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Poire Citron des Carmes.— Premier Type.
ventru que l'autre; parfois aussi, mais très-exceptionnellement, elle est presque sphérique et fort plate aux extrémités, comme la montre notre deuxième type. —
Pédoncule : de longueur moyenne, bien nourri, droit ou recourbé, renflé à ses deux bouts, surtout à la base, obliquement ou perpendiculairement implanté à fleur de chair, et souvent adossé contre un mamelon plus ou moins développé. — Œil : moyen, contourné, miclos ou fermé, rarement bien enfoncé. — Peau : légèrement rugueuse, épaisse, vert clair jaunâtre , semée du côté de l'ombre de points gris peu nombreux ; couverte du côté du soleil de quelques marbrures et de quelques petites taches fauves, et portant autour du pédoncule une large macule frangée , de même couleur. — Chair : blanche, demifme et demi - cassante , aqueuse, rarement pierreuse. — Eau : abondante, acidulé, sucrée, faiblement parfumée , quoiqu'assez délicate.
Maturité. — Commencement de juillet.
Qualité. — Deuxième.
Deuxième Type.
Historique. — Le premier nom de ce fruit, fut poire de la Madeleine, qu'il reçut de l'époque à laquelle on le mange en certaines contrées. Le procureur du roi le Lectier cultivait déjà cette variété dans son jardin d'Orléans, en 1628, et la mentionnait ainsi page 3 du Catalogue de ses richesses pomologiques , imprimé ladite année : « Est en maturité en juillet, « la Madeleine , ronde , verte et « jaune, rozatte. » Avant le Lectier, aucun auteur n'avait encore cité ce poirier, il est présumable qu'alors il se trouvait depuis peu sur notre sol; mais y était-il né, et où?... Ces questions sont toujours à résoudre.
En 1768, Duhamel du Monceau lui donnait un surnom — Citron des Carmes — que l'on a, jusqu'ici, généralement préféré au nom primitif, poire de la Madeleine; et avec raison, puisque la grande précocité de ce fruit le fait très-souvent mûrir avant cette date (22 juillet). Le Congrès pomologique a dit dans ses pubhcations : « Le nom Citron des Carmes « a été appliqué à cette poire à cause de sa couleur, et parce que les Carmes ont été « les premiers à la cultiver. » (T. II, 1864, n" 101.) On voit, parce qui précède, que les Carmes n'en furent pas les promoteurs, car dès 1628 le Lectier la propageait. Mais la couleur de la peau de ce fruit ne fut pas non plus ce qui le fit appeler Citron; elle est loin, effectivement, d'y prêter. De la Bretonnerie, pomologue contemporain de Duhamel du Monceau , a du reste parfaitement éclairci ces deux
points : « La Madelene — écrivait-il en 1784 — a été ainsi appelée parce qu'elle « mûrit en juillet, aux environs de la Madelene; et Citron des Carmes, parce quelle « prend en mûrissant une petite odeur de citron, et qu'on l'a vue des premières dans « les jardins des Carmes. » [École du jardin fruitier, t. II, p. 419.) Parmi les poiriers, il en est peu d'aussi répandu que celui-là : il se trouve dans toutes les collections, dans tous les vergers, dans tous les pays.
Observations. - Il existe un CITRON DES CARMES PANACHÉ, et qui
même est assez connu. Cette variété du Citron des Carmes ne diffère du type que par la panachure jaune verdâtre du bois, des feuilles et des fruits. Elle a été gagnée dans notre école il y a une quarantaine d'années. — Pour manger bonne cette poire précoce, il ne faut pas attendre que sa chair cède complètement à la pression du pouce, autrement on s'expose à ce qu'elle soit déjà pâteuse. C'est quand la couleur verte de sa peau commence à s'éclaircir, qu'alors on peut être sûr que sa maturité se trouve à point ; à partir de ce moment ce fruit ne fait plus que perdre de ses qualités. — On cultive une très-petite poire nommée Guenette, que nous décrivons dans notre tome II , et qui parfois a été prise pour le Citron des Carmes. Cependant elle s'en éloigne sensiblement j mais comme on l'a souvent appelée aussi Madeleine d'Été , ce dernier nom a beaucoup contribué à faire naître une telle confusion.