CHAPITRE I — MÉTHODES DIRECTES
S 1. — Extraits hypophysaires.
Les premiers essais d'expériences avec des extraits aqueux et glycérinés d’hypophyses sont dus à VassALe et Sacont (1892-1894). Ces expérimentateurs ayant cherché à faire l’ablation de l’hypophyse, injectèrent aux animaux opérés de l’extrait glandulaire, et constatèrent une légère amélioration dans les troubles morbides. Mais ils ne firent aucune constatation sur la véritable action physiologique de ces extraits aqueux glycérinés. Pour eux, la seule action a été d’atténuer les perturbations morbides des animaux hypophysectomisés; ils ne voyaient dans ces extraits qu’un rôle de suppléance fonctionnelle.
Mais bientôt l’exploi des extraits hypophysaires fut fait d’une façon plus méthodique, et on ne tarda pas à s’apercevoir que des modifications importantes se produisaient, sous leur influence, dans l’organisme et surtout du côté de la circulation.
On varia les expériences, ainsi que la manière de préparer les extraits, que l’on obtenait ou par macération, ou par dessiccation. Tantôt la glande pituitaire était employée en totalité, tantôt on séparait les deux lobes, et l’on expérimentait avec l’un ou l’autre. D'où une série de recherches qui ont donné lieu à des résultats fort intéressants que nous allons passer en revue.
Action de l’extrait hypophysaire sur la circulation. — Les premiers travaux sur
pe HYPOPHYSE, 811 l’action physiologique des extraits hypophysaires sont ceux d’Ourver et ScHxærer et de SCZYMONOWICZ. |
Oxiver et À. Scaxrer, en 1895, observèrent qu’en injectant du suc d’hypophyse dans la circulation, il se produisait une élévation de pression sanguine comparable à celle que produit, dans les mêmes conditions, l'injection d'extrait de capsules surrénales.
Ils fabriquaient leurs extraits ou leurs sucs, en faisant macérer des hypophyses fraîches dans de l’eau salée.
Ils ne parlent, dans leur travail, que de l’augmentation de pression: ils ne disent rien ni sur les caractères du rythme cardiaque, ni sur l’augmentation d'amplitude des battements du cœur.
SCZYMONOwIcz refaisant, en 1896, la même expérience, trouve que la pression a de la tendance à baisser, et que les battements du cœur augmentent de fréquence.
Dans le courant de la même année 1898, On. Livon, Howezz et pe Cvon reprirent les mêmes expériences, et arrivèrent aux résultats suivants.
CH. Livon employait, pour faire ses expériences sur le chien, les extraits totaux d'hypophyses de mouton et de cheval, qu’il préparait en broyant les organes avec de l’eau salée à 7 p. 1000, glycérinée à 1 p. 10. Après une macération d’une heure environ, la filtration était opérée, avec expression à travers un linge serré. Il note une élévation assez rapide de la tension, avec ralentissement du ES et grande intensité des pulsations cardiaques. En suivant les tracés, on peut constater que l'hypertension se manifeste presque aussitôt que pénètre le filtratum dans la circulation.
Cette première hypertension est suivie bientôt d’une légère hypotension, qui fait vite place à l'hypertension caractéristique ; mais, dès la première hypertension, le rythme se ralentit, et l’amplitude des pulsations augmente. -
Howezz emploie des extraits glycérinés, et obtient, chez le chien, une élévation de pression et un ralentissement des battements du cœur, dont la puissance est augmentée; même constatation que Ca. Livon. Mais HoweLz remarque que les extraits actifs ne sont fournis que par le lobe postérieur, les extraits faits avec le lobe antérieur sont inactifs. De même, il observe qu’une première injection confère une sorte d’immunité, puisque une seconde injection ne produit plus d’élévation de pression. Mais Cu. Livox n’a pas observé la même accoutumance ; elle peut, en effet, se produire, mais ce n’est qu'après plusieurs injections. |
Même après la section des pneumogastriques, HoweLz trouve que le rythme est encore un peu ralenti, et que l'amplitude des pulsations est encore augmentée. Pour lui, l'extrait d’hypophyse agit sur le cœur, par son action sur les centres d’inhibition cardiaque, et par son action périphérique directe sur la musculature cardiaque même, ou sur les nerfs intrinsèques du cœur.
CH. Livox n’est pas arrivé aux mêmes résultats; pour lui, après la double vagotomie, l'extrait pituitaire ne produit plus le ralentissement des battements cardiaques, ni l'augmentation de l'impulsion; l'hypertension seule subsiste, et l’excitation du nerf dépresseur n'empêche nullement l’action de l’extrait hypophysaire.
DE Cyon procède différemment pour préparer les extraits qu'il injecte. D'abord, il
emploie des extraits fabriqués avec des hypophyses préalablement séchées el pulvérisées, ou bien il injecte à des lapins un extrait ayant subi une ébullition prolongée sous pression (2 atmosphères). Aussi dit-il dans ane note (Arch. de Phys., 1898, p. 631): « Les” extraits se comportent différemment dans leur action, suivant la température à laquelle ils ont été préparés, et aussi suivant la manière dont sont traités leurs éléments albuminoïdes ».
Avec cet extrait obtenu par ébullition, il provoque sur le lapin une élévation de pression artérielle, en même temps qu’un ralentissement du pouls.
Pour DE Cyow, l’hypophyse produit plusieurs substances actives, l’une probablement combinaison organique de phosphore, qu'il appelle kypophysine, agit spécialement sur la force et le nombre des battements du cœur; l’autre impressionne, de préférence, les vaso-constricteurs.
A partir de cette époque, les travaux publiés sur cette question sont très nombreux, et d’ailleurs ils ne concordent pas toujours.
