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APE

Cette faiblesse de la volonté s’associe à une sensibilité morale extrême. Ces deux caractères expliquent la facon de vivre de ces malades, toujours agitées et tourmentées. Elles se laissent emporter par l'émotion du moment qui règne seule jusqu’au moment où une autre émotion vient la remplacer. La malade passe ainsi des larmes au rire, de l’amour à la haine ou à l'indifférence, de la charité et du dévouement à un égoïsme féroce. Elles sont semblables à des enfants, elles ont les larmes faciles, mais vite séchées. Cet abandon à l’émotion, le défaut de maîtrise de soi expliquent l’intensité que prennent tous les sentiments : « Terreur, jalousie, joie, colère, amour, tout est exagéré, hors de proportion avec les sentiments justes et mesurés qu’il est convenable d’éprouver. » (Ca. Ricaer.) L’émotion est souvent assez intense pour donner naissance à une crise de nerfs qui n’est qu'une émotion exagérée, comme nous l'avons indiqué déjà.

« Les malades recherchent et aiment ces émotions, et si les événements les leur refusent, elles dramatiseront le moindre événement. La vie régulière, simple, facile, qu'amène le va-et-vient de chaque jour, est transformée par les hystériques en une série d'événements graves, propres à tous les développements dramatiques. Elles sont sans cesse à jouer avec un égal succès la comédie et la tragédie, sur les scènes plates de la réalité. Rien n’est plus simple que de vivre; rien n’est plus compliqué que la vie, disait MacauLavy. Les hystériques sont de ce dernier avis, elles ne comprennent pas la simplicité. » (Cu. Ricner.)

Le mensonge qu’elles pratiquent parfois avec un art véritable n’est pour elles qu’une dramatisation de la réalité. 11 intervient dans leur vie de tous les jours pour rendre leur vie plus importante et plus splendide. Dans leurs rapports avec l’entourage ou avec leur médecin, le mensonge leur servira encore et leur permettra de fixer toujours l'attention. Ce besoin de se donner en spectacle explique bien des simulations que nous avons dû décrire, simulation de troubles trophiques, simulation de vomissements d'urine, etc.

Cette tendance au mensonge explique la difficulté qu'il y a à bien observer ces malades ; si le médecin ne sait pas se tenir dans une indifférence apparente, il leur donnera sans le vouloir une tendance extrême à simuler toujours de nouveaux accidents, toujours plus étranges.

Il est certain que l’on retrouve chez la plupart des hystériques un certain nombre de ces traits de caractère. Mais ils sont loin d’être spécifiques. On retrouve en effet chez d'autres malades ces mêmes tendances. L'émotivité excessive, le défaut de volonté se voient chez la plupart des dégénérés, les malades atteints de la folie du doute, les aberrants, les impulsifs. Somme toute, on les constate dans tous les groupes de maladies que l’on a pu réunir sous le nom de psychonévroses. ;

En réalité, ce qui constitue la marque essentielle de l’hystérie, c’est un autre désordre, la suggestibilité, qui ne s’explique pas uniquement par les troubles du caractère que nous venons de décrire; mais l’'émotivité excessive, le défaut de volonté, l’amour de la simulation viennent compliquer l’aspect des accidents hystériques et leur donner uve coloration toute particulière.

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