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ÉTAT MENTAL DES HYSTÉRIQUES

Dans l'étude qui précède, nous sommes arrivé à cette conclusion, qui ressort de toutes les recherches modernes, que les stigmates et les accidents hystériques relèvent avant tout d’un trouble de la vie psychique. On peut donc se demander si par leur caractère et dans leurs mœurs, les hystériques révèlent la tare psychique fondamentale qui est à l’origine d’ accidents si variés.

Esquissée par un grand nombre d’auteurs, l’étude du caractère des hystériques a été traitée avec plus de acte dans un mémoire de Cu. Ricuer (Les démoniaques d’aujourd'hui. Revue des Deux Mondes, 1880, xxxvi, 340). « L'hystérie, dit CH. Ricuer, est plu-

tôt une forme du caractère qu’une maladie de l'intelligence. De là, l'intérêt psycholo-

gique de cet état. L'intelligence est brillante, la mémoire sûre, l’imagination vive; il n’y a qu un seul côté défectueux dans l'esprit: l'impuissance de la volonté à refréner la passion. »

Une volonté débile est en effet la base de la plupart des manifestations hystériques et explique la persistance indéfinie du même trouble. La première crise est due à

une émotion vive; mais les crises ultérieures se reproduisent au moindre trouble

moral et même sans motif. Le vomissement hystérique se constitue sous différentes conditions et devient incoercible. Il en est de même du refus des aliments chez les anorexiques. Cette tendance à l’automalisme par suite du défaut de volonté inhibitrice apparaît quelquefois avec une évidence extrême. J'ai vu, par exemple, une jeune hysté-

rique s’amusant à imiter sa voisine atteinte d’aboiement nerveux, être prise à son tour

des mêmes accidents; les crises d’aboiement, survenant malgré elle, ne cédèrent qu’à un isolement de quelques mois. Aussi peut-on dire avec Cn. Ricuer : « Les hystériques ne peuvent pas, ne savent pas et ne veulent pas vouloir. » Cette faiblesse de la volonté domine le traitement, qui tendra surtout à réveiller cette volonté endormie.

L'isolement sévère, que l’on emploie pour mettre un terme aux manifestations hystériques, n'agit pas par un autre procédé; la malade rassemble toutes ses forces pour guérir et mettre un terme aux rigueurs de [a claustration,

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