OsBonne et Sw. Vincent trouvent dans le suc hypophysaire de veau deux substances :
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l’une, hypertensive, excitante pour le système nerveux, produite par le lobe antérieur; l’autre, hypotensive, déprimante, produite par le lobe postérieur ; l’action de cette dernière serait analogue à une injection d'extrait de substance cérébrale.
Scxærer et VincenT confirment les observations de Howezr, et trouvent dans les extraits hypophysaires du lobe nerveux deux substances : l’une, insoluble dans l'alcool et l’éther, soluble dans les solutions alcalines, augmente la pression sanguine ; l’autre, soluble dans l’alcool absolu et l’éther, produit de la diminution de pression. Ces deux substances sont dialysables, et ne sont pas détruites par la coction.
Pour ces auteurs, lhy pertension serait due à une action sur les artérioles.
SILVESTRINI injecte à à des lapins des extraits d’ hypophyse de bœuf ; comme Cx. LIVON, il constate d’abord une élévation légère de la pression, suivie d’un abaissement ; puis une nouvelle élévation, pendant laquelle les pulsations cardiaques deviennent de plus en plus amples. Avec l’hypophyse humaine, il obtint le même résultat.
Comme HoweLz, il ne reconnaît aucune activité au lobe antérieur, mais il n’en trouve pas non plus au lobe postérieur. Ce n’est que le feuillet épithélial paranerveux qui donnerait un extrait actif sur la circulation.
Scaærer et HeRRING (1906), injectant de l’extrait aqueux du lobe nerveux, ont constaté une vaso-constriction généralisée, une diminution de volume du rein, et une suppression de la sécrétion rénale. Mais cette phase est très courte; quelquefois même elle peut-faire défaut, et alors survient une vaso-dilalation rénale, avec diurèse abondante. Pour eux, dans l'extrait hypophysaire, il y aurait un principe ayant une action spécifique, stimulante, sur l’épithélium des reins. L’utilité de la sécrétion interne de l’hypophyse serait au service de la sécrétion rénale. |
Dans leurs expériences, ces derniers ont montré beaucoup plus de minutie et de soin pour préparer leurs extraits. Ils ont soin de séparer les lobes antérieurs et les lobes postérieurs, ils les font sécher, et obtiennent ainsi des poudres qui conservent longtemps leur activité, et dont ils peuvent doser la quantité. Ils dissolvent une partie de poudre dans cent parties de solution physiologique, et c’est en employant 2 à 4 centimètres cubes de cette solution qu'ils ont étudié l’action de l’extrait; même avec 1 centimètre cube ils ont obtenu des effets très marqués.
La poudre du lobe antérieur s’est montrée inactive; celle du lobe to au contraire, très active, et non pas seulement la partie en contact avec la couche paranerveuse, mais tout Le lobe.
GARNIER et THAON ont expérimenté avec des hypophyses de bovidés dont ils séparaient les deux lobes, qu’ils faisaient macérer dans la solution physiologique de chlorure de sodium. Après 16 à 20 heures de macération, le liquide était filtré sur papier et injecté au lapin. Quelquefois la filtration était faite par expression à travers un linge. Une fois l'extrait a été préparé extemporanément en broyant la glande avec du sable et le sérum, sans différence dans le résultat.
Ils n’ont rien observé sur la respiration : le tracé n’a pas été modifié.
Comme Howezz et Sizvesrrini, ils n’ont rien observé avec l’extrait du lobe antérieur.
Ils n’ont rien obtenu avec la matière colloïde recueillie à part, comme l'avait fait SILVESTRINI. :
Mais, avec l’extrait provenant du lobe postérieur, ils ont obtenu des modifications importantes de la circulation. Au moment de l'injection, élévation rapide de la pression,. ralentissement des battements, augmentation d'amplitude, puis chute brusque en hypotension pendant peu de temps et relèvement de la pression en hypertension; à mesure que le tracé monte, les battements deviennent plus rares, et les pulsalions plus amples.
Ils arrivent à cette conclusion que, dans le lobe postérieur de l’hypophyse des bovidés, il y a une substance que l’on peut extraire par l’eau salée et qui a pour effet de faire varier la pression sanguine, et surtout de ralentir les battements cardiaques et d’en augmenter la force. ;
Si la dose injectée correspond à un cinquième de lobe, pour un lapin, la mort peut survenir, non immédiatement, mais au milieu de l'hypertension. Il y à alors chute, diminution d'amplitude et mort dans une crise convulsive.
Cette substance existe sur le taureau comme sur l’animal châtré.
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Parfois, pendant l'hypertension, les battements se groupent en séries de 3 à 4, séparées par un battement plus faible ou par un crochet dù à un abaissement brusque de la pression. DE Cxon a décrit chez le chien un DRASS semblable, qu'il appelle les contractions renforcées.
Pour GARNIER et THAON une seule injection ne produit pas d’accoutumance; car, en les répétant au début, on obtient les mêmes effets.
SALVIOLI et CARRARO en 190%, ont repris l’étude de l’action de l'hypophyse, en employant des extraits obtenus en triturant avec soin des glandes pituitaires fraîches de bœuf, mouton, chien, chat, pore, avec de la solution physiologique égale à cinq fois le poids de la glande employée. Leurs. expériences ont porté sur des chiens, des lapins et des chats, et les résultats qu’ils ont obtenus sont à peu près semblables à ceux des auteurs no date
Pour eux, la partie postérieure seule est active, même nan de la petite couche épithéliale paranerveuse fortement appliquée sur elle. La pression est ainsi modifiée : d’abord légère hypotension, suivie d’une hypertension, plus ou moins notable, avec raréfaction et renforcement des battements cardiaques.
