HY POP AYS EE
Chez le veau, elle présente à peu près la même forme que chez le cheval, mais elle est renfermée dans une loge osseuse, dans laquelle elle est maintenue odemenE par des lames fibreuses qui een bent complètement.
Chez le mouton, l’hypophyse assez volumineuse a une forme pyramidale, et se trouve renfermée dans une loge ostéo-fibreuse complète.
Ghez les Rongeurs, lapin et cobaye, l'hypophyse est contenue dans une loge ostéofibreuse. Mais chez le rat (le gris, le noir ou le blanc), elle n’est pas enfermée dans une loge ostéo-fibreuse. C’est à peine si, à la place de la selle turcique, se trouve une légère dd qui contient l’hypophyse, que ne retient pas le repli de la dure-mère.
Chez les Carnivores, chat et chien, l'hypophyse est relativement petite : mais sur ces deux espèces animale elle n’est pas étroitement emprisonnée dans la selle turcique, attendu que la tente formée par la dure-mère ne constitue qu’une cloison très incomplète pouvant livrer passage à l’organe entier, quand on soulève le cerveau. On peutdire que la loge ostéo-fibreuse n’existe pas.
A. — Procédés opératoires.
Fixés sur la topographie de l’hypophyse chez la plupart des animaux de laboratoire, examinons quels sont les principaux procédés opératoires employés pour expérimenter sur cet organe.
Grenouille. — Cet animal ayant une hypophyse qui n’est pas contenue dans une loge ostéo-fibreuse peut servir de sujet d'expérience, lorsque l’on veut découvrir l’organe ou l’extirper.
Deux procédés permettent d’arriver sur l’hypophyse : 1° la voie buccale; 2 la voie cranieune.
Voie buccale. — C’est le procédé employ par A. Casezcr et G. GAGLI0 dans leurs recherches.
La grenouille peut être Ne hoctée avec des vapeurs d’éther : on la fixe sur le dos, en ayant soin de lui maintenir la bouche ouverte le plus possible. Ensuite, après avoir. fait une incision longitudinale d’environ 1 centimètre dans la voûte de l’arrière-bouche, et mis en évidence, en écartant les bords de la plaie, la croix de l’os parabasal, on applique, au centre de cet os, une couronne de trépan de 3-4 millimètres.
Après avoir enlevé la rondelle osseuse, on aperçoit l'hypophyse à travers la duremère; on incise cette membrane avec une aiguille, et l’on peut enlever la glande avec une pince à pointes courbes et fines.
C’est un procédé qui donne des complications infectieuses. Aussi BoTEANo, sur les conseils de PauLesco, a-t-il employé la voie cranienne. Après avoir aseptisé la peau de la grenouille, on la confie aux mains d’un aide. On fait sur la ligne médiane et dorsale de la tête une incision cutanée, depuis les narines jusqu’ à 1-2 centimètres en arrière de l’articulation cranio- vertébrale. |
Avec un bistouri, on ouvre la suture sagittale; puis avec des ciseaux on sectionne l’os fronto-pariétal transversalement, au niveau de l’orbite. On insinue ensuite l’une des branches d’une pince à dissection sous l’os fronto-pariétal qu’on rabat, en même temps que l’os prootique, préalablement sectiouné. On met ainsi à découvert une moitié de l’encéphale; puis, à l’aide d’un petit écarteur, on soulève le lobe optique (reconnaissable à sa couleur noirâtre) au dessous et en arrière duquel se trouve la pituitaire que l’on cueille avec une pince courbe. Après avoir ramené l’os à sa place, on suture la peau avec du catgut fin, et l’on met la grenouille dans un vase contenant très peu d’eau, que l’on renouvelle fréquemment.
Poule. — G. FicaerA a pratiqué la destruction de l’hypophyse sur des poulets jeunes, mâles et femelles, en atteignant l’organe par la base du crâne : car c’est le seul moyen del’atteindre dans sa profonde ea ostéo-fibreuse.
Procédé opératoire : Après avoir fixé l’animal sur le dos, le cou étendu, et après avoir déplumé les régions sus et sous-hyoïdiennes, on pratique une incision de 2-3 centimètres, partant antérieurement de la portion cutanée correspondant au plancher buccal et se terminant en arrière, au niveau de l’angle de l’arcade mandibulaire. Cette incision doit
te
2 HYPOPHYSE.
passer sur la ligne médiane de la région qui correspond à l’appareil cartilagineux hyoidien, et suivre la portion horizontale de l’arcade mandibulaire.
En écartant les lèvres de la plaie, on tombe sur un espace triangulaire, limité extérieurement par le muscle mylo-hyoïdien, intérieurement, d’abord par le larynx et la trachée, ensuite par le pharynx ou arrière-bouche et l’œsophage. Profondément cet espace est fermé par les muscles génio-hyoïdien et stylo-hyoïdien. Afin d’avoir un champ d’expérience plus libre, on sectionne ces muscles.
Cela fait, au moyen d’une sonde cannelée, on suit la paroi du pharynx à sa partie postérieure, on la détache d’abord des ete. cervicales ; et, en remontant vers la base du crâne, on décolle le pharynx jusqu’au milieu du noie basilaire.
On cherche, en glissant doucement la pointe de la sonde cannelée sur le bord antérieur de l’occipital basilaire, la tubérosité osseuse placée en arrière de la portion centrale du sphénoïde basilaire, et qui correspond au milieu d’une ligne qui unit les angles de Parcade mandibulaire. On écarte avec soin le dôme du pharynx, afin de ne pas troubler la respiration, el l’on détermine le point central de la base du sphénoïde, que l’on perfore facilement et rapidement au moyen d’un thermo-cautère en forme
d’aiguille. A peine l’instrument a-t-il traversé le sphénoïde basilaire, qu’il pénètre,
dre la selle turcique où on le maintient quelque temps en le Ponant Ibsérement afin de bien atteindre l’hypophyse qui se trouve ainsi carbonisée. Z
Le seul avantage de ce procédé, qui ne peut s’appliquer que sur les Mn e c'est que l'opération se fait en dehors de la cavité bucco-pharyngée, et que par conséquent les complications infectieuses sont moins à craindre que s’il y avait communication directe entre la cavité cranienne et la buèco-pharyngienne.
Lapin. — Sur le lapin, l'hypophyse est difficile à atteindre, carelle est renfermée dans une loge ostéo-fibreuse dont la partie supérieure est formée par une lame duremérienne qui quelquefois s’ossifie. De plus, le crâne de ces animaux est très petit, et ils offrent peu de résistance aux traumatismes.
Plusieurs procédés ont été employés pour arriver sur l’hypophyse.
Procédé de GLEY.— En 1891, GLEY à essayé de détruirel’hypophyse afinde voirsi des rapports fonctionnels n’existaient' pas entre cet organe et la thyroïde. Il a employé le procédé suivant : On fait un petit trou de trépan à la partie supérieure du crâne, vers le milieu d’une ligne transversale passant par l’angle postérieur des deux orbites. Par ce trou on introduit un trocart que l’on enfonce perpendiculairement à travers la masse cérébrale; quand l’animal ne s’agite pas, on est sûr de tomber exactement dans la selle turcique. On peut, le trocart étant en place, glisser à l’intérieur une longue aiguille par laquelle on injecte quelques gouttes de suif. Cette modification a pour fbut de détruire la glande, tout en diminuant l’hémorragie inévitable dans la dilacération. Bien entendu, toutes ces opérations sont faites aseptiquement.
ll est clair que la mortalité des animaux ainsi traités est considérable, à cause des complications opératoires : lésions des pédoncules et surtout hémorragies, à la suite desquelles il y a compression cérébrale. Aussi ce procédé est-il abandonné aujourd'hui.
