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DICT. DE PHYSIOLOGIE. — T, VIII

802 HYPOPHYSE,

“Cette origine mixte est encore admise par Vazenti, NussBAum, CoLLiNA et Orru.

En résumé, il ressort de cette étude embryologique que d’une part une ébauche se forme par l’évagination du plancher du cerveau intermédiaire pour donner naissance au lobe nerveux, et que d’une autre part une poche épithéliale se forme au niveau de l'angle stomodæo-intestinal, fait saillie dans le crâne, et va à la rencontre de l’ébauche nerveuse, en constituant le lobe glandulaire. C’est l’accolement de ces deux ébauches qui constitue l’organe que l’on appelle l’hypophyse, formée de ses deux lobes, le lobe postérieur ou nerveux, le lobe antérieur ou glandulaire, que l’on retrouve toujours dans toute la série des vertébrés et à tous les âges.

Histologie. — Une simple coupe sagittale ou horizontale montre à l’œil nu que l’hypophyse est composée de deux substances bien distinctes, correspondant aux deux lobes étudiés à propos du développement. Ces deux bel cee sont intimement unies l’une à l’autre et enveloppées par une membrane fibreuse commune, qui n’est qu’une dépendance de cette portion de la dure-mère qui forme la tente de l’hypophyse. -

C’est au niveau du pédicule etde la cloison qui sépare les deux lobes, que se trouvent les vaisseaux sanguins les plus nombreux: on en trouve aussi un assez grand nombre dans la substance corticale.

PEREMEsK0, le premier, en 1866, donna une description de la structure de l’hypophyse. Ses recherches furent confirmées par LoTaRiNGER et Rocowirscx. Pour ces auteurs, l’hypophyse se compose de deux lobes, l’un interne, de nature nerveuse; l’autre externe. de nature épithéliale ; mais, pour eux, chaque lobe possède une cavité propre; celle du lobe nerveux n’est autre qu’un diverticule du ventricule moyen du cerveau (cavité infundibulaire) ; celle du lobe épithélial (cavité hypophysaire) le divise en deux portions: l’une médullaire ou interne (Markschicht), l’autre corticale ou externe (Korkschicht).

Nous avons déjà vu que, si ces cavités existent chez certaines espèces res elles n'existent point chez l’homme.

Mais au point de vue histologique la différence est grande entre le lobe nerveux et le lobe glandulaire.

Chez l’homme, il faut tenir compte d’une disposition particulière de la couche qui constitue le feuillet para-nerveux, et qui est formée par un épithélium cubique à une ou plusieurs couches, reposant solidement et se confondant avec le tissu conjonctif qui délimite le lobe nerveux lui-même.

Lobe nerveux ou lobe postérieur. — Chez les vertébrés inférieurs, l'extrémité de l’infundibulum se transforme même en un petit lobe cérébral renfermant des cellules ganglionnaires et des fibres nerveuses (HERTwIG).

Chez les vertébrés supérieurs, au contraire, on ne trouve point de cellules ganglionnaires ni de fibres nerveuses dans le lobe interne de l’hypophyse. Il est formé de cellules fusiformes serrées les unes contre les autres, ce qui lui donne une grande ressemblance avec un sarcome à cellules fusiformes (HERTWIG).

Chez l’homme plus particulièrement, le lobe nerveux est moins volumineux que le lobe glandulaire, il n'a que 2 à 3 millimètres d'épaisseur sur 3 à 4 millimètres de hauteur. Il est situé à la partie postérieure, logé dans une dépression que présente la portion glandulaire. Il présente un stroma conjonctif servant de soutien aux éléments cellulaires que l’on y rencontre et sur la nature desquels, l’accord n’est point encore fait. C’est lui qui se continue avec l'infundibulum par la tige pituitaire qui lui sert d’organe de suspension et qui le relie au cerveau. Les capillaires sanguins y sont nombreux, les fibres nerveuses que l’on y voit sont fines, se divisent et se subdivisent, formant un réseau épais. Où la divergence est grande entre les auteurs, c’est sur la nature des éléments cellulaires que l’on y rencontre. Pour les uns ce sont des cellules ner-

veuses (KrAuSE, BERKLEY) ; pour les autres, ce ne sont pas des cellules nerveuses (HENLE,