Ces auteurs ont remarqué qu'avec des doses faibles ils obtenaient plutôt l'hypertension avec légères modifications du rythme; tandis qu'avec de fortes doses c'était la raréfaction et l'amplitude des battements qui prédominaient, avec une légère hypertension.
Pour arriver à une accoutumance il faut des injections répétées. Alors la respiration n’est pas modifiée et la toxicité des extraits est faible, même avec des doses élevées. Ils n’ont observé comme symptômes que de la somnolence et de la faiblesse musculaire.
Pour eux l’hypertension est d’origine périphérique ; le ralentissement est dû à l’excitation du vague, et, comme ils l’ont obtenu sur des animaux à vagues sectionnés, ils admettent qu’il y aurait une action sur les ganglions ou sur les fibres musculaires du cœur. Même après avoir administré de l’atropine, ils ont vu le ralentissement et le renforcement des pulsations. Ils ont trouvé que les vagues restaient excitables par l’électricité, même sous l’action de l’extrait.
Ils añtistient que la section des dépresseurs ne change rien, et que leur excitation, pendant l’action de l'extrait, produit une vaso-dilatalion variable, qui démontre que, malgré la vaso-constriction due à l'extrait, une vaso-dilatation peut encore se produire pour modérer ou même annuler l’action de l'extrait. Nous avons vu que tous les auteurs n’ont pas obtenu des résultats semblables,
HaALLION et CARRION ont employé pour leurs expériences des extraits secs, qui ont l'avantage. d'être plus commodes à l’usage et qui se conservent très longtemps. Ils préparent leurs extraits en recueillant un grand nombre d’hypophyses de bœufs qui viennent d'être abattus. Ils les réduisent rapidement en pulpe, et y ajoutent un volume égal d'alcool à 90°. Ils dessèchent ensuite en couche mince, à la température de 38° à 40°, et réduisent en poudre. Préparé ainsi, un gramme de cet extrait sec pulvérisé correspondrait à 48r,50 de tissu glandulaire frais. Le poids moyen de l’hypophyse de bœuf fraîche étant de 35",50. :
Ces auteurs ont constaté que les injections d'extraits hypophysaires, non seulement produisaient une hypertension générale, avec augmentation d'amplitude et ralentissement des pulsations, mais donnaient naissance à une vaso-constriction, courte dans la muqueuse nasale, un peu plus longue dans le rein, et très intense et très persistante dans la thyroïde. Ce dernier fait est confirmé par la clinique et par la disparition des battements du goitre, chez certains basedowniens soumis à la médication hypophysaire.
La vaso-constriction du rein est suivie d’une vaso-dilatation qui dure assez longtemps, et qui est accompagnée de diurèse.
Hazzion et Caron ont constaté que les injections d’extraits hypophysaires non seulement produisaient une hypertension générale, mais donnaient naissance à une vasoconstriction très intense des vaisseaux de la thyroïde. Fait confirmé par la clinique et par la disparition des battements du goitre chez certains basedowniens soumis à la médication hypophysaire.
D'un autre côté J. Paz a observé, comme la plupart des expérimentateurs, que l’extrait hypophysaire déterminait une hypotension passagère, suivie d’une hypertension.
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Il a fait agir alors de l'extrait sur des artères excisées (coronaire, carotide, mésentérique, crurale, rameaux périphériques de l’artère rénale), maintenues vivantes d’après le procédé de Oscar W. MEYER, et il a constaté la production d’une dilatation. Il est à noter que la pilocarpine agit comme l'extrait hypophysaire sur les vaisseaux, avec cette différence qu’elle dilate l’artère rénale tout entière, tandis que l'extrait hypophysaire ne dilate que les rameaux périphériques de cette artère, les autres parties restant contractées.
Sur des lapins soumis à des injections répétées d'extrait hypophysaire, G. ÉTIENNE et J. ParIsor ont constaté une hypertension permanente, pouvant durer quinze jours après la dernière injection intra-veineuse, et J. PARISOT a remarqué que, dans les mêmes conditions, la vaso-constriction du corps thyroïde persistait aussi.
LocxnartT, Muuuery et W. LeGGE ont observé, comme beaucoup d’expérimentateurs, la chute de pression du début suivie de hypertension persistante. |
De tous ces travaux peut-on tirer une conclusion? La seule qui paraisse évidente
est la suivante : Les extraits hypophysaires, provenant surtout du lobe postérieur, ont une action très marquée sur la circulation. Ils augmentent la pression sanguine et diminuent le rythme des battements cardiaques, dont ils augmentent l’amplitude.
Avant d'aller plus loin, il est permis de se demander par quel mécanisme l’extrait hypophysaire agit sur la circulation.
Est-ce par excitation du pneumogastrique, ou bien par un effet direct sur les ganglions périphériques (cœur, vaisseaux) ?
Le problème, qui paraît facile à résoudre, se trouve compliqué par le fait des résultats expérimentaux qui varient d’un auteur à l’autre, et qui sont plutôt de nature à jeter de la confusion sur la question qu'a apporter de la lumière.
Il faut reconnaître avec CHoay que le mode de préparation des extraits peut avoir une grande influence sur leur activité.
Nous avons vu, en effet, que certains auteurs préparent leurs extraits par macération simple dans l’eau salée : d’autres ajoutent à cette solution NaCI, ou de la glycérine, en proportion plus ou moins grande, et la filtration se fait avec ou sans expression.
Pour la préparation des extraits secs, même variété. Les uns se contentent de broyer les hypophyses et d'opérer la dessiccation rapide dans la chambre à acide sulfurique dans le vide ou à froid, d’autres y ajoutent de l'alcool à 90°; d’autres enfin obtiennent les extraits secs par l’évaporation des macérations dans l’eau salée, que l’on additionne d’éther acétique pour la conservation pendant l’évaporation dans le vide; et ainsi de suite les techniques varient.
