Poire BELLE-ANGEVINE
Synonymes. — Poires: 1. Bellissime d'Hiver, de Bur (Merlet, l'Abrégé des bons fruits, édit. de 1690, p. 110). — 2. Trésor (Mayer, Poniona franconica, 1776, cité parEug. Forney, dans le Jardinier fruitier, 1862, t. I, p. 239.) — 3. D' AMOUR (W. ibid.). — 4.DucHEssE DE Berry d'Hiver (Prévost, Cahiers pomologiques, 1839, p. 25). — 5, BOLIVAR d'Hiver (Comte Lelieur, la Ponione française, 1842, p. 431).
— 6. Royale d'Angleterre (Bivort, Album de pomulogie, t. I, 1847, n» 60). — 7. Beauté de TervuEREN {Id. ibid.). — 8. Comtesse de Tervueren {Id. ibid.). — 9. Grosse de Bruxelles (Willermoz, Observations sur le genre poirier, 1848, p. 7). — 10. Solitaire (Dalbret, Cours théorique et pratique de la taille des arbres fruitiers, 1851, p. 331). — 11. Faus-Bolivar (TliuilUer-Aloux, Catalogue raisonné des poiriers qui peuvent être cultivés dans le département de la Somme, 1835, p. 62).
— 12. Très-Grosse de Bruxelles {Id. ibid.). — 13. Abbé Mongein (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, t. II, 1859). — 14. Anderson {Id. ibid.). — 15. Berthebirn {Id. ibid.). — 16. Gros- Fin-Or long, d'Hiver {Id. ilid.). — 17. Grosse-Dame-Jeanne {Id. ibid.). — 18. d'Horticulture {Id. ibid.). — 19. De Kilo {Id. ibid.). — 20. Louise-Bonne d'Hiver {Id. ibid.). — 21 . La Quintinye \ld. ibid.).
Ueseriptiou de l'arbre. — Bois : fort. — Rameaux : très-peu nombreux , étalés et quelquefois arqués, gros, de longueur moyenne, légèrement flexueux, rouge-brun, finement ponctués de gris^ à coussinets saillants. — Yeux : assez volumineux, arrondis, appliqués contre le bois. — /ewîV/es .• ovales, acuminées, régulièrement dentées en scie, ayant le pétiole épais, roide et excessivement court ; elles ne sont jamais abondantes.
Fertilité. — Ordinaire.
Culture. — Il lui faut le cognassier, et l'espalier plutôt que la pyramide, cette dernière forme convenant peu à ce poirier si dépourvu de rameaux et de feuilles.
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Poire Belle -Angevine.
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En pépinière , il se développe très-tard et ne fait généralement , la première année, que de chétifs sujets ; mais il regagne en partie, la seconde année, ce qu'il a perdu précédemment. Si l'on veut obtenir de cet arbre de beaux, d'énormes fruits richement colorés de carmin, on doit le placer, en espalier, au midi ou au levant.
Description du fruit. — Grosseur : énorme. — Forme : très-allongée, obtuse, quelque peu bosselée et contournée, ventrue^ régulière, mais ayant souvent un côté plus renflé que l'autre. — Pédoncule : long, gros, droit ou faiblement arqué, obliquement inséré dans un étroit évasement plissé sur ses bords et presque toujours surmonté d'un mamelon assez considérable. — Œil: grand, ouvert, bien développé, à peine enfoncé, entouré de gibbosités. — Peau : jaune d'or, ponctuée de fauve, largement colorée de carmin du côté du soleil, et montrant de légères et rares marbrures brun roux auprès de l'œil et du pédoncule. — Chair : blanche, tendre, quoique cassante^ demi-fme, marcescente, non pierreuse, ayant parfois les pépins avortés. — Eau : suffisante, douceâtre, manquant de saveur et de parfum.
Maturité. — De janvier jusqu'en avril.
Qualité. — Deuxième pour la cuisson, et complètement mauvaise pour le couteau.
Historique. — Si la poire Belle-Angevine était aussi bonne que son coloris est brillant, sa forme, jolie, son volume, considérable, elle occuperait la première place parmi ses congénères ; mais elle paie de mine, et voilà tout. Cependant il existe pour ce fruit, de la part des Parisiens en particulier, un engouement tel, que nous avons lu ce qui suit dans une feuille politique de la capitale :
« En traversant la place du Châtelet, j'ai remarqué dans la vitrine du restaurant Victoria, sis énormes poires dans un panier surmonté de cette inscription : « Foires Belles- Angevines , \ aO francs les six. — Vingt-cinq francs la pièce, c'est pom' rien, smiout si l'on se rappelle qu'il y a deux ans le fameux Chevet exposaitde ces fruits à « 120 francs la paire. » {L'Unio7i, novembre 1863.)
Toutefois, ce sont là des prix inusités, car le coiit ordinaire de ces fruits, lorsqu'ils ont toute la beauté voulue pour bien orner un dessert, dépasse rarement une dizaine de francs la pièce. Quant à leur grosseur, elle varie beaucoup. On en a exposé dans les concours horticoles, qui pesaient : en 1846, à Tours, 2 kil. 230 ; — en 1864, à Cholet, 2 kil. 025 ; — en 1847, à Brionne (Eure), 1 kil. 300 ; — en 1862, à Chartres, 1 kil. 064 ; — enfin, également en 1862, à Nérac (Lot-et-Garonne), un trochet de quatre poires dépassa 3 kilogrammes.