ScawALBE, TocptT, Ramon y Casaz, KOLLIKER, CASELLI, GENTÈS, THAoN). Ce qui semble résulter de l’ensemble des études sur cette question, c’est que, dans le lobe postérieur de l’hypophyse, on trouve des cellules indéterminées, arrondies, fusiformes ou ramifiées, bipolaires ou maltipolaires, très probablement de nature névroglique et épendymaire, avec un réseau assez riche de fines fibres nerveuses.

Cette partie de l’organe semble assez souvent infiltrée d’une substance amorphe ressemblant à la substance gélatineuse de RoLanpo, de la moelle épinière.

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Joris, dans un premier mémoire, dit que le lobe nerveux est plutôt glandulaire ; que c’est une masse conjonctivo-neuroglique, qu'il n’y a ni fibres, ni cellules nerveuses, et que la portion para-nerveuse,seule, renferme des cellules épendymaires émigrées. Mais, dans un autre mémoire, il reconnaît que le fobe postérieur de l’hypophyse représente une annexe des centres nerveux, une neuro-hypophyse, accolée à l’hypophyse glandulaire; que l’on y trouve de la névroglie, des fibres nerveuseset des cellules dont la nature reste indéterminée ; que ce n’est point une masse conjonctive, mais un organe glandulaire, dont tous les caractères montrent l’activité et non l’atrophie. Il ne partage pas l’avis de Kôüzuxer et des autres auteurs qui considèrent cette partie de l’hypophyse comme un organe nerveux.

Pour lui la tige pituitaire est enveloppée par les trois méninges. Entre la pie-mère èt la dure-mère, il y a une couche cellulaire qui s’accumule en arrière du chiasma et se prolonge entre les trabécules des espaces sous-arachnoïdaux. Elle représente sans doute les vestiges d’une partie de l’hypophyse existant chez certains vertébrés inférieurs et participant à la sécrétion du liquide céphalo-rachidien.

Soyer, dans une étude cytologique de lhypophyse humaine, faite sur des coupes pratiquées par PRENANT sur l’hypophyse d’un supplicié, dit que le tissu intérieur de soutien, qui constitue la masse la plus importante du lobe nerveux, est réfractaire aux colorants habituels du conjonctif et présente un feutrage tourbillonnaire, Dans ce feutrage, il a observé : 1° du pigment en abondance, qui se présente sous forme d’amas, soit isolés, soit plus ou moins confluents, avec des expansions ramifiées, véritables pigmentophores, qu’il considère comme des dégénérants nerveux ou névrogliques, formés in situ où émigrés du cerveau; 2° des éléments très grands, peu colorables, généralement anucléés, qu’il appelle corps énigmatiques ; 3° des cellules dégénérantes, qui ne sont que des éléments détachés du revêtement épithélial de la région para-nerveuse, et qui s’infiltrent dans la neuro-hypophyse, où ils forment de petites nappes colloïdes

libres ou imparfaitement collectées ; 4° de très nombreuses fibrilles nerveuses OU névro-

gliques.

De plus, la tige et la neuro-hypophyse présenteraient un AE constant d'innombrables noyaux conjonctifs et une multitude de lymphocytes.

Lobe glandulaire ou lobe antérieur. — Comme le lobe nerveux, le lobe glandulaire présente un squelette formé par un stroma conjonctif, mais dans ce lobe il est Me plus développé et se continue avec l’enveloppe fibreuse externe.