DE Cyon, qui a fait ses recherches surtout sur le lapin, a suivi la voie cranienne inférieure par le procédé suivant : On fait une longue incision partant de l’os hyoïde et se dirigeant en bas, comme pour placer une canule trachéale. On trachéotomise l’animal, et on sectionne ensuite toutes les parties molles entre l'os hyoïde et le larynx jusqu’à la base du crâne. Avec un large crochet mousse, on attire en haut et en avant l’os hyoïde, ainsi que le moignon du pharynx, et on aperçoit la base du crâne. Avec l'index on peut facilement explorer la base de la loge hypophysaire. Une petite veine, qui chemine sur la ligne médiane de la base du crâne et qui pénètre dans cette loge, est souvent lésée pendant la trépanation : on arrive rarement ‘à l’éviter. On fait pour le mieux et on la comprime avec un tampon d’ouate.
Pour bien trouver la position où l’on doit appliquer la tréphine de 2 millimètres environ, on se guide sur les apophyses ptérygoïdes. Le bord postérieur de la base de la loge hypophysaire, faisant légèrement saillie, indique exactement la place où doit se faire la perforation. La tréphine doit être placée exactement perpendiculaire à l'os sphénoïde, et son application doit se faire autant que possible avec une faible pression.
HYPOPHYSE,. HS AT Le champ opératoire est éclairé au moyen d’un réflecteur frontal. Généralement, il se produit une petite hémorragie provenant de la loge hypophysaire : on lParrête avec de petits tampons d’ouate.
Sur le chat et le chien, l'hypophyse est plus facile à atteindre, à cause de sa disposition et de sa liberté relative : aussi a-t-on beaucoup expérimenté sur ces anlMaux.
Les procédés suivis sont variés ; les uns permettent d'aborder l'organe par la base du crâne, les autres par des voies différentes. Nous allons les passer en revue au point de vue opératoire,
Sur le chat, MARINESCO à suivi la voie buccale par la méthode suivante : On perfore le voile du palais à l’aide du thermo-cautère. Avec l’index, on recherche les deux apophyses ptérygoiïdes et, au milieu de l’espace qu’elles limitent, on applique une couronne de trépan de 5 millimètres de diamètre. Faisant sauter alors la rondelle osseuse, on peut détruire directement la glande pituitaire avec une baguette de fer recourbée en crochet et préalablement rougie au feu.
GEMELLI, de son côté, qui pour ses expériences préfère le chat, à cause de la conformation de sa bouche qui'se prête très bien à l'application du trépan sur la base du sphénoïde, emploie le procédé suivant : Après avoir fait une injection de chlorhydrate de morphine (0,01 centig. par kilog. de poids vif) et obtenu l’anesthésie, on fixe l’animal en décubitus dorsal sur la table opératoire. On place un coussin sous la tête, et l’on ouvre aussi largemeni que possible la gueule, dont on fixe les deux maxillaires. On fixe la langue au moyen d’une pince, et on la tire au dehors et en bas. Après avoir lavé la bouche avec soin, on procède à l’opération aussi aseptiquement que possible. On fait d’abord une incision sur la ligne médiane du voile du palais, de 3 à 4 centimètres, on écarte les bords de l’incision, et on les maintient au moyen de deux petites pinces spéciales ; on découvre la voûte pharyngienne jusqu’à l'implantation du vomer. Avec un tampon d’ouate, on enlève le mucus qui s’y trouve presque toujours, et on pratique sur la ligne médiane une incision de 1 centimètre et demi, dont le milieu doit correspondre à une ligne réunissant les bords postérieurs des apophyses ptérygoïdes. Ensuite on. décolle la paroi pharyngienne, le périoste et on met le sphénoïde à nu.
Chez le chat adulte, cet osestcomposé de deux parties : le présphénoïde et le basisphénoïde.C’estce dernier qui formele plancher de la selle turcique, par conséquent c’est sur lui qu'il faut porter le trépan. Pour le reconnaître, on procède de la manière suivante : On cherche, au moyen d’une sonde, une petite crête que présente le prébasisphénoïde et. qui est très manifeste. Là, où cesse cette crête, il}y a une suture qui unit le presphénoïde au basisphénoïde. Chez les animaux jeunes, elle’est très manifeste et présente un petit disque cartilagineux, facilement reconnaissable à sa couleur blanchâtre.
En suivant la ligne médiane, on trouve presque toujours un petit trou, que l’on considère comme le résidu du canal cranio- pharyngien. C’est sur ce point que l’on doit faire la craniectomie.
Soit avec une gouge, soit avec un trépan, on fait une brèche de 4 à7 millimètres. Il y a généralement une petite hémorragie que l’on arrête par tamponnement. La table interne étant enlevée, on voit la dure-mère que l’on incise sur la ligne médiane; puis, avec une pince ou une curette, on extirpe l’hypophyse.
Le point le plus délicat de l'opération, c’est pour extraire l'organe dans. sa totalité sans hémorragie. Il ya écoulementabondantdeliquide céphalo-rachidien. Onremetautant que possible les bords de la dure mère en place, on obture soigneusement la brèche osseuse avec du mastic anglais des dentistes, on suture la brèche du voile du palais, on nettoie avec soin, et on applique une couche de collodion à l’iodoforme.
En cas d’hémorragie il faut renoncer à poursuivre l’expérience.
Sur le chien, les procédés employés sont variés.
Voie cranienne supérieure, — C’est le procédé employé par Lo Monaco et Van Ryn- BERK. On pratique au sommet du crâne une ouverture, on incise la dure-mère latéralement au sinus longitudinal supérieur, et, par cette ouverture, on introduit le long de la faux du cerveau, un petit instrument à manche métallique long et mince, dont l’extrémité inférieure est recourbée en forme de cuillère à bords mousses.
Ce petit instrument, avec sa partie concave tournée vers la faux, est introduit en un point occupant le milieu d’une ligne transversale, réunissant la partie antérieure d’un
894 HYPOPHYSE.
pavillon de l'oreille à l'autre. En le poussant perpendiculairement jusqu’à la base du cerveau, après avoir perforé le corps calleux et l’infundibulum, on tombe dans la cavité osseuse qui canstitue la selle turcique. Il suffit alors d'imprimer au manche de cet instrument en cuillère, un mouvement de rotation égal à un quart de tour, de façon qu'il
pénètre mieux dans la cavité, et on le manœuvre de manière à à écraser et broyer ce qui -
se trouve dans cette cavité.
Cela fait, on donne à la cuillère sa position première, afin de la retirer de la masse cérébrale. On fait ensuite un double plan de sutures et on recouvre soigneusement la plaie avec un pansement pour éviter l'infection secondaire.
La complication la plus fréquente, c’est l'hémorragie mortelle par les vaisseaux de la base du crâne.
C’est un procédé défectueux, mais les quelques survies obtenues prouvent que la perforation du corps calleux, comme la lésion de l’infundibulum, sont compatibles avec la vie de l'animal, au moins pendant une vingtaine de jours.