Sans compter les différences dues aux préparations, suivant qu’elles sont faites avec la glande totale, ou avec les lobes antérieurs ou postérieurs séparés. Et, même dans ce dernier cas, la façon dont les lobes sont ARE par les opérateurs peut être cause de modifications dans les résultats.
La section des pneumogastriques, qui est la première expérience qui vient à l'esprit pour élucider le problème du mode d'action, est loin de donner les mêmes résultats entre les mains des expérimentateurs.
Ainsi, pour DE Cxon, à cause de l’énergie de l’excitation des vagues produite par l’hypophysine, la section des pneumogastriques chez le chien n’empêche pas la produetion des pulsations renforcées par séries; l’atropine même n’interrompt pas toujours une série. HoweLLr, malgré la section des vagues, sur les chiens ou sur des animaux atropinisés, a observé, avec des extraits glycérinés d’hypophyse, l'élévation de la pression, le ralentissement et le renforcement des battements cardiaques.
Pour SILvEsTRINI, les effets de l'extrait hypophysaire ne sont modifiés ni par Ja section des vagues, ni par celle du nerf dépresseur.
Ca. Livon, Garnier et THaoN ont observé, au contraire, que la double vagotomie, chez le chien, empêche le ralentissement et l’augmentation d'amplitude des battements cardiaques ; l’injection intra-veineuse d’extrait piluitaire ne donnant lieu dans ces conditions qu'à de l'hypertension. Mais la section d’un seul vague ne modifie en rien l'action de l'extrait.
Ga. Livox a aussi observé que, lorsque l'hypertension est produite, l'excitation chez le chien des vagues et surtout du vague gauche, ne produit généralement ni l’arrêt nila chute
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de pression qui se produisent d’ordinaire.Un autre fait que Ca. Livon a signalé aussi le premier, c’est que l’excitation du dépresseur, qu’il soit intact ou que l'excitation ne porte que sur le bout supérieur sectionné, ne donne plus sur le lapin, la chute caractéristique de la pression, la diminution de pression est presque insignifiante, ou bien, si l'excitation dure quelque temps, on observe une faible diminution avec oscillations assez grandes: mais rien de comparable à ce qui se produit chez le lapin qui n’a pas reçu d'extrait d’hypophyse.Il est vraique tousles auteurs n’ont pas obtenuces mêmes résultats.
Se basant sur leurs expériences, Sazviozt et CarraRo concluent à une action périphérique. En effet ils ont obtenu les résultats ordinaires en injectant de l’extrait hypophysaire sur des animaux à moelle cervicale sectionnée entre la quatrième et la cinquième cervicale. Sur une patte séparée du reste du corps par une ligature très serrée, ils ont obtenu la vaso-constriction des vaisseaux de cette patte par une injection dans ces vaisseaux. Mais, en respectant seulement le sciatique et en injectant l’extrait dans la jugulaire, ils n’ont observé qu’une légère vaso-constriction tardive.
Enfin, sur le cœur isolé, HenBom, ALLEN CLEGHORN, ont constaté que, sous Hoflience de l'extrait hypophysaire, les battements étaiént renforcés, et que leur rythme diminuait. Mais là encore on est à se demander si c’est une action sur le muscle ou sur les éléments nerveux.
Action de l'extrait hypophysaire sur l'appareil cardio-vasculaire. — Connaïssant les effets de l’adrénaline sur l’appareil cardio-vasculaire, il était intéressant de savoir si l'extrait hypophysaire, dont l’action sur la circulation ressemble beaucoup à celle de l’adrénaline, pouvait donner lieu aux mêmes altérations. C’est le problème que bien des expérimentateurs se sont posé.
BapuEz (1906) a trouvé qu'il y a une grande analogie entre les lésions produites par les deux extraits, surrénal et hypophysaire. Il a constaté, après administration d'extrait hypophysaire, que l'aorte était le siège de foyers athéromateux, qu'il y avait dégénérescence de la tunique moyenne et épaississement de la tunique interne ; que les artères du foie, de la rate et du poumon présentaient de l’infiltration périvaseulaire; que le cœur avait des plaques d'infiltration à petites cellules et que les artères coronaires étaient rigides.
Mais ces constatations n’ont pas été confirmées par les autres expérimentateurs.
G. Érienne et J. Parisor, en effet, ont pratiqué, sur des lapins, des injections de 1 cent. cube à 6 à 7 cent. cubes d’une solution contenant 08",0183 d’extrait hypophysaire par centimètre cube.
Après chaque injection d'extrait ils ont observé sur l'animal une diminution de réaction aux excitations, une torpeur considérable pouvant aller jusqu’au sommeil, et en même temps une légère dyspnée et une augmentation notable dans la force des pulsations cardiaques. Ces faits se présentaient avec les premières injections, puis s’atténuaient, et finissaient presque par disparaître, ce qui indiquerait une ‘accoutumance. La polyurie signalée par ScuÂgrer et par d’autres auteurs se manifestait, et quelquefois on assistait à des phénomènes graves suivis de mort, comme avec l’adrénaline. La pression s’élevait et l'hypertension persistait, puisqu'on pouvait encore la constater 10 à 15 jours après la dernière injection.
À l’autopsie les auteurs ont trouvé le cœur hypertrophié, surtout au niveau du ventricule gauche, et de très légères lésions valvulaires aortiques. Ce n’est qu'exceptionnellement qu’ils ont observé un léger athérome, même avec surcalcification des animaux
(procédé de Lærer et Boveni).
