‹ Dictionnaire de pomologie (volume 2)Chapitre 135 sur 486 · Poire BEC-D'OIE · texte numérisé non relu

Poire BEC-D'OIE

Sjnonjmes.— Poires : 1 . Martin-sec DE Bourgogne (Merlet, l'Abrégé des bons fruits, édition de l&l 5, p. 93). — 2. De Saint-Martin (de Bonnefonds, le Jardinier français , édition de 1737, p. 169).

Nous n'avons pu retrouver cetle ancienne variété, qui pourtant doit exister encore, car elle fut jadis très-cultivée, et nous ne perdons ses traces qu'à partir de 1788. Mais comme il est important, pour des motifs qui seront expliqués plus bas, de démontrer que la poire Bec-d'Oie a eu rang parmi les espèces, et non parmi les synonymes, nous allons faire intervenir en sa faveur ceux de nos devanciers qui l'ont connue, qui l'ont étudiée :

Description du fruit. — « Le Bec-d'Oye, ou Martin-sec de Bourgogne, est « une petite poire presque ronde, d'un rouge brun, qui a la queue grosse et longue ; « elle beurre assez, et est de bon goût. » (Merlet, l'Abrégé des bons fruits, édition de 1675, p. 95.)

Maturité. — « A la fm d'octobre et en novembre. » (De Bonnefonds, le Jardinier français, édition de 1737, p. 169.)

Qualité. — «Assez bonne, » prétend Merlet, ci-dessus; « Mauvaise,» selon la Quintinye. [Instructions pour les jardins fruitiers et potagers , édition de 1739, t. I, pp. 316-317.)

Historique. — En la nommant Martin-sec de ^oMr^o^ne, Merlet donne à penser qu'elle provient de cette contrée ; opinion que semblent confirmer la Quintinye et l'auteur anglais Philippe Miller, qui tous deux lui conservent ce surnom. Miller est même affirmatif à cet égard, puisqu'il dit : « Le Martin-sec est quelquefois « appelé le Martin-sec de Champagne, pour le distinguer d'un autre Martin-sec de « Bourgogne. » Dictionnaire des jardiniers et des cultivateurs, 1788, t. VI, p. 166.) Ce fut évidemment la couleur rouge-brique de sa peau, qui lui attira le nom assez bizarre, de Bec-d'Oie. Nous croyons ce fruit de bien peu antérieur à la moitié du xvii^ siècle, aucun écrivain spécial ne l'ayant mentionné avant Merlet , dont la première édition parut en 1671.

Observations. — Par tout ce qui précède, on doit être convaincu maintenant que la poire Bec-d'Oie ne ressemble en rien au Martin-sec (de Champagne), si recherché pour les conserves ; cependant, on a souvent confondu ces deux espèces. Comme aussi (notamment en Belgique) nous l'avons vue figurer dans les Catalogues au nombre des synonymes du Beurré d'Angleterre... Erreur positive qu'il faut s'empresser de signaler, jamais fruits n'ayant été moins identiques. Ainsi, la poire Bec-d'Oie mûrit vers la Saint-Martin, tandis que le Beurré d'Angleterre se mange au commencement de septembre ; et de plus, ce dernier est assez gros et allongé, quand l'autre, au contraire, affecte la forme globuleuse et n'a qu'un faible volume.

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