Voie buccale. — Manuel opératoire de Vassace et SaccHr. L'animal étant anesthésié,
on maintient sa gueule largement ouverte, la langue tirée au dehors au moyen d’un fil,
afin qu’elle ne tombe pas sur le champ opératoire. On fait sur la ligne médiane du voile du palais, une incision de 3 à 4 centimètres, suivant la grosseur de l’animal. Dans
chaque lambeau du voile du palais on passe Heu fils, et en les écartant on découvre :
parfaitement la portion supérieure du naso- pharynx. On herbe comme point de repère les apophyses ptérygoïdes, et avec un bistouri recourbé, on taille un lambeau mucopériostique dont la base correspond à 3-4 millimètres en arrière des apophyses ptérygoïdes. Ce lambeau étant rejeté en arrière, il est facile d'attaquer l’os au moyen d’une gouge recourbée et légèrement pointue. Souvent, lorsque on a fait sauter la table externe, on a une hémorragie du diploé; on s rate alors et on tamponne. L’hémorragie arrêtée, on procède au temps le plus délicat, c’est-à-dire à la perforation de la table interne. En effet, pour peu que l'on dévie de la ligne médiane, la gouge peut entamer les sinus caverneux qui contournent la selle turcique, et l’on a une hémorragie mortelle. Aussi faut-il aller avec une extrême délicatesse, non'seulement pour ne pas léser les sinus, mais encore pour ne pas pénétrer dans le parenchyme de l'hypophyse, glande éminemment vasculaire. S'il y a hémorragie, on l’arrête au moyen d’un tamponnement simple, ou avec une substance hémostatique. Mais, si Fan ne peut obtenir l’hémostase complète, il est inutile de continuer.
Pour détruire la glande, on se sert soit du thermo-cautère, soit de l’acide chromique. Ordinairement on joint l’action de l’acide chromique à celle du thermo-cautère.
La destruction de l’hypophyse étant achevée, on lave méticuleusement les cavités nasales. On ramène en avant le lambeau muco-périostique, et on suture le voile du palais.
Pour éviter les infections secondaires intra-Craniennes, avant de suturer les lambeaux des muqueuses pharyngée et palatine, on peut fermer hermétiquement la brèche osseuse avec du ciment hydraulique ou du mastic de dentiste.
La voie buccale a aussi été suivie par Casezzt dans sa deuxième méthode. Son procédé ne diffère pas de celui de Vassae et Saccxi. Pour arrêter l’hémorragie qui peut provenir du diploé, après l’ablation de la table externe, il emploie, outre le tamponnement prolongé, l’applicalion de la gélatine, suivant la formule donnée par LancEREAUx et Pauzgsco (gélatine blanche 4 à 5, solution de NaCl à 7 p. 1000, 200 cc.). La table interne enlevée, on pénètre avec un bistouri pointu et mince par l’ouverture, pour ouvrir la duremère sans hémorragie. A ce moment, une certaine quantité de liquide céphalo-rachidien s'écoule, mais cet écoulement s'arrête vite. On introduit à travers l’ouverture deux petites pinces à cuillère, ou un instrument particulier dont se sert Casezur, en forme de curette, et l’on peut enlever ainsi l’'hypophyse avec une hémorragie insignifiante.
La brèche osseuse est fermée avec de la paraffine à l’iodoforme.
La voie buccale a été employée sur le chien, par DazLa VEpova et peus tps d’autres expérimentateurs.
Voie sphéno-palatine. — C'est la première méthode employée par A. CasELzr. Pour arriver par ce procédé sur l’hypophyse, on pratique, après avoir aseptisé la région, une incision en forme de V, partant d’un point distant de 2 centimètres environ de la base
Re
HYPOPHYSE. 825
du pavillon de l'oreille, descendant jusqu’au bord de la mâchoire inférieure, et remontant pour rejoindre un autre point situé à À centimètre environ de l'angle externe de :
l’orbite. Le lambeau cutané compris entre ces deux incisions est détaché, jusqu’au bord de l’arcade zygomatique, dont on sépare en haut les insertions aponévrotiques Lemporales, en bas celles du masséter. Avec une cisaille solide, ou encore mieux avec une scie à chaîne de GiLur, on résèque l’arcade zygomatique à ses deux extrémités et on l’extirpe. Cela fait, on sépare le muscle temporal de ses insertions à l’apophyse coronoïde, et au moyen d’un fil solide on le relève en haut. En bas, le masséter est maintenu par une pince de Péan. Arrivé sur l’apophyse coronoïde, on la résèque à environ 1 centimètre de l’angle qu’elle fait avec la branche ascendante du maxillaire inférieur. Puis on sectionne transversalement les fibres du muscle ptérygoïdien externe, ainsi que toute l'épaisseur du muscle ptérygoïdien interne. Au moyen d’une rugine, on détache ces muscles de leurs insertions à la table ‘externe du cràne, et on découvre la fosse sphénopalatine, dans une étendue aussi grande que possible.
Pour perforer, au moyen de la gouge et du maillet, la boîte cranienne, on choisit comme repère un point situé environ à 1/2 centimètre en avant de l’implantation de l’arcade zygomatique. Il est bon de diriger la gouge de haut en bas et d’arrière en avant. À petits coups répétés, on fait sauter la table osseuse dans un espace de 2 centimètres carrés, en cherchant à pratiquer une ouverture de forme ovalaire, dont le plus grand diamètre est dirigé de haut en bas, et dont l'extrémité inférieure se prolonge vers le trou ptérygoïdien antérieur. Le crâne ainsi ouvert, au moyen d’un petit bistouri on incise la dure-mère, en faisant un petit lambeau en V à base supérieure. A la suite de cette opération, le liquide céphalo-rachidien s’écoule : en soulevant le lambeau duremérien, on découvre la circonvolution du lobe temporo-sphénoïdal. Avec une petite spatule, on cherche à soulever doucement le lobe temporo-sphénoïdal, de manière à pouvoir découvrir l’apophyse clinoïde de la selle turcique. Il est assez difficile de pouvoir obtenir un déplacement suffisant de la masse cérébrale; cependant on arrive à avoir assez d'espace pour introduire un petit instrument construit spécialement pour enlever l’hypophyse sans léser autant que possible les parties environnantes. Cet instrument se compose d’une petite cuillère, dans laquelle une autre petite cuillère, de diamètre inférieur, peut tourner librement en tous sens, grâce à sa tige qui parcourt. l’intérieur de la tige de la première cuillère. L’instrument ouvert ressemble à une cuillère à double paroi, tandis qu'une fois fermé, il ressemble à une petite calotte sphérique.
On introduit cet instrument dans la brèche osseuse, en lui faisant parcourir la fosse médiane selon une ligne droite de dehors en dedans. La cuillère doit avoir sa convexité tournée en haut et sa concavité en bas, de façon à ne pas léser le cerveau. On pénètre directement à une distance variant de 1 à 2et quelquefois 4 centimètres, suivant le développement de l’animal en expérience, et on rencontre un obstacle formé par le bord de la tente de la selle turcique implantée d’une apophyse clinoïde à l’autre.
En poussant l’instrument un peu plus en avant, on perçoit alors nettement que la petite cuillère se trouve en rapport avec une cavité, qui n’est autre que la selle turcique. On tourne alors la cuillère d’avant en arrière, en pressant légèrement en bas, comme pour recueillir le contenu de la selle turcique. Une fois assuré, grâce à un index extérieur, que la cuillère a bien sa concavité en haut et sa convexité en bas, on fait tourner la cuillère interne d’avant en arrière, et l’on ferme ainsi l'instrument pour l’extraire ensuite lentement avec son contenu, qui sera l’hypohyse seule, si l'opération a. été réussie. .