Des résultats également négatifs ont été constatés .par CARRARO, HALLION et ALQUIER, Renon et DELILLE.
Les résultats diffèrent donc beaucoup de ceux que l’on obtient avec l’adrénaline.
On peut donc conclure que l'extrait hypophysaire n’a qu’une action athéromisante, très faible et même nulle, comparée à son action hypertensive, qui est irès forte.
Action de l'extrait hypophysaire sur le rein. — L'action générale des extraits hypophysaires sur l'appareil circulatoire doit nécessairement avoir une répercussion sur divers organes. Le rein paraît être un des plus influencés, car l'augmentation de la sécrétion urinaire, sous l'influence de l’administration d'extraits hypophysaires, a été constatée par un grand nombre d'auteurs.
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Macnus et Scnærer (1901), après les injections intra-veineuses d'extrait hypophysaire, ont observé une augmentation très notable de la sécrétion urinaire, ainsi qu’une dilatation persistante du rein. Pour eux, c’est dans le lobe postérieur que se trouve le principe diurétique; etles extraits aqueux seuls agissent sur le rein.
ScHÆFER et HERRING (1906; ont obtenu des résultats semblables. Ils ont constaté que le principe diurétique, qui existe seulement dans le lobe postérieur, était insoluble dans l'alcool absolu et dans l’éther, mais soluble dans l’eau; qu’il dialysait et que l’ébullition ne le détruüisait pas. Aussi, avec des injections intra- -veineuses d'extrait aqueux, ont-ils observé une diminution de volume du rein, et une suppression de la sécrétion rénale. Mais cette phase est très courte, quelquefois même elle peut faire défaut, et alors survient une vaso-dilatation rénale, avec diurèse abondante. Pour feux, dans l'extrait hypophysaire, il y aurait un principe ayant une action spécifique, stimulante, sur l’épithélium des reins. L’utilité de la sécrétion interne de l’hypophyse serait au service de la sécrétion rénale; car l’extrait hypophysaire jouit d’un pouvoir diurétique supérieur à celui de toute autre substance diurétique.
Haziox et Carnton ont étudié les modifications vaso-motrices du rein sous l'influence des injections d'extrait hypophysaire; et ils ont noté d’abord une vaso-constriction de courte durée, puis une vaso-dilatation très prononcée, persistante, accompagnée d’une forte diürèse.
La polyurie a été observée de même, par ÉrTienNé et PARisor, chez les lapins sur lesquels ils ont fait leurs expériences.
J. Renon et A. DELILLE sont arrivés à des es identiques, avec des injections intra-péritonéales d'extrait total ou d'extrait du lobe postérieur.
Cette concordance dans les observations permet donc de conclure que les extraits hypophysaires du lobe postérieur, comme de l’hypophyse totale, ont une action très marquée sur le rein.et possèdent un pouvoir diurétique tout particulier.
Action de l'extrait hypophysaire sur le métabolisme. — Les modifications de la circulation amènent-elles des changements dans la nutrition? Les premières recherches d'Oswazp sembleraient indiquer qu'il n’y en a pas; car, ayant administré des extraits hypophysaires à des chiens, il n’a pas trouvé des modifications dans les proportions de l’azote et du phosphore éliminés.
Mais Jon MaccoLu, reprenant cette étude sur des chiens, avec des hypophyses de bœuf, est arrivé aux conclusions suivantes :
Avec l’extrait sec de la portion glandulaire on constate une rétention de l’azote et du phosphore; une excrétion exagérée de calcium et une augmentation très forte du magnésium dans les fèces; avec l'extrait sec de la portion nerveuse, même rétention de l'azote. Mais, pour le phosphore, il y a d'abord une augmentation dans son élimination, puis une diminution; le calcium est excrété en excès et le magnésium ne paraît pas modifié ; avec la glande totale fraîche, on observe une augmentation de l’excrétion de l’azote, une tendance à la rétention du calcium; l'élimination du magnésium, d’abord augmentée, est ensuite diminuée.
. D’après W.-H. TromwPson et H.-M. JonNsTon, l'administration d’ hYGObhy ses de cheval et de veau stimule le métabolisme chez le chien (augmentation de l’azote élimininé, de l’urée et des phosphates).
Sous l'influence de l’administration d’extraits hypophysaires, en général, le poids de l'animal diminue un peu (Taowpson et JoaNsTON, A. CARRARO): cette diminution de poids paraît être un phénomène de début; car, si l’on continue l’administration un certain temps, les animaux reprennent leur poids initial, et même augmentent. A. DELILLE a vu des lapins, au bout de 1% mois de traitement, présenter une véritable surcharge graisseuse.
Action de l’extrait hypophysaire sur les fibres musculaires. — Ainsi que le montrent les expériences de Sazviozr et CarraRo, l'extrait hypophysaire aurait une action directe sur les fibres lisses des vaisseaux et les ferait contracter.
D'un autre côté, W. CrAMER a démontré que les extraits hypophysaires de bœuf faisaient dilater la pupille d’yeux de grenouille énucléés. Les fibres lisses dilatatrices de la pupille sont donc influencées par ces extraits, dans lesquels la substance qui fait dilater la pupille paraît différente de celle qui possède le pouvoir diurétique. De vieux
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extraits, en effet, conservent leur pouvoir diurétique et n’ontplus d'action sur la pupille
Paz a confirmé les observations de Crawer sur la pupille d’yeux de grenouille.
La fibre cardiaque est-elle influencée directement par l'extrait hypophysaire ? HEBDORN, ALLEN CLEGHORN ont:bien vu, sur le cœur isolé, les battements devenir plus forts et se ralentir en même temps. Mais on est obligé de tenir compte des éléments nerveux intra-cardiaques.
