‹ Dictionnaire de pomologie (volume 2)Chapitre 480 sur 486 · Poire CROSS · texte numérisé non relu

Poire CROSS

Description de Tarbre. —

Bois : très-fort. — Rameaux : nombreux, étalés vers la base de la tige, érigés à son autre extrémité, des plus gros, longs, bien coudés, cotonneux, brun clair verdâtre et grisâtre^ ayant les lenticelles très-larges, peu abondantes, et les coussinets presque nuls. — Yeux : énormes, ovoïdes, aigus, fortement écartés du bois. — Feuilles : d'un beau vert luisant, coriaces, grandes et nombreuses, généralement elliptiquesallongées, à bords entiers en partie, munies d'un pétiole très-long et trèsgros.

Culture. — Ce poirier, quoique vigoureux, se plaît autant sur franc que sur cognassier ; il n'a rien d'exceptionnel dans son développement ; ses pyramides sont de toute beauté.

llescriptioii dw fruit. — Grosseur : au-dessous de la moyenne. — Forme : sphérique, aplatie à la base, relevée de côtes assez saillantes et souvent mamelonnée au sommet; elle est habituellement beaucoup plus grosse d'un côté que de l'autre. — Pédoncule : court, bien nourri, renflé à ses extrémités, arqué, régulièrement inséré au milieu d'une faible dépression — OEil : petit, ouvert ou mi-clos, parfois contourné, peu enfoncé. — Peau : jaune verdâtre, ponctuée de roux, tachée de fauve autour du pédoncule, marbrée de même, mais très-légèrement, et lavée de rose carminé sur la partie qui regarde le soleil. — Chair : blanche, des

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plus fines, cassante ou mi-cassante, rarement pierreuse. — Eau : suffisante, sucrée, aigrelette, aromatique, très-savoureuse.

Maturité. — Courant d'octobre et commencement de novembre.

Qualité. — Première.

Historique. — D'origine américaine, ce poirier, nous dit le pomologue Dowiiing, fut obtenu vers 1830 par M. Cross, de Newburyport (Massachusetts). [The Fruits and fruit trees of America, édition de 1849, p. 432.) Son introduction dans mon école remonte à 1850.

Poire CROTTÉE. — Synonyme de poire Doyenné gris. Yoir ce nom. Poire CRUSTEMÉNIE. — Synonyme de poire Bon-Chrétien d'Hiver. Voir ce nom. Poire CUEILLETTE D'ÉTÉ. — Synonyme de poire d'Épargne. Voir ce nom. Poire CUEILLETTE D'HIVER. — Synonyme de poire de Curé. Voir ce nom.

Poire CUEILLETTE DE LA TABLE DES PRINCES. — Synonyme de poire d'Épargne. Voir ce nom.

Poire a CUIRE. — Synonyme de poire Franc-Réal. Voir ce nom.

Poire de CUISINE. — Synonyme de poire Mansuette-Double. Voir ce nom.

Poire CUISINE DE VARIN. — Synonyme de poire Mansuette-Double. Voir ce nom.

Poire CUISSE -DAME D'ÉTÉ. — Synonyme de poire Cuisse-Madame. Voir ce nom.

Poire CUISSE -DAME D'HIVER. — Synonyme de poire Jalousie d'Hiver. Voir ce nom.

385, Poire CUISSE-MADAME.

Synonymes. — Poires : 1. De Rives (Henri Hessen, Gartenlust, 1690, p. 278). — 2. De Fusée d'Été (Herman Knoop, Fructologie, 1771, pp. 103 et 135). — 3. Cuisse-Dame d'Été (de Lirou d'Airoles, Liste synonymique des variétés du poirier, Table des fruits à l'étude, 1859, p. 38).

Description de l'arbre. — Bois : fort. — Rameaux : assez nombreux, presque érigés, très-gros, longs, bien flexueux, vert-fauve rougeâtre, à lenticelles apparentes et clair-semées, à coussinets aplatis. — Yeux : moyens, coniques, trèsécartés du bois , ayant les écailles mal soudées. — Feuilles : grandes , ordinairement elliptiques- arrondies, régulièrement dentées en scie, portées sur un pétiole long et un peu faible.

Fertilité. — Remarquable.

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Culture. — Nous le greffons sur cognassier; il s'y montre vigoureux, sans toutefois que son développement soit vif; il fait de fortes et belles pyramides.

Poire Cuisse-Madame. Description du fruit. — Grosseur :

au-dessous de la moyenne. — Forme :

turbinée-allongée, légèrement obtuse et bosselée, souvent plus renflée d'un côté que de l'autre. — Pédoncule : long ou trèslong, mince, arqué, formant bourrelet à son point d'attache,, obliquement implanté dans une dépression des moins prononcées. — Œil : grand , mi-clos , parfois contourné, presque saillant, plissé sur ses bords. — Peau : rugueuse, vert olivâtre, entièrement ponctuée de roux et fortement lavée de rouge-brun sur la face regardant le soleil. — Chair : blanche, mi-fme, cassante, juteuse, faiblement pierreuse autour des pépins. — Eau : abondante, sucrée, aromatique, assez savoureuse, mais généralement tort astringente.

Maturité. — Yers la fin du mois d'août.

Qualité. — Deuxième, et très-souvent troisième, lorsque son eau fait naître dans la bouche une astriction trop prononcée.

MistoFic|ue. — Les Grecs, nous l'avons dit page 35, possédèrent une poire nommée par eux Onychinon , pour la couleur de sa peau, qui leur rappelait ou celle des ongles ou celle de l'onyx , espèce d'agate sej rapprochant beaucoup , par la nuance , de la nacre de perle. On voit alors qu'nne pareille poire est loin de ressembler à la Cuisse-Madame, dont la peau olivâtre passe au brun-rouge sur la face exposée au soleil. Cependant quelques pomologues français ont cru retrouver, dans ce dernier fruit, l'Onychinon des Grecs. Dès 1586, Jacques Daléchamp fut de cet avis [Historia generalis plantarum, t. I, hb. ni, cap. vn) ; et d'après lui, sans doute, Couverchel et Prévost ont, de nos jours, répété cette version, l'un dans son T7^aité des fruits (p. 464), l'autre dans sa Pomologie (pp. 64 et 65). A mes yeux, rien ne justifie une telle opinion, qui n'a été reproduite, on doit le constater, ni par la Quintinye (1690), ni par Duhamel (1768), ni par Poiteau (1846), ni par M. Decaisne (1858), dans les excellents articles où ces auteurs se sont occupés delà Cuisse-Madame. Du reste, un sentiment tout opposé s'est manifesté, depuis Daléchamp, à l'égard du nom sous lequel on cultiverait maintenant la poire Onychinon : Elle ne serait autre, disait Henri Manger en 1783, que le Gros-Oignonnet [Systematische Pomologie, t. II, p. 173). Mais là encore l'assimilation signalée tombe devant la couleur de la peau du Gros-Oignonnet — V Archiduc d'Été actuel — puisque cette peau est jaune d'or brillant, fortement relevé de vermillon!... Néanmoins la Cuisse-Madame reste une des plus anciennes variétés connues en France, où personne, pensonsnous , ne l'a citée avant Daléchamp (1586). Le nom qu'elle porte lui fut,

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