Avec une petite aiguille armée d’un fil de catgut, on suture le lambeau dure-mérien. Puis, au moyen d’un gros fil de catgut, on réunit le tronçon du muscle temporal avec celui du masséter, et on rabat en bas le lambeau cutané, en suturant tout autour avec un. solide fil de soie. Comme il y-a, au-dessous des muscles temporal et masséter, une cavité plutôt ample, il est bon de placer un drain. On peut après l'opération appliquer un bandage, mais les animaux ne le tolèrent que difficilement ; aussi faut-il Le faire tenir. par une application de collodion.
C’est encore la voie sphéno-palatine que PIRONE a suivie, par un procédé qui diffère peu de celui de Casezur. Le premier temps est le même, avec cette différence, que PiRoNE
826 | HYPOPHYSE.
pratique une longue incision cutanée rectiligne le long de l’arcade 2ygomatique, au lieu de l’incision en V. |
La surface osseuse étant-découverte, comme dans le procédé de CaseLr, on pratique l’hémostase, dussi complètement que possible; puis, se guidant sur le moignon de l’'apophyse coronoïde, on applique sur le crâne une petite couronne de trépan, et l’on fait une brèche que l’on élargit le plus possible dans le sens antéro-postérieur, avec une pince ostéotome. Il est important d’avoir une ouverture suffisante, afin de pouvoir aisément opérer dans la cavité cranienne; on y arrivera sans inconvénient; car l’agrandissement de la brèche osseuse se fait sans accidents.
Lorsque tout écoulement sanguin du diploé a cessé, au moyen d’une petite pince portant un tampon d’ouate stérilisée, on va délicatement détacher la dure-mère de la base du crâne, en se guidant toujours sur le moignon de l’apophyse coronoïde. On détache les méninges jusqu’à leurs insertions sur les apophyses clinoïdes; on arrive ainsi à la selle turcique facilement et sans produire de contusion de la substance cérébrale. Alors, avec un petit bistouri de GræFrE, on incise la dure mère, près des apophyses clinoïdes, ce qui donne issue à un peu de liquide céphalo-rachidien. Avec une petite spatule, on écarte les bords de l’ouverture méningée. On aperçoit aussitôt la première branche du trijumeau et le pathétique dans sa portion qui est immédiatement au-devant du canal fibreux. En soulevant ensuite délicatement, avec la spatule, la substance cérébralé, en évitant les troncs nerveux, on voit l’oculo-moteur commun. En se servant d’un réflecteur frontal pour éclairer cette partie profonde, on réussit toujours à distinguer la tige de l’hypophyse et sa partie moyenne. Avec une petite pince, on peut facilement extraire cet organe, sans aucune lésion des organes voisins. [I n’est pas nécessaire, ensuite, d'essayer la suture des méninges, qui, à cet endroit, serait très difficile, car leurs bords tendent à rester en contact.
On applique un peu de gaze à l’iodoforme dans le trajet extra-cranien de la plaie. AU bout de 12 à 14 heures, on suture les parties molles et on ferme définitivement la plaie, que l’on protège par des tours de bande amidonnée.
Voie latérale du cou. — Afin d'éviter l’infection bucco-pharyngée, THAoN a essayé de pénétrer jusqu’à l’hypophyse, en pratiquant une incision sur la partie latérale du cou, et en glissant contre la paroi du pharynx sans l'ouvrir. Détachant les insertions supérieures du pharynx, il metà découvert la base du crâne, sur laquelle il applique une couronne de trépan.
* C’est une méthode difficile et dangereuse, non seulement par les hémorragies et les sections des nerfs importants auxquelles elle expose, mais encore parce qu ‘elle entraîne des troubles respiratoir Ês:
Voie latérale du crâne. — Abandonnant la voie‘latérale du cou, Tuaon a abordé l’hypophyse par la paroi cranienne latérale, en procédant de la facon suivante.
L'animal, anesthésié par de petites dises de chloroforme après avoir reçu préalablement une injection de morphine atropine, est solidement fixé sur la table d'opération ; la région cranienne latérale est rasée et nettoyée. On fait, le long de l’arcade temporale, une incision prolongée en haut et en bas, pour pouvoir récliner deux volumineux lambeaux ; on résèque l’arcade zygomatique à ses deux extrémités, et on la rabat en bas. On FRÔi sé les masses musculaires temporales, jusqu’à la paroi osseuse cra anienne. il est très utile de réséquer la pointe de l’apophyse coronoïde. Sur la partie la plus déclive de la fosse temporale osseuse, on pratique, au trépan et à la pince coupante, une brèche large. On incise la dure-mère (une artère méningée est parfois coupée). Il faut alors relever le cerveau, ce qui expose à des attritions et à des hémorragies en nappes, dangereuses et gênantes. A l’aide d’un puissant éclairage, on parvient alors, si l’hémorragie n’est pas trop abondante, à voir, au delà du nerf oculo-moteur externe (qu’on estsouvent amené à couper), le TAC de l’hypophyse. Parvenu à ce temps de l'intervention, on à maintenant à opérer au fond d’un véritable puits étroit, musculaire et osseux, très profond déjà pour arriver jusqu’à la brèche osseuse, sans compter encore la distance comprise entrecelle-cietl'hypophyse. Avec un crochet, tranchant par un seul de ses bords, en forme de curette, monté sur une longue tige et fait spécialement pour cel usage, on cherche (au delà du ressaut que forme un repli saillant de la dure-mère, au-dessus du sinus caverneux qu’ilfaut à toutprix éviter de blesser) à pénétrer dans la dépression de la selle
HYPOPHYSE. 897
tureique, d’ailleurs ici (chez le chien) peu profonde, et fermée en haut par une tente duremérienne largement ouverte. On détache l’hypophyse, et on essaie de la ramener, soit du même coup avec le même instrument, soit avec une de ces pinces fines, longues et coudées à leur extrémité, qui sont en usage dans la chirurgie oto-rhinologique. On suture les plans incisés, après mise en place du fragment osseux de la paroi cranienne.
C'est une opération longue, difficile et dangereuse à cause des hémorragies, des attritions du cerveau et quelquefois de la hernie cérébrale.
Voie temporale. — La voie temporale a été employée d’abord par PauLesco, qui décrit son procédé de la façon suivante :
L'animal (chien ou chat) est attaché sur le ventre, sur la table d'opération. Sa tête est solidement fixée avec un mors, qui permet d'ouvrir largement sa gueule, manœuvre nécessaire pour abaisser l’apophyse coronoïde du maxillaire inférieur.
Le dessus de la tête est rasé, depuis les sourcils, jusqu’au delà de la nuque, jusqu'aux épaules; latéralement, il faut raser les joues et aussi les oreilles.
Les régions rasées sont soigneusement lavées à l’eau chaude et au savon. (Il est bon de faire prendre à l’animal, la veille de l’opération, un bain général pendant lequel on le frotte au savon noir).
On désinfecte le champ opératoire par des lavages avec de l’éther et avec une solution de sublimé à 4 p. 1000. Puis on le circonscrit avec une large compresse aseptique, fendue par le milieu.