Peut-on avancer que l’extrait hypophysaire a de l’action sur les fibres striées en augmentant leur toxicité? On ne peut que le supposer en constatant l’affaiblissement musculaire général qui accompagne les maladies de l’hypophyse, et la disparition de l'asthénie musculaire par l’opothérapie hypophysaire.
Action de l'extrait hypophysaire sur les reins. — Les injections d'extraits ont nécessairement de l'influence sur les divers organes. En dehors, du cœur et du rein, étudiés précédemment, on trouve des modifications importantes.
C’est ainsi que sous l'influence des extraits hypophysaires, l’hypophyse présente d’abord des signes de stimulation, d’hyperfonctionnement, puis d’épuisement, d’hypofonctionnement (GueriNt, HazzioN et ALquier, Rénon et DeuiLce). Les capsules surrénales généralement s’hypertrophient (Bapuez, HALLION et ALQUIER, RENON et DELILLE, PARHON et GOLSTEIN).
La thyroïde semble profondément modifiée: les vésicules diminuent de volume, leur contenu colloïdal se raréfie et disparaît même de certaines vésicules. Il y a de la tendance à l’atrophie sans sclérose cependant (HaLLion et ALQuiIER, RENON et DELILLE). Parxon et Gorsreix, de leur côté, n’ont pas constaté d’altérations. — Du côté des organes génitaux, les auteurs n’ont rien trouvé de particulier à signaler.
Le- foie est toujours congestionné et présente les signes de la dégénérescence granulo-graisseuse (CARRARO, HALLION et ALQUIER, RENON et DELILLE, PARHON et GOLSTEIN).
Quant aux autres organes, comme le poumon, la rate, le pancréas, ils sont plus ou moins congestionnés.
Action de l'extrait hypophysaire sur le système nerveux. — Rankz-Hocawarr et À. Frôazicon ont observé que l’extrait hypophysaire provoquait des contractions de la vessie et en diminuait l’excitabilité pour le courant faradique par son action sur les
nerfs pelviens (système autonome). Le nerf hypogastrique (système sympathique) n’est
point influencé. L’utérus chez le lapin se comporte de la même facon. Pour eux l'extrait hypophysaire rétrécit un peu la pupille et n’exerce aucune action sur le pneumogastrique. Tandis que l’adrénaline agit sur le système nerveux sympathique, l'extrait hypophysaire a surtout de l’action sur les organes du bassin, et n’agit que sur quelques filets sympathiques, ainsi que sur quelques autres nerfs autonomes.
Les auteurs établissent un rapport entre cette action et les troubles génitaux que l’on observe dans l’acromégalie, ainsi que les troubles vésicaux qui se produisent dans les cas de tumeur de l’hypophyse sans acromégalie, probablement dûs à un défaut de sécrétion hypophysaire.
Aussi pensent-ils que l’on pourrait administrer l’extrait hypophysaire quand on aurait besoin d'augmenter l’excitabilité de la vessie et de l'utérus.
Action de l'extrait hypophysaire sur l'accroissement somatique. — Partant de ce fait que les recherches cliniques tendent à attribuer à l’hypophyse une action sur le trophisme des os, on a entrepris des expériences sur des animaux en voie d’accroissement, afin de voir si leur développement pouvait être modifié sous l'influence des extraits hypophysaires. |
Casezzt d’abord expérimenta avec l’hypophyse de bœuf, qu’il faisait macérer pendant vingt-quatre heures dans du, sérum physiologique glycériné, à poids égal, pour étudier l’influence sur le développement de l’organisme. Il pratiquait, sur de jeunes lapins et sur de jeunes chiens, des injections sous-cutanées de 1 à 2 centimètres cubes pendant deux à quatre mois. Les résultats ne furent pas très favorables ; dans quelques rares cas, il y eut un peu de retard de développement.
CERLETTI ensuite a entrepris des expériences semblables. Le maximum d'activité devant coïncider avec la période de développement, il a employé des hypophyses d’animaux en bas âge (des Coprs Ces organes variaient de poids entre 20 et 30 centigrammes.
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Chez des chèvres surtout, il a obtenu des résultats Lrès intéressants et significatifs. Il y a un retard constant soit dans l’augmentation de poids, soit dans le développement squelettique des animaux en expérience.
Le retard dans le développement du squelette paraît suivre une règle plus uniforme que celle qui préside au développement du poids du corps.
En examinant les os dépouillés des parties molles, on constate des faits particuliers et importants. Chez les lapins soumis au traitement hypophysaire, le tibia est moins long ; les épiphyses, particulièrement dans leur diamètre frontal, présentent un développement plus considérable qu’à l’état normal. Si le diamètre de la diaphyse de l’os est le même, d’une façon absolue, que celui de l’os normal, à cause de sa diminution de longueur, il est relativement d’un diamètre plus grand, puisqu'il est moins long.
Ces expériences sembleraient indiquer, sans le démontrer, que le développement du squelette peut être influencé par l’emploi des extraits hypophysaires.
Action de l'extrait hypophysaire combiné à l'extrait thyroïdien, à l'extrait capsulaire et à l’extrait ovarien. — A. Cor: et O. Currt ont fait une série d'expériences pleines d'intérêt sur les deux extraits combinés de l’hypophyse et de la thyroïde de veau. Après avoir ‘constaté que l'extrait thyroïdien ne modifiait ni la pression sanguine, ni les mouvements du cœur, mais élevait le ton et la résistance des centres régulateurs de l'appareil circulatoire, ils observent qu’une dose élevée d'extrait du lobe infundibulaire . de l’hypophyse détermine toujours la mort du lapin. Mais, si l’on injecte cettemême dose mortelle sur un lapin qui a reçu une ou deux injections préventives d’extrait thyroïdien, il ne meurt pas.
