‹ Dictionnaire de pomologie (volume 2)Chapitre 89 sur 486 · ANC · texte numérisé non relu

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non-seulement estimée, mais encore assez répandue à l'époque où il le composa. Si donc on ne la rencontre pas antérieurement, c'est que peut-être elle eut une autre dénomination , sous laquelle il devient alors fort difficile de la reconnaître. En raison de son nom, elle semblerait originaire de Rome ; et celui qui voudrait croire sur parole Henri Manger, la dirait née dans la Ville Éternelle, et contemporaine de l'empereur Tibère. C'est efTectivement l'opinion que cet érudit émet à la page 170 de sa Systematische Pomologie (t. II, 1783), ajoutant d'après Pline : « Tibère « l'aimait beaucoup, aussi l'appela-t-on pira Tiberiana; c'est un assez gros fruit

« d'été, fortement coloré du côté du soleil » — Nous livrons pour ce qu'il peut

valoir, ce renseignement historique, en faisant remarquer à quiconque voudrait l'utiliser, que la maturité de la poire Tiberiana, plus hâtive d'un mois, on l'a vu, que la maturité de l'Angélique de Rome, ne saurait devenir une objection, car cette dernière poire, qu'ici l'on mange aux premiers jours d'octobre, serait mûre beaucoup plus tôt sous le ciel de l'Italie.

Observations. — Depuis Duhamel, divers poiïiologues se sont occupés de ce poirier ; et l'un d'eux, M. Gagnaire fils, pépiniériste à Bergerac (Dordogne), lui consacrait les lignes suivantes en 1861 :

« La poire Angélique de Rome est une des variétés décrites par Duhamel Si je

parle aujourd'hui de cette pou-e presque bannie des cultures , c'est que récemment je l'ai

aisément reconnue étiquetée sous le nom de Beurré gris d'Hiver de Luçon. Ov, comment se fait-il que ce fruit, délaissé en horticulture, ait traversé, tout en disparaissant des cultures, une période de plus d'un siècle, pom^ reparaître de nos jours sous une dénomination réformée?.... » [Revue horticole, pp. 257-258.)

Malgré cette note, nous ne saurions inscrire le Beurré gris d'Hiver de Luçon comme synonyme de l'Angélique de Rome, ce Beurré si bien décrit en 1858 par M. Decaisne [le Jardin fruitiej^ du Muséum, t. I"), et en 1839 par M. Alexandre Bivort [Annales de pomologie belge et étrangère, V année, pp. 71-72), n'ayant pas le plus léger rapport avec la variété à laquelle on l'assimile ; ensuite, il est seulement connu depuis 1830, et parmi les auteurs qui l'ont étudié, aucun d'eux n'a même soupçonné avoir là un des fruits de Duhamel. — On a dit encore, et tout aussi erronément, l'Angélique de Rome synonyme de l'Angélique de Bordeaux; mais, cette erreur, ni Thompson, ni Tougard, ni Couverchel, ni de Liron d'Airoles ne l'ont partagée. En présence des articles que nous venons de consacrer à ces deux poires, le lecteur, espérons-le, ne la partagera pas non plus , surtout lorsqu'il verra l'Angélique de Rome mûrir en octobre, trois mois avant l'Angélique de Bordeaux.

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