Poire BLANQUET A LONGUE QUEUE
Synonymes. — Poires : 1. Blanchette a longue queue ( Daléchamp, ff/storm genemlis plantarum, 1587, p. 306). — 2. GiLETTE LONGUE (le Lectier, Catalogue des arbres cultivés dans son verger et plant, 1628, p. 6). — 3. SucRiN BLANC d'Été {Id. ibid.). — 4. Sucrée blanche (Zing, 1766, cité par Manger dans sa Systematische pomologie , 1780, t. II, p. 60).
Description de l'arbre. — Bois : assez fort. — Rameaux : nombreux, étalés et arqués , gros , courts , peu coudés , brun clair nuancé de jaune et de vert , ayant les lenticelles larges, saillantes, rapprochées, les mérithalles très -courts et les coussinets faiblement accusés. — Yeux : de moyenne grosseur, ovoïdes-pointus, à écailles bombées et entr'ouvertes^ collés en partie contre l'écorce. — Feuilles : peu abondantes , de grandeur moyenne , arrondies , acuminées , à bords presque unis , à pétiole épais et long.
Fertilité. — Excessive.
Poire Blanquet à longue queue.
Culture. — Il est passablement vigoureux, se développe vile et se greffe sur toute espèce de sujet ; les pyramides qu'il fait sont généralement convenables.
Description du fruit. — Grosseur : petite. — Fofvie : des plus allongées, régulière, bosselée au sommet, où elle est en outre fortement amincie. — Pédoncule : très-long , grêle au milieu , renflé à l'attache , charnu et plissé à la base, continu avec le fruit. — Œil : grand, bien ouvert, toujours saillant. — Peau : lisse, jaune pâle, souvent tachée de gris-fauve auprès de l'œil et parfois aussi légèrement striée de rose tendre sur la partie exposée au soleil. — Chair: blanche, demifine, cassante, aqueuse, rarement pierreuse. — Eau : abondante, acidulé, sucrée, ayant un parfum qui n'est pas sans délicatesse.
Maturité. — Fin juillet et commencement d'août. Qualité. — Deuxième.
Historique. — Notre vieux botaniste Jacques Daléchamp, mort en 1588, connut cette poire et la cita, sous le nom qu'elle porte encore aujourd'liui , dans son Historia generalis plantarum (page 306). Charles Estienne ne l'ayant mentionnée ni en 1530, ni en 1540, parmi les variétés fruitières du Seyninarium dont il publia plusieurs éditions , nous croyons alors que ce Blanquet fut cultivé chez nous seulement après 1540. Mais avait-il la France pour patrie?... Oui, si l'on s'en rapporte au témoignage du docteur Jonston, Silésien érudit qui fit imprimer en 1662 une Historia de arboribus et fruticibus à la page 37 de laquelle on lit ce passage :
« Pira Alhkantia Montbelgardi habentur, gustu suavi, haud dissimilis figurée et magnitudinis : Les Voires Blanchettes, provenant de Montbéliard (Doubs), ont une agréable saveur et diffèrent entre elles de forme et de volume. »
Ainsi donc, le groupe de poiriers qui dès le xvii^ siècle est appelé dans les pomologies : Blanquet à longue queue, Gros-Blanquet , Petit-Blanquet, serait originaire de Montbéliard?... Et pourquoi non?... Une semblable origine n'est-elle pas beaucoup plus acceptable , par exemple , que celle assignée à ces mêmes variétés dans quelques ouvrages allemands, où on les déclare identiques avec les poires Lactea des Romains? — Ces derniers possédèrent effectivement des poires Lactea, mais cette dénomination leur fut appliquée pour la blancheur de leur chair, et non pour celle de leur peau. Prouvons-le en transcrivant une description de la Pirum Lacteum , donnée en 1752 par un Hollandais :
« La poire que les Romains appelaient Pirum LacteUm, et que nous nommons Transe Kaneel peer, est cassante, remplie d'une bonne eau, un peu plus ronde et plus grosse par le baut qu'une poire Sucrée grise, plus courte et finissant à la queue par une pointe plus mince. Quand elle est mûre, elle est jaune et a des tacbes tirant sur le brun; les meilleures sont tachetées de gris sur le jaune, ont la peau épaisse et le goût un peu musqué. » (De Lacour, les Agréments de la campagne, t. II, pp. 28-29.)
A de tels caractères , qui pourrait reconnaître l'un ou l'autre de ces trois Blanquels?... Dès l'abord, on classa sous tin seul nom les variétés du Blanquet; mais
bientôt, pour les distinguer, on leur appliqua certains surnoms tirés de leurs caractères les plus marqués. Et tout démontre que la naissance de ces variétés suivit de près celle du type, puisqu'en 1587 Daléchamp, nous le répétons, mentionnait déjà la Blanchette à longue queue ^ et que Jonston, on l'a vu, fit observer avec soin, en 1662, que les poires Blanchettes offraient entr'elles de notables différences. Cependant les Blanquets ne durent pas, de la Franche-Comté, se répandre très-vite dans les diverses parties du royaume, autrement la Quintinye n'eût pu dire en 1690 : « La «Blanquette à longue queue, non plus que les poires Gros et Petit- Blanquet , « ne sont point encore trop communes, mais elles méritent bien de le devenir. » Puis il ajoutait — ce que chacun sait aujourd'hui : — « La couleur blanche qui se « trouve à la peau de ces trois poires , leur a fait donner le nom de Blanquet. » [Instructions pour les jardins fruitiers et potagers^ t. I, p. 261.)
Observations. — Le Comice horticole d'Angers gagna de semis, vers 18S1, une poire se rapprochant si complètement des Blanquets par la nuance de la peau, son volume et l'époque de maturité, qu'il fut appelé Blanquet long^ en raison de sa forme oblongue, obtuse et ventrue. L'arbre-mère périt en 1831. J'en avais pris quelques greffons , car ses produits étaient excellents ; aussi ce nouveau poirier figura-t-il dans mes Catalogues à partir de 1832, mais actuellement le seul pied que j'en possédasse ayant été détruit par un accident, je ne puis plus le propager. Néanmoins, comme il est sans doute cultivé ailleurs, j'ai cru devoir le signaler ici, afin que son nom de Blanquet long ne le fit pas confondre avec le Blanquet à longue queue. — C'est par erreur que nous avons dit, page 196, poire A/mw^e synonyme de Blanquet à longue queue ; ce nom l'est uniquement de poire Sucrin blanc d'Biver, variété qu'on rencontrait à Orléans dès 1628.
Poire BLANQUET (PETIT-). —Yoiv Petit- Blanquet.