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décrivit, en 1675 [l'Abrégé des bons fruits, p. 125). Avant ces deux auteurs, personne ne l'ayant citée, il est alors probable que sa culture date environ de la moitié du xvn" siècle. Quant à la provenance de ce fruit, quant au nom Cadillac sous lequel
Poire de Catillac,
on le vit signalé, ni Merlet ni Bonnefond ne s'en préoccupèrent. Aussi, depuis eux, a-t-on fait maintes suppositions pour combler cette double lacune dans l'histoire d'une variété qui de 1665 à 1860 n'a pas reçu moins de vingt surnoms!... Poiteau et Turpin, entre autres, hasardèrent à son sujet, au commencement de ce siècle , les étymologies que voici :
« Catillac : de castigo , je punis , parce que sa chair s'attaclie à la gorge de celui qui la
mange crue ; — ou de : castilla, Mande, parce que, lorsqu'on la fait cuire en compote, elle exige beaucoup de sucre. » {Traité des arbres fruitiers de Duhamel, nouv. édit., augmentée d'un grand nombre d'espèces de fruits obtenus des progrés de la culture; i807-1835, t. IV.)
Mais en 1833 Poiteau lui-même réfuta de la sorte le passage qu'on vient de lire :
« Nous avons reconnu que Catillac, que nous avions d'abord cru dérivé de mstigo, ou castilla, vient de cade ou cadille, qui veut dire petit barU, par allusion à la forme et à la grosseur de ce fruit. » [Cours d'horticulture , t. II, p. 142.)
En 1860, mieux inspiré que ses devanciers, M. Decaisne, le savant directeur des cultures du Muséum de Paris, laissa de côté, en décrivant cette poire, la question d'étymologie, pour se préoccuper de la question d'origine, qui lui parut devoir répondre à tout :
« Je trouve — observa-t-il — plusieurs villes ou villages du nom de Cadillac, dans la
Guienne; il est donc probable que notre fruit a pris son nom de l'une de ces localités »
[Le Jardin fruitier du Muséum, t. III.)
Nous partageons complètement l'opinion de M. Decaisne, que M. Willermoz adoptait aussi , en 1864, dans la Pomologie de la France (t. II, n° 78) , disant : « On « présume que cette variété a été trouvée dans les environs de Cadillac (Gironde). » Ajoutons qu'il existe également une Pomme de Cadillac^ provenant de la petite ville ici désignée, et très-commune dans la Gironde et les départements qui l'avoisinent.
Observations. — C'est par erreur que l'on a quelquefois donné les noms poire Abbé Mongein, ou Mangein, comme synonymes de Catillac, ils le sont uniquement de poire Belle- Angevine. — La Bellissime d' Hiver , rappelons-le, ne saurait non plus s'y rapporter. Si l'on veut bien examiner, page 218, l'article où nous l'avons étudiée, on verra qu'en effet ces deux variétés sont, arbres et fruits, des plus distinctes^ tout en ayant une maturité identique et une forme assez semblable. — La grosseur considérable du Catillac , dont le poids s'élève souvent jusqu'à 900 grammes (le type figuré ci-contre en pesait 650), fait qu'on l'a fréquemment confondu avec la Poire de Livre; cependant cette dernière, nommée aussi Râteau gris, est douée de caractères qui sont loin de rendre facile une pareille méprise.