L'opération comprend neuf temps, à savoir :
1% Temps. — Incision cutanée sur la ligne médiane, commencée un peu au-dessus du niveau des sourcils et prolongée jusqu’à trois ou quatre travers de doigt derrière la protubérance occipitale.
On sculpte, avec le bistouri, la face profonde de la peau pour en détacher sur une certaine largeur, à droite et à gauche de l’incision, un muscle peaucier qui y adhère.
Ce muscle est, ensuite sectionné longitudinalement et est détaché de la protubérance occipitale.
Les bords de la plaie cutanée sont fixés, à l’aide de pinces, aux bords de la fente de la compresse stérilisée qui couvre la tête de l’animal.
2° Temps. — Incision du muscle temporal du côté gauche, née parallèlement à son insertion supérieure, mais à environ un centimètre au-dessous de cette insertion. Cette incision, semi-circulaire, commence en avant, au niveau de l’apophyse orbitaire externe et se nil en arrière, à 2 ou 3 NON Ç URSS au-dessous et en dehors de la protubérance occipitale.
Avec une rugine, on détache, de haut en bas, le segment inférieur du muscle temporal; si l’animal est jeune, le muscle détaché emporte avec lui le périoste de l’os temporal. On dénude ainsi cet os, dans toute la [largeur du musele et, en bas, jusqu’à l’arcade zygomatique.
Celte opération est répétée sur le muscle temporal du côté droit, avec cette seule différence qu’en avant, les attaches du muscle sont sectionnées, le long de l’'apophyse orbitaire, jusqu’à l’arcade zygomatique. (On coupe toujours là une petite artère qu'il faut lier au catgut).
3 Temps. — Avec le ciseau et le maillet, on sectionne du côté droit, à ses deux extrémités, l’arcade zygomatique que l’on rabat en dehors et en bas.
De la sorte, la région temporale droite se découvre jusqu’à sa partie inférieure.
En faisant largémént ouvrir la bouche de l’animal, l’apophyse coronoïde du maxillaire se porte en bas et en avant, et ne gêne plus les manœuvres ultérieures.
On ne sectionne pas l’apophyse zygomatique du côté gauche, à moins que l’on ne
veuille atteindre lhypophyse des deux côtés (Ex. : cautérisation bilatérale).
4e Temps. — Sur le pariétal, on applique, des deux côtés, une pelite couronne de trépan, et, par le trou ainsi formé, on sectionne l’os à l’aide d’une pince coupante emporte-pièce, qui empêche l’hémorragie du diploé en l’écrasant et en serrant les deux tables osseuses l’une contre l’autre.
Du côté gauche, l'ouverture pratiquée dans l'os est plus ou moins étendue, suivant la grosseur de la tête de l’animal. Chez un chien de 7 à 8 kilogr., èlle doit mesurer environ 3 CM. sur # CM,
828 HYPOPHYSE.
Du côté droit, l'ouverture osseuse doit être bien plus grande et s'étendre en haut, jusqu’au niveau de la section du muscle temporal, en bas jusqu'à l’apophyse zygomatique, en avant jusqu’au niveau de l'orbite, en arrière Jusque près de la protubérance occipitale. (Couper avec précaution en bas et en arrière pour ne pas ouvrir le sinus latéral.)
5e Temps. — Incision de la dure-mère, avec un bistouri sur une sonde cannelée, légèrement recourbée, parallèlement à la section osseuse, en faisant un lambeau à à base supérieure. :
6° Temps. — Introduction d’un écarteur spécial, formé d’un th sur aie se branche à angle droit une lame dont les bords et les angles sont émoussés, et dont la face supérieure (celle qui vient au contact avec le cerveau) est légèrement convexe, tandis que l’inférieure est légèrement concave. Cet écarteur est introduit sous le lobe temporal droit du cerveau, que l’on soulève lentement, tout en repoussant la masse cérébrale vers le côté opposé du crâne, où elle ne rencontre pas de résistance, et sort . partiellement par l’ouverture osseuse qui y est pratiquée à cette fin.
Quand le cerveau est suffisamment soulevé, on aperçoit la selle turcique et, au-dessus d'elle, l’'hypophyse que l’on reconnaît à sa teinte rouge jaunâtre. Elle est croisée lotelement par le nerf oculo-moteur commun et se trouve flanquée, à sa roue antérieure, par la carotide. £
ds Temps: ette spéciale, à long manche, o on commence par décoller l’hypophyse de la selle turcique, à la partie postérieure de laquelle elle adhère (après avoir ou non arraché le nerf oculo-moteur commun).
Puis, avec le côté tranchant de la curette, on détache de la base du cerveau l’hypophyse, que l’on ramène au dehors.
Généralement, pendant ce temps, il se produit dans la selle turcique un petit écoulement de sang qui cesse immédiatement, dès que l’on introduit, avec la curette, une mèche de gaze stérilisée.
8° Temps. — Une fois l'hypophyse enlevée et l’hémorragie arrêtée, on ramène à sa place le lambeau de la dure-mère. Au début, nous le suturions avec un mince fil de catgut; mais nous avons constaté, plus tard, que cette suture, qui parfois détermine une certaine compression de la masse cérébrale, n’est pas indispensable, et nous y avons alors renoncé. |
On remet ensuite en place l’arcade zygomatique fracturée et on suture, des deux côtés, le muscle temporal, d'avant en arrière, en faisant des points séparés (6 à 8) avec du catgut n° 2.
Aie on suture, en surjet, avec du catgut très fin, le muscle peaucier, sur {a ligne médiane.
Finalement, on suture la peau, en surjet, avec du catgut n° 0 ou avec du crin de Florence. (Il est bon d'introduire une mèche de gaze stérilisée entre l'os et le muscle peaucier, etune autre entre ce muscle et la peau, surtout quandil y a des petits vaisseaux cutanés qui laissent suinter du sang.)
9° Temps. — Après avoir bien essuyé le pourtour de la plaie, on applique dessus quelques compresses de gaze et de l’ouate stérilisée. ([l est bon de couvrir les yeux et de boucher les oreilles de l’animal avec de l’ouate stérilisée.)
On fait un pansement compressif qui enveloppe toute la tête sauf le museau, en passant les tours de la bande de gaze sous le devant du cou, où l’on a mis de l’ouate, pour que la respiration et la déglutition ne soient pas gênées.
L’anesthésie est pratiquée par PAuLEsco, en commencant par donner à l’animal de l’éther ; puis, lorsqu'il est endormi, on entretient la narcose en faisant respirer de temps à autre quelques gouttes de chloroforme. L'auteur prétend que c’est cette méthode qui lui a donné le moins d’accidents et que de plus il a remarqué une moindre tendance aux hémorragies qu'avec de l’éther seul.
Les accidents qui peuvent se produire pendant cette opération sont les hémorragies du diploé chez les gros chiens âgés. Aussi vaut-il mieux opérer sur des chiens petits et jeunes. L'ouverture du sinus latéral peut être fermée par l'introduction d’une mèche de gaze stérilisée. Si l’on a une hémorragie d’une artériole de la surface des circonvolulions, on ne peut l'arrêter que par un attouchement au thermo-cautère. Avec
flexible, mû par un petit moteur électrique. Par ces trous on introduit,
HYPOPHYSE., 829
des Re RoNs et des brèches osseuses suffisantes, on doit éviter la lésion du lobe
temporal.