D'une facon générale, les travées conjonctives forment des irradiations partant de la région postérieure et supérieure, pour se porter vers la périphérie où le tissu conjonctif est très dense et forme là une trame épaisse autour des vaisseaux qui viennent se distribuer dans la glande en suivant le pédicule. On distingue, parmi ces travées, deux gros

trousseaux fibreux qui se dirigent en divergeant en dehors et en bas (Launois). Ce tissu

conjonctif forme de minces cloisons, quis’insèrent les unes sur les autres, limitant des alvéoles allongés, qui logeront les cordons que forment les cellules glandulaires. C’est encore ce système de cloison, qui sert de charpente aux capillaires sanguins.

Portion corticale, — Le parenchyme glandulaire est formé par des cellules glandulaires qui remplissent les alvéoles allongés, formés par les cloisons de tissu conjonctif dans lesquelles cheminent les capillaires sanguins (Launois). Les cordons que forment ces cellules s’enchevêtrent en tous sens, ce qui fait que sur une coupe ils présentent des dispositions différentes, suivant qu’ils sont coupés perpendiculairement, obliquement ou longitudinalement. Quélquefois, au milieu de la travée, les cellules, au lieu d’être LaSsbes les unes contre les autres, sont séparées par une goutte de matière amorphe colloïde, substance qui constitue la sécrétion de la glande, Li doit pénétrer dans le sang.

Parfois, la substance sécrétée est très abondante et alors le cordon cellulaire se dilate et peut ressembler à une vésicule tout à fait analogue à une petite vésicule du COTps thyroïde.

C’est à cause de cette substance que quelques auteurs ont parlé d'acinus ou de follicules de l'hypophyse (Srrepa, Pisenri et Vioza, CAsELLI),

Les cellules qui forment ces cordons n’ont pas toutes le même aspect : elles ont des affinités tinctoriales particulières, ce qui les a fait diviser en cellules chromophiles et

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cellules chromophobes (Fcescn, Dostosewski, LOTHRINGER, RoGowirscH, STIEDA, SAINT- Rémy). Pisenrr ef VIOLA, SCHÔNEMANN, Louis COMTE, BENDA, To, ERDHEIM, CasELu, Gemezur, Launois et MuLON, GuERRINI, etc., distinguent les chromophiles en cellules éosinophiles, qui se colorent fortement par l’éosine et en cellules cyanophiles, qui se colorent par l’hématoxyline.

Pour Launoïrs, il y a encore les cellules sidérophiles qui se colorent par l’hématoxyline ferrique.

Chacune de ces catégories de cellules comprend des variétés particulières qui sont d'autant plus importantes à connaître qu’elles semblent correspondre à une étape différente du processus sécrétoire (LauNois).

Launots résume ainsi les éléments cellulaires divers que l’on trouve dans le parenchyme glandulaire de l’hypophyse :

I. Groupe acidophile ou sidérophile. — Petits éléments, cytoplasme exigu, non granu- ‘Jeux, noyau compact.

Éléments moyens, granulations à la fois éosinophiles, fuchsinophiles etsidérophiles; contours nets et réguliers; noyaux riches en chromatine et d’aspect varié.

Éléments à granulation à la fois aurantiophiles et sidérophiles; contours irréguliers, gros noyaux vésiculeux.

IT. Groupe basophile. — Éléments moyens ou gros; cytoplasme acidophile plus ou moins riche en granulations basophiles. |

III. Groupe chromophobe. — Éléments à cytoplasme délicat, mousseux, peu colorable, contenant encore quelques granulations acidophiles ou sidérophiles.

Éléments identiques, mais contenant quelques granulations basophiles.

Éléments à noyau condensé, dont le cytoplasme mousseux ne contient aucune enclave. |

Ce qu’il y a de particulier et de caractéristique en même temps, c’est la variété de distribution de ces cellules à aspects différents : tantôt, dans le même cordon glandulaire, elles sont toutes, ou presque, du même groupe; tantôt au contraire, un groupe prédomine, ou bien on voit tous les groupes représentés à peu près également.