Le nom sous lequel ce poirier est généralement cultivé, a dû faire présumer qu'il était originaire d'Angers ; et l'on n'aura même conservé aucun doute sur ce point, en présence des hgnes ci-dessous, écrites par le professeur Poiteau, en 1843 :
«Voici l'histoire de la poire Belle- Angevine telle qu'elle m'a été racontée à Angers, en juillet 1843, par M. Audusson -père, jardinier dite ville: « Cette poire provient d'un semis fait par « moi il y a environ trente-cinq ans ; l'arbre a fructifié pour la première fois à l'âge de neuf « ans. A la seconde fructification, quand j'ai vu qiie sa forme était très-belle, je l'ai nommée « Belle-Angevine. » [Hevue horticole, t. V, p. 483, article intitulé : Tournée horticole faite en juillet 1843 à Orléans, Tours et Angers.)
Cette note qui semble si précise, si complète en ses détails, était cependant entièrement controuvée ; mais ce qui nous étonne, c'est que sa publication ne fut suivie d'aucune rectification, puisque dix ans plus tard le même recueil où elle avait été insérée, la reproduisit sous la signature Bossin. (Voir Revue horticole^ 3^ série, t. III, novembre 1849, p. 415.) Non, la Belle-Angevine « ne provient pas d'un semis fait
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« EN NOS MURS , VERS 1808 ; » 011 l'y introduisit, au contraire, en 1821 , sous lo nom d'Inconnue à compote, qu'elle y garda plusieurs années. Voici du reste le compte rendu fidèle des faits qui l'amenèrent sur le sol angevin : — C'était, nous venons de le dire, en 1821, M. Alphonse Audusson, alors attaché à la pépinière du Luxemhourg, dirigée par le savant Hervy;, ayant offert à cet arboriculteur douze poiriers de Duchesse, accepta en échange un poirier étiqueté Inconnue à compote, et l'envoya à son père, qui le planta et lui enleva, vers 1824, le nom sous lequel il l'avait reçu, pour lui donner celui de Belle- Angevine... Telle est la vérité.
Et maintenant, essayons de déterminer l'origine de cette poire géante.
En ce qui nous concerne, il nous a semblé longtemps qu'elle provenait d'Eltham, en Angleterre, et n'était autre que la Saint-Germain du docteur Uvedale, également appelée Union. Mais récemment, ayant trouvé dans un ouvrage anglais du xviii" siècle la description exacte de ce dernier fruit, qui y est dit « rond et vert foncé, » nous sommes resté convaincu de son manque d'identité avec la poire oblongue et JAUNE d'or nommée Belle-Angevine. (Voir Miller, Dictionnaire des jardiniers, édition de 1786, t. YI, p. 173.) Revenant alors à nos anciens pomologues, et les étudiant, le passage ci-dessous de Merlet, l'arboriculteur le plus éclairé du xviu'' siècle, nous a frappé :
((.Poire Bellissime d'hiver, de Bur. — Elle est jaune et rouge, belle à peindre, d'une grosseur extraordinaire, bien plus élevée et enflée que le Cadillac, meilleure et assez tendre. Son eau étant douce et relevée, elle est des meilleures mise au four. » {L'Abrégé des bons fruits, édition de 1690, p. HO.)
Ici, tout ne se rapproche-t-il pas des caractères de la Belle- Angevine : couleur, grosseur, forme, époque de maturité, qualité pour la cuisson ? — Oui ; et notre opinion se confirme par ce fait, qu'aucun auteur, depuis Merlet, n'a cité la Bellissime d'Hiver de Bur ; d'où suit qu'elle reçut bien promptement un autre nom : celui de poire Trésor ou d'Amour, peut-être, Mayer figurant sous cette appellation, dans sa Pomona franconica, en 1776, un fruit qui offre très-exactement le faciès de la Belle-Angevine?... S'il en est ainsi, ce fameux poirier, dont on n'a parlé pour la première fois qu'en 1690, serait originaire de Bur. Mais de quel Bur? car il en existe plusieurs. Nous croirions aisément qu'il s'agirait ici d'une localité avoisinant Versailles, Merlet ayant décrit de préférence les fruits nouveaux gagnés sous le ciel de Paris, qu'il habitait.
ObserTations. — On doit, malgré l'opinion de divers pomologues, considérer comme faux synonymes de la Belle-Angevine, les noms suivants, s'appliquant à des variétés qui n'ont rien de commun avec cette dernière : Angora, Belle de Jersey, Grand -Monarque, Mansuette, Uvedale's Saint-Germain. Il importe aussi de ne pas confondre la poire d'Amour ou Trésor décrite par Duhamel en 1768 [Traité des arbres fruitiers, t. II, p. 236), avec la Belle- Angevine ; elle en diffère essentiellement, ainsi qu'on peut s'en assurer en se reportant aux pages 120-122 de ce volume, où nous l'avons minutieusement décrite. Ces noms d'Amour et de Trésor reviennent si fréquemment dans la nomenclature des poiriers, que, là, l'erreur serait facile à commettre. On l'évitera en se rappelant que la poire Trésor ou d'Amour supposée la même que la Belle- Angevine, est uniquement celle dont s'occupa Mayer en 1776, ainsi que nous l'avons dit plus haut.
Poire BELLE D'AOUT. — Synonyme de poire Belle de Bruxelles sans pépins. Voir
ce nom.
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Poire BELLE-APRÈS-NOEL. — Synonyme de poire Belle de Noël. Yoir ce nom.
Poire BELLE-AUDIBERT. — Synonyme de poire Audibert. Voir ce nom.
Poire BELLE D'AURAY. — Synonyme de poire d'Auray. Voir ce nom.
Poire BELLE D'AUSTRASIE. — Synonyme de poire Jaminette. Voir ce nom.
Poire BELLE DE BERRY. — Synonyme de poire de Curé. Voir ce nom.
Poire BELLE-BESSA. — Synonyme de Bon-Chrétien d'Auch. Voir ce nom.
Poire BELLE DES BOIS. — Synonyme de poire Fondante des Bois. Voir ce nom.