Poire ANGÉLIQUE DE BORDEAUX
Synonymcis. — Poires : l. Mouille-Bouche d'Hiver (le Lectier, Catalogue des arbres cultivés dans son verger et plant, 1628, p. 18). — 2. De Légat [Id. ibid.). — 3. Angélique (Merlet, l'Abrégé des bons fruits, édition de 1690, p. 108). — 4. Saint-Martial {Id. ibid.) — 5. Cristalline (W. ibid.) — 6, Bouge (de la Quintinye, Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, édit. de 1739, t. I, p. 315). — 7. Bens {Id. ibid.) — 8. De Dumas {Id. ibid.). —9. Ghristalline MORIN- GouT {Id. ibid.). — 10. Douce (Philippe Miller, Dictionnaire des jardiniers et des cultivateurs, 1786, 8« édit., t. VI, p. 172). — 11. Gkos-Franc-Réal d'Hiver (de Launay, le Bon yarc?z?ner, 1808, p. 135). — 12. Saint-Marcel {Id. ibid.). — 13. Angélique de Languedoc (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, t. I, 1858). — 14. ANGÉLIQUE de Pise {Id. ibid.) — 15. Angélique de Toulouse {Id. ibid.) — 16. Saint-Mareil (de Liron d'Airoles, Notices pomologiques, 1859, p. 14 du 1" Supplément de la Liste synouymique historique).
Descriptiou de l'arbre. — Bois : faible. — Bameaux : vert grisâtre, peu nombreux, légèrement écartés, légèrement flexueux, assez longs, rarement trèsponctués, à coussinets saillants. — Yeux : moyens ou petits, ovoïdes, habituellement aigus, non appliqués. — Feuilles : de forme variable ; tantôt ovales, tantôt lancéolées, elles ont les bords profondément crénelés, le pétiole long^ menu, et ne sont jamais fort abondantes.
Fertilité. — Peu commune.
Culture. — Le cognassier ne lui est pas favorable, il s'y développe mal en pyramide ; il vaut donc mieux le greffer sur franc, où il est des plus vigoureux. Une exposition chaude est toujours celle qu'on doit lui donner, ses produits réclamant avant tout les rayons du soleil pour acquérir de la saveur et du volume.
Deseription du fruit. — Grosseur : au-dessus de la moyenne, et parfois assez considérable. — Forme : oblongue, ou turbinée-arrondie, mais constamment
ventrue vers la base, bosselée et très-obtuse au sommet. — Pédoncule : long, un peu fort, arqué, souvent renflé ou charnu à son point d'insertion, et obliquement implanté dans une vaste cavité bordée de protubérances plus ou moins prononcées. — Œil : grand, faiblement Poire Angélique de Bordeaux. - Premier type. • enfoncé, bien formé. — Peau :
jaune obscur, irrégulièrement et finement ponctuée de gris, et montrant quelquefois plusieurs macules roussâtres sur la partie frappée par le soleil. — Chair :
blanchâtre, demi-fine, cassante, rarement très-juteuse , un peu pierreuse autour des loges. — Fau : suffisante, sucrée, douce, d'un goût franc et assez agréable, quoiqu'elle ne soit jamais riche en parfum.
Maturité. — De janvier jusqu'à la fin d'avril.
Qualité. — Deuxième pour la cuisson, et deuxième également comme fruit à couteau, en raison de sa longue conservation.
Historique. — On s'est beaucoup préoccupé de l'origine de cette poire, que ses nombreux synonymes pourraient faire supposer bien plus savoureuse qu'elle ne l'est en réalité, car ce sont presque toujours les meilleurs fruits qui ont à subir de tels travestissements. Henri Manger {Systematische Pomologie, 1780-1783, t. II, p. 171) a cru retrouver dans l'Angélique de Bordeaux, la poire Licerniana ou Liciniana dont Pline avait parlé, et qui portait, selon Sickler [Geschichte der Obstkultur, 1802, t. I, p. 402), le nom de Licinius, agronome romain auquel la culture de l'olivier fut redevable d'immenses progrès. Henri Manger veut aussi que cette espèce tardive ait reçu son nom du parfum particulier qui caractérise ses produits, parfum qu'il trouve analogue — cela est vrai quand cette poire a bien mûri — à celui de l'angélique confite ; de plus, il la déclare de provenance gauloise, et sous ce rapport nous sommes complètement de son avis. Chez nous, en 1673, Merlet ne la mentionnait pas encore. Mais en 1690 il la décrivit longuement, disant ensuite : « Elle (( est fort connue, fort estimée en Languedoc, et particulièrement à Toulouse, sous « le nom d'Angélique, et à Bordeaux sous le nom de Saint-Martial. » [L'Abrégé des bons fruits, p. 108.) C'était là sans doute une variété locale, et très-peu multipliée dans les autres parties de la France, puisque Louis Liger, en la faisant figurer vingt-quatre ans plus tard dans sa Culture parfaite des jardins fruitiers., la signalait comme « rare. » (Édition de 1714, p. 448.) Nous la supposons donc originaire du Languedoc ou du Bordelais ; ce qui fut aussi le sentiment, moins affirmatif
toutefois, de Mayer, témoin le passage suivant de sa Pomona franconica : u Pour « que ce fruit acquière toutes ses qualités, il lui faut un degré de chaleur considé- « rable; ce qui semble déceler une origine méridionale. » (1774-1801, t. III, p. 289.)
Poire Angélique de Bordeaux. — Deuxième type. Observations.
Merlet, les Chartreux , Duhamel, et divers autres pomologues , ont comparé, pour la forme, l'Angélique de Bordeaux au Bon-Chrétien d'Hiver.
Il faut alors, si pareille comparaison a jamais été juste, que la configuration primitive de cette poire soit actuellement bien modifiée , car elle est loin de ressembler au Bon-Chrétien. — En 1858, M. Decaisne aclassé le poirier Charles Smet parmi les synonymes du poirier qui nous occupe [le Jardin fruitier du Muséum^ t. I). Un examen minutieux nous a convaincu de la non-identité de ces deux arbres, qui dans nos pépinières sont fort dissemblables, et que Downing et la Société Van Mons regardent également comme des variétés distinctes. (Voir à son ordre alphabétique l'article consacré à la poire Charles Smet.) — L'Angélique de Bordeaux se conserve aisément jusqu'à la fin d'avril; et le Comice horticole d'Angers l'a souvent mangée, encore assez bonne, à cette époque.
Poire ANGÉLIQUE DE LANGUEDOC. — Synonyme de poire Angélique de Bordeaux. Voir ce nom.
Poire ANGÉLIQUE DE PISE. — Synonyme de poire Angélique de Bordeaux. Voir ce nom.
Poire ANGÉLIQUE DE TOULOUSE. — Synonyme de poire Angélique de Bordeaux. — Voir ce nom.