Cu. Livow, dans ses expériences sur l’hypophyse, a aussi employé la voie temporale en suivant le procédé de Pauresco légèrement modifié. Après avoir incisé la peau sur la ligne médiane, il ne découvre l’os temporal que d’un seul côté, en sectionnant un muscle temporal au moyen du thermo-cautère pour éviter les hémorragies, ou bien en ayant soin de pratiquer Rs la ligature de la carotide primitive du côté correspondant.
Si l'expérience doit être extemporanée, il n’est pas utile de conserver les attaches musculaires du temporal; on les détache alors dans toute leur étendue, au moyen d’une rugine : on peut même réséquer une bonne partie du muscle. L’apophyse coronoïde du maxillaire inférieur étant portée en avant par l’ouverture de la gueule de l’animal au moyen du double mors ou d’un bâillon, on applique sur le temporal une couronne de trépan, et, au moyen d’une pince ostéotome, on agrandit l’ouverture osseuse, jusqu’à
-ce que l’on ait une grande fenêtre temporale descendant aussi bas que possible et se
rapprochant de la base du crâne. La résection de l’arcade zygomatique, pour avoir un champ opératoire plus vaste, dépend de la configuration du museau de l’animal. Elle n’est pas toujours nécessaire. Les méninges mises à découvert, on les incise largement, en évitant les gros vaisseaux, puis, au moyen d'un écarteur spécial construit de facon à épouser la face inférieure du lobe temporal, on soulève le cerveau avec précaution. En se servant d’une lampe frontale électrique ou d’un réflecteur frontal, on éclaire le fond de la région, et on aperçoit SHAUT EE facile à reconnaître à sa couleur et à ses rapports.
On arrive ainsi sur l’hypophyse sans hémorragie, mais il est nécessaire, au moyen d’une pince longue et mince et d’un peu d'ouate stérilisée, de sécher la région remplie
de liquide céphalo-rachidien.
On procède ensuite pour la fermeture de la plaie, comme il a été dit à propos de la méthode de PAULESCO. |
Destruction électrolÿtique. — Pour éviter les inconvénients des procédés suivis jusque-là, H. VerGer et E. SouLé ont essayé de pratiquer la destruction de l’hypophyse par la méthode de l’électrolyse bipolaire.
Voici la technique : le chien étant sur le dos, on fait sur la ligne médiane une boutonnière de 3 à # centimètres au voile du palais. À l’aide de pinces longues à forcipressure, on saisit et on écarte les deux lèvres de la plaie, mettant ainsi à découvert la voûte pharyngée. Le doigt introduit reconnaît facilement le bord postérieur de l’apophyse ptérygoïde. C’est sur une ligne transversale joignant ces deux apophyses que l’on pratique, après section de la muqueuse, et à 2 millimètres de part et d'autre de la ligne médiane, deux petits trous, à l’aide d’un perforateur de dentiste à transmission à une profondeur déterminée à l’avance sur le cadavre, les aiguilles électrolytiques ; avec un courant de 10 à 12 milliampères, passant pendant dix minutes, on obtient un effet destructeur suffisant si la glande est bien atteinte par les aiguilles.
La plaie du voile du palais se cicatrise facilement, sans sutures, et ne gêne pas l’animal. Il n’y à pas de phénomènes d'infection intracranienne.
Les inconvénients sont l’hémorragie et les lésions inconnues qu’on peut faire, comme par tous les procédés aveugles.
Il faut ajouter qu'il doit être impossible de faire une ablation ou destruction complètes. Car, ou on ne détruit pas complètement l’organe, et les portions qui restent suffisent pour suppléer, ou la destruction est complète, et forcément les parties du cerveau voisines de l’hypophyse doivent être atteintes.
En présence de tous ces procédés opératoires, le physiologiste doit se demander nécessairement quel est celui de choix pour les recherches sur l’hypophyse.
Assurément, le procédé doit différer suivant l’animal sur lequel on expérimente. Mais, ici encore, il y a une question de choix à faire, et, à part des essais de contrôle pour voir si, dans la série animale, les phénomènes observés se ressemblent, nous croyons pouvoir avancer que les animaux qui se prêtent le mieux aux expériences dans le cas présent, sont le chien et le chat, à cause de la disposition anatomique de leur
830 HYPOPHYSE.
hypophyse et à cause de leur résistance. Bien entendu, pour les chiens, on doit les choisir jeunes, de taille moyenne ou petite, afin d'éviter les complications de l’hémorragie du diploé, et l’on doit s’assurer qu’ils sont en bonne ns et pas goitreux, comme LR arrive dans certains pays.
Le lapin a été employé par beaucoup d’expérimentateurs, mais il a été abandonné par beaucoup aussi, à cause de sa taille et de sa faible résistance. Nous ne croyons pas que la grenouille ou les gallinacés puissent fournir des renseignements utiles.
Pour anesthésier les animaux sur lesquels on expérimente, nous croyons que l’on se trouvera bien de l'injection intra-veineuse de chloralose qui donne une bonne anesthésie durable telle que n’en produisent ni l’éther, ni le chloroforme, et qui n’amène ni l'abolition, ni même la diminution des réflexes, condition importante au point de vue des recherches à faire.
On peut aussi, comme l'ont fait bien des expérimentateurs, insensibiliser les animaux au moyen d’injections de chlorhydrate de morphine; mais il ne faut employer, autant que possible, ni chloral, ni chloroforme qui, par leur action sur les centres nerveux cardiaques et vasculaires, empêchent de bien juger les actions hypophysaires.
De toutes les méthodes décrites, quelle est celle qui présente les inconvénients les moins grands?
On se trouve en résumé en présence de trois groupes :
1° Les méthodes par la voie buccale ou pharyngée ;
20 Celles par la voie cranienne supérieure;
3° Celles par la voie cranienne latérale.
La voie buccale ou pharyngée est celle qui vient la première à l’esprit, car c’est en
somme la voie la plus courte pour arriver sur l’hypophyse ; mais la mortalité est très grande par hémorragie et infection méningée.
Par cette voie, on met directement en communication la cavité cranienne avec la cavité bucco- -Pharyngée, et les infections secondaires se produisent très facilement quoi que l’on puisse faire.
On peut, il est vrai, éviter la cavité buccale et arriver à à la base du crâne en éolant le pharynx, mais il faut reconnaître que les lésions produites sont très graves, puisque l’on a même proposé la désarticulation du maxillaire inférieur.
Ensuite, de l’aveu même de la plupart des expérimentateurs, par celte méthode, on ne découvre qu’'imparfaitement l’hypophyse, et l’on n’est jamais sùr de l’avoir enleses ou détruite complètement. L’examen microscopique a démontré, en effet, que, dans bien des cas où l’on croyait avoir fait l’ablalion complète, de légers fragments étaient restés ou à la base du cerveau ou dans la selle turcique.
D'un autre côté, si l’on se sert de cette voie pour cautériser soit au thermo-cautère, soit au fer rouge, soit avec des substances caustiques telles que le perchlorure de fer ou l'acide chromique, on n’agit pas plus sûrement : car, ou la destruction est incomplète, ou on lèse fatalement les parties avoisinantes, surtout avec les caustiques liquides qui diffusent très facilement dans le liquide céphalo-rachidien. Cela est vrai également pour le procédé électrolytique. :
La voie cranienne supérieure nous paraît devoir être complètement rejetée, car elle produit des lésions considérables de l’encéphale, sans compter que l’on agit à l’aveugle, que l’on ne sait ce que l’on fait, qu’il est impossible de détruire l’hypophyse complètement, et que des hémorragies mortelles, soit des sinus, soit des carotides, se produisent facilement.