On rencontre aussi, dans les cellules de l’hypophyse, des granulations se colorant en noir par l’acide osmique, qui seraient des granulations graisseuses pour Lauxois, des granulations de mucine pour PIRONE.

Pour les granules des cellules chromatophiles ou cyanophiles ou sidérophiles, elles seraient dues à un trouble pathologique (VaSsaLe, CASsELLt, R. PIRONE, SCHÔÜNEMANN). Sur des pièces tout à fait normales ScHÜNEMANx ne les a jamais rencontrées.

Ces différentes cellules -sont-elles chargées de fonctions différentes, comme e prétendent FLesc, Dosrorewskt, LOTHRINGER, ROGOWITSCH, STIEDA, On THom, CoLLiNa, ScArrIDI, COMTE, CASELLI, — ou bien n’y a-t-il dans l’hypophyse qu’un seul type de cellules, dont les aspects divers représentent les phases variées de leur fonctionnement. Telle est l’opinion de SarntT-Rémy, BENDA, R. PIRONE, MORANDI, GEMELLI, GUERRINI, Lauwois, Ca. Livon, THAoN, Joris, etc.

Entre les cellules, on trouve çà et là des masses amorphes, formées par une substance liquide coagulée à aspect colloïde : le pourtour n’est autre que celui des cellules qui environnent ces masses. Cette substance, qui n’est en somme que le produit de sécrétion, est quelquefois en quantité assez grande pour dilater un des cordons glandulaires, et lui donner l’aspect d’une grosse vésicule. Quant aux cellules environnantes, elles sont variées, tantôt chromophobes pures ou basophiles, tantôt chromophobes acidophiles, et la substance sécrétée semble être quelque peu acidophile. Ce qui fait qu'on peut dire que d’après les réactions tinctoriales 1l y a deux sécrétions dans l’hypophyse, l’une basophile, l’autre acidophile, qui doivent se mélanger avant d’être déversées dans la circulation. |

Pour Joris, ces vésicules ne seraient pas une étape normale de la sécrétion; elles procèdent d’une dégénérescence, ou peut-être de l’involution de certaines cellules, ou bien c’est une accumulation par défaut d’excrétion.

SOyER, sur l’hypophyse humaine, a décrit la formation de ces vésicules ou pseudoacini, qui proviendraient de la dégénérescence hyaline de certaines cellules. Les éléments, groupés autour de ces cellules dégénérées, s'organisent en une couronne radiée,

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jusqu’à ce que l’un d’eux, cellule de couloir, forme une sorte de petit chemin entre le contenu de la vésicule centrale, pleine de sécrétion holocrine et les capillaires environnants. Cette vésicule deviendrait ainsi partie intégrante du réseau sanguin intra-hypophysaire ; et, ce qui le montrerait, c’est que ces vésicules sont remplies, les unes de colloïdes, Les stitres de globules sanguins, d’autres d’un mélange en proportions diverses, de colloïde et de globules.

A côté des cordons à cellules chromophiles, Soyer a remarqué que les cellules chromophobes deviennent d’autant plus abondantes que l’on se rapproche-plus de la périphérie, et qu’elles aussi sont destinées à dégénérer, à subir une véritable fonte, ne laissant que des grains sidérophiles. En somme, pour lui, la cellule hypophysaire, qu’elles qu’en soient les transformations successives, semble, en fin de compte, destinée à aller se perdre dans le sang, soit par une sorte de fonte holocrine plus ou moins précoce, soit par une dégénérescence plus tardive, qui en laisserait subsister quelques parties figurées.

Portion médullaire. — Au point de jonction des deux lobes antérieur et postérieur, il y a chez certains animaux une cavité. Chez l’homme, elle n’existe pas, quoique l’on ait signalé la présence quelquefois d’une fente, fente paranerveuse, toujours enclose dans la glande, ne communiquant pas avec l’extérieur.

