‹ Dictionnaire de pomologie (volume 2)Chapitre 180 sur 486 · Poire BERGAMOTE DE PAQUES · texte numérisé non relu

Poire BERGAMOTE DE PAQUES

ISynolEjmes. — Poires : ] , Bergamote DE LA GrILLIÊRE (Merlet, l'Abrégé des bons fruits, édition de 1675, p. 1^3 ).

— 2. Bergamote d'Hi VER (dom Gentil, le Jardinier solitaire, édition de 1723, p. 55). — 3. Bergamote de Carême ( Henri Manger, Systematische Pomologie, 1783, t. II, p. 38 ).

— 4. Bergamote ronde d'Hiver [Id. ibid.). — 5. Bergamote tardive {Id. ibid.). — 6. Bergamote de Toulouse (Thompson, Catalogue of the fruits of the horticultural Society of London, 1842, p.

125). — 7. Bergamote Soldat (Liron d'Airoles, Notices pomologiques, 1858, 1. 1, p. 17).

9escriptiois de l'arbre. — Bois : fort. — Rameaux : assez nombreux , généralement érigés au sommet de la tige et étalés à sa base, gros, courts, des plus coudés, jaune olivâtre^ ponctués

BER [bergamote paq] 251

abondamment et montrant des coussinets bien ressortis. — Yeux : ovoïdes, volumineux, légèrement cotonneux , peu écartés du bois. — Feuilles : vert clair, arrondies ou elliptiques, crénelées ou dentées, ayant le pétiole épais et court.

Fertilité. — Convenable.

Culture. — Sur franc ou sur cognassier, cet arbre reste toujours faible en pépinière ; ses pyramides sont grêles et le développement de son écusson se fait assez tardivement.

Description du fruit. — Grosseur : considérable. — Forme : globuleuse, bosselée, s'amincissant un peu à ses deux extrémités. — Pédoncule : de longueur moyenne, bien nourri, recourbé, perpendiculaire ou oblique, inséré dans une étroite cavité où le comprime , d'un côté seulement , une gibbosité rarement trèsprononcée. — Œil : petit ou rao5^en, uni sur ses bords, souvent mi-clos , presque saillant, — Peau : vert grisâtre, terne, rude, nuancée de jaune pâle, ponctuée de brun et tachée de fauve. — Chair : demi-fme, blanchâtre, pierreuse, cassante. — Eau : suffisante, sucrée, acidulé^ peu parfumée, peu savoureuse.

Maturité. — Mars, et atteignant aisément la fin du mois de mai.

Qualité. — Deuxième, en raison seulement de son extrême tardiveté.

Historique* — En 1673, Merlet, dans son Abrégé des bons fruits^ appelait cette poire « Bergamote de Pasques, ou de la Grillière ; » puis ajoutait quinze ans plus tard le renseignement que voici : « Elle est fort commune en Anjou, dans l'abbaye « de Saint-Maur, et très-rare en ce païs (Paris). » (Yoir page 123 de l'édition de 1673, et page 79 de l'édition de 1690.) Et ce renseignement nous fait trouver tout aussitôt la localité où poussa la plus tardive, mais la moins bonne des Bergamotes. Ce fut sur les confins de la Touraine et de l'Anjou, dans le village de la Grillière, commune de Faye-la- Vineuse, arrondissement de Richelieu (Indre-et-Loire). Or, lorsqu'on sait que l'abbaye de Saint-Maur s'élevait non loin de Saumur, il est aisé de comprendre pourquoi le nouveau poirier dont Merlet parlait ainsi il y a deux siècles, arriva si promptement chez les Bénédictins de ce célèbre monastère. En 1676, il avait déjà gagné Paris; seulement, il y était d'une telle rareté, qu'un ouvrage d'alors, les Instructions pour les arbres fruitiers, attribué au moine Triquel, prieur de Saint-Marc, disait page 99 : « On ne peut se le procurer que chez « M. Galand et M. de Moncy. » Et l'on a vu qu'en 1690 cette variété était encore bien peu commune dans la capitale et ses environs.

Observations. — Bans sa Pomologie française, feii Poiteau, décrivant en 1846 la Bergamote de Pâques , disait :

« Depuis environ quinze ans le nom de cette poire se trouve changé sur les Catalogues en celui de Doyenné d'Hiver, soit parce qu'on ne l'a pas reconnue dans Duhamel, soit parce qu'on lui a trouvé plus de rapports avec le Doyenné qu'avec les Bergamotes. Quoi qu'il en soit, il paraît que le nom de Doyenné d'Hiver lui restera, et qu'on oubliera peu à peu son ancien nom. » (Tome III, n° 12.)

Constatons-le , les prévisions de Poiteau ne se sont pas réalisées , puisqu'actuellement cette variété porte encore partout son ancienne dénomination de Bergamote de Pâques. Et l'on a eu grandement raison de ne plus l'appeler Doyenné d'Hiver, ce nom s'appliquant uniquement à la poire de première qualité dite aussi : Bergamote de Pentecôte, Beurré d'Austerlitz, Doyenné de Printemps, etc. — M. Auguste Royer, l'un des rédacteurs du recueil intitulé Annales, de pomologie belge et éit^angère,

BER [bergamote par]

a fait au sujet de ce fruit la remarque suivante, dont bien souvent nous avons été à même d'apprécier la justesse :

« Il arrive fréquemment qu'une partie des produits du présent poirier ne mûrit pas, reste dure et impropre à tout usage. C'est ainsi que l'on a vu figurer plus d'une fois dans les expositions publiques des spécimens de cette variété conservés deux à trois ans. Ce défaut a été particulièrement observé dans les terrains secs et légers. » (Tome IV, année 1856, p. 41.)

Les noms : Bergamote de Bugi, Bon-Amet, Grillan roux et Verte du Péreux, à diverses époques ont été déclarés synonymes de Bergamote de Pâques. Affirmons qu'on se méprit en les qualifiant de la sorte , et renvoyons le lecteur qui voudra s'en convaincre, aux articles spéciaux où il est question, ici, de chacun de ces noms. — Enfin, ajoutons qu'au xvii^ siècle si la Bergamote de Pâques put mériter la première place sur les tables des gourmets, elle n'a plus cet honneur aujourd'hui, où nombre d'excellents gains à maturité tardive également, l'ont reléguée au rang des variétés de deuxième, et même de troisième ordre.

Page 1