VARIÉTÉS CULTIVÉES CHEZ LES GRECS
du docteur Karl Koch, notre digne ami, qui le 9 mars 1865 nous écrivait de Berlin :
« Je sais avec certitude, maintenant que j'ai passé plusieurs années dans les contrées les moins peuplées du Caucase, de l' Asie-Mineure, de l'Arménie et de la Perse, que tous les Poiriers de l'Europe sont des espèces devenues sauvages dans nos forêts, comme celles du iDarwin, mais nullement des espèces primitives. »
Les Romains, si voisins des Grecs et venus si longtemps après eux prendre rang parmi les peuples civilisés, durent probablement à ce voisinage leurs premiers Poiriers. Il faut bien le supposer, quand on voit Caton, 200 ans avant J. C, en montrer déjà six variétés dans les jardins de Rome. D'où suit, nécessairement, qu'ils cultivaient cet arbre depuis un temps assez long lorsque , peu après la date ci-dessus, ils pénétrèrent dans l'Asie -Mineure , et qu'ainsi ils n'eurent pas à l'en rapporter.
Pour la Gaule, et pour ceux qui présumeraient que le Poirier y fut introduit, disons qu'à notre sens les Grecs, auxquels Marseille doit son existence, pourraient fort bien l'y avoir importé. Mais à leur défaut les Romains sont là, qui, maîtres de ce pays pendant des siècles, eurent également la possibilité de Ty planter. Une chose, toutefois, demeure certaine : c'est que depuis des milliers d'années il croit spontanément chez nous; et Louis Bosc, ancien professeur de culture au Jardin des Plantes de Paris, le rappelait de la sorte en 1809 :
« Le Poirier — disait-il — pousse naturellement dans nos forêts On voit peu de Poiriers
sauvages dans les bois de nos plaines; mais ils sont quelquefois extrêmement communs dans ceux des pays de montagnes. 11 l'étoient jadis tellement dans ceux qui sont sur la chaîne qui est entre Langres et Dijon, par suite du principe établi de toute ancienneté, qu'il falloit toujours laisser sur pied les arbres fruitiers des forêts, que quelques années avant la Révolution on fut obligé de les faire couper par un arrêt du Conseil, parce qu'ils nuisoient à la reproduction des taillis, {Nouveau cours d'agriculture^ t. X, p. 235.)
Mais la question d'origine nous semble épuisée ; occupons-nous alors des anciennes variétés.
Variétés cultivées chez les Grecs.
Théophraste, dans son Histoire et ses Causes des plantes^ œuvres composées 287 ans avant l'ère chrétienne, dit que les Grecs possédaient quatre variétés de poires fort en renom :
i° La Myrrha, ou poire de Myrrhe, à chair très-musquée;
2" La Nardinon^ ou poire de Nard, ayant une eau des plus aromatiques;
3" L'Onychinon, ou poire d'Onyx, qui par la couleur de sa peau rappelait la