À ce niveau la structure est un peu différente. Les auteurs qui l’ont étudiée ont trouvé un épithélium cylindrique, entourant des tubes glandulaires et un riche réseau vasculaire (LorarinGer) avec kystes colloïdes; des cellules à noyau volumineux (Pisenrr) ; des amas de cellules semblables à celles de l’épithélium pavimenteux de la muqueuse pharyngienne (Casezui) ; avec des cavités plus ou moins larges, tapissées d’épithélium et remplies de substance colloïde.

Pour GEenrès, sur le chien et le chat, l’épithélium de cette partie médullaire de l’hypophyse est beaucoup plus compliqué. 13 couche qui regarde la cavité hypophysaire est formée de cellules ressemblant aux cellules de soutien de la muqueuse olfactive. Audessous on trouve des cellules bipolaires dont un prolongement se dirige vers la périphérie, et l’autre vers les parties profondes. Ces cellules sont entourées de nombreuses terminaisons nerveuses. Cette portion médullaire ne serait donc pas glandulaire, mais constituerait un organe sensoriel.

Pour Gemezui, c’est un épithélium épendymaire riche en terminaisons nerveuses.

R. PIRONE arrive à peu près aux mêmes conclusions : pour lui ce n’est pas un organe glandulaire.

Rossr en fait une dépendance du lobe postérieur ou nerveux.

GuERRINI la considère comme une portion médullaire formée d’acini glandulaires revêtus de cellules cubiques et contenant dela substance colloïde. Cette structure serait pour lui comparable à celle de la thyroïde. |

Pour Launois, la couche conjonctive est formée de fibres conjonctives avec quelques fibres élastiques. L’épithélium est polymorphe, ou cubique simple, ou cylindrique

-simple, ou encore cylindrique cilié, rappelant le revêtement épithélial du pharynx de

la grenouille et du naso-pharynx de l’homme.

Dans le voisinage de cette fente paranerveuse, on trouve des vésicules à aspect thyroïdien, et, dans les hypophyses dépourvues de fente paranerveuse, des vésicules ciliées et des globes épidermiques, rappelant les CM AURE de Hassazz du thymus (LauNois).

Toutes ces particularités histologiques ne seraient que des vestiges embryonnaires (Launots, THAON).

Pour TH4ow, l’épithélium est constitué par une couche de cellules cubiques à gros noyau à protoplasma mal coloré, ou par des cellules rappelant celles du lobe antérieur, dont elles ont la même origine.

Cette fente REFUS souvent vide, contient ont une matière amorphe, teintée en bleu pâle par l’hématéine (THON). Vraisemblablement c’est un produit d’élaboration de certains des éléments épithéliaux de la paroi, c’est un mélange de sécrétion acidophile, amphophile et mucoïde, se colorant diversement sous l'influence des: produits tinctoriaux (LaAunois). : |

Dans cette région, d’après THaow, on trouve des vésicules de deux sortes : les unes

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formées par un simple épithélium cylindrique, souvent cilié (Launors), pleines d’une substance analogue à celle de la fente; les autres, plus volumineuses, qui rappellent les vésicules de la thyroïde, dont la paroi est formée par un épithélium cubi4Ue, mal coloré, à gros noyau, ou bien par des cellules rappelant celles des travées avoisinantes.

Le contenu de ces vésicules varie: parfois c’est une substance homogène, amorphe, pâle, d’autres fois il est composé de deux parties, l’une basophile, finement granuleuse, l’autre acidophile et sidérophile, plus cohérente, ressemblant à la colloïde de la thyroïde.

Ces vésicules paraissent jouer un rôle important dans le fonctionnement sécrétoire de l’organe.

Tel n’est pas l'avis de Launois, qui ne leur attribue qu’une importance minime.

Ces vésicules peuvent aussi se développer pathologiquement et former des kystes volumineux (WeICHsELBAUM, PERCY-FUNIwALL, etc.).