La voie cranienne latérale présente aussi beaucoup d’inconvénients, surtout si l’on opère dans la région sphéno-palatine. On ne découvre qu’imparfaitement l’hypophyse, le cerveau est presque toujours lésé et les résections des muscles masticateurs, de l’arcade zygomatique et de l’apophyse coronoïde, forment une cavilé difficile à combler, et qui s’infecte très facilement à cause de son voisinage avec la cavité buccale.
En opérant dans la région temporale, quelques-uns de ces inconvénients peuvent être alténués. On a au moins l’avantage de découvrir complètement l’hypophyse, de voir ce que l’on fait et d'éviter les hémorragies mortelles. Quant aux infections secondaires, on peut ne pas en avoir en suivant les règles d’une asepsie rigoureuse.
Cependant, à n’en pas douter, dans toutes ces recherches délicates, l'habitude est
HYPOPHYSE, 831
pour beaucoup dans la façon de procéder, et tel expérimentateur se trouvera fort bien d’une méthode qu’il connaît à fond et dont il a l’habitude, qu'un autre trouvera défectueuse, parce qu’elle ne lui est pas familière.
B. — Résultats expérimentaux,
Excitations mécaniques. — C’est DE CYON le premier, qui, ayant mis à nu l’hypophÿyse en trépanant la base du crâne, eut l’idée d'étudier les effets circulatoires des excitations directes portées sur cet organe. Il constata que la moindre pression exercée au moyen d’un tampon d'ouate soit sur l’organe, soit seulement sur la cavité hypophysaire, donnait lieu aux modifications suivantes : variation considérable de la pression sanguine qui est augmentée, modification des battements cardiaques, qui sont ralentis et dont l’amplitude est augmentée. |
Pour pe Cyow, l’hypophyse est si sensible aux moindres excitations mécaniques que les modifications circulatoires signalées se produisent par le seul fait de l’application de la couronne du trépan. Let
Se basant sur les résultats qu’il a obtenus sur le lapin, il conclut que c’est grâce à cette sensibilité aux fluctuations de la pression, soit du liquide céphalo-rachidien, soit du sang, que l’hypophyse règle la pression sanguine intracranienne, et que c’est grâce à sa situation anatomique, enfermée qu’elle est dans une loge à parois rigides, qu’elle peut subir l'influence des moindres variations intracraniennes.
Cette sensibilité aux excitations mécaniques n’a pas été étudiée par beaucoup d’auteurs. Cependant F. Masay sur une vieille chienne a obtenu par une excitation mécanique, en dilacérant la glande, de légères modifications de la pression sanguine et des battements cardiaques.
Cu. Livon a repris cette étude, et il a montré d’abord qu’on ne pouvait se baser sur la disposition anatomique pour en déduire des fonctions physiologiques, puisque ces dispositions ne sont pas les mêmes chez tous les animaux. |
Pour que la théorie mécanique de DE Gxon fût vraie, il faudrait que la topographie anatomique de l’hypophyse fût exactement la même chez tous les animaux ; car, puisque cet organe existe dans toute la série des vertébrés, il est assez difficile d'admettre que son rôle ne soit pas le même partout.
Or, dans plusieurs espèces animales, l’hÿpophyse n’est pas enfermée dans une loge, comme nous l'avons vu dans la partie anatomique de cet article : chez Torpedo marmorata, chez les amphibiens anoures (Bufo vulgaris, Rana esculenta), chez les amphibiens
urodèles (Salamandra maculosa) et parmi les Mammifères chez le rat, le chat et le
chien. :
Ces considérations anatomiques constituent un premier argument contre l'hypothèse de la sensibilité aux excitations mécaniques. Il est difficile d'admettre en effet, que l’hypophyse, présentant une structure histologique identique sur la plupart des vertébrés supérieurs, tienne une partie de ses propriétés physiologiques, d’une disposition anatomique qui n’est nullement la même chez tous ces mêmes vertébrés. On ne peut par conséquent considérer cet organe comme éminemment sensible, par le fait
- de son emprisonnement dans une cavité à parois rigides, aux fluctuations de la pression,
soit du liquide cérébro-spinal, soit du sang. Car, s’il en était ainsi, comment admettre cette sensibilité chez les animaux dont l’hypophyse n’est pas enfermée dans la loge ostéo-fibreuse, chez le rat, le chat, le chien, dont l’hypophyse baigne par le fait dans le liquide céphalo-rachidien ? Pour que, chez ces animaux, ces fluctuations pûssent agir sur l’hypophyse, il faudrait que l’augmentation ou la diminution de pression se fit sentir sur la totalité du liquide céphalo-rachidien, ce qui fatalement amènerait des troubles dans les fonctions des centres nerveux : les modifications circulatoires ne seraient plus d’origine hypophysaire, mais bien d’origine cérébro-spinale. Du reste Cu. Livon a montré qu’en opérant sur le chien, animal éminemment propice à ces recherches, on peut ouvrir la cavité cranienne, mettre l’hypophyse à nu, sans provoquer la moindre modification dans la pression sanguine, malgré la perte d’une partie du liquide céphalo-rachi. dien, ce qui change considérablement les conditions de pression exercée sur l’hypophyse,
832 | HYPOPHYSE.
et ce qui devrait nécessairement amener une accélération des battements cardiaques par diminution du tonus des vagues. Il en est de même des excitations mécaniques directes de l’hypophyse, soit avec un tampon d’ouate, soit avec un instrument mousse.
Du reste; tous les auteurs qui ont pratiqué des ablations, des cautérisations de l'hypophyse n'ont pas signalé ces modifications circulatoires. |
L'hypophysectomie même, qu’elle soit complète ou partielle, ne donne lieu à aucune modification de pression (Cx. Livon) et cependant on ne peut nier que ce ne soit une forte excitation mécanique.
Excitations électriques. — C’est encorce DE Con qui le premier a étudié l’action des
excitations électriques portées sur l'hypophyse, et il a constaté, chez le lapin, que ces excitations ne faisaient qu’accentuer les modifications circulatoires qu’il avait obtenues avec les excitations mécaniques, c'est-à-dire, changement dans la pression sanguine, hypertension et ralentissement des battements cardiaques dont l’amplitude est considérablement augmentée, résultats du reste analogues à ceux que donne l'injection d’extrait hypophysaire. \ Ces expériences ont été reprises par plusieurs auteurs, et les résultats ne concordent pas. Ainsi Brepz et Reiner obtiennent les mêmes effets en excitant plusieurs points de la surface cérébrale qu’en .excitant l’hypophyse. Casezzr obtient, par l'excitation de l’hypophyse, de la dyspnée avec ralentissement du pouls, mais l'excitation des parties voisines de l’hypophyse (espace perforé postérieur, pédoncules cérébraux) lui donne le même résultat, résultat d'autant plus marqué que lexcitation se rapproche davantage du noyau du vague. Pour lui,ce noyau serait excité par continuité de tissu et non par l'intermédiaire de l’hypophyse. Du reste, l'hypophyse absente, les résultats sont les mêmes. D. PIRONE, reprenant les mêmes expériences, obtient des résultats identiques à ceux de CasezLr : ralentissement du pouls, accélération de la respiration; mais ces phénomènes se produisent par l’excitation de différents points de la face inférieure du cerveau, même après l’ablation préalable de l’hypophyse.
