un pédicule qui s’allonge. Creux d’abord, ce pédicule finit par former un tractus épithélial qui arrive à disparaître, lorsque le mésenchyme de la base du crâne devient cartilagineux et subit l’évolution osseuse.

Ainsi séparé de son point d’origine et par suite de l’évolution de la base du crâne, le sac hypophysaire devient intracranien, et se porte vers la face inférieure du cerveau intermédiaire, ne conservant aucun rapport avec la cavité pharyngienne. Cependant, chez tous les vertébrés cette communication ne disparaît pas. Chez les sélaciens et les ganoïdes, par exemple, elle persiste pendant toute l’existence et forme un conduit creux qui traverse [a base du crâne et se continue avec l’épithélium de la muqueuse buccale.

Mixucno-MacLzay, Dursy, ROMITI, SUCHANNEK, PARKER, Muccer, FrRorIEP, MaGGt, Soco- Low ont constaté la persistance d’un petit canal chez les mammifères; Luscaka, Dursy, LanpzerT, Romrtt, SUCHANNEK, KiILLIAN, Gracomini, Rossi, Küss, ESCaT, GASELLrI, R1zz0, SokoLow, elc., l’ont constaté aussi quelquefois chez l’homme, renfermant des vaisseaux pour l hypophyse.

L'existence de ce canal semble confirmer l’origine ectoder mique de l’hypophyse, ainsi que les coupes pratiquées sur des embryons humains ou animaux (Lanpois).

Cette origine est admise par : SÉESSEL (1877), Kôzzirer (1879), RaBz-RÜckHaRD (1880- 1883), Bazrour (1881), Tonaro (1881), Scorr (1881-1887), Minor (1887-1892), Frorrep (1882), Dour (1882), Gorre (1883), KrausHAAR (1885), His (1886), Waznsuirx (1887), Emery (1893), WiepersHEIM (1893), Sainr-Rémy (1895), HALLER (1896), LunpsorG (1894), Sazzer (1897), CorniNG (1897), CararuGi (1898), Rossr (1900), Joanson-Oor, HERTwIG (1900), HoFFMANN, Guerri, LANDoIs (1904), GENTÈS (1907), etc. FicHera (1905), a constaté, chez le poulet, qu’à la place du conduit primitif faisant communiquer le sac hypophysaire avec le pharynx, il existe un tractus fibreux renfermant des vaisseaux pour la dure-mère de la selle turcique et pour le tissu rétro-pharyngien.

Origine endo-ectodermique. — Enfin quelques auteurs ont cru pouvoir attribuer à l’'hypophyse une origine à la fois endo et ectodermique. C’est ainsi que KuPFER considère cet organe comme ayant une triple origine, une buccale et une endodermique en arrière de la membrane pharyngienne et une troisième, provenant du pra eue infundibuli ou glande infundibulaire.

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