Cette différence entre les cellules qui constituent cette ‘partie médullaire, tient au mode de développement de l’hypophyse, car cette région correspond, comme nous l’avons vu, à la rencontre et l’accolement des deux évaginations qui constituent l’organe. Il suffit que l’évolution des cellules qui tapissent la partie antérieure de la poche hypophysaire ait subi un ralentissement, pour que ces cellules conservent des caractères qui les différencient de celles de la portion glandulaire de l’hypophyse, et qu’elles présentent toutes Les transitions entre les acini glandulaires et les cavités colloïdes {Pisenri et Vioca). On ne peutadmettre une origine blastodermique différente pour chaque variété de cellules, comme le pensent VAaLENT: et KUPFER.

Colloïde. — En étudiant la structure de l’hypophyse glandulaire, on trouve entre les cellules, formant des amas plus ou moins grands, une substance homogène, ayant parfois l’aspect de véritables vésicules, mais sans paroi propre. C’est le produit de sécrétion des cellules glandulaires, la substance colloïde, que l’on a comparée à celle que l’on rencontre dans la thyroïde. Elle est quelquefois encore adhérente aux cellules bordantes, d’autres fois elle en est séparée. Cette substance conserve une certaine affinité acidophile ou basophile, elle est insoluble dans l’alcool, l’eau, l’éther et donne la réaction xanthoprotéique avec l'acide nitrique (Launois, Durck).

Les cellules bordantes, avec lesquelles elle est en rapport, présentent tous les types dus aux différentes phases de leur évolution fonctionnelle.

En se basant sur les réactions tinctoriales, les auteurs ont vu que les produits de

sécrétion cellulaire étaient au nombre de deux: l’un basophile, et l’autre acidophile, ou éosinophile, du reste comme dans la thyroïde.

L. Courte avait déjà remarqué que l’examen de 108 hypophyses lui donnait l’impression de l'existence d’au moins deux variétés de substance colloïde.

Quelques auteurs avaient pensé que cette substance était un processus dégénératif ou pathologique, mais elle existe toujours, même dès les premiers âges de la vie. A trois mois et demi, elle apparaît chez l'embryon humain (Tao). C’est donc bien un produit de sécrétion normale, comme le pensent presque tous les auteurs.

On la trouve dans les tubes glandulaires, dans les capillaires, dans les grosses vésicules du hile, entre les cellules, entourant quelquefois les capillaires comme d’un manchon.

THaon a observé qu'entre les cellules, dans les capillaires ou dans les grosses vésicules, la colloïde hypophysaire est souvent fuchsinophile, ou colorée en noir par l’hématoxyline au fer.

Par la thionine anilinée, à côté de la colloïde bleue, on voit des parties nettement violettes par métachromasie (TH4aon), de même que les cellules basophiles YAMIRLLES) se distinguent très facilement des autres.

Quelle est la nature de cette colloïde ? On peut par analogie la comparer à celle de la thyroïde, de la prostate, des vésicules séminales, etc. Elle ne donne pas de gélatine à la coction. L’acide acétique la gonfle et la dissout ensuite, contrairement à la mucine : l'alcool la gonfle, l'acide chlorhydrique la dissout : elle se colore d’une facon variée.

Pour THaon, parmi les diverses substances colloïdes de l’hypophyse, il y a de la mu cine ou des substances qui s’en rapprochent, car le violet de méthyle, la thionine anilinée surtout, donnent, à côté de la colloïde bleue, une substance à couleur métachro matique violet-rouge intense, qui est la teinte ordinaire de la mucine.

HY POPHYSE. 807

En employant le mucicarmin de P. Meyer, L. Comte se demande aussi s’il n’y a pas de la mucine avec la substance colloïde.

Pour R, PrRoNE, il y aurait deux produits semblables à ceux que GaLeorri décrivait dans les vésicules thyroïdiennes, l’un provenant des granulations basophiles du protoplasme et qui serait de la mucine basophile, l’autre provenant des granulations fuchsinophiles ou éosinophiles, pour laquelle l’activité nucléaire entrerait en jeu, qui serait la colloïde vraie.