F. Masay, pratiquant sur le chien des excitations électriques, arrive à des résultats qui se rapprochent de ceux de pe Cyon. Mais Cu. Livon, sur le chien également, arrive à des conclusions différentes. Pour lui, les excitations électriques bien localisées, de même que les excitations mécaniques, ne produisent aucun effet immédiat, ni sur la pression sanguine, ni sur les battements du cœur. Et comme Brenz et REINER, CASELL{I, PIRONE, en excitant les parois de la loge hypophysaire vidée, il a vu des modifications se produire dans la circulation, etces modifications diffèrent suivant que l’excitation porte sur telle ou telle partie. Lorsque c’est la région antéro-supérieure qui correspond à la région infundibulaire, qui est excitée, la pression augmente d’une façon notable, et les battements cardiaques s’accélèrent. Si l'excitation est portée vers la région postérosupérieure, {es résultats changent, ce n’est plus l’hypertension qui domine, mais bien le ralentissement des battements avec augmentation d'amplitude. Si l’on remplace l’hypophyse enlevée par un petit tampon d’ouate, son excitation peut donner lieu à des phénomènes circulatoires, hypertension, ralentissement des pulsations, augmentation d'amplitude. On est donc en droit de se demander si les résultats obtenus ne sont pas la conséquence de dérivations de courants, dans une région aussi délicate que celle-là.
Mais, si les excitations de l’hypophyse, pour la majorité des expérimentateurs, ne produisent pas de modifications immédiates dans la circulation, en produisent-elles sur d’autres fonctions ?
Les expériences à ce sujet ne sont pas très nombreuses :on recherche généralement les modifications circulatoires, et on néglige les autres fonctions, qui ne présentent pas de symptômes objectifs aussi marqués.
CaseLLi et PIRONE parlent bien de dyspnée, d'accélération respiratoire, mais ils ont obtenu les mêmes phénomènes par l’excitalion d’autres points de l’encéphale.
De Cyox indique que l’excitation électrique prolongée détermine de violentes convulsions épileptiformes, et des érections chez les lapins mâles ; érections ne se produisant pas au début des excitations et se continuant après.
Il est bien permis de se demander si ce n’est pas là le résultat de courants dérivés du côté de l’encéphale. Jusqu’à présent ne Con est seul à avoir signalé ces faits.
La sécrétion urinaire est une fonction qui paraît subir des modifications sous
HAYXPOPHSSE: 833
l'influence des excitalions de l’hypophyse. Déjà ne Cvox avait observé que cette sécrétion était augmentée sous l'influence des excitations mécaniques ou électriques. Il a observé le même phénomène chez les lapins et les chiens après des injections d'extrait hypophysaire et chez l’homme après ingestion de poudre d’hypophyse. Marrer et Bosc ont constaté de la polyurie après injection sous-cutanée d’ extrait hypophysaire et après ingestion. u
Scuærer et HERING ont signalé dans l’hypophyse une substance soluble dans l’eau, qui n’est pas détruite par l’ébullition, et qui produit de la dilatation des vaisseaux rénaux et, comme conséquence, l'augmentation de la sécrétion urinaire.
Excitations fonctionnelles. — Tuaon à étudié l'effet des injections de pilocarpine sur deux lapins auxquels il a injecté, tous les deux jours, un demi-centigramme de chlorhydrate de pilocarpine et qui sont morts, l’un le 31° jour, et l’autre le 40° jour ; il aconstaté, à l'examen histologique de l’hypophyse, que les cellules étaient volumineuses, fortement colorées, granuleuses, nombreuses et tassées en travées épaisses. Sur un autre lapin, sacrifié 2 heures après l’injection de 2 centigrammes de chlorhydrate de pilocarpine, l’hypophyse ne présentait aucune modification apparente.
GUERRINI, après injections de chlorhydrate de pilocarpine, d'extraits de thyroïde et d’'hypophyse, a observé dans la pituitaire de l’hyperfonctionnement glandulaire.
Cet hyperfonctionnement se manifeste dans beaucoup d’autres cas où il y a intoxication, ne serait-ce que chez les animaux thyroïdectomisés, dont le sang devient, comme on le sait, très toxique. |
Aussi a-t-on cherché, par des intoxisations expérimentales, à étudier ce processus particulier de l’hypophyse. |
THaon et GARNIER ont injecté à un bélier de la toxine diphtérique pure, et ils ont constaté dans l’hypophyse des lésions cellulaires. La substance colloïde était absente. Le protoplasma des cellules se colorait mal, les cellules paraissaient fusionner, leur noyau était volumineux avec de gros nucléoles, quelques noyaux étaient condensés en pycnose,
il y avait karyolyse du noyau, pas d’amas Iymphocytaires, pas de modification du tissu
interstitiel.. C’est un arrêt par sidération ou par épuisement de la sécrétion (absence de colloïde).
GEMELLI, qui à étudié l’action des toxines bactériennes et des poisons divers, estarrivé à des résultats semblables : hyperfonctionnement et hyperplasie cellulaire. Pour lui, c’est la preuve du rôle antitoxique de l’hypophyse, qui réagit aux infections et dont l’activité sécrétoire augmente. Le vrai moment de l’hyperactivité est avant la mort : si l’on poursuit jusqu’à la mort,il y a épuisem'ent de l’organe. Ces phénomènes se produisent aussi bien dans les infections aiguës que dans les intoxications chroniques, comme la ligature de l’uretère, la stricture de l'intestin, ainsi que Guerrint l’a constaté.
Ces intoxications commencent par stimuler la fonction de l'hypophyse, puis ensuite, l'organe s’hyperplasie. C’est du reste ainsi que l’on peut expliquer les lésions que l’on
rencontre dans l’hypophyse d’un animal éthyroïdé : il se produit une intoxication endo-
gène et l’hypophyse réagit (CasEzzi, VAssaLE et SaAccu1, THAON, elc.).
Le sérum d’anguille que Guerrint a expérimenté, de même que la toxine diphtérique, produit d’abord l’hyperfonctionnement, puis, à la longue, de l'hypertrophie et de l'hyperplasie ; cette hyperplasie est caractérisée 24 heures après la 7° ou 8° injection toxique chez les cobayes, par de nombreuses cellules chromophiles en karyokinèse. Le nombre des cellules en karyokinèse est d’autant plus grand que l’action de la toxine à été plus lente et plus continue. Suivant que l’intoxication est très aiguë ou prolongée, lhypophyse ne réagit que peu dans le premier cas, et les lésions cellulaires sont à peine marquées, tandis que dans le second cas, quand il s’agit par exemple d'urémie, d’étranglement herniaire, de péritonite, d’occlusion intestinale, d’otite chronique, de syphilis avec paralysie générale, etc., les lésions cellulaires sont très marquées.
* Dans le jeûne prolongé, des phénomènes semblables se produisent : : on constale d’abord de l’hyperactivité de l’organe, puis, lorsque l’inanition arrive jusqu’à la mort, c’est l’arrêt de la sécrétion.
Il semble en résulter que, dans les intoxications endogènes ou exogènes, l’hypophyse réagit d’une façon évidente : elle hyperfonctionne d’abord, puis elle:s ’hyperplasie.
C’est en se basant sur ces phénomènes que la grande majorité des auteurs lui attri-