Même résultat avec l'extrait du lobe glandulaire de l’hypophyse : il ne modifie ni la pression, ni le pouls, comme l'extrait thyroïdien, mais il rend plus tolérables les doses toxiques d’extrait du lobe infundibulaire.
Ces auteurs ont aussi observé que, si l’on injectait un mélange d'extrait thyroïdien et d'extrait hypophysaire, le résultat n’était pas modifié : cependant la tolérance de la part de l’animal serait moins manifeste.
Complétant leurs recherches par une injection d’un mélange d’extrait hypophysaire et d'extrait de capsules surrénales, toujours de veau, ils ont remarqué que les caractères de la courbe circulatoire obtenue étaient ceux de l’extrait capsulaire, dont l’effet physiologique était supérieur. Mais le lapin meurt, si la dose d’extrait hypophysaire employée est une dose toxique.
Dans des expériences analogues sur l’action combinée des extraits, PARISOT a trouvé que, chez l’animal intoxiqué par l'extrait thyroïdien, l’extrait hypophysaire avait semblé diminuer et notablement amender les symptômes d'intoxication. D’autre part, en administrant ces deux extraits simultanément à un animal sain, il a observé que l'extrait thyroïdien semblait perdre de sa toxicité, et ne produire que beaucoup plus lentement des symptômes d’intolérance.
De leur côté, Rénon et DELILLE, en associant divers extraits, sont arrivés aux conclusions suivantes :
Lorsque on injecte dans le péritoine d’un lapin neuf de l'extrait hypophysaire total, en même temps que de l’extrait surrénal, la toxicité de ce dernier ne paraît pas diminuée : avec l’extrait du lobe antérieur le résultat est le même. |
Après plusieurs injections préalables d’extraït hypophysaire total, les lapins succombent le premier jour qu'ils reçoivent une dose, même faible, d'extrait surrénal. Mais les animaux soumis depuis longtemps au traitement par l'extrait du lobe antérieur résistent beaucoup plus aux injections d'extrait surrénal que les lapins sains.
Étudiant l'effet de l'extrait hypophysaire sur l'extrait ovarien, ils ont remarqué que la toxicité de ce dernier semblait diminuée.
En associant l'extrait hypophysaire à l'extrait Rio ils n’ont rien dHSrré de bien apparent.
Enfin, injectant à une lapine, simultanément, des doses minimes d’extrait d’hypophyse, de surrénale, d’ovaireet de thyroïde, ils ont constaté la mort en quelques heures.
PARHON et GoLpsTEIN, faisant absorber à un chien chatré de la macération thyrohypophysaire, ont trouvé une congestion considérable de l'hypophyse avec beaucoup de cellules éosinophiles ; de la colloïde en abondance dans la thyroïde. Ils n’ont rien trouvé
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du côté des surrénales et du pancréas, mais le foie et les reins étaient congestionnés,
Toxicité. — Après l’énumération de tous ces travaux, on en arrive à poser la question de la toxicité des extraits hypophysaires.
Les recherches sur cette question ne sont encore ni très nombreuses et surtout ni très précises. Cependant quelques auteurs l’ont abordée.
Comme les expérimentateurs n’ont obtenu sur cette question que des résultats variés et contraires, on pourrait les diviser en deux groupes : 4° Ceux qui ne reconnaissent à l’hypophyse qu’une toxicité presque nulle; 2° ceux qui, au contraire, lui attribuent une toxicité propre, relativement grande.
Cependant la classification est difficile, car les résultats varient suivant la quantité employée, suivant la voie d’ administration, et suivant que l’on a utilisé la glande totale ou l’un des deux lobes.
De même il semble que la toxicité est plus grande Listes l’on emploie la substance fraîche que lorsque l’on fait usage d'extraits secs.
Quoiqu'il en soit, parmi ceux du premier groupe ont peut citer : Marrer et Bosc, SCHAEFER et SWALE VINCENT, THOMPSON et JoHNSTON, SALVIOLI et CARRARO, ÉTIENNE et PARISOT, RéNon et DELILLE, HALLION et ALQUIER, etc.
Parmi ceux du second groupe : Contt et Curti; GARNIER et THAON, CARRARO, Masay, UrEccura, ParisorT, etc.
D'une façon générale, on peut dire que les animaux supportent très bien des doses
faibles ou moyennes, et que ces doses déterminent même chez eux une accoutumance qui permet d'arriver à des doses fortes, Mais si, d'emblée, on emploie une forte dose, la mort se produit rapidement.
Une question se présente alors. Qu’entend-on par une dose forte ou mortelle ?
Il faut reconnaître que, jusqu’à présent, les données manquent de précision, à cause de la technique, laquelle change pour ainsi dire avec chaque expérimentateur.
On peut se demander aussi si l’origine de l’hypophyse employée ne joue pas un rôle important.
Ce dernier point a été élucidé par Parisor, qui a vu que les résultats étaient les mêmes, que l’hypophyse provienne d’un animal semblable à celui qui est intoxiqué ou d'animaux différents.
Un fait sur lequel tout le monde est d’accord, c’est que le lobe antérieur est inoffensif,
Pour le lobe postérieur, CarrARo a trouvé que l'extrait correspondant à un lobe d'hypophyse fraîche de bœuf, en injection intra-veineuse, tuait un lapin d'un ROM supérieur à 1 500 grammes.
Masay donne comme dose mortelle pour un cobaye : deux hypophyses de chien.