Cette substance colloïde est formée d’une partie cyanophile et d’une autre éosinophile, suivant son affinité pour l’hématoxyline ou l’éosine. Pour Casezci, ces deux substances proviennent : la première, des cellules cyanophiles; la seconde, des cellules éosinophiles. Pour Guerrini, au contraire, toutes les cellules hypophysaires donnent lieu

à une double sécrétion : la première est formée des granulations se colorant en rouge,

la seconde est due aux plasmosones. La substance colloïde proviendrait de l’accumulation de ce dernier produit qui se fond en une masse homogène, un peu granuleuse, se colorant en vert par la méthode de GALEOTTI.

D’après Srerzi, on ne trouverait pas de la substance colloïde dans toute la série des vertébrés, ce ne serait qu’à partir des reptiles jusqu’au haut de l'échelle.

Les jeunes enfants, les jeunes animaux, ont des hypophyses dans lesquelles on trouve peu de colloïde éosinophile homogène, tandis qu’on en voit beaucoup plus dans les hypophyses des sujets plus âgés, et c’est surtout dans les vésicules. Y a-t-il Ià un rapport avec la fonction ou la composition chimique de la sécrétion ?

C’est ce que se demande Tao.

Sécrétion graisseuse. — A côté d’une sécrétion colloïde, RRHOpNESe produit encore de la graisse (LauNois).

BENDA, qui l’avait constatée, croyait qu’elle était spéciale à tes cellules de l'hy-

pophyse. Pour Launois, la présence de la graisse explique les vacuoles observées par : LotTuriNGer, RoGowiTscH, SriEpa, Come, les réactifs emplovés favorisant la disparition ? 2 3 ,

de la graisse. Ce n’est point l’avis de PIRONE, qui voit dans ces vacuoles une altération cadavérique.

En examinant des fragments de glande fraîche dissociée, OR a constaté, en dehors des éléments épithéliaux, des granulations, des gouttelettes ou des amas plus volumineux, formés d’une substance incolore, réfringente, mais isotrope.

Cette substance présente tous les caractères de la graisse.

En examinant des coupes par congélation d’hypophyse fraîche et en les colorant par l'acide osmique, on voit les granulations et les gouttelettes prendre assez rapidement une teinte bistre, qui vire au noir après lavage et séjour de vingt-quatre heures dans l'alcool à 70°.

Le Sudan LIT, méthode de Daopi, ou le scarlach, méthode de HerxHemmEeRr, mettent en évidence des cellules bourrées de granulations rouges.

Cette graisse est très pauvre en oléine (coloration noire, SAGE secondaire, STARKE, P. MuLon).

Sur des coupes de glandes fixées par le réactif de FLEMMING, on voit des corpuscules arrondis, de volume inégal, plus ou moins colorés en noir par l’osmium, on rencontre aussi des masses présentant un aspect müriforme.

On trouve des granulations graisseuses dans tous les éléments constitutifs de l’hypophyse, même dans la colloïde. Aussi beaucoup d'auteurs se sont-ils demandé si ce n’était pas le résultat d’une altération post mortem. |

Launois reconnaît qu'il y en à chez les sujets âgés plus que chez les sujets jeunes, et que c’est surtout dans les cas d’hémorragie cérébrale ou de méningite tuberculeuse, parce que alors la circulation cérébrale s’est trouvée exagérée, momentanément tout | au moins.