Quant à UreccurA, il a employé des doses massives (15 à 20 hypophyses de bœuf) en injections De sur des chiens, et il a vu la mort survenir en huit à neuf jours.
GARNIER et THAON ont entrepris quelques expériences sur cette toxicité, et ont trouvé qu’approximativement 2 grammes d’ hypophyse FER de vache tuaient un kilogr. de lapin.
Ils ont recherché si cette toxicité pouvait varier lorsque la préparation élait plus ou moins vieille. [ls ont observé qu'après 24 heures de séjour à la glacière un extrait d'hypophyse de taureau, qui tuait un kilog. de lapin à la dose de 15",50 au moment de sa préparation, le tuait à la dose de 1 gramme. Après 48 heures, la toxicité s’est élevée à 08",31 par kilogr. Après 3 jours, la dose mortelle est remontée à 18",09 par kilogr.
Mais Les ah de À. Conrt et O.Curri jettent un jour nouveau sur cette toxicité, et la question est toute à reprendre, car, si, comme l’ont montré ces auteurs, l’extrait du lobe antérieur est préventif contre la toxicité de l’extrait du lobe postérieur, toutes les expériences pratiquées avec l’hypophyse entière sont entachées d'erreur.
Il est intéressant aussi, au plus haut degré, de constater cette action préventive de l'extrait thyroïdien, dont l'injection rend lanimal beaucoup plus résistant à l’action nocive de l'extrait du lobe nerveux de l’ hypophyse. Il y à là un fait d'une portée biologique générale en ce qui concerne la synergie glandulaire.
Pouvoir antitoxique. — A côté de cette toxicité, on peut se demander si, comme l'ont
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avancé Guerrint et GEMELLI, l’hypophyse possède un pouvoir antitoxique fonctionnel et . direct.
Comme nous le verrons dans la troisième partie de cet article, LP PObES A en présence des intoxications et des infections, réagit si fortement que souvent elle parait s’épuiser. Son rôle antitoxique fonctionnel peut donc être considéré comme très probable ; mais at-elle un rôle antitoxique direct?
Pour chercher à éclaircir ce point, A. DELILLE à répété avec l'hypophyse les expériences qu'OPprenuelM à faites avec la surrénale. Il a préparé des extraits hypophysaires frais et secs, qu’il a mélangés avec des subtances toxiques in vitro, et qu'il a injectés à des animaux ou bien il a injecté l'extrait, puis le toxique ou le toxique, puis l'extrait. Il n’a rien obtenu qui fût concluant. Il a de même expérimenté, sans résultat, pour voir si l’extrait hypophysaire pouvait modifier les propriétés actives du sérum (alexine, opsonine, etc.).
Jusqu'ici on ne peut rien dire du pouvoir antitoxique direct des extraits hypo-
physaires. - $ IT. — Æ£xcitations — Extirpation.
Pour tâcher d’élucider ce problème, encore obscur, de la fonction de l’hypophyse, on a suivi la méthode ordinaire, qui a fourni tant de résultats ; l’expérimentation directe sur l’organe, afin de pouvoir déterminer son rôle par les conséquences de son excitation ou de son ablation. Les tentatives ont été nombreuses et variées; car un organe dont les extraits possédaient des propriétés si nettes sur la circulation devait réagir à l’expérimentation. Mais l’hypophyse par sa situation topographique n’est pas d’un accès facile. |
Choix de l'animal. — La première question que doit se poser l’expérimentateur est celle de savoir sur quel animal il est plus convenable et plus commode d’opérer.
Cette question présente ici une grande importance car tous les animaux n’offrent pas une même disposition de leur hypophyse.
Comme nous l'avons vu précédemment, c’est un organe en général profondément placé, dans une loge ostéo-fibreuse formée par la selle turcique et la dure-mère, qui constitue la tente de l’hypophyse, perforée seulement pour laisser passer la tige pituitaire. Mais cette disposition n’est pas identique dans toute la série des vertébrés, et certains animaux présentent des dispositions spéciales, qui peuvent faciliter l” expérimentation sur cet organe.
Ces dispositions doivent être connues du physiologiste.
Chez les Batraciens, on trouve une hypophyse assez volumineuse.
Chez la grenouille elle n’est nullement renfermée, car il n’existe pas de loge ostéofibreuse au niveau de la selle turcique, l’os parabasal présentant simplement une petite dépression; d’un autre côté, il faut tenir compte de la disposition de l’hypophyse qui chez la grenouille est pour ainsi dire sessile; accolée à la base du cerveau, au niveau du plancher du ventricule moyen, elle est Édob te de tige pituitaire. Cette disposition permet d’en faire assez facilement l’ablation; mais par le fait de son accolement au ventricule, on n'extirpe le plus généralement que la portion corticale du lobe épithélial; si l’on veut enléver la portion nerveuse on pénètre dans le ventricule.
Chez les Reptiles, on trouve une disposition à peu près identique.
Chez les Oiseaux, l'hypophyse est relativement peu volumineuse, et présente cette partieularité, chez la poule et l’oie, par exemple, que les deux lobes sont bien distincts, . étant réunis par du tissu cellulaire lâche. Cette disposition permettrait l’ablation isolée de chacun des lobes; mais l’organe est placé lui-même dans une 108€ ostéo-fibreuse profonde, à laquelle elle adhère. fortement.
Chez les Mammifères, l'hypophyse varie beaucoup suivant les espèces comme forme, dimensions et topographie.
Chez le cheval elle est volumineuse, elle a la forme d’un petit marron aplati : son pédicule, qui la relie au cerveau, est assez large : il s’insère à la partie antérieure et supérieure. La selle turcique n’est relativement pas très profonde, et, d’après PAULESco, la Ioge osseuse n’existe pour ainsi dire pas.