La présence de la graisse est constante chez les animaux sains, tels que cobaye, chat, chien; mais Les granulations sont plus petites et plus rares. Il faut, pour bien les déceler, employer la coloration parle scarlach (Launois). Du reste, la plupart des auteurs, Benpa, Loëper, Launois, EsmoneT, MuLoN, THAoN, etc., considèrent la graisse de l’hypophyse comme une sécrétion normale. |

Cette graisse se formerait, comme dans la mamelle, par transformation d’une partie

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du corps protoplasmique et désagrégation partielle de celui-ci. Elle ne reste pas dans la cellule; elle devient extra-cellulaire, puis peut passer par dialyse dans les capillaires sanguins ou lymphatiques? ou par effraction (RenauT, Riviëre). On trouve dans les vaisseaux sanguins de l’hypophyse, des granulations graisseuses et des leucocytes farcis de granulations graisseuses. Peut-être, en l’absence de lymphatiques, ces leucocytes sontils chargés de s'emparer des produits de la sécrétion et de les porter au dehors (Launois.)

Toutes les graisses qui constituent ces granulations ne sont pas dissoutes par le xylol. Elles paraissent de composition diverse; assez pauvres en oléine, elles sont très vraisemblablement pins ou moins combinées à une molécule albuminoïde (lécithine) (THAON).

Hypophyse pendant la gestation. — A côté de la structure de l’hypophyse à à l’état normal, doit se placer l’étude du même organé dans un état qui est physiologique aussi, de grossesse, et qui peut servir de trait d'union entre l’étude histologique et l'étude physiologique de cet organe.

Les différents auteurs qui ont étudié l’hypophyse chez la femme enceinte ont constaté de notables modifications de structure (Courte, Launois et MuLoN, THaow, Joris).

Vers la fin de la grossesse, L. ComTE a observé que l'hypophyse non seulement augmentait de poids, comme nous l’avons dit précédemment, mais présentait une augmentation dans le nombre des cellules, une vascularisation plus intense, et que de-plus, la substance collôïde y était plus abondante,

Launois a fait des constalations analogues : il a trouvé une augmentation du poids et . un nombre de cellules sidérophiles plus grand qu’à l’état normal.

Il a observé que les tubes glandulaires affectaient une disposition rayonnante, due à Ja turgescence des cellules, et que la substance colloïde était en plus grande quantité.

THaon de même, dans deux cas, a trouvé de l’hyperactivité et de l’hyperplasie glandulaire avec augmentation de la colloïde qui remplissait les vésicules en les distendant et qui s’accumulait entre Les vésicules et dans les vaisseaux capillaires.

Mais, dans toutes ces observations, il s’agit de femmes ayant succombé à des maladies infectieuses (éclampsie, septicémie). |

Récemment, H. Joris a repris cette étude, non plus sur des femmes ayant succombé à la suite d’une maladie, mais sur des animaux, surtout des chattes. Il a pu suivre ainsi les modifications aux diverses époques de la gestation, et il a constaté, dans les

deux lobes, des modifications commencant dès le début de la gestation, se développant

assez rapidement, pour diminuer vers la fin. Jusque-là, on ne connaissait que l’hypertrophie et l’hyperplasie du lobe antérieur seul, vers la fin de la grossesse, le lobe nerveux ne présentant pas de modifications notables (Launois). Les recherches de Jonris tendent à établir que chez la chatte au moins : 1° dans le lobe antérieur, partie véritablement glandulaire, l’état des cellules et leur manière de se comporter vis-à-vis des réactifs, dénotent une suractivité se manifestant dès le début de la gestation et se ralentissaut aux approches du terme; 2° dans le lobé postérieur ou nerveux, certaines cellules disséminées dans le stroma réticulé de ce lobe et les cellules du revêtement épendymaire de la cavité infundibulaire, se transforment pendant la gestation el acquièrent la structure caractéristique des éléments à fonction glandulaire.

On peut donc conclure que pendant la gestation, l’hÿpophyse est en état d’hyperfonctionnement, et que les produits de sécrétion doivent passer dans les vaisseeux sanguins, et que, de plus, le lobe postérieur et le lobe antérieur participent tous deux à ce processus.

Pendant, l'allaitement, le fonctionnement serait normal, d’après GUERRINI:

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